
Contribution de la filière anacarde à l’économie béninoise
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RESUME EXECUTIF
La filière anacarde constitue l’une des principales chaînes de valeur agricoles
au Bénin, avec un potentiel économique et social considérable. Sur la période
2017-2022, elle a connu une progression notable de sa production, passant
d’environ 135 000 tonnes à plus de 187 000 tonnes, soit une croissance de 40 %,
traduisant ainsi une dynamique favorable, stimulée notamment par des
politiques publiques et des projets structurants. Sur le plan macroéconomique,
la filière anacarde a contribué en moyenne à 2,45 % du secteur primaire, 0,85 %
du secteur secondaire par la transformation locale, et 1,06 % du secteur
tertiaire. Socialement, la filière emploie plus de 200 000 personnes sur
l’ensemble des maillons, avec une forte implication des femmes (54,3 %),
surtout dans les activités de transformation, de collecte et de
commercialisation. Toutefois, la précarité de l’emploi demeure une
problématique majeure, marquée par une prédominance d’emplois
temporaires (70,4 %), une faible couverture sociale et un taux de formalisation
très bas. Malgré ce potentiel, la filière reste confrontée à plusieurs contraintes
structurelles : faible niveau de transformation locale, déficit de structuration,
gouvernance insuffisamment inclusive et inadéquation des compétences.
Dans une perspective de développement durable, l’anacarde représente
pourtant un levier stratégique. Elle peut contribuer à la résilience climatique, à
la réduction du chômage rural, à la promotion de l’entrepreneuriat féminin et
à l’industrialisation agricole. La récente réforme interdisant l’exportation de
noix brutes à partir de 2024 constitue une opportunité majeure pour accélérer
la transformation locale, à condition de renforcer les capacités des acteurs,
de développer les infrastructures industrielles et logistiques, et de structurer la
chaîne de valeur.