place au test immunologique

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PAGES SPÉCIALES
N° 9421
JEUDI 18 JUIN 2015
CCR, 2e cause
de mortalité
par cancer
Page 2
Les atouts du test
immunologique
Page 3
Le rôle central du
médecin traitant
Page 4
Conduite à tenir
en fonction des
résultats du test
de dépistage
Pages 5-6
La coloscopie,
l’exploration
rectocolique
de référence
Page 7
mise au point
DÉPISTAGE DU CANCER COLORECTAL
PLACE AU TEST IMMUNOLOGIQUE
L
e dépistage du cancer colorectal est
population générale. Deux enjeux majeurs
en passe de connaître une véritable
du dépistage organisé du cancer colorectal.
avancée avec l’arrivée du test immu-
Pour les médecins, ce nouveau test de
nologique suite à un appel d’offres euro-
­dépistage du cancer colorectal est un ­levier
péen. Cette décision s’appuie sur un avis de
intéressant pour faciliter une meilleure
et un rapport
­adhésion de leurs patients compte-tenu de
de l’INCa (3), confirmant les performances
sa meilleure performance, sa praticité et de
du test immunologique et sa mise en place
sa simplicité.
dans le programme national du dépistage
Pour les hommes et les femmes de la popu-
organisé du cancer colorectal.
lation cible du dépistage organisé du ­cancer
Le test immunologique étant un test quanti-
colorectal, c’est un atout et une chance
tatif d’hémoglobine humaine, un seuil de po-
grâce à sa fiabilité et son efficacité.
la Haute Autorité de santé
(1,2)
sitivité lui a été défini. Il est de 150 ngHb/ml
de tampon et devrait permettre d’obtenir un
taux de positivité de l’ordre de 4 %.
Deux fois plus sensible quant à la détection
des cancers, mais aussi 2,5 fois plus sensible
Intuitif,
simple et rapide
Retrouvez en ligne sur
www.lequotidiendumedecin.fr
Dépistage du CCR :
Place au test
immunologique
CAS CLINIQUES INTERACTIFS
quant à la détection des adénomes avancés,
le test immunologique laisse ­espérer non
seulement une réduction significative de la
mortalité globale par cancer colorectal au
niveau de la population cible, mais aussi
une diminution de son incidence dans la
Pr JEAN-FRANCOIS BRETAGNE, service des maladies
de l’appareil digestif, CHU Rennes ; vice-président de
l’Association pour le dépistage des cancers en Ille-et-Vilaine
(ADEC135) .
Dr JULIEN LE BRETON, maître de conférence des
Universités au département de médecine générale de
l’Université Paris Est -Créteil, membre du CNGE (Collège
National des Généralistes Enseignants), vice-président de la
SFMG (Société Française de Médecine Générale).
1 Anne, 56 ans, patiente à risque
élevé de cancer colorectal
2 Claire, 54 ans, sujet à risque moyen
de cancer colorectal
3 Xavier, 62 ans, à risque augmenté
de cancer colorectal vous consulte
pour bénéficier du test de dépistage
TESTEZ VOS CONNAISSANCES
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RÉALISÉES AVEC LE SOUTIEN DE L’INCa
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DÉPISTAGE DU CANCER COLORECTAL : PLACE AU TEST IMMUNOLOGIQUE
CANCER COLORECTAL : DEUXIÈME CAUSE DE MORTALITÉ PAR CANCER
E
n France, les données récentes rapportent­­
À RETENIR
LES FACTEURS DE RISQUE
42 152 nouveaux cas de cancer colorectal et
17 722 ­décès par an imputables à ce cancer, soit la
deuxième cause de décès par cancer après le cancer du
poumon (4-6). Le cancer colorectal est de bon pronostic
lorsqu’il est détecté à un stade précoce (stade I et II
de la classification TNM). Le taux de survie relative à
5 ans est estimé à 90 % pour les cancers colorectaux
diagnostiqués au stade I et II ; à 70 % au stade III ; et
à 13 % au stade IV (7).
Une tumeur très souvent bénigne
au départ
On estime que
seulement 5 %
des adénomes
évolueront
vers un cancer.
Inversement, c’est
la transformation
maligne des
adénomes qui
explique la
majorité des
adénocarcinomes.
❚ Age supérieur à 50 ans
❚ Obésité
❚ Sédentarité
❚ Tabagisme
❚ Diabète
❚ Consommation excessive de viandes rouges,
charcuteries,
❚ Consommation d’alcool
❚ Consommation déficitaire en calcium
❚ Alimentation trop calorique et/ou riche en
graisses animales
❚ Acromégalie
Le cancer colorectal survient rarement avant l’âge de
50 ans. Il est diagnostiqué dans la majorité des cas
villeux). C’est une tumeur épithéliale bénigne qui a le
(95 %) après 50 ans : 55,1% des hommes et 44,9%
potentiel d’évoluer en tumeur maligne, avec différents
des femmes . L’âge moyen au moment du diagnostic
degrés de dysplasie (atypie ou perte de différenciation
est de 69,5 ans chez l’homme et de 72,8 ans chez la
de cellules épithéliales). (7)
(8)
femme (7).
niveau des cellules épithéliales de la muqueuse intes-
Un adénocarcinome
dans la majorité des cas
tinale à partir d’un polype adénomateux ou adénome
Certains cancers colorectaux peuvent se développer
(tumeur bénigne). Plusieurs types de polypes bénins
de novo, et non à partir de polypes adénomateux dé-
sont décrits : adénomateux, festonnés (groupe auquel
tectables. De découverte récente, une autre voie de
appartiennent les hyperplasiques), inflammatoires ou
cancérogénèse colorectale passe par les polypes ses-
lymphoïdes. Les polypes hyperplasiques sont les plus
siles festonnés, qui constituent un sous-groupe parmi
fréquents des polypes non cancéreux.
les polypes festonnés.Qu’il soit de novo, ou issu de la
Le polype adénomateux ou adénome résulte de la pro-
transformation maligne d’un adénome ou de celle plus
Ce cancer se développe dans 60 à 80 % des cas au
lifération des cellules des glandes de Lieberkühn, avec
rare d’un polype sessile festonné, le cancer colorectal
trois types histologiques (tubuleux, tubulovilleux et
est un adénocarcinome dans 95 % des cas.
UNE SYMPTOMATOLOGIE PARFOIS ASPÉCIFIQUE
❚ Le cancer colorectal peut évoluer à bas bruit.
❚ Il peut aussi se manifester par des signes cliniques
(anémie ferriprive sans autre cause, masse palpable
abdominale).
❚ Il peut être accompagné de signes fonctionnels non
spécifiques : rectorragies, melaena,douleurs abdominales
inexpliquées, coliques violentes, syndrome rectal
(faux besoins, ténesme, épreintes), troubles du transit
intestinal, amaigrissement récent inexpliqué, occlusion
intestinale.
2 n LE QUOTIDIEN DU MÉDECIN – PAGES SPÉCIALES – N° 9421 - JEUDI 18 JUIN 2015
80 % des CCR surviennent en dehors
d’un contexte de prédisposion.
1% 2à3%
80 %
Polyposes
15 à 20 %
Risque très élevé
(prédisposition génétique polypose,
syndrome de Lynch)
Risque élevé (antécédents personnels
ou familiaux de cancer colorectal,
d’adénome ou de maladie de Crohn)
Risque moyen (sans antécédents
personnels ou familiaux de cancer
colorectal ou d’adénome)
Répartition de l’incidence du cancer colorectal (CCR) par niveau de risque.
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DÉPISTAGE DU CANCER COLORECTAL : PLACE AU TEST IMMUNOLOGIQUE
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LES ATOUTS DU TEST IMMUNOLOGIQUE, PLUS SENSIBLE ET PLUS SIMPLE
L
e test immunologique
(9)
intègre le programme
­n ational du dépistage organisé du cancer
­colorectal. Cette décision fait suite à un avis favorable de la Haute Autorité de la santé (HAS)
(1, 2)
et à
un rapport de l’INCa (3), en raison d’une plus grande
sensibilité et simplicité d’utilisation. Il s’agit d’un
test spécifique de l’hémoglobine humaine dont la
lecture n’est pas manuelle mais automatisée, ce qui
lui confère ­précision, fiabilité et reproductibilité.
À RETENIR
à celle du test au gaïac (7 à 8 cancers détectés
7 À 8 CANCERS
SUR 10
sont dépistés
avec le test
immunologique
contre 4 sur 10
avec le test au
gaïac
çois Bretagne, gastro-entérologue, CHU Rennes.
pour 100 tests positifs), rapporte le Pr Jean-FranOn peut se demander pourquoi il y a un gain en
sensibilité si la valeur prédictive positive est
la même ? La réponse est liée au fait que le test
­i mmunologique est globalement deux fois plus
souvent ­positif, ce qui amène à faire deux fois plus
de ­coloscopies à bon escient ».
Cette nouvelle technologie facilite l’interprétation
des résultats, minimise l’erreur humaine et permet
Une ergonomie simplifiée
de modifier le seuil de positivité de sorte à ajuster
Côté pratique, le test immunolo-
la performance du programme dans le temps, en
gique ne nécessite qu’un seul pré-
fonction des résultats obtenus ou selon la popula-
lèvement de selles (au lieu des six
tion cible.
prélèvements sur trois selles avec
Une meilleure sensibilité
Un autre intérêt majeur du test est sa sensibilité (10) : le recours au test immunologique permet
donc de détecter davantage d’adénomes avancés
(lésions précancéreuses) et des études ont montré
une augmentation de la sensibilité pour la somme
des cancers isolés (rapport de 2 selon le seuil retenu) et pour les adénomes avancés (rapport de 2,5
selon le seuil de positivité retenu)
(3)
.
Quant à la valeur prédictive positive (VPP) de cancer du test immunologique, « elle est comparable
LE TEST
IMMUNOLOGIQUE
augmente
significativement
la détection
des polypes
adénomateux à
haut risque de
transformation
maligne
permettant de les
retirer avant même
qu’ils n’évoluent
en cancer
le test au gaïac). L’ergonomie du
test (tube plastique contenant un
tampon liquide de transport avec
un bouchon muni d’une tige striée)
facilite le recueil de selles ; il suffit
de les gratter avec la tige puis de
reboucher le tube.
La mise à disposition de ce nouveau test immunologique permet d’envisager une plus grande
participation de la population cible au dépistage
du cancer colorectal, facteur clé d’une plus grande
efficacité du programme de dépistage.
UN TEST IMMUNOLOGIQUE EN 3 ÉTAPES
JEUDI 18 JUIN 2015 - N° 9421 – PAGES SPÉCIALES – LE QUOTIDIEN DU MÉDECIN n 3
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DÉPISTAGE DU CANCER COLORECTAL : PLACE AU TEST IMMUNOLOGIQUE
LE RÔLE CENTRAL ET DÉTERMINANT DU MÉDECIN TRAITANT,
INTERLOCUTEUR PRIVILÉGIÉ DU DÉPISTAGE
L
e dépistage organisé du cancer colorectal repose
sur un test de recherche de sang occulte dans les
selles, suivi d’une coloscopie en cas de positivité du test.
Il est proposé aux hommes et femmes de 50 à 74 ans
à risque moyen de cancer colorectal (7). La structure en
charge du dépistage des cancers leur adresse tous les
2 ans un courrier les invitant à aborder le dépistage avec
leur médecin traitant. Ce dernier joue un rôle central (7) :
évaluer le niveau de risque, proposer à ses patients une
démarche de dépistage ou un suivi adapté et expliquer
l’intérêt du dépistage afin d’en favoriser l’adhésion.
À RETENIR
Le médecin explique et remet le test gratuitement
si son patient appartient à la population cible.
KIT DE DÉPISTAGE
Près de
9 personnes sur
10 déclarent avoir
effectué le test de
dépistage lorsqu’il
a été expliqué
et remis par le
médecin traitant
au cours de la
consultation.(12)
freins au dépistage présents chez un certain nombre
de personnes. Trois principaux freins au dépistage
LES STRUCTURES DE GESTION
du CCR ont été identifiés : la méconnaissance du
Les structures de gestion du programme
national de dépistage du cancer qu’elles soient
départementales, interdépartementales ou
régionales, ont pour missions : la coordination
des campagnes de dépistage, la gestion des
invitations des bénéficiaires, le suivi des
résultats des dépistages, les relations avec les
professionnels de santé, la communication
locale, les relations avec les centres de liaison
hospitaliers.
­cancer colorectal et de son dépistage ; la gêne éprouvée à l’égard de ce cancer, des modalités de ce dépistage, de la sphère digestive en général mais aussi le
sentiment de ne pas être concerné par ce dépistage
et/ou la volonté de ne pas se sentir concernés. « Le
médecin doit insister sur l’intérêt du test immunologique pour une meilleure acceptabilité de la réalisation
pratique du dépistage, ­observe le Dr Le Breton, il est
important que le médecin comprenne le ressenti, les ré-
Le MG en première ligne du dépistage
ticences du patient par rapport à ce dépistage, qu’il re-
Le médecin explique et remet le test si son patient ap-
cherche les causes éventuelles pour lesquelles le patient
partient à la population cible (risque moyen) ou l’oriente
refuse le dépistage afin de pouvoir être en mesure de
vers la stratégie la plus adaptée en fonction de ses an-
dépasser les obstacles identifiés. Les efforts du médecin
técédents personnels ou familiaux, de la présence de
doivent aussi porter sur les patients à risque aggravé (le
symptômes d’alerte et d’éventuelles explorations co-
risque élevé et très élevé) chez qui la coloscopie est di-
liques déjà réalisées (cf. pages 5-6).
rectement proposée, car c’est tout particulièrement au
Lors de la remise du kit de dépistage, le médecin ­l’informe
des modalités de réalisation du test à domicile, sur les
bénéfices et les limites du dépistage.
Sensibiliser les patients et identifier les
freins au dépistage
La relation de confiance entre le médecin et son
­p atient lui donne une force de conviction unique
pour présenter l’intérêt du dépistage, ses modalités
de réalisation pratique mais aussi pour identifier les
Retrouvez
des outils
d’aide
à la pratique
dans
le module
eFMC
« Dépistage
du CCR »,
rubrique
« Infos Plus »
4 n LE QUOTIDIEN DU MÉDECIN – PAGES SPÉCIALES – N° 9421 - JEUDI 18 JUIN 2015
sein de cette population de patients que la coloscopie
va mettre en évidence la présence d’un cancer ». Le dépistage du cancer colorectal met en lumière l’évolution
du rôle du médecin traitant qui inscrit sa pratique dans
une démarche de prévention vs une démarche de soins.
En ce sens où l’accent mis sur la prévention s’ajoute
aux soins qui lui sont depuis longtemps dévolus. Cette
démarche de prévention (11) nécessite d’impliquer le patient (patient non demandeur) ou de l’accompagner et
le motiver (patient demandeur).
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DÉPISTAGE DU CANCER COLORECTAL : PLACE AU TEST IMMUNOLOGIQUE
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CONDUITE À TENIR EN FONCTION DES NIVEAUX DE RISQUE
L
e médecin traitant évalue le niveau de risque de
chaque personne pour lui proposer la stratégie
de dépistage qui lui est adaptée. Le dépistage organisé du cancer colorectal s’adresse à la population à
risque moyen, asymptomatique et sans antécédents
­personnels ou familiaux de maladies touchant le colon
ou le rectum. Pour cette population, le test immunologique est indiqué. Il sera remis par le médecin traitant
À RETENIR
La répétition
régulière des
tests est le gage
de l’efficacité
du dépistage du
cancer colorectal.
à l’occasion d’une consultation.
❚ Si le test est négatif, le médecin traitant invite
alors le patient à renouveler le test deux ans plus tard,
­sachant que la répétition régulière des tests est le
gage de l’efficacité du dépistage du cancer c­ olorectal.
PERSONNE À RISQUE MOYEN
CHEZ QUI LE TEST N’EST PAS INDIQUÉ
Examens :
- coloscopie totale (< 5 ans) complétée ou non par un
lavement baryté (< 5 ans) et/ou un coloscanner (< 2 ans),
- coloscanner seul (< 2 ans),
- recherche de sans dans les selles (< 2 ans).
Maladies intercurrentes (autres cancers, maladies, personnes
dépressives, etc.) événements de vie, accidents récents
Refus (lever les freins, cf. page 4)
Le médecin est également amené à inciter le patient
à consulter si des signes d’alerte surviennent dans
❚ Un résultat positif doit toujours être confirmé
l’intervalle (présence de sang dans les selles, troubles
par une coloscopie. Le médecin adressera le pa-
du transit d’apparition ­récente, douleurs abdominales
tient à un gastroentérologue pour la réalisation
d’apparition récente, persistante et inexpliquée, amai-
d’une coloscopie, qui permettra, le cas échéant,
grissement inexpliqué).
de retirer d’éventuels polypes et de confirmer ou
Le dépistage organisé du cancer colorectal (CCR) en pratique chez les personnes âgées de 50 à 74 ans
(risque moyen) sans symptôme ni antécédents particuliers de maladie affectant le côlon ou le rectum (13)
ÉTAPE
1
Votre patient(e) reçoit tous les deux ans, de la structure de gestion du dépistage des cancers,
un courrier personnalisé l’invitant à réaliser un dépistage du cancer colorectal.
Ce courrier lui suggère d’aborder ce sujet avec vous à l’occasion d’une prochaine consultation.
ÉTAPE
2
Lors de cette consultation, vous évaluez son niveau de risque de cancer colorectal
en fonction de ses symptômes, de ses antécédents médicaux et de ceux de sa famille
ÉTAPE
3
Si votre patien(e) ne présente pas de risque particulier, vous l’informez de l’intérêt et des limites
du dépistage, vous examinez avec lui ses éventuelles réticences.
Vous lui proposez le test de recherche de sang dans les selles, lui expliquez comment l’utiliser*,
et lui remettez la fiche d’identification à compléter.
ÉTAPE
4
Votre patient(e) réalise le test à son domicile et l’adresse au centre de lecture
agréé dans le cadre du dépistage organisé, à l’aide d’une enveloppe T.
ÉTAPE
5
Sous une quinzaine de jours, votre patient(e) et vous-même recevez le résultat du test de dépistage
ÉTAPE
6
Si le résultat du test est négatif (96 %)
Si le résultat du test est positif (4 %)
Votre patient(e) sera invité(e) 2 ans plus
tard à renouveler son test de dépistage.
Il lui sera conseillé de vous consulter dans
l’intervalle en cas de symptôme évocateur.
Vous adressez votre patient(e)
à un gastroentérologue pour la réalisation
d’une coloscopie.
* Disponible en vidéo sur http://www.e-cancer.fr/tutoriel-test-depistage-cancer-colorectal.
JEUDI 18 JUIN 2015 - N° 9421 – PAGES SPÉCIALES – LE QUOTIDIEN DU MÉDECIN n 5
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DÉPISTAGE DU CANCER COLORECTAL : PLACE AU TEST IMMUNOLOGIQUE
Dans l’éventualité où le test précédent était positif et
Le dépistage du cancer colorectal
pour les personnes à risque aggravé
que le patient n’a pas suivi, malgré vos conseils, votre
Le test n’est pas indiqué pour les personnes présen-
recommandation de réaliser une ­c­oloscopie, vous veil-
tant des antécédents personnel ou familiaux de ma-
lerez à le notifier dans le dossier. La prescription ou
ladies touchant le colon ou le rectum. Dans ces cas, le
la remise d’un nouveau test de sang occulte dans les
médecin traitant adresse la personne à un gastroenté-
selles pour confirmation, n’est pas adaptée dans cette
rologue qui mettra en place la stratégie de dépistage
situation.
et de suivi adaptée.
infirmer un diagnostic de cancer (après biopsie).
Dépistage du cancer du côlon : schéma simplifié des conduites à tenir en fonction du niveau de risque
Patients à risque moyen
Patients à risque élevé
Patients à risque
potentiellement très élevé
Femmes et hommes
• De 50 à 74 ans
• ATCD personnel de cancer
colorectal ou adénome.
• Polypose adénomateuse
familiale.
• Sans symptôme
• ATCD familial de cancer colorectal
ou adénome (un parent 1er degré
< 65 ans ou deux parents 1er degré
quel que soit l’âge).
• Cancer colorectal héréditaire
non polyposique (HNPCC ou
syndrome de Lynch).
• Et n’étant pas à risque élevé ou
très élevé
• Maladie inflammatoire chronique
(rectocolite hémorragique ou
maladie de Crohn).
Programme de dépistage
organisé du cancer colorectal
Test immunologique
Consultation
chez un gastroentérologue
Coloscopie
Consultation
chez un gastroentérologue
Consultation d’oncogénétique*
Chromoendoscopie**
** La chromoendoscopie est une endoscopie digestive utilisant l’indigo carmin comme colorant de la muqueuse colique afin de repérer plus facilement
les adénomes plans et de mieux préciser les limites d’une lésion identifiée par coloscopie sans coloration.
* INDICATIONS DES CONSULTATIONS D’ONCOGÉNÉTIQUE ET DES TESTS GÉNÉTIQUES
1) CCR (cancer colorectal) diagnostiqué avant l’âge de 50 ans.
2) Sujet avec un antécédent personnel de cancer du spectre Lynch (côlon, endomètre, grêle, voies urinaires excrétrices),
CCR synchrone ou métachrone, ou cancer extra-colique du spectre Lynch quel que soit l’âge au diagnostic.
3) CCR diagnostiqué avant 60 ans avec caractéristiques anatomo-pathologiques évocatrices d’un syndrome de Lynch.
4) CCR avec au moins un apparenté au premier degré atteint d’un cancer du spectre Lynch élargi (pancréas, voies
biliaires, estomac, ovaires, glioblastomes, tumeurs cutanées), un des cancers diagnostiqué avant 50 ans.
5) CCR diagnostiqué chez un individu ayant au moins
2 apparentés au 1er ou 2e degré atteint d’un cancer du spectre élargi HNPCC (Hereditary Non Polyposis Colorectal
Cancer), quel que soit l’âge au diagnostic.
6) Polypose adénomateuse familiale.
6 n LE QUOTIDIEN DU MÉDECIN – PAGES SPÉCIALES – N° 9421 - JEUDI 18 JUIN 2015
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DÉPISTAGE DU CANCER COLORECTAL : PLACE AU TEST IMMUNOLOGIQUE
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LA COLOSCOPIE, L’EXPLORATION RECTOCOLIQUE DE RÉFÉRENCE
L
a coloscopie, réalisée le plus souvent sous anes-
facteur de risque, la coloscopie est indiquée si le test
thésie générale en hospitalisation courte ou en
de dépistage est positif.
ambulatoire est la technique de référence pour la
Parmi les complications majeures, le risque de perfo-
détection des lésions de la paroi colique. Elle permet
ration est rare (1 à 2 cas/1 000 coloscopies), le risque
dans le même temps la résection puis l’analyse his-
hémorragique existe (1 à 2/1 000) et le risque de décès
tologique de toute lésion retrouvée. Ses performances
représente 1 cas/18 000 à 1 cas/1 000. Les facteurs
tant diagnostiques que thérapeutiques sont élevées.
de risque majorant le risque de complications d’une
La coloscopie est proposée en 1re intention chez les
coloscopie sont : l’âge > 60 ans, une maladie chronique
patients à risque élevé.
cardiaque ou respiratoire préexistante, l’exérèse d’un
En cas de risque moyen de CCR correspondant à la
polype de gros diamètre (20 mm ou plus), la prise d’an-
population asymptomatique de plus de 50 ans et sans
ticoagulants ou d’anti-inflammatoires non stéroïdiens,
l’inexpérience du médecin pratiquant la coloscopie.
PLACE DU COLOSCANNER
❚ Selon la HAS (16, 17), le coloscanner ou coloscopie virtuelle (CV)
ne constitue pas un examen de première ligne d’exploration
colique, mais une alternative à la vidéo-coloscopie dans des
situations particulières. La CV peut être proposée lors de
vidéo-coloscopie incomplète. Dans un contexte de diagnostic
de symptômes évocateurs de tumeur colorectale ou de
dépistage de patients à risque élevé de cancer colorectal, la
CV peut être proposée en cas de refus de la vidéo-coloscopie
(après information complète et loyale du patient) ou en raison
de comorbidités compromettant la sécurité de cette vidéocoloscopie. Lors de dépistage de patients à risque moyen de
cancer colorectal, la CV peut être proposée en cas de contreindication médicale à la vidéo-coloscopie chez un patient ayant
un test positif de saignement occulte dans les selles.
La CV ne constitue pas un examen de dépistage de patients à
risque très élevé de cancer colorectal.
❚ Le coloscanner permettrait de détecter des polypes du colon
avec une sensibilité d’environ 80 % pour les polypes de plus de
5 mm (15, 16). En revanche, des lésions planes, même de grande
taille, peuvent passer inaperçues.
Des performances dépendantes
de la qualité de la préparation colique
La performance de la coloscopie est liée en premier lieu
à la qualité de la préparation colique (14). Le caractère
incomplet de la préparation colique a pour conséquence
un examen intestinal incomplet. Il importe d’inciter les
personnes ayant à faire une coloscopie à bien respecter
les conditions de la préparation colique. Le second élément qui optimise la qualité de l’examen est lié à l’expérience du médecin endoscopiste et au temps d’examen,
notamment au temps de retrait du coloscope (15). Le taux
de faux négatifs (lésions « non vues ») est inversement
corrélé à la durée du retrait du coloscope. L’augmentation du temps de retrait du coloscope (minimum 10 minutes) permet d’améliorer la performance de l’examen.
L’utilisation de colorant (indigo carmin) au cours de la
coloscopie (chromo-endoscopie) est une aide au diagnostic et à la décision thérapeutique, en particulier
en cas de suspicion de lésion « plane ».
Retrouvez l’intégralité des références bibliographiques dans
le module eFMC « Dépistage du CCR », rubrique « Infos Plus »
SESC, 1, rue Augustine-Variot - 92245 Malakoff Cedex. Tél. : 01.73.28.12.70.
Fondateurs : Dr Marie-Claude TESSON-MILLET et Philippe TESSON
Président et directeur de la publication : Dr Gérard Kouchner
Directeur général : Julien Kouchner
Imprimerie : Imprimerie Vincent (Tours)
CPPAP 0417 T 81257 - N° ISSN : 0399-2659
COMITÉ DE RÉDACTION
Directeur médical : Dr Alain Marié
Directeur scientifique : Dr Emmanuel de Viel
Rédacteur en chef : Dr Sylvie Le Gac
Rédaction : Dr Martine André
Conception réalisation : Leslie Nadotti
Secrétaire de rédaction : François Fonvieille
COMITÉ SCIENTIFIQUE
Pr Jean-François Bretagne, CHU Rennes
Dr Julien Breton, Université Paris-Est
Reproduction interdite de tous les articles, sauf accord de la direction.
Les textes publiés sont sous la responsabilité des auteurs.
JEUDI 18 JUIN 2015 - N° 9421 – PAGES SPÉCIALES – LE QUOTIDIEN DU MÉDECIN n 7
DÉPISTAGE DU CANCER COLORECTAL
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