
Ancrer la formation continue dans la loi, c’est lui donner un caractère obligatoire
La reconnaissance de la formation continue comme facteur de concurrence déterminant est
également entrée dans la concertation sociale – certes avec hésitation. D’une part, les diverses
conventions collectives de travail stipulent le droit à un certain nombre de jours de formation
continue, d’autre part, les partenaires sociaux de divers secteurs économiques ont mis en
place des centres de formation continue spécifiques des branches concernées (p.ex. secteur du
bâtiment).
A vrai dire, dans de nombreuses branches, il n’existe aucune convention collective de travail
et l’accès à la formation continue considérée comme composante du travail n’est accordé qu’à
un petit nombre de travailleurs-euses. Même lorsqu’une convention de travail existe, il y a un
énorme fossé entre le droit à la formation continue et la formation continue effectivement réa-
lisée – comme le montre le document annexé. Il s’agit de combler de telles lacunes : c’est la
raison pour laquelle Travail.Suisse exige que la formation continue soit ancrée dans la loi
revêtant ainsi un caractère obligatoire.
L’ancrage dans la loi de cette obligation est moins l’expression d’une contrainte que celle
d’une nécessité. D’un côté, cette obligation garantit l’égalité des chances pour tous les travail-
leurs-euses et de l’autre côté, la formation continue obligatoire représente la base d’une éco-
nomie moderne compétitive. La formation continue obligatoire fait partie de l’infrastructure
contemporaine d’une économie nationale axée sur des perspectives d’avenir. Comme les sol-
dats à l’armée qui doivent effectuer quelque dix cours annuels de répétition afin d’entretenir
ce qu’ils ont appris, il est impératif pour l’économie que chaque entreprise associe obligatoi-
rement chaque année à des cours de formation continue toutes les personnes qu’elle emploie.
Durée de la formation continue obligatoire
Pour qu’une formation continue soit efficace et profitable, il faut la planifier à long terme et
fixer une durée minimale. Travail.Suisse propose donc une durée minimale de trois jours
par année. Il s’agit en outre d’offrir la possibilité d’inscrire sur un « compte épargne » au
maximum deux jours de formation continue afin de pouvoir prendre part à des modules
connexes de formation continue s’étalant sur une semaine.
Le nombre de jours de formation continue est fixé délibérément à seulement trois jours étant
donné que la mise en place d’un système de formation continue demande un certain temps.
Ce chiffre s’appuie aussi sur les expériences faites avec des règlements régissant les conven-
tions collectives de travail.