WT/MIN(09)/ST/105 Page 1 Organisation Mondiale du Commerce

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ORGANISATION MONDIALE
DU COMMERCE
WT/MIN(09)/ST/105
2 décembre 2009
(09-6342)
Original: français
CONFÉRENCE MINISTÉRIELLE
Septième session
Genève, 30 novembre - 2 décembre 2009
TUNISIE
Déclaration de S.E. M. Ridha Ben Mosbah
Ministre du commerce et de l'artisanat
Permettez-moi, tout d'abord, au nom de la délégation tunisienne, d'exprimer mes vifs
remerciements aux autorités suisses pour la chaleureuse hospitalité réservée aux délégations présentes
dans cette belle ville de Genève dans le cadre de la tenue de cette septième Conférence ministérielle.
Mes remerciements s'adressent également au Secrétariat de l'OMC pour les efforts déployés
dans la préparation de cette Conférence.
Je tiens tout particulièrement à saluer M. Pascal Lamy, Directeur général de l'OMC, pour le
dévouement et le talent dont il fait preuve à la tête de cette Organisation, et l'assurer de notre entier
appui pour l'accomplissement de ses missions.
Notre réunion se tient dans un contexte international particulier marqué par une crise
économique mondiale sans précédent depuis les années 30 du siècle dernier et amplifiée depuis 2008
par une volatilité des prix des carburants, des matières premières, des produits agricoles et des denrées
alimentaires.
Cette conjoncture est d'autant plus préoccupante que le danger de la pollution de
l'environnement et la dégradation de l'écosystème sont unanimement reconnus; la compétition
débridée et la mondialisation de l'économie ayant donné lieu à une exploitation intensive et souvent
incontrôlée des richesses naturelles non renouvelables.
Ces événements ont eu des retombées économiques et sociales importantes, profondes
devrais-je dire, sur l'ensemble de nos économies nationales et en particulier sur les économies des
pays en développement, et risquent de compromettre les Objectifs du Millénaire pour le
développement.
Ceci est d'autant plus grave que la crise économique a suscité de part et d'autre des mesures
unilatérales à tendance protectionniste et un regain de repli sur soi, ce qui a eu pour effet de
restreindre d'une façon significative le commerce mondial.
Notre souhait est que cette Conférence constitue une opportunité pour l'approfondissement du
dialogue au sujet des préoccupations et défis d'actualité que pose cette crise, et des voies et moyens à
même d'accroître la capacité des pays en développement à résister aux aléas de l'environnement
international.
Pour sa part, la Tunisie a joué un rôle précurseur puisqu'elle a su anticiper les événements en
mettant en place, à la fin de 2007 et dès l'apparition des premiers signes de la crise, des cellules de
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veille et de suivi qui ont permis d'établir une stratégie nationale cohérente pour faire face aux
retombées de la crise et préserver les équilibres intérieurs et extérieurs de notre pays.
Ces mesures ont permis d'atténuer l'impact de la crise sur l'économie nationale qui a réussi à
maintenir un rythme de croissance positif et conserver ses équilibres globaux.
Mon pays a également réussi à préserver, voire améliorer, sa notation attribuée par les
agences internationales et à améliorer son classement auprès de plusieurs organismes internationaux.
La Tunisie s'est toujours distinguée, sous la conduite éclairée de S.E. le Président
Zine El Abidine BEN ALI, par une démarche caractérisée par sa gradualité et sa volonté de concilier
les dimensions économiques et sociales, mettant le progrès de l'économie au service de l'amélioration
du niveau de vie du plus grand nombre de la population.
Cette démarche s'inscrit également sur le long terme en veillant à ce que le secteur bancaire
soit d'abord et avant tout au service du développement et à l'abri de la spéculation et de la recherche
du gain rapide.
Les récents développements de la conjoncture économique et financière mondiale semblent
apporter des signes positifs quant à la sortie de récession de l'économie mondiale.
De ce fait, la communauté internationale est appelée plus que jamais à conjuguer davantage
ses efforts et à développer les relations de coopération en vue de prévenir le retour d'une pareille crise.
Ceci implique la nécessité de parvenir à un consensus général en faveur d'un système
économique et commercial international, garant de la stabilité dans le monde, et en mesure de
transformer la mondialisation en une force motrice du développement économique durable, juste et
équitable.
C'est à ce titre que notre Conférence offre l'occasion de réfléchir sur une stratégie mondiale
où l'OMC peut assumer un rôle plus important afin de donner davantage la priorité à la dimension
développement qui, faut-il le rappeler, constitue la pierre angulaire du Cycle de Doha.
À cet égard, je tiens à mettre l'accent sur les deux éléments suivants:
D'abord, nous avons tous en ce moment la responsabilité de préserver les acquis réalisés dans
les différents domaines de négociations et de poursuivre les travaux en faisant preuve davantage de
compréhension et de souplesse et en conjuguant nos efforts activement afin d'aboutir à une conclusion
fructueuse du Cycle de Doha.
Ensuite, nous devons admettre que tout retard dans la conclusion du cycle actuel affectera
négativement les perspectives de croissance de l'économie mondiale.
Certes, cette croissance est tirée par le développement soutenu des exportations et la levée des
entraves aux échanges de biens et de services, mais elle est également tributaire de la mobilisation de
l'investissement extérieur et des financements au profit des pays en développement, ainsi que de la
mobilisation d'une aide plus consistante, pour concrétiser les Objectifs de développement du
Millénaire.
La Tunisie reste, à ce titre, attachée à une organisation à vocation universelle qui incarne un
système commercial multilatéral équitable, fondé sur les règles. Aussi, nous exhortons les pays
Membres à faire preuve de flexibilité pour faciliter et accélérer l'accession des pays en développement
tout en tenant compte des termes et conditions en rapport avec leur statut de PED.
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Partenariat, ouverture, dialogue, développement durable, coopération, solidarité sont les
maîtres mots de la démarche que la Tunisie adopte dans tous les domaines. C'est tout à la fois un
choix et une vocation.
Voilà la voie sur laquelle s'engage mon pays.
Terre de rencontres, carrefour des civilisations phénicienne, romaine, byzantine, arabe, la
Tunisie assume son héritage multiculturel. Et à ce titre, je pense que le temps est venu pour que la
langue arabe soit introduite à l'OMC en tant que langue de travail.
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