TVB et changements climatiques

publicité
MEDDE/DEB/SDEN/EN2
16/04/2017
Note de synthèse sur "TVB et Changement climatique"
La présente note a été rédigée principalement à partir :
- des restitutions de la journée d’échanges « Trame verte et bleue et changement climatique » du 5
juillet 2012 organisée par le centre de ressources TVB, en lien avec FNE,
- du rapport du MNHN sur « le changement climatique et les réseaux écologiques », qui sera mis en
ligne en octobre 2014 sur le site trame verte et bleue (http://www.trameverteetbleue.fr/).
Synthèse
Les impacts du changement climatique sur la biodiversité sont encore mal connus notamment en
raison de l’existence de plusieurs scénarios climatiques, de la méconnaissance de certains facteurs
d’adaptation, de possibles modifications de comportements et pratiques des espèces, d’effets de seuils,
etc. Il est donc important de développer les suivis et expérimentations pour améliorer la connaissance
de ces phénomènes. A l’échelle des territoires, les prévisions climatiques peuvent permettre
d’identifier d’éventuelles menaces et opportunités pour les continuités écologiques. Même si de
nombreuses incertitudes existent quant aux conséquences du changement climatique sur la
biodiversité, il semble important d’anticiper ces questions tant à l’échelle nationale que territoriale.
Comme l’exposent les textes et document-cadre communautaires et nationaux relatifs à la TVB, cette
dernière a pour objectif d’accompagner les évolutions du climat en facilitant le déplacement des
espèces et en encourageant le maintien et la restauration d’écosystèmes diversifiés et fonctionnels. Elle
peut contribuer tant à l’atténuation des changements climatiques (exemple des éléments de trames en
milieu urbain contribuant à la diminution des îlots de chaleur) qu’à l’adaptation à ces changements
(déplacement facilité des espèces vers des espaces plus favorables).
Il convient donc de maintenir une diversité de continuités écologiques, de limiter la fragmentation de
l’espace pour faciliter les échanges génétiques et le déplacement des aires de répartition des espèces
sauvages. La restauration du bon fonctionnement des écosystèmes assurera une meilleure résistance
aux perturbations.
Plusieurs outils permettent de croiser les enjeux climatiques et écologiques : SRCE et SRCAE à
l’échelle régionale, PCET, chartes de territoire, documents d’urbanisme, agendas 21... Le
développement de passerelles entre ces deux enjeux passe aussi par un décloisonnement des
disciplines (énergie / écologie notamment).
Une journée d’échanges organisée en 2012 par le Centre de Ressources TVB en partenariat avec FNE
a permis de revenir sur les impacts prévisibles du changement climatique et de poser la question de la
contribution de la TVB à l’adaptation et à l’atténuation du changement climatique.
Les travaux menés à l’échelle internationale, notamment ceux du Groupe intergouvernemental
d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), soulignent que les changements climatiques sont
inévitables en raison de l’inertie du système climatique et demandent de notre part une adaptation.
Cette adaptation doit être envisagée comme un complément désormais indispensable aux actions
d’atténuation déjà engagées.
En facilitant le déplacement des espèces et en encourageant le maintien et la restauration
d’écosystèmes diversifiés et fonctionnels, la TVB a pour objectif d’accompagner les évolutions du
climat.
Même si de nombreuses incertitudes existent quant aux conséquences du changement climatique sur la
biodiversité, il semble important d’anticiper ces questions tant à l’échelle nationale que territoriale.
1) Conséquences du changement climatique sur la biodiversité
Dans son rapport sur « le changement climatique et les réseaux écologiques » qui sera mis en ligne en
octobre 2014 sur le site dédié à la TVB, le MNHN indique que les réponses de la biodiversité au
1/6
MEDDE/DEB/SDEN/EN2
16/04/2017
changement climatique sont comparables à celles vues par le passé : la biodiversité réagit par des
ajustements internes, temporels et spatiaux. Les espèces adaptent leur répartition en latitude et en
altitude ainsi que du littoral vers l’intérieur des terres.
La vitesse du changement climatique est en revanche plus grande ; ce qui provoque un effet retard :
l’adaptation spatiale est inférieure à ce qu’il faudrait pour suivre l’évolution du climat.
Il y a une forte disparité dans les capacités de réponse des espèces. Les espèces spécialistes ou avec
des capacités de mobilités réduites sont défavorisées. Les petites populations, fragmentées, insulaires
ou endémiques peuvent disparaître. Il faut s’attendre à une recomposition des écosystèmes plutôt qu’à
une translation des écosystèmes actuels.
Un certain nombre d’incertitudes subsistent du fait de l’usage de modélisations et de la
méconnaissance de certains facteurs d’adaptation comme la microévolution.
2) Les réponses de la TVB au changement climatique
Les réseaux écologiques, corridors et aires protégées (désignées en France sous la désignation de
politique publique « trame verte et bleue) ressortent comme la réponse la plus mise en avant par la
littérature scientifique.
En visant à préserver et remettre en bon état des continuités écologiques, la TVB participe à
améliorer la perméabilité des espaces et faciliter le déplacement des espèces vers des milieux plus
favorables notamment vers le nord et en altitude :
 avec les corridors : en renforçant les échanges entre populations et en offrant des possibilités
de déplacements «si besoin», grâce à un maillage préservé et sans obstacle, ce qui offre à la
biodiversité des possibilités de résistance et de résilience.
 avec les réservoirs de biodiversité : en maintenant des noyaux de populations et en réduisant
la vulnérabilité des espèces.
Maintenir une diversité de continuités écologiques peut ainsi faciliter l’adaptation des espèces au
changement climatique. Des écosystèmes préservés et équilibrés grâce à l’existence d’un maillage de
continuités écologiques auront des capacités de résistance et de résilience plus fortes.
La Trame verte joue également un rôle en milieu urbain
En ville, l’entrée privilégiée est le rôle des éléments de trame, et plus particulièrement de la
végétalisation, dans l’atténuation du réchauffement climatique et notamment la lutte contre les effets
des îlots de chaleur.
La mise en œuvre de démarches « nature en ville» peut donc répondre à la fois à des enjeux
climatiques et de « transparence », « porosité » des milieux urbains.
Si la TVB semble être une réponse aux enjeux climatiques, il existe encore peu de passerelles entre ces
deux thématiques tant au niveau des productions scientifiques que des réalisations de terrain. Un
champ de réflexion reste à explorer pour mieux identifier et comprendre le rôle de la TVB dans
l’adaptation mais aussi dans l’atténuation du changement climatique et faciliter la prise en compte de
ces liens dans l’action des territoires.
3) Liens intrinsèque entre TVB et changement climatique dans les textes et documents cadres
communautaires et nationaux
A l’échelle européenne, la notion d’« infrastructure verte » est fortement reliée aux enjeux
d’adaptation au changement climatique mais aussi à l’atténuation de celui-ci.
Extrait de la communication de la commission européenne du 06 mai 2013 sur l’Infrastructure
verte (Green infrastructure) :
2.3. Changement climatique et gestion des risques de catastrophe naturelles
Les approches écosystémiques sont des stratégies et des mesures qui utilisent les capacités
d'adaptation de la nature. Elles constituent l'un des outils les plus largement applicables,
2/6
MEDDE/DEB/SDEN/EN2
16/04/2017
économiquement viables et efficaces pour combattre les effets du changement climatique. Lorsqu'il y a
lieu, de telles approches font appel à des solutions fondées sur l'infrastructure verte puisqu'elles
utilisent la biodiversité et les services écosystémiques dans le cadre d'une stratégie d'adaptation
globale afin d'aider les populations à s'adapter au changement climatique ou à en atténuer les effets
négatifs. C'est pourquoi la récente stratégie de l'UE relative à l'adaptation au changement climatique
vise à examiner la nécessité de prévoir des orientations supplémentaires pour les autorités et les
décideurs, la société civile, les entreprises privées et les professionnels de la conservation de la nature
afin de tirer pleinement parti des approches fondées sur les écosystèmes en matière d'adaptation. Les
initiatives en matière d'infrastructure verte dans les secteurs agricole et forestier ayant un effet positif
sur les stocks de carbone et sur le bilan des gaz à effet de serre des États membres seront prises en
compte dans le cadre des activités liées à l'utilisation des terres, au changement d'affectation des
terres et à la foresterie et contribueront de ce fait à la concrétisation des politiques climatiques de
l'UE et de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.
En France, cette idée est reprise à la fois dans les textes et document cadre relatifs à la politique
de la TVB comme les orientations nationales TVB mais aussi dans les stratégies liées à l’énergie et
au climat comme le Plan national d’adaptation au changement climatique.
Article L. 371-1 du code de environnement :
La TVB contribue à « 1° Diminuer la fragmentation et la vulnérabilité des habitats naturels et habitats
d’espèces et prendre en compte leur déplacement dans le cadre du changement climatique ».
Extrait du document cadre ONTVB :
La TVB doit permettre d’accompagner les évolutions du climat en permettant à une majorité
d’espèces et d’habitats de s’adapter aux variations climatiques :
• en garantissant la présence de nouvelles zones d’accueil de qualité permettant d’anticiper le
déplacement des aires de répartition de nombreuses espèces et de leurs habitats ainsi que des habitats
naturels, du fait du changement climatique, notamment le déplacement vers le Nord ou en altitude ;
• en préservant des populations d’une espèce en limite d’aire de répartition et en favorisant
notamment les stations récentes où les populations sont en croissance.
Extrait de la fiche « biodiversité » du PNACC :
La gestion intégrée d’un territoire prenant en compte les effets du changement climatique sur la
biodiversité doit préserver ou restaurer l’essentiel des potentialités qui permettront à la nature de
s’adapter.
Cela implique notamment d’assurer, par une gestion durable des ressources, la continuité des services
rendus par les écosystèmes face au changement climatique, de favoriser la variété, la qualité et la
fonctionnalité des milieux naturels, de sauvegarder des populations viables du plus grand nombre
d’espèces.
Cette action comporte trois mesures, dont [...] « mettre en œuvre et préserver la Trame verte et bleue
(TVB) et identifier et préserver un réseau écologique d'outre-mer afin d’améliorer l’adaptation au
changement climatique de l’infrastructure écologique prévue par les lois Grenelle.
4) De grandes continuités écologiques à préserver ou remettre en bon état dans un contexte de
changement climatique
L’un des enjeux de cohérence nationale que doivent prendre en compte en particulier les schémas
régionaux de cohérence écologique (SRCE) porte sur la cohérence interrégionale et
transfrontalière. En effet, il apparaît essentiel de prendre en compte de grandes continuités à
préserver ou à remettre en bon état au-delà des limites administratives des territoires. Dans le
cadre des réflexions sur les ONTVB, le MNHN a produit 5 cartes ou illustrations de continuités
d’importance nationale. Quatre de ces cartes ont une logique « milieux » (ouverts, semi-ouverts,
fermés) et une cinquième possède une logique « espèces », identifiant des voies de migration de
l’avifaune. A cette échelle, le climat est un facteur majeur influençant la répartition des espèces. Aussi,
cet enjeu a-t-il été pris en compte notamment via la sélection de groupes d’espèces thermophiles ou de
milieux frais pour la construction des cartes.
3/6
MEDDE/DEB/SDEN/EN2
16/04/2017
Ces cartes, volontairement peu précises, n’ont pas vocation à être reprises stricto sensu dans les SRCE,
mais permettent à l’échelle nationale d’illustrer de grands enjeux de préservation et de remise en bon
état de continuités dans un contexte de changement climatique.
5) Les actions à mettre en œuvre pour se préparer au changement climatique
 Connaître pour comprendre et anticiper
A l’échelle nationale, des actions restent à mettre en place pour renforcer les connaissances des
impacts du changement climatique sur la biodiversité mais aussi comprendre les mécanismes
d’adaptation de cette biodiversité. Il apparaît notamment nécessaire de développer les travaux de
recherche, partager les résultats existants ou encore mettre en place des systèmes de collecte de
données communs.
Les Parcs nationaux, par exemple, disposent de milieux encore peu perturbés ou artificialisés
permettant l’observation de changements de fond tels que les effets du changement climatique. Cela
permet de disposer de sites de références dans des contextes variés (flore d’altitude en montagne,
observatoire de Port Cros, alpages sentinelles, etc.). Il est de plus intéressant pour les gestionnaires
d’espaces naturels de participer à des réseaux nationaux existants (phénoclim, observatoire des
saisons).
Pour les territoires, l’amélioration des connaissances est aussi un préalable à la mise en place d’actions
permettant d’anticiper les impacts du changement climatique. Il est en effet important de
territorialiser les impacts pour trouver des solutions adaptées à des contextes locaux.
Malgré les nombreuses incertitudes pesant sur les changements globaux et notamment le changement
climatique, l’acquisition de connaissances sur les évolutions attendues à l’échelle du territoire et leurs
impacts éventuels permet de se préparer et de développer des stratégies d’adaptation.
 Articuler les enjeux de changement climatique et de continuités écologiques
De même qu’il peut exister des synergies entre actions de « préservation / remise en bon état des
continuités écologiques » et actions en faveur de l’atténuation / adaptation au changement climatique
(exemple des trames vertes urbaines), il peut également apparaître des antagonismes. C’est le cas du
développement de certaines énergies renouvelables (barrages hydrauliques entraînant une rupture de la
continuité écologique des cours d’eau par exemple). Les enjeux sont alors à identifier, hiérarchiser et
adapter localement.
Comme l’ont montré les programmes de recherche sur les changements climatiques et trames
vertes urbaines (CCTV)1, le dialogue entre professionnels « climat / énergie » et professionnels «
TVB / biodiversité » n’est pas toujours simple mais constitue une clé pour anticiper les changements
globaux à l’échelle des territoires.
 A l’échelle régionale, un lien est à effectuer entre SRCE et SRCAE (encore peu d’exemples
aboutis) ; les futurs schémas régionaux d’aménagement et de développement durable du
territoire devraient faciliter le croisement de ces enjeux.
 A l’échelle des territoires, des passerelles peuvent aussi être faites à travers des documents
stratégiques ou via certains outils (documents d’urbanisme, chartes de parcs, Agenda 21, Plans
Climat Energie Territoriaux).
 Enfin, certains projets ou aménagements (comme les écoquartiers) peuvent intégrer ces deux
enjeux.
1
Objectifs des programmes CCTV : comprendre les liens entre trames vertes et adaptation des villes aux
changements climatiques au travers 2 programmes de recherches « CCTV1 » (Analyse de littérature scientifique)
et « CCTV2 » (Etudes de cas : Paris, Idf, Strasbourg)
Méthodes: des programmes pluridisciplinaires et la mobilisation des méthodes de la sociologie, de la
géographie, de l’économie, des sciences politiques, de l’écologie et de la climatologie.
4/6
MEDDE/DEB/SDEN/EN2
16/04/2017
Annexes
Documents issus de la journée d’échange sur la TVB et le changement climatique du 5 juillet
2012 organisée par le centre de ressources TVB, en lien avec FNE
http://www.trameverteetbleue.fr/vie-tvb/groupe-echange-tvb/trame-verte-bleue-changementclimatique-05-juillet-paris-fpnrf
1) Extrait du « questions/réponses » sur la TVB (janvier 2014)
La TVB va permettre à une majorité d’espèces et d’habitats de s’adapter aux variations climatiques. Elle garantit
en particulier la présence de nouvelles zones d’accueil de qualité permettant d’anticiper le déplacement des aires
de répartition de nombreuses espèces et de leurs habitats ainsi que des habitats naturels, du fait du changement
climatique.
La tendance générale des espèces, sous l’effet du changement climatique, semble être un déplacement de leur
aire de répartition vers le Nord ou en altitude. La TVB garantit donc la présence de nouvelles aires d’accueil
ainsi que des voies de transit nécessaires à cette réorganisation. Le maintien d’une bonne connectivité entre les
milieux favorise également leur capacité à résister voire à se restaurer face aux changements globaux et
notamment climatiques. Enfin, la TVB participe aussi à la régulation du climat en jouant un rôle d’atténuation
par l’intermédiaire des milieux qui la composent (captation du carbone par les forêts, rôle tampon des zones
humides,…).
2) Extrait du rapport final du Groupe biodiversité du Groupe interministériel « Impacts du
changement climatique, adaptation et coûts associés »
La connectivité est d’ailleurs la mesure d’adaptation la plus citée dans les publications scientifiques [Heller et
al., 2009].
La TVB est en soi une réponse au changement climatique du fait qu’elle facilite la mobilité des espèces et des
habitats et permet d’améliorer les échanges au sein de métapopulations.
Elle permettra un progrès important à la conservation de la fonctionnalité des écosystèmes à l’échelle des
territoires et au niveau national mais elle devra évoluer dans le futur pour être plus dynamique.
Le changement climatique est cité pour la désignation des espèces/habitats « déterminants TVB » sur lesquels va
se baser la trame. Des points d’avant-garde (déplacement d’espèces) et des limites de répartition seront
déterminés.
Toutefois le choix et l’efficacité des différents dispositifs permettant de rétablir la connectivité (corridors, pas
japonais, levée de barrière à dispersion…) restent à étudier. Les discontinuités écologiques (calcaire/acide,
passage de cols d’altitude, versants…) devront également être mieux prises en compte dans la définition des
continuités.
3) Extrait PNACC 2011-2015, Fiche biodiversité :
Action n°3 : Promouvoir une gestion intégrée des territoires prenant en compte les effets du changement
climatique sur la biodiversité
La gestion intégrée d’un territoire prenant en compte les effets du changement climatique sur la biodiversité doit
préserver ou restaurer l’essentiel des potentialités qui permettront à la nature de s’adapter.
Cela implique notamment d’assurer, par une gestion durable des ressources, la continuité des services rendus par
les écosystèmes face au changement climatique, de favoriser la variété, la qualité et la fonctionnalité des milieux
naturels, de sauvegarder des populations viables du plus grand nombre d’espèces.
Cette action comporte trois mesures :
- Mettre en œuvre et préserver la Trame verte et bleue (TVB) et identifier et préserver un réseau écologique
d'outre-mer (REDOM - BEST) afin d’améliorer l’adaptation au changement climatique de l’infrastructure
écologique prévue par les lois Grenelle- Prendre en compte le changement climatique dans la stratégie de création d'aires protégées et dans les
modalités de gestion des aires protégées existantes et à venir
- Généraliser, conformément aux lois Grenelle, les documents de planification intégrateurs des enjeux de
développement durable d'un territoire et par-là même soucieux de la préservation de la biodiversité dans un
contexte de changement climatique
Les réponses de certaines espèces au changement climatique sont déjà perceptibles sur les dernières décennies :
glissements vers le nord des aires de répartition des oiseaux, montées en altitude de plantes alpines, progression
de certaines espèces envahissantes…
L'évolution de la biodiversité relevant d'interactions extrêmement complexes entre espèces, milieux et pressions
anthropiques, les choix des sociétés humaines pour faire face au changement climatique notamment en matière
5/6
MEDDE/DEB/SDEN/EN2
16/04/2017
d'agriculture, de forêts, d'urbanisation ou de gestion des risques doivent tenir compte du nécessaire maintien des
capacités d’adaptation des écosystèmes.
C’est pourquoi, conformément aux objectifs et orientations définis dans la Stratégie nationale pour la
biodiversité 2011-2020 (SNB), les actions proposées ont pour objectif de conserver ou de restaurer des
potentialités qui permettront à la nature de s'adapter en diminuant les pressions humaines sur les espèces et les
milieux, là où cela s’avère nécessaire, et en favorisant localement la variété et les continuités écologiques.
4) Extrait de la communication de la commission européenne au Parlement, au Conseil, au
comité économique et social européen et au comité des Régions « Infrastructure verte –
Renforcer le capital naturel de l'Europe »
2. La contribution de l'infrastructure verte aux politiques de l'UE
2.3.
Changement climatique et gestion des risques de catastrophes naturelles
Les approches écosystémiques sont des stratégies et des mesures qui utilisent les capacités d'adaptation de la
nature. Elles constituent l'un des outils les plus largement applicables, économiquement viables et efficaces pour
combattre les effets du changement climatique. Lorsqu'il y a lieu, de telles approches font appel à des solutions
fondées sur l'infrastructure verte puisqu'elles utilisent la biodiversité et les services écosystémiques dans le cadre
d'une stratégie d'adaptation globale afin d'aider les populations à s'adapter au changement climatique ou à en
atténuer les effets négatifs. C'est pourquoi la récente stratégie de l'UE relative à l'adaptation au changement
climatique2 vise à examiner la nécessité de prévoir des orientations supplémentaires pour les autorités et les
décideurs, la société civile, les entreprises privées et les professionnels de la conservation de la nature afin de
tirer pleinement parti des approches fondées sur les écosystèmes en matière d'adaptation. Les initiatives en
matière d'infrastructure verte dans les secteurs agricole et forestier ayant un effet positif sur les stocks de carbone
et sur le bilan des gaz à effet de serre des États membres seront prises en compte dans le cadre des activités liées
à l'utilisation des terres, au changement d'affectation des terres et à la foresterie (UTCATF)3 et contribueront de
ce fait à la concrétisation des politiques climatiques de l'UE et de la Convention-cadre des Nations Unies sur les
changements climatiques.
Encadré 3: l'infrastructure verte en lien avec la mitigation des changements climatiques et l'adaptation à
ces changements. La restauration écologique de forêts alluviales constitue un exemple des nombreux avantages
de la restauration du capital naturel. Des forêts alluviales efficaces peuvent présenter de nombreux avantages,
notamment filtrer l'eau, préserver la nappe phréatique et prévenir l'érosion. Les forêts atténuent également les
effets du changement climatique en stockant le CO2 et en fournissant des biomatériaux qui peuvent emmagasiner
temporairement le carbone (produits forestiers récoltés) ou servir de produits de substitution au carbone en
remplaçant les matériaux et les carburants riches en carbone, ou encore agir comme une «soupape de sécurité»
qui retient l'eau et réduit le risque d'inondation d'établissements humains. La restauration de forêts alluviales
s'avère souvent moins onéreuse du point de vue des coûts ponctuels ou d'entretien que des solutions purement
techniques telles que la construction de digues ou de bassins d'orage. Les mesures de restauration de la forêt
alluviale rétablissent la connexion entre le cours d'eau et la plaine inondable adjacente et assurent de ce fait la
connectivité pour des espèces d'importance européenne telles que la loutre et des espèces rares d'oiseaux et de
poissons.
2
3
COM(2013) 216 final, stratégie de l'UE relative à l'adaptation au changement climatique.
Activités liées à l'utilisation des terres, au changement d'affectation des terres et à la foresterie.
6/6
Téléchargement