Hier soir, dans la nuit, nous avons écouté le récit de la naissance de

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Hier soir, dans la nuit, nous avons écouté le récit de la naissance de Jésus tel que l’évangéliste
saint Luc nous le transmet. Et nous avons contemplé Joseph et Marie arrivant à Bethléem,
leurs difficultés à trouver une place dans la ville, et finalement la naissance de leur petit enfant
Jésus dans une étable, et ce nouveau-né couché dans une mangeoire visité par les bergers des
alentours. Luc nous permet vraiment de revivre tous ces moments de la venue de Jésus,
comme si nous étions dans la crèche parmi les bergers et les parents de Jésus.
Ce matin, saint Jean, dans la belle méditation du prologue de son évangile, nous entraîne plus
loin. Il nous montre ainsi l’origine divine de ce petit enfant. Qui est-il ce nourrisson ? Ce
nouveau-né, que nous avons contemplé, couché dans une mangeoire hier soir, c’est le
« Verbe », « la Parole de Dieu », le Fils de Dieu, qui est en tout égal au Père, coéternel
comme lui. Avec Dieu le Père, il est à l’origine de la création du monde. « Par lui, tout s’est
fait, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. » Et voilà que ce Verbe de Dieu, sa Parole,
à un moment donné de l’histoire, vient à nous et se fait chair dans ce petit enfant de Bethléem.
« Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous ».
En Jésus-Christ, Dieu est au milieu de nous. Cela change tout. Nous ne sommes plus seuls, le
Seigneur est là. Nous n’avons plus à nous désespérer en considérant notre faiblesse, notre
fragilité, notre péché, et notre indignité à aller vers le Seigneur, le Seigneur lui-même vient à
nous dans sa Miséricorde. Et le Seigneur en venant à nous nous apporte la guérison de tous
nos péchés, et il nous donne la force de vivre pleinement de sa Parole et de ses
commandements.
C’est vraiment unique dans l’histoire du monde. Toutes les religions insistent sur les efforts
que l’homme doit faire pour aller vers Dieu. Mais comme c’est impossible à nos seules forces
de nous hisser jusqu’à Dieu, Jésus-Christ nous montre justement que c’est Lui, le Seigneur,
qui vient vers nous pour nous relever de nos péchés, pour nous permettre d’aller vers son Père,
c’est lui qui nous donne sa Force pour reprendre son chemin malgré notre bassesse. C’est lui
qui nous donne sa Lumière pour que nous rayonnons cette lumière de l’Amour par toute notre
vie, toutes nos paroles et toutes nos actions.
Vous connaissez peut-être ce conte indien. Un vieil indien expliquait à son petit-fils que dans
chaque être humain il y a deux Loups, deux bêtes sauvages, qui se font une guerre sans merci.
Un Loup représente la colère, la haine, l’envie, l’orgueil et la peur. L’autre Loup est la
douceur, la bienveillance, la paix, l’espoir, le sourire et l’amour. Inquiet le petit garçon
demande : « Et quel est le loup le plus fort ? ». Et le vieil indien répond : « Celui à qui tu
donnes à manger ».
Aujourd’hui, que nous accueillons cette Lumière du Seigneur en nous, nous sommes invités à
nourrir cette lumière, à la développer en nous, à lui permettre d’illuminer vraiment toute notre
vie, de faire disparaître toutes les ténèbres de nos vies. « Tous ceux qui l’ont reçu, ceux qui
croient en son nom, il leur a donné le pouvoir de devenir enfant de Dieu. Ils ne sont pas nés de
la chair et du sang, ou d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme, ils sont nés de
Dieu. »
Que nous puissions nous-mêmes naître de Dieu, voila le véritable enjeu de la fête de Noël.
Car comme l’a dit un grand spirituel : « Dieu pourrait bien naître des milliers de fois dans la
crèche, s’il ne naît pas en chacun de nous, cela ne sert à rien. »
Mais alors, comme le demande Nicodème à Jésus : « Comment est-il possible de naître quand
on est déjà vieux ? » Et c’est encore Jean qui répond : « Quiconque aime, est né de Dieu » (1
Jn 4, 7). Chaque fois que nous faisons place en nous à l’amour désintéressé, c’est Dieu qui
naît en nous. Chaque fois que nous devenons des acteurs de paix et de réconciliation, c’est
l’amour de Dieu qui agit en nous. Et Jean d’ailleurs nous aide à voir et à comprendre que c’est
cet amour-là qui a fait le monde. C’est de cet amour-là que naît Jésus. « Dieu a tant aimé le
monde qu’il a donné son Fils unique » (Jn 3, 16).
Notre vocation c’est de naître vraiment. Personne ne choisit de naître mais chacun est libre de
renaître pour peu qu’il le veuille ! Renaître implique de passer par le même chemin de la
naissance. « Comment cela peut-il se faire ? » (Jean 3,9). Et la réponse est la même : croire !
Comme le dira Jésus a ses disciples : « ‘Si tu peux!... Tout est possible à celui qui croit’ »
(Marc 9,23). Tout, même renaître ! Aujourd’hui vous est né un Sauveur. Aujourd’hui nous
pouvons renaître en lui, si nous le voulons… C’est à nous tous que le Seigneur déclare ce
qu’il avait dit du fils de David : ‘Je serai pour toi un père ; tu seras pour moi un fils’ (cf. 2
Samuel 7,14).
Que le Seigneur fasse de nous des fils, des croyants… libres, joyeux, confiants et sûrs de son
amour. Un amour fort comme la mort. Un amour qui est de toujours à toujours.
Amen.
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