Exercice 1 La croissance économique est l`accroissement durable

Chapitre 1 : Quelles sont les sources de la croissance économique
Exercice 1
La croissance économique est l'accroissement durable de la production globale d'une économie.
C'est donc un phénomène quantitatif que l'on peut mesurer. C'est aussi un phénomène de longue
période. En effet, une augmentation brutale et sans lendemain de la production nationale ne correspond
pas à la croissance économique. Il ne faut donc pas confondre croissance et expansion, l'expansion
caractérisant une augmentation de la production sur une courte période.
Il importe aussi de distinguer la croissance du développement qui désigne l'ensemble des
transformations techniques, sociales, démographiques et culturelles accompagnant la croissance de la
production. Le développement peut être associé à l'idée de progrès économique et social : il correspond
à l'amélioration du bien être des populations que rend possible l'ensemble de ces transformations,
notamment en améliorant la santé et l'éducation des populations.
On utilise comme indicateur de la production, le PIB. Le PIB est, en effet, un agrégat qui mesure
les quantités qui sont produites. Plus le PIB est important, plus la production est importante. La
croissance correspond donc à l'augmentation du PIB, à son taux de croissance.
D'après Jean-Yves Capul et Olivier Garnier, Dictionnaire d'économie et de sciences sociales, Hatier,
2011
Question 1 : Montrez que les notions de croissance et d'expansion sont proches, mais différentes.
Question 2 : Rappelez ce qu'est le PIB, en indiquant notamment comment il se calcule.
Question 3 : Quel indicateur utilise-t-on pour mesurer la croissance ?
Question 4 : Donnez une définition simple du développement.
Exercice 2: comparer les PIB de pays différents
Pour opérer des comparaisons géographique à un moment donné entre différents pays, on utilise le
PIB en PPA (pari de pouvoir d'achat). En effet, tout touriste occidental se rendant dans un pays en
développement peut constater que le prix de beaucoup de biens ou services identiques à ceux de son
pays y est pourtant nettement inférieur. Cela conduit à sous évaluer le PIB de ces pays. En effet, les
valeurs ajoutées produites (qu'on additionne pour trouver le PIB) semblent plus faibles, parce qu'elles
sont mesurées à partir de prix plus faibles. Un coiffeur marocain, par exemple, semble produire moins
de valeur ajoutée qu'un coiffeur américain, parce qu'il vend sa coupe de cheveux moins cher. Le taux de
change officiel ne rend ainsi pas compte du fait que les prix sont plus faibles au Maroc : si l'on calcule
le PIB du Maroc en dollars (la monnaie de comparaison habituelle), au taux de change normal entre le
dollar et le dirham, il semblera plus faible qu'il ne l'est vraiment.
Le PIB en PPA consiste ainsi à calculer le PIB de chaque pays du monde en faisant comme si le prix
des biens et services est le même partout, ce qui permet de comparer les PIB des pays. Pour cela, les
économistes calculent un « taux de change PPA » qui égalise les prix entre les deux pays : avec ce taux
de change, un même bien vaut, en dollars, le même prix dans les deux pays.
Le résultat est qu'en appliquant ce taux de change le PIB dans les pays en développement apparaît
beaucoup plus élevé qu'au taux de change « officiel ». Par exemple, le Maroc avait, en 2011, un PIB
légèrement inférieur à 100 milliards de dollars, tandis que son PIB mesuré en paride pouvoir d'achat
était de 163 milliards de dollars. Autrement dit, en mesurant le PIB du Maroc en tenant compte de la
faiblesse de certains prix, comparé à ceux des États-Unis (pays dont la monnaie est le dollar), il
apparaît 63 % plus élevé.
Question 1 : Pourquoi, pour comparer le niveau de vie entre pays (surtout s'ils n'ont pas le même
niveau de développement), est-il nécessaire d'utiliser le PIB en PPA ?
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Chapitre 1 : Quelles sont les sources de la croissance économique
Question 2 : La France a le 5ème PIB le plus élevé du monde, mais en PIB en PPA, il n'est plus que
le 8ème. Pourquoi ?
Exercice 3 : comparer les PIB dans le temps
Pour mesurer la croissance économique, on retient comme indicateur de la production, le produit
intérieur brut. La croissance correspond donc au taux de croissance du PIB. Mais une difficulté
apparaît car cette hausse du PIB peut être seulement le résultat d'une augmentation des prix, les
quantités restant les mêmes entre les années 1 et 2.
Ainsi la croissance du PIB d'une année sur l'autre provient d'un effet quantité (on produit réellement
plus de biens et services) mais aussi d'un effet prix (le prix des biens et services augmente, ce qui
conduit à ce que les valeurs ajoutées mesurées avec ces nouveaux prix soient plus élevées).
Pour mesurer la croissance réelle, il faut calculer le PIB à prix constant (ou en euros constants) :
on élimine l'effet de l'augmentation des prix (on « déflate ») pour retrouver la seule augmentation des
quantités. Lorsque la croissance économique est mesurée en euros courant, il s'agit de la croissance
nominale. Par opposition, la croissance réelle est mesurée en euros constants. On dit encore, dans ce
dernier cas, que la croissance est mesurée « en volume ».
D'après Jean-Yves Capul et Olivier Garnier, Dictionnaire d'économie et de sciences sociales, Hatier,
2011
Question 1 : Quel problème pose l'inflation à la mesure de la croissance ?
Question 2 : Replacez les termes suivants dans la bonne colonne du tableau : croissance en volume,
croissance à prix constant, croissance en euros courants, croissance en valeur, croissance en euros
constants, croissance à prix courants.
Croissance nominale = Croissance réelle =
*
*
*
*
*
*
Question 3 : Comment passe-t-on de la colonne de gauche à a colonne de droite du tableau ?
Exercice 4 : le PIB par habitant comme indicateur du niveau de vie
Une croissance économique élevée n'est pas synonyme d'augmentation du niveau de vie. D'abord, la
croissance démographique peut être plus rapide que la croissance de la production, si bien que la
production par tête diminue. Un indicateur extrêmement utile est donc le PIB par habitant, que l'on
obtient divisant le PIB par le nombre d'habitant. Le PIB par habitant donne un aperçu du niveau de vie
réel d'une population. Ainsi, dans les années 1980, le PIB de l'Afrique sub-saharienne a augmenté de
75 %, tandis que son PIB par habitant lui n'augmentait que de 35 % : la différence est due au fait que la
population a augmenté plus de deux fois que la production.
Par ailleurs, un PIB très élevé peut cacher un PIB par habitant faible. Par exemple, la Chine a le
second PIB au monde, après les États-Unis : 8 765 milliards de dollars (en PPA) contre 14 256
milliards pour les États-Unis. Mais la richesse produite par habitant n'a rien de comparable : 8 400
dollars contre 48 000 aux États-Unis. Ainsi, les Chinois restent pauvres, quoique la Chine ait le second
PIB mondial (et, bientôt, en raison de son taux de croissance élevé, le premier PIB du monde).
Le PIB par habitant est un indicateur (approximatif) du niveau de vie, c'est-à-dire la quantité de
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Chapitre 1 : Quelles sont les sources de la croissance économique
biens et services dont disposent les ménages ou les individus, qu'il ne faut pas confondre avec le genre
ou mode de vie, qui correspond à la manière dont les individus vivent. Le niveau de vie est une notion
quantitative (combien de biens ?), le mode de vie est une notion qualitative (comment vit-on ?).
Question 1 : Peut-il y avoir croissance économique alors que la richesse produite par habitant
diminue ?
Question 2 : Pourquoi le niveau de vie est-il une « notion quantitative » ?
Exercice 5 : le PIB ne mesure pas la production de certaines richesses
Sur le papier, mesurer la croissance de la production de richesse apparaît simple. Il n'en est rien : le
PIB ne mesure pas certaines activités qui produisent des richesses, et il en sous estime d'autres.
Tout d'abord, le PIB est fondée sur une convention qui le conduit à ne pas mesurer une part très
importante de l'activité de création de richesse des individus. Par définition, le PIB ne mesure que la
production qui s'apprécient de manière monétaire. Il ignore l'ensemble des activités domestiques, c'est-
à-dire de la production économique que réalisent les individus dans le cadre de leur famille, en dehors
de tout cadre monétaire. Ainsi, une femme de ménage accroît le PIB quand elle est rémunérée, mais pas
quand elle fait le ménage chez elle. Cette production est pourtant importante, notamment pour les
femmes. On estime que, à l'échelle des individus, elle est de l'ordre de 15 à 32 heures par semaine. Cela
représente de 17 à 25 % du PIB, en fonction des estimations.
Question 1 : Qu'est-ce que le travail domestique.
Question 2 : Expliquez la phrase soulignée.
Exercice 6 : Le PIB sous-estime la création de certaines richesses
Le fait que le PIB soit construit pour mesurer l'activité marchande conduit à des problèmes
d'estimation de la production de services publics non marchands. Les services public sont vendus à un
prix qui est inférieur à leur coût de production, parfois ils sont même gratuits. Il n'est donc pas possible
de calculer leur valeur ajoutée à partir du chiffre d'affaire, puisqu'il n'y en pas.
La valeur ajoutée des services publics est, par conséquent, estimée comme égale à leur coût de
production. Cela conduit à la sous estimer. Par exemple, quand la qualité du service s'améliore, la
valeur ajoutée que mesure le PIB reste la même.
Cela conduit à sous estimer le PIB de pays, comme la France, qui ont fait le choix de faire produire
par l’État une partie importante des services (notamment de santé), comparé à des pays les services
publics occupent une place plus réduite (comme aux États-Unis).
Question 1 : Qu'est qu'un bien marchand ?
Question 2 : Pourquoi la valeur ajoutée des services publics est sous évaluée ?
Enfin, pour des raisons pratiques, le PIB mesure mal une partie, parfois importante, de l'activité
économique : l'économie souterraine, c'est-à-dire l'ensemble des activités qui ne sont pas déclarées à
l’État. Celles-ci peuvent être de deux ordres. Premièrement, les activités illégales, qui ne sont pas
déclarées pour cette raison : commerce de la drogue, proxénétisme, etc. Deuxièmement, les activités
qui sont, en soi, légales, mais que pour des raisons souvent fiscales les individus ne déclarent pas,
comme le travail au noir, ou sous déclarent (cas de la fraude fiscale d'un commerçant qui amoindrit
volontairement son chiffre d'affaire).
Dans le cas de la France, on estime que cette économie souterraine représente environ 5 % de la
richesse produite. La marge d'erreur qu'induit cette part non déclarée de l'activité économique est donc
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Chapitre 1 : Quelles sont les sources de la croissance économique
relativement faible.
Mais ce n'est pas le cas partout. Par exemple, en Grèce, celle-ci représente environ un quart de
l'activité économique. Ne pas la prendre en compte minore fortement l'activité économique réelle.
Question 3 : Pourquoi l'économie souterraine conduit à ce que le PIB sous estime la création de
richesse ?
Question 4 : Pour quels pays cela pose un problème ?
Exercice 7
Question 1 : Faites une phrase avec la donnée entourée.
Question 2 : Pourquoi l'augmentation du PIB par habitant est-elle légèrement supérieure à celle du
revenu moyen par foyer ?
Question 3 : Comment peut-on expliquer la croissance beaucoup plus faible du revenu médian par
rapport au revenu moyen ?
Question 4 : Que peut-on en conclure sur les limites du PIB par habitant, ou du revenu moyen, pour
évaluer l'évolution de la richesse produite dans un pays ?
Exercice 8
Allez sur le blog de Dani Rodrik (professeur d'économie à Harvard, spécialiste du développement).
Vous pouvez taper « Rodrik blog » sur Google. Lisez son billet en date du 14 août 2012 (« Are
Americans better off than the Dutch? »).
(Aide pour le vocabulaire : PPP (Purchasing Power Parity) = PPA (Parité de Pouvoir d'achat). To
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Revenu par foyer et PIB par habitant aux États-Unis
Base 100 = 1979
Revenu moyen des
foyers les 20% les plus
riches
PIB par habitant
Revenu moyen par foyer
Revenu médian par foyer
Chapitre 1 : Quelles sont les sources de la croissance économique
yield : ici, fournir. Average Income : revenu moyen. To overlap : se superposer. Dutch : Hollandais).
Question 1 : Les Américains sont-ils plus riches que les Néerlandais ?
Question 2 : En quoi le fait qu'il soit difficile de répondre à cette question souligne-t-il une limite
du PIB/hab ?
Exercice 9 :
L'indicateur de développement humain est un indicateur synthétique qui visent à mesurer le niveau de
développement dont jouissent les individus dans un pays. C'est donc un indicateur qui s'efforce de
mesurer le bien-être des individus, et pas seulement le niveau de richesse dont ils jouissent.
L'IDH est compris entre 0 (le plus faible) et 1 (le plus élevé). Il n'a pas d'unité (on dit : « un IDH de
0,75 »). Il est obtenu en faisant la moyenne de trois sous indices qui chacun visent à mesurer les
principales dimensions du développement :
-L'accès à un niveau de vie décent, qui est mesuré par le Revenu national brut/hab. (Le RNB/hab
est quasi identique au PIB/hab).
-L'accès à l'éducation des individus, mesuré par la durée de scolarisation des individus et le
nombre d'année attendu de scolarisation des enfants (c'est-à-dire le nombre d'années d'école qu'il est
probable qu'ils suivent).
-La santé des individus, mesurée par l'espérance de vie.
On classe généralement les pays du monde dans quatre grands groupes en fonction de leur niveau
d'IDH :
Les pays à développement très élevé : IDH égal ou supérieur à 0,9
Les pays à développement élevé : IDH de 0,8 à 0,9 (exclu)
Les pays à développement moyen : IDH de 0,5 à 0,8 (exclu)
Les pays à développement bax : IDH de 0 à 0,5 (exclu).
En 2012, le Niger avait l'IDH le plus faible du monde (0,304). La Norvège avait l'IDH le plus élevé du
monde (0,955). La France avait un IDH de 0,893.
Question 1 : Pourquoi l'IDH mesure-t-il mieux le niveau de développement des individus que le
PIB/hab ?
Question 2 : question 32 de l'exercice 12 page 20 du manuel.
Question 3 : question 33 de l'exercice 12 page 20 du manuel.
Question 4 : En quoi ces différences dans les classements de la Norvège et du Qatar illustre-t-elle une
limite du PIB/hab et l'intérêt de l'IDH ?
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