Mélanie klein, la tripière de génie
Cas de Dick
« Le grand train, c’est papa ; le petit, cest toi ; la gare, c’est maman. » Dick prend le train le
représentant et va vers la fenêtre, en prononçant le mot gare’. Klein lui dit qu'il entre dans
sa mère. A ce moment-là, Dick va dans l'espace entre les portes de la pièce et dit noir’. Il
répète cette action pendant la séance. « Dick entre dans maman, il fait noir dans maman,
Dick est dans le noir de maman. »
Lors de sa deuxième séance, Dick s'enfuit de la pièce avec le train le représentant, va dans
un hall sombre et insiste à rester là. Il demande en permanence Nourrice vient?
Klein établit un lien entre son comportement vis à vis de ces objets et la pénétration
du pénis de son père dans sa mère. Dick aurait fait l'expérience du stade génital de
manière précoce. Cette proposition de Klein est très controversée. Ce stade génital
précoce viendrait d'un développement précoce de son moi, empêchant le
développement de son moi par la suite.
Cette expérience précoce du stade génital aurait, en effet, poussé l’enfant à
développer une défense contre le sadisme très tôt. En effet, il résistait très bien à ses
pulsions destructrices, en refusant toute forme d'agressivité. Klein interprète le fait de
mettre le chariot et le charbon en dehors de la pièce comme une expulsion de son propre
sadisme. Ceci expliquerait aussi son refus de mordre la nourriture, ainsi que son incapacité
dans le passé à tenir des ciseaux, des couteaux et des outils.
Difficulté mordre, utiliser outil tranchant peut révéler une peur de son propre sadisme
Elle relève aussi son angoisse vis à vis de l'acte d'uriner, et en conclut que l'urine et les
excréments sont pour lui des substances dangereuses qui attaquent le corps de sa mère.
Cas de richard
La véritable pionnière de la psychanalyse d’enfant
Les Controverses Anna Freud- Melanie Klein (1941-1945)
Entre 1941 et 1945, les diverses tendances du freudisme, présentes dans la Société
britannique de psychanalyse, sopposent durement, sur le plan théorique et clinique. Une
tendance est représentée par Anna Freud, gardienne d'une stricte orthodoxie freudienne,
une autre par Melanie Klein, ouverte à de nouvelles perspectives métapsychologiques et
cliniques.
L’opposition théorique est celle entre la théorie axée sur la pulsion – ce qui vient de l’intérieur
du sujet, le moteur en dedans représentée par Anna Freud (et Sigmund Freud), alors que
pour Klein et les postkleiniens l’accent se décale sur la théorie des relations d’objet, le rôle
de lautre dans le développement de l’enfant.
Richard a 10 ans et a été envoyé en Ecosse, à Pitlochry, pour échapper aux bombardements
de Londres pendant le Blitz. Il souffre dune angoisse intense et est incapable d’aller à
l’école. Lanalyse doit avoir lieu dans un cabinet improvisé (le local d’un groupe de guides)
sur fond de guerre agitée et de raids aériens au-dessus de Londres. À mesure qu’ils
affrontent ces défis, Melanie Klein et Richard établissent une relation touchante et vivante
tandis qu’une affection évidente se développe entre eux. Richard sexprime clairement et est
très désireux de discuter de ce qu’il a en tête. Dès la première séance, nous voyons Melanie
Klein prendre au sérieux ses soucis et ses préoccupations immédiates (le traumatisme de la
guerre qui fait rage en Europe n’est jamais très loin de l’esprit de lun comme de lautre).
Mais ce qu’elle relève également avec lui, dès le début, ce sont ses angoisses et ses
fantasmes inconscients, y compris ceux qui se révèlent dans les sentiments quil
éprouve à son égard. Melanie Klein était convaincue que les interprétations directes des
sentiments positifs et négatifs étaient cruciales pour que s’opère un véritable travail
analytique, et que cela incluait les interprétations transférentielles, avec les enfants comme
avec les adultes.
Dans la methode thérapie de Klein, on vient poser notre interprétation sur les propos
ou ses faits et gestes quon va directement lui verbaliser sans demander son avis
Richard
J’avais loué une salle de jeu pour recevoir mes jeunes patients. Richard entretenait des
rapports presque personnels avec cette pièce, qu’il identifiait à moi-même et à l’analyse. À
chaque séance, je devais aller chercher la clef. Richard marchait à ma rencontre. En chemin,
je ne pouvais éviter de mentretenir avec lui ; mais je n’interprétais pas ce qu’il disait et
n’entrais pas dans les détails intimes. En fait, je m’en tenais le plus possible aux 50 minutes
que devait durer lentretien (comme pour les adultes).
Je lui avais donné des jouets. Pendant l’analyse, Richard fit une série de dessins. Il
commençait sans avoir fait aucun plan précis et était souvent surpris par laspect de l’œuvre
terminée. Les dessins figuraient souvent des personnages dans ses jeux.
Quand Richard voulait emporter ses dessins chez lui, je lui faisais observer que, pour
lanalyse, il valait mieux les laisser avec les jouets, car nous aurions peut-être besoin de les
regarder de temps en temps. Richard savait que j’accordais une certaine valeur à ses
dessins et, dans un sens, il men faisait cadeau. Voir ses cadeauxacceptés et appréciés le
rassurait. C’était un moyen de faire réparation. La seule chose à faire, face à cette attitude,
est de l’analyser. »
Payer de ces dessins plutôt que de l’argent
Dans Psychanalyse dun enfant on trouve les interventions de lenfant, celles de Melanie
Klein et ses réflexions ultérieures. Elle passait 2 heures par jour à retranscrire les séances
quotidiennes d’une heure : « Après chaque séance, j’ai noté le plus fidèlement possible le
roulement de nos entretiens. Lors de certaines séances, Richard, angoissé, restait
silencieux et fournissait moins de matériel. Il me fut impossible de décrire de façon nuancée
ses gestes, son expression, et la durée des intervalles entre les associations. Dans mes
interprétations, j’ai évité d’illustrer mon opinion par des comparaisons, des citations et des
métaphores. Au cours de l’analyse, je nemploie jamais de termes techniquesJe mefforce
de me servir le plus possible des propres mots du patient. Au cours de cette analyse, jai
introduit des termes que Richard ne connaissait pas : génital’, ‘ puissantet relations
sexuelles. »
« j’allais donc interpréter, à l’accoutumée, les situations anxiogènes (même les plus
profondes) et les mécanismes de défense liés à elles au fur et à mesure qu’ils se
présenteraient. Si le malade ne comprend qu’une partie des interprétations, l’analyse a
quand même une certaine valeur. Des mécanismes de clivage et de refoulement se
réinstallent forcément, mais il se produit tout de même des changements durables. » : Le «
génie » analytique de Melanie Klein est celui de l’interprétation ou, si l’on préfère, du
dialogue d’inconscient à inconscient qu’elle poursuivit pendant 4 mois avec le petit Richard.
Cette cure nous introduit dans le matériel le plus profondément enfoui, le plus archaïque, le
plus chargé d’angoisse.
Le travail analytique avec Richard
« Richard avait conscience de ses difficultés et souhaitait tellement qu’on laide que je ne
doutai pas un instant de sa bonne volonté. Il était d’autant plus désireux de se faire soigner
par moi que j’avais déjà comme patient un garçon plus âgé que lui et qu’il connaissait bien.
Je men suis tenue pour l’essentiel à ma technique habituelle jusqu’au dernier moment ;
toutefois, en relisant mes notes je me suis aperçue que j’avais répondu plus largement aux
questions de lenfant que dans dautres analyses. Plus nous approchions de l’échéance, plus
Richard redoutait d’être privé de traitement. J’avais conscience du contre-transfert positif qui
s’opérait en moi cependant, en restant sur mes gardes, je pus maintenir le principe
fondamental qui consiste à analyser le transfert positif aussi bien que le transfert négatif ainsi
que les angoisses profondes que je rencontrai chez lenfant. Javais la ferme conviction que,
malgré la difficulté de la situation, la seule façon daider l’enfant au maximum était d’analyser
l’angoisse que provoquait en lui la peur de la guerre. »
L’attitude de Melanie Klein qui consiste à ne pas faire intervenir les parents dans lanalyse a
le mérite de considérer son petit patient comme un « autre » à part entière.
Première séance
Ensuite, il chercha s’il avait bien raconté tout ce qui le préoccupait. Ah ! oui. Il se demandait
très souvent comment c’était fait au-dedans de lui et des autres, comment le sang coulait. Si
on restait longtemps la tête en bas et que tout le sang montait à la tête, ne risquait-on pas de
mourir ?
Mme K. lui demanda sil ne sinquiétait pas au sujet de sa mère. -> répond a côté de la
question du sujet
Richard répondit qu’il avait souvent peur la nuit et que, jusqu’à il y a 4 ou 5 ans, il était
vraiment terrorisé. Depuis peu, il se faisait du souci pour la santé de maman : quelquefois,
elle n’allait pas très bien. Un jour on l’avait ramenée à la maison sur un brancard, elle avait
été renversée par une voiture. C’était avant sa naissance ; on le lui avait raconté et il y
pensait souventLa nuit, il avait peur qu’un méchant homme, une espèce de vagabond, ne
vînt enlever sa mère. Il raconta alors comment il irait à son secours : il jetterait de l’eau
chaude sur le vagabond pour l’ébouillanter et lui faire perdre connaissance. Il se souciait
bien peu de mourir, ou plutôt non, il ne voulait pas mourir, mais ceci ne l’empêcherait pas
daller sauver sa maman.
Mme K. lui demanda alors sil n’était pas vrai que ce vagabond qui ferait du mal à maman
la nuit ressemblait à Hitler, qui avait fait peur à la cuisinière le soir du raid aérien et qui avait
maltraité les Autrichiens. Richard savait que Mme K. était Autrichienne et qu’elle allait donc
être maltraitée, elle aussi. La nuit, il avait peut-être peur lorsque ses parents étaient au lit ; il
craignait qu’il ne se produise quelque chose entre eux, avec leurs organes génitaux,
et que cela ne fasse mal à sa maman.
Richard eut l’air effrayé et étonné. Mme K. lui demanda s’il savait ce qu’étaient les organes
génitaux.
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