
domestique, bénévolat, économie souterraine) de l'activité économique. De
même, les activités de réparation des dégâts engendrés par la croissance
elle-même sont comptabilisées en positif dans le PIB alors qu'elles ne
constituent pas, pour la société, un « enrichissement net » (lutte antipollution,
recyclage des déchets, réparation des accidents, dépenses de santé liées au
stress au travail ou à la pollution, etc.). Enfin, la comptabilisation des richesses
produites néglige ce qui devrait théoriquement se traduire par une
soustraction, c'est-à-dire les atteintes irréversibles et non réparables à
l'environnement et l'épuisement des ressources naturelles non renouvelables.
• Face à ces critiques, des indicateurs composites ont vu le jour. L'IDH, indice
de développement humain, est le plus médiatisé d'entre eux. Élaboré
notamment à l'initiative de l'économiste Amartya Sen, il prend en compte, à
côté du revenu national brut par habitant, l'espérance de vie à la naissance et
le niveau d'instruction de la population. La prise en compte de ces critères peut
modifier sensiblement la place d'un pays dans le classement mondial : ainsi,
la Nouvelle-Zélande, vingt-quatrième au classement du PIB par tête (en PPA),
se retrouve au cinquième rang du classement IDH.
• L'OCDE, quant à elle, utilise un indicateur de bien-être fondé sur 11 critères
(logement, revenu, emploi, éducation, environnement, santé, vie familiale,
etc.), certains de ces critères étant mesurés à partir de données objectives,
d'autres donnant lieu à des évaluations subjectives.
Enfin on peut signaler l'initiative originale du royaume du Bhoutan, qui se
réfère, depuis 1987, à un indicateur du « bonheur national brut » fondé sur
quatre critères : le développement économique, la protection de
l'environnement, la place de la culture et la bonne gouvernance politique.
4. Les limites écologiques de la croissance économique
• Notre modèle de croissance économique porte des atteinte majeures à
l'environnement. La prise de conscience de l'ampleur de ces atteintes s'est
faite progressivement, mais elle est, aujourd'hui, de plus en plus partagée par
l'opinion publique.
L'un des plus graves problèmes est celui du réchauffement climatique de notre
planète, qui est largement la conséquence des émissions de gaz à effet de
serre, notamment le dioxyde de carbone produit par les activités humaines, en
particulier par les transports, l'agriculture, le logement résidentiel et les
services, ainsi que l'industrie manufacturière. Des accords internationaux ont
été signés pour tenter de réduire ces émissions, mais le consensus politique est
loin d'être acquis au niveau mondial. Un autre aspect de ces atteintes à
l'environnement est l'augmentation de la pollution de l'air, notamment en
zones urbaines, et la dégradation de la qualité de l'eau (pollution chimique et
bactériologique).
• La surexploitation des ressources naturelles constitue une autre source de
l'inquiétude pour l'avenir : épuisement des gisements énergétiques et des
réserves de minerai qui sont des ressources non renouvelables, mais aussi
prélèvements excessifs sur les ressources renouvelables (ressources
halieutiques des océans, déforestation…). Enfin, les atteintes à la biodiversité,
qui se traduisent par la disparition de milliers d'espèces animales ou végétales
chaque année, représentent également une menace pour l'avenir des