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Ecosystème ou hydrosystème ?
I
Le schéma classique « dual »
Dans un schéma classique (Figure 32), un écosystème est représenté comme un système incluant plusieurs
composantes en interaction, qui elles-mêmes peuvent se regrouper en deux grands sous-ensembles, les
composantes abiotiques
(le milieu physique et ses caractéristiques physico-chimiques) et
les composantes
biotiques
(l’ensemble des êtres vivants, microorganismes, végétaux et animaux). Les interactions entre ces
composantes de l’écosystème sont multiples et on distingue généralement les
échanges de matière, d’éner-
gie et enfin, plus rarement identifiés, les échanges d’information.
Ces échanges d’information ont bien sûr
un support physique (molécules odorantes, ondes acoustiques ou électromagnétiques) mais ce contenu
matériel ne suffit pas à rendre compte de leur rôle, alors qu’il peut être considérable dans la dynamique des
écosystèmes. D’où l’intérêt d’identifier spécifiquement ces échanges d’information.
Un tel système n’est pas clos : outre le flux d’énergie solaire qui alimente sa dynamique, il échange – et cela
est particulièrement vrai pour les écosystèmes aquatiques (à l’exception des écosystèmes marins profonds,
alimentés par diverses sources d’énergie chimique) – des flux de matière, d’énergie et d’information avec
d’autres écosystèmes. Cependant, la notion d’écosystème suppose implicitement l’existence d’une
frontière,
d’une limite physique et fonctionnelle du système, définie par le fait que les échanges au sein du système
prédominent sur les échanges entre le système et l’extérieur.
La problématique des services écologiques amène à s’interroger plus particulièrement sur les échanges de cet
écosystème avec les sociétés humaines,
leurs pratiques et leurs organisations. On représente classiquement
cette composante sociale comme un « sociosystème » distinct, qui va interagir avec l’écosystème : il reçoit de
l’écosystème un certain nombre de « produits » – qualifiés de biens et services écologiques – et lui restitue en
retour un certain nombre de « produits », susceptible de le modifier – on s’intéresse alors à la question des
impacts environnementaux, positifs ou négatifs.
De nombreuses raisons militent pour une représentation selon ce schéma classique et dual :
I
les délimitations des écosystèmes et des sociosystèmes ne se recouvrent généralement pas,
car elles
Figure
32
Représentation « classique » d’un écosystème et de sa relation avec le sociosystème.