Exploration des glandes salivaires : scintigraphie et sialographie

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Exploration des glandes salivaires
I/Introduction
Les glandes salivaires sont le siège d'une pathologie très variée qui nécessite parfois une
exploration approfondie.
La scintigraphie et la sialographie sont deux techniques faciles à réaliser et apportent des
informations sur l'aspect anatomopathologique et fonctionnel des glandes salivaires.
II/Exploration radio-isotopique : la scintigraphie
II.A. Généralités
La scintigraphie est une technique d'imagerie médicale qui procède par l'administration dans
l'organisme d'un isotope radioactif ; il s'agit de l'association d'une molécule vectrice et d'un
traceur radioactif
La dose utilisée est extrêmement faible et n'a pas d'effet grave sur le patient.
Une fois diffusé dans les organes à examiner, l'isotope émet des rayonnements gamma
radioactifs qui seront détectés par un récepteur externe qui est le gamma camera.
C'est une camera de scintillation qui traduit les rayonnements en images médicales transmises à
un ordinateur; ces images constituent les scintigraphies.
Cette technique d'exploration est atraumatique et très bien acceptée par le patient.
Elle apporte des informations physiologiques complètes.
Cependant, elle reste insuffisante du point de vu morphologique.
II.B. Produits utilisés
Plusieurs radio-isotopes peuvent être utilisés pour la scintigraphie : le Gallium 67, le Sélénium
75, le Thallium 201, l'iode 123 et les biphosphanates marqués au Technétium 99.
Le radio-isotope le mieux adapté pour l'exploration des glandes salivaires reste le Pertechnétate
marqué au Technétium 99m (T 99).
Certains radioéléments permettent de mettre en évidence différentes parties de l'organisme,
d'autres sont beaucoup plus captées par la zone pathologique et la mettent ainsi en évidence.
II.C. Technique
La technique est réalisée en médecine nucléaire.
Dans un premier temps, le patient est allongé en décubitus dorsal, la camera est centrée sur les
glandes salivaires en incidence antérieure.
Le T99 est injecté dans l'organisme par voie veineuse, au niveau du pli du coude.
La dose injectée varie de 185 à 370 MBq.
En quelques secondes, le produit passe du compartiment vasculaire vers l'espace extracellulaire
pour aller se concentrer sélectivement au niveau de la thyroïde, de la muqueuse gastrique, de la
muqueuse nasale et des glandes salivaires.
Arrivé aux glandes salivaires, il sera par la suite excrété dans la cavité buccale avec les
constituants normaux de la salive.
L'opération dure moins d'une heure.
Quelques gouttes de citron ou de la vitamine C sont administrées vers la 15ème minute.
En majorant l'excrétion glandulaire, ce complément permet d'étudier l'évacuation salivaire qui
doit être complète.
Dans un second temps, la détection du radio-isotope est faite par la gamma-camera sous forme
d'images statiques ou dynamiques sur un ordinateur.
• Les clichés statiques de profil et de face sont réalisés à 15mn et à 30mn.
• Les clichés dynamiques peuvent être réalisés sous forme de courbes de fixation et
d'élimination par comptage.
II.D. Les indications de la scintigraphie
Elle est utilisée pour :
• Analyser le fonctionnement des glandes salivaires.
• Confirmer le diagnostic des sialoses: hyposialie, syndrome de Gougerot...
• Confirmer le diagnostic de cystadénolymphome qui est la seule tumeur qui fixe le T99.
II.E. Les contre-indications
La technique d'exploration des glandes salivaires par la scintigraphie est contre indiquée chez :
• La femme enceinte.
• La femme qui allaite.
• Le très jeune enfant.
II.F. Les images d'aspect normal
II.F.a. Scintigrammes statiques
1 De face
• Les images des glandes parotides paraissent ovalaires, à grand axe oblique en haut et en
dehors, symétriques par rapport à l'axe sagittal.
• Les glandes sous-maxillaires sont plus petites, plus basses et en dedans des images
parotidiennes.
• Elles sont disposées de façon symétrique.
• Les glandes sublinguales ne sont pas toujours visibles.
2 De profil
• Les images parotidiennes présentent un axe oblique en haut et en arrière, elles se projettent en
arrière des branches montantes du maxillaire.
• Les images des glandes sous-maxillaires sont situées en arrière et en dessous des premières.
II.F.b. Scintigramme dynamique
Chez le sujet normal les courbes activité/temps enregistrées au niveau des aires de projection
des glandes salivaires présentent trois segments :
• Premier segment : de courte durée, de 1 à 2 minutes, de pente élevée ; il correspond à la phase
vasculaire.
• Deuxième segment : de 10 à 15 mn, il présente une pente faible et correspond à la captation du
T99 par les glandes salivaires.
• Troisième segment : il y a une diminution rapide de la radioactivité des glandes salivaires,
consécutive à l'écoulement de la salive.
• C'est le segment de vidange.
• Pour la parotide il dure 2 à 5 mn, pour les glandes sous-mandibulaires, il est un peu plus long.
II.G. Les images pathologiques
II.G.a. Anomalies statiques
1. Anomalies morphologiques
Elles portent sur la situation, la forme ou les dimensions d'une ou plusieurs glandes.
2. Anomalies de fixation
1-Hyperfixation
Il y'a une concentration importante du T99 qui souligne un problème d'excrétion salivaire.
Cette image est caractéristique des hyposialies, de la sarcoïdose et le cystadénolymphome.
2-Hypofixation
Il y a une diminution de la fixation du T99 qui résulte soit d'une insuffisance de captation ou
d'une excrétion précoce et accélérée de la salive marquée.
Elle est observée dans les atteintes tumorales de la glande ou des tissus avoisinants et lors du
syndrome de Gougerot Sjögren.
II.G.b. Anomalies dynamiques
1. Anomalies de la captation
• La captation est faible ou nulle. La première et la seconde courbe sont quasiment
superposables.
• La captation est normale, mais le maximum de la courbe qui doit être atteint vers la 15ème
minute est précoce du fait d'une excrétion spontanée.
• La captation présente une durée plus longue, supérieure à 30 minutes. Ces graphiques sont
caractéristiques des phénomènes inflammatoires d'origine infectieuse ou mécanique ou des
troubles de la sécrétion salivaire.
2. Anomalies de l'excrétion
Elles peuvent survenir lors de la stimulation du réflexe de sécrétion ou en son absence.
• L'excrétion est diminuée lors d'un blocage de la sécrétion salivaire par inhibition réflexe.
L'hyposécrétion peut s'observer lors:
- des lithiases salivaires,
- des malformations canalaires,
- de la présence d'un corps étranger,
- des lésions infectieuses,
- des fistules et de paralysie faciale.
• L'excrétion peut être précoce en cas de ptyalisme.
• L'excrétion est normale, mais la sécrétion est accélérée.
III La sialographie
III.A. Généralités
La sialographie est la plus ancienne des techniques d'exploration des glandes salivaires.
Elle consiste à injecter un produit de contraste dans la glande pour la rendre radio-opaque aux
rayons X.
Elle renseigne sur l'aspect anatomopathologique du parenchyme et des canaux salivaires.
Par ailleurs, elle permet d'apprécier la valeur fonctionnelle de la glande.
C'est une technique de réalisation aisée qui nécessite un matériel d'investigation peu coûteux et
disponible.
Elle trouve son indication dans la majorité de la pathologie salivaire.
III.B. Les produits utilisés
Les produits les plus utilisés sont des produits de contraste huileux à base d'iode tel que le
Lipiodol®.
Ces produits ont l'avantage de fournir des images bien contrastées.
Leur élimination lente permet d'évaluer l'activité glandulaire. Un autre produit hydrosoluble
sans iode peut être utilisé, il a l'avantage de ne pas laisser de résidus et de donner une image de
contraste supérieur à celle obtenue avec le Lipiodol. Par contre, son élimination rapide ne
permet pas d'évaluer correctement la valeur fonctionnelle de la glande.
III.C. Incidents et accidents
• Le risque de formation d'un huilome en cas de fausses routes lors du cathétérisme du canal.
• Une intolérance méconnue au Lipiodol.
• L'échec de la technique.
III.D. Les contre indications
• Les allergies à l'iode.
• Bilan thyroïdien en perspective.
• La pathologie infectieuse des glandes salivaires ; il convient de prescrire une antibiothérapie
(Spiramycine) pendant au moins 8 jours avant la sialographie.
III.E. Les indications
• Lithiases, sialodochites, sialadenites, pathologie auto-immune, sialoses,
• Peu indiquée dans la pathologie tumorale.
III.F. Technique de sialographie
La sialographie se fait en deux temps, un temps clinique et un temps radiologique.
III.F.a. Le temps clinique
1. Le cathétérisme du canal
Le patient est installé sur un fauteuil équipé d'un scialytique.
Le cathétérisme du canal se fait de préférence sous anesthésie locale, la Xylocaïne en spray à
2% ou à 5%, autour de l'ostium du canal.
Le canal est dilaté à l'aide d'une sonde puis un cathéter à extrémité mousse y est introduit de
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