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L’univers du Verbe
Le vocabulaire pourra déplaire, il y a quelques mots nouveaux ou même des mots
connus comme le « prénom » qui sont employés avec un sens étymologique inha-
bituel, leur définition figure d’ailleurs dans le glossaire. C’est qu’il n’est pas de
théorie sans terminologie adaptée. Cet essai emprunte au langage des philosophes
et des scientifiques. Il utilise aussi son propre vocabulaire. Des mots nouveaux
comme « la raisonance » ou « la parence » pourront paraître étranges, mais ils se
révéleront très utiles par la suite, non seulement pour le sens, mais aussi pour le
son. On y trouvera aussi la palilalie lancinante de deux mots, toujours les mêmes,
« l’essence » et « l’existence », qui reviennent en permanence. Hélas ! Ces mots
sont irremplaçables, ils sont l’assiette de la théorie. Il faudra donc assimiler ce
vocabulaire inhabituel, se l’approprier de telle manière qu’avec l’habitude et
l’usage, il ne paraisse pas plus bizarre que celui de la terminologie grammaticale
traditionnelle.
Les exemples grammaticaux présentés à l’appui de l’exposé sont simples, pour ne
pas dire simplistes. Ils ont été imaginés à dessein, juste pour leur efficacité dé-
monstrative, conformément à l’usage courant, qui se distingue de l’usage savant
des grands auteurs.
Au terme de ce préambule, reste la question la plus délicate. On l’a dit, ce livre
s’interroge sur la relation qui pourrait exister entre le Verbe dans l’univers et le
verbe dans la grammaire, ni plus ni moins. L’auteur sera sans doute suspecté
d’une intention mystique ou grammaticale inavouable. Il certifie donc, sur
l’honneur et en toute sincérité, qu’il ne participe d’aucune chapelle théologique
ou linguistique, et estime qu’à ce titre, il est parfaitement libre de penser ce qu’il
veut du Verbe ou de la grammaire. Sachant aussi « qu'il ne sait pas », il tient à
faire acte de bonne foi : les affirmations qu’il expose ne sont en réalité que des
questions qu’il pose. Mais ce qu’il « sent », il le justifie en s’appuyant sur deux
conceptions opposées de l’univers :
- Celle d’Einstein, qui avait découvert la théorie de la relativité, lui permettant
d’affirmer que « Dieu ne joue pas aux dés ».
- Et celle de Planck, qui avait conçu la théorie des quanta, sans oser prétendre
que « Dieu joue aux dés ».
La sensation instinctive que ce « paradoxe du jeu de dés » pourrait être le grand
principe ordonnateur de l’univers et de la grammaire, constitue l’âme et l’esprit
du livre.