
Dans Psychanalyse d’un enfant on trouve les interventions de l’enfant, celles de Melanie
Klein et ses réflexions ultérieures. Elle passait 2 heures par jour à retranscrire les séances
quotidiennes d’une heure : « Après chaque séance, j’ai noté le plus fidèlement possible le
déroulement de nos entretiens. Lors de certaines séances, Richard, angoissé, restait
silencieux et fournissait moins de matériel. Il me fut impossible de décrire de façon nuancée
ses gestes, son expression, et la durée des intervalles entre les associations. Dans mes
interprétations, j’ai évité d’illustrer mon opinion par des comparaisons, des citations et des
métaphores. Au cours de l’analyse, je n’emploie jamais de termes techniques…Je m’efforce
de me servir le plus possible des propres mots du patient. Au cours de cette analyse, j’ai
introduit des termes que Richard ne connaissait pas : ‘ génital’, ‘ puissant’ et ‘ relations
sexuelles’. »
• « …j’allais donc interpréter, à l’accoutumée, les situations anxiogènes (même les plus
profondes) et les mécanismes de défense liés à elles au fur et à mesure qu’ils se
présenteraient. Si le malade ne comprend qu’une partie des interprétations, l’analyse a
quand même une certaine valeur. Des mécanismes de clivage et de refoulement se
réinstallent forcément, mais il se produit tout de même des changements durables. » : Le «
génie » analytique de Melanie Klein est celui de l’interprétation ou, si l’on préfère, du
dialogue d’inconscient à inconscient qu’elle poursuivit pendant 4 mois avec le petit Richard.
Cette cure nous introduit dans le matériel le plus profondément enfoui, le plus archaïque, le
plus chargé d’angoisse.
Le travail analytique avec Richard
« Richard avait conscience de ses difficultés et souhaitait tellement qu’on l’aide que je ne
doutai pas un instant de sa bonne volonté. Il était d’autant plus désireux de se faire soigner
par moi que j’avais déjà comme patient un garçon plus âgé que lui et qu’il connaissait bien.
Je m’en suis tenue pour l’essentiel à ma technique habituelle jusqu’au dernier moment ;
toutefois, en relisant mes notes je me suis aperçue que j’avais répondu plus largement aux
questions de l’enfant que dans d’autres analyses. Plus nous approchions de l’échéance, plus
Richard redoutait d’être privé de traitement. J’avais conscience du contre-transfert positif qui
s’opérait en moi cependant, en restant sur mes gardes, je pus maintenir le principe
fondamental qui consiste à analyser le transfert positif aussi bien que le transfert négatif ainsi
que les angoisses profondes que je rencontrai chez l’enfant. J’avais la ferme conviction que,
malgré la difficulté de la situation, la seule façon d’aider l’enfant au maximum était d’analyser
l’angoisse que provoquait en lui la peur de la guerre. »
• L’attitude de Melanie Klein qui consiste à ne pas faire intervenir les parents dans l’analyse a
le mérite de considérer son petit patient comme un « autre » à part entière.
Première séance