BULLETIN D'INFORMATION N°01/2010 Janvier 2010
Les affections rhumatismales de l’appareil locomoteur. (3ième partie)
Le présent feuillet fait suite à celui du mois de décembre 2009.
Comment est-il possible de traiter l’arthrose ? L’arthrose est une affection rhumatismale dite « d’usure », elle constitue la
cause la plus fréquente de problèmes articulaires et est l’affection rhumatismale la plus répandue quelle que soit la latitude.
Elle n’est aujourd’hui, malheureusement pas guérissable. Toutefois il est possible de contrôler son évolution. Pour cela, des
traitements médicamenteux et non médicamenteux sont disponibles. Des recours à la chirurgie sont parfois nécessaires.
Depuis quelques années, des recherches sont également en cours afin de trouver des alternatives thérapeutiques ciblant le
cartilage, celles-ci s’intéressent particulièrement à la « chondroprotection » : le but étant d’améliorer par des traitements de
fond l’état anatomique d’une ou de plusieurs articulations atteintes de rhumatisme dégénératif. Cette technique innovante et
relativement récente a pour objectif d’améliorer l’état des cartilages et d’empêcher autant que possible l’usure de ces derniers
afin de conserver le plus longtemps possible une articulation arthrosique présentant un fonctionnement optimal.
- A mon niveau que puis-je faire pour me soigner, traiter mon arthrose et éviter qu’elle ne s’aggrave?
Il y a quelques règles simples à respecter pour éviter une aggravation :
1° Savoir reconnaître les phases de « poussées inflammatoires ». Car dans ces périodes, il est important d'observer un repos
relatif de l'articulation. En effet, les périodes dites de « poussées congestives » sont des moments au cours desquels les
phénomènes inflammatoires au niveau de l'articulation vont être importants. Ces poussées se caractérisent par une douleur
vive, survenant dès le matin. La douleur peut également être présente la nuit. L'articulation atteinte est parfois gonflée. Il
s'agit de périodes au cours desquelles il est possible, mais non certain, que le cartilage s'abîme. Il est donc recommandé
pendant ces crises de laisser l'articulation le plus souvent au repos. D’autre part, il est aussi important par exemple, durant
ces phases de poussées aiguës de l’arthrose de prendre son temps notamment le matin au lever, lorsque les maux articulaires
sont les plus forts : la raideur survient surtout lorsqu’on quitte une position de repos par exemple en se levant d’un fauteuil.
Cette rigidité initiale s’atténue après les premiers pas et disparaît ensuite rapidement après quelques mouvements (stade dit
de « dérouillage »).
2° Dépister les facteurs de risque de survenue ou d'aggravation de l'arthrose, sur lesquels on peut agir. Par exemple le
surpoids, une activité physique trop intense, la pratique de certains sports à risque ou nécessitant un usage inadapté des
articulations lésées… Il faut savoir que ce qui compte dans la pratique d'un sport est avant tout de se faire plaisir. Mais, chez
une personne qui présente déjà des facteurs de risque de survenue d'une arthrose ou qui souffre déjà d'arthrose, il est bon
d'être correctement informé sur certains points :
- L'activité sportive doit être pratiquée avec modération et progressivement, en s'adaptant aux performances actuelles du
pratiquant. Il faut en particulier faire attention au cas où l'on souhaite reprendre un sport après une longue période d'arrêt.
C'est là que se produisent le plus souvent les lésions tendineuses ou articulaires.
- Avant de commencer l'activité proprement dite, il faut faire une préparation musculaire, car un muscle chaud est plus apte à
réaliser un mouvement correct et à bien répartir les contraintes sur l'articulation.
- De même à la fin de l'activité, il faut détendre les muscles qui ont travaillé en faisant quelques mouvements de stretching.
- Il faut savoir adapter son activité en fonction de la douleur ou de la gêne ressentie, lorsque le sport est pratiqué. Ainsi, la
survenue d'une douleur doit faire vérifier si le geste est correctement exécuté, et de toute façon doit amener à moduler
l'activité en particulier en respectant des phases de repos.
- Lorsque l'arthrose est installée et déjà importante, il est utile de choisir les sports les moins générateurs d'arthrose. C'est à
dire éviter les changements d'appui brutaux et les réceptions violentes. Il vaut mieux donc porter sa préférence sur les sports
tels que le cyclisme, la natation, la course à pied.
3° En dehors des phases de poussées, maintenir une activité physique régulière. Des études ont par exemple démontré l'effet
bénéfique de la marche à raison de 3 fois 1 heure par semaine pour l'arthrose du genou. Au cours de la vie quotidienne, il
n'existe aucun geste particulier accusé de générer de l'arthrose. Toutefois, certains mouvements, lorsqu'ils sollicitent trop une
articulation arthrosique, peuvent déclencher des douleurs. Il faut donc savoir doser son activité, juger du caractère tolérable
ou non de la gêne et, lorsque c'est nécessaire, chercher des aides pour faciliter le mouvement. L'erreur à ne pas commettre
est donc de cesser toute activité quotidienne. D'une part cela a un effet néfaste sur l'articulation arthrosique, mais cela
contribue également à rendre la personne dépendante et invalide. Les répercussions morales sont alors inévitables et une
baisse du moral s'ensuit en général. Un cercle vicieux risque alors de s'installer car la douleur se trouve majorée. L'autre
erreur à éviter est d'adopter la position inverse et de nier la douleur lorsqu'elle survient. Une douleur déclenchée par une
activité, un geste, constitue un signal d'alarme qu'il ne faut pas négliger. Il faut réussir à poursuivre cette activité en adaptant
son geste. Ce qui peut se traduire par exemple, par utiliser un tabouret pour jardiner au lieu de rester accroupi, ou s'aider
d'un caddie pour effectuer les courses plutôt que de porter des charges trop lourdes…
4° Savoir économiser ses articulations en privilégiant les gestes qui sont le plus proches possible du confort articulaire et en
respectant la fatigue articulaire quand elle survient. Il faut également éviter de porter des charges lourdes, la marche en
terrain irrégulier, les stations debout prolongées. Ne pas hésiter lorsque cela s’avère nécessaire à utiliser par exemple, pour
marcher une canne du côté sain afin de soulager l’articulation fragilisée par l’arthrose. Il est également utile de porter lors des
déplacements des chaussures qui soutiennent bien les pieds. D’autre part, il est parfois indispensable de prendre appui sur un
support (tribune, rollator ou mobilier) pour par exemple se lever plus facilement d’un fauteuil…
5° Adopter une bonne hygiène de vie en aménageant l'environnement (par exemple la salle de bains, la cuisine, les toilettes)
à son potentiel physique et en adaptant ses activités en fonction de sa condition physique.
6° Suivre la prescription que vous a donnée votre médecin, sans modifier la posologie des médicaments ou la durée du
traitement. Il s'agit en général de traitements qui s'inscrivent dans la durée et dont l'efficacité ne doit pas être jugée trop
rapidement.
- Traitement médicamenteux de la douleur ? Deux grandes classes de médicaments peuvent être utilisées pour traiter
l’arthrose et combattre la douleur engendrée par cette dernière. La première classe de médicaments est constituée par les
médicaments dits « anti-inflammatoires ». Comme l’indique bien leur dénomination, ces substances médicamenteuses
agissent en diminuant les phénomènes inflammatoires. De là découle principalement leur action sur la douleur. Les anti-
inflammatoires sont donc principalement réservés au traitement des arthrites inflammatoires aiguës. Leur prescription dans
l’arthrose est, en principe, réservée au accès inflammatoires aigus qui peuvent survenir dans le décours chronique de
l’arthrose. Ils sont utiles pour diminuer voire bloquer l'inflammation qui se produit dans l'arthrose au moment des poussées
inflammatoires ou par exemple, après un effort physique soutenu ou violent, un traumatisme, un faux mouvement…Ils sont
très utiles dans ces cas, car il est prouvé notamment que lors des poussées inflammatoires le risque de détérioration
cartilagineuse est important. Plus cette crise est vite jugulée, plus on limitera les lésions au niveau de l'articulation. Il en existe
de deux types : les anti-inflammatoires stéroïdiens qui sont des dérivés de la cortisone et les anti-inflammatoires non
stéroïdiens ou A.I.N.S. qui n'en contiennent pas. Les premiers ne s'utilisent dans l'arthrose que par voie locale lorsqu'on les
injecte directement dans l'articulation : votre médecin spécialiste peut être amené à faire une piqûre dans votre articulation
arthrosique pour retirer du liquide et/ou injecter un médicament (« infiltration »). Les A.I.N.S. sont nombreux et presque tous
les A.I.N.S. peuvent être utilisés dans l'arthrose. Leur usage est réservé pour traiter une poussée inflammatoire d'arthrose. Vu
leur risque d’effets secondaires (troubles digestifs, ulcère, œsophagite ou saignements), ils doivent donc toujours être
prescrits pour une durée courte, en général ne dépassant pas 10 jours. Il n'y a pas dans l'absolu d'A.I.N.S. plus efficace que
d'autre. La seconde classe concerne les médicaments « antalgiques ». Ceux-ci constituent pour la plupart des médecins
spécialistes le traitement le plus adéquat de la douleur dans le cadre de l’arthrose chronique. Les antalgiques, également
appelés analgésiques, ont pour rôle de lutter contre la douleur. Ceux qui agissent sur le site même de la douleur arthrosique,
c'est-à-dire l'articulation, sont appelés antalgiques périphériques. Il en existe d'autres qui agissent sur la manière dont est
perçue la douleur au niveau du cerveau. On les appelle antalgiques centraux. Ils ont une action supérieure aux précédents et
doivent être proposés uniquement si les antalgiques périphériques n'ont pas réussi à calmer la douleur. Les antalgiques
centraux "forts" sont exceptionnellement nécessaires dans l'arthrose. Si le médecin est amené à les prescrire, il le fera en
fonction de règles d'utilisation très strictes. La prise d'antalgique doit se calquer sur la douleur : si la douleur est permanente,
ils seront pris en plusieurs fois, à intervalles réguliers au cours de la journée, en général toutes les 6 heures, trois à quatre
fois par jour afin d’obtenir la dose recommandée pour obtenir un bon contrôle de la douleur. En cas de douleur intermittente,
l'horaire de prise doit être adapté au moment de survenue de la douleur. Les repas n'influençant pas l'efficacité des
antalgiques, on peut les prendre au moment le plus approprié par rapport à la douleur.
- La kinésithérapie ? La kinésithérapie constitue un excellent complément au traitement médicamenteux, elle comporte des
exercices dont le but est de renforcer la musculature, de soulager les douleurs et de maintenir la mobilité le plus longtemps
possible. La kinésithérapie est prescrite par le médecin et exécutée par le kinésithérapeute (parfois en association avec des
séances de physiothérapie). Le kinésithérapeute peut soulager certaines de vos douleurs par des techniques de massages
simples. Il peut également vous apprendre certains mouvements ou exercices à exécuter à votre domicile, pouvant diminuer
vos maux. De plus, il est à même de vous conseiller sur des positions ou attitudes pouvant amoindrir vos douleurs. L'arthrose
peut limiter les mouvements. Les séances de kinésithérapie peuvent vous aider à récupérer partiellement une certaine
mobilité de vos articulations souffrantes. En, effet la réalisation de mouvements et de massages spécifiques en kinésithérapie
peut améliorer la force musculaire et la souplesse de vos articulations, permettant ainsi d'augmenter l'amplitude de vos
mouvements. La kinésithérapie permet également de stabiliser les articulations et limiter les déformations : les exercices
physiques qui font appel à la kinésithérapie sont très importants à la fois pour maintenir la forme physique et pour lutter
contre l'instabilité articulaire et la déformation dues à l'arthrose. Une articulation dont le cartilage est détérioré, devient moins
stable. Plus l'usure du cartilage augmente, plus l'instabilité et les déformations augmentent. Le travail musculaire vise à
stabiliser cette articulation. Un défaut architectural de l'articulation provoquant un appui plus important sur le cartilage
favorise souvent l'apparition d'arthrose. Un travail sur les muscles peut permettre de diminuer cet appui excessif. Enfin, lors
de gonarthrose ou de coxarthrose, la kinésithérapie a aussi un rôle dans la préparation à une intervention chirurgicale. Elle
permet en stimulant vos muscles de limiter les contraintes articulaires et de développer la musculature. Dans la rééducation
d'un patient atteint de gonarthrose, elle a pour but de développer les quadriceps et les muscles stabilisateurs du genou. Dans
l'arthrose fémoro-patellaire, on prescrit une rééducation des quadriceps de manière à éviter des contraintes exagérées sur
l'articulation. Pour la coxarthrose, des séances de kinésithérapie sont souvent conseillées par le médecin avant une opération.
Elles permettent de renforcer les muscles stabilisant la hanche. La rééducation à visée musculaire est prescrite sur des durées
limitées.
- La chirurgie ? La chirurgie n’est envisagée qu’en tout dernier recours, lorsque le niveau d’usure de l’articulation est tel que
les mouvements même infimes et quotidiens, ne sont plus possibles sans aide extérieure à cause de la douleur et du
« verrouillage » de l’articulation. L'arthroscopie a très peu d'indications dans le cas d'arthrose. Toutefois elle peut être
proposée par exemple, dans l'arthrose du genou lorsqu'on soupçonne la présence d'un morceau de cartilage ou de ménisque
mobile et instable dans cette articulation. La chirurgie réparatrice, a pour but de corriger certains défauts des os qui sont
responsables d'une morphologie anormale d'une articulation. Ainsi on peut parfois être amené à corriger l'axe d'un genou ou
bien une malformation de la hanche. Dans certains cas, la chirurgie constitue une technique relativement lourde. Il s'agit de
remplacer l'articulation très abîmée par l'arthrose par une articulation en matériel synthétique. L'indication n'est jamais
urgente, car il s'agit avant tout d'améliorer le confort. La décision chirurgicale est le fruit d'une concertation entre vous-même,
votre médecin et le chirurgien.
Les résultats sont en général bons avec une réduction de la douleur liée à l'arthrose et une restauration satisfaisante de la
mobilité. Toutefois il faut garder à l'esprit qu'une prothèse articulaire est quelque chose d’artificiel et ne donne que rarement
une fonction aussi bonne qu'une articulation normale. Les techniques les plus sûres et avec les meilleurs résultats sont
actuellement celles utilisées pour la hanche et le genou.
WOWO 01.2010
BULLETIN D'INFORMATION N°02/2010 Février 2010
Les affections rhumatismales de l’appareil locomoteur. (4ième partie)
Dans les trois précédents feuillets consacrés aux affections rhumatismales, nous nous sommes intéressés plus
particulièrement à l’arthrose. L'arthrose fait partie des rhumatismes. D’autre part, vous avez déjà entendu parler d'arthrite,
polyarthrite, goutte, chondrocalcinose…. Toutes ces maladies font parties également des rhumatismes, mais leurs symptômes,
traitements et évolutions sont bien différents. Ainsi, il faut bien distinguer les rhumatismes dégénératifs dont fait partie
l'arthrose des rhumatismes inflammatoires auxquels appartient l'arthrite. La deuxième grande catégorie de pathologies
dites « rhumatismales » est donc reprise sous le vocable général d’arthrite.
Qu'est ce que l'arthrite ?
L'arthrite rhumatismale (du grec " arth " signifie articulation et " itis ", inflammation) provoque une inflammation et une
raideur de l'articulation. Elle est définie comme toute affection inflammatoire chronique ou aiguë qui frappe les articulations.
Cependant, elle regroupe plusieurs sortes de maladies responsables de cette inflammation et dont les causes sont différentes.
L'arthrite peut être : d'origine bactérienne. (streptocoque, gonocoque, bacille de koch, staphylocoque…) ; due à un
traumatisme ; consécutive à une maladie (à expression articulaire) comme le psoriasis ou la maladie de Crohn ; la résultante
d'une maladie auto-immune comme la polyarthrite rhumatoïde. De plus, elle peut toucher une ou plusieurs articulations. On
parlera alors de monoarthrite, de oligoarthrite lorsque deux, trois ou quatre articulations sont touchées, et au-delà de
polyarthrite. Les symptômes sont en général : des douleurs souvent nocturnes ; une raideur des articulations au réveil ;
l’apparition de rougeurs et/ou gonflements au niveau de l'articulation, dus à l'épanchement de liquide synovial.
Quelles sont les différentes formes d'arthrite rhumatismale ?
On dénombre actuellement une centaine de maladies rattachées à l'arthrite. Cependant chaque forme possède des
symptômes et un développement bien différents.
Ainsi les plus fréquentes sont :
-
L'arthrite infectieuse : l'arthrite infectieuse ou septique est provoquée par l'infection d'une articulation par un agent
pathogène (bactérie ou champignon). Celui-ci pénètre dans l'articulation soit par voie sanguine (présence d'un foyer infectieux
éloigné dans une autre partie du corps), soit par voie cutanée (blessure ouverte). Généralement, il s'agit de mono-arthrite
n'affectant qu'une seule articulation. Les symptômes généralement présentés par la personne souffrant d’arthrite infectieuse
sont des articulations gonflées et chaudes, des rougeurs au niveau de l’inflammation, l’apparition rapide d’une douleur
importante engendrant de grosses difficultés dans les mouvements, des épisodes de montées de fièvre accompagnées de
frissons…
A la différence des autres formes d'arthrite, si elle est diagnostiquée et traitée assez tôt, l'arthrite infectieuse peut être guérie
assez rapidement. Par contre, si aucun traitement n'est instauré, les articulations peuvent être gravement lésées. Les
personnes diabétiques, anémiques, sidéennes, cancéreuses, alcooliques et celles qui souffrent d'une maladie du rein grave ou
qui ont des troubles immunitaires sont les plus à risque.
- Les arthrites inflammatoires aseptiques :
- Le rhumatisme articulaire aigu ou maladie de Bouillaud
: consécutive à une infection à streptocoques hémolytiques B
(provenant généralement d'une angine non traitée), cette maladie est devenue plus rare en Europe. Ce type de rhumatisme
est assez douloureux, cependant l'inflammation est de courte durée. L'affection touche plus particulièrement l'articulation du
genou, des coudes et des chevilles.
- La polyarthrite rhumatoïde(P.R.) :
cette pathologie est la plus fréquente des rhumatismes inflammatoires chroniques (0.4 %
de la population). Elle appartient au groupe des maladies systémiques ou connectivites. Elle concerne plus particulièrement
les femmes (3 malades sur 4 sont des femmes). La PR survient volontiers chez les femmes entre 40 et 60 ans,
particulièrement en période périménopausique. A cet âge, la prépondérance féminine est très marquée, puisque 4 femmes
pour un homme sont touchées. La maladie est plus fréquente chez les parents des sujets atteints. Cette maladie existe dans
le monde entier et toutes les races peuvent être atteintes. Généralement, la PR peut apparaître à tout âge, mais l'âge du
diagnostic moyen se situe entre 40 et 50 ans. Lorsque le patient a moins de 15 ans, on parlera d'arthrite chronique juvénile.
Elle touche plusieurs articulations dont principalement la main, le poignet, l'avant pied, le coude et les chevilles de manière
symétrique en quelques semaines. La PR fait partie des maladies auto-immunes, mais ses causes sont encore inconnues.
L'organisme du patient produit des anticorps dirigés contre ses propres tissus provoquant une forte réaction inflammatoire. Le
principal tissu ciblé est alors la membrane synoviale qui sécrète le liquide lubrifiant des articulations : la synovie. Sous l'impact
de la réaction inflammatoire, elle s'épaissit, aboutissant à une érosion du cartilage. L'articulation s'abîme de plus en plus et est
progressivement remplacée par un tissu qui joint les deux extrémités des os formant l'articulation. Ce dernier fait est
responsable de la diminution de la mobilité articulaire. L'inflammation entraîne également une fragilisation des attaches qui
forme l'articulation (elles se relâchent) et entraîne à plus long terme une déformation symétrique de l'articulation sous l'effet
de mouvements répétés. Le développement de la PR se manifeste le plus souvent par poussées durant lesquelles on observe
un gonflement des articulations, une raideur des articulations dont un dérouillage difficile au réveil, l'apparition de douleurs
permanentes pendant les poussées qui réveillent pendant le sommeil. Si aucun traitement n'est mis en place, la succession de
ces poussées entraîne la déformation des articulations et la maladie se propage dans d'autres localisations articulaires. Son
évolution est assez variable et diffère d'un patient à l'autre. Il est très important que le diagnostic de PR soit établi au plus tôt
afin d’instaurer un traitement intensif aussi rapidement que possible afin d’éviter le développement de lésions irréversibles.
L’association de différents types de traitements dont l’importance est variable sont à mettre en place dans le cas d’une PR . Il
s’agit notamment des traitements médicamenteux ; ceux-ci sont de deux types : - les traitements symptomatiques qui
agissent principalement sur les symptômes de la PR , on y trouve les antalgiques contre la douleur, les anti-inflammatoires
non stéroïdiens (AINS) et les anti-inflammatoires stéroïdiens (cortisone) qui combattent l’inflammation.
- les traitements de fond qui permettent de soigner de manière plus spécifique les causes de la PR : le méthotrexate, les
antipaludéens de synthèse, les sels d’or intramusculaires, les biothérapies…Ces médicaments peuvent avoir des effets
indésirables. La surveillance médicale pendant ces traitements est donc de la plus haute importance. Elle repose notamment
sur des prises de sang régulières. Les traitements locaux sont aussi prescrits pour prévenir l'apparition des déformations et
soulager les douleurs : infiltrations, synoviorthèse, ablation de la synoviale et chirurgie. La réadaptation fonctionnelle est très
importante au cours de la PR, quel que soit le stade de la maladie, mais elle doit être modulée en fonction de l’évolution.
L’objectif de la réadaptation fonctionnelle est de limiter les déformations, d’assurer le maintien de la qualité des muscles et de
lutter contre l’enraidissement. Dans certains cas et selon les besoins, des appareillages, orthèses…pourront être réalisés.
- La spondylarthrite ankylosante :
ce type d'arthrite inflammatoire aseptique, est une affection chronique à prédominance
masculine. Les articulations atteintes sont principalement l'articulation sacro-iliaque, et la colonne vertébrale. Le
développement se fait entre 15 et 30 ans, il peut y avoir une prédisposition héréditaire (dosage HLA B 27). Elles sont soit
isolées, soit consécutives à des infections inflammatoires digestives. Cette affection inflammatoire chronique, fait partie des
spondylarthropathies désignant une atteinte articulaire vertébrale. Les symptômes sont généralement des douleurs localisées
au niveau des fesses, vers le milieu du dos et à l'arrière de la cuisse. Celles-ci sont plus présentes le matin au réveil et le soir.
Une raideur matinale des articulations est également observée. Les accès inflammatoires entraînant ces douleurs sont
chroniques, coupés par des périodes asymptomatiques. L'affection est progressive, débutant généralement par l'articulation
sacro-iliaque, elle s'étend petit à petit vers le dos, pour atteindre le rachis cervical. Ainsi, les articulations des membres sont
peu touchées. Son évolution est progressive et variable selon le patient. Elle se manifeste par poussées pouvant en absence
de traitement entraîner une raideur de toute la colonne vertébrale. Le traitement est essentiellement constitué par des anti-
inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Lorsqu'ils sont insuffisants, de la salazopyrine peut être prescrite. Si l'atteinte est
invalidante, il est possible de réaliser des infiltrations de corticostéroïdes pour soulager la raideur. De nouveaux traitements
prometteurs sont en cours d'évaluation.
- Le rhumatisme psoriasique :
le rhumatisme psoriasique est une arthrite inflammatoire aseptique affectant entre autres, les
articulations distales des doigts. Elle apparaît chez 1 personne sur 10, atteinte de psoriasis cutané, cependant l'évolution de
ces deux pathologies est souvent indépendante. Le rhumatisme psoriasique se manifeste par l'atteinte asymétrique des
articulations à la différence de la polyarthrite rhumatoïde. Les traitements sont proches de ceux de la polyarthrite rhumatoïde,
seule la cortisone est peu utilisée en raison d'une moindre efficaciet de l'atteinte cutanée qui peut être aggravée si l'on
arrête le traitement. En effet, le traitement à base de cortisone crée une sorte de dépendance qui engendre lors de l'arrêt du
traitement à la cortisone une augmentation importante des plaques cutanées. Certains médicaments sont également peu
recommandés lors d'apparition des symptômes cutanés, comme l'aspirine, le lithium et certains antibiotiques.
- La polyarthrite juvénile ou maladie de Still :
l'arthrite chronique juvénile est une arthrite inflammatoire d'origine inconnue
développée chez des enfants de moins de 16 ans dont l'affection dépasse trois mois. Il en existe trois types : le type
oligoarticulaire qui touche moins de 4 articulations ; le type polyarticulaire qui atteint essentiellement les filles, et affecte de
manière symétrique et diffuse les articulations ; la forme systémique qui touche surtout les enfants de moins de 5 ans. Les
symptômes sont une fièvre très élevée (à la différence des deux autres types), une inflammation des ganglions lymphatiques,
une éruption cutanée et une rate hypertrophiée. L'évolution de l'arthrite chronique juvénile dépend de la forme développée.
Généralement, le type oligoarticulaire est très bien soigné. Les types polyarthrite et systémique sont plus difficiles à traiter.
Les symptômes présentés sont Il s'agit de fièvre, d'éruption cutanée ou d'une augmentation de volume des ganglions
lymphatiques. Les traitements : Il s'agit essentiellement d'aspirine et de corticoïdes locaux et généraux visant à soigner les
symptômes de la maladie.
- Les arthrites microcristallines :
- La goutte : les arthrites microcristallines sont dues à une inflammation provoquée par la présence et l'accumulation de
microcristaux dans les articulations. Ce type d'arthrite engendre de fortes douleurs au niveau des articulations, accompagnées
de gonflements temporaires. La goutte est une maladie génétique, responsable d'une dérégulation du métabolisme,
entraînant un excès d'acide urique dans l'organisme. C'est l'accumulation de microcristaux d'acide urique dans les articulations
qui provoque les crises d'arthrite. La goutte atteint majoritairement les hommes d'âge mur. Elle peut être déclenchée suite à
certaines pathologies souvent hématologiques ou certaines médications. Elle est parfois liée à l'obésité. Certains aliments
riches en purine (dont est issu après digestion l'acide urique) peuvent déclencher des crises chez des individus possédant déjà
des antécédents familiaux. D'autres causes existent comme un traumatisme, pouvant entraîner un détachement local de
cristaux d'acide urique. Toutefois, un grand nombre de personnes possède un taux élevé d'acide urique, et ne développera
jamais la goutte. Généralement, les articulations touchées sont les gros orteils, les chevilles et genoux et parfois le poignet et
les doigts. Pendant les crises, les douleurs sont très importantes voire aiguës, et apparaissent brutalement. L'articulation de la
personne atteinte de goutte enfle, devient rouge et brillante. Si aucun traitement n'est mis en place, les articulations se
déforment. A plus long terme, elles sont détruites et on peut observer des zones de tuméfactions sous la peau au niveau des
tendons, des oreilles et des tissus mous. (il s'agit de dépôts d'acide urique). Les douleurs sont soignées principalement par de
la colchicine et des anti-inflammatoires non stéroïdiens. La production trop importante d'acide urique est traitée différemment
selon les cas : prescription d'uricosurique lorsque le patient a des difficultés à éliminer l'acide urique ; régime hypocalorique et
suppression de l'alcool, lorsque l'excès est du à une alimentation trop riche ; traitement à l'allopurinol, qui fait baisser le taux
d'acide urique.
WOWO 02.2010
BULLETIN D'INFORMATION N°03/2010
Mars 2010
Achat de médicament via internet ?
Dans le courant du dernier trimestre 2009, l’Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé *
(AFMPS crée le 01.01.2007 pour remplacer la Direction Générale Médicaments du SPF Santé publique) a pour la
première fois initié une campagne de sensibilisation pour le grand public afin d’attirer l’attention de celui-ci sur le fait de
ne pas remplir systématiquement la pharmacie familiale en s’écartant de la filière de commercialisation « on line »
légalement autorisée en Belgique. En effet, en vertu d’un arrêroyal du 21.01.2009 (MB du 30.01.2009), la vente en
ligne de médicaments à usage humain non soumis à prescription médicale et de certains dispositifs médicaux (par
exemple du matériel stérile, des pansements et des préservatifs) est permise, dès lors qu’elle s’opère par le truchement
d’une officine ouverte au public autorisée en Belgique, dont le pharmacien-titulaire aura préalablement notifié à l’AFMPS
et à l’Ordre des pharmaciens son point de vente internet. Le site internet d’une pharmacie enregistrée à l’AFMPS doit
être considéré comme une extension virtuelle de l’officine, qui fait aussi partie de la pharmacie. La délivrance de la
marchandise se fait obligatoirement à ou à partir de l’officine, sous la responsabilité non virtuelle du pharmacien maître
des lieux. Actuellement le site de l’AFMPS répertorie une bonne cinquantaine d’enseignes avec leur(s) extension(s)
internet, dont 70% se situent en Flandre. Une évaluation de la toute jeune réglementation devra être faite. A l’heure
actuelle, il est trop tôt pour disposer de données chiffrées mais l’activité d’achat par le biais d’internet est minime au
regard des volumes délivrés dans le réseau fort dense des 5.000 officines belges.
Hormis ce circuit internet toléré en Belgique et placé sous la surveillance de l’AFMPS, de nombreux internautes sont
tentés de s’aventurer sur d’autres sites internet non admis et ce au risque d’acheter des substances pouvant à la fois
nuire gravement à leur santé et inutilement à leur portefeuille. Fin décembre 2009, une opération internationale contre
la vente en ligne de médicaments contrefaits et illégaux a permis de saisir à l’aéroport de Zaventem une cinquantaine
de colis postaux destinés à des acheteurs belges contenant 9.500 tablettes ou capsules. Un tiers concernait des
produits d’amaigrissement contenant des substances interdites et dangereuses, un autre tiers des hormones et pro-
hormones illégales de qualité douteuse, 7% de yohimbine (stimulant), 3% d’éphédrine (dopant central). Le reste était
constitué de médicaments courants importés de manière illicite. Une récente recherche menée conjointement par les
universités de Gand et de Liège a permis à l’institut scientifique de santé publique de déduire dans un rapport que les
médicaments contrefaits contiennent d’autres substances que les médicaments originaux. Souvent totalement
inefficaces, la toxicité et les effets secondaires de ces produits sont totalement inconnus et constituent donc un risque
important pour les consommateurs. Sans surprise, les médicaments de contrefaçon (venant d’Inde, de Chine, de
Thaïlande, des USA…) rencontrés le plus souvent dans notre pays sont les médicaments utilisés pour lutter contre les
troubles d’érection.
Quelles sont les raisons pour rester vigilant et prudent vis-à-vis des produits de sanofferts en vente
sur internet ?
- Il se peut que l'assurance de la qualité et de l'efficacité fasse défaut. Dans bien des pays, les firmes qui
mettent au point et commercialisent des produits de santé doivent faire, à l'intention des autorités compétentes en
matière de médicaments, la preuve de l'innocuité, de l'efficacité et de la quali de leurs produits en vue de leur
consommation par l'être humain avant que lesdits produits ne puissent être agréés ou autorisés à être vendus. Même
s'il est possible d'acquérir ces produits autorisés via Internet, il n'est pas exclu que certains produits offerts en vente
n'aient pas été étudiés et évalués conformément aux lois et glements en vigueur dans votre pays. Il n'y a, pour ces
produits non autorisés, aucune garantie de sécurité et d'efficacité. En tant qu'utilisateur d'Internet, il se peut qu'il vous
soit difficile de faire la distinction entre les produits qui sont conformes aux normes imposées par votre gouvernement
et ceux qui ne le sont pas. Les informations relatives aux produits de santé développés et testés chez les humains sont
disponibles sur Internet. Si vous souffrez d'une maladie ou d'une affection pour laquelle il n'y a pas de traitement à
l'heure actuelle, vous irez peut-être à la recherche d'informations sur ladite maladie ou affection et vous découvrirez de
nouveaux produits sur Internet. Mais même si de nouveaux produits ne sont souvent pas encore disponibles en vue de
la prescription, il se peut qu'un professionnel de santé vous prescrive un médicament avant que ce dernier ne soit
approuvé ; ou il envisagera de vous faire participer à des essais cliniques portant sur ce type de produit. Il est
important de comprendre que des risques additionnels ne sont pas exclus lors de l'utilisation d'un produit avant son
autorisation, étant donné que les effets secondaires possibles (qui peuvent être rieux et même menacer la vie du
patient elle-même) de même que l'efficacité et le dosage exact ne sont peut-être pas encore connus. Dans certains cas,
un produit délivré sur prescription ne sera pas disponible dans votre pays alors qu'il aura déjà été autorisé dans un
autre. Dans les cas de ce genre, il se peut qu'il existe dans votre pays, des procédures juridiques particulières vous
permettant d'importer ce médicament de l'étranger. Cela se fera avec l'aide du professionnel de la santé qui vous traite,
selon des canaux de distribution légaux.
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