Synopsis du spectacle :
L’histoire est celle d'un homme qui vient régulièrement dans le hall d' un aéroport parisien.
Il observe certains avions qui décollent ou atterrissent.
Très vite, il est repéré par le personnel de l'aéroport qui avertira les autorités compétentes.
Il est alors arrêté par deux agents de police en civil qui l'emmènent dans un bureau pour
l'interroger.
Qui est-il ? D'où vient-il ? Que fait-il ? Pourquoi est-il là ? Que vient-il faire en réalité ?
Au delà de ces questions vraisemblablement légitimes, il faut quand-même dire qu'il a été
arrêté simplement à cause de son apparence physique. Ne peut-on pas dès lors, parler de
« Délit de faciès » ?
Pourquoi ce spectacle ?
En 2013, j’ai lu « Petites pièces à géométrie variable » de Jean-Yves PICQ et j’ai
immédiatement parlé de cet auteur à la Compagnie, mais nous avions à l’époque d’autres
projets.
Puis en 2015, songeant à la future création 2016, je me suis intéressé de plus près à cet auteur
et très vite « En-quête » a retenu mon attention. Mais à l'instar de notre précédente création, je
voulais adapter plusieurs textes pour en faire « notre » spectacle. J'ai alors choisi des extraits
de « Donc » pour accompagner « En-quête » afin de garder avant tout le style littéraire de
Jean-Yves Picq. Les mots et les phrases sont concis, simples, courts, efficaces...
De l'adaptation de ces deux courtes pièces est né « Délit de faciès »…
Parce que c'est ce dont il est question avant tout dans ce spectacle : dans un aéroport, un
homme est suspecté d'être « terroriste » parce que son apparence physique (couleur de peau
ou apparence générale) n'est pas « standard ». C'est de la discrimination , un traitement
défavorable contraire au principe d'égalité.
C'est ce genre de sujet que nous voulions aborder dans notre création. L'actualité de ces
derniers mois en France et dans le monde nous plonge encore plus dans ce thème qui rebondit
inévitablement sur d'autres thèmes généraux tels que le terrorisme et surtout le racisme. La
peur de l'inconnu, l'agression ressentie face à ce qui ne nous ressemble pas, à ce qui n'est pas
identifiable remonte à la nuit des temps. Nous voulions mettre à notre répertoire une pièce
contre le racisme. Il importe donc de le traiter préventivement, non pas tant en édictant des
lois - bien qu'il en faille -, mais plutôt en sensibilisant et en éduquant.
Pourquoi un spectacle tout public mais à vocation scolaire notamment pour les
collégiens et lycéens ?
Lorsque la compagnie a créé en janvier 2014 « N'oublie jamais... » spectacle traitant de la
Shoah, nous avons joué de nombreuses fois lors de séances scolaires pour des collégiens et
lycéens.
Après chaque représentation, nous prenions le temps d’organiser un débat avec ces
spectateurs. Ces rencontres enrichissaient d’un côté notre travail artistique et d’un autre leur
regard de spectateur. Il y avait là une vraie continuité à notre spectacle comme si, après le
salut des comédiens, un autre acte de la pièce se jouait. De par le sujet basé sur la déportation
résonnant aujourd'hui sur « le devoir de mémoire », les commentaires de ces jeunes qui
portaient à leur tour leurs témoignages, nous sont apparus très vite comme une force à notre
travail.
Nous avions donc envie de revivre cette expérience enrichissante mais cette fois-ci avec un
nouveau thème et une nouvelle adaptation de pièces.