Concours de la Résistance - Production des élèves 2014

publicité
Dossier réalisé par
-
Dylan Batista
Chloé Chaplier
Hugo courbe
Céline Deglaire
Antoine De Ruyter
Daniel Esteves
Flavie Liénard
Adriern Mansart
Maxence Petit-dit-Duhal
Alexiane Prevot
Simon stocq
Maxime Théret
Sous la direction de Mme Lampson
Premier prix départemental catégorie « Dossier Lycée »
Bravo !
Lycée T. MASARYK
08400 VOUZIERS
Concours National de la Résistance et de la Déportation
2013-2014
"La Libération du territoire et la refondation de la République"
Sommaire
I.
II.
Les Ardennes dans la Seconde Guerre mondiale
La Libération des Ardennes :
A. L'action décisive des Résistants :
- Exemple de la Libération de la commune de Voncq.
C. La fuite devant les Alliés : Exemple de la Libération de la commune de
Vouziers
III. Le retour à la légalité républicaine
A. Les conséquences de la Libération : l’épuration
1.L’épuration « sauvage »
2. L’épuration légale
B. De nouvelles institutions républicaines
1. Un nouveau gouvernement et bientôt une nouvelle République
2. Les CDL, en particulier celui des Ardennes
Avant d’étudier la libération du territoire auquel nous avons choisi de nous intéresser, les Ardennes
et les départements proches de celles-ci, il nous semble indispensable de replacer ce territoire ardennais dans
le contexte de la Seconde guerre mondiale, dès ses débuts, afin de mieux comprendre ensuite les enjeux de
sa Libération.
I. Les Ardennes dans la Seconde Guerre mondiale
Les Ardennes, situées au Nord-Est de la France sont en première ligne lorsqu'est déclarée la Seconde
Guerre mondiale le 1er septembre 1939. Après la "drôle de guerre", longue période d'attente, débute la
campagne de France le 10 mai 1945. Les forêts ardennaises font partie du dispositif défensif pensé par l'étatmajor français. Leur profondeur doivent faire obstacle aux divisions blindées allemandes et les empêcher
(comme la ligne Maginot) d'envahir le territoire français. Cette stratégie défensive est rapidement réduite à
néant par celle de Gudérian. La Blitzkrieg permet aux troupes blindées appuyées par l'aviation d'enfoncer la
front français qui est percé à Sedan le 14 mai.
Doc 1 : la campagne de France
Ces évènements entraînent l'exode de la quasi-totalité de la population ardennaise loin de chez elle,
dans les départements d’accueil de la Vendée et des Deux-Sèvres pour l’essentiel.Suite à l'armistice signé le
22 juin 1940 entre le maréchal Pétain et les autorités allemandes, la France est divisée en plusieurs zones et
les Ardennes se trouvent dans la zone Nord, la zone occupée.
Doc 2 : La France en 1940, après la signature
de l’armistice
Les années d’occupation sont très difficiles pour les Ardennais du fait de la présence de l’occupant
sur leur territoire et de la répression qui y sévit. Cependant, vont se développer progressivement des
mouvements de Résistance, soutenus par la population globale qui s’efforcent d’anticiper sur la Libération
du territoire, en lien avec la France libre. De sorte, que le moment venu, ces mouvements appuieront les
forces alliées en action.
II. la Libération de la France
La Libération des Ardennes s’inscrit dans le contexte général de la Libération du territoire français
par les forces alliées. Cette Libération commence par l’empire colonial français en Afrique du nord par le
débarquement des Alliés. La Corse est le premier département libéré en septembre 1943. Si le débarquement
en Afrique du Nord avait été le fait de troupes anglo-américaines, la libération de la Corse est réalisée par
des Français d'Alger, de résistants corses et de troupes italiennes soulevées contre leur ancien allié
Allemand. L’événement a un retentissement considérable en France encore occupée.
Le débarquement allié en Normandie le 6 juin 1944 et celui de Provence le 15 août de la même
année, précipitent la Libération de la France et de ce fait au recul des troupes ennemies. Cette Libération de
la France a été préparée à l'avance en particulier par la mise au point d’actions « d’intoxication »dans le but
de tromper les nazis. Il s'agissait de laisser croire à un débarquement dans le le Pas-de-calais et en Norvège.
Une armée fictive est alors créée s'intitulant First US Army group (FUSAG) . Les Allemands renforcèrent
leurs positions dans le Pas-de-calais et . Cela facilita le débarquement des Alliés en Normandie.
Chronologie du débarquement des troupes et matériels par échouage des bateaux sur les plages
normandes :
00:05 Bombardement des positions allemandes entre Le Havre et Cherbourg
00:15 Largage des pathfinders (éclaireurs), parachutistes chargés des balisages des zones de saut et
de destruction de voies ferrées en liaison avec la Résistance.
00:20 Atterrissage des planeurs britanniques à proximité du Pegasus Bridge sur le canal de Caen.
01:00 Largage des parachutistes des divisions aéroportées
03:20 Atterrissage des planeurs avec le matériel lourd des divisions aéroportées
06:00 Début du bombardement naval de la côte normande
06:30 Heure H, débarquement sur les plages des troupes américaines
07:30 Heure H+1, débarquement sur les plages des troupes britanniques et canadiennes
D'autre part, l'année 1944 à été l'année au cours de laquelle les Allié bombardèrent le plus le Nord-Pasde-Calais et la Normandie détruisant centaines villes (le Havre, Caen) et les infrastructures comme les
chemins de fer et les routes afin de perturber les mouvements de troupes allemands.
Grâce à l'action des résistants, les Alliés pourront progresser ensuite vers l'Est. En effet, les résistants
préparent le débarquement et l'accompagnent en sabotant trains, lignes téléphoniques, etc.. de façon à
empêcher l'arrivée des renforts allemands et entraver les communications. La libération de Paris a lieu du 19
au 26/08/1944. Le front est stabilisé dans les Vosges le 20 septembre 1944. Les Allemands tentent une
dernière offensive dans les Ardennes belges dans l'hiver.
Le débarquement en Provence du 15 août 1944 permit de libérer un grand quart Sud-est. Le quart SudOuest doit sa libération à l'action des mouvements de résistance. Les Allemands effectuèrent un repli tout en
massacrant des villageois et des civils. La contre-offensive des Ardennes à l'hiver 1944-1945 a des
conséquences sur l’Alsace, avec la formation d’une poche de résistance allemande, la poche de Colmar.
Strasbourg est défendue par la première armée française du général de Lattre (avec l'intervention de la
Brigade Alsace-Lorraine et des unités FFI). Strasbourg menacée est sauvée le 21 janvier 1944. La bataille
d’Alsace autour de Colmar nécessite un renfort de troupes américaines. Elle dure du 20 janvier au 9 février
1945
Document 3 : Carte : Atlas de la libération de la France, 6 juin 1944 - 8 mai 1945 ; éditions Autrement)
A.La Libération des Ardennes :
Comme nous pouvons le voir sur le document 3, la Libération des Ardennes se fait entre la fin du mois
d’août et le début du mois de septembre 1944.
1. L’action conjointe des Résistants et des Alliés : la Libération de
Charleville –Mézières
La libération des Ardennes est due à l'action conjointe des forces américaines et de la résistance
locale. Un mois avant le débarquement de juin 1944, les Alliés bombardent la ville de Charleville afin de
détruire les installations ferroviaires. Les populations civiles seront durement touchées. On dénombrera 90
victimes des bombardements des 7 et 11 mai 1944 à Charleville et à Mohon.
Document 4 : Mohon, mai
1944. L’actuelle Avenue Président-Auriol après le bombardement des Anglais (ph. Hénaux, DIHP)
Les Allemands ont riposté à l'avancée des troupes alliées et aux actions des résistants par des tirs
d'artillerie depuis les hauteurs du plateau de Berthaucourt. Les obusiers américains ont riposté et Charleville
est libérée par le 24th escadron de cavalerie, grâce à l’action conjointe des résistants et des Alliés.
Témoignage d’Yvonne Dauby-Godard, élue maire de Mohon à la Libération.
Yvonne Dauby entre dans la Résistance F.T.P. en 1942. « Le samedi 2 septembre, très tôt le matin,
à Houldizy, Yvonne Dauby se trouve être convoquée à Mézières, afin de participer à une réunion
clandestine. Des chars et automobiles allemands continuent de passer sur le Boulevard des Deux-Villes,
devant la réunion clandestine. La situation est ainsi exposée : «Les Américains avancent vers Rocroi et
Sedan et semblent ignorer Charleville. Il faut aller les prévenir que les Allemands, retranchés avec leur
artillerie au sommet du plateau de Berthaucourt, risquent de bombarder les ponts. Ces ouvrages seront
pourtant utiles en vue de la poursuite des opérations militaires». Ainsi, des binômes sont formés, en tout 10
groupes. Yvonne Dauby accompagnée de Taton, fils du maire d’Houldizy, reçoit pour mission de partir à la
rencontre de l’armée américaine en direction de Rethel. Après diverses péripéties, le binôme arrive à Rethel
et est reçu par des officiers américains, francophones mais peu sensibles aux requêtes des résistants. «Je
suis envoyée par le Comité de Libération de Charleville. Les Allemands s’apprêtent à faire sauter les ponts.
Nous attendons votre aide. Nous vous serions reconnaissants d’envoyer vos chars !». Le militaire
l’interrompt : «Charleville ne nous intéresse pas ! Nos offensives majeures2 se déroulent vers Rocroi et
Sedan». » Le lendemain matin, dimanche 3 septembre, Yvonne Dauby et son camarade vont rencontrer le
responsable de la Résistance à Rethel afin de trouver avec lui le moyen de regagner Charleville-Mézières.
A Charleville, les ponts ont sauté. Dans la nuit du 1er au 2, l’occupant sabote la poste, la gare, les
installations électriques...
Les Allemands font sauter les ponts le 2 septembre, vers 20h30. Successivement succombent : le pont
d’Arches, le pont de la Victoire , le pont du canal du Theux, la passerelle Bayard (ou Pont-Rouge)... Le 5
septembre, à 8h00, les câbles de la passerelle du Mont-Olympe sont sectionnés. Par ailleurs, les Allemands
ne réussissent pas à détruire complètement le pont de chemin de fer entre la gare et Montcy : il servira de
pont routier pour les Américains (Témoignage M. Jean Capitaine, 23.VII.2003).
A la veille de leur départ, le 29 août 1944, à Charleville, les Allemands sortirent de leurs geôles 13
patriotes détenus dans la prison de la place Carnot, sur la cinquantaine qui y étaient présents. Conduits au
lieu-dit le Bois de la Rosière à Tournes, ils furent extraits des véhicules et abattus.
Dès leur entrée dans les Ardennes, les Américains prennent contact avec Bob Dupuis, le
commandant du maquis de Bourg-Fidèle et avec Georges Peuble, responsable du secteur de Rocroi. Georges
Peuble, chef du secteur de Rocroi, ordonne aux 200 hommes du maquis de Bourg-Fidèle, habillés de tenues
kaki, prises au camp de jeunesse de La Havetière, d’aider les Américains dans la libération de Charleville.
Au petit matin du 3, en venant de Tournes, les colonnes de résistants soutenues par les blindés U.S.
progressent vers Charleville. A 9 heures, ils atteignent la Place Ducale. A 9h30, le premier char américain
débouche sur la Place. Une patrouille de reconnaissance reçoit l’ordre d’estimer l’importance de
l’armement de retranchement allemand du plateau de Berthaucourt. Après avoir traversé en barque la
Meuse, la patrouille gagne Montcy-Saint-Pierre. Leur rapport permettra à l’artillerie alliée de préciser ses
tirs. Les F.F.I. se chargent de réduire la poche allemande du plateau de Berthaucourt, sous le feu intensif de
l’artillerie.
Document 5
Supplément au journal “Charleville-Mézières magazine” N° 72 - septembre 2003
Les rives de Meuse vont être sécurisées autour de Mézières car la plupart des ponts étaient
inutilisables. Ainsi les F.F.I. de Rocroi sont les premiers à entrer dans Charleville, suivi des Américains. En
septembre 1944, les Ardennes sont libérées. Les Allemands sont chassés en moins de 15 jours et le 7
Septembre toute les Ardennes sont libérées La Marne et l’aube sont libérées avant les Ardennes par
exemple, Troyes est libre dès le 25 août, Epernay le 28 août 1944 et Reims le 30 août.
Document 6 . Habitants de Troyes entourant les
véhicules des soldats américains qui viennent de libérer la ville, 25 août 1944 (DR).
La Libération tant attendue est commémorée tous les ans à Charleville-Mézières le 3 septembre et un
hommage solennel est rendu à ceux qui ont donné leur vie pour la liberté de tous.
Document 7 : Commémoration à
Charleville-Mézières de la libération des Ardennes le 3 septembre 2012 .
Tous les ans, un hommage est rendu au mémorial de Berthaucourt, inauguré le 31 août 1946 sur
l’initiative du commandant fournier et d’u comité départemental des anciens de la Résistance. pour la
cérémonie du 2eme anniversaire de la libération. Il a été conçu par Francis Despas : sur le haut on y retrouve
une croix de lorraine et un cénotaphe ou sont entreposées des cendres et de la terre des différents endroits ou
se sont déroulés les combats, ainsi que des ossements et des cendres ramenés des camps de concentrations.
En 1954, y sont ajoutés deux murs où sont gravés les 504 noms des résistants morts aux combats,
torturés ou qui n'ont pas survécu aux camps de concentrations.
2. L’action des Résistants : la libération de Voncq (1944)
a. Le contexte
Voncq domine la rive droite de l'Aisne et le canal de Vouziers. L'éperon de Voncq permet donc de
disposer d'un panorama sur cette vallée de l'Aisne et sur les Ardennes champenoises et en fait un site
d’observation intéressant.
Document 7 : le panorama de Voncq
Nous sommes en août 1944, la Libération de la France est en cours et la RAF parachute des caissons
d'armes dans toute la France destinés aux FFI, et certains sont parachutés dans les Ardennes. Des habitants
qui ne font pas partie des FFI, en récupèrent à Roche, un village voisin de Voncq. Ces armes serviront par la
suite. C'est M Mallat, qui habite à Semuy, le village qui précède Voncq qui cachera ces armes dans sa
grange. Cet homme a déjà fait quelque actes de résistances : il a retiré une barrière qui barrait la route
menant au canal pour que les véhicules Allemands s’y précipitent. Il réussira sont coup, un véhicule y
tomba. Tout le Voncquois est très remonté contre l'occupant … et prêt à agir contre l’occupant. Ainsi
quelques jours après ces aventures, des résistants voncquois ont surpris des Polonais qui travaillaient pour
les Allemands et les ont enfermé dans une cave de la mairie. Ensuite, les résistants se retirent à Semuy .
b. Les Allemands arrivent .
Quelques heures après, un camion allemand, avec une douzaine d'hommes équipés de Stg 44 (fusil
d'assauts) de Mauser K98 (carabine) et d'un mortier, passe devant la mairie. Les Polonais qui appellent au
secours sont entendus par les Allemands qui les libèrent. Les Polonais les informent alors de la présence de
résistants dans les environs.
Au même moment, M Theret décide d'aller jusqu'à Voncq en vélo pour voir ce qui s'y passe. Une
fois arrivé, il aperçoit les Allemands qui sont installés dans l’actuelle maison de Mme Lépine : ils ont mis
leur mortier en batterie. M Theret redescend immédiatement a Semuy et prévient les hommes du village qu'il
croise . Quelques habitant veulent y aller : M Mallat leur fourni donc les armes qu'il avait cachées dans son
grenier . Il y avait plusieurs Lebel (carabines), deux Sten Mk II (pistolet mitrailleur), une grenade quadriller
et une baïonnette américaine . Une dizaines d'hommes montent vers Voncq ...
La dizaine de résistants
se place en ligne
devant la batterie
allemande, comme
indiqué ci-contre et les
résistants avancent en
criant « rendez-vous,
vous êtes cernés »
Document 8 : carte de situation de l’action lors de la libération de Voncq
c. Le combat commence
Après que les Allemands aient entendu les résistants, ils ouvrent le feu en tirant des obus de mortiers puis
tirent avec leurs Mauser et leurs Stg. Les résistants ripostent. Ceux-ci utilisent leur seule grenade mais
manquent leur cible, les deux résistants ayant les Sten n'ont plus de munitions. Un des deux se fait tuer.
Après cela, les résistants décident de battre en retraire . Pendant leur retraite un résistant est blessé par une
balle allemande et mourra de ses blessures quelques heures après. Les Allemands n'ont aucune perte, mais se
retirent quand même à cause de l'avancée américaine .
On participé a cet assaut :Maurice Henriller, M. Mallat, George Petit Pierre, M. Goudart , d’autres résistants
document 9 : Les armes utilisées pendant la bataille de Voncq
C. La fuite devant les Alliés : Exemple de la Libération de la commune de Vouziers
La libération était proche mais pour quand ? En fait, les troupes alliées, en avance d'une semaine,
surprirent les Vouzinois.
Le 30 août la plupart des Allemands partent avec les vélo des Vouzinois, et broient ceux qu'ils
restent, pour ne pas que les habitants puissent sortir de la ville, et donc pour qu'ils soient prisonniers des
bombardements futurs.
Pendant la débâcle des Allemands, des trains sont attaqués dans les gares de Vouziers et de Savignysur-Aisne ; les alliés mitraillaient les locomotives afin de les stopper. Les Allemands interpellés sont
conduits dans un camps de prisonniers à Savigny-sur-Aisne.
Le 31 août, au matin, tous les Allemands ont déserté. En partant, ils détruisent le pont de l'Aisne,
afin que personne ne puisse venir aider la ville, puis de l'extérieur de la ville les ennemis la bombardent à
coups de canon et mortier. Vers 11h le dépôt de munitions explose.
Peu de temps avant, une jeune femme est allée « se promener » en reconnaissance afin de repérer les
emplacements des batteries ennemies, pour prévoir prochainement l'arrivée de l'avant-garde alliée. Il est
16h45 quand les Américains débarquent, à l'intérieur de leurs voitures blindées, dans la ville et se dirigent
vers l'Hôtel de Ville. De celui-ci, sera annoncée la fin du cauchemar pour les Vouzinois. Mais
malheureusement, à cette heure ci , peu de gens se trouvent sur la Place Carnot. (photo page 7)
Mais un sentiment de vengeance se fît vite ressentir... Des vitrines sont brisées chez ceux que l'on
accuse de collusion avec l'ennemi, des femmes sont conduites de force chez le coiffeur afin de se faire
tondre la tête, accusées de « collaboration horizontale ». Quelques heure après, tout le monde rentre chez
soit, inquiet et méfiant, avec un sentiment d’incertitude sur le retour probable des Allemands.
En effet, le 2 Septembre 1944, les Allemands tentent une contre-attaque, qui échouera. C’est
seulement trois ou quatre jours après qu’il fut certain que les Allemands ne reviendraient pas à Vouziers. Les
cloches retentissent dans toute la ville. Tout le monde est heureux : ON EST LIBRE ! cf doc 11
Dans la foulée les Américains reconstruisent le pont de Vouziers, détruit par les Allemands.
Tous les ans est commémorée la Libération de Vouziers par les troupes américaines avec le soutien
des résistants locaux(cf doc 10) . Ainsi en fut-il le 31 Août 2013. La batterie fanfare de Vouziers est alors au
rendez-vous pour cet hommage. De nombreux anonymes se recueillent. Après une minute de silence, la
Marseillaise et le Chant des partisans sont repris. C'est déjà la 69eme commémoration .Par ce rassemblement,
la ville de Vouziers et ses habitants montrent qu'ils n'ont pas oublié cette date importante de leur histoire.
Document 10 : la commémoration de la libération de Vouziers
D'anciens combattants portent les drapeaux.
Dépôt de gerbe au monument aux morts par le maire
Document 11 : La libération de Vouziers en photos
III. Le retour à la légalité républicaine
A. Les conséquences de la Libération : l’épuration
Il existe deux sortes d'épurations différentes : l'épuration « sauvage » et l'épuration judiciaire ou judiciaire
1. L'épuration « sauvage »
Ce sont les épurations non légales, qui ont été exécutées sur initiatives personnelles ou sur ordre de la
résistance au cours des journées libératrices ou après la libération.
Les épurations sauvages commencent majoritairement en été 1944.
Exécutions
sommaires
en ChampagneArdenne
Avant le
6 juin 1944
Du 6 juin 1944
à la libération
Après
la libération
TOTAL
Ardennes(08)
2
5
2
9
Marne(51)
5
14
2
21
Aube(10)
67
125
5
197
Haute-Marne(52)
1
9
0
10
CHAMPAGNEARDENNE
75
153
9
237
Source : CNDP
D'après ce tableau on peut voir que les exécutions dans l'Aube sont largement plus nombreuses comparées
aux autres départements que ce soit avant, pendant ou après le 6 juin 1944.
Ces résultats sont ceux qui ont été recensés par les correspondants du Comité d'histoire de la 2ème guerre
mondiale.
En réalité, selon l'enquête de gendarmerie de 1959 utilisée par Robert Aron il y aurait eu 585 exécutions
sommaires en Champagne-Ardenne dont 466 dans le département de l'Aube.
Dans toute la France l'épuration extra-judiciaire a compté environ 9000 exécutions et a pu être l'occasion de
règlements de compte. Elle a pris des formes diverses : jugements expéditifs, exécutions sommaires.
La collaboration féminine a aussi été punie, une grande partie des femmes qui ont eu des rapports avec les
Allemands ont été tondues et ont été exposées sur les places publiques.
Document 12 : Sur cette photo on voit 6 femmes se faisant tondre en Dordogne pour leurs relations
avec les Allemands. Source:http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/recherches/regard-sur-lepuration-etles-femmes%C2%A0tondues-en-dordogne-4191
Document 13 : La Tondue de Chartres, photo de Robert Capa
2.L'épuration légale ou judiciaire
Epuration Légale : Ce sont les épurations judiciaires, qui ont été exécutées sur initiative de la loi.
Les exécutions étaient promulguées lors de séances aux tribunaux et non par les Français résistants ce qui
permettait de donner des verdicts réglementaires et judiciaires et non des répressions illégales.
L'épuration judiciaire
Recensement de 1944: - France =
40 290 000 habitants
-Marne= 386 926 habitants
dans la Marne
En chiffres absolus
en France
Taux pour 1000
En chiffres
absolus
Taux pour
1000
Nombre de personnes jugées
1137
2,9
132 828
3,2
Nombre de personnes
condamnées
918
2,3
95 415
2,3
Source: www.CNDP.fr
En Marne on voit que les exécutions sont plutôt moins importantes si on les rapporte au chiffre total
d'exécutions en France. Dans les Ardennes, le dernier "collabo" sera condamné en 1948.
En France 132 828 personnes ont été jugées et 95 415 ont finalement été condamnées.
B. De nouvelles institutions républicaines
1. Un nouveau gouvernement et bientôt une nouvelle république
Plusieurs étapes rythment, entre 1943 et 1946, la question de la refondation républicaine :
- l'élaboration du programme du Conseil national de la Résistance, Conseil de la Résistance dont la
première réunion a eu lieu le 27 mai 1943. Le programme est publié le 15 mars 1944, comporte comme
mesure : “établir le gouvernement provisoire de la République formé par le général de Gaulle”.
- création à Alger du Gouvernement Provisoire de la République Française le 3 juin 1944
- Le 9 août 1944 est publié au Journal officiel : « La forme du gouvernement de la France
est et demeure la République. En droit, celle-ci n’a jamais cessé d’exister »
> La refondation de la République avec le Gouvernement Provisoire :
Après la parenthèse de Vichy, la République est de nouveau une réalité pour toute la France. Pour les
résistants, elle n’a jamais cessé d’exister, la preuve en est des proclamations de la République de Mauriac et
de celle du Vercors en juillet 1944.
Document 14 : Affiche informant de la création
de la République du Vercors le 3 juillet 1944
Le Comité français de la libération met en place une nouvelle administration qui est acceptée par les
Français pour éviter une imposition économique et politique des Etats-Unis. Ainsi est créé le gouvernement
provisoire, à la tête de la France du 3 juin 1944 au 27 octobre 1946. Ce nouveau gouvernement est
administré par le général De Gaulle. L’objectif est de restaurer la république et d'épurer les institutions des
collaborateurs.
Les représentants du Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF) prennent le
pouvoir en France au fur et à mesure de la libération du territoire. Le 31 août, six jours après la libération de
la capitale, le gouvernement provisoire s'installe à Paris.
Cependant, la reconnaissance du GPRF par les Alliés est tardive et date du 23 octobre 1944.
La guerre terminée, les partis politiques se reconstituent et les premières élections qui ont lieu sont
les municipales, le 29 avril et 13 mais 1945, ce sera la première que les femmes voteront en France.
Cependant, les partis politique gagneront en importance sur les mouvement résistant qui eux n'arrivent pas à
constituer des mouvement politiques. Après le référendum du 21 octobre 1945 la IIIème république est
totalement rejetée et la IVème république sera mise en place en octobre 1946.
Document 15 : femme française votant lors du référendum d’octobre 1945
La IVème république est mise en place le 27 octobre 1946. C’est une république parlementaire. Grâce
a cette république la France connaît un redressement économique en partie grâce au plan Marshall
américain, à la croissance économique mondiale, mais aussi grâce au baby-boom. Mais l'instabilité politique
de l'Assemblé Nationale et la décolonisation ( Algérie par exemple ) posent de sérieux problèmes.
2. La refondation de la République dans les Ardennes.
Dans les Ardennes, comme dans d’autres départements, la République va être refondée en
s’appuyant sur les groupes locaux de la Résistance, qui avaient préparé son retour, dès avant la fin de la
guerre.
En effet, pendant la guerre, avec la disparition de la République avaient aussi disparu les institutions
la représentant à toutes les échelles. Ainsi, le Conseil général a été suspendu le 12 octobre 1940 par le
Gouvernement de Vichy et remplacé par une commission administrative présidée par le Préfet. Un conseil
départemental fut institué en 1942-1943 : Louis Lucien Hubert, conseiller d'Etat en fut le Président en 19431944.
Les groupes de résistance reposent sur deux structures :
- une structure militaire : les Forces Française de l'Intérieur (FFI) qui englobent l'ensemble des
mouvements et réseaux clandestins. Le commandant André Point, appelé Commandant Fournier était à la
direction des FFI dans les Ardennes.
Document 16 : le « Commandant Fournier », chef des FFI dans les Ardennes
- une structure civile : le Comité Départemental de Libération (CDL). Dans les Ardennes, le CDL a
été créé dès le printemps 1944
Les CDL sont chargés de :
- prendre en charge les tâches de résistance : aide aux réfractaires, aux maquis, aux
emprisonnés et à leur famille, la propagande ;
- préparer la Libération : en collaboration avec le noyautage des administrations publiques
(NAP), il participera à la désignation des personnes chargées d'assumer l'administration du
département libéré. Le président du CDL est le docteur Jullich, conseiller général radical-socialiste
du canton de Novion-Porcien de 1919 à 1945, ainsi que président du conseil général de 1938 à 1940.
document 17 : Docteur Jullich (1874 / 1961),
docteur et maire de Saulces-Monclin.
Les CDL, CCL (Comité cantonaux de Libération, le
sigle désigne aussi parfois des Comités communaux
de Libération) et des CLL (Comités locaux de
Libération) CLL possèdent souvent une commission
d'épuration, et préparent les dossiers en vue du
passage ou pas des collaborateurs présumés devant
les cours de justice
Cependant, une fois l’insurrection contre l’occupant allemand terminée, le GPRF voulait cantonner les CDL à
un rôle consultatif. L’ordonnance du 21 avril précise que les CDL devaient disparaître après les élections cantonales et
donc la désignation des Conseils généraux.
Durant le second semestre de 1944, les CDL tentèrent de s’organiser en force politique capable de représenter la
Résistance. Divers congrès régionaux aboutirent à la tenue de l’Assemblée nationale des Comités de Libération à Paris
du 15 au 17 décembre 1944. Dans sa résolution finale (Serment de l’Hôtel de ville) l’Assemblée nationale des Comités
de Libération demanda le maintien des CDL jusqu’au retour des prisonniers,
Dans les Ardennes, font partie du CDL des membres de la Résistance, par exemple Marie-Hélène Cardot et
Andrée Viénot. Elles illustrent l’action des femmes, importante dans la résistance et la préparation de la Libération.
Elles jouent aussi un rôle importante dans la refondation de al République.
Document 18 : Marie-Hélène Cardot est originaire des Ardennes,
Sous l'Occupation, elle joue un rôle très actif en mettant en place une filière d'évasion pour les
prisonniers de guerre. Elle est arrêtée à deux reprises en 1941 et 1944et n'évite la déportation que grâce à
une action de force de la Résistance qui attaque son convoi et la libère le 29 août.
Membre du comité départemental de Libération, décorée de la médaille de la Résistance, Marie-Hélène
Cardot s'engage dans la vie politique à la fin des hostilités.
Après la guerre, son action s’inscrit logiquement dans le bon fonctionnement républicain, tant à
l’échelle nationale que locale. En 1946, elle fait partie des 21 femmes élues au tout nouveau Conseil de la
République, où elle occupe le poste de secrétaire. Réélue sénateur des Ardennes en 1948, elle siège à la
commission de la famille et à celle des pensions qu'elle présidera à partir de 1955.
A cette activité nationale, Marie-Hélène Cardot ajoute une carrière locale également bien remplie en
exerçant les mandats de maire de Douzy et de conseiller général des Ardennes. Cette forte implantation
locale lui permet d'être réélue sans difficulté au Conseil de la République, puis au Sénat dont elle assume la
vice-présidence jusqu'en 1971.
Andrée VIENOT est un autre exemple de résistante , engagée bien avant la guerre dans la lutte
contre le nazisme . Pendant la guerre, elle poursuivit cette lutte et s’investit ensuite dans la refondation de la
République .
Document 19 : Andrée Viénot (1901-1976)
Andrée Viénot partage durant quinze ans les combats politiques de son époux. En Allemagne, ils
assistent à la montée du nazisme et à l'effondrement de leurs espoirs pacifistes. Ils rentrent dans les
Ardennes où Pierre Viénot est élu en 1932 député républicain-socialiste. Après la défaite militaire en juin
1940, le couple se réfugie à Casablanca où Pierre Viénot est arrêté et rapatrié en France pour passer en
justice militaire. Après l'évasion de Pierre qui part pour Londres où il devient ambassadeur de la FranceLibre, elle demeure en France et s'installe dans les Alpes-Maritimes et participe à la reconstruction du Parti
socialiste clandestin dans le Sud
Pierre Viénot étant décédé à Londres le 20 juillet 1944, Andrée poursuit leur combat et s'impose rapidement
dans les Ardennes. Elle retourne dans les Ardennes dès leur libération, à la fin septembre 1944.
Elle y siège au Comité départemental de Libération et préside le mouvement Libération-Nord. Secrétaire
adjointe de la fédération socialiste, directrice de l'hebdomadaire socialiste le Réveil Ardennais, maire
provisoire de Rocroi jusqu'aux élections de mai 1945, elle est élue conseillère générale du canton de Chooz.
La refondation de la République passe également par la nomination de représentants des l’Etat
français qui l’incarnent les préfets
Liste des préfets des Ardennes :
-
Roger Homo (1944), Préfet de la région de Laon-Saint-Quentin (Aisne, Ardennes, Oise et
Somme) (1892-1977)
Georges Rastel (1944-1945), Préfet des Ardennes (1910-1993)
Pierre Pène (1944-1946), Commissaire régional de la République de la région de Laon-SaintQuentin (Aisne, Ardennes, Oise et Somme) (1898-1972)
CONCLUSION
La Libération de la France n’aurait pu se faire sans l’action conjointe des forces alliées et
l’action des résistants. Sans cet esprit de résistance, inscrit dans l’amour des valeurs
républicaines, les valeurs de celle-ci n’auraient pu s’incarner dans une France souveraine
après la Libération.
Sources :
Livres
Le curieux vouzinois, n°36, juin 1994
Revue historique ardennaise, année 1975
Les Ardennes dans la guerre : 1939-1945 , Jacques Vadon
Divers manuels d’histoire de premières
Sites internet :
http://www.ajpn.org/
www.cndp.fr
http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/recherches/regard-sur-lepurationet-les-femmes%C2%A0tondues-en-dordogne-419
http://www.linternaute.com/histoire/magazine/atlas/seconde-guerremondiale/carte-europe-1945.shtml
http://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_de_la_Lib%C3%A9ration_en_Fra
nce
http://www.charlevillemezieres.fr/content/download/15609/221289/file/tap72.pdf
http://ardennetiensferme.over-blog.com/article-25093186.html
http://www.memoire-vive.net/spip.php?article1445
Téléchargement
Explore flashcards