C’est un système unique d’enseignement et d’apprentissage soutenu par ce qu’on
appelle la
Guru Sishya Parampara
(la tradition maître-disciple). Cette connaissance
divine était transmise d’un maître réalisé à un disciple méritant sans aucune
considération financière. Cette tradition est restée vivante et ininterrompue en Inde,
même au cours des pires périodes de son histoire, quand le pays a été envahi et
asservi par des dirigeants étrangers. C’est ainsi que la terre sacrée de Bhârat est
restée imprégnée de
Brahma Jnana
(connaissance de Brahman) durant toute
l’histoire connue du monde et qu’elle a engendré des maîtres illustres, comme Adi
Shankara, Ramakrishna Paramahamsa et Sri Aurobindo pour en citer juste
quelques-uns. Elle a eu aussi l’insigne honneur de donner au monde des apôtres de
la paix, tels que Bouddha, Ashoka ou le Mahatma Gandhi. Bhagavan Baba dit
toujours que Bhârat est
Punya Bhumi, Thyaga Bhumi,
et
Yoga Bhumi
(le pays du
mérite, du renoncement et de la spiritualité). C’est le pays qui brille de l’éclat de la
connaissance de l’Etre suprême.
Bhagavan parle souvent de l’ancien système d’éducation de Bhârat comme du
système d’éducation idéal, au sein duquel les principes d’éthique, de moralité et de
spiritualité constituaient le cœur de l’éducation. Les anciens sages de Bhârat vivaient
conformément à ces principes et ils en faisaient la part principale de leurs
enseignements. Divisant la durée de la vie de l’homme en quatre parties de 25 ans
chacune, ils réservaient les 25 premières années à l’éducation et lui attribuaient le
nom glorifié de ‘
’brahmacharya asrama’’
. Ce terme, ‘’
brahmacharya
’’, est aujourd’hui
utilisé dans le sens étroit de ‘’célibat’’. Il signifie en fait adopter un style de vie qui
permet d’obtenir la vision de Brahman. C’est la raison pour laquelle les étudiants
menaient une vie pure et disciplinée et mettaient en pratique la connaissance des
Vedas pour atteindre cet objectif. Les maîtres qui transmettaient cette connaissance
divine à leurs étudiants étaient totalement désintéressés, car ils n’avaient pas de
désirs matériels à satisfaire. Ils étaient imprégnés des idéaux nobles de Bhârat,
comme
Loka Samasta Sukhino Bhavantu
(Puissent tous les peuples du monde être
heureux !) Non seulement la connaissance qu’ils transmettaient était de nature
universelle, mais leur vision était aussi large et éclectique. La transmission de la
connaissance était considérée comme un acte sacré, comme toute autre pratique
spirituelle. Par conséquent, la question de demander de l’argent pour un tel acte
sacré ne surgissait jamais. Cette tradition glorieuse de transmettre la sagesse divine
à la génération suivante sans aucune considération financière s’est poursuivie durant
toute la période védique. Même quand de grandes universités, comme Nalanda,
Vikramasila, Valabhi, etc. furent fondées après le début de l’ère chrétienne,
l’éducation était complètement gratuite. Pendant sa visite en Inde entre 629 et 645,
lorsque Xuanzang séjourna à Nalanda pendant cinq ans, il y avait près de 10 000
enseignants et étudiants dans cette université et certains de ces étudiants
provenaient de pays étrangers, comme le Japon, la Corée, le Tibet, le Népal et la
Chine. Et en plus des études gratuites, tous les étudiants recevaient gratuitement la
nourriture, les vêtements, le couchage et les médicaments. Comme Bhagavan le dit,
Bhârat instruit le monde depuis des lustres.