
- L’émergence du capitalisme pendant les révolutions industrielles du XIXème jusqu’à 1913 a fait
augmenté le PIB de 2,5% et la population de 1,6%.
A l’échelle séculaire depuis les révolutions industrielles, le PIB est à peu près à 2 %. Le taux de croissance des
Trente Glorieuses est donc exceptionnel.
Au-delà de la baisse actuelle des taux de croissance par rapport aux Trente Glorieuses, nos économies
occidentales doivent faire face à un changement de nature de la croissance. La croissance économique est
d’abord apparue comme une vague généreuse qui a permis l’élévation du niveau de vie et la mise en place de
l’Etat-providence, avant de passer pour un facteur responsable de l’augmentation des inégalités (qu’elles soient
salariales outre-Atlantique avec le phénomène du « working poor », ces personnes qui même avec un travail ne
gagnent pas assez pour s’assurer un toit et de quoi se nourrir, ou au niveau de l’accès à l’emploi en Europe qui
connaît d’importants taux de chômage.).
Par ailleurs les progrès techniques sont biaisés en faveur des qualifiés et en défaveur des non qualifiés.
Schumpeter (1883-1950) les désigne même comme étant une création destructrice ; en effet les progrès
techniques permettent de créer de nouvelles entreprises qui vont rendre les productions d’anciennes entreprises
obsolètes, ce qui va conduire à la fermeture de celles-ci et la mise au chômage de travailleurs.
A. La croissance impossible
1. Les Physiocrates
Ce sont les premiers à expliquer ce phénomène, avec à leur tête François Quesnay (1694-1774). D’après
eux, la seule source de richesse est la Terre : plus on cultive, plus on produit de la nourriture, plus on nourrit de
personne, ce qui permet la libération de travailleurs pour le travail artisanal. Ce sont donc les progrès en terme
d’agriculture qui permettent de produire d’autres types de bien.
Or ce facteur a une limite : le nombre de surfaces cultivables disponibles, car il y aura un moment où
tout aura été exploité et où on ne pourra pas produire davantage.
David Ricardo (1772-1823) insistera sur l’intérêt de l’échange international et la difficulté pour un état
d’être en autarcie, et la découverte des nouveaux mondes va être un appel d’aire phénoménal.
2. Les Marxistes
Karl Marx (1818-1883) écrit au moment des révolutions industrielles et assiste à la métamorphose de la
société britannique : l’agriculture fait place à l’industrie ; la seule source de richesse n’est donc plus la Terre.
Par ailleurs, pour eux la croissance devient impossible à long terme car la source de cette croissance
est la force de travail, disponible en quantité limitée ; Les capitalistes ont beau payer ces travailleurs le
minimum vital, ils sont limités par le nombre d’heures de travail et ne peuvent pas produire davantage.
3. Les Marginalistes
Ce sont eux qui introduisent la loi des rendements décroissants. Pour comprendre cette loi,
considérons cet exemple :
Pour abattre des arbres, il faut une grande scie et deux bûcherons : un de chaque côté de la scie. Si on
double le nombre de scies en gardant constant le nombre de bûcherons, la production moyenne va augmenter car
si la scie se brise, les bûcherons en auront tout de suite une autre sous la main. Remarquons cependant que la
production ne doublera pas pour autant. Par contre, si on double le nombre de scies et le nombre de bûcherons, la
production doublera elle aussi.
La croissance du PIB est donc possible, mais pas celui du PIB par tête. Cette loi part d’un principe
simple : on commence d'abord par porter son effort là où il est le plus rentable, et on n'exploite le reste que si
cela se révèle vraiment nécessaire. De manière générale, la loi des rendements marginaux décroissants est le fait que
si des quantités croissantes d’un facteur variable sont combinées avec une quantité donnée de facteur fixe, à
partir d’un certain moment, la production marginale du facteur variable finit par décroître.