Le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP)

REPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE
Honneur Fraternité Justice
Ministère du Développement Rural
Atelier à mi-parcours
États des lieux et des perspectives du secteur agricole et rural en Mauritanie
Palais des Congrès
1er et 2 Novembre 2006
Revue du secteur rural :
Contexte international et national
Contribution Direction des Etudes & Stratégies de Développement/Ministère des Affaires
Economiques et du Développement (MAED)
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L’objet de ce chapitre est de présenter le contexte international dans lequel
intervient la présente Revue du secteur rural, notamment l’intégration de l’économie
nationale dans les espaces sous-régional et mondial (II), les évolutions récentes du
cadre macro-économique et des réformes structurelles (III) ; et les perspectives de
développement à moyen terme (IV).
1. Introduction
Dans le prolongement de l’éligibilité de la Mauritanie à l’Initiative sur la réduction de
la dette des Pays Pauvres Très Endettés (Initiative PPTE), le Gouvernement a
élaboré en 2000 un Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) 2001-
2015. Le CSLP visait la réalisation d’une croissance économique forte et
rédistributrice avec le secteur privé comme principal moteur, et l’utilisation efficace
des ressources publiques pour l’amélioration du bien être des populations, en
accordant une attention particulière aux groupes les plus pauvres.
Pour ce faire, quatre (4) axes stratégiques ont été identifiés par le CSLP : (i)
l’accélération de la croissance économique ; (ii) l’ancrage de la croissance dans la
sphère économique des pauvres ; (iii) le veloppement des ressources humaines
et l’expansion des services sociaux de base ; et (iv) le renforcement des capacités
institutionnelles et l’amélioration de la gouvernance.
Les principaux objectifs macro-économiques pour la période 2001-2004
consistaient à : (i) atteindre un taux de croissance économique en termes réels
supérieur à 6% en moyenne annuelle sur la période ; (ii) réduire le taux d’inflation à
2,4% en fin de période ; (iii) maintenir le déficit budgétaire à 3% du PIB à l’horizon
2004 ; et (iv) ramener le déficit du compte courant extérieur (hors transferts
officiels) à 14,7% du PIB en 2004, et porter les réserves officielles brutes à
l’équivalent de 6 mois d’importations de biens et services non facteurs en moyenne
sur la période.
Le CSLP est mis en œuvre à travers des plans d’actions pluriannuels, dont le
premier portant sur la période 2001-2004 est arrivé à terme. L’exécution de ce
premier plan d’actions 2001-2004 est intervenue dans un environnement difficile.
Outre une conjoncture externe peu favorable (flambée des prix du pétrole,
dépréciation du dollar face à l’Euro…), les chocs défavorables qu’a connu le pays
au cours de ces années et liés aux pluies froides, à la sécheresse, à la tentative de
coup d’Etat de Juin 2003 et à l’invasion acridienne de 2004 ont abouti à des
résultats contrastés sur l’activité économique du pays. Ainsi, au terme de ces
quatre années de mise en œuvre du CSLP, force est de constater que les
performances macro-économiques de la Mauritanie ont été jugées peu
satisfaisantes, en raison, notamment de l’application de politiques budgétaire et
monétaire inappropriées basées sur des données erronées.
Toutefois, le contexte dans lequel intervient l’élaboration du 2ème plan d’actions du
CSLP (2006-2010) offre des opportunités d’accélérer la croissance et de relever le
défi de la lutte contre la pauvreté. En effet, la préparation du CSLP II a lieu dans un
contexte marqué par : (i) l’arrivée au pouvoir des forces armées et de sécurité et la
mise en place d’un Gouvernement de transition avec pour missions d’assurer une
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transition démocratique, de réformer la justice et d’améliorer la gouvernance ; (ii)
l’entrée du pays dans l’ère de l’exploitation pétrolière, qui constituera une source
importante de croissance et de revenus pour l’économie ; (iii) la reprise du dialogue
et de la coopération avec les partenaires au développement (FMI, BM, UE, etc.) qui
a permis l’annulation de la dette de la Mauritanie dans le cadre de l’Initiative sur
l’annulation de la dette multilatérale (IADM) ; et (iv) la récente conclusion positive
des négociations avec l’Union Européenne sur l’accord de pêche qui permettra de
mobiliser des ressources financières importantes.
2. Intégration économique régionale et accords de coopération
L’économie mauritanienne reste ouverte avec des échanges extérieurs qui
représentent une part considérable de la production intérieure (plus de 91% du PIB
en 2004). Ces échanges s’effectuent principalement avec les pays industrialisés,
notamment l’Union Européenne qui constitue le plus important partenaire
commercial de la Mauritanie. Toutefois, l’économie reste faiblement diversifiée et
vulnérable aux chocs exogènes, avec essentiellement deux (2) produits
d’exportation qui représentent plus de 90% de la valeur des exportations de biens
du pays et qui sont sujets à de fortes fluctuations de prix. L’entrée du pays dans
l’ère pétrolière, devenue effective depuis février 2006, en plus de son impact
significatif sur le commerce extérieur (60 à 65% des exportations), offre des
opportunités importantes en termes de diversification de la base productive de
l’économie. Cette diversification de l’économie mauritanienne est vitale pour élargir
les sources de croissance de l’économie. Elle constitue, également, une
complémentarité dans le cadre des accords de coopération régionaux qui
permettent de tirer un meilleur profit des effets de proximité.
Quant au sous-secteur de l’agriculture, il a connu ces dernières années un début
de diversification et d’ouverture sur l’extérieur, avec notamment la mise en place
dans le cadre du PDIAIM d’un important programme de diversification, mais qui
reste encore très limité. Le développement et la a diversification du sous-secteur
demeurent cependant indispensables pour réduire les dépenses en devises du
pays, contribuer à garantir la sécurité alimentaire et assurer de meilleures
conditions de vie aux populations rurales par l’augmentation de leurs revenus.
En matière d’accords commerciaux, la Mauritanie a adhéré à l’Organisation
mondiale du commerce (OMC), ce qui lui offre un cadre favorable à une meilleure
intégration de son économie aux marchés internationaux, et pour l’instauration
d’une discipline dans la conduite des politiques commerciales et économiques. Ce
faisant, l’économie mauritanienne gagne en visibilité et en attractivité vis-à-vis des
investisseurs privés (nationaux et étrangers). Les opérateurs locaux pourront
accéder aux informations et recourir au cadre juridique sur les mécanismes
tarifaires et surtout non tarifaires de protection et de soutien utilisés par les pays du
Nord. De même, le nouveau Code des investissements adopté en 2002 offre
d’importants avantages fiscaux et douaniers aux entreprises exportatrices.
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Aussi, le programme de forme de la fiscalité mis en œuvre au cours de cette
période s’est traduite par : (i) une harmonisation du régime fiscal des entreprises et
des particuliers avec celui des pays de l’UMA ; et (ii) un alignement de la structure
tarifaire à celle des pays de la sous-région (UEMOA).
Considérée comme pays charnière entre le monde arabe et l’Afrique au sud du
Sahara, la Mauritanie a longtemps fait partie de deux ensembles régionaux, l’UMA
(Union du Maghreb Arabe) et la CEDEAO (Communauté Economique des Etats
d’Afrique de l'Ouest) ; elle s’est retirée, depuis le 1er janvier 2001, de cette dernière,
en raison notamment du projet d’intégration monétaire de cette institution régionale.
En matière de coopération régionale au sein de l’UMA, aucune évolution
significative n’a éobservée durant ces cinq (5) dernières années en dépit d’‘un
nombre important de conventions préparées. Les échanges commerciaux avec les
membres ne représentent que 10% de l’ensemble des échanges de la Mauritanie.
Malgré cette faible concrétisation de l’intégration économique régionale à travers
l’UMA, chaque pays membre a mis en œuvre des réformes macro-économiques et
structurelles qui ont conduit, selon un rythme différencié, à une économie de
marché stable.
La Mauritanie continue aussi à faire partie des organisations sous régionales à
vocation plus spécifique comme le CILSS (Comité permanent inter-états de lutte
contre la sécheresse au Sahel) et l’OMVS (Organisation pour la mise en valeur du
fleuve Sénégal). Cette dernière dispose d’un important programme de régional de
développement agricole ainsi que des projets de construction de barrages
hydroélectriques. Au cours de ces dernières années, la Mauritanie a participé
régulièrement aux réunions des pays Euro-méditerranéens ; elle souscrit,
également, aux objectifs et initiatives du NEPAD (Nouveau Partenariat pour le
Développement Economique de l’Afrique) qui envisage de mettre en œuvre des
projets multinationaux de préservation des ressources naturelles et de protection
du cheptel.
Par ailleurs, la coopération entre la Mauritanie et l’Union Européenne (UE) est régie
par les dispositions de l’Accord de partenariat, signé à Cotonou en juin 2000 et
révisé à Luxembourg en juin 2005, entre les Etats ACP, la Communauté
Européenne et ses Etats membres. L’objectif général de cet Accord de partenariat
est de promouvoir une approche stratégique commune de la réduction de la
pauvreté, qui soit compatible avec les objectifs de développement durable,
conformément à l’agenda international et en tenant dûment compte des Objectifs
du Millénaire pour le Développement (OMD), ainsi que l’intégration progressive des
pays ACP à l’économie mondiale. Dans le domaine spécifique de la pêche, un
nouveau Accord de partenariat (APP), fixant les possibilités de pêche pour les
navires de l’UE dans les eaux territoriales mauritaniennes et la contrepartie
financière annuelle, a été paraphé en juillet 2006 pour une durée de 6 ans. Le
Protocole de cet accord, d’une durée de validité de 2 ans, prévoit une contrepartie
financière de 86 Millions d’euros par an. Une enveloppe complémentaire estimée à
22 Millions d’euros devrait être constituée par les contributions directes des
armateurs opérant dans le cadre de cet Accord.
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3. Développements macro-économiques récents (2001-2005)
La situation économique de la Mauritanie était caractérisée pendant plus d’une
décennie par une gestion macro-économique non transparente consécutive à une
politique budgétaire et monétaire expansionniste ayant conduit au dérapage des
principaux agrégats macro-budgétaires (croissance monétaire excessive, forte
inflation et déficit budgétaire chronique). Les facteurs explicatifs de cette situation
sont, notamment, une conjoncture externe et interne difficile caractérisée par des
conditions agro-climatiques défavorables, des incertitudes de l’environnement
international et des problèmes de sécurité intérieure. Cette absence de
transparence dans la gestion macro-économique durant la riode 1992-2004 a
ainsi fortement affecté les relations entre la Mauritanie et la communauté des
bailleurs de fonds entre 2003 et mi-2005, conduisant, en particulier, à l’annulation
de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) conclue
en juillet 2003 avec le FMI, et à la suspension de la préparation du Crédit d’appui à
la stratégie de réduction de la pauvreté (CASRP) de la Banque Mondiale.
Dans ce contexte, les résultats obtenus sur la période 2001-2005 en matière de
croissance économique et de réduction de la pauvreté sont largement en deçà des
objectifs programmés au niveau du CSLP ; tandis que les déficits public et extérieur
ont atteint des niveaux élevés, s’accompagnant d’un endettement excessif de l’Etat
et des entreprises publiques ainsi que d’une détérioration des réserves officielles
de changes.
3.1 Evolution de la croissance économique par secteur
La croissance du PIB réel, initialement projetée à 6% par an, s’est établie à 4,0%
en moyenne annuelle sur la période 2001-2005. L’essentiel de cette croissance a
été réalisée au cours des trois dernières années les taux ont été soutenus (une
moyenne de 5,4% par an sur la période 2003-2005, contre seulement 2% entre
2001 et 2002. L’analyse de la décomposition de la croissance par secteur d’activité
économique appelle les observations suivantes :
Secteur rural : Le secteur rural (agriculture et élevage) a enregistré une très faible
contribution à la croissance économique (+0,1% en moyenne entre 2001-2005),
largement liée aux chocs agro-climatiques successifs (pluies froides, sécheresse et
invasion acridienne) qui ont eu un impact négatif, notamment sur le sous-secteur
de l’agriculture. La contribution du secteur à la formation du Produit intérieur brut
(PIB) est ainsi passée de 17,2% en 2001 à 15,4% en 2005.
Le sous-secteur agricole a connu une diminution annuelle de 8,2% en termes réels
sur la période 2001-2004. La production agricole a en effet beaucoup fluctué du fait
des chocs agro-climatiques successifs : déficit pluviométrique et/ou mauvaise
répartition spatiotemporelle des précipitations en 2000, 2001, 2002 et 2004 ; cette
dernière année a de plus été marquée par l’impact négatif de l’invasion acridienne.
En revanche, les années 2003 et 2005 ont connu des pluviométries exceptionnelles
qui ont permis de faire des rattrapages importants (hausse des productions des
principales cultures de 54% et 68% respectivement) ramenant ainsi la croissance
moyenne annuelle du sous-secteur à 0,3% sur la période 2001-2005. Cependant,
les résultats enregistrés ces années, comparables à ceux des campagnes 1994,
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