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Germains en Gaule du nord. Quant au latin, il était déjà parlé depuis près d'un siècle en Gaule narbonnaise avant l'arrivée des troupes de
César[réf. nécessaire].
Le gaulois était une langue celtique de la famille des langues indo-européennes, proche du brittonique comme en témoigne, entre autres
l'inscription découverte à Bath (Grande-Bretagne), les nombreux anthroponymes et toponymes qui ont parfois une stricte équivalence en
Gaule. Le breton, bien qu'il appartienne au groupe britonnique pour l'essentiel, a pu être influencé par un substrat gaulois et la langue d'oïl
est la langue romane la plus imprégnée par un substrat celtique. L'hypothèse de dialectes gaulois a été reprise par John Rhys qui évoque un
dialecte "celtican" (conservation de -qu-, ex: Sequana, EQVOS) ou encore Joshua Whatmough, cependant que pour Pierre-Yves
Lambert10 même si l'idée de dialectes différents en gaulois n'est pas irrationnelle en soi,..elle ne s'appuie pas sur des preuves solides à
l'heure actuelle.
L'agriculture et l'alimentation
La Gaule, contrairement à l'idée préconçue qui veut qu'elle soit couverte de forêts dans lesquelles les Gaulois pratiquent essentiellement la
chasse, est largement défrichée pour constituer des terres agricoles très riches avec de nombreuses fermes11. Au Ier siècle avant J.-C.,
l’exploitation de son sol était activement poussée. En effet, pendant ses campagnes, César trouva toujours sur place le blé nécessaire à la
nourriture de ses troupes, et pourtant, le soldat romain était gros consommateur de froment. Les ports fluviaux situés à proximité des
régions productrices jouent le rôle d’entrepôts où sont concentrées les réserves de blé qui, de là, pouvaient être acheminées par voie d’eau à
portée des armées: tel est le cas d’Orléans, sur la Loire, d’où l’on peut présumer que la Beauce possédait, dès cette époque, d’importantes
emblavures, tel est le cas aussi de Chalon-sur-Saône et de Mâcon, sur la Saône, et dans le nord de la Gaule, Amiens servait également de
magasin. Presque toutes les cités possédaient leurs champs de blé et pouvaient se suffire à elles-mêmes : jusqu’aux abords des Pyrénées, le
blé était récolté, la basse vallée de la Maurienne en offrit de grandes quantités à Hannibal, même les terres peu fertiles des Flandres, alors
couvertes de marécages, en produisaient. Le cas de l’Anjou, où César mentionne expressément le défaut de blé, est isolé. Peut-être cette
absence était-elle momentanée ou accidentelle. Parmi les terres à blé renommées de l’époque, il faut citer la région de Toulouse, chez les
Volques, chez les Cavares et la basse vallée du Rhône, la Bourgogne (surtout), ainsi que le pays des Bituriges et celui des Carnutes. Dans le
nord et dans le nord-est, le Soissonnais et la Champagne étaient également assez riches.
Les études archéobotaniques montrent que les Gaulois se nourrissent surtout de céréales (quatre sortes de blé : engrain, amidonnier,
épautre et froment ; orge, avoine et millet), de légumes (navets, choux) et de légumineuses (lentilles, haricots, fèves, pois ...). Les céréales,
pauvres en gluten (donc peu panifiables), se consomment sous forme de grains concassés, de bouillies, de soupes ou de galettes. Le beau
pain blanc de froment faisait le régal des nobles gaulois et la convoitise des autres peuples. Le blé est la principale nourriture du peuple.
L'archéozoologie montre que la viande provient de l'élevage car la chasse (lièvre, cerf, chevreuil ou sanglier), sport de noble, est marginale
(inférieure à 1% de l'alimentation). Elle est constituée principalement de cochon, mais aussi de bœuf dans le centre de la Gaule, de chèvre
et de mouton dans le Midi et de chevaux dans le Nord. Les salaisons et la charcuterie gauloise étaient réputées à Rome. Les volailles,
pourtant elles aussi exploitées, sont peu consommées.
Posidonios, dans son Histoire, décrit les boissons gauloises. Le peuple boit surtout la cervoise, bière à base d'orge, tandis que l'élite
consomme du vin. La culture de la vigne, au temps de la conquête, était peu répandue en Gaule et ne dépassait guère les abords de
Marseille. Le vin, boisson rare, était donc importé de Rome et considéré comme un luxe : on échangeait un esclave contre une amphore de
vin par exemple. Le commerce avec Rome s'intensifiant (l'archéologie sous-marine l'évalue à un million d'amphores par an), le vin s'est
progresivement démocratisé.
L’élevage du cheval
Le cheval a toujours tenu une grande place dans la vie des Gaulois, au point de figurer sur leurs pièces de monnaie. On dit que la cavalerie
était un élément essentiel de leur puissance militaire. Lors de la guerre des Gaules, les effectifs engagés étaient énormes, ce qui supposait
un élevage de chevaux très actif. L’élevage du cheval contribuait pour beaucoup à la réputation du paysan et on n’oublie pas qu’Epona, la
seule déesse gauloise intégrée dans le panthéon romain, était représentée en compagnie d’un cheval. Les aristocrates gaulois (les equites)
servaient à cheval dans la cavalerie et l’usage permanent des chariots exigeait un grand nombre de chevaux de trait. Pourtant, dès le IVe
siècle, les Gaulois qui combattent à l’étranger découvrent les grands chevaux méditerranéens, différents des chevaux indigènes qui
correspondent donc à nos poneys ou doubles-poneys actuels, et s’en prennent de passion, et, nous dit César : « les acquièrent à n’importe
quel prix. ». Pourtant, il semble que l’élevage se soit développé davantage sous le pouvoir romain.
Le commerce
L’abondance de moyens fait soupçonner l’importance du réseau routier et des échanges commerciaux. Dans ce domaine encore, les Gaulois
bénéficièrent de l’effort soutenu des populations antérieures. La diffusion des matières les plus recherchées, à partir de leurs centres de
production, avait entraîné la recherche des itinéraires les plus aisés. Le commerce de l’étain, qui continue à l’âge du fer, eut, sur le
développement routier, les plus fortes répercussions. La localisation et la rareté des gisements de ce métal déterminèrent les directions du
trafic. Le minerai importé venait, surtout, du Guadalquivir (Tartessos) et de la pointe occidentale de la Bretagne, de Cornouailles et, de là,
le métal était apporté sur la côte de la Manche et jusqu’à l’embouchure de la Loire, on suivait les grandes vallées pour pénétrer à l’intérieur
du pays.
Au premier âge du fer, les échanges ne sont plus limités aux matières premières. De l’Europe centrale, par le Danube, arrivent les modèles
des épées de fer qui pénètrent en Gaule par la trouée entre Vosges et Jura et la vallée du Doubs. Parviennent aussi des objets importés
d’Italie: seaux cylindriques appelés cistes, ou tronconiques appelés situles, les uns et les autres en bronze battu. Parfois des vases étrusques
et grecs les accompagnent dans les tumulus les plus récents de la Gaule de l’Est. C’est par la même voie du Danube que s’effectue ce trafic.
Depuis la découverte du cratère de Vix , la question de savoir par où cet énorme vase avait pu être acheminé a été longuement discutée. En
plus des itinéraires classiques, on a envisagé le col du Grand Saint-Bernard et surtout, la vallée du Rhône, mais rien de décisif. Si le couloir
rhodanien reste alors en dehors du grand mouvement commercial, c’est que le littoral, excepté Marseille, et la basse vallée du Rhône est
encore aux mains des Ligures, peu sociables. Ces tribus arriérées forment un écran entre le foyer de civilisation méditerranéen et la
Celtique, dont les limites méridionales ne dépassent guère le confluent de Lyon. Par ailleurs, Vix se trouve admirablement placé au point
où la voie protohistorique de la Loire inférieure et moyenne à la trouée de Belfort coupait l’itinéraire jalonné par la vallée de la Seine.
Il faut attendre la descente des Gaulois sur la côte de Provence pour qu’enfin des relations directes pussent s’établir entre Marseille et la