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Chapitre 2.3.5. — Rhinotrachéite infectieuse bovine/Vulvovaginite infectieuse pustuleuse
les processus de pathogénie et d’immunité. Sur la base d’analyse de restriction de l’ADN viral, le BoHV1 peut
être différencié en différents sous-types : 1.1 (infections respiratoires), 1.2 (infections respiratoires et génitales) et
1.3 (infections neurologiques ; BoHV5), et 2b (17). Le virus du sous-type 2 peut être moins virulent que le virus du
sous-type 1 (7). Il n’y a néanmoins qu’un seul type antigénique de BoHV1.
Le nom de la maladie renferme ses principaux signes cliniques. Après une période d'incubation de 2 à 4 jours, les
signes cliniques deviennent évidents : jetage nasal séreux, ptyalisme, fièvre, inappétence, et abattement. En
quelques jours, le larmoiement et le jetage deviennent mucopurulentes. Les lésions nécrotiques dans le nez
peuvent se transformer en pustules et ulcères recouverts par des pseudomembranes qui vont obstruer les voies
aériennes supérieures en induisant chez l’animal une respiration orale. L'infection par le BoHV1 peut également
induire des avortements et une diminution de la production laitière (10). Dans les exploitations où la monte
naturelle est utilisée, l'infection génitale peut mener à la vulvovaginite ou balanoposthite pustuleuse. Ces deux
affections sont caractérisées par des lésions nécrotiques moyennes à sévères au niveau des muqueuses
vaginale et préputiale. Après insémination artificielle avec du sperme infecté, une endométrite peut survenir
(12). Chez les veaux infectés par le BoHV1, une maladie généralisée peut se développer, avec des lésions
nécrotiques focales dans les viscères dont découlera probablement une gastroentérite. Beaucoup d'infections
sont subcliniques (32). La méningo-encéphalite semble être habituellement le résultat d'une infection avec un
autre herpèsvirus apparenté mais distinct, le BoHV5 (27) comme récemment proposé, bien que l'infection à
BoHV1 puisse également causer, mais de manière sporadique, une méningo-encéphalite. Le BoHV1 peut
affecter les animaux de tous âges, mais la maladie touche généralement les animaux de plus de 6 mois.
Les cas d’infections non compliquées à BoHV1 de type respiratoire ou génital se résolvent en général en 5 à
10 jours. Des infections bactériennes secondaires avec, par exemple, des Pasteurella, peuvent provoquer des
signes cliniques plus graves dus à l’infection des voies aériennes plus profondes.
Le virus pénètre dans l’organisme au niveau des naseaux et se réplique à des titres élevés au niveau des cellules
de la muqueuse respiratoire supérieure et dans les amygdales. Il se dissémine ensuite aux conjonctives et par
transport axonal jusqu’au ganglion trijumeau. Une faible virémie peut se produire de temps en temps. Après
l'infection génitale, le BoHV1 se multiplie au niveau des cellules de la muqueuse génitale ou du prépuce, et
s’installe à l’état latent au niveau du ganglion sacré. L'ADN viral persiste dans les neurones du ganglion
probablement pendant toute la vie de l’animal. Si l’animal est soumis à un stress, comme le transport ou la
parturition, il peut se produire une réactivation du virus latent. Le virus peut alors être excrété par intermittence
dans l'environnement.
La lésion primaire est une nécrose focale des muqueuses nasale, laryngée, trachéale ou génitale. Cette lésion
est probablement la conséquence directe de la réplication du virus et de son effet cytopathogène (ECP) sur les
cellules. L'animal réagit dès lors par une réponse inflammatoire intense. Les lésions peuvent fusionner pour
former de grandes pustules renfermant des infiltrations de leucocytes. Les leucocytes périphériques du sang
peuvent héberger le BoHV1 (9, 19). Une infection aiguë à BoHV1 induit l'apoptose des cellules lymphoïdes
(35). Lors d’infections bactériennes secondaires, une pneumonie peut se développer. Chez les avortons, de petits
foyers nécrotiques sont disséminés dans de nombreux tissus, en particulier dans le foie.
L’infection induit normalement une réponse immune de type humorale avec production d'anticorps ainsi qu’une
réponse immune de type cellulaire dans les 7 à 10 jours qui suivent l’infection. La réponse immune persiste
normalement durant toute la vie de l’individu, bien qu'elle puisse tomber au-dessous des seuils de détection des
tests de détection. Cependant, l'immunité protectrice induite par l’infection n'est pas éternelle et les animaux
peuvent se réinfecter. Des anticorps maternels sont transférés aux jeunes veaux par l'intermédiaire du colostrum
et ces derniers sont par conséquent protégés contre la maladie (16). Les anticorps maternels ont une demi-vie
biologique d'environ 3 semaines, mais peuvent être détectés de temps en temps chez les animaux jusqu'à
9 mois, mais rarement chez les animaux au-dessus de cet âge.
Le virus existe dans le monde entier, partout où l’on trouve des bovins domestiques. D’autres ruminants peuvent
être infectés par le BoHV1, mais ceci n'a probablement aucune influence sur la diffusion du BoHV1 chez les
bovins domestiques. Indépendamment des ruminants, aucun autre réservoir de BoHV1 n'existe. La dose
minimale infectieuse de BoHV1 n'est pas connue. Après infection, l’excrétion virale via le jetage est détectée
pendant 10 à 14 jours, avec des titres maximaux de 108 à 1010 DICT50 (Dose de virus infectant 50 % de la culture
tissulaire) par ml de sécrétion nasale. La transmission aérienne de BoHV1 n’est possible que sur de courtes
distances (15). Le sperme d'un taureau infecté peut contenir du BoHV1, ce virus peut dès lors être transmis par
monte naturelle et par insémination artificielle (21).
Le contrôle du BoHV1 au sein d’une exploitation est basé sur un minimum de mesures hygiéniques prises au sein
de cette exploitation. Dans le meilleur des cas, une période de quarantaine de 2 à 3 semaines est imposée pour
les animaux entrant dans l’exploitation. Seuls les animaux séronégatifs envers le BoHV1 seront admis au sein de
l’exploitation. Les vaccins empêchent habituellement le développement de signes cliniques graves et réduisent
l’excrétion du virus post-infection, mais ne préviennent pas l'infection. Seuls des vaccins dont l'efficacité et
l’innocuité sont démontrées devraient être employés (voir la section C).
Manuel terrestre de l’OIE 2005 529