CHAPITRE 2.3.5.
RHINOTRACHÉITE INFECTIEUSE/
VULVOVAGINITE INFECTIEUSE PUSTULEUSE
RÉSUMÉ
La vulvovaginite infectieuse pustuleuse (IPV)/rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR), provoquée
par l’herpèsvirus bovin 1 (BoHV1), est une maladie des bovins domestiques et sauvages. Le virus
est réparti dans le monde entier, mais a été éradiqué en Autriche, au Danemark, en Finlande, en
Suède et en Suisse. D’autre part des programmes de contrôle ont été mis en place dans d’autres
pays. La maladie est caractérisée par des signes cliniques localisés au niveau du tractus
respiratoire supérieur, tels qu’un jetage nasal (muco)purulent et de la conjonctivite. Les signes
généraux de la maladie sont de la fièvre, de l’abattement, de l’inappétence, des avortements et une
diminution de la production laitière. Le virus peut également infecter la région génitale et causer
une vulvovaginite/balanoposthite pustuleuse. Les examens post mortem révèlent des lésions de
rhinite, laryngite et trachéite. Le taux de mortalité est faible. Beaucoup d'infections se déroulent de
manière subclinique. Des infections bactériennes secondaires peuvent mener à une maladie
respiratoire plus grave.
Identification de l'agent pathogène : le virus peut être isolé à partir d’écouvillons nasaux prélevés
pendant la phase aiguë de l'infection ainsi que dans divers organes prélevés post mortem.
Différents types de cultures cellulaires d’origine bovine sont utilisés pour réaliser l’isolement viral,
par exemple des cellules secondaires de poumon ou de rein ou encore la lignée cellulaire rénale
bovine Madin-Darby. Le virus est responsable d’un effet cytopathogène (ECP) 2 à 4 jours après
l’infection. Le virus est identifié par des techniques de séroneutralisation (SN) ou de détection
d’antigène utilisant des antisérums monospécifiques ou des anticorps monoclonaux (AcM). Les
isolats de BoHV1 peuvent être sous-typés en réalisant un profil de restriction de l’ADN viral.
Des méthodes de détection de l’ADN viral ont été développées, et la technique d’amplification en
chaîne par polymérase (PCR) est à ce titre particulièrement utilisée pour tester les échantillons de
sperme.
Épreuves sérologiques : la méthode de séroneutralisation virale et les diverses méthodes
d’analyses par réaction immuno-enzymatique (ELISA) sont les techniques les plus largement
répandues pour la détection d'anticorps. Les anticorps peuvent être détectés dans le lait par la
méthode ELISA.
Spécifications applicables aux vaccins et aux produits biologiques à usage diagnostique :
des vaccins atténués et inactivés sont disponibles. Les vaccins doivent protéger les bovins contre
les signes cliniques en cas d’infection, mais également réduire la circulation virale au sein de
l’exploitation. Les vaccins ne doivent induire ni maladie, ni avortement, ni aucune réaction locale ou
générale, et doivent être génétiquement stables. En 1995, des vaccins marqués délétés sont
devenus disponibles. L'utilisation d’une méthode ELISA mettant en évidence la glycoprotéine
E (gE) permet de distinguer les animaux infectés des animaux vaccinés à l’aide de vaccins
marqués.
A. INTRODUCTION
La vulvovaginite infectieuse pustuleuse (IPV)/rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR), provoquée par l’herpèsvirus
bovin 1 (BoHV1), est une maladie des bovins domestiques et sauvages. Le BoHV1 est un virus de la famille des
Herpesviridae, de la sous-famille des Alphaherpesvirinae et du genre Varicellovirus. Le génome viral se compose
d’ADN bicaténaire qui code environ 70 protéines parmi lesquelles 33 sont des protéines structurales et jusqu'à
15 protéines sont non-structurales. Les glycoprotéines situées sur l'enveloppe virale jouent un rôle important dans
528 Manuel terrestre de l’OIE 2005
Chapitre 2.3.5. — Rhinotrachéite infectieuse bovine/Vulvovaginite infectieuse pustuleuse
les processus de pathogénie et d’immunité. Sur la base d’analyse de restriction de l’ADN viral, le BoHV1 peut
être différencié en différents sous-types : 1.1 (infections respiratoires), 1.2 (infections respiratoires et génitales) et
1.3 (infections neurologiques ; BoHV5), et 2b (17). Le virus du sous-type 2 peut être moins virulent que le virus du
sous-type 1 (7). Il n’y a néanmoins qu’un seul type antigénique de BoHV1.
Le nom de la maladie renferme ses principaux signes cliniques. Après une période d'incubation de 2 à 4 jours, les
signes cliniques deviennent évidents : jetage nasal séreux, ptyalisme, fièvre, inappétence, et abattement. En
quelques jours, le larmoiement et le jetage deviennent mucopurulentes. Les lésions nécrotiques dans le nez
peuvent se transformer en pustules et ulcères recouverts par des pseudomembranes qui vont obstruer les voies
aériennes supérieures en induisant chez l’animal une respiration orale. L'infection par le BoHV1 peut également
induire des avortements et une diminution de la production laitière (10). Dans les exploitations où la monte
naturelle est utilisée, l'infection génitale peut mener à la vulvovaginite ou balanoposthite pustuleuse. Ces deux
affections sont caractérisées par des lésions nécrotiques moyennes à sévères au niveau des muqueuses
vaginale et préputiale. Après insémination artificielle avec du sperme infecté, une endométrite peut survenir
(12). Chez les veaux infectés par le BoHV1, une maladie généralisée peut se développer, avec des lésions
nécrotiques focales dans les viscères dont découlera probablement une gastroentérite. Beaucoup d'infections
sont subcliniques (32). La méningo-encéphalite semble être habituellement le résultat d'une infection avec un
autre herpèsvirus apparenté mais distinct, le BoHV5 (27) comme récemment proposé, bien que l'infection à
BoHV1 puisse également causer, mais de manière sporadique, une méningo-encéphalite. Le BoHV1 peut
affecter les animaux de tous âges, mais la maladie touche généralement les animaux de plus de 6 mois.
Les cas d’infections non compliquées à BoHV1 de type respiratoire ou génital se résolvent en général en 5 à
10 jours. Des infections bactériennes secondaires avec, par exemple, des Pasteurella, peuvent provoquer des
signes cliniques plus graves dus à l’infection des voies aériennes plus profondes.
Le virus pénètre dans l’organisme au niveau des naseaux et se réplique à des titres élevés au niveau des cellules
de la muqueuse respiratoire supérieure et dans les amygdales. Il se dissémine ensuite aux conjonctives et par
transport axonal jusqu’au ganglion trijumeau. Une faible virémie peut se produire de temps en temps. Après
l'infection génitale, le BoHV1 se multiplie au niveau des cellules de la muqueuse génitale ou du prépuce, et
s’installe à l’état latent au niveau du ganglion sacré. L'ADN viral persiste dans les neurones du ganglion
probablement pendant toute la vie de l’animal. Si l’animal est soumis à un stress, comme le transport ou la
parturition, il peut se produire une réactivation du virus latent. Le virus peut alors être excrété par intermittence
dans l'environnement.
La lésion primaire est une nécrose focale des muqueuses nasale, laryngée, trachéale ou génitale. Cette lésion
est probablement la conséquence directe de la réplication du virus et de son effet cytopathogène (ECP) sur les
cellules. L'animal réagit dès lors par une réponse inflammatoire intense. Les lésions peuvent fusionner pour
former de grandes pustules renfermant des infiltrations de leucocytes. Les leucocytes périphériques du sang
peuvent héberger le BoHV1 (9, 19). Une infection aiguë à BoHV1 induit l'apoptose des cellules lymphoïdes
(35). Lors d’infections bactériennes secondaires, une pneumonie peut se développer. Chez les avortons, de petits
foyers nécrotiques sont disséminés dans de nombreux tissus, en particulier dans le foie.
L’infection induit normalement une réponse immune de type humorale avec production d'anticorps ainsi qu’une
réponse immune de type cellulaire dans les 7 à 10 jours qui suivent l’infection. La réponse immune persiste
normalement durant toute la vie de l’individu, bien qu'elle puisse tomber au-dessous des seuils de détection des
tests de détection. Cependant, l'immunité protectrice induite par l’infection n'est pas éternelle et les animaux
peuvent se réinfecter. Des anticorps maternels sont transrés aux jeunes veaux par l'intermédiaire du colostrum
et ces derniers sont par conséquent protégés contre la maladie (16). Les anticorps maternels ont une demi-vie
biologique d'environ 3 semaines, mais peuvent être détectés de temps en temps chez les animaux jusqu'à
9 mois, mais rarement chez les animaux au-dessus de cet âge.
Le virus existe dans le monde entier, partout où l’on trouve des bovins domestiques. D’autres ruminants peuvent
être infectés par le BoHV1, mais ceci n'a probablement aucune influence sur la diffusion du BoHV1 chez les
bovins domestiques. Indépendamment des ruminants, aucun autre réservoir de BoHV1 n'existe. La dose
minimale infectieuse de BoHV1 n'est pas connue. Après infection, l’excrétion virale via le jetage est détectée
pendant 10 à 14 jours, avec des titres maximaux de 108 à 1010 DICT50 (Dose de virus infectant 50 % de la culture
tissulaire) par ml de sécrétion nasale. La transmission aérienne de BoHV1 n’est possible que sur de courtes
distances (15). Le sperme d'un taureau infecté peut contenir du BoHV1, ce virus peut dès lors être transmis par
monte naturelle et par insémination artificielle (21).
Le contrôle du BoHV1 au sein d’une exploitation est basé sur un minimum de mesures hygiéniques prises au sein
de cette exploitation. Dans le meilleur des cas, une période de quarantaine de 2 à 3 semaines est imposée pour
les animaux entrant dans l’exploitation. Seuls les animaux séronégatifs envers le BoHV1 seront admis au sein de
l’exploitation. Les vaccins empêchent habituellement le développement de signes cliniques graves et réduisent
l’excrétion du virus post-infection, mais ne préviennent pas l'infection. Seuls des vaccins dont l'efficacité et
l’innocuité sont démontrées devraient être employés (voir la section C).
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Chapitre 2.3.5. — Rhinotrachéite infectieuse bovine/Vulvovaginite infectieuse pustuleuse
La suspicion d’une infection par le BoHV1 peut se faire sur base des signes cliniques, lésionnels et
épidémiologiques. Cependant, pour poser un diagnostic définitif, on doit recourir à des examens de laboratoire.
Une procédure complète de diagnostic dans le laboratoire est réalisée détectant le virus causal (ou les
composants viraux) et les anticorps spécifiques qu'il induit.
B. TECHNIQUES DE DIAGNOSTIC
1. Identification de l’agent pathogène
a) La récolte et le traitement des échantillons (prélèvements) :
Les écouvillons nasaux sont récoltés sur plusieurs animaux (de 5 à 10) en phase précoce (aiguë) de
l’infection. Ces animaux présentent un jetage plutôt de type séreux que mucopurulent. Dans les cas de
vulvovaginite et de balanoposthite, les écouvillons sont prélevés au niveau génital. Les écouvillons doivent
être vigoureusement frottés contre les surfaces muqueuses. Le prépuce peut aussi être lavé avec une
solution saline, et le liquide de lavage est récolté. Les échantillons sont alors mis en suspension dans un
milieu de transport (milieu de culture cellulaire contenant des antibiotiques ainsi que 2 à 3 % de sérum bovin
pour éviter l’inactivation virale), refroidi à 4°C, et sont rapidement envoyés au laboratoire.
À l’autopsie, les muqueuses du tractus respiratoire, un morceau d’amygdale, de poumon et des nœuds
lymphatiques bronchiques sont prélevés afin de réaliser une détection virale. Dans les cas d’avortement, le
foie, les poumons, la rate et les reins du fœtus ainsi que le placenta et les cotylédons sont examinés. Les
échantillons doivent être envoyés au laboratoire, sur glace, le plus rapidement possible.
À leur arrivée au laboratoire, les écouvillons nasaux sont agités dans le milieu de transport pour éluer le
virus et sont laissés à température ambiante pendant 30 min. L’écouvillon est retiré du milieu de transport,
qui est alors centrifugé à 1 500 g pendant 10 min. Les tissus prélevés sont homogénéisés et suspendus à
raison de 10 à 20 % dans un milieu de culture cellulaire puis centrifugés à 1 500 g pendant 10 min. Les
surnageants de ces échantillons sont filtrés à travers des filtres de 0,45 µm qui sont utilisés pour les
isolements viraux.
L’isolement viral dans le sperme nécessite des adaptations car le liquide séminal contient des enzymes et
d’autres facteurs cytotoxiques et inhibiteurs de la réplication virale (voir ci-dessous).
b) Isolement viral
L’isolement viral peut être réalisé sur de nombreux types de culture cellulaire. Des lignées cellulaires rénales
bovines primaires ou secondaires, pulmonaires ou testiculaires, des lignées cellulaires de poumon fœtal, de
cornets nasaux ou de trachée ainsi que des lignées cellulaires établies comme la lignée cellulaire rénale
bovine Madin-Darby sont utilisables. Les cellules peuvent être cultivées sur tubes en verre ou plastique, sur
des plaques ou des boîtes de culture. Lorsqu’une plaque 24 puits est utilisée, 100 à 200 µl de surnageant,
décrit ci-dessus, sont inoculés au tapis cellulaire. Après une période d’absorption de 1 h, le tapis cellulaire
est rincé et un milieu de croissance est alors ajouté. Le sérum ajouté dans le milieu de croissance doit être
dépourvu d’anticorps anti-BoHV1. Les cultures cellulaires sont observées chaque jour pour juger de
l’apparition d’un ECP qui apparaît dans les 3 jours après inoculation. Cet effet est caractérisé par des amas
cellulaires en grappe où les cellules rondes sont amassées autour d’un trou dans le tapis cellulaire ; parfois
des cellules géantes avec de nombreux noyaux peuvent être observées. Une certaine expérience est
requise pour pouvoir reconnaître ce schéma caractéristique. Quand, après 7 jours en culture de cellule,
aucun ECP n’est apparu, un passage en aveugle doit être réalisé. La culture cellulaire est
congelée-décongelée et clarifiée par centrifugation, le surnageant est alors utilisé pour inoculer une nouvelle
culture cellulaire.
Pour identifier le virus qui induit l’ECP, comme le BoHV1, le surnageant de la culture doit être neutralisé par
un antisérum spécifique du BoHV1 ou neutralisé par les anticorps monoclonaux (AcM). Pour cette
manipulation, une série de dilutions 10 en 10 est réalisée sur le surnageant et pour chaque dilution
l’antisérum spécifique du BoHV1 ou le sérum « témoin négatif » sont ajoutés. Les cultures sont alors
placées à l’incubateur à 37°C pendant 1 h, les mélanges sont ensuite déposés sur une culture cellulaire et,
3 à 5 jours plus tard, l’index de neutralisation est calculé. L’index de neutralisation est le titre viral (en base
log10) du témoin négatif moins le titre viral de la culture virale en présence d’antisérum spécifique. Si l’index
de neutralisation est supérieur à 1,5, l’échantillon peut être considéré comme étant positif au BoHV1. Pour
diminuer la procédure d’isolement viral, 2 échantillons peuvent être inoculés en culture cellulaire, un étant
pré-incubé avec un antisérum spécifique et l’autre étant pré-incubé avec un sérum témoin négatif. Si l’ECP
est inhibé par l’antisérum spécifique, l’échantillon peut être considéré comme du BoHV1.
530 Manuel terrestre de l’OIE 2005
Chapitre 2.3.5. — Rhinotrachéite infectieuse bovine/Vulvovaginite infectieuse pustuleuse
Une méthode alternative d’identification virale se fait par la démonstration directe de l’antigène BoHV1 en
culture cellulaire autour des zones d’ECP (plages de lyse virale) par une technique d’immunofluorescence
ou d’immunoperoxydase (11) à l’aide d’antisérums spécifiques conjugués ou d’AcM.
Isolement viral à partir du sperme (épreuve prescrite pour les échanges internationaux)
Au moins 0,05 ml de sperme brut doit être testé avec 2 passages en culture de cellules. Pour le sperme
congelé, une approximation devrait être faite pour s’assurer que l’équivalent de 0,05 ml de sperme brut est
analysé. Le sperme brut est en général cytotoxique et devrait être prédilué avant d’être ajouté à la culture de
cellules. Un problème similaire peut parfois survenir avec le sperme congelé. Une méthode expérimentale
est décrite ci-dessous.
• Protocole
i) Diluer 200 µl de sperme frais dans 2 ml de sérum fœtal bovin (sérum dépourvu d’anticorps
anti-BoHV1) avec antibiotiques ;
ii) Mélangez vigoureusement et laisser 30 min à température ambiante ;
iii) Inoculer 1 ml du mélange sperme/sérum bovin sur un tapis monocouche de cellules sensibles (voir
plus haut) sur une plaque à 6 puits de culture cellulaire ;
iv) Incuber la plaque pendant 1 h à 37°C ;
v) Eliminer le milieu et laver le tapis cellulaire 2 fois avec 5 ml de milieu de culture, ajouter ensuite 5 ml de
milieu de culture dans chaque puits ;
vi) Inclure les témoins positif et négatif de BoHV1 dans l’épreuve. Une extrême précaution doit être prise
pour éviter les contaminations dans les puits à tester par le témoin positif, par exemple en ajoutant le
témoin en dernier et en utilisant des plaques séparées ;
vii) Observation quotidienne des plaques au microscope pour repérer des ECP. Si un ECP apparaît, des
épreuves de confirmation pour le BoHV1 sont réalisées par séroneutralisation (SN) spécifique ou par
méthode de caractérisation immunologique (voir ci-dessus) ;
viii) Si aucun ECP n’apparaît après 7 jours, les cultures sont congelées et décongelées, clarifiées par
centrifugation et le surnageant est utilisé pour inoculer de nouvelles monocouches cellulaires ;
ix) L’échantillon est considéré comme négatif s’il n’y a pas d’évidence d’ECP après 7 jours d’incubation en
culture cellulaire.
c) Détection de l’antigène viral
Les écouvillons nasaux, oculaires et génitaux peuvent être appliqués sur une lamelle couvre-objet ou, après
centrifugation, le culot cellulaire (voir Section B.1.a.) peut être déposé sur des lamelles couvre-objet. Ces
lamelles sont soumises à une épreuve directe ou indirecte utilisant des anticorps fluorescents. Dans
l’épreuve d’immunofluorescence directe, l’antisérum est monospécifique et conjugué à l’isothiocyanate de
fluorescéine, tandis que dans l’épreuve d’immunofluorescence indirecte, c’est un second anticorps,
anti-immunoglobuline de bovin, qui est conjugué à l’isothiocyanate de fluorescéine. Pour obtenir les
meilleurs résultats, il est nécessaire d’échantillonner plusieurs animaux du troupeau présentant de la fièvre
ou un léger jetage de type séreux. Les frottis doivent être séchés et fixés dans l’acétone dans les 24 h. Les
frottis qui proviennent d’échantillon d’animaux présentant un jetage purulent ou hémorragique sont souvent
négatifs (28). L’avantage de cette technique de détection antigénique est qu’elle peut fournir le diagnostic le
jour du prélèvement. Cependant la sensibilité de cette procédure est plus faible que pour la technique
d’isolement viral (5). Des témoins positif et négatif doivent être inclus pour chaque épreuve.
Les tissus prélevés post mortem peuvent être examinés afin d’y tecter la présence d’antigène de
BoHV1 par épreuve d’immunofluorescence sur des coupes d’organes congelés. L’immunohistochimie est
également employée ; cette technique offre l’avantage de pouvoir localiser le virus au sein de l’organisme.
Les AcM sont de plus en plus utilisés pour la détection d’antigènes de BoHV1, menant à une amélioration
de la spécificité de l’épreuve. Cependant, de tels AcMs doivent être soigneusement sélectionnés, en effet ils
doivent être dirigés directement contre les épitopes conservés qui sont présents à la surface de tous les
isolats de BoHV1.
Une autre technique pour détecter rapidement l’antigène viral est l’utilisation de la méthode
immuno-enzymatique (ELISA). Les antigènes peuvent être complexés par des anticorps mono ou
polyclonaux qui tapissent une surface solide, habituellement les puits d’une microplaque. Des titres
antigéniques équivalents à 104–105 DICT50 sont exigés pour obtenir un taux élevé de résultats positifs (4).
Les titres mentionnés ne sont pas exagérément hauts, en effet des titres de 108–109 DICT50/ml de fluide
nasal peuvent être excrétés par les animaux 3 à 5 jours après l’infection par BoHV1. La sensibilité peut être
augmentée par des systèmes d’amplification (voir réf. 6 pour un exemple).
Manuel terrestre de l’OIE 2005 531
Chapitre 2.3.5. — Rhinotrachéite infectieuse bovine/Vulvovaginite infectieuse pustuleuse
Les avantages des méthodes de détection antigénique sur les techniques d’isolement viral tiennent au fait
que l’on peut se dispenser de l’équipement de culture cellulaire et que le diagnostic de laboratoire peut être
posé en 1 jour. Les inconvénients de cette méthode sont la faible sensibilité de détection directe d’antigène
et le matériel supplémentaire par rapport à l’isolement viral, si l’isolat est requis pour d’autres expériences.
d) Détection de l’acide nucléique
Pendant la décennie passée, de nombreuses méthodes de mise en évidence de l’ADN du BoHV1 dans des
échantillons cliniques ont été décrites, incluant l’hybridation ADN–ADN et la réaction d’amplification en
chaîne par polymérase (PCR). La PCR est également très utilisée dans les procédures courantes de
diagnostic (18). Comparée à la méthode d’isolement viral, la PCR possède les principaux avantages d’être
plus rapide et plus sensible : la PCR peut être réalisée en 1 à 2 jours. Cette méthode permet aussi de
détecter l’ADN viral au sein des ganglions nerveux sensitifs infectés de manière latente (29). L’inconvénient
de cette méthode est qu’elle est fortement encline à la contamination et donc des mesures doivent être
prises pour éviter les résultats faux positifs.
Jusqu'à présent la technique de PCR a été utilisée pour détecter l’ADN du BoHV1 dans des échantillons de
spermes infectés de manière artificielle (37) ou naturelle (29, 30). Les chercheurs ont constaté qu’il était
important d’optimiser complètement les conditions de PCR, y compris la préparation des échantillons, la
concentration en Mg2+, les amorces et la Taq polymérase, ainsi que les programmes des cycles. La région
cible de l’amplification doit être présente dans toutes les lignées de BoHV1, et la séquence nucléotidique
doit être conservée. Les gènes TK, gB, gC, gD et gE ont été utilisés comme cible pour l’amplification PCR.
Les PCR basées sur la détection des séquences de gE peuvent être utilisées pour faire la différence entre
le virus sauvage et la souche vaccinale délétée pour gE (9, 26). La différenciation entre l’infection par des
souches IBR virulentes et une autre souche virale vivante atténuée n’est pas possible par technique PCR.
Les PCR ont été développées pour faire la différence entre le BoHV1 et le BoHV5 (1, 25).
Expérimentalement, on a démontré que la PCR était plus sensible que l’isolement viral : cette méthode
détecte en effet 5 fois plus d’échantillons positifs que ne le fait la technique d’isolement viral. En outre, cette
technique PCR a un seuil de détection de seulement 3 molécules. Néanmoins, des résultats faux négatifs
ne peuvent être exclus. Afin d’identifier les possibles résultats faux négatifs, il est recommandé d’introduire
un étalon dans le tube de réaction de l’échantillon de sperme avec les mêmes amorces. Cet étalon peut être
élaboré, par exemple, en insérant un fragment de 100 paires de bases dans la région cible. Cet étalon
témoin rend possible la semi-quantification de la quantité d’ADN qui est détectée (25, 29, 30).
Avant que la PCR ne puisse être reconnue internationalement comme un outil diagnostique performant
dans le cadre des échanges internationaux d’animaux, elle devra être validée par un programme
d’évaluation comparative inter-laboratoires.
e) Différenciation des sous-types d’herpès bovins 1
En utilisant les AcM et l’immunofluorescence, la radioimmunoprécipitation, l’immunoperoxydase ou
l’immunoblot, les sous-types 1 et 2b peuvent être différenciés (24, 36). L’analyse de restriction par
l’utilisation d’endonucléases rend possible la différenciation de tous les sous-types connus de BoHV1 (17).
L’ADN est d’abord extrait des virions ou des cellules infectées, digéré par des endonucléases de restriction,
et les fragments qui en sont issus sont séparés par électrophorèse en gel d’agarose. Le nombre et la taille
des fragments indiquent le sous type du virus. De telles techniques offrent une valeur diagnostique limitée
mais peuvent être utiles pour des études épidémiologiques.
f) Interprétation des résultats
L’isolement de BoHV1 ne signifie pas de manière non équivoque que le virus est l’agent causal de la
maladie. Cela peut, par exemple, être un virus latent réactivé dans des conditions de stress. Un diagnostic
de confirmation de laboratoire doit être fait sur les groupes d’animaux et doit être accompagné
d’une séroconversion négative à positive, ou d’une élévation d’au moins 4 fois ou plus du titre d’anticorps
anti-BoHV1. Les animaux sur lesquels les échantillons naseaux ont été prélevés, doivent subir 2 prises de
sang à 2 ou 3 semaines d’intervalle. Ces échantillons de sérum couplés sont examinés tous les deux par
épreuve sérologique détectant la présence d’anticorps spécifiques (voir section B.2).
2. Les épreuves sérologiques
Les épreuves sérologiques peuvent êtres utilisées à plusieurs fins :
i) pour diagnostiquer une infection aiguë : des prélèvements de sérum pris sur un animal en phase aiguë
et en convalescence sont examinés dans une seule épreuve. Une séroconversion de négatif en positif
ou une augmentation d’au moins 4 fois du taux d’anticorps est considérée comme signe d’infection ;
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