Epopée de la Res publica

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509
La chute
de la
Rome royale
LA RÉPUBLIQUE
DE ~509 À ~27 AV. JC
La République
509 - 265
 En quête de reconnaissance
 A la recherche de ses institutions
 A la conquête de l’Italie
Brutus et Tarquinius Collatinus consuls
LA RÉPUBLIQUE
509 - 265
Les débuts de la République
L. Junius Brutus et L. Tarquinius Collatinus
Or, si l'avènement de la République date de cette année-là,
c'est surtout parce que le pouvoir des consuls, aussi étendu
que celui des rois, fut limité à un an ; les premiers consuls
conservèrent par ailleurs toutes les prérogatives et tous les
insignes de la monarchie ; on prit seulement la précaution,
pour ne pas avoir l'air de multiplier par deux leur pouvoir, de
ne pas donner les faisceaux aux deux consuls en même temps
: Brutus les reçut d'abord, son collègue s'effaçant devant lui. Il
mit autant d'ardeur à défendre la liberté qu'il en avait mis à la
conquérir. Voulant avant tout empêcher que l'engouement du
peuple pour la liberté nouvelle cède un jour aux prières ou aux
largesses royales, il lui fit jurer de s'opposer au retour des rois.
Tite-Live, Hist. rom., II, 1.
Brutus comprend l’oracle
On dit qu’une voix, sortie du fond de la grotte, se fit
entendre : "Celui d’entre vous qui embrassera le premier
sa mère, jeunes gens, obtiendra le pouvoir suprême à
Rome."; Les Tarquins exigèrent qu’on garde le secret pour
que Sextus, qui était resté à Rome, ignore la réponse et
n’obtienne pas le pouvoir. Ils laissèrent le sort décider qui
embrasserait le premier sa mère, quand ils rentreraient à
Rome. Pour Brutus la parole de la Pythie avait une tout
autre signification : il glissa, tomba et embrassa le sol, la
terre étant de toute évidence la mère de tous les
hommes. Puis ils revinrent à Rome au moment où on
préparait la guerre contre les Rutules.
Tite-Live, Hist. rom., I, 56
La guerre contre les Etrusques 508-507
LA RÉPUBLIQUE
509 - 265
La Marche de Porsenna contre Rome
http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/1357829
Un héros romain
Horatius Cocles
Maquette de la Rome archaïque
Rome – Musée national de la civilisation romaine
www.livius.org/ho-hz/horatius/cocles.html
GROTIUS Horatius Cocles –
Série des héros romains 1586
Amsterdam Rijksmuseum
http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Horatius_Cocles.jpg
Héroïsme d’Horatius Coclès
Alors Coclès s'écria: "Père Tibre, je te supplie
respectueusement de recevoir ces armes et ce soldat
dans un flot bienveillant". Ainsi tout armé il plongea dans
le Tibre et malgré la grêle de traits qui s’abattit sur lui, il
rejoignit les siens à la nage, sans dommage, après avoir
accompli un exploit qui devait demeurer pour la postérité
plus fameux que digne de foi. L’État récompensa un tel
acte de bravoure : il eut sa statue au comitium ; on lui
donna tout le terrain dont il put faire le tour en un jour
avec la charrue. Les particuliers lui manifestèrent leur
reconnaissance et s’associèrent aux honneurs officiels :
malgré la disette, chacun se priva un peu et tira de ses
provisions de quoi lui apporter quelque chose.
Tite-Live, Hist. rom., II, 10
Mucius Scaevola
Louis-Pierre DESEINE 1749-1822
Mucius Scævola
Marbre. 1791.
Pièce de réception pour l'Académie
royale française
Musée du Louvre
Les débuts de la République
L’aristocratie au pouvoir
LA RÉPUBLIQUE
509 - 265
GENTES
PATERFAMILIAS
CLIENTES
COMITIA
PLEBS
OPTIMATES
Patriciens et plébéiens
 Toute l'autorité politique et religieuse appartenait désormais
aux chefs de grandes familles, les gentes.
paterfamilias
clientes
 La puissance du Sénat
patriciens.
comitiae « comices »
Senatus
 La plèbe - plebs
Les plébéiens étaient exclus des charges et des honneurs ;
ils ne pouvaient être ni prêtres ni magistrats ;
MAIS on exigeait d'eux qu'ils achètent un équipement
militaire pour participer aux campagnes que commandaient
des chefs toujours patriciens.
La première sécession de la plèbe
494 av. JC
Le sénat décida d'envoyer Menenius Agrippa haranguer la plèbe: c'était un homme
qui savait parler et il avait les faveurs de la plèbe dont il était issu. Autorisé à entrer
dans le camp, il se borna, dit-on, à raconter l'histoire suivante, dans le style heurté
de ces temps éloignés. Autrefois le corps humain n'était pas encore solidaire comme
aujourd'hui, mais chaque organe était autonome et avait son propre langage ; il y
eut un jour une révolte générale : ils étaient tous furieux de travailler et de prendre
de la peine pour l'estomac, tandis que l'estomac, bien tranquille au milieu du corps,
n'avait qu'à profiter des plaisirs qu'ils lui procuraient. Ils se mirent donc d'accord : la
main ne porterait plus la nourriture a la bouche, la bouche refuserait de prendre ce
qu'on lui donnerait, les dents de le mâcher ; Le but de cette révolte était de mater
l'estomac en l'affamant, mais les membres et le corps tout entier furent réduits dans
le même temps à une faiblesse extrême. Ils virent alors que l'estomac lui aussi jouait
un rôle aussi, qu'il les entretenait comme eux-mêmes l'entretenaient, en renvoyant
dans tout l'organisme cette substance produite par la digestion, qui donne vie et
vigueur, le sang, qui coule dans nos veines. Par cet apologue, en montrant comment
l'émeute des parties du corps ressemblait à la révolte de la plèbe contre les
patriciens, il les ramena à la raison
Tite-Live, Hist. rom., II, 32
.
La création des tribuns de
la plèbe – 493 av. J.-C.
« On en vint au compromis suivant : la plèbe
aurait des magistrats à elle, inviolables, qui la
protégeraient contre les consuls; cette
magistrature serait interdite aux patriciens. Ainsi
furent élus deux tribuns de la plèbe, C. Licinius et
L. Albinus ; ceux ci se choisirent trois collègues,
parmi lesquels Sicinius, l'un des instigateurs de la
sécession. On ne s'accorde pas sur les noms des
deux autres. Certains disent que l'on ne nomma
que deux tribuns sur le mont Sacré, et que c'est
là que fut votée la loi qui les rendait sacro-saints
(lex sacrata »). (Tite-Live, Hist. rom., II, 33)
La loi agraire de 486
Et Cassius
… fut précipité du haut de la Roche Tarpéienne …
Les Decemvirs
et la loi des douze Tables
Une commission alla étudier les lois
athéniennes et fit son rapport. On nomma un
décemvirat aux pouvoirs consulaires en
remplacement de toutes les magistratures
pour adapter et publier ces lois. Ceci se passa
trois cent deux ans après la fondation de
Rome.
Tite-Live, Periochae, 3
Furent nommés décemvirs : Appius Claudius, Titus
Genucius, Publius Sestius, Titus Veturius, Gaius Julius,
Aulus Manlius, Publius Sulpicius, Publius Curiatius, Titus
Romilius et Spurius Postumius. Claudius et Genucius
étaient déjà désignés comme consuls pour l'année
suivante : ils changèrent seulement de fonction ; Sestius,
consul l'année précédente, fit également partie de la
commission parce qu'il avait proposé au sénat la création
du décemvirat malgré l'opposition de son collègue. Juste
après eux, on avait nommé les trois membres de la
délégation envoyée à Athènes, pour les honorer et les
remercier d'avoir fait un si long voyage et aussi parce
qu'on pensait que leur connaissance des lois étrangères
serait très utile lors de l'élaboration de nouvelles lois. Les
autres étaient là pour compléter la liste : on dit qu'on
avait désigné pour finir des gens d'un certain âge pour
qu'ils apportent un élément de calme dans les
discussions. La direction de l'ensemble du collège fut
confiée à Appius Claudius qui avait les sympathies de la
plèbe.
Tite-Live, Hist. rom., III, 33
La loi des XII table
Ils publièrent ces lois sur dix Tables, convoquèrent l'assemblée du
peuple et invitèrent le public à prendre connaissance des textes
affichés, en formant des vœux pour le bonheur, le succès et la
réussite de l'État, de leurs enfants et d'eux-mêmes. Ils avaient
institué des lois égales pour tous, des plus puissants aux plus faibles,
dans la mesure, disaient-ils, où dix intelligences humaines étaient
capables de le faire. Une réflexion et une consultation plus larges ne
pourraient qu'améliorer le résultat : qu'ils examinent donc
soigneusement chaque proposition, qu'ils en parlent entre eux et
qu'ils fassent connaître précisément ce qu'il fallait ajouter ou
retrancher. L'accord de tous donnerait au peuple romain le
sentiment de s'être donné ses lois et pas seulement d'avoir voté les
lois qu'on lui proposait. Une fois que les articles de lois parurent
suffisamment amendés par les avis qu'on avait pu recueillir, les lois
inscrites sur les Dix Tables furent soumises au vote des comices
centuriates. Dans l'énorme masse de lois accumulées au cours des
siècles, elles constituent aujourd'hui encore la source de tout le droit
public et privé.
Tite-Live, Hist. rom., III, 34
LOI DES XII TABLES
Vers 451-449 av. J.-C.
Table I
(1) SI QUELQU'UN EST CITÉ EN JUSTICE, QU'IL Y AILLE. S'IL N'Y VA PAS, QUE L'ON APPELLE DES
TÉMOINS. ENSUITE QU'ON S'EN SAISISSE (Porph., ad Hor. Sat., 1, 9, 76 ; Cf. Cic., de leg., 2, 4, 9 ; Gell., 20, 1,
25 ; Auct., Her., 2, 13, 19 ; Plin., N.H., 11, 45 ; Verg., ecl., 6, 3 ; Gai., 1 ad XII tab., D., 2, 4, 18 ; D., 2, 4, 20 ; 2, 4,
22 pr).
(2) SI LE DÉFENDEUR TENTE DE RUSER OU DE FUIR, METS LA MAIN SUR LUI (Fest., Struere, Pedem struit ;
Cf. Gaius, 4, 21 ; lex coloniae genitivae, c. 61).
(3) S'IL Y A MALADIE, ÂGE OU DÉFAUT CORPOREL, FOURNIS-LUI UNE BÊTE DE SOMME. S'IL N'EN VEUT
PAS, NE LUI OFFRE PAS UN VÉHICULE COUVERT (Gell., 20, 1, 24. 25 ; 20, 1, 11 ; 20, 1, 30).
(4) QU'À UN PROPRIÉTAIRE SOIT GARANT UN PROPRIÉTAIRE ; QU'À UN PROLÉTAIRE SOIT GARANT UN
CITOYEN QUI LE VEUT BIEN (Gell., 16, 10, 5 ; Cf. Cic., top., 2, 10 ; Gai., 1 ad XII tab., D., 2, 4, 22, 1).
(5) QUE CEUX QUI SONT ENGAGÉS (par nexum ou mancipium) ET CEUX QUI SONT DÉGAGÉS AIENT LE
MÊME DROIT (Fest., Sanates ; Cf. Gell., 16, 10, 8 ; Tab. I, n. 10).
(6) ... S'ILS S'ACCORDENT, PROCLAME-LE (Auct., Her., 2, 13, 20 ; Cf. Scaur., Orthogr., p. 2253 ; Prisc., Inst.
gramm., 10, 5, 32).
(7) S'ILS NE S'ACCORDENT PAS, QU'ILS EXPOSENT LEUR CAUSE AU COMICE OU AU FORUM AVANT MIDI.
PENDANT L'EXPOSÉ QUE TOUS DEUX SOIENT PRÉSENTS (Auct, Her., 2, 13, 20 ; Cf. Gell., 17, 2, 10).
(8) APRÉS MIDI, ADJUGE L'OBJET DU LITIGE À CELUI QUI EST PRÉSENT (Gell., 17, 2, 10).
(9) SI TOUS DEUX SONT LÀ, QUE LE COUCHER DU SOLEIL METTE FIN À LA CONTESTATION (Gell., 17, 2,10 ;
Cf. Varr., l. L., 7, 51 ; Macr., Sat., 1, 3, 14 ; Fest., suppremum).
Deuxième sécession de la plèbe
450 av. J.-C.
Mura (1697-1782)
La Mort de Virginie 1760
Manchester
http://www.wga.hu/frames-e.html?/html/m/mura/virginia.html
Doyen (1726-1806)
La mort de Virginie 1758
Parme - La Galerie nationale
http://www.univ-montp3.fr/pictura/GenerateurNotice.php?numnotice=A1131
La conquête de nouveau droits
 445 Institution des tribuni militum consulari potestate






"tribuns militaires disposant du pouvoir des consuls" qui
remplacent les consuls sans en avoir toutes les
attributions. Cette magistrature sera abolie en 367.
443 Institution de la censure.
434 La durée de la censure est réduite à dix-huit mois.
409 Les premiers magistrats plébéiens : trois questeurs.
367 Suppression des tribuni militum consulari potestate
et rétablissement des institutions normales.
Lex Licinia : réduction des dettes et surtout accès des
plébéiens à l'un des deux consulats.
Institution de la préture et de l'édilité curules,
magistratures réservées aux patriciens.
Les guerres contre
les Sabins
les Volsques
les Eques
LA RÉPUBLIQUE
509 - 265
les Véiens
Carte de l’Italie au VIème siècle av.JC
http://voyagesenduo.com/italie/rome_antique_conquetes.html
Guerres contre les Sabins, les
Èques et les Volsques.
La trahison de Coriolan
Les femmes de Rome allèrent en foule trouver sa mère Veturia et sa
femme Volumnia ; je ne sais si c’était sur ordre du sénat ou sous la
pression de la peur naturelle aux femmes. Ce qui est sûr c’est que Veturia,
malgré son grand âge et Volumnia, tenant par la main les deux enfants
qu’elle avait eus de Coriolan les accompagnèrent jusqu’au camp ennemi :
puisque les hommes ne pouvaient pas défendre la ville par leurs armes,
les femmes emploieraient les larmes et les prières pour sa défense.
Quand elles arrivèrent au camp, on prévint Coriolan qu’un immense
cortège de femmes était là ; insensible à l’autorité de l’État dans la
personne de ses représentants, à la majesté, tangible et morale à la fois,
des prêtres, qui reste attachée à leur ministère sacré, il ne fut pas plus
ému par les larmes des femmes. Un de ses amis reconnut dans la foule, à
la violence de son chagrin, Veturia, debout entre sa belle-fille et ses
petits-enfants et lui dit : « Si mes yeux ne me trompent pas, ta mère est
là, avec ta femme et tes fils. »
Tite-Live, Hist. rom., II, 39-40
La mère de Coriolan défend Rome
Incapable de maîtriser l’émotion qui l’étreignait, Coriolan se leva et
courut embrasser sa mère, mais elle, passant des larmes à la colère : «
Dis-moi, avant que j’accepte ton étreinte, si c’est un ennemi ou un fils
que Je suis venue trouver, si dans ce camp je suis ta prisonnière ou ta
mère. Une longue vie, une pénible vieillesse ne m’ont-elles valu que de
te voir exilé, ennemi de ton pays ? Tu as donc pu ravager la terre qui t’a
porté et nourri ? Admettons que tu sois venu le coeur plein de haine et
de menaces : ta colère n’est-elle pas morte sur le sol de la patrie ? En
voyant Rome, n’as-tu pas pensé : derrière ce mur se trouvent ma maison
et mes pénates, ma mère, ma femme et mes enfants ? Hélas, si je ne
t’avais pas donné le jour, Rome ne serait pas en état de siège. Si je
n’avais pas eu de fils, je serais morte libre dans une cité libre ! Plus rien
ne peut m’atteindre aujourd’hui qui ne te fasse plus de honte qu’à moi de
peine, et même si je dois toucher le fond du malheur, je ne m’y
maintiendrai pas longtemps. C’est à eux qu’il faut songer : une mort
prématurée ou une longue servitude les attend. » Sa femme ensuite, ses
enfants qu’il serrait dans ses bras, les larmes de toutes les femmes qui
pleuraient sur leur sort et celui de la patrie, finirent par l’attendrir. Après
une dernière étreinte, il laissa repartir les siens. Pour sa part, il s’éloigna
de Rome avec son armée. Tite-Live, Hist. rom., II, 39-40
Eustache LE SUEUR Volumnie et Véturie devant Coriolan vers 1638
Musée du Louvre, Paris.
http://www.histoire-fr.com/rome_republique_1.htm
Comme les Véiens se comportaient en voisins plus insupportables que dangereux, la famille des Fabius demanda la permission de leur faire la guerre et envoya contre eux trois ce
La guerre contre les Véiens
482 - 476
Comme les Véiens se comportaient en voisins
plus insupportables que dangereux, la famille
des Fabius demanda la permission de leur
faire la guerre et envoya contre eux trois cent
six hommes, qui se firent massacrer à
l'exception d'un seul à Cremera.
Tite-Live, Periochae, III
La guerre contre les Eques
457
Giovanni Francesco ROMANELLI (1612–1660)
Les représentants du Sénat offrent la pourpre à Cincinnatus. Fresque, 1655-1658.
Paris, Musée du Louvre - Source/Photographe Jastrow (2008) Accession number INV. 20350
La guerre contre les Véiens
405 - 396
 L'importance de Véies, ce siège de dix années la montre bien.
C'est alors que pour la première fois on passa l'hiver sous des
tentes en cuir, les campagnes d'hiver furent rémunérées par
une solde, à la demande de la troupe on prêta serment de ne
repartir qu'après la prise de la ville. Les dépouilles du Lar
Tolumnius furent rapportées à Jupiter Férétrien. Enfin ce ne
fut pas avec des échelles et un assaut, mais par un tunnel et
des ruses souterraines que s'accomplit la chute de la ville.
L'ampleur du butin enfin parut telle qu'on en fit porter le
dixième à Apollon Pythien et que l'on appela le peuple romain
tout entier à participer au pillage. Voilà ce que fut Véies. Qui de
nos jours se souvient qu'elle a existé? Qu'en reste-t-il? Et
quelle trace a-t-elle laissée? L'autorité des historiens a bien du
mal à nous faire croire qu'elle a existé.
 Florus, Epitomae, I, 6
390 av. JC
Les Gaulois au Capitole
Les plébéiens avaient barricadé leurs portes, mais les
demeures patriciennes étaient restées ouvertes et les Gaulois
craignaient d’y pénétrer plus encore que si elles étaient
fermées. Ils regardaient avec respect les personnages assis à
l’entrée de leur demeure : de leur personne, de leurs
ornements et de leur costume se dégageait une majesté
surnaturelle : on aurait dit des dieux et ils restaient à les
contempler comme des statues. Voici ce qu’on raconte à
propos de Papirius [L. Papirius Mugillanus, consul en 427,
tribun militaire à pouvoir consulaire en 422, interroi en 421]:
un Gaulois lui caressa la barbe, qu’il portait longue à la mode
d’alors ; il frappa à la tête avec son sceptre d’ivoire pour lui
faire lâcher prise ; la tuerie se déchaîna alors, tous les
magistrats assis devant leur maison furent égorgés. Après le
meurtre des hauts personnages, on n’épargna plus personne,
les maisons furent pillées et incendiées.
Tite-Live, Hist. rom., V, 41
Manlius Capitolinus sauvant le Capitole
Boccace, enluminure issue de l'ouvrage de casibus, France, XV° siècle
http://www.histoire-fr.com/rome_republique_1.htm
Vae victis !
Brennus posant son épée sur la balance, par Paul Lehugeur, XIX° siècle.
http://www.histoire-fr.com/rome_republique_1.htm
Rome consolide sa situation 386-350
GOLTZIUS Titus ManliusTorquatus 1590
Manlius Torquatus
 Titus Manlius était de la plus haute naissance et de grande noblesse. On
donna à ce Manlius le surnom de Torquatus. La cause de ce surnom, nous
a-t-on dit, fut un collier d’or, dépouille qu’il prit pour se la mettre à
l’ennemi qu’il avait tué. [...] Un Gaulois nu, mis à part son bouclier et deux
galaives, orné d'un collier et de bracelets, s'avança. Il surpassait tous les
autres par sa force, sa haute taille, sa jeunesse et son courage en même
temps. [...] Il crie à pleine voix que si quelqu'un veut se battre en combat
singulier avec lui, il n'a qu'à faire un pas en avant. Personne n'osait à
cause de sa haute taille et de sa carrure énorme. Alors le gaulois se mit à
se moquer des Romains et à tirer la langue. Cela emplit soudain de
douleur un certain Titus Manlius, issu de la plus haute noblesse, qu'un tel
outrage fût infligé à sa cité et que, d'une si grande armée, personne ne fît
ce pas en avant. [...] Manlius frappa du bouclier le bouclier du Gaulois et
lui fit perdre l'équilibre [...] Lorsqu’il l’eut renversé le Gaulois, il coupa la
tête, enleva le collier et le mit tout sanglant à son cou. A la suite de ce
haut fait il reçut le surnom de Torquatus, lui et ses descendants.
A la conquête de l’Italie 350
LA RÉPUBLIQUE
509 - 265
Les guerres samnites
 343-341 Première guerre contre les Samnites
à l'appel des Campaniens.
 327-304 Deuxième guerre contre les Samnites
 299-290 Troisième guerre contre les
Samnites.
Les guerres samnites
 343-341 Première guerre contre les Samnites
à l'appel des Campaniens.
RUBENS Victoire et Décès de Decius Mus
1617
Les Romains luttant avec difficulté dans la bataille, P. Decius, alors consul avec Manlius,
se dévoua pour l’armée : ayant éperonné son cheval, il se jeta au milieu des ennemis et,
une fois tué, rendit par sa mort la victoire aux Romains. Les Latins se soumirent.
Tite-Live, Periochae, 8
www.histoire-fr.com/rome_republique_2.htm
Rien ne contribua plus à l'agrandissement de
Rome que ce procédé toujours employé par
les Romains de s'annexer et d'incorporer les
peuples vaincus.
Plutarque, Vie de Romulus, 16
Les guerres samnites
 343-341 Première guerre contre les Samnites
à l'appel des Campaniens.
 327-304 Deuxième guerre contre les Samnites
« Passer sous les fourches caudines »
Victoire des Fourches Caudines 321
Pour atteindre l'Apulie, le plus court chemin passait par
une vallée encaissée, le défilé des Fourches Caudines. Les
Romains s'y engagèrent imprudemment et trouvèrent
l'issue bloquée par les rochers et des arbres abattus.
Impossible de revenir en arrière ; des Samnites
surgissaient sur toutes les crêtes ; l'armée paralysée de
stupeur dut se rendre aux conditions les plus humiliantes
: promesse d'évacuer le pays samnite, six cents otages
emmenés en prison, passage sous le joug de toute
l'armée, consuls en tête... Et cela sous les moqueries des
ennemis, qui menaçaient et frappaient les Romains
humiliés.
Tite-Live, Hist. rom., IX, 46-47
Les guerres samnites
 343-341 Première guerre contre les Samnites
à l'appel des Campaniens.
 327-304 Deuxième guerre contre les Samnites
 299-290 Troisième guerre contre les
Samnites.
Devotio de P. Decius Mus
Manlius commandait l’aile droite, Décius l’aile gauche. D’abord, des
deux côtés, on mena l’affaire avec des forces égales et la même ardeur, puis, à
l’aile gauche, les hastati romains, ne supportant pas la poussée des Latins, se
replièrent sur les principes. Dans ce trouble, le consul Décius crie d’une voie
forte à Marcus Valerius : « L’aide des dieux nous est nécessaire, Marcus
Valerius ; allons, pontife public du peuple romain, dicte moi les mots propres à
me dévouer pour les légions. » Le pontife l’invita à prendre la toge prétexte,
et, la tête voilée, la main saillant sous la toge, relevée jusqu’au menton, les
pieds sur un javelot étendu à terre, debout, à dire : « Janus, Jupiter, Mars Père,
Quirinus, Bellone, Lares, divinités Nouvelles, dieux Indigètes, divinités
maîtresses de nous et de nos ennemis, et vous, dieux Mânes, je vous prie,
vous supplie respectueusement, vous demande en grâce et propose à votre
agrément qu’au peuple romain des Quirites vous accordiez heureusement
force et victoire, et que les ennemis du peuple romain des Quirites, vous les
frappiez de terreur, d’effroi et de mort. Comme je le déclare par ces mots,
pour l’Etat du peuple romain des Quirites, l’armée, les légions, les auxiliaires
du peuple romain des Quirites, je voue les légions et les auxiliaires de
l’ennemi, avec moi, aux dieux Mânes et à la Terre. »
Tite-Live, Hist. rom., VIII, 9
La victoire contre Tarente
280-275
 Romains qui subissent de lourdes pertes à
Héraclée (280) et à Asculum (279)
 Pyrrhus est battu à Bénévent 275
La défaite romaine d’Héraclée 280
Première phase
Deuxième phase
Les Romains fuient
… devant les éléphants
« Une victoire à la Pyrrhus »
D'après Denys, les pertes auraient été de plus de
quinze mille hommes tant du côté de Pyrrhus
que du côté des Romains. Les deux armées se
retirèrent, et Pyrrhus, dit-on, répondit à l'un de
ceux qui le félicitaient : "Si nous remportons
encore une victoire sur les Romains, nous serons
complètement perdus". C'est qu'il avait laissé sur
les champs de bataille une grande partie des
troupes qu'il avait amenées et presque tous ses
amis et généraux.
Plutarque, Vie de Pyrrhus, 21
Rome
est
maîtresse
de
l’Italie
www.cosmovisions.com/ChronoItalieAntique.htm
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