Validación de una escala de detección breve para praxias gestuales

Telechargé par mailys.merieau
Me
´moire
Validation d’une batterie bre
`ve d’e
´valuation des praxies
gestuelles pour consultation Me
´moire. E
´valuation chez 419
te
´moins, 127 patients atteints de troubles cognitifs le
´gers et
320 patients atteints d’une de
´mence
Validation of a brief screening scale evaluating praxic abilities
for use in memory clinics. Evaluation in 419 controls, 127 mild
cognitive impairment and 320 demented patients
F. Mahieux-Laurent
a,
*, C. Fabre
c
, E. Galbrun
b
, A. Dubrulle
d
, C. Moroni
e
,
groupe de re
´flexion sur les praxies du CMRR I
ˆle-de-France Sud
1
a
CEGAP, ho
ˆpital Charles-Foix, AP–HP, 7, avenue de la Re
´publique, 94205 Ivry-sur-Seine cedex, France
b
Service de ge
´rontologie 2, centre hospitalier E
´mile-Roux, AP–HP, Limeil Brevannes, France
c
Service B2, ho
ˆpital Dupuytren, AP–HP, Draveil, France
d
Consultation Me
´moire, centre hospitalier ge
´riatrique du Mont d’Or, Albigny-sur-Sao
ˆne, France
e
Jeune e
´quipe 2497 « neuropsychologie et cognition auditive », universite
´Nord-de-France, Villeneuve-d’Ascq, France
revue neurologique 165 (2009) 560–567
info article
Historique de l’article :
Rec¸u le 7 juillet 2008
Rec¸u sous la forme re
´vise
´ele
4 septembre 2008
Accepte
´le 17 novembre 2008
Disponible sur Internet le
15 janvier 2009
Mots cle
´s:
De
´mence
Crite
`res diagnostiques
E
´valuation neuropsychologique
Apraxie
Normes
re
´sume
´
Introduction. – L’objectif de ce travail e
´tait de construire une batterie bre
`ve d’e
´valuation des
praxies gestuelles, pour utilisation en consultation Me
´moire et d’en e
´tablir des normes.
Patients et me
´thodes. – La batterie comprend trois dimensions diffe
´rentes : exe
´cution sur
commande verbale de gestes symboliques (cinq gestes), de mimes d’action (cinq gestes) et
imitation de gestes abstraits (huit gestes). Des normes ont e
´te
´e
´tablies a
`partir de 419 sujets
normaux. La comparaison des performances de ces normaux avec les re
´sultats obtenus
chez 320 patients atteints de de
´mence a permis d’e
´valuer leurs sensibilite
´et spe
´cificite
´.Un
groupe de 127 patients atteints de troubles cognitifs le
´gers a e
´galement e
´te
´e
´tudie
´.
Re
´sultats. – Des valeurs seuils ont e
´te
´propose
´es pour chaque dimension, base
´es sur les
valeurs du cinquie
`me percentile observe
´dans trois classes d’aˆge et trois groupes de niveau
culturel. La spe
´cificite
´des normes e
´tablies e
´tait e
´leve
´e pour les trois dimensions. La
sensibilite
´, en revanche, e
´tait faible, la plus importante e
´tant observe
´e pour l’imitation
de gestes abstraits, suivie des mimes d’action et des gestes symboliques. Dans les trois
dimensions, le groupe de patients atteints d’un trouble cognitif le
´ger pre
´sentait une
*Auteur correspondant.
Adresse e-mail : fl[email protected] (F. Mahieux-Laurent).
1
Membres du groupe de re
´flexion sur les praxies du Centre me
´moire de ressources et de recherche I
ˆle-de-France Sud : B. Dieudonne,
A. Dubrulle, C. Fabre, D. Feteanu, N. Gabalda, E. Galbrun, L. Guillermo, L. Lacoste, G. Maitrel, F. Mahieux, B. Passaquet, A. Prezlowska. Ce
test est pre
´sente
´sur le site du groupe de re
´flexion sur les e
´valuations cognitives (Greco) : http://www.sf-neuro.org/index1.php3?pa-
geID=sfn_greco.
0035-3787/$ – see front matter #2008 Elsevier Masson SAS. Tous droits re
´serve
´s.
doi:10.1016/j.neurol.2008.11.016
1. Introduction
Le diagnostic de maladie d’Alzheimer (MA), comme celui des
autres de
´mences, repose toujours, a
`ce jour, sur le recueil d’un
ensemble de crite
`res purement cliniques (McKhann et al., 1984 ;
American Psychiatric Association, 2000), meˆme si les e
´valua-
tions paracliniques entrent de plus en plus en ligne de compte
(Dubois et al., 2007). Outre le crite
`re fondamental que constitue
le trouble mne
´sique, la pre
´sence d’un autre trouble cognitif est
indispensable au diagnostic. A
`coˆte
´de l’aphasie, des agnosies et
des troubles des fonctions exe
´cutives, figure spe
´cifiquement
l’apraxie de
´finie comme une « alte
´ration de la capacite
´a
`re
´aliser
une activite
´motrice, malgre
´la pre
´servation des capacite
´s
motrices, des fonctions sensorielles et une bonne compre
´hen-
sion des consignes » (American Psychiatric Association, 2000).
Pour autant, l’examen des praxies gestuelles est encore
trop souvent ne
´glige
´ou re
´alise
´dans le plus grand empirisme
et varie d’un observateur a
`l’autre. Une des raisons majeures
de ce fait tient a
`l’absence d’instrument d’e
´valuation stan-
dardise
´, permettant la comparaison a
`des sujets normaux.
L’e
´volution actuelle de la recherche en neuropsychologie tend
surtout vers l’e
´laboration de batteries « compre
´hensives »
longues et de
´taille
´es (LeGall et al., 1994 ; Peigneux et
VanDerLinden, 2000), visant a
`individualiser les diffe
´rentes
composantes du trouble, en re
´fe
´rence aux hypothe
`ses
the
´oriques du moment. Ces batteries, pour inte
´ressantes
qu’elles soient dans le cas de protocoles de recherche autour
de cas (ou de se
´ries de cas) cliniques particuliers, sont
inapplicables lors d’une consultation Me
´moire ou` l’ensemble
des capacite
´s cognitives doit eˆtre e
´value
´dans un but
diagnostique et en pre
´servant autant que possible l’unite
´de
temps et de lieu.
Dans ce contexte, il est essentiel, pour le clinicien, de
disposer de donne
´es normatives qui permettent de situer les
performances du patient par rapport a
`celles de sujets
normaux, afin de de
´terminer si sa performance individuelle
est a
`l’inte
´rieur ou non des limites des normes de re
´fe
´rence.
Ces normes doivent eˆtre e
´tablies a
`partir d’un e
´chantillon le
plus repre
´sentatif possible de la population ge
´ne
´rale et surtout
suffisamment de
´taille
´pour tenir compte de la variabilite
´
interindividuelle, les facteurs de variabilite
´les plus classiques
e
´tant l’aˆ ge et le niveau d’e
´tude.
Ces normes doivent, enfin, pour un outil clinique eˆtre
d’utilisation la plus simple possible et leur analyse ne doit pas
reque
´rir plus de temps que la passation elle-meˆme.
Ces donne
´es normatives peuvent e
´galement permettre
d’orienter a
`meilleur escient le patient vers une e
´valuation
neuropsychologique spe
´cifique et plus de
´taille
´e, en cas de
besoin.
2. Me
´thodes
2.1. Batterie d’e
´valuation
Sur le plan me
´thodologique, la batterie que nous pre
´sentons
vise a
`e
´valuer de fac¸on la plus concise possible, diffe
´rentes
dimensions des capacite
´s gestuelles, en dehors de toute
re
´fe
´rence a
`un mode
`le the
´orique spe
´cifique et en e
´vitant,
autant que possible, les confusions terminologiques.
Keywords:
Dementia
Diagnostic criteria
Neuropsychological assessment
Apraxia
Norms
fre
´quence de scores infe
´rieurs aux normes, interme
´diaire entre les sujets normaux et les
patients de
´ments.
Conclusion. – L’instrument propose
´correspond bien aux buts initiaux de brie
`vete
´et de haute
spe
´cificite
´. Il peut eˆtre utilement employe
´en consultation Me
´moire pour de
´terminer la
pre
´sence du crite
`re « apraxie » du diagnostic de de
´mence et donc y contribuer, a
`coˆte
´des
autres e
´le
´ments de l’examen clinique et neuropsychologique.
#2008 Elsevier Masson SAS. Tous droits re
´serve
´s.
abstract
Introduction. – The aim of this study was to build a brief clinical scale evaluating praxic
abilities of the upper limbs for use in memory clinics and to produce norms.
Patients and methods. – The scale includes three subtests: symbolic gestures (five gestures),
pantomimes (five gestures) and imitation of meaningless gestures (eight gestures). Data
were collected in a sample of 419 normal subjects. Sensitivity and specificity were esta-
blished from their comparison to data collected from 320 demented patients. A group of 127
patients with mild cognitive impairment was also studied.
Results. – Cut-off scores were proposed based on the fifth percentile observed in three
classes of age and three levels of education. The specificity was high. Sensitivity was higher
for imitation of meaningless gestures than for pantomimes and the least for symbolic
gestures. The group of patients with mild cognitive impairment was half-way between
demented patients and normal subjects.
Conclusion. – The proposed scale meets its initial aims of brevity and high specificity. It can
easily be used in memory clinics and identifies apraxia in dementia patients. It therefore
usefully contributes to clinical diagnosis.
#2008 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.
revue neurologique 165 (2009) 560–567 561
Nous avons se
´lectionne
´,a
`partir des batteries publie
´es et de
notre expe
´rience clinique, les gestes dont l’interpre
´tation
pre
´sentait le moins d’ambiguı
¨te
´comme correct ou non. Cela
e
´liminait, par exemple, les gestes se
´quentiels. Ont e
´galement
e
´te
´e
´limine
´s les gestes supposant des consignes longues et/ou
complexes, afin d’e
´viter les biais lie
´sa
`des troubles atten-
tionnels ou de compre
´hension. Pour les mimes d’action, ont
e
´te
´e
´limine
´se
´galement les gestes pour lesquels l’objet re
´el est
trop souvent ou facilement disponible (lunettes), ceux pour
lesquels l’assimilation du corps a
`l’objet est la norme
(te
´le
´phone, ciseaux) ou ceux pour lesquels l’impre
´cision est
trop fre
´quente.
Une e
´valuation pre
´alable, sur une batterie pilote, a
e
´galement e
´limine
´tous les gestes trop « simples », re
´ussis
par un trop grand nombre de patients et diminuant donc la
sensibilite
´de l’instrument « applaudir, marionnettes », les
gestes trop marque
´s culturellement « prie
`re » ou pouvant
susciter plusieurs re
´ponses diffe
´rentes « dormir ».
Aucun recueil ni analyse des types d’erreur n’e
´tait pre
´vu. La
cotation devait pouvoir eˆtre simple et aise
´ment transmissible,
sans formation longue spe
´cifique.
Seuls des gestes des membres supe
´rieurs ont e
´te
´explore
´s.
Trois dimensions ont e
´te
´retenues :
l’exe
´cution sur commande verbale de cinq gestes symbo-
liques (pouvant e
´galement eˆtre dits : conventionnels,
iconiques, image
´s) : « chut », « c¸a sent mauvais », « salut
militaire », « il est fou », « envoyer un baiser » ;
l’exe
´cution sur commande verbale de cinq mimes d’action
(pouvant e
´galement eˆtre appele
´s : pantomimes, utilisation
d’objets sans objets) : planter un clou avec un marteau,
de
´chirer une feuille, allumer une allumette, se peigner avec
un peigne, boire un verre ;
l’imitation de huit gestes abstraits (pouvant e
´galement eˆtre
appele
´s : arbitraires, sans signification) : paume droite sur la
joue droite (IpsiD), dos de la main droite sur la joue gauche
(controD), paume gauche sur la joue gauche (IpsiG), dos de la
main gauche sur la joue droite (controG), main gauche
faisant des cornes avec les doigts II–V et main droite a
`plat
(cornes), papillon, losange avec les doigts II–III mains
inverse
´es (losange), double anneau. Ces gestes sont montre
´s
sur la Fig. 1.
Les consignes de passation et le mode de cotation sont
pre
´sente
´s en Annexe A (et sur le site du Greco). La passation,
consignes incluses, ne ne
´cessite que quatre minutes.
2.2. Population d’e
´tude
Trois populations ont e
´te
´e
´tudie
´es : un groupe de sujets
normaux, un groupe de patients atteints de de
´mences et un
groupe de patients correspondant aux crite
`res du trouble
cognitif le
´ger (Petersen, 2004 ; Windblad et al., 2004), recrute
´s
dans les consultations Me
´moire implique
´es dans ce travail.
Pour les sujets normaux, les donne
´es provenaient d’un
questionnaire standardise
´pre
´cisant les caracte
´ristiques
sociode
´mographiques (aˆ ge, sexe, late
´ralite
´, niveau culturel)
et l’e
´tat de sante
´(ante
´ce
´dents me
´dicochirurgicaux, traite-
ments, de
´ficience visuelle ou auditive). Un MMS (Folstein et al.,
1975)ae
´te
´pratique
´. Tous vivaient a
`domicile. Aucun ne
souffrait de pathologie neurologique chronique ou de de
´ficit
sensoriel pouvant perturber l’e
´valuation.
Pour les patients, les donne
´es comprenaient un recueil des
caracte
´ristiques sociode
´mographiques (aˆ ge, sexe, late
´ralite
´,
niveau culturel), leur MMS et le diagnostic e
´tabli suivant les
crite
`res usuels en consultation Me
´moire. Ces donne
´es ont e
´te
´
recueillies pour les patients atteints de troubles cognitifs
le
´gers (MCI) (Petersen, 2004 ; Windblad et al., 2004) et les
patients de
´ments. Ces derniers e
´taient re
´partis en trois
groupes e
´tiologiques : MA probable (McKhann et al., 1984),
de
´mences vasculaires (DV) ou mixtes (American Psychiatric
Association, 2000)etde
´mences avec corps de Lewy (DCL)
(McKeith et al., 2005).
2.3. Analyse des donne
´es
2.3.1. Sujets normaux
Le niveau d’e
´tude a e
´te
´conside
´re
´selon trois classes :
Fig. 1 – Gestes sans signification.
Meaningless gestures.
revue neurologique 165 (2009) 560–567562
le certificat d’e
´tude primaire (CEP) ou moins (niveau bas) ;
le brevet, CAP et e
´quivalent d’e
´tudes secondaires (niveau
moyen) ;
le baccalaure
´at et e
´tudes supe
´rieures (haut niveau).
L’aˆge a e
´te
´conside
´re
´selon trois classes :
moins de 65 ans ;
65 a
`74 ans ;
75 ans et plus.
Les indices statistiques, comme la moyenne et l’e
´cart-type
sont adapte
´s aux tests neuropsychologiques fournissant des
scores continus et re
´pondant a
`une loi normale. En cas de
distribution non parame
´trique, on conside
`re plutoˆ t les
quantiles de distribution, de
´finissant la proportion de sujets
se trouvant au-dessus ou au-dessous d’une valeur. Tradition-
nellement, le score du cinquie
`me percentile, c’est-a
`-dire la
valeur pour laquelle 5 % des observations sont plus faibles et
95 % plus e
´leve
´es, est conside
´re
´, en neuropsychologie, comme
la limite de normalite
´,(Mitrushina et al., 1998 ; Lezak et al.,
2004). Le cinquie
`me percentile et la me
´diane ont e
´te
´de
´termine
´s
pour chaque dimension d’exe
´cution de gestes.
Les corre
´lations entre les trois diffe
´rentes dimensions, de
meˆme qu’entre elles et le MMS, ont e
´te
´calcule
´es par le test non
parame
´trique de Spearman.
2.3.2. Patients
Le nombre de patients ayant un score infe
´rieur au cinquie
`me
centile des sujets normaux a e
´te
´e
´tabli en outre, pour chaque
groupe pathologique et d’autre part, pour l’ensemble des
pathologies de
´mentielles a
`l’exclusion du MCI. L’analyse des
scores des patients atteints de de
´mence et des sujets normaux
a permis d’e
´tablir la sensibilite
´(probabilite
´d’avoir un score en
dessous du seuil lorsque le sujet est de
´ment) et la spe
´cificite
´
(probabilite
´d’avoir un score au-dessus du seuil lorsque le sujet
n’est pas de
´ment).
Les valeurs pre
´dictives positive et ne
´gative n’ont pas e
´te
´
calcule
´es pour trois raisons. Premie
`rement, notre popula-
tion de sujets te
´moinsn’estpasrepre
´sentative de
l’ensemble de la population franc¸aise (toutes les tranches
d’aˆgenesontpasrepre
´sente
´es). Deuxie
`mement, le rapport
entre le nombre de sujets te
´moins et le nombre de patients
n’est pas celui de la population ge
´ne
´rale. Enfin, le diagnostic
de de
´mence ne repose en aucun cas sur un argument
unique, mais sur un ensemble de crite
`res a
`rechercher
se
´pare
´ment.
Dans le groupe de patients re
´pondant aux crite
`res du MCI,
nous avons calcule
´la fre
´quence des scores au-dessous des
normes pre
´ce
´demment de
´finies.
L’analyse des donne
´es a e
´te
´re
´alise
´e avec le logiciel SPSS
version 16.0 (SPSS Inc. 2008).
3. Re
´sultats
Les normes ont e
´te
´calcule
´es sur un e
´chantillon de 419 sujets,
d’aˆ ge moyen 68,8 ans (extreˆmes 21–99) ayant un score moyen
au MMS de 28,5 (extreˆ mes 21–30). Il y avait 287 femmes
(68,5 %). Quatre cent quarante-sept patients ont e
´te
´inclus
(242 MA, 54 DV, 24 DCL et 127 MCI). Leurs caracte
´ristiques
ge
´ne
´rales sont indique
´es dans le Tableau 1.
L’ensemble de la batterie a e
´te
´comple
´te
´par la totalite
´des
sujets normaux.
3.1. Gestes symboliques
Pour les gestes symboliques, les donne
´es normatives sont
pre
´sente
´es dans le Tableau 2. Les scores e
´taient tre
`s stables
dans presque tous les groupes, sans influence claire du niveau
culturel ni de l’aˆge. Le cinquie
`me percentile e
´tait identique pour
Tableau 1 – Caracte
´ristiques ge
´ne
´rales de la population
d’e
´tude.
General characteristics of the population.
Sujets normaux N (%)
A
ˆge (anne
´es)
<65 124 (29,6 %)
65–74 152 (36,3 %)
75 143 (34,1 %)
Niveau culturel
CEP ou moins 173 (41,3 %)
CAP-brevet 119 (28,4 %)
Bac ou plus 127 (30,3 %)
Patients N A
ˆge % F MMS
MA 242 80,2 (57–96) 68,9 19,4 (2–29)
DV & mixtes 54 80,5 (64–89) 78,1 21,2 (9–30)
DCL 24 83,5 (72–91) 63,6 21,5 (9–28)
MCI 127 76,4 (55–92) 56,4 25,7 (15–30)
CEP : certificat d’e
´tudes primaries ; CAP : certificat d’aptitude
professionnelle ; MA : maladie d’Alzheimer ; DV : de
´mences
vasculaires ; DCL : de
´mences avec corps de Lewy ; MCI : trouble
cognitif le
´ger.
Tableau 2 – Re
´sultats obtenus chez les sujets normaux,
pour les gestes symboliques, en fonction de l’a
ˆge et du
niveau d’e
´tude (score/5).
Results of the normal subjects for symbolic gestures accord-
ing to age and educational level.
A
ˆge Niveau d’e
´tude
Bas Moyen Haut Ensemble
Moins de 65 ans
n39 32 53 124
5
e
percentile 434 4
Me
´diane 5 5 5 5
65–74 ans
n79 45 34 152
5
e
percentile 4 4 4,7 4
Me
´diane 5 5 5 5
75 ans et plus
n61 42 40 143
5
e
percentile 444 4
Me
´diane 5 5 5 5
Ensemble
n173 119 127 419
5
e
percentile 444 4
Me
´diane 5 5 5 5
revue neurologique 165 (2009) 560–567 563
les hommes et les femmes, ainsi que pour les sujets droitiers et
gauchers. On peut donc proposer que les performances e
´taient
« hors norme » lorsque plus de quatre gestes sur cinq e
´taient
mal exe
´cute
´s (score de 4/5).
Ce subtest ae
´te
´re
´alise
´par 379 patients, soit 84,8 % d’entre
eux. Les scores e
´taient infe
´rieurs a
`4/5 chez 17,8 % (IC :12,5–
23,1) des MA ; 23,8 % (IC :10,9–36,7) des DV et mixtes ; 8,3 % (IC :
0–19,3) des DCL et 6,0 % (IC : 1,7–10,3) des MCI.
Pour ce score seuil de 4/5, chez les patients atteints de
de
´mence, la sensibilite
´e
´tait de 17,9 % et la spe
´cificite
´est de
98,8 %.
Le pourcentage de non-re
´ussite de l’exe
´cution de chaque
geste symbolique, chez les sujets normaux e
´tait, par ordre
de
´croissant de : 6,4 % pour « chut » ; 2,9 % pour « sent mauvais » ;
1,4 % pour « salut militaire » ; 1 % pour « fou » et 0,5 % pour
« envoyer un baiser ». Chez les patients, la hie
´rarchisation des
difficulte
´se
´tait sensiblement identique a
`celle observe
´echezles
sujets normaux, avec un pourcentage de non-re
´ussite a
`chaque
geste symbolique, par ordre de
´croissant, de : 26,9 % pour
« chut » ; 14,5 % pour « sent mauvais » ; 9,5 % pour « fou » ; 6,1 %
pour « envoyer un baiser » et 4,0 % pour « salut militaire ».
3.2. Mimes d’action
Pour les mimes d’action, les donne
´es obtenues chez les sujets
normaux sont pre
´sente
´es dans le Tableau 3. Les scores e
´taient
relativement stables dans les diffe
´rents groupes, sans effet net
du niveau culturel ni de l’aˆge. Le cinquie
`me percentile e
´tait
similaire pour les hommes et les femmes, ainsi que pour les
sujets droitiers et gauchers. Pour privile
´gier la simplicite
´de
cotation, en de
´pit de quelques variations entre les groupes, on
peut proposer que les performances soient conside
´re
´es
comme « hors normes » lorsque le sujet obtient un score
infe
´rieur a
`8/10.
Ce subtest ae
´te
´re
´alise
´par 443 patients, soit 99,1 %. Les
scores e
´taient infe
´rieurs a
`8/10 chez 27,9 % (IC : 22,2–33,6) des
MA, 44,2 % (IC : 30,7–57,7) des DV et mixtes, 20,8 % (IC : 4,6–37,0)
des DCL et 9,4 % (IC : 4,3–14,5) des MCI.
Pour ce score seuil de 8/10, chez les patients atteints de
de
´mence la sensibilite
´e
´tait de 30,1 % et la spe
´cificite
´de 98,1 %.
Le pourcentage de sujets ne re
´ussissant pas parfaitement
chaque mime d’action e
´tait, par ordre de
´croissant de : 10,3 %
pour « allumette » ; 5,3 % pour « planter un clou » ; 4,5 % pour
« boire » ; 2,4% pour « de
´chirer » et 2,2 % pour « se peigner ».
Chez les patients, la hie
´rarchisation des difficulte
´se
´tait
sensiblement analogue a
`celle observe
´e chez les sujets
normaux, avec un pourcentage de non-re
´ussite a
`chaque
mime d’action, par ordre de
´croissant de : 42,2 % pour
« allumette » ; 29,9 % pour « planter un clou » ; 22,2 % pour
«de
´chirer » ; 16,8 % pour « boire » et 14,3 % pour « se peigner ».
3.3. Gestes abstraits
Pour les gestes abstraits, de nombreux sujets, meˆme jeunes et
de haut niveau culturel, avaient tendance a
`reproduire le geste
« en miroir » (en intervertissant droite et gauche). Cependant,
la remarque « est-ce bien la meˆme main que moi ? » suffisait,
dans la majorite
´des cas, a
`obtenir un geste conforme. Il a donc
e
´te
´de
´cide
´de ne pas retenir ce premier geste comme errone
´,
s’il e
´tait corrige
´par le rappel verbal de la consigne.
Les re
´sultats obtenus chez les sujets normaux sont
pre
´sente
´s dans le Tableau 4. Les scores e
´taient plus disperse
´s
que pour les sous-tests pre
´ce
´dents. L’effet de l’aˆge et du niveau
d’e
´tude n’e
´tait sensible que dans les deux groupes extreˆmes :
les scores e
´tant les plus bas chez les sujets a
`la fois les plus
aˆge
´s et de plus faible niveau culturel et les meilleurs scores
e
´tant dans le groupe des sujets a
`la fois les plus jeunes et de
plus haut niveau culturel. D’une manie
`re ge
´ne
´rale, les sujets
Tableau 4 – Re
´sultats obtenus chez les sujets normaux
pour les gestes abstraits, en fonction de l’a
ˆge et du
niveau d’e
´tude (score/8).
Results of the normal subjects for meaningless gestures
according to age and educational level.
A
ˆge Niveau d’e
´tude
Bas Moyen Haut Ensemble
Moins de 65 ans
n39 32 53 124
5
e
percentile 767,7 7
Me
´diane 8 8 8 8
65–74 ans
n73 45 34 152
5
e
percentile 6,7 5,3 5,8 6
Me
´diane 8 8 8 8
75 ans et plus
n61 42 40 143
5
e
percentile 567 5
Me
´diane 8 8 8 8
Ensemble
n172 119 127 419
5
e
percentile 567 6
Me
´diane 8 8 8 8
Tableau 3 – Re
´sultats obtenus chez les sujets normaux
pour les mimes d’action, en fonction de l’a
ˆge et du
niveau d’e
´tude (score/10).
Results of the normal subjects for pantomimes according to
age and educational level.
A
ˆge Niveau d’e
´tude
Bas Moyen Haut Ensemble
Moins de 65 ans
n39 32 53 124
5
e
percentile 8 7,65 9 9
Me
´diane 10 10 10 10
65–74 ans
n73 45 34 152
5
e
percentile 89 7,7 8
Me
´diane 10 10 10 10
75 ans et plus
n61 42 40 143
5
e
percentile 7,1 8 8,1 8
Me
´diane 10 10 10 10
Ensemble
n173 119 127 419
5
e
percentile 8 8,5 9
Me
´diane 10 10 10 10
revue neurologique 165 (2009) 560–567564
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