RAM 2 - La question des Transneptuniens

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La question des Transneptuniens
Enfin ! Cela fait plusieurs années déjà que nous avons à l’esprit le projet de traiter à fond de la
nature et des conditions de découverte des Transneptuniens – terme que nous adoptons désormais de
préférence à « Transneptuniennes », qui sous-entend le substantif « planètes », alors qu’il s’agit à nos
yeux de « facteurs » transneptuniens, de « centres actifs » astronomiquement fondés et
astrologiquement efficaces, comme l’expose Paul Bernard dans le n° 1 de la Revue d’Astrologie
mondiale (RAM). C’est d’ailleurs grâce aux discussions menées depuis 2008 avec Paul Bernard, qui a
suivi avec intérêt et bienveillance notre évolution dans ce domaine, que nous sommes enfin parvenu à
nous forger une conception solide en la matière. Auparavant déjà, Jacques Rauffet, dès l’année 2005,
nous avait initié aux travaux de l’École de Hambourg et vivement incité à poursuivre notre exploration
des Transneptuniens en astrologie mondiale. Ce n’est pas sans de longues résistances que nous y
sommes venu, mais c’est une aventure intellectuelle passionnante qui s’est ouverte ainsi à nous et nous
avons bien conscience de n’être qu’au début d’explorations à venir dans ce domaine, explorations que
devraient puissamment faciliter les outils mis à la disposition des chercheurs que sont les logiciels
d’Indices cycliques mis au point par Paul Bernard.
Aujourd’hui, les Transneptuniens ont près d’un siècle d’existence (le premier ayant été découvert
par Alfred Witte en 1923). Dans le monde entier, ils sont intégrés à la pratique de nombreux
astrologues, en Allemagne, aux États-Unis, en Russie, en Thaïlande et ailleurs – mais pas en France.
Sans doute parce que pèse encore sur l’École de Hambourg un jugement catégorique et hâtif d’André
Barbault, avec une formulation malheureuse et peu digne d’un grand maître de l’astrologie. Par
ailleurs, les réticences du grand astrologue français peuvent se comprendre quand l’on voit la
présentation particulièrement aride et rébarbative que prenaient les enseignements de cette École dans
ses publications. Et en l’absence de l’outil informatique - comme ce fut le cas aussi, par exemple, pour
les Directions primaires étudiées avec brio par Danièle Jay – la prise en compte des Transneptuniens
demandait une connaissance de la langue allemande et une solide culture mathématique, deux
compétences assez peu répandues, il faut bien le dire, parmi la gent astrologique française.
Ainsi, les Transneptuniens se sont imposés peu à peu, et à notre corps défendant, non seulement
dans notre pratique de l’astrologie mondiale, mais aussi, jusqu’à un certain point, dans l’étude des
thèmes individuels. Le dossier présenté dans ce numéro du RAM traitera donc de cette question qui
nous hante depuis le début de notre parcours avec l’École de Hambourg : que sont les
Transneptuniens, quelle est leur nature : des planètes, des corps physiques, ou des entités d’une autre
nature ? Question posée, en fait, dès leur « invention » (au sens du mot latin inventio – « découverte »)
par Alfred Witte puis par Friedrich Sieggrün dans les années 1920. Ce dossier est constitué de trois
éléments : l’invention des Transneptuniens ; l’intérêt que présente leur utilisation en astrologie
mondiale ; de l’École de Hambourg à l’astrologie uranienne.
Dans une première partie, nous présenterons un bref historique de la vie d’Alfred Witte et de la
fondation de l’École de Hambourg, puis nous traiterons des circonstances qui ont présidé à la
découverte des Transneptuniens. Nous présenterons succinctement la signification, les symboles et la
période de révolution des Transneptuniens et nous nous attacherons enfin à une analyse des
discussions relatives à leur nature. La seconde partie, « De l’école de Hambourg à l’astrologie
uranienne », brosse l’historique de la migration, suite à la Seconde Guerre mondiale, de cette école de
l’Allemagne vers les États-Unis, puis de son expansion actuelle à travers le monde. La dernière partie,
portera sur l’intérêt de l’utilisation des Transneptuniens en astrologie mondiale. Nous évoquerons
d’abord notre propre cheminement vers l’École de Hambourg et l’astrologie uranienne, en observant
au passage les « affinités électives » présentes dans notre thème personnel avec ces fameux
Transneptuniens. Puis nous donnerons quelques exemples dans l’histoire du XXe s. et du début du
XXIe s., en particulier le thème de l’homme sur la Lune. Et nous donnerons enfin un tableau complet
des Transneptuniens au cours des XXe et XXIe s.
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L’INVENTION DES TRANSNEPTUNIENS
HISTORIQUE : ALFRED WITTE ET L’ÉCOLE DE HAMBOURG
Karl Brandler-Pracht - Astrologische Blätter – n° 1 – Avril 1914
L’astrologue américain Gary Christen fait remonter à 1911 l’origine du système uranien (ou
symétrique) développé à Hambourg par Alfred Witte (1878-1941), dont le maître fut Karl BrandlerPracht (1864-1939), un astrologue autrichien désireux de combiner une astrologie scientifique avec
une approche philosophique et ésotérique inspirée du yoga et des doctrines orientales. Adepte de la
théosophie à travers les ouvrages d’Helena Blavatsky et ayant fréquenté un cercle spirite à Bâle, Karl
Brandler-Pracht enseigna une astrologie imprégnée de cet arrière- plan théosophique ; toutefois, son
premier livre d’astrologie, paru à Leipzig en 1905, était un manuel de mathématiques à l’usage des
apprentis astrologues. Il eut, parmi ses nombreux élèves, outre Alfred Witte, Wilhelm Knappich,
auteur d’un remarquable ouvrage sur l’histoire de l’astrologie, et Elsbeth Ebertin, la mère de Reinhold
Ebertin, le fondateur de la Cosmobiologie. Karl Brandler-Pracht fonda de nombreux groupes de
recherches et des sociétés d’astrologie implantées à Vienne (1908), puis à Berlin (1913), à Saint-Gall
et à Zurich (1914), puis à Munich, Leipzig et Hambourg (1920). Il créa également en 1906 une revue
ésotérique, le Zentralblatt für Okkultismus, et devint en 1910 le rédacteur en chef de la revue
Astrologische Rundschau. En collaboration avec Hugo Vollrath, il œuvra à une maison d’édition, le
Theosophisches Verlagshaus, où il dirigea une collection d’ouvrages d’astrologie (sous le titre
Astrologisches Bibliothek).
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Alfred Witte - Regelwerk
Édition de 1928
En tant qu’astrologue professionnel, Alfred Witte (1878-1941) fut un collaborateur de la revue
Astrologische Rundschau de 1919 à 1923. Il prônait une astrologie à la fois ésotérique et
expérimentale et, selon Blake Finley, il fut en contact intellectuel avec l’astrologue Walter Koch
(1895-1970), l’auteur du système des Maisons qui porte son nom ; tous deux, s’inspirant des travaux
de Kepler, s’intéressaient aux énergies planétaires en relation avec les couleurs et la tonalité musicale.
Alfred Witte ne révolutionnait pas l’astrologie traditionnelle ; il reformulait dans des termes modernes
des concepts anciens que l’on trouve chez Kepler, Guido Bonatti et Morin de Villefranche. Toutefois,
contesté en 1923 par le milieu astrologique, il se retira, laissant à ses élèves le soin de poursuivre son
œuvre. Udo Rudolph a évoqué ce tournant intervenu lors de la deuxième Convention des astrologues
allemands à Leipzig (du 30 juin au 2 juillet 1923), au cours de laquelle de nombreux participants
avaient émis les plus vives réserves à l’égard de l’École de Hambourg. Le Regelwerk, publié en 1928,
(suivi d’une seconde édition en 1932, puis d’une troisième en 1935) fut censuré dès 1936 par les nazis,
mais conservé secrètement par Ludwig Rudolph, qui continua après la Seconde Guerre mondiale
l’œuvre d’Alfred Witte et qui publia en 1975 une anthologie d’articles de son maître sous le titre Der
Mensch. La majorité des étudiants de Witte avaient été envoyés dans des camps de concentration après
l’affaire Rudolf Hess, et Alfred Witte lui-même n’échappa à ce sort qu’au prix d’un suicide qu’il
accomplit le 4 août 1941, afin que son épouse ne fût pas privée de ses moyens de subsistance après son
départ et pour protéger sa famille d’un internement dans un camp de concentration. Après la guerre,
l’héritage de Witte fut développé, mais sous une forme très divergente, par Reinhold Ebertin, qui
rejetait au fond le système de Witte au profit d’un système personnel fondé sur les mi-points, auquel il
donna le nom de Cosmobiologie. Son ouvrage, Kombination der Gestirneinflüsse, traduit en anglais
sous le titre Combination of Stellar Influences, parut en 1940 avec l’approbation des autorités du
Troisième Reich. Reinhold Ebertin, qui avait été un élève d’Alfred Witte, s’inspirait du Regelwerk
mais en rejetant le Point Vernal et les Transneptuniens. Albert Timachev estime que l’introduction,
très critique à l’égard d’Alfred Witte, de l’ouvrage d’Ebertin connu dans le public anglo-saxon sous le
sigle COSI, fut pour beaucoup dans l’accueil défavorable du public vis-à-vis de l’École de Hambourg.
Toutefois, après la Seconde Guerre mondiale, le système uranien - la dénomination d’ « astrologie
uranienne » est due à Richard Svehla, un élève de Witte - héritage d’Alfred Witte et de ses
continuateurs en Allemagne, fut introduit en Amérique par Hans Niggemann.
4
De ce système, les planètes hypothétiques, qui se situent dans la zone de la Ceinture de Kuiper,
avec une périodicité orbitale qui s’étend de 262 ans à 720 ans – connues sous le nom de
Transneptuniennes ou de Transneptuniens - ne sont pas des éléments constitutifs, mais plutôt, selon
l’avis de Gary Christen, une conséquence. Elles s’intègrent avec les autres composantes du système
que sont l’arc solaire, les directions, les thèmes composites et les mi-points. Mais les Transneptuniens
représentent, toujours selon l’avis de Gary Christen, la partie la plus haute, la plus ésotérique du
système.
LES CIRCONSTANCES DE LA DECOUVERTE DES TRANSNEPTUNIENS
Albert Timachev rapporte qu’Alfred Witte inaugure sa carrière astrologique en 1913, avec la
publication d’un premier article qui porte sur les couleurs, le nombre et le ton, texte d’inspiration
keplérienne reposant sur la notion d’harmonie des sphères célestes. Le principal collaborateur de Witte
fut son élève Friedrich Sieggrün (1877-1951), spécialiste des sciences de la mer et astrologue
professionnel, qui fut le fondateur du « Cercle Kepler » de Hambourg et créa le terme d’ « École de
Hambourg ». Il semble que ce fut lui qui, selon les termes d’Albert Timachev, véhicula la légende
d’une découverte des Transneptuniens par Witte à partir de l’observation de mariages et d’autres
événements de même nature. Rappelons qu’Alfred Witte lui-même n’utilisait que les quatre premiers
Transneptuniens, les quatre suivants (découverts par Friedrich Sieggrün, furent intégrés dans le
Regelwerk en 1947 seulement, six ans après la mort d’Alfred Witte. Ainsi, en 1933, lorsque Ludwig
Rudolph publie ses Leitfaden der Astrologie – System Hamburger Schule, son texte n’inclut que les
quatre premiers Transneptuniens ; mais ce livre apporte une introduction systématique aux fondements
techniques et astronomiques de l’astrologie ainsi que des méthodes d’interprétation et une méthode
systématique de rectification des thèmes. Et de même, en 1939, lorsque Richard Svehla, publie aux
États-Unis une traduction en anglais de la troisième édition du Regelwerk (sous le titre Rulebook for
Planetary Pictures), il n’y inclut pas les interprétations relatives à Pluton ni aux quatre
Transneptuniens de Friedrich Sieggrün.
En ce qui concerne l’historique de la découverte des Transneptuniens, un important article de
Danièle Jay, Lionel Lechevallier et Jacques Rauffet a été publié en 2006 dans la revue belge
Infosophia. Ces auteurs retiennent également la date de 1923 comme le début des publications sur les
Transneptuniens, dont Alfred Witte constitue des éphémérides (celles de Cupidon, depuis 1640 ; celles
d’Hadès depuis 1400 ; celles de Kronos, depuis 1340). La dénomination des Transneptuniens fait
appel à des noms de dieux ou de héros en langue allemande – ce qui pose un problème de connotation,
de représentation différente, par exemple, dans l’esprit d’un francophone, pour qui Cupidon se réfère
plutôt à un dieu de l’amour léger, à la différence d’Eros qui représente le principe même de l’attraction
amoureuse. Plutôt que le terme grec Eros, Alfred Witte a choisi le nom latin Cupido, à cause de
l’association de Jupiter et de Vénus. Mais, comme le remarquent judicieusement les auteurs de
l’article d’Infosophia, il faut entendre ici Eros au sens de souverain principe de la mise en relation –
l’un des deux principes fondamentaux de la nature humaine ; C.G. Jung, par exemple, oppose Eros
(principe de relation) à Logos (principe de distinction). Et c’est à ce principe d’action séparatrice
qu’est Logos qu’Alfred Witte rattache le deuxième Transneptunien, qu’il nomme Hadès, et qu’il relie
au signe de la Vierge, dont le régent est Mercure/Hermès, le maître du langage. Ici, c’est le nom grec
Hadès, préféré au nom latin Pluto, qui est choisi pour désigner la planète qui règne sur le monde des
morts ; c’est que la culture germanique est orientée vers la Grèce plutôt que vers Rome, qui influence
les peuples latins.
5
L’article d’Alfred Witte sur Cupidon paraît dans
l’Astrologische Blätter de juillet 1923. Witte retrace
son éphéméride en remontant à 1640, puis il met en
évidence son influence dans les thèmes de
personnages historiques dont la biographie est bien
connue au plan de la vie affective et familiale. Il
présente la synthèse de deux études : la première sur
la princesse Louise de Prusse, qui s’est mariée le 24
mai 1913 et a eu un enfant le 18 mars 1914 ; la
seconde sur la relation de Goethe avec Christiane
Vulpius : la prise de conscience du sentiment
amoureux par le poète, le 13 juillet 1788, son
mariage, le 19 octobre 1806, la mort de Christiane
Vulpius, le 6 juin 1816. Alfred Witte précise que
c’est dans le signe du Cancer qu’il a cherché la
Transneptunienne supposée par Le Verrier. En fait,
Cupidon est sorti du Cancer en 1909, et en 1923, il se
trouvait en Lion, conjoint à Neptune. Pluton fut
effectivement observé quelques années plus tard, le
18 février 1930, sur le 18e degré du Cancer. Witte a
dû penser que sa « planète » qui faisait des mariages
ne correspondait pas à Pluton (qui se trouvait en 1923
à 10°-11° Cancer).
L’article d’Infosophia met l’accent sur les conclusions suivantes : 1° Witte a cherché la planète
évoquée par Le Verrier comme à même de perturber l’orbite de Neptune ; 2° il savait qu’au moins un
chercheur – il s’agissait de Fomalhaut en 1897, que Witte ne nomme pas - voyait cette planète revêtir
astrologiquement les traits du dieu grec des mondes infernaux, Hadès ; 3° Witte a identifié un autre
facteur dont l’action, retracée dans le passé, n’était pas de l’ordre du maître des Enfers ; 4° Witte a
dénommé cette nouvelle « planète » Cupidon, puisque ce facteur produisait des unions. Witte donne
pour titre à son article Der erste Transneptun Planet Cupido ? : sa planète est transneptunienne, mais
il n’est pas sûr qu’il n’y en ait pas une autre entre Neptune et elle ; intuition que viendra confirmer
l’observation de Pluton en 1930.
6
4. Article sur Hadès – Juin 1924
En juin 1924, Alfred Witte publie deux textes sur Hadès. Il
traite ici de l’exemple des thèmes de Wallenstein, prince de
Sagan et acteur clé de la guerre de Trente Ans, et de Louis
XIV. Witte relève que dans ce dernier thème Hadès est opposé
à Zeus, un indice qui prouve que Witte a déjà « découvert » à
cette époque sa troisième « planète » transneptunienne.
L’éphéméride d’Hadès couvre la période 1560-1940. Alfred
Witte souligne que les positions indiquées sont celles qu’il a
identifiées comme étant le lieu où se trouvait Hadès lors d’un
événement dont la date était certaine, et il précise la période de
révolution d’Hadès : 360,66 ans. Le facteur suivant, Zeus, est
simplement évoqué dans l’article sur Cupidon, on ne trouve
rien d’autre sur lui dans l’ouvrage Der Mensch qui présente les
travaux d’Alfred Witte.
Der Mensch – p. 234-235
Article sur Kronos - Ephémérides de 1340 à 2000
Enfin, l’article sur Kronos, paru en février 1924, prend pour exemples divers cas dans l’histoire
de l’Allemagne : le thème de Bismarck, celui de la mort de Guillaume Ier, celui du 30 avril 1415, où le
margrave de Hohenzollern devint prince de Brandebourg. Si l’on en croit Bruce Scofield, ce fut
l’associé de Witte, Friedrich Sieggrün, qui conduisit ce dernier à ajouter Zeus et Kronos ; et c’est à
Sieggrün encore que l’on doit les quatre derniers Transneptuniens, à propos de l’ « invention »
desquels on trouve peu de choses dans les textes de l’École de Hambourg. Blake Finley, dans son site
sur l’Institut uranien, va jusqu’à dire qu’Alfred Witte n’approuvait pas les ajouts de Friedrich Sieggrün
et qu’il ne s’engageait à confirmer personnellement que la validité des quatre Transneptuniens qu’il
avait lui-même proposés.
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LES TNP (SYMBOLES, PERIODE DE REVOLUTION, SIGNIFICATION)
Transneptuniens – Période de révolution – Distance au Soleil
21 décembre 2014
CU
CU
• Cupidon – 262 ans – 40 UA
PO
PO
• Hadès – 360 ans – 50 UA
AP
AP
• Zeus – 455 ans – 60 UA
ZE
ZE
• Kronos – 520 ans – 65 UA
• Apollon – 575 ans – 70 UA
• Admète – 625 ans – 73 UA
• Vulcanus – 665 ans – 77 UA
• Poséidon – 740 ans – 88 UA AD
AD
HA
HA KR
KR
VU
VU
Il nous faut procéder maintenant à une brève présentation des Transneptuniens à l’attention des
lecteurs pour lesquels ce domaine de l’astrologie est encore tout à fait étranger. Les symboles
représentatifs de ces huit facteurs ont été choisis le plus souvent en référence à des éléments tirés des
symboles des planètes classiques. Cupidon est ainsi un assemblage des glyphes de Jupiter et de Vénus,
parce que l’heureux concours de ces deux planètes produit le bonheur de l’amour. Alfred Witte relie
Cupidon aux divers épisodes d’une relation amoureuse : le début d’une liaison, le mariage, la
naissance d’un enfant, la rupture du couple par la mort. Hadès est représenté par le croissant lunaire
dans la phase descendante du cycle, la partie inférieure du trait vertical de la croix étant coupée par la
pointe inférieure du croissant. Avec Zeus, on a une flèche qui s’inscrit au-dessus d’une croix inclinée
de 45°. Pour Kronos, la croix est surmontée d’un demi-cercle ; la croix symbolise le monde, le demicercle la protection accordée par les puissances supérieures. Le symbole d’Apollon est construit sur le
glyphe de Jupiter et suggère l’idée d’une lyre. Admète emprunte au glyphe de Mercure, l’astre
d’Hermès, seul des dieux de l’Olympe à savoir se rendre dans les mondes infernaux et en revenir
librement. Cela se réfère à un mythe complexe, résumé par les auteurs de l’article d’Infosophia. Par la
volonté d’Apollon et en reconnaissance de bienfaits reçus dans l’épreuve, Admetos voit le terme de sa
vie devenir un enjeu de mort : un autre mortel peut descendre à sa place dans le royaume des ombres.
Emplie pour son époux Admète d’un amour total, Alceste meurt. Mais Hercule, qui a aussi de l’amitié
pour Admète, lui rend Alceste, plus belle que jamais après le voyage aux Enfers où il est allé la
chercher. Le symbole de Poséidon est celui d’Uranus, mais avec une rotation de 90° : le lien entre les
deux hémisphères ne se fait plus dans le plan de la terre – le plan de l’horizon – mais selon l’axe
vertical qui unit le Ciel et la Terre.
Les périodes de révolution estimées par Alfred Witte en 1923-1924 ont été confirmées par les
travaux de James Neely vers la fin des années 1970. En revanche, les durées orbitales données par
Friedrich Sieggrün se sont révélées inexactes et ont été corrigées par James Neely. Dans le premier
système, on aurait pu trouver un point d’ancrage très intéressant dans le cycle Hadès/Poséidon avec
une durée orbitale de 360 ans pour Hadès et de 720 ans pour Poséidon. Ce n’est plus possible après les
corrections apportées par James Neely, du fait que la durée du cycle orbital de Poséidon est désormais
fixée à 765 ans et non plus à 720 ans.
8
Cycle Hadès-Poséidon – 1100-2100
1230-1236
Cycle de 682 ans
1912-1918
1574
Ainsi, le cycle Hadès-Poséidon est d’une durée de 682 ans. La
dernière conjonction remonte à 1574 (à 7° Bélier), et les deux
dernières oppositions eurent lieu de 1230 à 1236 (entre 20° et 24°
Bélier-Balance) et de 1912 à 1918 (entre 20° et 24° Poissons) – une
des signatures clés de la Première Guerre mondiale et de la
Révolution russe.
Dans le thème du 8 mars 1917, au moment où éclate à
Pétrograd la Révolution de Février, on observe une extraordinaire
concentration de Transneptuniens sur l’Axe Cardinal, avec Admète
sur le Point Vernal et avec les mi-points Zeus/Vulcanus et
Kronos/Apollon à 0° Cancer.
On remarquera également, bien sûr, la grande proximité entre la durée orbitale de Cupidon (262,5
ans) et celle de Pluton (248 ans), tandis qu’Hadès avance de 1° par an dans le Zodiaque.
9
Pluton et Cupidon en 1923 et en 1993
7 février 1923
28 juin 1993
Hadès=PV
PL/CU=PO en H32
CU/HA=PL/KR
Axis
Au moment de la découverte de Cupidon, en 1923, Cupidon se trouvait à 17° Lion et Pluton à 9°
Cancer (à une distance de 38° l’un de l’autre) – alors qu’Hadès était sur le Point Vernal. A 7°
Gémeaux, sur un des axes critiques du Zodiaque, on trouve la configuration de mi-points
Cupidon/Hadès=Pluton/Kronos.
La conjonction entre Cupidon et Pluton eut lieu le 28 juin 1993, à 23° Scorpion (reliée en H32 à
Poséidon à 0° Scorpion), au même moment où avait lieu la conjonction Uranus-Neptune à 2°
Capricorne.
Dans leur mouvement multiséculaire, Pluton et
Cupidon demeurent relativement proches de la
conjonction. Un demi-siècle avant celle qui fut
exacte en 1993, Cupidon est distant de 39° de
Pluton en 1939, et un demi-siècle après, en
2043, la distance est de 25°, après quoi les deux
facteurs évoluent à nouveau vers une prochaine
conjonction exacte.
10
Significations des Transneptuniens
Cupidon – Octave supérieure de Vénus – Principe d’intégration
Hadès – Octave supérieure de Saturne – Principe de désintégration
Zeus – Octave supérieure de Mars et Uranus – Principe d’exécution et de
réalisation
Kronos – Octave supérieure du Soleil – Principe de maîtrise
Apollon – Octave supérieure de Jupiter – Principe d’exhaustivité,
d’extension et d’espace
Admète – Octave supérieure de Saturne – Principe d’inertie et de
concentration
Vulcanus – Octave supérieure de Mars – Principe d’équilibre dynamique
Poséidon – Octave supérieure de Neptune – Principe de lumière
De manière très succincte, on peut attacher aux Transneptuniens les significations suivantes :
•
•
•
•
•
•
•
•
Cupidon : produit le mariage et l’agrandissement de la famille.
Hadès : lien avec la mort et le monde des morts sur lequel règne Hadès dans la mythologie grecque.
Zeus : le principal significateur de la guerre. L’emblème du génie créateur, de la facilité de production.
Kronos : le pouvoir, compris comme une autorité d’envergure, liée à la grande fermeté de son autonomie.
Représente les puissants de ce monde.
Apollon : dispense la lumière, l’expansion de la vie, l’extension des connaissances.
Admète : exprime la constance de sentiments.
Vulcanus : incarne la violence, le désir de vengeance et la haute technicité (art des forges et travail des
métaux).
Poséidon : la lumière, la connaissance (droite ou déviée)
Afin d’introduire à une approche plus complexe et plus étoffée de ces significations, nous
donnons en Annexe la liste des mots-clés que le Regelwerk attache aux couples factoriels incluant des
Transneptuniens.
11
Signalons enfin un tableau, conçu par Albert Timachev, qui présente, outre les principes rattachés
aux Transneptuniens, leur fonction, leur expression et leur manifestation.
CU
Principe
Intégration
HA
Désintégration
ZE
Réalisation,
accomplissement
KR
Maîtrise
AP
Compréhension,
extension,
espace
Forme,
masse,
inertie
Equilibre
dynamique
AD
VU
PO
Lumière
Fonction
Union,
coordination
synthèse
Dégoût relatif à
tout ce qui
est déplaisant
Purification
Primauté,
création,
procréation
Gestion
Expansion,
vision ample,
échanges culturels
Fondation,
base, foyer,
mesure du temps
Pouvoir,
réserves
énergétiques
Compréhension,
illumination
Expression
Société, mariage,
créativité artistique
Manifestation
Famille, communauté, corporations, clubs.
Œuvres d’art, artistes
Passé lointain,
antiquité, secret,
côté sordide de la vie
Ruines, taudis, ordures, camelote, excréments,
égoûts, dépotoirs, marécages, sables mouvants,
compost, vers, larves, insectes, maladies
Activité résolue,
énergie,
pouvoi rmaîtrisé
Direction, autorité,
avantage
Ample expérience,
grande quantité,
grande distance
Processus cyclique,
rotation, compression,
densité, profondeur, mort
Force soutenue,
activité, énergie,
pouvoir
Vérité, idée
Feu, engins mécaniques, armes à feu, pétrole,
industrialisation, objectifs de production,
plans à long terme
Gouvernement, bureaucratie, hiérarchie,
chefs d’État, pères de famille
Education supérieure, érudition, science,
commerce, entreprises pacifiques
Noyau, gravitation, mouvement répétitif (piston),
matières premières, minéraux, cristaux, ce qui est
souterrain, dans les profondeurs de la terre
Grande force (physique, mentale ou mécanique),
haut potentield’énergie
Spiritualité, philosophie, sagesse, information
DISCUSSION SUR LA NATURE DES TNP
Albert Timachev et le calcul des éphémérides des TNP
CU
CU
KR
KR
ZE
ZE
HA
HA
http://astrologer.ru/Witte/biography eng.html
AP
AP
AD
AD
VU
VU
PO
PO
12
Après ces quelques indications d’ordre astronomique et astrologique sur les Transneptuniens,
nous en arrivons à la question centrale de notre propos : celle de leur statut en tant que planètes ou
non. Dans ses écrits, Alfred Witte parle des quatre premiers Transneptuniens comme si c’étaient des
planètes. Pour établir ses éphémérides, il semble, selon Ruth Brummund, qu’il travaillait avec un
télescope et un pré-ordinateur afin d’améliorer les calculs astronomiques en continu. Albert Timachev,
pour sa part, s’est intéressé à la façon dont Witte procédait pour ses calculs. Il devait utiliser des
calculs mathématiques pour établir une courbe approximative des cycles planétaires de Mercure à
Neptune, en y incluant la ceinture des astéroïdes (entre Mars et Jupiter). Dans le prolongement de cette
courbe s’inscrivent les Transneptuniens, avec une légère inflexion, une distance accrue par rapport à la
position suggérée par la courbe. Les quatre Transneptuniens calculés par Alfred Witte se situent
encore très près de la courbe (Kronos est pratiquement situé sur la courbe), mais non les quatre
suivants, calculés par Friedrich Sieggrün. Pour ces dernières, James Neely a apporté, dans les années
1980, des corrections qui rallongent leur durée orbitale.
Ludwig Rudolph a
consacré en 1957, dans la
revue Zenit, un article
« K » 14°
relatif aux travaux d’un
astrologue
américain,
James
Ferguson,
qui
pensait, en 1850, avoir vu
la planète Transneptune
(c’est-à-dire la planète qui
se trouve au-delà de
Neptune). Ferguson s’était
intéressé au mouvement de
« K », étoile de référence et
James Ferguson
Ludwig Rudolph compara
«K»
au
mouvement
d’Hadès, qui se trouvait
alors, en 1850, distant de 2°
seulement,
alors
qu’Apollon
était
en
opposition à « K » (dans
l’axe
16°
CapricorneCancer). « K » devait donc se trouver à 14° Cancer (2° derrière Hadès). Cependant, cet Hadès avançait
trop vite, ce qui pointait vers une planète plus distante. Ludwig Rudolph testa alors le mouvement
d’Apollon, qui se trouvait à cette époque en opposition à « K ». L’écart n’était que de quelques
minutes, de sorte que Ludwig Rudolph se demanda si c’était l’Apollon de Sieggrün qui avait été
aperçu par Ferguson. Si tel avait été le cas, cela aurait signifié une erreur de 180° pour le calcul
d’Apollon, ce qui, en astrologie symétrique, est concevable (sauf pour la disposition en Maisons).
Mais en même temps, Ludwig Rudolph releva avec justesse qu’Apollon était rétrograde, alors que
« K » était direct ; en outre, la latitude de « K » était de + 1°23’, alors que celle d’Apollon était de 0°.
Les deux objets ne pouvaient donc être identiques, et il est certain que l’astronome américain Ferguson
n’a pas eu sous les yeux, en 1850, une hypothétique planète transneptunienne. Par la suite, avec les
progrès croissants en astronomie, les astrologues uraniens ont caressé l’espoir de voir enfin leurs
Transneptuniennes – ce qui ne s’est pas produit. De sorte que, de plus en plus, a été émise l’opinion
selon laquelle les Transneptuniens ne sont pas des planètes, mais une combinaison de périodes
planétaires géocentriques de corps planétaires connus (en d’autres termes, des multiples de cycles
planétaires classiques). Cependant, les travaux de James Neely vers la fin des années 1970 le
conduisaient à la conclusion suivante : les éphémérides de Witte, comme celles de Sieggrün,
présentent le caractère de planètes indépendantes et ne sauraient être des combinaisons de corps
planétaires connus. Pour autant, James Neely ne se prononce pas sur le sujet de savoir si les
Transneptuniens sont véritablement des objets physiques.
1 er janvier 1850
Hadès et Apollon – La quête de « K »
13
Par ailleurs, James Neely s’attacha à établir les éphémérides perpétuelles des Transneptuniens. Il
prit pour base l’éphéméride perpétuelle d’Uranus établie par Alfred Witte, puis il appliqua cette
méthode à l’analyse des éphémérides transneptuniennes, dont il dériva les éléments orbitaux qui
variaient jusqu’à 2,06 minutes d’arc par rapport aux éphémérides originales (travaux présentés dans
les Hamburger Hefte, 2/81). Ces analyses de James Neely montraient que les éphémérides de
Friedrich Sieggrün étaient erronées ; pour Apollon, par exemple, Sieggrün donne un temps orbital de
576 ans, alors que les éphémérides perpétuelles impliquent une durée de 589,42 ans.
Il semble que la méthode de recherche d’Alfred Witte pour la découverte de Cupidon fut reprise,
mais sur d’autres objets que les Transneptuniens, par l’un des plus grands astrologues américains du
XXe s., Charles Jayne (1911-1985), qui s’intéressa à la question des « planètes inconnues » et établit
pour l’une d’elles (Sigma) des éphémérides complètes. Sa méthode consistait à examiner les directions
d’arc solaire au moment d’un événement majeur dans une existence (tel un mariage) et à déduire,
lorsqu’aucun facteur n’apparaissait activé, à l’existence possible d’un facteur inconnu jusqu’alors.
Jayne avait le projet d’incorporer dans un logiciel informatique les données relatives aux « planètes
inconnues ». La mise au point d’éphémérides relatives aux « centres actifs » faite récemment par Paul
Bernard (cf. RAM n° 1) permettra certainement de reprendre ce genre de questions de façon
méthodique et de généraliser la recherche en l’étendant à toute la chaîne des vingt « centres actifs »
qui vont de Mercure à Eschaton. Pour autant Charles Jayne n’était pas un élève ni un dévot de l’École
de Hambourg et ne se considérait pas comme un astrologue « uranien ». Ayant été le maître de Charles
Emerson, Jayne, qui portait de l’intérêt pour l’ésotérisme, s’efforçait de combiner cette dimension
avec sa connaissance de l’astronomie, qui était considérable.
Il faut admettre que la découverte et l’utilisation de planètes hypothétiques dépasse le cadre de
l’École de Hambourg, de même que celui de la Cosmobiologie, avec Transpluto par exemple, dont
l’astronome américain Percival Lowell (1855-1916) avait prévu l’existence dans un mémoire édité en
1915 sous le titre Memoir on a Trans-Neptunian Planet – prévision réalisée en 1930 avec la
découverte de Pluton. C’est à la même période, en 1913, qu’Alfred Witte publiait son premier article,
intitulé Couleur, Nombre et Ton, tandis qu’en 1915 Friedrich Sieggrün fondait à Hambourg le Cercle
Kepler, auquel Alfred Witte fut invité, après la guerre, à donner des conférences et des séminaires.
Un autre élément à prendre en considération à propos de l’ « invention » des Transneptuniens,
provient d’une lettre adressée par Friedrich Sieggrün à Ludwig Rudolph, dans laquelle Sieggrün
explique les circonstances de sa découverte de Poséidon. Il parle d’une illumination et de puissantes
vibrations au moment de cette découverte. Et il expose un tableau planétaire magnifique qui décrit
clairement l’événement, en résonance avec un ordre cosmique parfait. Personnellement, nous pouvons
témoigner d’expériences analogues lorsque s’est imposée à nous l’existence de Chiron (le dimanche
22 septembre 1996, lors de la visite du Pape Jean-Paul II à Reims à l’occasion du XVe Centenaire du
baptême de Clovis), et lors de la découverte du transit de Pluton sur le Centre Galactique au mi-point
Hadès/Kronos, le 19 février 2007, au moment d’effectuer une étude sur le thème de la conjonction
Uranus-Pluton de 1711, impliquant le carré Hadès-Kronos.
Enfin, nous relèverons que certains auteurs ont évoqué, quant à la nature des Transneptuniens, les
termes de « centres d’énergie » (Hermann Sporner) ou du « points sensibles » (Wirkpunkt, Udo
Rudolph). Mais la définition qui nous a le plus frappé est celle de Blake Finley, selon qui les
Transneptuniens sont « des barycentres d’ensemble d’objets planétaires dans la zone de la ceinture de
Kuiper ». Cette approche, dont nous avons pris connaissance après nos travaux avec Paul Bernard, est
très proche de nos propres conclusions. Blake Finley estime possible l’existence de centres de
gravitation parmi les ceintures d’astéroïdes, plutôt que de véritables corps planétaires, centres dont
l’efficience astrologique est substantielle.
Nous en arrivons donc à l’exposition de notre hypothèse relative à la découverte des
Transneptuniens. Il convient de penser l’ « invention » des Transneptuniens par Alfred Witte sous la
forme d’un processus complexe qui associe une démarche purement mathématique qui reçoit une
extension astronomique et qui aboutit enfin à une application astrologique. En dépit des écrits d’Alfred
Witte qui parle de « planètes » hypothétiques, nous estimons aujourd’hui préférable d’adopter en
français le terme de « Transneptuniens » (qui traduit l’allemand Transneptunen), le substantif sousentendu étant le terme de « facteurs » et non celui de « planètes ».
14
Nous nous demandons aussi si Alfred Witte n’aurait pas pris, comme point de départ de ses
calculs mathématiques, les positions de l’an 2000, où la moyenne de K (tel que le définit Paul
Bernard) est de 600, c’est-à-dire la position la plus médiane d’entre toutes (sur une échelle qui va de 0
à 1000, et sur une échelle temporelle d’un millénaire entre 1600 et 2600).
Renoncer sans regret à chercher pour les Transneptuniens une incorporation dans d’hypothétiques
planètes – dont les progrès considérables de l’astronomie dans l’exploration des confins du système
solaire ne viennent nullement confirmer l’existence – n’invalide en rien l’efficacité astrologique de ces
facteurs, à partir du moment où l’on prend appui sur l’existence, mathématiquement prouvée, des
« centres actifs » qui jalonnent toute la zone étendue entre la Ceinture de Kuiper et le Nuage d’Oort.
Plus profondément encore, c’est renouer avec une approche de l’astrologie qui repose sur un
fondement métaphysique perdu depuis la réduction rationaliste étroite de la pensée occidentale qui l’a
conduit, depuis la Renaissance et de façon accélérée avec l’idéologie des Lumières, à un vulgaire
matérialisme. La première partie du livre de Robert Zoller sur La clé perdue de la prédiction
développe la question des fondements métaphysiques des parts arabes en astrologie, approche dont la
conception des « points sensibles » développée par Alfred Witte et par l’École de Hambourg constitue,
en quelque sorte, une généralisation magistrale.
Robert Zoller, spécialiste de l’astrologie médiévale, qui a traduit de latin en anglais divers textes
dont le Liber Astronomiae de Guido Bonatti, ainsi que son traité sur les parts arabes, met l’accent,
dans son introduction à La clé perdue sur « le déclin de la pratique astrologique traditionnelle en
Occident, en raison de l’ignorance des fondements métaphysiques de l’art et de l’incompréhension de
la nature essentiellement divine de l’homme ». Pour lui, le fondement de l’astrologie n’est pas à
chercher dans le mouvement physique des planètes ni dans une quelconque « radiation » des étoiles,
mais bien dans la nature ésotérique des Nombres, qui reflètent l’unique Sagesse appliquée aussi bien à
l’astrologie, à l’alchimie, à la magie et aux arts libéraux. La Nature elle-même forme un tout, et ce qui
est manifesté dans le monde matériel et dans son espace-temps spécifique obéit à des lois qui
proviennent d’un monde supérieur, d’une réalité subtile, parfaitement réelle bien qu’invisible. C’est au
cœur même du monde et de l’homme – ce qui suppose qu’il existe une âme pour chaque homme et
une âme du Monde – que se situent les véritables éléments de l’astrologie : les corps matériels servent
simplement à chronométrer les mouvements de ces éléments intérieurs. Et c’est dans le monde des
différents ordres angéliques que se constituent les lois, fondées sur le Nombre, qui régissent la
manifestation du monde matériel, le Zodiaque constituant l’interface entre les causes métaphyisiques
et les effets dans le monde transitoire dans lequel nous vivons – durant la durée éphémère de 72 ans, le
temps que met le Point Vernal à franchir 1° du cycle Précessionnel, dont la durée « mensuelle » est de
2160 ans et la durée totale de 25920 ans.
15
Pendant assez longtemps, nous avions eu tendance à nous en tenir à une conception somme toute
matérialiste et horizontale des Transneptuniens, nous fiant à ce qu’en disait Alfred Witte lui-même :
nous avions à l’esprit l’existence hypothétique de corps planétaires matériels situés au-delà de Pluton,
dans la zone de la Ceinture de Kuiper. Et nous avions alors le sentiment de naviguer en solitaire dans
cet océan inconnu qui s’étend de la Ceinture de Kuiper au Nuage d’Oort. C’était une navigation qui
nous éloignait de plus en plus de la chaleur et de la lumière du Soleil, vers des zones glaciales et
ténébreuses, et cependant, nous avions l’intuition, en même temps, que les Transneptuniens devaient
se situer en quelque sorte à l’octave des planètes classiques. Et dans nos thèmes, nous avons depuis
longtemps pris l’habitude de faire figurer les Transneptuniens en les distinguant par une couleur bleue
des facteurs classiques (en noir). Et c’est à la lecture d’un passage du beau livre de Pierre Deghaye sur
La naissance de Dieu ou la doctrine de Jacob Boehme que nous avons pris conscience d’un risque
d’erreur de perspective : ce n’est pas dans le prolongement d’une ligne horizontale du Soleil à Pluton
jusqu’aux confins du système solaire qu’il fallait chercher la « clé » des Transneptuniens, mais bien en
les situant dans une verticalisation, comme des octaves invisibles des planètes classiques.
Mais en outre, cette rectification de perspective retentit sur notre compréhension des planètes
matérialisées du système classique. Pour Robert Zoller, qui s’inscrit là, nous semble-t-il, dans une
continuité avec la pensée de Jacob Boehme, les véritables planètes classiques elles-mêmes – celles
dont traite la science sacrée qu’est l’astrologie – sont situées dans l’invisible, dans l’âme de l’homme
et dans l’âme du Monde. Et pourtant, ces planètes-là, nous les connaissons parce qu’elles sont
matérialisées, parce qu’elles sont visibles – et même à l’œil nu jusqu’à Saturne (peut-être Uranus pour
ceux qui ont un œil de lynx). Si l’humanité n’avait pas eu cette horloge cosmique incarnée dans la
matière, elle n’aurait jamais eu accès à la connaissance des Nombres qui, siégeant dans les mondes
angéliques et archangéliques, régissent notre monde
matérialisé transitoire. Ainsi, par ce rétablissement dans
une plus juste perspective – transcendante et non
réduite à l’immanence – les Transneptuniens
contribuent à nous rapprocher de la source de la
Lumière. L’examen de la place des Transneptuniens
dans notre thème personnel nous a conduit à prendre
conscience, au début août 2012 – à la même période où
nous entrions dans les profondeurs de l’œuvre de Jacob
Boehme - de l’existence d’une conjonction NeptunePoséidon, reliée aux mi-point Soleil-Lune et
Uranus/Neptune, sur Mercure-Pluton, à 13° Lion : le
Regelwerk caractérise ces positions comme propres à
un esprit métaphysique, réceptif au monde subtil ; avec
Neptune, les risques d’erreur ne sont pas absents, mais,
grâce à Mercure-Pluton, c’est au travers de la
correction des erreurs que les sages arrivent à la vérité.
De l’Antiquité la plus lointaine jusqu’aux Temps modernes, l’humanité a vécu sous le paradigme
du Septénaire, des sept corps que sont les deux luminaires et les cinq planètes de Mercure à Saturne.
Une phase d’extension considérable du système, aussi bien dans l’espace que dans le temps, s’est
opérée au travers de la découverte des trois Transsaturniennes (Uranus en 1781, Neptune en 1846,
Pluton en 1930), entraînant une croissance de la conscience de l’humanité quant à sa place dans
l’univers et surtout dans un univers dont on est conscient, depuis le premier tiers du XXe s. seulement
d’ailleurs, qu’il a lui-même une histoire, dont le moment originel semble,aux yeux de la science
remonter à 13 milliards d’années.
Et voici qu’aujourd’hui, un siècle après les débuts de l’École de Hambourg, l’astrologie est
invitée à intégrer, dans un paradigme élargi, les Transneptuniens de l’astrologie uranienne. Les temps
sont mûrs, le prodigieux accroissement des connaissances astronomiques relatives à notre système
solaire depuis le début du XXIe s. doit s’accompagner d’un élargissement de la conscience à la
dimension du système dans son intégralité, du Soleil central au Nuage d’Oort, tout au long des vingtet-un chakras subtils que constituent les « centres actifs », les foyers énergétiques mis au jour par Paul
Bernard, qui trouvent leur fondement mathématique dans la loi de Titius-Bode.
16
Dans cette approche, on est amené à considérer le Zodiaque comme une sorte de grand collecteur
énergétique qui opère la transmutation des énergies subtiles, provenant de la sphère angélique
invisible, en énergies agissant dans le cadre de notre monde matériel transitoire. Chaque point du
Zodiaque est susceptible de devenir, selon le thème de naissance et selon les Directions et transits, un
foyer énergétique dont l’analyse relève à la fois de la science astrologique (par exemple, le savoir
condensé dans le Regelwerk) et de l’art interprétatif de l’astrologue (la mise en œuvre de cette science
appliquée à un être vivant et à des circonstances concrètes précises). Nous pouvons en donner un
exemple frappant qui concerne, malheureusement, de façon assez directe, la fin tragique d’Alfred
Witte, qui se suicida par pendaison le 4 juin 1941, pour échapper à l’internement dans un camp de
concentration nazi, dont il était menacé personnellement ainsi que ses proches. Or, trois semaines plus
tôt, le 10 mai 1941, à un moment où Hitler d’apprêtait à envahir l’URSS jusqu’alors son alliée, s’était
produit un événement considérable : celui qui était considéré comme le dauphin du Führer, Rudolf
Hess, qui avait reçu une formation de pilote, s’était envolé vers l’Angleterre et, son avion s’étant
écrasé en Ecosse, avait été fait prisonnier. Il avait, apparemment, la perspective d’engager une
négociation avec le duc d’Hamilton et Lord Halifax, hostiles à la politique de Winston Churchill, en
vue de conclure avec l’Angleterre une paix qui eût permis au Troisième Reich d’avoir les mains libres
sur le front de l’Est qui n’allait pas tarder à s’ouvrir. Les historiens discutent encore de la question de
savoir si cette entreprise était le fruit d’un coup de folie individuelle, ou une manœuvre effectuée avec
l’accord d’Hitler. Toujours est-il que c’est à la suite de cette aventure que s’abattit sur les astrologues
allemands une persécution qui en conduisit plusieurs dans des camps de concentration. Or il se trouve
qu’Alfred Witte, alors fonctionnaire à Hambourg, aurait prédit devant ses collègues le vol pour
l’Angleterre d’une haute personnalité du régime dans la semaine qui avait précédé le vol de Rudolf
Hess. La comparaison entre le thème natal de ce dernier et les transits du 10 mai 1941 est proprement
saisissante.
Rudulf Hess – Vol pour l’Angleterre
10 mai 1941
Natal
NE=PO=SO/LU
=MA=SO/JU=MC
Transit
AP=MA/PV
=SO/PO=SO/SA
17
Les deux cartes uraniennes font clairement apparaître, sur la zone de 72°12, deux foyers
énergétiques très puissants, aussi bien dans le natal que dans le thème de transit. Dans le natal, au cœur
même du thème que symbolise le mi-point Soleil/Lune, on trouve la conjonction Neptune-Poséidon,
reliée à Mars dans l’axe Soleil/Jupiter. Cette configuration natale est affectée le 10 mai 1941, à la
même position de 72°12, par une condensation énergétique qui implique, fixés sur Apollon, les axes
Mars/Point Vernal, Soleil/Poséidon et Soleil/Saturne. Il nous parait tout à fait vraisemblable qu’Alfred
Witte ait pu se rendre compte de ce transit exceptionnel. Il est raisonnable aussi de conjecturer que son
attention fut attirée sur le thème de Rudolf Hess par des informations qu’il aurait pu recevoir de
l’entourage de ce dernier, qui comptait quelques astrologues.
Alfred Witte
2 mars 1878 – 21h12
Hambourg
Alfred Witte – Thème uranien – Soleil – Hadès
SO – 72°12
HA = PV
SO=JU=MC
HA=PV=MA=VU=UR/NE
Et si l’on va après cela chercher dans le thème natal d’Alfred Witte si la zone 72°12 correspond à
un point important, on tombe pile sur son Soleil, relié à Mars, à Jupiter, au Milieu du Ciel. Et nous
observons en outre que Hadès est relié à l’axe Uranus/Neptune en relation à l’Axe Cardinal (par un
aspect de 21°, soit en H16). Pour le malheur de nombreux astrologues, les destinées d’Alfred Witte et
de Rudolf Hess ont été liées, en ce 10 mai 1941 : l’un est devenu par la suite le prisonnier qui a connu
la plus longue détention (il a été retrouvé mort, pendu, le 17 août 1987, âgé de 93 ans, dans la prison
de Spandau), l’autre a dû sacrifier sa vie, se suicidant par pendaison, pour sauvegarder sa famille.
L’exemple de la zone de 72°12, qui relie le thème natal de Rudolf Hess, celui d’Alfred Witte et la
date fatidique du 10 mai 1941, comporte un autre enseignement : ces paquets d’ondes énergétiques
viennent en quelque sorte s’ancrer et s’agglutiner autour des facteurs « classiques » que sont les six
axes personnels d’une part (Milieu du Ciel – Point Vernal – Soleil et Ascendant – Lune – Nœuds
lunaires), et les planètes classiques (de Mercure à Pluton). Le Zodiaque est le lieu où le monde subtil,
invisible, vient rencontrer notre monde transitoire matérialisé, en des points très précis et mouvants à
la fois. Ce nouveau paradigme d’une astrologie ondulatoire, qui paraît se dégager dans le ciel du savoir
en conformité avec des tendances profondes de la recherche scientifique de notre temps, est en même
temps une « laser-astrologie », si l’on peut risquer ce terme. C’est-à-dire que l’effet de multiplication
des points sensibles à travers toute l’étendue du Zodiaque – qui peut susciter un sentiment de
confusion et de dilution de la valeur sémantique des relations entre tant de facteurs pris en compte –
trouve un correctif dans un usage très pointu de l’instrument qui s’applique, avec des orbes
extrêmement resserrées, sur un nombre de foyers énergétiques limité. Ainsi, les éléments
fondamentaux classiques du thème demeurent les piliers de l’interprétation, mais des piliers illuminés
par les ondes multicolores qui font d’un thème une symphonie et mettent en lumière des résonances
harmoniques insoupçonnées jusqu’alors. Alfred Witte n’est pas venu créer une autre astrologie, mais
enrichir l’astrologie classique en lui apportant le fruit de ses méditations keplériennes et une
généralisation d’éléments et de pratiques traditionnels. Ce sera sans doute la tâche des astrologues du
XXIe siècle de trouver les voies de fécondes synthèses entre un renouveau de l’intérêt pour l’astrologie
la plus traditionnelle et les apports de l’astrologie uranienne bénéficiant désormais des outils
d’exploration à travers le temps long que nous offrent l’Indice cyclique universel de Paul Bernard et
les outils informatiques qui en permettent la mise en valeur.
Udo Rudolph né en 1921 (le fils de Ludwig Rudolph 1893-1982), qui fut président de l’École de
Hambourg depuis 1976 et directeur de la revue Hamburger Hefte, a témoigné, lors d’un Congrès aux
États-Unis, à propos des Transneptuniens, de son engagement dans une astrologie spirituelle, sans
doute assez proche de certaines conceptions théosophiques. Il signale notamment que, dans la
Doctrine secrète, publiée en 1875 par Helena Blavatsky, il est fait mention de quatre planètes non
visibles par télescope et il présente Alfred Witte comme le découvreur de ces quatre planètes1.
Evoquant les entretiens de Richard Wagner avec Arthur M. Abell2, Udo Rudolph met en valeur le
fait qu’il existe, selon le maître de Bayreuth, une puissance vibratoire qui relie l’âme humaine à une
force centrale toute-puissante, de même qu’il existe des liens entre l’homme et des esprits élevés,
invisibles, source de l’inspiration dans tous les domaines, de la musique à l’astrologie. Udo Rudolph
compare ainsi l’activité de l’astrologue à celle d’un « pontife », au sens propre du terme, celui qui
construit des ponts vers des dimensions spirituelles plus hautes, comme le faisaient les prêtresastrologues de l’Égypte ancienne. Enfin, Udo Rudolph, évoquant le témoignage de Friedrich Sieggrün
sur l’inspiration reçue au moment de sa découverte de Poséidon, situe à ce moment le point de départ
d’une « astrologie spirituelle », et relève l’affinité entre ce thème et le thème personnel de Sieggrün.
Friedrich Sieggrün
20 déc. 1877 – 8h41
Lübeck
Friedrich Sieggrün // Découverte de Poséidon
Poséidon
19 sept. 1937
17h11m05s TU
Hambourg
SO=NE/PO
AS=KR=NE/PO
UR/ZE=SO
de Sieggrün
1
Nous n’avons pu malheureusement retrouver cette citation.
Arthur M. Abell (1868-1958), violoniste et critique musical auteur de nombreux articles pour le New York Times, est
l’auteur d’un livre – Entretiens avec de grands compositeurs – dans lequel il rapporte ses conversations avec Brahms,
Strauss, Grieg, Puccini, etc.
2
Nous ne prendrons en compte, dans les thèmes de Friedrich Sieggrün et de la découverte de
Poséidon (le 19 septembre 1937), que quelques éléments significatifs. Relevons tout d’abord que, dans
le thème de Friedrich Sieggrün l’axe Neptune/Poséidon est relié à l’Ascendant et à Kronos. Il nous
paraît possible de lire dans cette figure l’idée d’une inspiration, d’une illumination, sous le couvert
d’une maîtrise. Dans le thème de la découverte, on retrouve l’axe Neptune/Poséidon sur le Soleil, à
26° Vierge, relié au Milieu du Ciel, à Saturne, à Zeus et à Uranus-Kronos. Au Fond du Ciel, le mipoint Uranus/Zeus (à 29° Gémeaux) est en opposition exacte au Soleil de Sieggrün (à 29° Sagittaire).
Friedrich Sieggrün
20 déc. 1877 – 8h41
Lübeck
Poséidon dans le thème uranien de Sieggrün
PO – 65°28
On peut poursuivre l’analyse en examinant la position qu’occupe Poséidon dans les deux thèmes
pris en compte. Dans le thème natal de Friedrich Sieggrün, Poséidon (à 5°28 Vierge), est relié à tout
un ensemble de mi-points sur la zone de 5° à 7° des signes Mutables, parmi lesquels l’axe
Zeus/Vulcanus, indicateur, avec Poséidon, d’une grande création intellectuelle. L’implication
d’Admète pointe sur le commencement d’un grand ouvrage, sur le fait de poser la première pierre.
Poséidon
19 sept. 1937
17h11m05s TU
Hambourg
Poséidon dans le thème de découverte
PO – 3°42
Dans le thème de découverte, Poséidon (à 3°42 Balance) est relié à Saturne dans l’axe
Jupiter/Vulcanus, une indication de réussite qui nécessite du temps pour se manifester pleinement. La
position de Poséidon sur l’axe Nœud Nord/Pluton pourrait indiquer l’émergence de nouveaux contacts
importants pour le développement de l’esprit. La relation avec l’axe Neptune/Hadès suggère, pour sa
part, de risques d’erreurs par manque de clarté, de lucidité d’esprit. L’intégration des Transneptuniens
dans la conscience astrologique est une aventure qui ne va pas sans risques.
Friedrich Sieggrün
20 déc. 1877 – 8h41
Lübeck
Synastrie – Sieggrün – Découverte de Poséidon
Poséidon
19 sept. 1937
17h11m05s TU
Hambourg
La synastrie entre le thème de Friedrich Sieggrün et celui de la découverte de Poséidon met en
valeur deux figures. Au moment de la découverte, une opposition Saturne-Poséidon transitait sur
Kronos natal et au carré de l’Ascendant de Sieggrün (à 3° Capricorne). En même temps, le Soleil en
transit, sur l’axe Neptune/Poséidon (à 26° Vierge), était relié d’une part à Uranus-Kronos sur Vulcanus
natal et à la conjonction natale exacte Lune-Zeus (à 26° Gémeaux). Ce dernier élément évoque sans
doute l’illumination reçue par Sieggrün au moment de sa découverte.
Friedrich Sieggrün
20 déc. 1877 – 8h41
Lübeck
Découverte de Poséidon - DAS
19 sept. 1937
17h11 TU
Enfin, les Directions d’arc solaire (DAS) pour le jour de la découverte l’interconnection des trois
facteurs essentiels – Neptune, Poséidon, mi-point Neptune/Poséidon – dans les deux thèmes étudiés.
La rencontre de Friedrich Sieggrün avec Poséidon, déjà inscrite de naissance, se réalise le 19
septembre 1937, alors qu’il est âgé de 60 ans. Cette inspiration qui l’illumine porte en premier lieu la
signature de l’axe Neptune/Poséidon. Et c’est sans grand étonnement, mais avec beaucoup d’acuité
intellectuelle et émotionnelle, que nous constatons, une fois de plus, des affinités électives avec notre
propre thème, marqué par une conjonction Neptune-Poséidon à 6° Balance, en résonance avec les
thèmes de Fridrich Sieggrün et de Poséidon.
18
DE L’ÉCOLE DE HAMBOURG A L’ASTROLOGIE URANIENNE
ASTROLOGIE URANIENNE AUX ÉTATS-UNIS
Les enseignements de l’École de Hambourg, dont les maîtres et leurs élèves furent pourchassés et
internés dans des camps de concentration sous le régime national-socialiste après l’affaire Rudolph
Hess, franchirent l’océan Atlantique et se répandirent aux États-Unis grâce à Richard Svehla et Hans
Niggemann, un officier de marine émigré à New York. C’est à Richard Svehla, élève d’Alfred Witte,
que l’on doit la dénomination d’astrologie « uranienne ». Cela proviendrait du fait que Ludwig
Rudolph lui avait signalé que Witte était un pur « Uranien », dont l’astrologie serait celle du futur,
pour « l’ère du Verseau ».
Dans ce milieu de l’astrologie uranienne aux États-Unis, Blake Finley distingue trois courants. Le
premier, qualifié de courant « légitimiste, parce qu’il s’appuie sur les écrits de Hermann Lefeldt et sur
les travaux de la première période de l’Ecole de Hambourg, est implanté dans le Nord-Est des ÉtatsUnis, à New York et en Nouvelle-Angleterre, autour de Richard Svehla (dans l’Ohio) et de Hans
Niggemann (à New York). C’est dans ce cadre que fut publié en 1957 par Ilse Schnitzler le Lexicon
für Planeten Bilder, ouvrage fondé sur la version de 1946 du Regelwerk de Witte-Lefeldt, mais en
réorganisant les entrées selon un ordre alphabétique, ce qui constituait une tâche immense en l’absence
d’ordinateurs. Par la suite, en collaboration avec Hermann Lefeldt, Ilse Schnitzler donna une
traduction en anglais et en français de cet ouvrage, présenté dans les années 1960 comme la clé de
l’astrologie uranienne (The Key to Uranian Astrology par Hans Niggemann). Cette approche suscita
l’enthousiasme de Charles Emerson et incita Roger Jacobson à rédiger un ouvrage, publié en 1975,
Language of Uranian Astrology, qui reflète la perspective et la méthodologie d’Hermann Lefeldt dans
son texte intitulé Methodik der Astrologischen Häuser und Planetenbilder, publié en Allemagne en
1962.
Durant la même époque, l’École de Hambourg continuait à se développer dans son élan d’aprèsguerre. Une cinquième édition du Regewerk parut en 1959 ; en 1961 sortait le premier numéro des
Hamburger Hefte, qui fut l’organe officiel de l’École de Hambourg jusqu’en 1996 ; enfin, le premier
symposium international annuel de l’École de Hambourg se réunit en 1968. Le début de la décennie
suivante fut marqué par de nouveaux développements, en Allemagne et en Asie du Sud-Est. En 1971,
Karl Perch publie une Kurze Einführung in die Hamburger Schule (une brève introduction), mais
surtout, la même année paraît un ouvrage réalisé par Ruth Brummund, qui révolutionne l’astrologie
uranienne : des éphémérides, donnant la position des Transneptuniens selon un intervalle de dix jours,
et non plus seulement par année. En 1972, Ruth Brummund publie Astropsychologie
Charaktermerkmale, un ouvrage qui pour la première fois met l’accent sur les caractéristiques
psychologiques associées avec les facteurs uraniens individuels. La mort d’Hermann Lefeldt en 1971 a
été ainsi suivie d’une rupture au sein de l’École de Hambourg. Ruth Brummund, élève d’Udo
Rudolph, reformule la méthodologie de l’astrologie uranienne, publiant un Regelwerk-Neufassung en
1979, dont la 2e édition, en 1990, comporte des ajouts substantiels ; elle publie également en 1982 un
Lexicon-Neufassung. Par ailleurs, Ruth Brummund fonde en 1993 l’École d’astrologie uranienne,
écartant les techniques utilisées par Lefeldt et Niggemann, jugées improductives sur le plan
expérimental. En France, le logiciel d’Aureas produit par Francis Santoni s’inspire des innovations de
Ruth Brummund. En 1975, Udo Rudolph devient président de l’École d’astrologie de Hambourg. La
même année est publiée pour la première fois en Allemagne une revue en langue anglaise, The
Uranian Forum. Et c’est en 1975 encore que paraît l’important ouvrage Der Mensch, sous-titré « une
station d’accueil des suggestions cosmiques », qui est une anthologie de textes d’Alfred Witte rédigés
entre 1913 et 1924, avec une introduction d’Hermann Sporner et des commentaires de Ludwig
Rudolph. Cet ouvrage n’inclut pas, malheureusement, les travaux ultérieurs d’Alfred Witte, entre 1924
et 1941, qui auraient pu témoigner de l’évolution de sa pensée durant cette période.
L’astrologie uranienne va être également implantée en Thaïlande par le lieutenant-général
Prayoon Pol-aree, qui avait suivi durant deux ans les enseignements de l’École de Hambourg et qui
commence à en enseigner les techniques dans la Société d’astrologie de Thaïlande à partir de 1971. Il
fonde en 1972 à Bangkok une école d’astrologie qui traduit ces enseignements et les répandra en
langue thaï jusqu’à sa mort en 1992.
19
Dans les années 1980 apparut aux États-Unis un deuxième courant, en Floride du Sud, qui visait à
mettre en valeur le Regelwerk et des programmes informatiques. Ce courant s’attachait essentiellement
à la diffusion de matériaux de la première période de l’École de Hambourg. Un troisième courant
prédomine dans l’Ouest (et également en Asie du Sud-Est, notamment en Thaïlande) au tournant du
XXIe s., courant que Blake Finley qualifie de « progressiste » et qui semble se situer dans la mouvance
de Ruth Brummund. En 1980, Charles Emerson fonde The Uranian Society, qui deviendra une
branche du NCGR et qui édite la revue Urania. De nouvelles figures apparaissent liées à ce courant,
ainsi Karl Ambjornon à San Francisco, auteur d’écrits originaux qui font la promotion de techniques
fondées sur la recherche la plus récente en Allemagne et aux États-Unis dans les années 1980. Une
variante de ce courant se développe autour d’Emma Belle Donath, puis de Martha Lang Wescott, qui
toutes deux intègrent un usage extensif des mi-points, incluant les astéroïdes et les Centaures et
mettant l’accent sur l’aspect psychologique de l’astrologie.
ASTROLOGIE URANIENNE DANS LE MONDE
En Russie également, l’astrologie uranienne a été accueillie par certains des meilleurs
astrologues, dont Albert Timachev et Youri Karpenko, qui ont formé le projet de traduire en russe des
œuvres d’Alfred Witte. Denis Koutaliov, qui enseigne l’astrologie à Moscou, intègre dans son
enseignement l’astrologie uranienne et présente (en russe) un certain nombre d’études, dont une traite
du philosophe Vladimir Soloviev en relation avec Poséidon : un bel exemple d’étude sur un thème
personnel.
Pour sa part, Udo Rudolph anime depuis 1993 à Riga l’École balte, entouré de Sergej Vronski,
Valery Bebaev et Inesa Zaharikova. Le 16 mars 1997 est fondé à Riga un Institut Alfred Witte, qui
accueille alors 120 étudiants. Lors d’une conférence donnée à New York le 26 juillet 2005, à
l’occasion du 25e anniversaire de l’Uranian Society, Udo Rudolph signale que si Alfred Witte n’a pas
écrit d’ouvrage sur ses innovations il a du moins laissé une quarantaine d’articles dans lesquels il
indique, par l’exemple, sa manière de procéder. Ces articles, recueillis dans le livre Der Mensch, sont
présentés et commentés par Albert Sporner, qui fut un élève d’Alfred Witte. Udo Rudolph rappelle
que la Société d’études astrologiques de l’École de Hambourg fut fondée en 1948 et que la revue
Hamburger Hefte fut lancée en 1961. Il signale aussi que Richard Svehla, libraire à Cleveland, fut le
premier astrologue aux États-Unis à s’intéresser à l’astrologie de Witte et qu’il contacta Ludwig
Rudolph dans les années 1930. Udo Rudolph a été invité à des conférences organisées à Miami, en
Floride, par Mme Penelope Berticelli, qui publia la revue trimestrielle Uranian Forum durant de
nombreuses années. A partir de 1980, l’Uranian Society publia aux États-Unis la revue Uranian
Astrology.
Ajoutons qu’Udo Rudolph plaide pour une astrologie spirituelle et qu’il semble avoir été marqué,
en 1924, par un enseignement d’Agni-Yoga donné par Maître Morya, sans doute lié au mouvement
théosophiste. Il précise que la médiatrice de ces enseignements était Hélène Ivanovna Roerich,
l’épouse du peintre Nicolas Constantinovitch Roerich, qui a laissé une œuvre fascinante, exposée à
New York, où les peintures des hautes solitudes de l’Himalaya et les références aux traditions de
sagesse orientale tiennent une place de choix. Udo Rudolph situe l’Agni-Yoga comme un renouveau et
une expansion de la théosophie, donnée à Helena Blavatsky en 1875, et il évoque 14 ouvrages (dont il
ne donne pas les titres) qui auraient une mystérieuse connexion avec les huit Transneptuniens. Et il
avance l’idée que la découverte des Transneptuniens dans les années 1920, qui est contemporaine de la
transmission de l’Agni-Yoga à Helena Roerich, ne relèverait pas d’une coïncidence accidentelle.
Enfin, Udo Rudolph conclut sa conférence du 26 juillet 2005 en évoquant sa rencontre, à New
York en 1989, avec Charles Emerson, qui fut en 1980 le fondateur de l’Uranian Society. Une amitié
naquit aussitôt entre les deux savants, le lien spirituel entre eux, à ce moment précis, apparaissant au
travers de l’axe Milieu du Ciel/Poséidon, ce dernier facteur étant impliqué dans l’analyse de la part
spirituelle et créative de l’être humain. Persistant dans son engagement théosophique, Udo Rudolph
estime que tout astrologue spirituel devrait admettre la réincarnation, la loi de cause à effet (karma) et
la loi de bipolarité. En ces matières, les lecteurs de René Guénon ne manqueront pas, sans doute,
d’émettre les plus sérieuses réserves. Mais ce n’est pas une raison pour abandonner l’étude des
Transneptuniens.
20
INTERET DE L’UTILISATION DES TNP EN ASTROLOGIE MONDIALE
Avant de montrer, par quelques exemples tirés de l’histoire des XXe s et XXIe s., l’intérêt de
l’utilisation des Transneptuniens dans les analyses d’astrologie mondiale, nous voudrions rappeler
brièvement les étapes de notre propre cheminement vers l’École de Hambourg et l’astrologie
uranienne. Le terrain avait été préparé, de longue date, lorsque, durant l’année 1993, traduisant en
français l’imposant ouvrage de Charles Harvey et Nicholas Campion Mundane Astrology, nous avions
pris connaissance de la technique des mi-points selon l’approche de Reinhold Ebertin dans son COSI
(Combination of Stellar Influence). Peu après, Henri Latou, le traducteur d’Ebertin en français, nous
avait initié à la pratique des mi-points et nous avions porté également notre attention sur l’analyse des
Harmoniques par John Addey, le maître de Charles Harvey. C’est vers la fin de l’année 2004 qu’allait
commencer, au travers d’une correspondance régulière avec Jacques Rauffet, notre première rencontre
avec l’École de Hambourg, pour laquelle nous n’avions alors pas la moindre attirance. Cependant, au
printemps 2006, dans le cadre d’une conférence donnée à Lille sur la vie et l’œuvre de J.R.R. Tolkien,
nous avons pour la première fois fait brièvement référence à des configurations impliquant des
Transneptuniens, en particulier le mi-point Neptune/Pluton=Vulcanus, pour lequel la formule du
Regelwerk présente la signification suivante : « Le développement secret, qui tend avec force vers un
résultat et sort ainsi de la clandestinité » - formule qui s’appliquait au long cheminement secret de
l’œuvre de Tolkien à partir de 1916 jusqu’à la publication du Seigneur des Anneaux en 1954, mais qui
pouvait renvoyer aussi à notre propre cheminement vers l’astrologie uranienne.
Deux repères transneptuniens – 1954 et 2007
NE/PL=VU
29 juillet 1954
PL=HA/KR sur
Centre Galactique
19 février 2007
Publication du
Seigneur des Anneaux
de J.R.R. Tolkien
Le 19 février 2007 allait marquer le grand tournant dans cette histoire ; ce jour-là, en effet,
travaillant à un séminaire consacré à la Révolution française, nous avons pris conscience de la forte
implication des Transneptuniens dans le thème de la conjonction Uranus-Pluton de 1710 – thèmeracine du phénomène révolutionnaire moderne dans toute son ampleur, et qui débouche sur la
conjonction Hadès-Kronos de 2031, moment crucial en cyclologie traditionnelle. Ce 19 février 2007,
Pluton, transitant sur le Centre galactique, se trouvait également au mi-point de la conjonction HadèsKronos en formation, qui sera exacte en 2031.
21
L’étape suivante fut celle de notre participation, les 24 et 25 mai 2008, à un séminaire sur l’École
de Hambourg organisé à Bruxelles par Fabienne Roelants et par André Vander Linden ; à partir du 28
septembre, nous participâmes aux cours de Fabienne Roelants, qui mérite la reconnaissance des
francophones pour sa traduction en français du Regelwerk, ainsi qu’André Vander Linden pour son
logiciel Ouranos, bien que, pour notre part, nous utilisions régulièrement le logiciel Aureas de Francis
Santoni, qui permet parfaitement d’intégrer les Transneptuniens dans une étude d’astrologie classique.
A notre grand regret, ces cours de Fabienne Roelants prirent fin au bout d’une année, de sorte que
nous fûmes contraint de continuer, dans ce domaine, un travail en solitaire, heureusement ponctué de
fructueux échanges avec notre ami de Bruges, Hubert Depoorter. Nous pouvons dater du 30 octobre
2008 notre adhésion définitive à l’intégration des Transneptuniens dans notre pratique en astrologie
mondiale ; c’est de ce jour que date notre découverte d’un lien entre l’essor actuel de l’astrologie
uranienne et le transit de Vulcanus sur le mi-point Neptune/Pluton – même position que celle du 29
juillet 1954, date de la publication du Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien. Et c’est ainsi que nous
pûmes conclure notre article « A propos de l’astrologie uranienne », daté du 31 octobre 2008 :
Une ultime observation : de l’hiver 2006 à l’automne 2008 est activée la configuration
Neptune/Pluton=Vulcanus, dont le Regelwerk stipule : « Le développement secret, qui tend
avec force vers une décision, un résultat et ainsi sort de la clandestinité ». Toute cette période
correspond à la gestation des séminaires que nous avons donnés à Paris entre le 21 janvier
2007 et le 16 mars 2008. Le contenu de ces séminaires apparaît en partie sur différentes
pages de notre site : « La Révolution française », « Cyclologie traditionnelle et fin du Kali
Yuga », « Le nouveau paradigme de l’astrologie », « La période 1980-2030 », « L’hyperpuissance américaine », « La Russie post-soviétique », « Chine : des Guerres de l’opium aux
Jeux Olympiques », « Les puissances asiatiques au temps du carré Uranus-Pluton ». C’est
dans l’ensemble de ces textes que le lecteur trouvera l’état actuel de notre pensée
astrologique, dont cette réflexion sur l’astrologie uranienne constitue comme l’introduction.
Si notre résistance à l’astrologie uranienne a fondu au début de cette période, c’est au terme,
le 30 octobre 2008, que nous est venue l’idée de rattacher cet essor nouveau de l’astrologie
uranienne au mi-point Neptune/Pluton=Vulcanus. Puisse cette « sortie de clandestinité » être
porteuse de longues recherches et de fécondes trouvailles.
Nous donnons en Annexe le texte intégral de cet article de 2008, ainsi que des extraits de divers
de nos articles dans lesquels nous avons fait référence aux Transneptuniens ; nous y adjoignons aussi
quelques passages de notre correspondance avec Jacques Rauffet.
22
EXEMPLES DANS L’HISTOIRE DU XXE SIECLE
Dans l’interview qu’il a accordé à la revue américaine The Moutain Astrologer en 2005, Gary
Christen, qui étudia l’astrologie uranienne avec Hans Niggemann, signale un certain nombre
d’événements du XXe s. où l’on peut relever des configurations dans lesquelles la prise en compte des
Transneptuniens éclaire le tableau.
Cycle Zeus-Kronos – 1925-1945
1929 : Uranus transite la
conjonction Hadès-Admète
1938 : Uranus transite le
carré Zeus-Kronos
Ainsi, un carré Zeus-Kronos s’est formé à 15° Taureau-Lion vers la fin des années 1930 et au
début des années 1940, symbolisant selon Gary Christen l’essor du nazisme. On peut y voir, plus
largement, la grande industrie mise, à travers le monde entier, au service de l’armement de guerre. Si
l’on regarde les choses avec un peu plus de hauteur, on constate qu’une conjonction Hadès-Admète
accompagne la période de la grande crise économique qui éclate en 1929 et conduit à la guerre.
Hadès/Admète évoque une économie en baisse, un abaissement du niveau de vie, un pessimisme
général. Quant au carré Zeus-Kronos, déjà en orbe dans les années vingt, il est relié (à 15° des signes
Fixes) au Point Vernal (par un angle de 45°, en H8), au moment même de la Seconde Guerre
mondiale, avec les transits successifs de Jupiter-Saturne-Uranus en Taureau.
23
1929 et 1938
24 octobre 1929
UR=HA/AD
31 janvier 1938
UR=ZE/KR
De 1929 à 1938, Uranus va transiter successivement ces deux configurations majeures de
Transneptuniens : d’abord Hadès/Admète, puis Zeus/Kronos. Lors du fameux Jeudi Noir du 24
octobre 1929, Uranus tombe pile sur l’axe Hadès/Admète, signature d’un événement grave, d’un
manque qui s’abat soudainement, d’une pauvreté impromptue : tous éléments qui décrivent bien la
panique de Wall Street à ce moment. Le carré Zeus-Admète est également affecté par Mars, par
Saturne et par l’axe Neptune/Pluton proche de Zeus (dans la zone de 9°-11° Lion). La crise mondiale
ne va faire qu’aggraver une course aux armements qui aboutira au second conflit mondial.
Le 31 janvier 1938, on observe une puissante configuration, qui affecte le carré Zeus-Kronos,
avec le transit d’Uranus proche de Kronos, une conjonction Mars-Saturne sur le Point Vernal et le tout
activé par une Nouvelle Lune à 10° Verseau reliée à une conjonction Vénus-Jupiter. L’interférence
d’Uranus dans l’axe Zeus-Kronos est significative de préparatifs de guerre ou de l’éclatement soudain
de la guerre. Mars, dans ce contexte, évoque les machines de guerre, les blindés et les chars d’assaut,
les cuirassés. Saturne se rapporte aux réserves, ainsi qu’aux grandes pertes dans l’industrie mécanique
ou dans la guerre. Jupiter apporte dans ce contexte l’idée d’une grande performance réussie, d’une
prospérité dans la stratégie de guerre. Vénus, enfin, vient ajouter une touche de manœuvre
diplomatique dans ce contexte belliqueux. A la fin janvier, un décret permet à la Gestapo d’envoyer
dans des camps tous ceux dont les tendances menacent le peuple et l’État ; le 4 février, Adolf Hitler
remanie le haut-commandement militaire et prend le commandement de la Reichswehr ; enfin, le 12
février, Hitler lance un ultimatum au chancelier autrichien Kurt von Schuschnigg : la marche vers
l’Anschluss est engagée et dans la nuit du 11 au 12 mars, les troupes allemandes envahissent
l’Autriche. Durant le même mois de février, Hitler menace la Tchécoslovaquie à propos de la question
des Sudètes : l’affaire sera réglée six mois plus tard, en septembre 1938, avec les accords de Munich.
Vers la même période, du 2 au 13 mars 1938 se déroule le troisième grand procès de Moscou, qui
aboutit à la condamnation et à l’exécution de Boukharine, de Rykov et de Rakovski.
24
Sesqui-carré Zeus-Admète – 1992-1999
21 décembre 1992
21 mars 1996
Gary Christen évoque ensuite la période 1992-1995, durant laquelle Zeus (à 0° Balance, donc
relié au Point Vernal) se trouve au sesqui-carré d’Admète à 15° Taureau : il rapporte cette
configuration à la limitation des forces armées dans le monde, à la suite de la chute de l’URSS. L’axe
Zeus-Admète, relié au Point Vernal, se rapporte à une collectivité mise face à de nouvelles tâches, qui
doit se préparer à de nouvelles conditions – tableau qui convient parfaitement à la très difficile période
de sortie du communisme pour la Russie et pour la plupart des pays d’Europe orientale. L’interférence
de Saturne correspond à un sentiment de changement désagréable du fait d’une forte restriction dans
les conditions habituelles d’existence. Rappelons qu’Alexandre Soljenitsyne, dans son livre La Russie
sous l’avalanche évoque le terrible dénuement de la population russe, alors que les richesses du pays,
sont accaparées par les oligarques quand elles ne sont pas vendues à bas prix à des multinationales et à
des puissances étrangères. Cette configuration générale, présente vers la fin de 1992, fut réactivée au
printemps 1996, lors du passage de la conjonction Mars-Saturne au Point Vernal. Avec Mars,
l’indication est à la fois celle d’une remise au travail et d’une révolte contre une contrainte détestable –
ce qui peut correspondre à la crise yougoslave. Au même moment, l’axe Neptune/Pluton transitait à 0°
Capricorne : en lien avec le Point Vernal, l’indication est celle d’une collectivité face à des
changements dont elle n’est pas à même d’apprécier le sens, la valeur et l’importance ; nous serions
tenté de mettre cette indication en rapport avec les profondes mutations accompagnant, autour de la
grande conjonction Uranus-Neptune de 1992, le passage de la société industrielle (née au moment de
la conjonction précédente de 1821) à une société post-industrielle qui rencontre, au moment du carré
Uranus-Pluton entre 2008 et 2017, une rude confrontation avec les résistances du réel. L’implication
de Zeus et d’Admète dans cet axe Neptune/Pluton évoque l’idée de transformation en profondeur par
une forme de dissolution, ainsi qu’une activité cachée, qui s’exerce en secret. Peut-être pourrait-on
voir ici à l’œuvre les grands desseins mondialistes visant à la dissolution des États nations au profit
d’un gouvernement mondial secrètement dirigé par une oligarchie appuyée par tous les éléments de
contrôle des richesses et de l’information, ainsi que par une constante et sournoise manipulation des
esprits. L’interférence de Saturne dans le tableau n’est guère encourageante, puisqu’elle pointe sur une
évolution qui mène lentement à la ruine. Un sombre tableau qui ne devrait guère étonner ceux qui sont
attentifs aux formes que prend la descente cyclique dans la période ultime de la fin du Kali Yuga.
25
11 Septembre 2001 - Configuration générale
Dissonance
Zeus-Admète-Uranus
Dissonance
Neptune-Soleil-Hadès
Kronos=PV
Gary Christen ne manque pas de présenter brièvement la configuration qui accompagne les
attentats de New York le 11 septembre 2001, avec des astralités où l’on retrouve le carré Zeus-Kronos
relié au Point Vernal, au double sesqui-carré d’Uranus (à 22° Verseau). En fait, les astralités de ce jour
présentent une configuration générale d’une grande intensité et, de ce fait, aussi d’une grande
complexité. On peut la structurer autour de deux ensembles dissonants, le premier autour de Zeus relié
au carré Uranus-Admète, le second autour de Neptune relié au carré Soleil-Hadès. Là-dessus viennent
se greffer toute une série de mi-points et d’axes planétaires.
Dans cette première configuration, la rubrique
la plus évocatrice de l’événement est tout
simplement l’axe Uranus/Admète, significateur
d’ébranlement, de secousse, de commotion
(tremblement de terre), mais aussi d’assassinat,
de meurtre, d’homicide. La présence de Jupiter
dans le tableau doit être interprétée avec
prudence et sagacité. Si l’on suit aveuglément
les rubriques du Regelwerk, on est orienté vers
une sphère sémantique relative à des créations
prospères, un travail heureux, ou encore
relative à des fiançailles ou une grossesse. En
fait, il nous paraît qu’ici Jupiter doit être
compris simplement comme un facteur
démultiplicateur, donnant à l’événement une dimension exceptionnelle. On voit par cet exemple que
l’utilisation des Transneptuniens est particulièrement délicate si l’on se situe dans une pratique
essentiellement prédictive. En revanche, le recours aux Transneptuniens permet de pénétrer dans les
profondeurs cachées d’une situation donnée.
26
11 Septembre – Neptune-Soleil-Hadès
Hadès sur Axis, à 20° des Mutables
Le tableau, ici, est particulièrement sombre du fait de l’implication de Hadès dans l’axe central du
drame, les axes Lune/Saturne et Mars/Pluton à 21° Gémeaux-Sagittaire, sur une des zones les plus
critiques en mondiale, autour de 20° des signes Mutables. On peut retirer de l’examen de ces grappes
de mi-points le fait de pertes sérieuses dans la population du fait d’attentat (Soleil/Hadès=Neptune,
Saturne/Hadès=Soleil), de morts inhabituelles et insolites (Mars/Saturne=Hadès). L’idée d’une sombre
machination, de malhonnêteté, de méchancetés et de manœuvres occultes apparaît à plusieurs reprises,
ainsi que la notion d’incertitude quant au développement de la situation. Il peut y avoir aussi un
manque de sérieux, de fiabilité (ceci concerne sans doute les services de renseignement et de
protection du territoire national). Relevons une fois encore qu’un tel tableau est éloquent après coup,
lorsqu’il s’agit d’apprécier un événement en profondeur après qu’il a eu lieu. Fonder à l’avance une
prévision sur l’ensemble de ces facteurs aurait eu peu de chances de conduire à un événement aussi
précis que les attentats de New York.
27
Opposition
Saturne-Pluton
11 Septembre – LU/SA=LU/PL=MA/SA=MA/PL
Relais par les
luminaires et par Mars
Sur le carré MarsNeptune des États-Unis
23 février 1993
Dans une perspective prévisionnelle, une approche « classique » n’est certainement pas à
négliger. Le tableau du 11 septembre 2001 apparaît d’une grande netteté et relève d’une logique
cyclique aussi simple qu’efficace. Le fond de l’affaire repose sur la phase de l’opposition du cycle
Saturne-Pluton qui s’étend de 1982 à 2020, phase critique où l’on se trouve confronté aux
conséquences de ce qui a été semé au moment de la conjonction. Cette opposition est puissamment
activée, ce jour-là, par l’implication de Mars et des deux luminaires qui activent Saturne-Pluton non
pas directement, mais par les trois axes de mi-points (Mars/Pluton, Lune/Saturne, Lune/Pluton).
Encore faut-il, pour arriver à une épure aussi claire, mener un raisonnement cyclique averti, en
écartant soigneusement tout ce qui ne se rapporte pas à l’essentiel. C’est là que réside la touche
personnelle de l’astrologue, là où l’astrologie, comme la médecine, est un art et pas seulement une
science. De même, lorsque l’on se trouve en présence d’une configuration complexe – et c’est souvent
le cas – il faut apprendre à décomposer le problème en ses divers éléments (ici, les deux configurations
dissonantes autour de Zeus et de Neptune apex) ; si on ne procède pas à cette phase intermédiaire
d’analyse, le tableau de la configuration générale apparaît comme un embrouillamini, un écheveau de
relations sans cohérence.
Autre leçon à tirer de ce cas : si l’on veut fonder une prévision – en tout cas dans l’état actuel de
nos connaissances – il est préférable de s’en tenir d’abord à une analyse « classique », sans y intégrer
les Transneptuniens. C’est d’ailleurs cette démarche qui nous avait permis, en 1993, à l’occasion d’un
premier attentat sur le World Trade Center, d’avancer la perspective d’une nouvelle phase critique
pour les États-Unis au début de l’automne 2001. Le World Trade Center (WTC) avait été l’objet d’un
attentat, qui causa la mort de six personnes et en blessa un millier d’autres ; une bombe avait explosé
dans le garage souterrain de la tour 1 du WTC le 26 février 1993, provoquant le chaos dans le sud de
Manhattan. Une semaine après cet attentat, nous rédigions à ce propos un article, daté du 3 mars 1993
et publié dans la revue Urania sous le titre « La triplice Mars-Saturne-Pluton et l’attentat de New
York ». En conclusion de cet article de mars 1993 nous avions pointé sur la menace de fortes tensions
concernant les États-Unis au moment de l’opposition Saturne-Pluton de 2001 :
… l'opposition Saturne-Pluton, le 5 août 2001, à 12° sur l'axe Gémeaux-Sagittaire, tombe
exactement sur l'axe de l'horizon du thème des États-Unis, Mars étant conjoint à Pluton à 16°
Sagittaire ! Voilà une configuration qui, sans doute, ne sera pas sans effet sur l'histoire des
États-Unis, et qui devrait manifester au grand jour - et sans doute de manière conflictuelle l'idée force contenue dans la conjonction de 1982.
28
11 Septembre – EG – H8 - Zone critique
8h
13h
Sur la zone du carré natal Mars-Neptune des États-Unis
Neptune/Hadès = Mars/Pluton – toute la journée
Lune/Saturne – De 8h à 13h pour New York
L’élément majeur, dans le thème du 23 février 1993, relativement au thème des États-Unis, est
l’activation de la configuration critique natale - le carré Mars-Neptune au double semi-carré du Nœud
Nord à 6° Lion - signature cyclique majeure des États-Unis - par le mi-point Saturne/Uranus (à 6°
Verseau) relié à Uranus/Pluton (à 23° Sagittaire). C’est cette même zone qui se retrouvera
puissamment affectée lors des attentats du 11 Septembre 2001.
Les éphémérides graphiques pour la journée du 11 septembre permettent de voir clairement
l’impact du transit de l’axe Lune/Saturne sur la toile de fond constituée par l’axe Mars/Pluton relié à
Neptune/Hadès. Cette dernière configuration dure toute la journée, tandis que le transit de
Lune/Saturne, pour New York, dure environ cinq heures, de 8h à 13 locales, c’est-à-dire au moment
des attentats et de la chute des tours du WTC. Et l’ensemble se situe très précisément sur la zone
critique du carré natal Mars-Neptune des États-Unis.
29
EG – Décennie 2005-2015 – H8
UR=HA/KR
NE/KR
PL=HA/KR
PL/KR
4 janv.
2011
UR/KR
UR/PL
PL/HA
UR/HA
Pour ces dix dernières années, Gary Christen signale quatre configurations significatives de
Transneptuniens. De 2004 à 2006, Neptune a transité à 15° des signes Fixes, en aspect dissonant avec
le Point Vernal et en sesqui-carré de Kronos. Cela peut renvoyer à l’incompétence des sphères
dirigeantes, au risque de graves erreurs, au dévoilement de scandales au plus haut niveau, à des
problèmes concernant des personnalités dirigeantes et qui ne se révèleront que plus tard. Durant les
années 2006 à 2008, l’axe Hadès/Kronos transite à 0° Cancer : risque de banqueroute, rupture dans
l’ordre du monde selon des voies incontrôlées – ce qui s’est produit avec l’éclatement de la crise en
septembre 2008. Ensuite, de 2010 à 2012, Kronos transite l’Axe Cardinal à 0° Cancer. Kronos, dont le
cycle est d’un peu moins de 500 ans, est significateur du gouvernement, de la bureaucratie, des
dirigeants, de tout ce qui est au-dessus de la moyenne. Gary Christen estime possible de voir surgir un
personnage analogue à Alexandre le Grand, susceptible d’unifier le monde : la poussée messianique
qui a accompagné l’élection de Barack Obama aurait pu correspondre à ce genre de pronostic, mais
l’évolution de sa présidence ne laisse pas présager pour lui d’un tel destin. Peut-être est-il arrivé trop
tôt. Enfin, Gary Christen, signalant qu’en 2012 le carré Uranus-Pluton se trouve en dissonance de la
conjonction Hadès-Kronos au début du Cancer, estime que, lorsque Uranus et Pluton auront dépassé
Hadès et Kronos, une toute nouvelle conception de la bureaucratie et de la structure matérielle
apparaîtra.
Dans ce tableau, la conjonction Jupiter-Uranus du 4 janvier 2011 (à 27° Poissons), au carré
d’Hadès sur l’axe Cardinal, alors que Pluton est opposé à Kronos à 5° Cancer, apparaît comme un des
moments les plus marquants de cette période et fut l’élément déclencheur des révolutions qui
secouèrent alors le monde arabe.
30
L’HOMME SUR LA LUNE ET L’ELARGISSEMENT DE LA CONSCIENCE
André Barbault évoque, dans un article consacré à la Révolution française, l’élargissement de la
conscience qui accompagne la découverte de nouvelles planètes ; il prend pour exemple les cas
d’Uranus et de Neptune :
(…) A une étape particulière de croissance du génie humain, l’apparition de nouvelles
conditions de vie dans le monde va de pair avec la révolution astronomique de la venue d’une
nouvelle planète. Si l’astre n’attend pas d’être découvert pour devenir « opérateur » (…)
quelque chose de particulier paraît se passer néanmoins avec sa découverte, comme si son
registre, passé d’une nuit à un jour, déployait enfin toute la mesure de son contenu.
La venue au jour de Pluton et des Transneptuniens, durant la décennie 1920-1930, accompagne à
la fois la révolution industrielle et technologique du XXe siècle et l’entrée dans « l’ère des masses »
avecles totalitarismes communistes en Russie et en Chine et national-socialistes ou fascistes à travers
l’Europe. Apeès Hiroshima et l’entrée dans « l’ère atomique », Pluton est devenue une pièce
parfaitement intérgrée dans la conscience astrologique ; il semble, par contre, qu’une pleine
intégration des Transneptuniens n’est en train de s’opérer que maintenant, dans les premières
décennnies eu XXIe siècle. Avec l’essor prodigieux, durant la première décennie du XXIe s., des
connaissances astronomiques, relatives aux confins de notre système solaire, sur toute l’étendue qui va
de la Ceinture de Kuiper jusqu’au Nuage d’Oort, le défi s’impose aux astrologues de forger un
nouveau paradigme en conformité avec cette extension des connaissances, qui correspond à un
élargissement de la conscience humaine quant à sa place dans l’Univers.
Le système solaire global
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Oort_cloud_Sedna_orbit_french.jpg
Voici ce que nous écrivions à ce propos, dans un article daté du 24 décembre 2010, intitulé
« Regards sur 2011. III. Aux confins du système solaire » :
De cet enrichissement extraordinaire - en une dizaine d’années ! - de notre connaissance
astronomique du système solaire doit découler, sans doute, l’émergence d’un nouveau
paradigme de l’astrologie mondiale, remodelée sur une intégration des éléments nouveaux
venus des confins du système. Le système solaire global aujourd’hui apparaît comme
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l’emboîtement de quatre sphères aux dimensions de plus en plus considérables. D’abord le
système solaire interne, auréolé de la multitude de corpuscules qui forment l’anneau des
astéroïdes entre Mars et Jupiter. Puis le système solaire externe, qui englobe désormais, audelà de Pluton, les objets de la ceinture de Kuiper. En troisième lieu, l’ellipse de l’orbite de
Sedna, au creux de laquelle le système solaire externe lui-même est concentré comme le
jaune d’un œuf cosmique. Et enfin, réduisant l’immense orbite de Sedna aux dimensions d’un
vaste point central, l’auréole bleutée de l’hypothétique - et infranchissable - nuage d’Oort…
Alors qu’il y a encore une dizaine d’années notre conscience ordinaire du système solaire
s’arrêtait à Pluton, notre esprit est invité aujourd’hui à une ouverture quasi transcendante.
Trois paradigmes de l’astrologie – 20 juillet 1969
Le monde de
Ptolémée
Le monde du
XXe siècle
Le monde du
XXIe siècle
Dans le même article, nous avancions l’idée d’un nouveau paradigme de l’astrologie mondiale,
fondé sur l’appréhension du système solaire global, prenant la suite des modèles précédents : le
modèle antique et médiéval d’un monde réduit à la limite saturnienne, et le modèle moderne
élargissant le système solaire jusqu’à Pluton, modèle « classique », qui a imprégné la conscience des
astrologues jusqu’à la fin du XXe s. :
Illustrons, de manière simple, ce que nous appellerions volontiers les trois paradigmes
successifs de l’astrologie. Il suffit, pour cela, d’examiner la façon dont peut être traité un des
événements les plus spectaculaires du XXe siècle, qui a le mérite d’être signifié,
astrologiquement, de la manière la plus simple et la plus éloquente tout à la fois. Nous
voulons parler de l’arrivée de l’homme sur la Lune, le 20 juillet 1969. Si l’on demeure dans
le strict cadre « étroit » d’une astrologie ptoléméenne qui a Saturne pour limite, nous avons,
pour ce jour-là, une simple conjonction Lune-Jupiter à 0° Balance. Dans le modèle « élargi »
qui a été celui du XXe siècle après la découverte de la troisième planète transsaturnienne en
1930 et qui s’arrête à Pluton, nous tombons sur une conjonction Jupiter-Uranus avec
interférence de la Lune. Passons à un modèle « global » incluant les TNP de l’École de
Hambourg, et nous avons l’extraordinaire surprise de constater la présence, sur le même
degré d’Apollon, dont le nom même est en résonance symbolique avec le nom de la mission
Apollo 11. La triple conjonction Jupiter-Uranus-Apollon est des plus étroites, à quelques
minutes près (Jupiter et Uranus à 0°40, Apollon à 0°46).
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La fréquence respective de ces configurations est proportionnelle à une extension dans le
temps de l’expansion dans l’espace. Pour le modèle étroit, qui a régné depuis l’Antiquité
jusqu’à la découverte d’Uranus en 1781, la possibilité d’une conjonction Lune-Jupiter à 0°
Balance est théoriquement possible tous les douze ans. Ainsi, dans le cycle précédent, Jupiter
a transité à 0°40 Balance le 20 décembre 1956 et le 12 février 1957 ; mais la Lune n’était pas
au rendez-vous (elle transitait ce point le 24 décembre, le 20 janvier et le 16 février). Un
cycle précédent encore, et nous trouvons Jupiter le 28 août 1945 ; la Lune était là le 11 août
et le 7 septembre. La Lune, on le sait bien, est rarement au rendez-vous, mais il est sûr qu’en
continuant ce petit jeu, on finira bien par tomber sur une conjonction Lune-Jupiter à 0°
Balance.
Dans le modèle « élargi », les choses se compliquent, puisqu’il nous faut maintenant
remonter de 84 ans en 84 à la recherche d’une conjonction Jupiter-Uranus à 0° Balance - sans
plus parler de la Lune ! Dans le cycle précédent, en 1884-1885, Uranus passe trois fois sur ce
point entre octobre 1884 et août 1885, mais Jupiter ne le transite, trois fois également,
qu’entre novembre 1885 et juillet 1886. La conjonction Jupiter-Uranus ne se produit que le
18 août 1886, à 5°30 de la Balance. Là aussi, bon courage à qui voudrait remonter jusqu’à
une conjonction Jupiter-Uranus à 0° Balance. Mais il est possible qu’il s’en soit produit une
autre à l’échelle historique, durant les six derniers millénaires.
Avec le modèle « global », qui est potentiellement celui du XXIe siècle, la rencontre
d’Uranus et d’Apollon à 0° Balance est sans doute un phénomène unique à l’échelle de
milliers, sinon de millions d’années. La période orbitale d’Apollon étant de 576 ans, la
fenêtre d’une rencontre possible avec Uranus ne s’est ouverte pour la dernière fois, avant les
noces ineffables de 1969, qu’entre novembre 1390 et août 1392 : Uranus, qui transite alors en
Scorpion, n’est pas au rendez-vous. Cependant, nous avons eu la surprise de tomber, pour le
1er août 1392 sur une triple conjonction Lune-Saturne-Apollon à 0° Balance. Ce qui ne tire
pas à conséquence, mais donne l’occasion de rappeler un principe fondamental dans
l’exploration de l’Histoire par l’étude des cycles planétaires. Il ne faut jamais oublier que la
répétition de configurations analogues, dans la pureté de l’algèbre céleste, n’induit pas en soi
la répétition d’événements semblables, inscrits dans la pâte de la physique terrestre. En effet,
la « figure » du monde change, au moins au rythme des conjonctions Neptune-Pluton tous les
cinq siècles, sans compter avec la formidable accélération de l’Histoire que connaît notre
temps, ouvrant à la possibilité d’une asymptote vertigineuse, dont la « dromosphère » de Paul
Virilio (alliance de la vitesse et de la technologie) permet de se faire une idée. La triple
conjonction Lune-Saturne-Apollon de 1392 nous apparaît comme une « curiosité », une
singularité, dont on ne peut tirer, nous semble-t-il, aucune conclusion. La quadruple
conjonction du 20 juillet 1969, en correspondance avec l’événement historique de l’arrivée
de l’homme sur la Lune, provoque au contraire une forme d’illumination de l’esprit, incite à
une profonde méditation métaphysique… C’est que les temps sont mûrs et révolus pour que
« cela se passe » et que « cela ait un sens ».
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Trois paradigmes de l’astrologie mondiale – 1er février 2080
Le modèle
« étroit »
Le modèle
« élargi »
Le modèle
« global »
Sedna
Puis nous prolongions cette réflexion sur l’évolution des trois modèles en proposant un exemple
dans le futur, situé vers l’année 2080, le moment des plus fortes tensions de tout le XXIe s.
Un autre cas, plus complexe, se présente pour l’année 2080. Selon le
modèle « étroit », il se produira au début du Verseau une conjonction
Jupiter-Saturne, qui est la conjonction majeure du système
ptoléméen. Elle se produit tous les vingt ans, mais les Anciens ont
réussi à constituer des cycles longs en intégrant le jeu des triplicités :
ces conjonctions se succèdent, en effet, sur deux siècles environ, dans
les signes de Feu, de Terre, d’Air et d’Eau, et l’on obtient même un
cycle long de 960 avec le retour en signes de Feu. Dans le modèle
« élargi », cette conjonction Jupiter-Saturne s’insère dans le cadre
d’une opposition Uranus-Neptune dans l’axe Lion-Verseau. André
Barbault, dans son exploration prévisionnelle du XXIe siècle, a même
fait de cette configuration de 2080 la période la plus dangereuse du
siècle, avec le risque de la constitution de deux blocs antagonistes, à
l’image de ceux qui s’étaient formés dans les décennies précédant la Première Guerre
mondiale. Avec le modèle « global », cette lourde configuration est en quelque sorte reléguée
au second plan devant l’exceptionnelle triple conjonction Zeus-Apollon-Poséidon au milieu
du Sagittaire. Une telle triplice ne doit se rencontrer qu’une fois sur des milliers ou peut-être
des millions d’années ; le cycle Zeus-Apollon dure 2009 ans, le cycle Zeus-Poséidon 1127
ans et le cycle Apollon-Poséidon 2564 ans. A ce jour, où nous n’en sommes qu’à une phase
préliminaire d’exploration des cycles des TNP, nous sommes bien incapables de disserter sur
la signification d’une telle configuration - sauf, peut-être, à la mettre en relation avec des
données qui ressortissent de la cyclologie traditionnelle et non plus de l’astrologie mondiale.
Mais, de même que la ceinture de Kuiper est devenue notre horizon astronomique,
l’astrologie uranienne fait désormais partie de notre conscience et de notre pratique
d’astrologue, et nous pouvons au moins, dans la phase actuelle de nos connaissances, pointer
sur ces grands nœuds cosmiques présents dans l’invisible.
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On remarquera, enfin, que dans le tableau « global » de 2080, Sedna transitera alors à 8°
Cancer, en opposition à un mi-point qui, à 8° Capricorne, relie les deux configurations
« classique » et « uranienne », c’est-à-dire la triple conjonction Jupiter-Saturne-Uranus d’une
part et la triplice Zeus-Apollon-Poséidon d’autre part.
Naturellement, de telles configurations, qui se réfèrent à des cycles d’une si longue durée, ne
concernent pas uniquement l’histoire humaine, dans la dimension qu’il nous est donné de
connaître, et qui remonte aux débuts de l’histoire des civilisations, en Égypte et en
Mésopotamie. S’impose ici ce qu’on pourrait appeler un « principe de subsidiarité
interprétative » : depuis longtemps, s’il peut être toujours fonctionnel dans le cadre de
l’astrologie généthliaque, le modèle « étroit » ptoléméen est révolu dans la pratique de la
mondiale ; les cycles des transsaturniennes viennent éclairer de façon bien plus crédible et
structurée l’histoire de l’Antiquité aussi bien que celle des Temps modernes. Le modèle
« élargi », qui est le nôtre depuis la découverte d’Uranus, de Neptune et de Pluton, demeure
naturellement valide pour analyser le cours des affaires humaines collectives. Le modèle
« global » ne nous paraît pas constituer un outil prévisionnel de même nature, mais il nous
fournit plutôt l’apport d’un éclairage de nature cyclologique ; il permet d’élargir notre pensée
de la « quantité » à la « qualité » des temps, dans une époque où le monde est soumis au
« règne de la quantité », pour reprendre le titre d’une des œuvres les plus connues de René
Guénon. Avec une oikouménè céleste désormais étendue jusqu’aux ultimes limites du
système solaire, jusqu’au cercle bleuâtre de l’hypothétique nuage d’Oort, notre capacité de
voyage dans le temps s’est elle aussi prodigieusement distendue à des cycles temporels qui
sont peut-être ceux de l’histoire même d’un univers dont la science fait remonter l’existence à
une quinzaine de milliards d’années.
De fait, autour de l’année 2080 se présente une double concentration de Transneptuniens, rendant
le phénomène d’autant plus remarquable. En effet, à la triple conjonction Zeus-Apollon-Poséidon
entre 8° et 12° Sagittaire, vient s’ajouter une autre triplice, un peu moins resserrée, entre HadèsKronos-Vulcanus de 23° Lion à 8° Vierge. La première concentration est reliée à Uranus (à 22°
Capricorne) et à Neptune (à 27° Cancer), la seconde à Pluton (à 10° Bélier), ainsi qu’à Admète (à 5°
Cancer).
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1er janv. 2078
TNP – Double concentration – Carte uranienne
UR=PV=ZE/HA
AD=NE=PO
La carte uranienne (que le logiciel Aureas permet de visualiser par un simple clic) permet de lire
d’un seul coup d’œil les relations entre les divers facteurs du thème, et surtout de visualiser sans peine
– ce que ne permet pas un thème « classique » - non seulement les aspects traditionnels majeurs
(conjonction, opposition, carré) ou mineurs (semi-carré et sesqui-carré), mais encore les aspects de
22°30, c’est-à-dire de travailler à l’échelle de l’Harmonique 16 (H16).
On voit donc ici, en se positionnant sur Uranus (à 22°42 Capricorne) qu’il se situe sur l’Axe
Cardinal (il est donc relié au Point Vernal), ainsi que Zeus-Hadès, qui forment un carré exact à 8° des
signes Mutables – sur une des zones particulièrement sensible du Zodiaque.
Et si l’on se positionne sur Admète, il apparaît immédiatement qu’il est relié à Neptune et à
Poséidon en H16.
12 janv. 1908 – 9h44 TU
UR=NE=VU=PO
KR=PV
Opposition Uranus-Neptune – 1908
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L’approche « classique », celle d’André Barbault par exemple, ne verrait dans ce tableau que
l’opposition Uranus-Neptune, rapportant cette configuration à la même phase de ce grand cycle qui
s’est présentée au début du XXe s., dans les années précédant la Première Guerre mondiale (de mars
1906 à octobre 1910). Mais alors, le contexte des Transneptuniens était différent. Ainsi, le 12 janvier
1908, avec une opposition exacte d’Uranus et de Neptune à 13°17 dans l’axe Cancer-Capricorne, la
carte uranienne montre la relation avec Vulcanus et Poséidon, et l’on observe également la position de
Kronos (à 22°43 Bélier) sur l’Axe Cardinal (en H16). La figure Uranus/Neptune=Vulcanus peut être
lue comme annonciatrice d’une révolution de grande ampleur : elle éclatera en Russie en 1917 et
manquera de peu de triompher en Allemagne en 1923 ; l’implication de Poséidon dans le tableau
renvoie, dans ce contexte, à la dimension idéologique de ce phénomène historique qui marquera toute
l’histoire du XXe s. jusqu’à la chute du Mur de Berlin et à l’effondrement de l’URSS.
1er août 1914
SA/PL=PV=AD
SO-MA-HA-PO
NE-KR
Première Guerre mondiale
Conjonctions
SA-PL et JU-UR
Et lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale, le 1er août 1914, l’accent sera mis à juste titre, par
l’astrologie classique, sur les deux grandes conjonctions qui président à ce conflit, Saturne-Pluton en
relation à l’Axe Cardinal autour de 0° Cancer, et Jupiter-Uranus, dont le mi-point (à 14° Verseau) est
également relié au Point Vernal. Mais à cela la carte uranienne ajoute la présence d’Admète sur l’axe
Pluton/Point Vernal, significateur de transformations et développements généraux touchant à la
collectivité, et plus précisément d’une modification des conditions du tout au tout : la Grande Guerre
vient mettre fin à la civilisation et à la prédominance de la vieille Europe et voit s’affirmer bientôt sur
le monde l’emprise des deux puissances qui en sont issues, les États-Unis d’Amérique et l’Union
soviétique. La carte uranienne met en valeur également les deux mi-points Jupiter/Uranus et
Saturne/Pluton tombant sur le Point Vernal, et l’on observe encore la relation Mars-Poséidon-Hadès
reliée, ce jour-là, au Soleil. Poséidon dans l’axe Mars/Hadès pourrait, dans ce cas, être interprété
comme un conflit destructeur entraînant un obscurcissement général de l’intelligence et un recul de la
civilisation. Le transit solaire de ce jour est là simplement pour pointer sur la signification profonde du
drame qui s’engage ce jour-là.
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a
Indice K – 5000 – Concentration maximale
1000
Oppositi
on
900
800
700
600
Trigone
500
400
Carré
300
200
100
Conjonc
tion
0
0
250 500 750 1000 1250 1500 1750 2000 2250 2500 2750 3000 3250 3500 3750 4000 4250 4500 4750 5000
Les précieux outils d’exploration dans le temps long que nous fournissent les logiciels mis au
point par Paul Bernard nous permettent de dater avec précision la période de plus forte concentration
des Transneptuniens durant les cinq millénaires de notre ère. Le phénomène se produit une seule fois,
entre 4250 et 4500, plus précisément aux alentours de 4375.
1er janv. 4375
TNP – Concentration maximale
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Dans ce cas, la carte classique est plus parlante que la carte uranienne où le regard est attiré sur
une triplice Hadès-Kronos-Vulcanus et sur une conjonction Cupidon-Zeus. Dans la carte classique
apparaissent plus nettement deux amas, celui de Hadès-Kronos-Vulcanus en Verseau, et celui de
Cupidon-Zeus-Poséidon en Capricorne. Un point central, à 0° Verseau, relie les deux éléments les plus
éloignés de ces deux amas (Vulcanus et Poséidon), mais également les deux éléments qui se situent en
dehors des deux amas, Apollon et Admète. Le premier degré du Verseau est ainsi le pôle des tensions
de tout le système des Transneptuniens.
Enfin, la prise en compte des Transneptuniens dans les
moments forts des conjonctions entre les trois Transsaturniennes
(Uranus, Neptune et Pluton) de l’astrologie classique, permet de
situer ces moments capitaux dans l’histoire du monde dans un
contexte plus large et sémantiquement plus riche que la simple
mention de leur rencontre sur un point donné du Zodiaque.
La prochaine triple conjonction Uranus-Neptune-Pluton se
produira en 3369, dans le second décan des Gémeaux. Cette
triplice sera reliée à l’ensemble des Transneptuniens, et
notamment à une triplice Cupidon-Kronos-Apollon en Poissons,
en opposition de Poséidon à 8° Vierge, sur un axe critique des
Mutables.
Naturellement, quand on aborde des cycles aux dimensions multimillénaires, toute perspective
prévisionnelle serait absolument inconvenante et ridicule ; nous sommes invités, avec une ouverture si
considérable de notre paradigme, à entrer dans les mystères d’une astrologie contemplative.
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LES TRANSNEPTUNIENS AUX XXE ET XXIE SIECLES
Les Transneptuniens – 1950-2100 – EG H4
Pour en revenir à une échelle plus proche et qui concerne les générations actuelles et celles qui
vont suivre prochainement, nous donnons un tableau du mouvement des Transneptuniens de 1950 à
2100 à travers le Zodiaque (en Harmonique 1, sur une échelle de 360°). Apparaissent en bleu les
conjonctions entre Transneptuniens : Cupidon-Poséidon en 1960, Hadès-Kronos en 2030, ZeusApollon, Zeus-Poséidon et Apollon-Poséidon entre 2089 et 2095. En rouge, les oppositions : CupidonAdmète au milieu des années 1980, celles de Cupidon à Hadès-Kronos à la fin des années 2030 et au
début des années 2040, puis à Vulcanus dans les années 2050. Nous avons mis en valeur trois phases
de concentrations d’aspects entre Transneptuniens : dans les années 2030, dans les années 2070 et
dans les années 2080-2100.
Nous n’entrons pas ici dans de plus amples détails, nous réservant de revenir sur une exploration
plus fouillée du XXIe s. dans de prochains numéros du RAM.
Les divers coups de projecteur que nous avons pu donner soit sur des moments historiques précis
(comme le 11septembre 2001), soit sur des tranches historiques pouvant couvrir un siècle ou plusieurs
millénaires, suffisent pour montrer les prodigieuses perspectives de recherche qui sont ouverte à une
approche cyclique des Transneptuniens tout au long du temps historique – et même au-delà. Il nous
paraît évident que les études d’astronomie uranienne ont de beaux jours devant elles tout au long du
XXIe s. Puissent les astrologues français d’aujourd’hui et de demain ne pas se tenir à l’écart de ce
genre de recherches.
Charles Ridoux
Amfroipret, le 13 février 2014
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