Jamie O`Connor

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Jamie O’CONNOR-DELBERT
Entre contrainte et volontarisme, quel rêve français ?
« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. »
Tel est introduit l’article premier de la constitution du 4 septembre 1958.
Ainsi, ce que l’on s’obstine à appeler le « rêve français » n’est-ce pas
simplement l’idéal républicain, la recherche de cette haute idée qui règne en
France depuis près de cent cinquante ans et qui présente la République
comme perfection, comme paradigme absolu. Nous ne pouvons remettre en
cause aujourd’hui cet objectif, mais nous sommes contraints de s’interroger
sur l’état – qui paraît déplorable – de notre belle quête. La clé de l’énigme
semble indéniablement être la politique, ballotée entre contrainte et
volontarisme, elle a pour devoir de réconcilier les français avec la République,
avec leur rêve.
La réalité des choses semble être la définition que l’on pourrait donner de la
contrainte et elle se déclinerait alors en une multitude de domaines,
économie, supranational, social, écologie et même une contrainte plus
profonde, celle inhérente à la politique.
La contrainte économique est surtout celle provenant « d’ailleurs ». Dans une
économie mondialisée l’intérêt porté au domaine économique semble être
sous-jacent dans toute décision politique. On peut alors se demander, dans
un pays qui se dit en « crise » depuis plus de trente ans, si le politique ne
s’est pas un peu trop borné à défendre la bonne santé de l’économie plus
que la bonne santé de ses concitoyens, c’est en tout cas l’impression que
l’on pourrait avoir aujourd’hui, le mot d’ordre étant la compétitivité à tout prix,
dans un but de croissance. Cette contrainte économique semble accentuée
par la supranationalité européenne prônant avant tout un équilibre parfait, une
supranationalité quelque peu déconnectée des citoyens français, comme en
témoignent les taux d’abstention aux élections européennes (57% en 2009).
Un tel jugement – trop simpliste – ignore sans doute que l’économie a tout de
même pour vocation la bonne santé sociale, or n’est-ce pas là ce qu’il
manque à la France aujourd’hui ? Assurément, l’Etat devrait promouvoir une
maxime de « plus de liens, moins de biens », une solidarité à but social dans
une optique écologique pourrait-on dire, puisque la dernière « contrainte
extérieure » du politique – ou la première – est bien la Nature qui est elle aussi
en « crise ».
Mais il existe aussi une contrainte « intérieure », celle du politique lui-même,
celle de la faiblesse humaine vis-à-vis du pouvoir, que la tristement nommée
affaire Cahuzac a une fois de plus mise en évidence. Cette défaillance du
politique en soi est ce qui menace le plus ledit volontarisme, une des priorités
semble donc être de soigner les défaillances du politique avant toute chose.
Jamie O’CONNOR-DELBERT
Cependant, le volontarisme politique doit surtout avoir pour vocation de
rapprocher les représentés de leurs représentants, « aller à la rencontre des
Français » comme on l’entend souvent, mais surtout, et avant tout
sensibiliser, tenter de renouer un lien qui s’effrite.
Le principal vecteur de cette réunion est l’éducation, elle est à la base de
toute citoyenneté et doit aujourd’hui être réformée. Si l’on s’en tient à notre
« idéal » il s’agit d’abord d’apprendre à être libre, la massification scolaire n’a
pour ainsi dire apporté qu’un faible progrès, si dans le secondaire l’on
apprend à se préparer à l’éducation supérieure, dans cette même éducation
supérieure on apprend avant tout à être un bon travailleur. Certes, la France
est un des seuls pays au monde à offrir un enseignement obligatoire en
philosophie, mais cette vocation de former des « esprits libres » doit être
généralisée. C’est bien là que se situe la clé du problème et le l’origine de la
solution : plus d’éducation entraine plus d’engagement, notamment un
engagement idéologique, qui entraine plus de politique avec une plus grande
volonté générale et politique.
Aristote disait que « L’Homme est un animal politique », s’il on croit en
l’Homme on est obligé de croire en la politique. C’est elle qui doit aujourd’hui
en France surmonter ses contraintes grâce à l’entretien d’un volontarisme
poussé, dans le but de renouer les Français avec le rêve français, le
volontarisme se présente alors comme solution au problèmes et vecteur de
progrès futurs. Cette construction commune se réaliserait alors dans un esprit
d’unité, d’engagement et de rassemblement pour un bien commun.
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