
1. L’histoire
Un homme, âgé de 72 ans, ayant une hémophilie A sévère était traité par octocog alpha, 1500
UI 3 fois (30 UI/kg) par semaine en prophylaxie secondaire d’une volumineuse pseudo-
tumeur hémophilique diagnostiquée il y a de nombreuses années. En mars 2011, au décours
d’un effort lors du jardinage, il présentait une douleur de l’hypochondre droit avec
l’apparition progressive d’une masse de 6 cm en regard de la fosse iliaque droite pour laquelle
il s’automédiquait par 2 injections supplémentaires d’octocog alpha 1500 UI. Devant la
persistance de la masse, et l’apparition de lipothymies, il consultait aux urgences. Le scanner
abdomino-pelvien mettait en évidence une masse de 80 × 35 mm du transverse droit, traitée
par des injections de facteur VIII, 3000 UI/j durant 3 jours puis reprise d’une prophylaxie par
injection toutes les 48h à la dose de 1500 UI. Malgré ce traitement bien conduit, l’évolution
était défavorable, avec la majoration en taille de la masse, une extension lombaire, une
compression de l’uretère droit, de multiples épisodes de surinfections bactériennes avec
finalement une fistulisation à la peau après des mois d’évolution. Après discussion
pluridisciplinaire, l’indication chirurgicale n’était pas retenue en raison du risque de la
procédure et devant une gêne fonctionnelle modérée. Le traitement comprenait une injection
d’efmoroctocog alfa, 1500 UI toutes les 48h (soit 25 UI/kg), ainsi qu’une antibiothérapie par
amoxicilline-acide clavulanique. Après 8 ans de prise en charge médicale multidisciplinaire,
le patient conservait une autonomie dans la vie quotidienne avec marche en déambulateur et
la conduite automobile. Il rapportait quelques douleurs du flanc droit ainsi qu’un écoulement
non purulent en regard de la fistulisation. Un scanner de réévaluation était pratiqué (fig. 1).
2. Le diagnostic
Une pseudo-tumeur hémophilique du petit bassin.