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La question de la sortie de la catégorie fut soulevée pour la première fois en
1991, date à laquelle eut lieu la première grande révision des critères utilisés pour
identifier les PMA. Le principe de sortie s'appliqua au Botswana en 1994, puis au
Cap-Vert en 2007. Il convient de noter que la question de la sortie est devenu un
problème systémique en 1997, après que le Comité de planification du développement
ait recommandé la sortie du Vanuatu, puis en 2000, quand le Comité des politiques de
développement recommanda la sortie des Maldives. Le Conseil économique et social
(ECOSOC) a depuis ces années-là souligné avec force l'importance de la notion de
"transition en douceur" pour les pays ayant vocation à sortir, cette notion signifiant
que la perte des avantages liés au régime PMA ne devrait jamais nuire au pays
concerné4.
2.1 La règle de sortie
La règle de sortie se base sur des seuils spécifiques pour les indicateurs liés
aux trois critères de sortie. Ces indicateurs sont le revenu national brut par habitant,
un indice de capital humain, et un indice de vulnérabilité économique. A chacun de
ces indicateurs est appliquée une marge entre le seuil d'entrée dans la catégorie et le
seuil de sortie5. Cette marge est considérée comme reflétant le progrès dont il
convient de s'assurer si l'on suppose que le pays ayant vocation à sortir se situe sur un
sentier de progrès jugé irréversible, en dehors de tout effet de conjoncture: non
seulement le pays sortant doit s'être élevé jusqu'au niveau en dessous duquel on
admettrait de nouveaux pays dans la liste, mais il doit avoir dépassé ce niveau dans
une certaine proportion, qui correspond à la marge. Cette règle concrétise dans une
4 L'importance de la "transition en douceur" a été maintes fois soulignée depuis l'année 2000. Dans sa
résolution 2000/34, ECOSOC demandait au Secrétaire général des Nations Unies de faire des
recommandations sur les mesures nouvelles qui pourraient être prises pour que la perte du régime PMA
ne soit jamais qu'une transition sans heurt (para. 3). En 2004, la résolution 2004/66 d'ECOSOC, qui fut
reprise par la résolution 59/209 de l'Assemblée générale, insistait à nouveau sur la nécessité d'une
transition en douceur pour les pays amenés à perdre le régime PMA, allant jusqu'à énumérer les
principaux domaines de coopération internationale dans lesquels des modalités de sortie en douceur
sont particulièrement souhaitables.
5 Jusqu'à la révision 2000 de la liste, une marge de 15% fut utilisée pour chacun des critères. Pour la
révision 2003, un groupe d'experts, en janvier 2003, recommanda que différentes marges soient
appliquées selon les critères: 20% pour le revenu national brut par habitant, 10% pour l'indice de
capital humain et l'indice de vulnérabilité économique. Ces nouvelles marges furent ré-utilisées lors de
la révision 2006 de la liste des PMA.