Philosophie
Définition philosophie :
Ensemble de conceptions portant sur les principes des êtres et des
choses, sur le rôle de l'homme dans l'univers, sur Dieu, sur l'histoire et, de
façon générale, sur tous les grands problèmes de la métaphysique.
Système d'idées qui se propose de dégager les principes
fondamentaux d'une discipline : Philosophie des sciences.
Enseignement donné dans les classes terminales des lycées et dans les
universités sur ces problèmes.
Doctrine, système d'un philosophe, d'une école, d'une époque : La
philosophie d'Aristote.
Manière de voir, de comprendre, d'interpréter le monde, les choses de
la vie, qui guide le comportement : Chacun a sa philosophie.
Conception de quelque chose qui repose sur un ensemble de
principes ; ces principes eux-mêmes : Une philosophie nouvelle du
transport aérien.
Dictionnaire Larousse
La philosophie est « une interaction sociale en langue naturelle chaque
individu, à partir de notions ou/et de questions fondamentales s’implique
personnellement dans une communauté de recherche, pour user de sa
raison en interrogeant le problème posé, en analysant ses termes, en
cherchant une solution argumentée et universellement partageable, dans un
cadre garantissant une éthique communicationnelle, et la rigueur cognitive
d’une progression de la pensée par rapport au thème débattu ».
Michel Tozzi didacticien de la philosophie
Philosopher c’est apprendre à « bien-penser » - et ce, dès le plus jeune âge.
Dans la réalité de la classe, cela veut dire que les enfants se rassemblent pour
réfléchir ensemble sur des concepts ouverts comme l’amour, la liberté, la
justice, la beauté… à partir de leurs expériences et de leurs besoins.
Selon Matthew Lipman, le concepteur de l’approche de Philosophie pour
enfants,
La philosophie, c’est un moyen pour apprendre à penser et pour apprendre
à être à être avec les autres. Parce que la vie, c’est la vie en société. Il faut
apprendre à s’exprimer clairement si on veut être compris; apprendre à
inventer des relations nouvelles si on veut faire une différence; apprendre à
se soucier des autres et du Bien commun si on veut devenir un citoyen
responsable; apprendre à se comprendre et à s’auto-corriger si on veut
évoluer en tant que personne. Philosopher c’est apprendre à dire, à faire, à
être et à vivre ensemble.
Mais attention : ce n’est pas parce que les enfants parlent et pensent qu’ils
philosophent. Mes recherches dans des classes de divers pays m’ont fait
comprendre qu’apprendre à philosopher est un processus long et exigeant
qui requiert de la rigueur intellectuelle, de la créativité, de la sollicitude envers
autrui et de l’ouverture d’esprit. Laissés à eux-mêmes, les enfants n’y arrivent
pas! En effet, spontanément, ils ont tendance à échanger de façon
anecdotique, c'est-à-dire à raconter des anecdotes personnelles sans se
soucier des points de vue des pairs.
Guidés par l’adulte, les enfants réussissent à échanger de façon
monologique, c’est-à-dire que leur parole devient plus complexe, malgré le
fait qu’ils soient encore peu influencés par les interventions des pairs. Et,
graduellement, toujours guidés par un adulte « formé à l’approche
philosophique », ces enfants apprendront à écouter l’autre, à respecter son
point de vue et à y agencer les leurs ils dialogueront puis ils dialogueront
de façon critique. C’est l’étape la plus aboutie du processus d’apprentissage
du philosopher.
Mais quelque soit l’étape ils sont rendus, quand les enfants entrent dans le
processus de réflexion philosophique, ils sont beaux et émouvants à voir et à
entendre…
Marie France Daniel experte québécoise de la philosophie pour enfants
Les ateliers philosophiques :
A partir du dispositif de « philosophie avec les enfants » Matthew Lipman a
conçu et initié, depuis les années 1970, un programme de « philosophie pour
enfants »
C’est un entrainement pour que l’enfant apprenne à penser par lui-même de
façon critique et créatice. C’est une recherche en groupe, entre enfants ou
adolescents, où l’adulte relance les enfants vers l’inconnu intellectuel, tout en
les assurant psychologiquement par un suivi de règles démocratiques et un
climat emphatique. Nous préférons, comme d’autres, parler d’un dispositif de
« philosophie avec les enfants ». Lors des « ateliers philosophiques que ce
dispositif nous a inspirés, nous proposons aux enseignants de se mettre en
position de travailler avec leurs élèves, solidairement. D’assumer certes un
rôle d’animateur et de guide, mais d’accepter de tâtonner, de viser à un
« niveau philosophique » sans désespérer s’ils n’y parviennent pas à chaque
fois. Les enseignants peuvent aller plus loin en se formant davantage, mais ils
peuvent d’ores et déjà expérimenter et s’émerveiller de bouts de chemins
parcourus. Nous apprécions particulièrement les conditions soulignées ici par
Matthew Lipman :
- La confiance de l’enseignant dans la capacité des enfants : « La
démarche logique que l’enfant poursuit dans une conversation n’est
pas sensiblement différente de celle du philosophe. Il s’avère que tous
les deux font des hypothèses, tirent des conclusions, définissent des
termes, s’inspirent des idées des uns et des autres, élaborent des
classifications, analysent les ambiguïtés, etc. »
- L’impartialité de l’enseignant : « un tel programme doit être impartial
vis-à-vis des différentes conceptions philosophiques enseigné de
façon non dogmatique, ce qui exige de la part des enseignants un
solide bagage pédagogique, mais aussi une capacité à se tenir en
retrait sur le plan philosophique. »
Les compétences
A travers la diversité des applications, il s’agit toujours pour nous de
développer cinq domaines de compétences :
- Compétences socio-affectives : apprendre à se connaître et à écouter
et connaître les autres, oser exprimer ses idées avec le risque d’être
contredit, apprendre avec et grâce aux autres, accepter d’être
affecté par l’autre, avoir de l’empathie.
- Compétences éthiques : apprendre, pour mieux vivre, à poser des
jugements de valeur, à décider ce qui est bien, ce qui est plus juste.
- Compétences logiques : apprendre à raisonner, classer, comparer,
définir, argumenter, formuler rigoureusement, conclure logiquement.
- Compétences démocratiques : apprendre à coopérer, chercher
ensemble, développer des aptitudes collectives, citoyennes.
- Compétences esthétiques : apprendre à formuler son appréhension du
monde par les sens et identifier quelle pensée, quel texte, quel
tableau… sont beaux et par là bons pour soi.
Nous associons démarches philosophiques et démarches « affectives » :
Nous pensons que les enfants ont besoin, comme de deux pieds pour
marcher, de deux leviers pour penser : l’affectif et l’intellectuel. C’est
pourquoi nous proposons, en complémentarité à la philosophie avec les
enfants et autour des mêmes thèmes, et des cercles de parole pour se
dire plus affectivement et s’écouter sans juger ni même discuter à ce
moment-là.
Livre De boek
Dans le livre des « socle commun des connaissances et des
compétences » du décret du 11 juillet 2006 plusieurs points sont abordés
dont le point 5 et 6 -> « La culture humaniste » et les « compétences
sociales et civiques ». Ces deux points prévoient de développer des
compétences sociales et civique comme en indique leurs noms. Selon
moi, l’école doit préparer les enfants à vivre en société et pour cela nous
devons en tant qu’enseignant les aider à favoriser une participation
efficace et constructive à la vie sociale et professionnelle. Cela favorisera
à être un citoyen responsable au sein de notre société. Dans ce même
livre, on prévoit que les enfants soient capables de jugement et d’esprit
critique. Le but de l’éducation est de rendre le plus autonomes possibles
cela veut aussi dire , de faire preuve d’esprit critique et de porter sois-
même un jugement sur ce qu’il nous semble juste. Selon moi, les ateliers,
les conversations philosophique répondent bien à ces objectifs car elle
permet aux enfants de « mettre en relation les acquis des différentes
disciplines et de les mobiliser dans des situations variées ».
Pourquoi serait-il intéressant de pratiquer la philosophie à l’école
maternelle ?
Monsieur Lipman prétend que la philosophie est faite pour les enfants plus
ils sont jeunes, mieux les enfants sont a même de s’habituer à considérer
un avis différent comme une course d’information supplémentaire et
permet au futur citoyen de prendre place petit à petit dans le monde qui
l’entoure. Pour Françoise Carraud, ces activités philosophiques en
maternelle ne consistent pas à apprendre aux élèves les grandes pensées
des philosophies mais à commencer le travail de construction et
d’exercice de la pensée et le travail de la raison. Penser pour des si jeunes
enfants pas passe par l’exercice de la curiosité. Cette curiosité permet de
penser et conduire à la philosophie. Michel Tozzi est d’ailleurs très
favorable à l’introduction d’activité philosophique dès le plus jeune âge.
Oscar Brenifier (philosophe) qualifie le moment philosophique comme une
situation privilégiée, un moment de retournement, de prise de conscience
et de conversion. Pour lui, il est trop tard de commencer la philosophie en
terminal, il faut le faire au fur et à mesure du développement cognitif et
émotionnel des enfants. Il dégage 3 aspects de l’exigence philosophique
en maternelle.
Le premier aspect est celui intellectuel c’est à dire de la pensée soi-même
qui consiste à comprendre, à proposer et à analyser des hypothèses, les
argumenter, pratiquer l’interrogation, s’initier à la logique, élaborer des
jugements et reformuler ou modifier sa pensée.
Le deuxième aspect correspond à l’existentiel, l’être soi-même en
découvrant et en exprimant un identité au travers de ces choix et de ces
jugements, de prendre conscience de sa propre pensée, de s’interroger,
de découvrir et de reconnaître l’erreur et l’incohérence en soi-même et
de contrôler ces réactions.
Le troisième aspect est celui social, être dans le groupe qui passe par
l’écoute de l’autre, le respect, le comprendre, se risquer et s’intégrer dans
un groupe, accepter et appliquer des règles de fonctionnement et les
discuter.
https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00751938/document
Le langage oral
La conquête du langage apparaît comme l’un des processus cognitifs les
plus longs, les plus complexes et les plus mystérieux de la vie d’un individu. Elle
se révèle d’autant plus extraordinaire qu’elle s’opère spontanément, avec
une aisance insolente aux yeux de tout adulte qui peinera toujours infiniment
plus pour apprendre une nouvelle langue, avec des résultats beaucoup plus
fragiles et incertains.
Pourquoi certains enfants parlent-ils plus tôt ?
Certains enfants parlent mieux et plus tôt que d’autres : ces différences
semblent manifestes à la crèche, au plus tard lors de la scolarisation.
Pourtant, elles s’observent expérimentalement dès les premiers mois de la vie.
A 3 mois déjà, certains bébés, qui se trouvent plus fréquemment en
interaction avec les adultes, produisent davantage de vocalisations. Toutes
les étapes du développement du langage seront alors marquées par la
précocité, aussi bien l’âge des premiers mots que la taille et la structure des
premières phrases, ou encore l’ampleur du vocabulaire. « Les différences
observées ne sont guère compensées avec le temps, et on peut même dire
que les écarts se creusent au fur et à mesure que les enfants grandissent. Les
enfants les plus précoces à un moment donné tendent à le rester », écrit
Agnès Florin dans le développement du langage (2013). Ce n’est pas
forcément le faire de parler à son enfant qui le stimule, mais plutôt de lui
répondre, de l’encourager, de s’assurer qu’il a bien compris. « Il est donc
essentiel qu’en contexte scolaire, dès la petite section de maternelle, tout
enfant « petit parleur », apparemment timide, a fortiori silencieux, soit
encouragé à dialoguer. D’autant que les difficultés d’acquisition du langage
figurent parmi les prédicteurs important de l’échec scolaire ».
Le langage sur le bout de la langue, mensuel n° 274 Jean-François Marmion
Le langage est la plus grande force de socialisation qui soit. Tous les enfants
ont des besoins fondamentaux communs qui se marqueront dans certaines
formes communes des premiers vocabulaires. Mais tous doivent, pour
communiquer avec l’entourage, être reconnus comme locuteurs et pour
cela parler la langue de leur environnement et se conformer à certaines
habitudes formelles et sociales imposées à la fois par la langue et par la
culture. Leur vocabulaire se constitue au contact de la langue adulte qui,
dès le départ, dictera non seulement les choses du monde qu’il faut voir et
apprendre mais aussi la façon de les dire, et les modalités d’expression qui
permettront d’être reconnu en même temps que compris. Le langage ne
s’enseigne pas.
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