Economie de l`attractivité - Internet Services de l`Etat en Hautes

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UNE ÉCONOMIE DE L'ATTRACTIVITÉ APPROCHE SUR LE CAS DES HAUTES-ALPES | DDT 05
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SOMMAIRE
La méthode p. 2
L'économie de l'attractivité p. 3
Les différents territoires p. 5
Spécialisation ou
diversification p. 7
Quelques enjeux identifiés p. 8
Le principe est d’identifier l’ensemble des
masses financières arrivant dans le
département, que ce soit via le revenu d’un
haut-alpin ou par tout autre mécanisme. Ces
flux financiers ont été regroupés en quatre
classes, appelées bases :
base productive,
base publique,
base sociale,
base attractive.
Le productif comprend l’ensemble des
revenus des activités nérant des
productions potentiellement consommables
en dehors du territoire départemental. Il inclut
les revenus issus des sphères industrielle et
agricole, mais aussi ceux des activités
tertiaires et des professions libérales et
artisanales.
Le public couvre les revenus des agents des
différentes fonctions publiques, y compris
l’armée.
Le social est alimenté par l’ensemble des
prestations à caractère social (chômage,
santé, allocations familiales, ...).
L’attractif regroupe les flux que le
département parvient à capter en raison de
son attractivité (retraités, tourisme) et les
revenus des emplois de portée locale
(services de proximité). Ces flux se
caractérisent par le fait qu’ils ne produisent
pas de biens externalisables, mais qu’en
même temps ils pourraient arriver sur
DDT 05 | UNE ÉCONOMIE DE L'ATTRACTIVITÉ APPROCHE SUR LE CAS DES HAUTES-ALPES
Une économie de l'attractivité
Approche sur le cas des Hautes-Alpes (étude 2008)
LA MÉTHODE
Une analyse par les flux
financiers
La plupart des approches économiques territoriales se font à
partir des emplois. Cela résulte du fait que les données sur
l’emploi sont nombreuses, détaillées et régulièrement mises à
jour. Elles permettent donc d’alimenter des analyses très riches.
Pourtant, analyser le fonctionnement d’un territoire en ne
prenant en compte que ces données d’emploi ne permet de le
crire que de manière partielle. C’est ce que font remarquer
certains économistes qui ont constaté qu’il existait des zones
assez pourv ues de les productifs gros fournisseurs
d’emplois, et qui anmoins parv enaient à un fonctionnement
économique très satisfaisant.
En effet, l’analyse exclusiv ement par l’emploi n’intègre pas
certaines ressources bien réelles comme par exemple :
● les retraites,
● les dépenses touristiques, en géral issues de personnes
externes au territoire,
● les masses financres issues de la redistribution sociale.
D’où l’idée d’essayer d’analyser ce partement sous un angle
différent, celui des flux financiers entrants.
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n’importe quel autre territoire. Ce sont donc
des masses financières à la fois très
localisées et très soumises à la concurrence
territoriale.
La conjonction des mécanismes de
redistribution et des phénomènes de mobilité
des flux permet de faire vivre des territoires
quasiment vierges d'activités productives.
A travers cette démarche, le poids des
revenus liés à l’attractivité dans l'économie
des Hautes-Alpes peut être estimé, l'objectif
étant de comprendre comment un territoire
de m ontag ne s it ué e n deh ors de s
dynamiques métropolitaines classiques
parvient (ou peut parvenir) à se développer.
Les territoires d'analyse
Même si la grande variété des bases de
données utilisées pour cette étude ont été
réparties au niveau communal, ce niveau
n'est pas idéal pour faire ce type d'analyse :
d'abord parce que les flux financiers sont
parfois fournis en référence à l'habitant et
d'autres fois au salarié (or les déplacements
domicile-travail n’ont pas été pris en compte),
ensuite parce que certaines clefs de
répartition touchent leurs limites d'utilisation
quand elles sont appliquées à la commune.
Le territoire le plus pertinent pour analyser
cette économie de l’attractivité semble plutôt
le bassin de vie défini par l'INSEE comme
« le plus petit territoire sur lequel ses
habitants ont un accès aux principaux
services et à l'emploi ».
UNE BASE ATTRACTIVE
DOMINANTE
L'économie du département est fortement
liée à la base attractive (2/3 du total). Elle est
nettement plus forte qu'au niveau national.
Base Hautes-Alpes France
Productive 11,8 % ≈ 20 %
Publique 13 % ≈ 20 %
Sociale 10,9 % ≈ 20 %
Attractive 64,3 % ≈ 40 %
Cette valeur de 64,3 % de la base attractive
est de plus certainement sous-estimée car
une part significative de l'emploi salarié et
non-salarié est de fait très liée au tourisme
(BTP, artisans et commerçants, professions
libérales, immobilier, ...). Ces salaires du
productif n'ont pas été extraits de la base
productive pour être intégrés dans la base
attractive car cela aurait nécessité de faire,
pour chaque profession, un choix un peu
arbitraire pour déterminer
sa part liée à l’attractif
(l' age nt im mobil ier
travaille beaucoup pour le
tou rism e, m ais pas
exclusivement).
Cependant, cette question
se pose aussi pour les
autres bases : par exemple,
une part de la fonction
publique est déde à suivre
ou en cad rer l 'ac tiv ité
touristique. Faut-il pour
autant l'extraire de la base
publique ?
L'ANALYSE DES CHIFFRES
ÉCONOMIE DE L’ATTRACTIVITÉ
Des confirmations
La faible part des flux productifs
industriels
Après les fermetures industrielles dans les
années 1985 / 1990 et les tentatives avortées
plus récentes, les activités productives
classiques sont peu représentées et
s'appuient essentiellement sur un tissu de
petites PME.
L'impact de la population « présente »
sur le département
Cette donnée est importante pour
comprendre les dynamiques territoriales et
l'incidence sur les besoins en services
publics , m édec ins, com mer ces et
équipements divers.
Les Hautes-Alpes bénéficient d'un taux de
présence moyen annuel de 150 (c'est à dire
qu'il y a, par rapport à la population
recensée, 50 % de personnes en plus à
l'année dans le département).
Cette valeur moyenne masque des ratios
encore plus forts en période de pointe
touristique. Lors de certaines périodes de
vacances scolaires, c'est une population
presque 3 fois plus importante que la
population résidente qui est présente sur le
département, voire davantage sur certaines
zones.
Les Hautes-Alpes ont une capacité
d’accueil très importante : plus de 338 000
lits, correspondant à l’équivalent de près
de 62 000 habitants supplémentaires à
l’année, alors que la population haut-
alpine s’établit à 133 000 habitants.
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L'ÉCONOMIE DE
L’ATTRACTIVITÉ
dans les Hautes-Alpes
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importante
Des surprises
L'importance économique des retraites
Dans quasiment tous les bassins de vie, les
retraités apportent plus de revenus que le
secteur productif. Ils sont porteurs de
richesses dans les territoires ruraux et
urbains des Hautes-Alpes et alimentent ainsi
une « économie des retraites ». La question
de l'attractivité de ces flux mérite d'être posée
pour le département. En effet, si une part
importante des retraités ne change pas de
résidence au moment de la retraite (en
particulier les agriculteurs), il y a de
nombreux retraités qui viennent de l'extérieur
du département et qui ont le choix de
s'installer à leur guise sur le territoire français.
Savoir pourquoi et comment un retraité
décide de s'installer et pas ailleurs est
donc une question importante pour un
territoire tel que les Hautes-Alpes.
Il est certainement utile que les élus du
département soient conscients de
l’importance financière de ce poste dans leur
économie.
Pour autant, il ne faut pas miser sans
discernement sur la captation des revenus
des retraités car, même si le nombre de
ceux-ci doit augmenter ces prochaines
années (le rapport entre actifs et retraités
pourrait passer de 2,6 en 2005 à 1,4 en
2050), le phénomène de dépendance lié à
l'amélioration de l'espérance de vie générera
de fortes interventions financières pour les
collectivités. Il faudra donc voir si, dans le
futur, ce flux des retraites sera encore très
majoritairement issu d'un système de
redistribution ou s'il incombera pour une part
aux familles, ce qui changerait alors la
perception de ce flux en terme économique.
La faible part de l'agriculture
Les Hautes-Alpes sont très souvent
présentées comme un département rural. Si
par rural on entend un territoire l'activité
agricole est importante, alors le département
n'en fait, à l'évidence, pas partie. Il serait
alors plus pertinent de décrire le département
comme territoire d’industrie touristique.
L'a gri cult ur e ne repr és ent e en effet
aujourd’hui que 2% du total des flux
financiers.
Même si ce chiffre n'est pas représentatif de
l'importance de l'activité agricole en terme de
gestion et d'entretien de l'espace (paysage,
lutte contre les risques naturels, entretien du
patrimoine, …), il n'en demeure pas moins
qu'en termes purement économiques,
l'activité agricole seule n’a plus un poids
économique significatif sur le département.
Seuls les territoires les plus provençaux (Val
de Durance, Laragnais et Buëch) peuvent
revendiquer une agriculture significative,
grâce à l'activité arboricole.
La forte hétérogénéité des composantes
attractives
Même si le pourcentage du flux attractif est
finalement assez constant sur l’ensemble des
bassins, les éléments qui contribuent à ce
flux varient beaucoup suivant les territoires.
Certains bassins sont des déserts de
ressources financières venant des retraités
(Queyras, Guillestrois), alors que d’autres en
font une ressource vitale (Laragnais,
Gapençais et à un degré moindre Buëch et
Embrunais).
De la même façon, le flux financier des
dépenses touristiques varie de 5 % sur le
Gapençais à 66 % dans le Queyras !
Sous une apparente homogénéité se cachent
des mod es de dév elop pem ent très
différenciés.
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Ces retraités qui changent de
cadre de vie...
Parmi les retraités vivant dans les Hautes-Alpes, 8,4 % d'entre eux habitaient dans un autre
département 5 ans auparavant. Ce taux est nettement plus élevé que celui observé en
France métropolitaine (4,7 %) et en PACA (6 %). Dans les autres départements de la région
PACA, les Alpes de Haute-Provence et le Var sont encore plus attractifs pour les retrais
(respectivement 10,7 et 9,4 % des retraités y résidant habitaient un autre département 5
ans auparavant), le Vaucluse et les Alpes-Maritimes se situant au niveau régional, tandis
que les Bouches-du-Rhône n'attirent guère les retraités (moins de 3 % des retraités
concernés).
Dans les Hautes-Alpes, cette situation de mobili ographique forte concerne
principalement les anciens cadres et professions intermédiaires (12 % des retrais de
cette catégorie), mais également les anciens employés, ouvriers, artisans, commerçants et
chefs d'entreprise (presque 8 % de ces catégories). Inversement, les anciens agriculteurs
sont traditionnellement moins mobiles (seuls 2 % concernés).
Sou rce : INSEE, Recensement de la Population 2007
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L’analyse comparée de quelques bassins de
vie du département vis à vis du concept
d’économie de l’attractivité permet de
caractériser ces espaces. Les exemples
détaillés ci-après concernent les bassins
éloignés de la moyenne départementale.
Le cœur urbain : le Gapençais
Gapençais Hautes-Alpes
Productive 17 % 12 %
Publique 23 % 13 %
Sociale 13 % 11 %
Attractive 47 % 64 %
Le poids relativement fort du secteur public
s'explique par l’absence d’autre pôle urbain
départemental significatif et par l’éloignement
des métropoles régionales (PACA et Rhône-
Alpes). Les représentations administratives
sont toutes regroupées sur Gap, chef-lieu
des Hautes-Alpes.
Même modeste en regard des standards
nationaux, l’attrait économique du secteur par
rapport au reste du partement apparaît.
C’est la seule zone une activité de type
industriel est un peu présente.
La base attractive est très particulière :
Les dépenses touristiques y sont très faibles,
ceci s’explique par l’absence de stations de
ski ou de sites touristiques renommés. Par
contre, la part des salaires du tourisme et des
services associés est forte, similaire à ce que
l’on trouve dans les secteurs les plus
touristiques. En effet, Gap concentre une part
importante des effectifs du tourisme, alors
même que cette activité ne se passe pas sur
son périmètre.
La part des retraites est importante et montre
l’importance de la présence de services pour
les retraités. Le secteur Gapençais n’est pas
forcément le plus attractif en terme de
paysage ou d’activités de pleine nature ; c’est
pourtant lui qui draine le plus de retraités.
Un certain équilibre : le Laragnais
Laragnais Hautes-Alpes
Productive 21 % 12 %
Publique 13 % 13 %
Sociale 15 % 11 %
Attractive 51 % 64 %
Il s'agit d'un bassin de vie provençal plus
rural. Seul bassin à disposer d’une activité
agricole proche de 10 %, ses revenus
prod uct ifs c onst itu ent un fl ux no n
négligeable. Ce secteur a fortement évolué
ces dernières années avec l'arrivée de l' A51
à S ist ero n et le s am én agem ent s
hydroélectriques sur le Buëch, qui ont permis
la pl ant ati on de ve rge rs i rri gué s.
L'arboriculture est la seule activité agricole
qui embauche des salariés, des saisonniers
principalement.
Le secteur attractif s'appuie sur les revenus
des retraités et un tourisme principalement
estival et plus diffus dans l’espace.
L’ultra-touristique : le Briançonnais
Briançonnais Hautes-Alpes
Productive 7 % 12 %
Publique 12 % 13 %
Sociale 9 % 11 %
Attractive 72 % 64 %
Archétype du bassin touristique, le
Briançonnais compte plusieurs sites
touristiques de renommée internationale
(stations de Serre Chevalier et La Grave,
routes du Galibier et de l’Izoard, …). La
proximité du Parc National des Écrins, le
classement au patrimoine mondial UNESCO
des sites Vauban et de la vallée de la Clarée
en Grand Site expliquent également la très
forte prégnance de la base attractive sur ce
secteur.
Si la part des dépenses touristiques est
importante (42 % du total), il faut néanmoins
souligner que la part de retraités n’est pas
négligeable. L’altitude élevée de ce bassin et
la réputation plutôt sportive de ses stations
ne suffit donc pas à éloigner les retraités
comme le laisserait penser la faiblesse de
cette population dans le Queyras et le
Guillestrois (le Pays des Écrins partage avec
le Briançonnais cette caractéristique) .
L'attrait de ce bassin s'appuie sur la diversité
des activités : développement des activités
de pleine nature liées à l'air, à l'eau,
patrimoine historique, double saisonnalité, ...
UNE ÉCONOMIE DE L'ATTRACTIVITÉ APPROCHE SUR LE CAS DES HAUTES-ALPES | DDT 05
LES DIFFÉRENTS TERRITOIRES
Analyse de quelques bassins
de vie
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