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CONSEIL EUROPEEN DES FEDERATIONS WIZO
Carmenstrasse 21, CH- 8032 Zurich - www.ecwf-org.com
CONSEIL EUROPÉEN DES FÉDÉRATIONS WIZO
EUROPEAN COUNCIL OF WIZO FEDERATIONS
« LE DROIT DES ENFANTS A L’INTEGRITE PHYSIQUE »
Réponse Médicale
au Rapport 13297 du 06.09.2013
à la Recommandation 2023 (2013)
et à la Résolution 1952 (2013)
sur
LA CIRCONCISION
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« LE DROIT DES ENFANTS A L’INTEGRITE PHYSIQUE »
Réponse Médicale
au Rapport 13297 du 06.09.2013
à la Recommandation 2023 (2013)
et à la Résolution 1952 (2013)
sur
LA CIRCONCISION
Dr.Gad AMAR
Sommaire :
I. Analyse des motifs exposés dans le Rapport (Doc 13297 du 6.9.2013) (p.1).
II. Examen des arguments retenus dans la Recommandation 2023 et la Résolution 1952. (p7).
III. Propositions (p10).
_________________________________
Les textes votés par l’Assemblée Parlementaire le 1.10.2013. sur la base du rapport 13297 et intitulés « Le Droit
des Enfants à l’Intégrité Physique », comportent :
· la «Recommandation 2023» destinée au Comité des Ministres du Conseil de l’Europe,
· la «Résolution 1952» adressant ses recommandations aux Etats Membres.
La Recommandation 2023 au Comité des Ministres s’applique aux «violations médicalement non justifiées de
l’intégrité physique». Elle préconise la prise en compte «du droit des enfants à l’intégrité physique» dans le
cadre «de sa nouvelle stratégie pour les droits de l’enfant», et que ce droit soit intégré «dans les normes
pertinentes du Conseil de l’Europe», de même que «leur droit de participer à toute décision les concernant».
La Résolution 1952 donne le détail des «interventions … ayant une incidence sur l’intégrité physique des
enfants». Elle cite en les amalgamant diverses interventions qu’elle engage les Etats Membres à interdire
(mutilation génitale féminine, etc…) ou à encadrer médicalement (circoncision), après les avoir stigmatisées
de manière égale.
Ces deux déclarations s’appuient sur un exposé détaillé et documenté sur ce qui est considéré ici comme
des «atteinte(s) à l’intégrité physique des enfants» que ce texte veut combattre (p. 6-17).
Un tel postulat a suscité de vives réactions de la part des communautés juive et musulmane, blessées par la
qualification d’ «atteinte à l’intégrité physique des enfants» qui figure dans ces textes. Si le Conseil de l’Europe
s’est défendu par la suite de tout amalgame entre circoncision et mutilation génitale féminine
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, les activistes
opposés à la circoncision se sont au contraire appuyés sur cet assemblage, dans lequel ils ont vu avec
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«Je veux vous dire, ici et maintenant, de manière claire et sans équivoque : en aucun cas le Conseil de l’Europe ne veut interdire la
circoncision masculine. La mutilation génitale féminine est une atteinte aux droits de l’homme. La circoncision masculine ne l’est pas »
Secretary General Thorbjørn Jagland, Convention Plénière de la Conférence des Rabbins Européens, Berlin 2013.
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satisfaction une avancée par rapport à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, la Convention sur le
Droit des Enfants, et la Convention Européenne des Droits de l’Homme. Selon eux ces trois textes
internationaux auraient occulté le droit à l’intégrité physique dans le seul but de ménager ceux qui
pratiquent la circoncision
2
. Les textes votés par le Conseil de l’Europe seront ainsi bien évidemment amenés à
servir de référence dans d’éventuelles actions judicaires futures menées contre les circonciseurs ou les
parents des enfants circoncis.
I - Analyse des motifs exposés dans le Rapport (Doc 13297 du 6.9.2013)
S’appuyant sur les textes fondateurs de la Convention des Nations-Unies et de l’OMS pour déplorer que les
droits des enfants y énoncés seraient encore bafoués en Europe, le rapport se dit «particulièrement
préoccupé» par des interventions «pratiquées sans intervention de personnels médicaux qualifiés», par la
seule volonté de «parents qui ne sont pas pleinement conscients des risques inhérents à ce type
d’intervention» (p. 6, §6).
Sont examinées dans cette étude les interventions «qui pourraient avoir des conséquences sur l’intégrité
physique des enfants, la circoncision des jeunes garçons dans certaines religions, les interventions médicales
dans le cas d’enfants intersexués, les mutilations génitales féminines (dans certaines cultures), la soumission
forcée d’enfants à des piercings, tatouages ou opérations de chirurgie plastique, et le refus de soigner des
enfants atteints de certaines pathologies (dans certaines communautés religieuses)» (p. 6 § 7).
On regrettera précisément que ce «refus de soigner» n’ait été repris ni dans la Recommandation ni dans la
Résolution: ses conséquences pourtant peuvent s’avérer fatales lorsqu’une transfusion devient indispensable.
Défendre le droit des enfants à leur bien-être est louable sans doute. Mais faut-il pour autant leur accorder
une entière autonomie, l’auto-détermination ? Quelle part resterait-il alors aux parents dans l’éducation et la
gestion des droits de leurs enfants mineurs ?
Ce rapport sur lequel se fondent les textes votés par l’Assemblée Européenne ne se voulait probablement pas
hostile à l’égard des groupes religieux pratiquant la circoncision. Son auteur revendique cependant avoir
tenté de bloquer le texte de loi allemand - plutôt conciliant sur la circoncision - voté en décembre 2012, en
lançant une proposition alternative qui fut rejetée
3
. Ce même dossier est aujourd’hui présenté au Conseil de
l’Europe.
Nous ne nous attarderons pas sur les autres interventions analysées et justement condamnées par cette
étude. Elles ne sont pas du même ordre que la circoncision, et ne rencontrent pas actuellement de véritable
opposition dans les états européens.
Notre propos est d’apporter les informations utiles et vérifiées qui permettront de nuancer les attendus
militants de ce rapport dans le domaine de la circoncision.
2
«Les documents internationaux les plus importants ne mentionnent pas le droit à l’intégrité physique pour ne pas heurter les
communautés musulmane, juive ou autres. La résolution du Conseil de l’Europe est donc une réparation d’une erreur mondiale.» (Sami
Aldeeb Abu-Sahlieh, La Libre Belgique 9.10.2013).
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«Une proposition alternative déposée par moi-même et un groupe de parlementaires, recommandant qu’avant l’opération l’enfant ait
atteint l’âge de 14 ans, donné son consentement et que la circoncision soit toujours effectuée par un chirurgien pédiatrique ou un
urologue, n’a malheureusement pas été approuvée par une majorité au Parlement Allemand (Bundestag) » (p. 11, § 33).
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1. La circoncision, une pratique «de plus en plus» remise en cause ?
Dans l’analyse de l’histoire et de l’évolution de cette intervention, le rapport affirme que «de plus en plus», la
circoncision serait rejetée à la fois par le corps médical et par les parents
4
. Cette vision militante est contraire
à la vérité.
L’historique présenté par le rapport (§ 2.1.1, p. 8) mérite aussi quelques clarifications. Il faut en effet distinguer
deux catégories de circoncisions :
· La circoncision pratiquée à grande échelle depuis la fin du XIX° s. dans les pays anglo-saxons pour des
raisons diverses aujourd’hui dépassées, mais qui y reste en vigueur pour des raisons d’hygiène et
sanitaires, de même que dans certains pays d’Asie occupés par les USA lors de la Seconde Guerre
mondiale.
· La circoncision prônée depuis une très haute antiquité par les religions juive et musulmane, et par les
Chrétiens d’Egypte et d’Afrique subsaharienne.
Le point commun à ces deux groupes de circoncisions est leur visée hygiénique et sanitaire. Les maladies
vénériennes faisaient en effet des ravages indescriptibles. L’islam et le judaïsme n’ont fait qu’ajouter une
dimension religieuse à l’acte de circoncision.
2. Le COE contre l’OMS ?
Aujourd’hui encore - et ce chiffre de l’OMS est repris dans le rapport (p8 2.1.2 19) - la circoncision procure une
protection contre le SIDA à 60% dans les régions endémiques. Ce chiffre résulte d’une comparaison toute
simple de la prévalence de cette maladie chez les populations non-circoncises par rapport aux circoncises.
C’est pourquoi l’OMS lance des campagnes de circoncision de masse parmi les populations non circoncises
dans les pays d’endémie d’Afrique. Comment le Parlement Européen peut-il adopter une position hostile à la
circoncision sans se concerter avec cette institution et en prenant le contre-pied de ses actions ? Le Conseil
de l’Europe serait-il prêt par ailleurs à affronter les éventuelles procédures menées par les sidéens non
circoncis auxquels on aurait fait croire que la circoncision est une mutilation ?
Selon le rapport, «de plus en plus, des experts médicaux commencent à remettre en question les évaluations
positives de la circoncision comme facteur de réduction du risque d’infections VIH» (id). Le rapport cite à
l’appui un site d’activistes anti-circoncision. Laissons plutôt les experts de l’OMS en juger. Jusqu’à présent ils ne
se sont pas laissé impressionner par ces nouvelles expertises.
3. Circoncision religieuse : violence obscurantiste ou mesure sanitaire ?
Parler de «circoncision religieuse» nous semble faire abstraction des raisons hygiéniques et médicales qui sont
à la base de la règle religieuse. Les populations chrétiennes d’Egypte et d’Afrique sub-saharienne qui
pratiquent la circoncision depuis des temps immémoriaux le font en dehors de toute raison religieuse. La
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«Cette pratique est de plus en plus remise en cause, et sa perception change à la lumière d’une prise de conscience grandissante des
droits de l’enfant. Même au sein de communautés religieuses, de plus en plus de personnes ont commencé à s’interroger sur des
pratiques traditionnelles mais néfastes, et à rechercher des alternatives » (p. 8 §14).
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religion musulmane n’en fait pas non plus l’un de ses piliers
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, pourtant les Musulmans y sont attachés autant
que les Juifs. La circoncision est une mesure sanitaire parmi tant d’autres qui figurent dans la Bible. Elle est
prescrite d’abord pour des raisons d’hygiène et de prévention des maladies vénériennes. C’est pour lui
donner force de loi que le judaïsme l’a appuyée d’une signification religieuse, au même titre que toutes les
mesures d’hygiène qui dans la Bible sont devenues règles de pureté. En arabe circoncision se dit «Tahara»,
qui signifie pureté. Il faut donc parler plutôt de «circoncision coutumière» ou «prônée par la religion pour des
raisons hygiéniques et sanitaires».
L’argument de la circoncision recommandée pour que l’enfant ne soit pas discriminé parmi les siens n’émane
en aucun cas des représentants religieux (§21, p. 9), mais de parents hésitants (en Israël), entrepris ou harcelés
par des activistes anti-circoncision, qui utilisent par la suite ce prétexte dans leur propagande.
Le rapport, œuvre d’une «militante pour le droit des enfants» (id), renvoie ceux qui pratiquent la circoncision
à «la face sombre de leurs propres religions, traditions, et finalement, identité» (id).
Face à ce jugement définitif nous posons la question : avant l’ère des antibiotiques, et aujourd’hui devant des
maladies vénériennes aussi tenaces que le SIDA, ne serait-ce plutôt l’attitude des activistes de toutes
inspirations opposés à la circoncision que l’on pourrait qualifier de sombre ?
Les auteurs anciens, tel que Celse (début du premier siècle), envisageaient la circoncision dans les cas
extrêmes uniquement, lorsque les chancres mous avaient fait tomber le gland
6
: Où est donc cette face
lumineuse des Grecs et des Romains, qui, la verge rongée et tombant en lambeaux, se considéraient toujours
comme «complets» et supérieurs aux Sémites circoncis
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?
C’est à propos de tels cas de corrosion du gland et du prépuce que le grand chirurgien de Montpellier du
XIV° s, Guy de Chauliac, un homme sans préjugés et sans esprit dogmatique, disait dans son ancien français :
«La circoncision est faite aux Juifs, Sarrazins, et autres, suivant leur loy. Elle seroit utile à plusieurs : d’autant
qu’aux circoncis ne s’assemblent pas des ordures en la racine du gland, qui l’eschauffent»
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. «Ordure» en
ancien français signifie «pus».
Il convient d’ailleurs de rappeler que les lois de la Bible sont énoncées «pour la vie» (Lev 18,5). Ainsi donc, les
hémophiles avérés ne sont pas circoncis.
4. Circoncision et pratique médicale
Il est affirmé dans ce rapport que «la circoncision… est de plus en plus considérée comme une violation des
droits humains de l’enfant, en particulier si elle est effectuée par des personnes sans formation médicale et
dans un environnement non stérile (à la maison, dans un édifice religieux)» (§22, p. 9). Est ici concernée de
manière spécifique la circoncision juive, pratiquée à domicile par des circonciseurs non chirurgiens et souvent
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ni même «un rite pubère de passage à l’âge adulte » comme l’écrit hâtivement le rapport - la majorité des enfants musulmans étant
circoncis entre 3 et 7 ans.
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Celse écrit : « Il est de règle, chaque fois que le gland ou une portion de la verge s’est détaché ou a été retranché, de ne pas conserver
le prépuce, de crainte qu’en s’affaissant, il ne se réunisse avec l’ulcère, qu’il ne puisse être plus tard ramené en arrière, et que peut-être
même, il ne bouche l’orifice de l’urètre » (Celse, De Medicina libri octo, VI,XVIII,2).
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Un certain Hadrien, empereur romain, convaincu de la supériorité de la civilisation grecque sur la civilisation juive, mobilisa entre les
années 132 et 135 douze légions romaines venues notamment de Bretagne pour perpétrer un grand massacre des Juifs de Judée qui
s’étaient révoltés contre son interdiction de certaines pratiques juives, dont la circoncision. Ce n’est pas par amour des bébés qu’il
massacra hommes femmes et enfants. Il s’avéra par la suite, peut-être à la suite de la noyade accidentelle de son petit ami en Egypte,
qu’il était atteint de paranoïa. Il massacra ses amis du Sénat jusqu’à sa propre mort en 138.
8
La Grande Chirurgie, éd.Nicaise, Paris 1890, p547.
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