
Les constructions à complément prépositionnel sont des variantes elliptiques des
constructions à participe passé ; leur comportement dans la relation d’antériorité de la cause par
rapport à l’effet est donc le même.
(15) Une fois dans son bureau, il alluma une cigarette.
(= Une fois entré dans sont bureau, il alluma une cigarette.)
(= Parce qu’il était entré dans son bureau, il alluma une cigarette.)
3.2. Simultanéité de la cause et de l’effet :
La simultanéité de la cause par rapport à l’effet est le mieux exprimée par les constructions à
participe présent ou gérondif. Le participe passé accompagné d’un élément introducteur à valeur
temporelle ne peut pas apparaître dans ce type de relation.
(16) En lisant l’article, il se rend compte que …
(= Parce qu’il lit l’article, il se rend compte que …)
3.3. Apparente postériorité de la cause par rapport à l’effet :
Dans certains cas, la concordance des temps peut situer la cause dans le futur, par rapport à
l’effet, mais en réalité il s’agit d’un faux rapport de postériorité.
(17) Je suis venu parce que je suis décidé de reprendre le travail.
C’est le jeu des temps verbaux qui crée l’impression d’un renversement du rapport cause /
effet, parce que le présent est postérieur au passé composé. Mais, en réalité, je suis décidé exprime
un état qui équivaut à je me suis décidé de …, j’ai pris la décision de.
Le même jeu des temps verbaux ne peut pas être réalisé dans une construction où
apparaissent le participé passé, le participe présent ou le gérondif (en position de « ouvreurs de
phrase temporels »). L’aspect accompli ou duratif des constructions mentionnées, ne permet pas la
création d’une phrase où l’apparente postériorité de la cause par rapport à l’effet soit réalisée grâce
à la postériorité du participe passé, du participe présent ou du gérondif, par rapport au verbe
principal.
Après cette courte analyse, la conclusion qui s’imposerait serait que le comportement des
ouvreurs de phrase temporels dans des constructions temporelles à nuance causale est strictement
réduit à certains emplois qui dépendent des caractéristiques morphosyntaxiques de leurs éléments
constitutifs.
Bibliographie :
BLANCHE-BENVENISTE, C., 1998, « L’usage prédicatif secondaire des participes passés » in
Prédication, assertion, information, Actes du Colloque D’Upsala en linguistique française, 6-9 juin
1996, Acta Universitatis Upsaliensis
CARAGNON, A-M., CALAS, F., 2002, La phrase complexe. De l’analyse logique à l’analyse
structurale, Hachette
HANON, S., 1989, Les constructions absolues en français moderne, Editions Peeters
HERSLUND, M., 2000, « Le participe présent comme co-verbe », in, Langue française, n° 127,
septembre 2000
LEEMAN, D., 2002, La phrase complexe. Les subordinations, De Boeck / Duculot
LE GOFFIC, P., 1993, Grammaire de la phrase française, Hachette
NAZARENCO, A., 2000, La cause et son expression en français, Orphys
RIEGEL, M., PELLAT, J.-Cl., RIOUL, R., Grammaire méthodique du français, PUF, 1994
WILMET, M., Grammaire critique du français, Duculot, 1997