Camouflage et mimétisme chez les insectes

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Camouflage et mimétisme
chez les insectes
Patrice BONAFONTE
Plan de la présentation
 Définitions
 Les stratégies mimétiques
 Le camouflage
 Homotypie/homochromie
 Colorations disruptives
 Avertissement
 Le mimétisme
 Découverte historique
 Les trois acteurs du mimétisme
 Mimétisme Müllérien
 Mimétisme Batésien
 Conclusion
 Sources
Définitions
mimétisme : mécanisme offensif ou
défensif grâce auquel un animal se
dissimule aux yeux de son prédateur ou
à ceux de sa proie. Il s'agit, pour
l'animal mimétique, de paraître ce qu'il
n'est pas : un autre animal ou encore un
élément inerte de l'environnement. Pour
cela, il a recours à de nombreux
artifices, visuels, olfactifs ou
comportementaux.
Définitions
Le mimétisme est une stratégie adaptative
d'imitation. Cela permet par exemple à une espèce
d'échapper à d'éventuels prédateurs. Les stratégies
mimétiques sont de divers types, comme les espèces
qui disposent de moyens d'échapper à la vision du
prédateur - on parle alors de camouflage ou de
mimétisme cryptique - ou comme le fait de se faire
passer pour une autre espèce, par exemple en se
parant des attributs d'espèces non comestibles, voire
dangereuses. Toutefois, le mimétisme peut répondre
à d'autres contraintes, telles que la reproduction, ou
la prédation.
Définitions
Il existe une différence majeure entre le mimétisme
et le camouflage du point de vue de leur évolution :
si l'aptitude au camouflage, notamment par la
couleur, peut apparaître et se développer très
rapidement au sein d'une espèce par le jeu des
mutations et de la sélection (exemple de la phalène
du bouleau), le mimétisme au contraire implique un
mécanisme complexe de co-évolution mettant en jeu
trois espèces : l'espèce servant de "modèle",
l'espèce imitatrice et l'espèce dupée. L'homochromie
est le mimétisme des couleurs et l'homotypie le
mimétisme des formes.
Les stratégies mimétiques
 Mimer pour se cacher.
Se fondre dans l'environnement.
 Se cacher en se déguisant
 Mimer pour effrayer.
 Imiter en devenant terrifiant.
 Ressembler à un animal dangereux.
 Mimétisme Batésien
 Mimétisme Müllérien
 Mimer pour attirer ses proies
 Mimer pour se reproduire.

Les stratégies mimétiques
Types de
"camouflage"
Moyens
Exemples typiques
Homotypie
prendre la couleur et forme
du substrat
-"bâtons" des Phasmes et chenilles de
Géométrides
-silhouettes d'orthoptères
Homomorphie
prendre la forme du
substrat
-phyllomorphie des "Phyllies" et
"Sauterelles"
-phyllomorphie de certains Lépidoptères
Homochromie variable
adapter sa couleur à celle
du substrat
-criquets Oedipodes
-fourreaux de Lépidoptères Psychides
Attitudes "agressives"
prendre des postures
d'intimidation
-postures des Staphylins et Méloés
-poses spectrales des "Mantes"
Colorations disruptives
("camouflage" s.s)
brouiller son contour par
des colorations contrastées
-raies transverses vives chez adultes et
chenilles de Lépidoptères
Colorations et "taches"
d'avertissement
prendre l'aspect de
prédateurs réputés
-ocelles des Lépidoptères
-couleurs disuasives jaunes et noires vives
des Diptères
Mimétisme
tirer avantage de sa
ressemblance avec le
mimé
-mimétisme parasitaire(myrmécophiles...)
-Diptères et Apides
Le camouflage : définition
 Le camouflage est une démarche différente
du mimétisme sensu stricto, puisqu'il consiste
à imiter des objets inanimés de
l'environnement comme une feuille, une
brindille (cas des phasmes), une crotte ...
 Deux types de camouflage peuvent coexister
l'homochromie est le mimétisme des couleurs
et l'homomorphie est le mimétisme des
formes.
Le camouflage : homotypie
 Homotypie : faculté de prendre la
couleur et la forme du milieu et des
objets qui l'entourent; il y a à la fois
homochromie (même couleur que le
substrat inerte ou vivant) et
homomorphie (même forme que leur
support); chez certains, il y a soit l'un,
soit l'autre.
Le camouflage : homotypie
 Différents cas d'homotypie (ou comment se
"déguiser" pour survivre) :
(Certaines photos sont extraites de la collection
remarquable de J.P Vanden Eeckoudt)
Insectes ressemblant à des brindilles sur des
arbustes ou buissons ou à de petites branches ou à
des épines (associé souvent à des attributs
morphologiques mimant le support et à une
immobilité passive ou défensive :"faire le mort")
Cas des Phasmes, des Empuses ou des chenilles de
Géométrides
Le camouflage : homotypie
Empuse provençale sur un rameau épineux
retournant son abdomen pour montrer ses épines
Homoptères Membracides
exotiques sur un rameau
ressemblant à des épines.
Moins spectaculaire, mais
ressemblant de loin à une
épine sur une tige : la
chrysalide pointue et
incurvée d'Anthocharis
cardamines (photo
G.Chauvin)
Le camouflage : homotypie
 Phasmes (Bacillus rossii - Clonopsis gallica) immobiles dans la
végétation - La "Bucéphale" Phalera bucephala ressemblant à une
petite branche cassée sur les feuillus (photo J.P.Petit)
Le camouflage : homotypie
 2 exemples d'homochromie :Saga pedo (Orthoptère) - Cassida viridis
(Coléoptère Chrysomélide)
Le camouflage : homotypie

"Phalène émeraude" Pseudopterna coronillaria (photo G.Chauvin)
(l'adulte dépose ses oeufs sur les ajoncs au mois d'août; la forme et la couleur
des chenilles les rendent peu visibles sur ces ajoncs où elles passent l'hiver
avant de se nymphoser dans le sol)
Le camouflage : homotypie
 chenilles de Géométrides : "cherchez la chenille" !
(photo G.Chauvin)
Le camouflage : homotypie
 Insectes mimant des feuilles avec parfois des attributs liés à ces
organes foliaires : phyllomorphie :
Sauterelle-feuille (Phanéroptère) qui
pousse la précision à imiter
l'encoche foliaire laissée par les
mandibules d'un phyllophage et les
taches dues à des champignons!
 Chenille imitant un excrément d’oiseau
Le camouflage : homotypie
 Insectes se confondant avec les écorces des arbres sur
lesquels ils se posent (ou l'art de se rendre invisible!) :
Lépidoptère Phalène Boarmia - la Noctuelle "Runique" Dichonia aprilina homochrome sur une
table de pierre reconstituée couverte de lichens (photo G.Chauvin)
Le camouflage : homotypie
Lépidoptères Noctuelle et Protoparce presque
invisibles sur les écorces
Le camouflage : homotypie
 Le cas de Biston betularia
Biston betularia, un papillon de nuit, a pour principaux prédateurs les
oiseaux.
Si je suis ce papillon, ma stratégie de survie consiste à me fondre avec
l’écorce des Bouleaux, une coloration blanche mouchetée de noire
(typica) est donc gage de survie (homochromie). Et pourtant il existe
naturellement une forme mélanique donc sombre (carbonaria)
beaucoup moins courante. Avec la révolution industrielle, ma livrée
claire a commencé à me jouer des tours, les oiseaux me repéraient
facilement et la tendance s’est inversée. En quelques générations dans
les régions marquées par une industrie très présente ma forme noire
devint beaucoup plus courante puisque les troncs d’arbres noircirent
avec la pollution ambiante !
Ainsi, chez une même espèce, la forme blanche dominait en région
rurale alors que la forme sombre dominait dans les régions
industrielles. La couleur d’un individu conditionne ici sa survie et donc
le nombre de ses descendants selon le milieu qu’il fréquente. « Histoire
d’allèles et de génétique », la sélection naturelle agissant, la variabilité
génétique au sein de l’espèce est un parfait moyen de survie.
Le camouflage : homotypie
Biston Betularia
forme typica
Biston Betularia
forme c arbonaria
Lepidoptera - Geometridae)
Photo - Arthropa
Lepidoptera - Geometridae)
Photo - Arthropa
Le camouflage : colorations disruptives
 Colorations disruptives
Des raies ou dessins transverses, parfois de couleurs vives, estompent
les contours des insectes (en plus de l'homochromie): motif disruptif
aussi efficace pour l'insecte que le serait une coloration entièrement
cryptique.
Raies vert clair et vert foncé de la chenille du Sphinx du pin peu visible sur des
aiguilles de pin.
Le camouflage : homochromie variable

Homochromie variable (ou changeante) :
Les exemples précédents montraient des cas d'homochromie simple (type
invariable de coloration); mais il y a plus remarquable avec certaines espèces
capables de modifier assez rapidement leur couleur et de s'adapter ainsi
momentanément au milieu (il existe aussi de l'homochromie saisonnière);
Un cas connu en Europe est celui des Criquets Oedipodes qui prennent
momentanément la couleur du substrat (Oedipoda caerulea); cette
homochromie variable existe dès le stade larvaire
Le camouflage : homochromie variable
C'est aussi le cas des fourreaux de Lépidoptères Psychides constitués
de petits graviers : cette homochromie résulte ici des circonstances du
substrat utilisé
Fourreaux du Psychide Melasina
Le camouflage : homochromie variable
A défaut d’avoir un corps mimétique, certains utiliseront ce qu’ils
trouvent sur place, l’idée est alors de se recouvrir de matériaux
divers et variés pour se fondre dans son environnement ou
dissimuler sa présence, c’est efficace dans les deux sens.
Dichochrysa sp.
larve de Chrysope
Reduvius personatus
Hétéroptère
Lilioceria merdigera
Chrysomelidae (larve)
Le camouflage : mimétisme parasitaire
 La ressemblance, plutôt que de jouer sur les couleurs
et les formes, peut faire intervenir les odeurs. De
nombreuses espèces ont ainsi acquis les mêmes
odeurs que certaines espèces de fourmis qu'elles
parasitent : ainsi, elles peuvent entrer dans les
fourmilières sans encombre et manger les provisions
des fourmis. Les larves de certains coléoptères et
papillons arrivent même à se faire nourrir directement
par les fourmis.
 Certains intrus qui parasitent les fourmilières peuvent
mimer le comportement des larves de fourmis
lorsqu'elles quémandent de la nourriture.
Le camouflage : avertissement
 Colorations "voyantes" et dessins d'avertissement :
automimétisme, colorations prémonitoires, aposématisme
Chez certains insectes, déjà protégés soit par des
appareils vulnérants, soit par une odeur désagréable
ou une non comestibilité, se sont développées des
marques apparentes les signalant aux carnivores qui
seraient avertis (par expérience ?) de ne pas
s'attaquer à ces espèces dangereuses ou non
comestibles.
D'autres, non dangereux ou non comestibles, en ont
profité pour posséder ces signes extérieurs
d'avertissement.
Le camouflage : auto-mimétisme*
Ocelles des lépidoptères :
La vue d'une paire d'"yeux" grands ouverts et regardant en face provoque une
réaction de terreur et de fuite surtout chez les prédateurs mammifères et
oiseaux :effet répulsif établi par de nombreuses expériences ou au contraire
l'attaque dirigée sur l'ocelle (intérêt des dessins ocellés des ailes des papillons
situés loin des parties vitales de l'insecte : cas du 'Flambé")
Lépidoptère Satyride Eudia pavonia
ressembant à des yeux de Rapace!
"Petit paon de nuit" : Eudia pavonia
* L'auto-mimétisme est le cas d'animaux imitant une portion seulement du
corps d'un prédateur ou de leur propre corps.
Le camouflage : auto-mimétisme
Attributs morphologiques mimant ceux d'un prédateur :
Aspect de "serpent" ou "oeil fixe" de chenilles de Sphingides
Chenille du "Grand Sphinx de la vigne" mimant une tête de serpent (photo
M.Soudanne) - Chenille du "Sphinx de l'Epilobe" avec sa corne en forme d'oeil
fixe (photo P.Le Gall)
Le camouflage : aposématisme
 L'aposématisme est la stratégie adaptative
qui a permis à certains animaux d'émettre un
signal d'avertissement clairement perceptible
pouvant être visuel, sonore ou chimique.
On suppose que ce signal constitue un
moyen de défense et qu'il avertit les
prédateurs éventuels que ces animaux
ostensibles représentent pour eux un danger
et qu'ils doivent les éviter. Cette stratégie est
ainsi à l'avantage à la fois du prédateur et de
la proie
Le camouflage : aposématisme
 Colorations rouges et noires ou jaunes et noires
d'avertissement ou aposématiques signalant une
toxicité de l'insecte :
Les "Mylabres" (Méloides) et les Zygènes
(Lépidoptères) sont nonchalants et peu pressés de
s'envoler sur les fleurs car les prédateurs
connaissent leur toxicité signalée par leur coloration
(causticité extrême de l'hémolymphe des "Mylabres" :
utilisé autrefois en cataplasme révulsif...); mais les
colorations rouges et noires des "Punaises
Cercopes" ne sont pas liées à leur toxicité car ils ont
la capacité de sauter rapidement suivi d'un vol long
pour se mettre de toute façon à l'abri des prédateurs
(ils auraient pareillement échappé à ces prédateurs
même avec des couleurs non aposématiques).
Le camouflage : aposématisme
Zygène et Mylabre : colorations
rouges et noires aposématiques
signalant aux prédateurs leur
toxicité
Les "Ecailles" (Arctiides) ont des couleurs
contrastées aposématiques avec des motifs
signalant aux oiseaux leur toxicité comme
cette "Ecaille villageoise" Epicallia villica
Le camouflage : colorations prémonitoires

Colorations jaunes et noires mimant les colorations d'insectes prédateurs
dangereux :
Ces colorations signent pour un carnivore la dangerosité de l'insecte qui
pourtant ne l'est pas ! C'est le cas, par exemple, de Diptères Syrphides,de
certains Coléoptères et des Lépidoptères Sésides qui ont des raies noires et
jaunes imitateurs de la Guêpe (on peut parler de colorations prémonitoires) ;
c'est aussi du mimétisme Batésien partiel.
3 cas de "fausses-guêpes" : Coléoptère Plagionotus - Diptère Syrphus Lépidoptère Dipsosphecia
Et ça ?
 Des scientifiques californiens* ont décrit le comportement très
particulier que présentent les larves triongulins de Meloe
franciscanus pour attirer les mâles de leurs abeilles hôtes, des
Anthophoridés de l'espèce Habropoda pallida. Lorsqu'elles
quittent la galerie sableuse dans laquelle était cachée la ponte,
les larves triongulins restent groupées et grimpent sur la tige
végétale la plus proche, formant à son extrémité un amas
grouillant dont la forme et la position sur la plante ressemblent à
celles d'une femelle d'Habropoda. Cet amas de larves, qui émet
certainement une substance volatile mimétique de la
phéromone sexuelle de l'abeille, attire les mâles de
l'Anthophore. Lorsqu'un mâle tente de s'accoupler avec ce
leurre, les triongulins s'accrochent à ses poils et se font
transporter jusqu'à ce qu'il s'accouple avec une femelle de son
espèce. Les triongulins passent alors sur le corps de la femelle
qui les transportera jusqu'à son nid. Un mâle d'Anthophore
pouvant s'accoupler avec plusieurs femelles, les larves du
Méloé ont ainsi la possibilité de s'introduire dans un grand
nombre de nids.
* J. Hafernik et L. Saul-Gershenz, 2000, Beetle larvae cooperate to mimic bees, Nature, Vol 405, p35.
Et ça ?
Les larves de méloïdés remontent le long des tiges
pour s’agglutiner au bout afin d’attirer les abeilles.
(Saul-Gershenz, Millar/ PNAS)
Le mimétisme : découverte historique
 C'est l'entomologiste britannique Henry Walter Bates (1825-
1892), naturaliste et explorateur ayant passé onze ans en
Amazonie, qui émit pour la première fois une théorie sur le
mimétisme à propos de papillons d'aspects similaires, bien que
n'étant pas d'espèces proches: une espèce inoffensive profitant
de la répulsion provoquée par une espèce venimeuse. Il créa
alors le mot anglais "mimicry", un néologisme façonné sur le
grec et qui signifie "capacité à mimer". Fritz Müller (1834-1895),
un zoologiste suisse, expliqua pour la première fois en 1878, le
phénomène selon lequel deux espèces venimeuses différentes
vont adopter une même apparence par l'amélioration de
l'efficacité de leur livrée, leurs prédateurs apprenant plus vite à
se méfier d'elles. C'est en leur honneur que les deux types de
mimétisme sont nommés : le mimétisme Batésien et le
mimétisme mullérien.
Le mimétisme : les 3 acteurs
 Le modèle, émetteur de stimuli ou de signaux
perceptibles par les sens, autrement dit l'espèce
référence.
 Le mime : celui qui imite l'espèce référence, animal
ou végétal, et qui tire avantage de sa ressemblance
avec le modèle.
 Le dupe, bien souvent un prédateur, dont les sens
(par exemple la vue) perçoivent de la même manière
les stimuli émis par le modèle et par le mime. On
l'appelle aussi "opérateur" car la pression sélective
s'exerce à travers lui : c'est l'acteur de l'évolution du
mimétisme.
Le mimétisme Batésien
 Imiter un individu toxique, ayant mauvais goût ou
dangereux : le Mimétisme Batésien
Le mimétisme dit « Batésien", du nom du naturaliste anglais Henry
Walter Bates qui a étudié le mimétisme chez les papillons amazoniens
pendant la mi - et la fin du dix-neuvième siècle. Le mimétisme Batésien
se réfère à deux espèces ou plus qui sont semblables en apparence,
mais dont seulement une est armée d'épines, de dards, ou de
composants toxiques, tandis que son double apparent ne possède pas
ces traits. La deuxième espèce n'a d'autre défense que la
ressemblance à l'espèce dégoûtante et est protégée de certains
prédateurs par sa ressemblance à l'espèce dégoûtante, que le
prédateur associe avec une certaine apparence et une mauvaise
expérience. Des exemples de mimétisme Batésien sont toutes les
espèces de papillons qui imitent le toxique Heliconiiae. Un autre
fascinant imitateur est le Papilio memmon non-toxique d'Indonésie.
Chaque papillon femelle (indépendamment de sa coloration) peut
produire une ou plusieurs formes féminines différentes qui imitent
n'importe laquelle des cinq autres espèces de papillons au goût
répugnant.
Le mimétisme Batésien
Modèle
Non comestible
Imitateur
Comestible
Danaus chrysippus
aegyptius
(Lepidoptera,
Danaidae)
Hypolimnas
misippus
(Lepidoptera,
Nymphalidae)
Amauris niavius
niavius
(Lepidoptera,
Danaidae)
Papilio dardanus
f. hippocoonides
(Lepidoptera,
Papilionidae)
Bematistes epaea
epaea
(Lepidoptera,
Acreidae)
Elymnias
bamakoo
bamakoo
(Lepidoptera,
Nymphalidae)
Le mimétisme Batésien
 Chez P. dardanus, l’évolution a poussé le subterfuge au point de
créer plusieurs formes selon l’origine géographique des
populations et donc la présence de « modèles » à copier. Il faut
bien s’adapter et courir dans la bonne direction !
Je suis un papillon africain à la répartition géographique très
vaste ce qui n’est pas le cas de tous mes modèles.
Comme pour beaucoup d’espèces, ma femelle a plus
d’importance que mon mâle car c’est elle qui perpétue l’espèce.
Ainsi chez moi, les femelles vont scrupuleusement imiter certains
papillons toxiques pour tromper les oiseaux mais le mâle ne sera
pas mimétique, il n’a qu’un rôle de géniteur...
Papilio dardanus mâle (Lepidoptera,
Papilionidae) Photo - Arno Szwab
Le mimétisme Batésien
 Selon notre origine géographique, nous
imiterons tel ou tel papillon toxique (même si
certaines d’entre nous, non mimétiques,
prendront le risque de ressembler au mâle).
Dans notre exemple, l’une d’entre nous imite
Amauris niavius niavius (2ème ligne) mais
ailleurs, là où Amauris niavius niavius est
absent il faut trouver une autre solution et ce
sera par exemple Danaus chrysippus
aegyptius qui nous servira de modèle.
Et les exemples de formes sont multiples !
Le mimétisme Batésien
 Voici donc un cas très intéressant de
polymorphisme mimétique limité aux seules
femelles et c’est une illustration maintenant
classique du mimétisme Batésien. Il s’agit
pourtant toujours de la même espèce, de
quoi s’y perdre pour le naturaliste ! Et plus
d’un prédateur se retrouve d’ailleurs dupé !
Le mimétisme Batésien
 A la frontière du mimétisme Batésien se trouvent les couleurs
d’avertissement jaune et noire.
Polistes sp
Le "Modèle"
(Hymenoptera, Vespidae)
Photo - Cecile B. / ref : 7980
Les « Usurpateurs »
Chrysotoxum intermedium
(Diptera, Syrphidae)
Photo - Pietro Niolu
Clytus arietis
Parathrene tabaniformis
Coleoptera, Cerambycidae)
Photo - Hugues Mouret
(Hymenoptera, Sesiidae)
Photo - JEDQ
Le mimétisme Müllérien
 S’imiter l’un l’autre même si l’on est toxique tous les deux :
le mimétisme Müllérien
Le mimétisme de Müller, du nom de Fritz Müller, un zoologiste
allemand qui a travaillé en Amazonie 30 ans après Bates. Cette
forme de mimétisme se réfère à deux espèces toxiques qui
s'imitent l'une l'autre avec la même livrée d'avertissement
remarquable (aussi connu sous l'appellation de coloration
aposématique). Ainsi tout les mimétiques partagent les
avantages de la coloration puisque le prédateur reconnaîtra la
coloration d'un groupe toxique après quelques mauvaises
expériences. Puisque plusieurs espèces ont la même
apparence pour le prédateur, les décès d'individus se feront sur
plusieurs espèces, réduisant l'impact sur chaque espèce
individuelle.
Le mimétisme Müllérien
Monarque papillon à gauche, papillon de ViceRoy à
droite. Tous les deux ont un mauvais goût pour les
prédateurs. (Photo by R. Butler)
Le mimétisme Müllérien
 Chez les Heliconidae et les
Heliconius ethilla
aerotome
(Lepidoptera,
Heliconidae)
Tithorea harmonia
martina
(Lepidoptera,
Ithomiidae)
Heliconius atthis
(Lepidoptera,
Heliconidae)
Elzunia pavonii
(Lepidoptera,
Ithomiidae)
Ithomiidae sud-américains,
la Nature s’est amusée à
jouer sur la similitude des
livrées.
Nous sommes tous
toxiques et nous nous
ressemblons ainsi les
signaux sont clairs et sans
ambiguïté pour les
prédateurs. Cela
contribuera à améliorer
l’efficacité du message, le
prédateur apprendra plus
facilement à se méfier de
notre livrée
« standardisée ».
En guise de conclusion…
« Courir, toujours courir » pour « rester sur place » et pérenniser
l’espèce. « Courir » dans le sens d’un meilleur mimétisme pour
mieux se dissimuler, pour mieux tromper les prédateurs, c’est à
ce seul prix que l’on peut survivre dans ce monde de fauxsemblants fait de quiproquos.
Aucune règle n’est fixe, aucune n’est immuable, aucune
stratégie ne conférera jamais une protection parfaite et il faut
faire preuve de ruses dans ce jeu de subterfuges.
Ainsi certains insectes cumulent les stratégies, autant tout
combiner, ce sera peut-être plus efficace.
C’est le principe qu’applique la Noctuelle de l’Aulne (Acronicta
alni) : la jeune chenille ressemble à une fiente d’oiseau puis, en
se développant, elle va acquérir des teintes aposématiques.
Adulte, à l’instar du Géomètre du Bouleau, la Noctuelle de
l’Aulne se confondra avec l’écorce des arbres.
Nous sommes donc passés « de l’autre côté du miroir » pour
mieux comprendre ces « usurpateurs » qui nous entourent.
Désormais, surveillez les yeux qui vous guettent, sont-ce
vraiment des yeux ? Et cet animal aux couleurs chatoyantes estil vraiment toxique ou en imite-t-il un autre ? Ayez maintenant
toujours à l’oeil la moindre feuille ou le moindre bout de bois,
qui sait si c’en est vraiment un ! Jeu de dupes !
Et que penser maintenant des quelques Orchidées qui
« s’amusent » à copier les femelles de certaines abeilles jusqu’à
en usurper leur « parfum » de phéromones ?
« Pays des merveilles » s’il en est !
Sources
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Mimétisme - http://fr.wikipedia.org/wiki/Mimétisme
Aposématisme - http://fr.wikipedia.org/wiki/Aposématisme
Mimétisme - http://naturnet.free.fr/html/lepture.htm
L’art de la supercherie : mimétisme et camouflage http://fr.mongabay.com/rainforests/0306.htm
Warning Color and Mimicry – http://www.ucl.ac.uk/~ucbhdjm/courses/b242/Mimic/Mimic.html
Chemical Mimicry in Pollination http://www.colostate.edu/Depts/Entomology/courses/en570/papers_1996/bernklau.html
Animal camouflage http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Animal_camouflage?uselang=fr
Mimétisme. Subterfuges chez les arthropodes - http://www.insecte.org/spip.php?article39
Qu'est ce que le mimétisme ? - http://svt.acbordeaux.fr/ressciences%20bio/Mimetisme/monsiteweb4/nouvellepage2.htm
Album photo- Mimétisme - http://photos.linternaute.com/mimetisme/
Encarta : mimétisme http://fr.encarta.msn.com/encyclopedia_761569017/mim%C3%A9tisme.html
Le blog de Aliciabx : mimétisme - http://aliciabx.over-blog.com/pages/Le_mimetisme159799.html
Insect Camouflage and Mimicry - http://www.thewildones.org/Animals/camo.html
Défense et camouflage des insectes - http://aramel.free.fr/INSECTES33.shtml
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