
ARABIE SAOUDITE
4 / © 2016 - BUSINESS FRANCE
Depuis quelques années, on assiste à la multiplication de projets industriels d’envergure. Ainsi, le
Saudi Industrial Development Fund a soutenu 144 projets rien qu’en 2013 (1,8 Md USD). De plus,
les projets de nouvelles cités économiques et industrielles se poursuivent avec les efforts
soutenus de Modon, de la Commission royale de Jubail et Yanbu, etc. : objectif initial de générer,
à l’horizon 2020, 1,3 M d’emplois nationaux, et d’apporter une contribution d’au moins
150 Mds USD par an au PIB. Les projets de villes nouvelles les plus emblématiques sont KAEC,
JEC, PABMEC, etc. Le secteur agricole saoudien fait aussi actuellement partie des priorités
gouvernementales : un fonds de développement spécialisé a été doté d’un capital de
4,2 Mds USD pour moderniser l’agriculture saoudienne. Les pouvoirs publics saoudiens ont mené
à partir de 1975 une politique de développement industriel visant à créer ex-nihilo un secteur
pétrochimique saoudien. L’idée sous-jacente était de tenter de diversifier l’économie du pays et de
maximiser les revenus du pétrole en descendant la chaîne de valeur. Le chiffre d’affaires de la
pétrochimie saoudienne s’établissait à 62 Mds d’euros en 2012 (la part de SABIC étant de
37 Mds EUR). Même si la pétrochimie ne représentait en 2012 que 11,3 % du PIB saoudien, le
fait que ce secteur regroupe 61 % des exportations non-pétrolières du Royaume permet d’en
comprendre l’importance pour l’économie du pays. Les grands groupes comme SABIC ou
Sipchem ont lancé des politiques agressives de développement international et d’acquisition de
groupes étrangers (GE plastic). Ce succès se base sur un avantage comparatif non négligeable,
l’accès à un gaz très peu cher – 0,75 USD/Mmbtu (Million Metric British Thermal Units), contre
près de 5 USD sur les marchés internationaux.
Les données pour 2015 confirment une décélération légère à ce stade de la croissance en volume
du PIB à 3,4 % (contre 3,6 % en 2014). La croissance du PIB « hors hydrocarbures » est passée
de 5% en 2014 à 2,9% en 2015. Les secteurs de la santé, de l’industrie non-pétrolière, des
transports et des communications résistent mieux que d’autres qui connaissent des temps plus
dures comme la construction. L’inflation demeure sous contrôle à 2,2 % (après 2,7 % en 2014).
Côté balance commerciale, on note sans surprise une forte baisse des revenus pétroliers en
raison du prix moyen du baril à 49 USD en 2015 contre 96 USD en 2014.
L’Arabie saoudite demeure encore le premier marché du Moyen-Orient. La population saoudienne
suit les modes de consommation occidentaux. Il s’agit d’une population très urbaine présentant un
fort appétit pour la nouveauté et la diversité des biens et des services. La population saoudienne
est concentrée autour de trois grands centres : Riyad, La Mecque-Djedda, et Khobar-Dammam. À
elles trois, ces villes concentrent 66 % de la population. La culture des « malls » ou centres
commerciaux met en exergue les habitudes de consommation saoudienne. Les habitudes de
consommation sont en pleine explosion. Principalement dédié à l’achat d’équipements, le crédit à
la consommation atteint 64 % du salaire annuel moyen en Arabie saoudite. Il soutient par
conséquent largement la croissance de la demande saoudienne (+ 13,3 % de crédits à la
consommation en 2013). La nouvelle génération est connectée. Le taux de pénétration à l’internet
haut débit est de 54 %. L’Arabie saoudite détient le record du taux d’utilisation de Twitter dans le
monde (33 %) et est le plus gros consommateur au monde de vidéos Youtube avec 190 M de
vidéos visionnées chaque jour.
SITUATION FINANCIERE DU PAYS
Malgré la baisse drastique programmée dans son budget 2016 des revenus prévisionnels à 137
Mds USD (calculés à partir d’un baril à 40 USD) et en parallèle des dépenses fixées à 224 Mds
USD, soit une baisse de seulement 2,3% par rapport au budget 2015, fixant ainsi le déficit
budgétaire prévisionnel à 87 Mds USD, l’Arabie Saoudite poursuit donc sa politique budgétaire
contra-cyclique. En revanche, cette dernière sera désormais accompagnée de réformes fiscales