
GOV/TDPC/URB/A(2007)1
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dernières années une croissance économique impressionnante, tirant le meilleur parti possible de la
conjoncture nationale favorable et des investissements dans les infrastructures, conception de projets et
autres politiques publiques anticipatives. Le nombre de nouveaux immigrants à Madrid a considérablement
augmenté en l’espace de cinq ans et grandement contribué au dynamisme actuel, tandis que la région a
absorbé plus de la moitié de l’IDE total en Espagne (qui atteint un niveau élevé parmi les pays de l’OCDE
pour cet indicateur) et étendu ses relations économiques avec des pays d’Amérique latine. La croissance
concerne essentiellement le secteur tertiaire (services financiers, bancaires, aux entreprises) ainsi que la
logistique (l’aéroport de Madrid-Barajas est le premier employeur de la région). Il convient cependant de
déterminer comment maintenir ce cap économique positif sur le long terme. Plusieurs problèmes se
posent : un niveau de productivité relativement faible, une spécialisation insuffisante dans des activités de
fabrication à forte valeur ajoutée et de faibles capacités d’innovation. La réforme du marché du travail et
du système éducatif ainsi que l’accroissement des investissements dans la R-D devraient constituer les
premières priorités. Entre-temps, des mesures doivent être prises pour lutter contre les rigidités du marché
de l’immobilier et du logement. Un processus de planification régional amélioré, fondé sur une méthode
plus participative, favoriserait une approche plus globale et plus équilibrée de l’aménagement urbain. Il est
nécessaire d’améliorer la coordination de l’ensemble des niveaux d’administration, en particulier entre la
région et la ville, et de surmonter la concurrence politique et institutionnelle.
¾ Action requise : pour examen et approbation
L’exemple d’Istanbul
5. L’examen de la métropole d’Istanbul sera présenté par les représentants de la Turquie et des
autorités locales (noms à confirmer) et sera suivi d’une brève présentation par le Secrétariat de l’OCDE des
principales questions et tendances étudiées, ainsi que des interventions d’examinateurs originaires du
Canada (compétitivité), de France (planification et gouvernance de la métropole), d’Italie (politiques de
décentralisation et de développement régional) et du Japon (gestion des transports, de l’environnement et
du risque sismique). L’examen porte notamment sur le rôle que la mégalopole joue à l’échelon national et
celui qu’elle veut assumer au plan régional. Sur le marché intérieur, Istanbul attire des immigrants de toute
la Turquie et constitue un moteur de la croissance économique nationale. Aujourd’hui, elle aspire à devenir
une plate-forme en Eurasie pour la finance, la logistique, la culture et le tourisme. Parallèlement, Istanbul
connaît des mutations structurelles et passe d’une économie fondée sur des activités à forte intensité de
main-d’œuvre à une économie davantage tournée vers le savoir, ce qui peut également définir les
dimensions et les limites de ses secteurs d’activité. Istanbul est toutefois confrontée à un certain nombre de
difficultés qui pourraient gêner son développement. Le tissu entrepreneurial est particulièrement important,
dans la mesure où des entreprises multinationales coexistent avec une économie informelle non
négligeable. De même, les contraintes qui s’exercent sur le développement du capital humain et l’ampleur
du secteur informel influent sur les niveaux de productivité. En outre, L’importance de l’immigration pèse
sur les transports, le logement (dont une large part se développe de manière informelle) et les
infrastructures publiques. D’autres risques, tels que les tremblements de terre et la surexploitation du
Bosphore, menacent la pérennité de la ville. Istanbul subit également des transformations majeures de ses
structures de gouvernance : dans le cadre du processus de décentralisation de la Turquie, de nouvelles lois,
adoptées récemment, facilitent l’établissement de conditions administratives et financières adéquates. Par
ailleurs, de nouveaux acteurs interviennent au plan local et au niveau de la métropole. Cependant,
l’importance des problèmes auxquels la mégalopole est confrontée rend nécessaire l’amélioration de la
gestion publique locale et du système de planification. La mise en œuvre du processus de décentralisation
en Turquie n’est pas encore terminée et, à cet égard, le renforcement des capacités au niveau local est une
priorité. Istanbul ne pourra pas s’attaquer efficacement aux multiples défis auxquels elle fait face sans une
stratégie nationale visant à réduire les disparités régionales et à limiter les flux migratoires vers la
mégalopole.
¾ Action requise : pour examen et approbation