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Introduction
1. Le « Processus de Barcelone » de partenariat euro-méditerranéen (novembre 1995) a
inauguré, de façon formelle, la politique de coopération de l’Union européenne (U.E) alors
composée seulement de quinze pays, vis-à-vis de douze pays1 des rives Sud et Est de la
Méditerranée dont le contenu essentiel, outre les propositions de coopération et d’assistance
au plan politique, était l’instauration d’une Zone de Libre Echange (ZLE) encadrée par la
mise en œuvre d’Accords d’Association devant respecter les règles de l’Organisation
mondiale du Commerce (OMC).
L’idée de base de ces Accords et le principe du partenariat Euro-méditerranéen reposaient
donc sur la même analyse que celle de la création de l’OMC, analyse selon laquelle la
libéralisation raisonnée des échanges commerciaux, par la suppression progressive des tarifs
douaniers et des contingentements, conformément aux analyses de la théorie libérale du
Commerce International, serait avantageuse pour les pays des deux rives de la Méditerranée.
En particulier, les pays des rives Sud et Est, compte-tenu de leurs dotations naturelles en
facteurs de production, et, notamment, du niveau de leurs salaires, étaient considérés comme
en mesure de devenir rapidement compétitifs, une fois effectuée la « mise à niveau » des
entreprises situées dans les secteurs de leurs activités manufacturières. L’espoir mis dans
l’afflux des Investissements Directs Etrangers ainsi que dans les entrées de capitaux sous
forme de prêts bancaires ou d’aides publiques devant aller aux secteurs d’activité prometteurs,
constituait le point d’appui des choix politiques favorables à cette ouverture.
En même temps, cette ouverture devait entrainer une dynamisation de la croissance
économique et les retombées de celle-ci (mécanisme dit du « trickle down ») devaient être
bénéfiques pour tous ; en particulier, la création d’un nombre d’emplois suffisant pour
absorber la main d’œuvre des jeunes générations arrivant de plus en plus nombreuse sur le
marché du travail, était le but indirect mais attendu de cette libéralisation.
2. Mais dès le milieu des années 2000, les premiers résultats de la mise en œuvre de ces
Accords (mise en œuvre, certes, progressive) étant mitigés, l’Union européenne a lancé, en
2004, dans le cadre de la Politique européenne de voisinage2 (PEV), la possibilité
d’engagement, vis à vis de chaque partenaire, de plans d’action bilatéraux définissant des
programmes de réformes économiques (et politiques) avec des priorités à court et moyen
termes ; lui a succédé, en 2008, le lancement de l’Union pour la Méditerranée (UPM),
laquelle est restée quasiment lettre-morte jusqu’à aujourd’hui, et, finalement, « la survenance
du printemps arabe, qui a mis à jour le déficit démocratique et les graves problèmes
économiques affectant nombre de pays du Sud de la Méditerranée, a souligné les limites de la
coopération euro-méditerranéenne »3. Dès lors, la relance de la PEV sur de nouvelles bases,
en 2011 puis en 2012, était devenue inévitable4…
1 Outre Chypre et Malte, membres, aujourd’hui, de l’U.E, il s’agit de l’Algérie, l’Egypte, Israël, la Jordanie, le
Liban, le Maroc, la Syrie, la Tunisie, la Turquie et les Territoires palestiniens.
2 La PEV s’adresse aussi bien au voisinage méditerranéen qu’au voisinage « est » de l’Union européenne.
3Josiane Auvret-Finck, (2013), « Les nouvelles orientations de la PEV dans le voisinage méridional : le
partenariat pour la démocratie et une prospérité partagée dans le sud de la Méditerranée », p. 16, in Auvret-Finck
J., C.Berthomieu, J-P. Guichard et S. Redzepagic. (2013). L’intégration Euroméditerranéenne en panne,
CEMAFI International édition, mai 2013, (216 p.)
4cf. les communiqués conjoints du 8 mars 2011 puis du 15 mai 2012, réf : Communication conjointe de la
Commission et de la Haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité au
Conseil européen, au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité
des régions, COM (2011) 0200 final, et JOIN (2012) 14 final (15 mai 2012), les deux sur http://ec.europa.eu