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la question plus spécifique du droit invoqué par des familles à l’effet que le patient ne
soit pas informé de sa condition de santé. Enfin, nous aborderons le problème de
l’arrimage entre les services hospitaliers et ceux offerts par les autres institutions du
Réseau de santé et des services sociaux.
L’importance de préciser le niveau de soin
Pour préciser la nature des soins qui sont appropriés pour les personnes qui sont
atteintes d’insuffisance organique terminale et dont le pronostic est imprécis, il est
important pour les équipes de préciser le niveau de soin requis pour le patient. Des
rencontres multidisciplinaires sont encouragées pour favoriser un partage
d’information et un consensus sur un niveau de soin qui assure le confort et le bien-
être du patient. Cette finalité (le bien-être du patient) ne doit pas être perdue de vue,
même si des pressions s’exercent pour favoriser le bien-être ou les volontés des
familles.
Il semble que des équipes sont enclines à poursuivre des soins curatifs pour des
patients ayant une atteinte organique terminale à la demande des familles. Ainsi, les
transfusions d’albumine et les ponctions d’ascite, pour les personnes atteintes
d’insuffisance hépatique terminale, prolongent la vie, sans nécessairement en
améliorer la qualité. En fait, il s’agit pour les patients et leur famille de comprendre et
d’accepter le passage des soins curatifs à des soins palliatifs, ces derniers étant plus
appropriés compte tenu du type d’atteinte. Le but visé est de rendre ces personnes
confortables au lieu de vouloir prolonger leur vie à tout prix. Pour que les familles
puissent accepter ce passage, il est important de développer une bonne
communication avec elles, de manière à ce que les décisions de soins soient prises
dans le meilleur intérêt de la personne malade et en vue de son bien-être. Les
équipes multidisciplinaires ont intérêt à travailler en interdisciplinarité, à s’entendre
sur un plan de soin et à désigner un membre de l’équipe qui sera responsable de
rencontrer la famille, de l’informer régulièrement, particulièrement quand il survient
des changements dans l’état de santé du malade et avant de modifier les soins, les
traitements, ou les techniques utilisées, afin de lui laisser du temps pour comprendre
et accepter la situation. Si les proches sentent qu’ils sont informés et qu’on leur
explique à l’avance les décisions de l’équipe, ils ne se sentiront pas exclus et
accepteront mieux la situation de santé du malade, ainsi que les décisions qui sont
prises en vue de son bien-être.
Il ne faut pas perdre de vue cependant que la personne apte a toujours priorité
sur ses proches en matière d’information et de décision de soin. Certes, la
personne apte a le droit de refuser des soins et des traitements. Toutefois, elle
n’a pas le droit d’exiger des soins ou des traitements jugés cliniquement
inappropriés par l’équipe de soins. Cette dernière réserve s’applique également
au représentant légal (tuteur, curateur, mandataire) du patient inapte, ainsi
qu’aux proches qui participent aux décisions de soins. D’un point de vue éthique,
déontologique et juridique, les membres de l’équipe de soins ont l’obligation de
Avis Comité d’éthique clinique (janvier 2010) Page 2 de 5