
Chine – Conjoncture : Une année de défis
Sylvain LACLIAS
sylvain.laclias@credit-agricole-sa.fr
N° 17/024 – 26 janvier 2017
au détail de 10,9% (contre 10,8%) et l’in-
vestissement de 8,1% (contre 8,3%).
Du côté de l’immobilier, la hausse des ventes se
réduit pour le troisième mois consécutif, à 22,4%
sur un an au lieu de 24,5% en novembre. Les
nouvelles constructions et l’investissement, en
revanche, ont crû un peu plus rapidement (toujours
en décembre), de 8,7% et de 6,9%, comparé à des
augmentations respectives de 7,9% et de 6,5% le
mois précédent.
… quelques évolutions positives
2016 s’est donc terminée sur une note
d’ensemble, en termes d’activité économique,
plutôt rassurante. De plus, la composition de la
croissance s’est révélée encourageante : plus
portée par la consommation que par
l’investissement, par les services que par
l’industrie, et de façon plus marquée qu’en 2015.
Bref, l’économie se rééquilibre de ce point de vue,
même si l’investissement et l’industrie continuent
de peser lourd dans le PIB, chacun un peu plus de
40%.
Puis il faut encore évoquer l’évolution récente des
prix à la production, qui sont en augmentation
après quatre ans et demi de recul, de mars 2012 à
août 2016. Le fait est que c’est de nature, pour les
entreprises, à alléger le poids (relatif) de leur
lourde dette, qui représente entre 165% et 170%
du PIB (en incluant les véhicules de financement
d’investissement des collectivités locales), et à
améliorer leurs profits, donc à réduire quelque peu
les problèmes de liquidité auxquels elles peuvent
être confrontées ; même si le risque de défaut
reste dans l’ensemble assez élevé.
Mais une croissance toujours fragile…
Cela dit, la croissance reste fragile. La très légère
amélioration au quatrième trimestre 2016 ne doit
pas faire oublier que l’activité économique est en
partie portée depuis plusieurs mois par :
une politique budgétaire expansionniste (le
déficit pourrait s’être creusé à environ 5% du
PIB en 2016), mais qui ne peut être
maintenue sur cette tendance indéfiniment ;
une politique monétaire accommodante, mais
de plus en plus confrontée à ce dilemme,
croissance versus surendettement et risques
pour la stabilité financière ;
l’immobilier, qui montre néanmoins des signes
d’essoufflement et est probablement proche
d’un haut de cycle.
Cela conduit, en outre, à nuancer les quelques
éléments positifs évoqués plus haut. L’activité a
été portée par la consommation, certes celle des
ménages, mais aussi celle du gouvernement,
assez généreuse depuis plusieurs mois... En ce
qui concerne les services, la dynamique récente
n’est pas sans lien avec la très bonne tenue du
secteur de l’immobilier, même si ce n’est bien sûr
pas la seule explication.
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janv.-12 janv.-13 janv.-14 janv.-15 janv.-16 janv.-17
Chine : activité
ventes de biens de consommation (nom, a/a, %)
production industrielle (vol, a/a, %)
investissement urbain (cumul, nom, a/a, %)
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janv.-12 janv.-13 janv.-14 janv.-15 janv.-16 janv.-17
Chine : immobilier résidentiel
investissement (CNY courant, cumul, a/a, %)
superficies vendues (m², cumul, a/a, %)
nouvelles constructions (m², cumul, a/a, %)
prix (moy. 18 premières villes, a/a, %)
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janv.-12 janv.-13 janv.-14 janv.-15 janv.-16 janv.-17
Chine : profits et prix à la
production
profits (cumul depuis janv., a/a)
prix à la production