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importante
Des surprises
• L'importance économique des retraites
Dans quasiment tous les bassins de vie, les
retraités apportent plus de revenus que le
secteur productif. Ils sont porteurs de
richesses dans les territoires ruraux et
urbains des Hautes-Alpes et alimentent ainsi
une « économie des retraites ». La question
de l'attractivité de ces flux mérite d'être posée
pour le département. En effet, si une part
importante des retraités ne change pas de
résidence au moment de la retraite (en
particulier les agriculteurs), il y a de
nombreux retraités qui viennent de l'extérieur
du département et qui ont le choix de
s'installer à leur guise sur le territoire français.
Savoir pourquoi et comment un retraité
décide de s'installer là et pas ailleurs est
donc une question importante pour un
territoire tel que les Hautes-Alpes.
Il est certainement utile que les élus du
département soient conscients de
l’importance financière de ce poste dans leur
économie.
Pour autant, il ne faut pas miser sans
discernement sur la captation des revenus
des retraités car, même si le nombre de
ceux-ci doit augmenter ces prochaines
années (le rapport entre actifs et retraités
pourrait passer de 2,6 en 2005 à 1,4 en
2050), le phénomène de dépendance lié à
l'amélioration de l'espérance de vie générera
de fortes interventions financières pour les
collectivités. Il faudra donc voir si, dans le
futur, ce flux des retraites sera encore très
majoritairement issu d'un système de
redistribution ou s'il incombera pour une part
aux familles, ce qui changerait alors la
perception de ce flux en terme économique.
• La faible part de l'agriculture
Les Hautes-Alpes sont très souvent
présentées comme un département rural. Si
par rural on entend un territoire où l'activité
agricole est importante, alors le département
n'en fait, à l'évidence, pas partie. Il serait
alors plus pertinent de décrire le département
comme territoire d’industrie touristique.
L'a gri cult ur e ne repr és ent e en effet
aujourd’hui que 2% du total des flux
financiers.
Même si ce chiffre n'est pas représentatif de
l'importance de l'activité agricole en terme de
gestion et d'entretien de l'espace (paysage,
lutte contre les risques naturels, entretien du
patrimoine, …), il n'en demeure pas moins
qu'en termes purement économiques,
l'activité agricole seule n’a plus un poids
économique significatif sur le département.
Seuls les territoires les plus provençaux (Val
de Durance, Laragnais et Buëch) peuvent
revendiquer une agriculture significative,
grâce à l'activité arboricole.
• La forte hétérogénéité des composantes
attractives
Même si le pourcentage du flux attractif est
finalement assez constant sur l’ensemble des
bassins, les éléments qui contribuent à ce
flux varient beaucoup suivant les territoires.
Certains bassins sont des déserts de
ressources financières venant des retraités
(Queyras, Guillestrois), alors que d’autres en
font une ressource vitale (Laragnais,
Gapençais et à un degré moindre Buëch et
Embrunais).
De la même façon, le flux financier des
dépenses touristiques varie de 5 % sur le
Gapençais à 66 % dans le Queyras !
Sous une apparente homogénéité se cachent
des mod es de dév elop pem ent très
différenciés.
DDT 05 | UNE ÉCONOMIE DE L'ATTRACTIVITÉ APPROCHE SUR LE CAS DES HAUTES-ALPES
Ces retraités qui changent de
cadre de vie...
Parmi les retraités vivant dans les Hautes-Alpes, 8,4 % d'entre eux habitaient dans un autre
département 5 ans auparavant. Ce taux est nettement plus élevé que celui observé en
France métropolitaine (4,7 %) et en PACA (6 %). Dans les autres départements de la région
PACA, les Alpes de Haute-Provence et le Var sont encore plus attractifs pour les retraités
(respectivement 10,7 et 9,4 % des retraités y résidant habitaient un autre département 5
ans auparavant), le Vaucluse et les Alpes-Maritimes se situant au niveau régional, tandis
que les Bouches-du-Rhône n'attirent guère les retraités (moins de 3 % des retraités
concernés).
Dans les Hautes-Alpes, cette situation de mobilité géographique forte concerne
principalement les anciens cadres et professions intermédiaires (12 % des retraités de
cette catégorie), mais également les anciens employés, ouvriers, artisans, commerçants et
chefs d'entreprise (presque 8 % de ces catégories). Inversement, les anciens agriculteurs
sont traditionnellement moins mobiles (seuls 2 % concernés).
Sou rce : INSEE, Recensement de la Population 2007