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CHAPITRE I : GENERALITES
I) Historique
Les systèmes de soins de santé en Afrique se sont distingués depuis le début du
siècle par leur caractère institutionnel et par l’initiative des pouvoirs publics. La crise
financière des systèmes de soins en Afrique a conduit à une remise en cause du
modèle de développement sanitaire à la conférence d’Alma Ata. Après une décennie
d’expérimentations diverses, la tendance dominante en ce moment est celle d’une
décentralisation vers le niveau des districts avec une organisation des soins en deux
échelons.
1) Organisation sanitaire sous l’ère coloniale
La médecine « moderne » qui est un système parmi tant d’autres, a d’emblée eu un
caractère institutionnel fortement identifié à l’autorité coloniale.
Pour des raisons évidentes, les premiers efforts d’organisation sanitaire ont eu
comme cadre les villes et les comptoirs commerciaux en général sur l’initiative des
autorités coloniales.
Ainsi, pour les pouvoirs coloniaux et locaux et pour la population elle-même, le
dispensateur de soins (agent de santé) n’officiait pas pour lui-même mais était
identifié comme faisant partie de la structure du pouvoir colonial.
2) Lutte contre les endémies et organisation des soins
Avant la première guerre mondiale, les structures médicales se limitaient en grande
partie aux soins pour les troupes et cadres européens et ensuite aux collaborateurs
indigènes : soldats, fonctionnaires, personnel.
Progressivement la nécessité de remédier à la détérioration de la situation sanitaire
des populations indigènes s’est imposée et la demande de soins de santé de type
européen allait grandissant. La réponse à cette demande avait une importance
politique. Cette prise de conscience allait de pair avec l’identification d’un certain
nombre de maladies infectieuses comme problèmes importants individuels et
vulnérables (malaria, pian, variole et trypanosomiase) qui étaient des grandes
endémies contre lesquelles il fallait des programmes verticaux de lutte.
Entre temps, la demande en soins curatifs devenait croissante et nécessitait le
renforcement des équipements sanitaires urbains d’abord et ensuite la création d’un
réseau de dispensaires et hôpitaux de brousse en milieu rural.
3) L’héritage colonial
Au moment des indépendances, trois types d’éléments sur le plan sanitaire
coexistaient, à savoir :
Les services verticaux, structurés selon le modèle militaire constitué
d’équipes mobiles destinées à lutter contre les épidémies ;