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En cas de longues lignes on procède à des compensations séries (capacité en série) avec bien entendu un appareillage
approprié de mise en/hors service. Pour le maintien de la tension on utilisent également des compensations parallèles
telles que compensateurs synchrones et batterie de condensateurs. On doit encore citer les réactances shunt utilisées
pour éviter les surtensions en cas de fortes charges.
Lors de transmissions souterraines (généralement limité en haute tension - pour des raisons de coût et de temps de
réparation) le transit de réactif est encore plus important pour le dimensionnement suite à la valeur bien plus élevée de
la capacité et une valeur plus faible de l'inductance longitudinale, ce qui abaisse sensiblement l'impédance caractérique
(à environ 50 à 100Ω au lieu d' environ 300 Ω pour une ligne aérienne), Pour des raisons thermiques, le transit est
d'habitude limité à 30% de la puissance naturelle, ce qui nécessite une forte compensation inductive et limite donc
rapidement le longueur de la transmission.
Par exemple :
un câble de 450 mm2, utilisé à 380 kV et de capacité thermique de 600 A (capacité linéique environ 0.2 µF/km,
inductance linéique environ 0.5 mH/km) dépasse sa limite thermique au delà de 40 km (ωC.V.L = 600) et ne peut donc
transiter aucune puissance utile.
En courant continu, ces difficultés n'existent pas. Elles sont par contre concentrées dans la station de conversion. Cette
dernière (que ce soit en mode onduleur ou redresseur) consomme de la puissance réactive qu'il faut donc produire sur
place à partir du réseau alternatif.
En continu, pas de problème de stabilité, le transfert de puissance peut être ajusté automatiquement et rapidement par le
contrôle du convertisseur. Mais les surcharges sont beaucoup plus limitées qu'en alternatif suite au comportement des
semi-conducteurs (thyristors) de puissance qui possèdent de très mauvaises capacités thermiques. On peut toutefois le
prévoir à la conception par un surdimensionnement approprié.
comparaison alternatif-continu en capacité de transport.
Si l'on définit le rapport , pour un niveau (longueur de la ligne de fuite) d'isolation donné :
k=
tension de tenue en courant continu
tension de tenue en courant alternatif (efficace )
il faut prendre en compte les aspects suivants :
- en continu, la pollution dans l'air est plus marquée, les particules sont attirées sur les chaînes et en diminue la tenue
diélectrique. Dans ces conditions, et selon les zones de pollution, le facteur k peut fluctuer de 1 (cas à zone de pollution
élevée) à
(zone à faible pollution) , dans le cas des câbles souterrains (à isolation solide), on a toujours k>2.
- en alternatif il faut isoler pour les surtensions transitoires (manoeuvre, foudre, défaut), généralement la coordination
de l'isolement conduit à considérer une tension d'isolement proche de 4 fois la valeur efficace entre phase ou 2.5 fois la
valeur efficace entre phase et neutre.
- en continu un convertisseur bien contrôlé nécessite pour le transport en continu un isolement supérieur à la valeur
nominale, généralement faible, disons 1.7 fois la valeur nominale.
Dès lors si l'on définit Vac la tension phase neutre et Vdc la même en courant continu, on obtient un rapport
d'isolement alternatif/continu d'environ :
rapport d'isolement (ac/dc) : =k
1.7
ac
Vdc =1.47.k
ac
Vdc ≅2
ac
Vdc
(cas d'une zone à faible pollution)
D'autre part, pour un même transit de puissance en continu et en alternatif, un même pourcentage de pertes et une
section identique de conducteur et si de plus on compare un transit en continu par deux pôles (+ et - Vdc) et en
alternatif triphasé on peut écrire successivement :
puissance en ac : 3Vac.IL (à facteur de puissance unitaire)
pertes en ac : 3I
R
puissance en continu : 2IdVd
pertes en dc : 2Idc
R