
3. Développements macro-économiques récents (2001-2005)
La situation économique de la Mauritanie était caractérisée pendant plus d’une
décennie par une gestion macro-économique non transparente consécutive à une
politique budgétaire et monétaire expansionniste ayant conduit au dérapage des
principaux agrégats macro-budgétaires (croissance monétaire excessive, forte
inflation et déficit budgétaire chronique). Les facteurs explicatifs de cette situation
sont, notamment, une conjoncture externe et interne difficile caractérisée par des
conditions agro-climatiques défavorables, des incertitudes de l’environnement
international et des problèmes de sécurité intérieure. Cette absence de
transparence dans la gestion macro-économique durant la période 1992-2004 a
ainsi fortement affecté les relations entre la Mauritanie et la communauté des
bailleurs de fonds entre 2003 et mi-2005, conduisant, en particulier, à l’annulation
de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) conclue
en juillet 2003 avec le FMI, et à la suspension de la préparation du Crédit d’appui à
la stratégie de réduction de la pauvreté (CASRP) de la Banque Mondiale.
Dans ce contexte, les résultats obtenus sur la période 2001-2005 en matière de
croissance économique et de réduction de la pauvreté sont largement en deçà des
objectifs programmés au niveau du CSLP ; tandis que les déficits public et extérieur
ont atteint des niveaux élevés, s’accompagnant d’un endettement excessif de l’Etat
et des entreprises publiques ainsi que d’une détérioration des réserves officielles
de changes.
3.1 Evolution de la croissance économique par secteur
La croissance du PIB réel, initialement projetée à 6% par an, s’est établie à 4,0%
en moyenne annuelle sur la période 2001-2005. L’essentiel de cette croissance a
été réalisée au cours des trois dernières années où les taux ont été soutenus (une
moyenne de 5,4% par an sur la période 2003-2005, contre seulement 2% entre
2001 et 2002. L’analyse de la décomposition de la croissance par secteur d’activité
économique appelle les observations suivantes :
Secteur rural : Le secteur rural (agriculture et élevage) a enregistré une très faible
contribution à la croissance économique (+0,1% en moyenne entre 2001-2005),
largement liée aux chocs agro-climatiques successifs (pluies froides, sécheresse et
invasion acridienne) qui ont eu un impact négatif, notamment sur le sous-secteur
de l’agriculture. La contribution du secteur à la formation du Produit intérieur brut
(PIB) est ainsi passée de 17,2% en 2001 à 15,4% en 2005.
Le sous-secteur agricole a connu une diminution annuelle de 8,2% en termes réels
sur la période 2001-2004. La production agricole a en effet beaucoup fluctué du fait
des chocs agro-climatiques successifs : déficit pluviométrique et/ou mauvaise
répartition spatiotemporelle des précipitations en 2000, 2001, 2002 et 2004 ; cette
dernière année a de plus été marquée par l’impact négatif de l’invasion acridienne.
En revanche, les années 2003 et 2005 ont connu des pluviométries exceptionnelles
qui ont permis de faire des rattrapages importants (hausse des productions des
principales cultures de 54% et 68% respectivement) ramenant ainsi la croissance
moyenne annuelle du sous-secteur à 0,3% sur la période 2001-2005. Cependant,
les résultats enregistrés ces années, comparables à ceux des campagnes 1994,