
5 Initiation à la lecture des textes pour débutant en grec classique - SYNTAXE – Michèle BIRAUD
Après les autres verbes, notamment ceux qui signifient pouvoir, vouloir ou falloir (ou des
notions semblables), la proposition à l’infinitif exprime une possibilité, une intention. Le
choix de la forme d’infinitif obéit alors à des considérations aspectuelles (voir MORPHO§8.5)
et, s’il y a une négation, c’est mh&.
Il arrive qu’un verbe signifie « dire de » et non « dire que » ; dans ce cas, l’infinitif qu’il
introduit est de ce second type :
Κλέαρχος·πέμπει αὐτῷ ἄγγελον ἔλεγε θαρρεῖν (Xénophon, Anabase, I, 3, 8)
Cléarque... envoie un messager lui dire d'avoir confiance.
5.1.3. Les propositions subordonnées relatives sans antécédent
En tant que pronom, le rôle fondamental du relatif est de représenter un groupe nominal de la
proposition qu'il introduit et de marquer par sa forme (ou sa finale casuelle dans les langues à
déclinaisons) la fonction de ce groupe nominal dans cette proposition qu'il introduit. D'autre
part, le relatif est un anaphorique : le groupe nominal de la subordonnée qu'il représente est
coréférent à un groupe nominal de la principale, qu'il soit exprimé (c'est son antécédent, cf
phrase a) ou non (la subordonnée relative occupe alors la place fonctionnelle de ce groupe
nominal, cf. phrases b et c).
(a) Καί τινα ϕωνὴν ἔδοξα αὐτόθεν ἀκοῦσαι, ἥ με οὐκ ἐᾷ ἀπιέναι (Platon, Phèdre,
242c)
Et il m’a semblé entendre une voix qui ne me laisse pas partir [la proposition
subordonnée relative détermine le nom φωνὴν].
(b) ...εἰ μὴ ποιήσεθ' ἃ Θηραμένης κελεύει … (Lysias, 12, 75)
…si vous ne faites pas ce que Théramène ordonne, …
(c) Ὅστις ...πιστεύει τοῖς παροῦσι, λίαν ἀνόητός ἐστιν. (Isocrate, Aréopagitique, 8)
…quiconque ... se fie au présent est bien insensé [la proposition subordonnée
relative est sujet de λίαν ἀνόητός ἐστιν].
Quand la subordonnée relative occupe à elle seule la place fonctionnelle d’un des groupes
nominaux de la principale, il peut se produite le phénomène appelé "attraction du relatif" : le
cas du pronom relatif ne marque alors plus la fonction, dans la subordonnée relative, du
groupe nominal qu'il représente, mais la fonction de la proposition relative dans la
proposition principale. Ce phénomène, qui ne s'observe pas chez Homère, se rencontre le plus
souvent dans les relatives sans antécédent :
... ὧν ἐποίησαν ὀργίζεσθε (Lysias 12, 80)
....vous vous irritez des choses qu’ils faisaient [la proposition subordonnée relative
est complément du verbe ὀργίζεσθε, qui doit prendre le cas génitif ; si le relatif
avait le cas de la fonction du groupe nominal qu'il représente dans la subordonnée,
le complément de ἐποίησαν, on aurait ἅ]
... ὁ δὲ ὧν μὲν ὑπέσχετο οὐδὲν ἔπραξεν (Lysias, XII, 70)
...Celui-ci ne fit rien de ce qu'il avait promis