
INTRODUCTION
La croissance exponentielle de la population et les mutations climatiques posent de nombreux
défis à l’humanité, car elles entraînent une hausse massive des besoins en ressources
naturelles, au premier rang desquelles figurent l'eau douce et la nourriture. En Afrique
subsaharienne, et particulièrement dans les pays en développement, cette pression
démographique constitue l’une des causes majeures de la précarité socio-économique, de
l'insuffisance alimentaire, du stress hydrique et de l’amenuisement des ressources naturelles.
Le Burkina Faso n’échappe pas à cette réalité, avec une population passée de 7 727 912
habitants en 1985 à plus de 20 millions aujourd'hui (INSD, 2019), ce qui accentue les défis
liés à l'emploi des jeunes, à l'insertion des populations vulnérables et à la subsistance des
ménages dans les centres urbains et périurbains.
Dans ce contexte sahélien contraignant, le secteur agricole revêt une importance capitale pour
l’économie nationale. Il contribue pour près de 30 à 35 % au Produit Intérieur Brut (PIB) et
occupe plus de 80 % de la population active. Cependant, l’agriculture pluviale classique reste
fortement vulnérable face à l'irrégularité des pluies, à la hausse des températures et à la
dégradation des terres, exposant régulièrement le pays à des déficits céréaliers. C'est pourquoi
la sécurité alimentaire et la résilience économique des populations urbaines et périurbaines
dépendent désormais du développement de l’agriculture irriguée, et plus particulièrement du
maraîchage. Cette activité exige toutefois une gestion rigoureuse, rationnelle et moderne de
l'eau, afin de maximiser la productivité agricole par mètre cube d'eau extrait.
Conscient de ces enjeux, le gouvernement du Burkina Faso, avec l'appui de ses partenaires
techniques et financiers, met en œuvre des stratégies d'aménagement hydro-agricole pour
soutenir la relance économique communautaire. C'est dans cette dynamique que s'inscrit le
Projet d'Urgence de Développement Territorial et de Résilience (PUDTR), financé par la
Banque Mondiale. Dans la périphérie de Ouagadougou, la Composante 3 de ce projet
accompagne la commune dans la valorisation de la ceinture verte à travers l'aménagement de
jardins maraîchers nutritifs. Sur le site de Bonheur-Ville (Lot 2), un aménagement de 20
hectares a été planifié, s'appuyant sur des forages à gros débits reliés à un réseau de
distribution semi-californien desservant 60 mini-bassins tampons en béton.
Cependant, bien que le réseau semi-californien optimise le transport collectif de l'eau,
l'arrosage final au niveau des parcelles reste soumis à des pratiques manuelles pénibles
(utilisation d'arrosoirs) et à de fortes pertes par évaporation directe sous le climat aride de
Ouagadougou. L'infrastructure actuelle laisse donc un défi majeur en suspens : comment
optimiser l'utilisation de cette eau précieuse tout en allégeant le travail des producteurs
(notamment les femmes et les Personnes Déplacées Internes) ? C’est dans ce cadre
d'optimisation technique et d'innovation hydraulique que s'inscrit la présente étude. Elle vise à
analyser la faisabilité technique de connecter un réseau de micro-irrigation par goutte-à-goutte
basse pression, fonctionnant entièrement par gravité, en aval des 60 mini-bassins existants.
L’objectif global de cette étude est de réaliser l'étude de faisabilité technique et financière de
l'aménagement et de l'optimisation hydro-agricole de 20 ha à Bonheur-Ville par l'intégration
d'un réseau goutte-à-goutte gravitaire basse-pression.
De façon spécifique, il s’agit de :