MECANIQUE Le cours de Tshiélikk’ α Dr Landry Jean Pierre GOMAT, MC-CAMES Semestre 1 LGC+LMI ENSP-UMNG 30 novembre 2023 1 Introduction La mécanique est une partie de la Physique qui étudie les mouvements et leurs causes. Elle comprend deux parties essentielles : la cinématique, qui a pour objet la description des mouvements sans se préoccuper de ce qui les provoque (on parle du principe d’objectivité qui permet de dire une réalité, la même pour tous), et la dynamique qui étudie les relations entre ces mouvements et leurs causes (on parle du principe de causalité ou du déterminisme qui voudrait que tout ait une cause et que des conditions -initiales et aux limites- données déterminent l’avenir d’un système. Ce déterminisme tombe lorsqu’il s’agit de mouvement de particules (les très petits systèmes matériels -typiquement les éléments constitutifs de la matière-) qui rentre dans le domaine de la mécanique quantique où les mêmes conditions données peuvent conduire des systèmes à des comportements différents. Si la vitesse d’un système est proche de celle de la lumière, de nouveau, la mécanique classique ne s’applique plus pour faire place à la mécanique relativiste. 2 Introduction Deux principes fondamentaux fondent donc l’univers que toute la science dont la mécanique que nous avons commencé d’étudier exprime comme suit : Le principe de causalité : la réponse d’un système à l’instant t actuel ne dépend que de son histoire antérieure. La contrainte actuelle ne dépend que du mouvement et des sollicitations passées ou actuels. On dit aussi qu’une loi est déterministe. Autrement dit : tout ce qui existe a une cause ou est dû à un passé déterminant. Tout vient de tout, rien ne vient de rien. Le principe d’universalité qu’on appelle aussi principe d’objectivité : une loi de comportement d’un système doit être objective c’est-à-dire la même pour tous les observateurs. Cette condition d’objectivité suppose une invariance pour les changements de chronologie (changement d’origine des temps et/ou changement d’unités de temps), et une invariance pour les changements des repères. Dans ce cours, on étudie les lois fondamentales de la dynamique du point et du solide : description d’un système mécanique, inventaire des forces qui s’y appliquent, application des lois de Newton, calcul du travail de ces forces de sorte à pouvoir réaliser le bilan énergétique d’une particule puis d’un système et expliquer son mouvement. 3 ...Introduction Figure: LANIAKEA : Représentation simulée du supercluster de notre galaxie. 4 ...Introduction Figure: La voie lactée : notre galaxie. 5 ...Introduction Figure: Le système solaire. 6 ...Introduction Figure: La Terre : notre planète. 7 ...Introduction : le génie civil Figure: Une tour gratte ciel à Abu Dhabi. Figure: L’aéroport de Hong Kong. 8 ...Introduction : le génie civil Figure: Canal de Panama. Figure: Echangeur à Abidjan. 9 ...Introduction : le génie civil Figure: Tour Nabemba à Tandala. Figure: Tour Eiffel à Paris. 10 ...Introduction : le génie civil Figure: Marina Bay à Singapour. Figure: Viaduc de Kintélé. 11 ...Introduction : le génie civil Figure: Pont suspendu en France. Figure: Pont au Viet-Nam. 12 ...Introduction : le génie civil Figure: Stade de Kintélé. Figure: Une maison à Songolo. 13 L’espace vectoriel euclidien Le monde dans lequel nous vivons, notre milieu, on dit de plus en plus l’environnement que nous composons et mais aussi celui qui nous compose a été schématisé ou modélisé, comme un ensemble de points plus ou moins denses auxquels on a associé une quantité de matière ou une masse, qui interagissent. Il est représenté en mathématiques par un espace affine (ensemble de points réglementé par des propriétés le caractérisant) dans lequel on peut mesurer la distance entre deux points. Il sera noté E . Le point est l’être le plus petit de cet ensemble. On dit alors qu’il est un élément de E . Le point est un être mathématique dépourvu de dimension. On dit que sa dimension est nulle c’est-à-dire qu’elle est infiniment petite ou infinitésimale. Les points sont associés à des grandeurs dites scalaires c’est-à-dire entièrement déterminées par leur valeur numériques (la masse, la longueur, la pression, l’énergie, la température, ...). On identifie E à l’espace ordinaire dans lequel nous vivons, le monde, qui est un espace réel. A partir de cet espace, on a construit des modèles de tous les êtres qui existent dans le monde, la nature. C’est ainsi qu’on a créé un être de points dont les caractéristiques ont permis la construction d’un modèle de l’univers : le vecteur. L’espace vectoriel euclidien : le vecteur Le vecteur est un ensemble de points alignés dans un segment orienté. Il a une origine et extrêmité et est caractérisé par un point d’application, une direction, un sens et une mesure. Figure: Représentation d’un vecteur. Le vecteur a été choisi comme élément d’un ensemble considéré comme un espace réel de trois dimensions noté R3 associé à E. Une dimension représente une ligne infinie (ou ouverte) et droite notée R. L’espace que nous considérons est régi par des propriétés qui fondent cet ensemble appelé espace vectoriel. 15 L’espace vectoriel euclidien : propriétés L’espace vectoriel R3 est un espace des translations des éléments de E en vecteurs (ses éléments) ou grandeurs dites vectorielles c’est-à-dire déterminées par leur droite d’action ou direction, leur sens et leur mesure (la position, la vitesse, la force, le moment,... sont des vecteurs). L’espace vectoriel à trois dimensions que nous considérons est le plus simple qui ait été conçu pour appréhender la nature. Il est défini ainsi qu’il suit : on dit que R3 est un espace vectoriel tridimensionnel ou de dimension trois, lorsque : Les élément ~v de R3 sont des transformations de E en lui-même : ~v ∈ R3 , ~v : E −→ E (1) 3 La somme + de deux éléments ~u et ~v de R , qui exprime une loi de composition interne, est définie comme suit : ∀(~u , ~v ) ∈ R3 × R3 , ∀A ∈ E , (~u + ~v )(A) = ~u [~v (A)] (2) 3 Pour tout élément A et B de l’espace affine E , ∀~v ∈ R tel que : −→ B = ~v (A) ⇐⇒ AB = ~v A est le point d’application de ~v , il constitue l’origine du vecteur et B 16 (3) Exemple −→ Ecrire B = ~v (A) ⇐⇒ AB = ~v signifie que ~v est une transformation de E en lui-même, c’est-à-dire, on part d’un point de E pour arriver à un autre point de E , et que cette transformation, est intégralement déterminée par la valeur prise sur un point de E . Remarque : Le même vecteur peut opérer différentes transformations, en fonction du point d’application : mais aussi −→ B = ~v (A) ⇐⇒ AB = ~v (4) −−→ B 0 = ~v (A0 ) ⇐⇒ A0 B 0 = ~v (5) Le point d’application ne participe pas à la variation d’un vecteur. 17 Exemple La somme de deux vecteurs en pratique c’est : −→ −→ −→ ~ tel que : Si AB = ~v et si BC = ~u alors AC = w −→ −→ −→ ~ = ~v + ~u AC = AB + BC ⇐⇒ w (6) C’est la relation de Chasles qui correspond graphiquement à la fameuse règle du parallélogramme : Figure: Règle du triangle ou du parallélogramme. 18 Propriétés générales d’un espace vectoriel ~ est appelé espace vectoriel si et seulement si : Un ensemble R3 d’éléments ~u , ~v , w A deux éléments quelconques ~u ∈ R3 et ~v ∈ R3 correspond un troisième ~ ∈ R3 appelé somme + de ~u et ~v . élément w A tout élément ~u ∈ R3 et à tout nombre (scalaire) λ ∈ R correspond un élément λ × ~u = λ~u ∈ R3 , appelé produit × de ~u par λ. Ces deux opérations doivent être telles que pour trois éléments quelconques ~u ∈ R3 , ~v ∈ R3 et w ~ ∈ R3 et deux scalaires quelconques λ et µ il y ait : 1 ~u + ~v = ~v + ~u ; 2 ~u + (~v + w ~ ) = (~u + ~v ) + w ~; 3 Un élément ~0 ∈ R3 tel que ~u + ~0 = ~u définit le vecteur nul ; 4 λ(µ~u ) = (λµ)~u ; 5 1~u = ~u ; 0~u = ~0, il faut bien noter que 0 est un scalaire dans le premier membre et ~0 est un vecteur dans le second ; 6 λ(~u + ~v ) = λ~u + λ~v ; (λ + µ)~u = λ~u + µ~u ; 7 Pour tout élément ~u ∈ R3 , il existe un élément opposé −~u = (−1)~u donc aussi l’opération de soustraction d’élément ~u − ~v . En vertu des axiomes 4. et 7., on a : ~u − ~u = ~u + (−1)~u = (1 − 1)~u = 0~u = ~0 et ~u − ~v = ~u + (−~v ). 19 Sous-espace vectoriel Une partie B d’un espace vectoriel R3 est un sous-espace vectoriel de R3 , si pour ~ ) ∈ B 3 et trois scalaires quelconques λ, µ, α la trois éléments quelconques (~u , ~v , w combinaison linéaire λ~u + µ~v + α~ w est un élément de B. On dit que B est stable ~ ) ∈ B 3 sont générateurs du par combinaison linéaire. Les vecteurs (~u , ~v , w vecteur λ~u + µ~v + α~ w . Les coefficients λ, µ, α sont les composantes du vecteur engendré. Exemples de stabilité par combinaison dans la nature : L’ensemble des humains ou l’ensemble des canards constituent respectivement des "sous-espaces ~ ) ∈ B 3 forment une famille de vectoriels" du monde. Les éléments (~u , ~v , w vecteurs liés (ou qu’ils sont linéairement dépendants s’ils admettent une combinaison linéaire λ~u + µ~v + α~ w = ~0 dans laquelle les coefficients λ, µ et α ne sont pas tous nuls. Si λ~u + µ~v + α~ w = ~0 uniquement que pour ~ ) ∈ B 3 forment une famille λ = 0 = µ = 0 = α, on dit que les vecteurs (~u , ~v , w de vecteurs libres ou qu’ils sont linéairement indépendants. Autrement dit, aucun vecteur ne dépend d’un autre. Base euclidienne d’un espace vectoriel. Une base B de l’espace vectoriel R3 est un sous-espace vectoriel de trois vecteurs libres. Autrement dit, c’est une famille de vecteurs libres et générateurs. Une base est dite euclidienne si à tout couple d’éléments (~u , ~v ) ∈ B 2 est associé un nombre réel (un scalaire) noté ~u · ~v (on lit ~u scalaire ~v ) appelé produit scalaire. De façon plus large, on peut aussi considérer des espaces vectoriels euclidiens en les munissant du produit scalaire. Le produit scalaire est une forme bilinéaire symétrique définie positive. Cette définition doit être bien comprise, parce qu’elle donne les propriétés simples et de très grande importance du produit scalaire. D’abord, on dit que le produit scalaire est une forme : en mathématique, une forme est une application qui opère sur les éléments d’un espace vectoriel, donc sur des vecteurs, pour donner comme résultat un scalaire. Une forme est bilinéaire si elle opère sur deux vecteurs et si elle est linéaire par rapport à chaque vecteur. Enfin, une forme est définie positive si le scalaire résultant de l’application sur le même vecteur deux fois est toujours positif pour n’importe quel vecteur, sauf pour le vecteur nul où le résultat est zéro. 21 Axiomes du produit scalaire Soit que les axiomes suivants ont lieu : 1 ~u · ~v = ~v · ~u (symétrie) ; 2 3 (λ~u ) · ~v = λ(~u · ~v ) ; ~ ) · ~v = ~u · ~v + w ~ · ~v (bilinéarité). (~u + w Le produit scalaire Par définition, le produit scalaire des vecteurs ~u et ~v est donné par : ~u · ~v = k~u k × k~v k × cos(~ud , ~v ) (~ud , ~v ) est la mesure de l’angle orienté entre les vecteurs ~u et ~v . 22 (7) Angles particuliers entre deux vecteurs Soit les vecteurs ~u et ~v . L’angle (~ud , ~v ) = 0 est appelé angle nul lorsque les deux vecteurs sont dans la même direction et orienté dans le même sens. Figure: L’angle nul. L’angle (~ud , ~v ) = π est appelé angle plat lorsque les deux vecteurs sont dans la même direction et orienté dans des sens opposés. Figure: L’angle plat. 23 ... Angles particuliers entre deux vecteurs π L’angle (~ud , ~v ) = est appelé angle droit lorsque les deux vecteurs ont des 2 directions perpendiculaires ; on dit alors qu’ils sont orthogonaux et que leurs directiosn respectives sont perpendiculaires. Figure: L’angle droit. 24 Projection orthogonale Le produit scalaire est, géométriquement, la mesure de la projection orthogonale du vecteur ~v sur la direction du vecteur ~u ; autrement dit, c’est la mesure de la longueur du vecteur ~v dans la direction du vecteur ~u ; et vice versa. Figure: Projection orthogonale d’un vecteur sur la direction d’un autre. 25 Norme ou mesure d’un vecteur Une base euclidienne peut être normée en la munissant de la norme suivante : √ k~u k = ~u · ~u (8) C’est la mesure de (la longueur, de l’intensité ou de la qunatité de points) du vecteur ~u sur sa propre direction, donc sa mesurer propre tout simplement. On vérifie que cette norme est conforme aux axiomes de la norme suivants : 1 k~u k ≥ 0, k~u k = 0 si et seulement si ~u = ~0, on dit que la norme est non dégénérée ; kα~u k = |α|k~u k, on dit que la norme est homogène ; k~u + ~v k ≤ k~u k + k~v k, inégalité triangulaire. On munit une base de la distance d(~u , ~v ) entre deux éléments quelconques ~u et ~v telle que : d(~u , ~v ) = k~u − ~v k (9) 2 3 26 Base orthogonale et base normée Deux vecteurs ~u et ~v d’un espace vectoriel euclidien sont orthogonaux si et seulement si leur produit scalaire est nul (~u · ~v = 0). ~ ) est orthogonale lorsqu’on a : On dit qu’une base B = (~u , ~v , w ~u · ~v = 0 = ~v · w ~ =0=w ~ · ~u (10) ~ ) est normeé lorsqu’on a : On dit qu’une base B = (~u , ~v , w k~u k = k~v k = k~ w k = a = cte (11) ~ ) de vecteurs libres et générateurs dont les vecteurs sont Une famille B = (~u , ~v , w normés à l’unité (a = 1) et orthogonaux deux à deux constitue une Base orthonormée. Figure: Base orthonormée dans l’espace. 27 Présentation géométrique d’une base orthonormée Bien que l’on puisse avoir des bases de R3 qui ne soient pas orthonormées, on se bornera à ce type de bases car elles ont des avantages considérables en terme de simplicité. Soit la base orthonormée (~ex ,~ey ,~ez ), on a : Figure: Base de Descartes. 28 Composantes d’un vecteur dans une base Tout vecteur de R3 peut être écrit comme une combinaison linéaire de vecteur d’une base choisie dans R3 . ~v = vx ~ex + vy ~ey + vz ~ez (12) La base orthonormée (~ex ,~ey ,~ez ) est appelée base cartésienne de R3 . les scalaire (vx , vy , vz ) sont les composantes cartésiennes d’un vecteur quelconque ~v dans la base cartésienne. on montre que : vx = ~v · ~ex vy = ~v · ~ey vz = ~v · ~ez 29 (13) Composantes d’un vecteur dans une base La projection orthogonale du vecteur ~v dans la base (~ex ,~ey ,~ez ) est effectuée comme suit : ~v = (~v · ~ex )~ex + (~v · ~ey )~ey + (~v · ~ez )~ez Figure: Composantes d’un vecteur dans une base cartésienne. 30 (14) Expression du produit scalaire dans la base cartésienne Le calcul du produit scalaire lorsque les composantes cartésiennes des vecteurs sont connues s’effectue simplement. Soit : ~v = vx ~ex + vy ~ey + vz ~ez (15) v~0 = vx0 ~ex + vy0 ~ey + vz0 ~ez (16) On a : ~v · v~0 = (vx ~ex + vy ~ey + vz ~ez ) · (vx0 ~ex + vy0 ~ey + vz0 ~ez ) = vx vx0 + vy vy0 + vz vz0 (17) Il faut remarquer que cette expression est aussi simple parce que les calculs sont effectués dans une base orthonormée, justifiant ainsi l’intérêt du choix d’une base orthonormée, ce qui sera toujours sous-entendu dans la suite. 31 Calcul matriciel du produit scalaire On note par v et v 0 les matrices colonnes respectives des vecteurs ~v et v~0 . On a : vx v = vy (18) vz ~v · v~0 = v T v 0 = vx 0 vx v 0 = vy0 vz0 0 vx0 vy vz vy = vx vx0 + vy vy0 + vz vz0 vz0 v T est la matrice transposée de la matrice colonne v . C’est donc une matrice ligne. 32 (19) (20) Le produit vectoriel Le produit vectoriel Le produit vectoriel de deux vecteurs ~a = ax ~ex + ay ~ey + az ~ez de R3 et ~b = bx ~ex + by ~ey + bz ~ez de R3 est le vecteur noté ~a ∧ ~b (on lit ~a vectoriel ~b) de R3 , normal au plan formé par les vecteurs ~a et ~b dont la mesure est donnée par : d k~a ∧ ~bk = k~ak × k~bk × |sin(~a, ~b)| (21) Le sens de ce vecteur est donné par la règle dite de la main droite : si la main d droite est placée le long du premier vecteur ~a et qu’elle balaie l’angle (~a, ~b) = θ pour atteindre le deuxième vecteur ~b par la paume, le point d’application étant indiqué par le poignet, alors le pouce indique la direction et le sens du vecteur produit vectoriel résultant. Le produit vectoriel Figure: La règle de la main droite. Une normale est un vecteur unitaire dont la direction est perpendiculaire à toutes les directions contenues dans la surface (le plan P) qu’elle représente. Figure: La normale ou le vecteur normal d’une surface. 34 Propriétés du produit vectoriel 1 2 3 4 5 6 7 8 ~u ∧ ~v = −~v ∧ ~u , le produit vectoriel est antisymétrique ; ~u ∧ (~v + w ~ ) = ~u ∧ ~v + ~u ∧ w ~ , il distributif par rapport à la somme de vecteurs ; ~ ) ∧ ~v = ~u ∧ ~v + w ~ ∧ ~v (bilinéarité) ; (~u + w (λ~u ) ∧ ~v = ~u ∧ (λ~v ) = λ(~u ∧ ~v ), λ ∈ R ; ~u ∧ ~v = ~0 ⇐⇒ ~v = α~u , α ∈ R, condition de parallélisme ; (~u ∧ ~v ) · ~u = 0 = (~u ∧ ~v ) · ~v , le produit vectoriel est orthogonal aux vecteurs qui le font. Le vecteur résultant d’un produit vectoriel est normal au plan déterminé par les deux vecteurs d’origine ; ~u ∧ (~v ∧ w ~ ) = ~v (~u · w ~)−w ~ (~u · ~v ), c’est le double produit vectoriel ; ~u · (~v ∧ w ~)=w ~ · (~u ∧ ~v ) = ~v · (~ w ∧ ~u ), c’est le produit mixte. Il est invariant par permutation circulaire. 35 Signification géométrique du produit vectoriel Géométriquement, on montre que la norme du produit vectoriel est la mesure de l’aire du parallélogramme délimité par les deux vecteurs du produit : Figure: L’aire du parallélogramme construit par les vecteurs ~u et ~v . 36 Signification géométrique du produit mixte La valeur absolue du produit mixte est la mesure du volume du parallélépipède construit par les trois vecteurs du produit : ~. Figure: Le volume du parallélépipède construit par les vecteurs ~u , ~v et w 37 Calcul matriciel du produit vectoriel Les matrices colonnes des vecteurs ~a et ~b étant données par a et b , on note par ã la matrice antisymétrique associée au vecteur ~a définie telle que : 0 az −ay 0 ax ã = −az (22) ay −ax 0 ax bx az by − ay bz ~a ∧ ~b = ay ∧ by = ax bz − az bx (23) az bz ay bx − ax by 0 az −ay bx az by − ay bz 0 ax by = ax bz − az bx (24) ã b = −az ay −ax 0 bz ay bx − ax by Ce qui montre que : ~a ∧ ~b = ã b 38 (25) Orientation d’un base C’est immédiat de voir qu’une base de R3 peut être orientée de deux façons différentes : on dit que la base (~ex ,~ey ,~ez ) est orientée dans le sens direct (right-handed basis) ou base directe si : ~ex ∧ ~ey = ~ez ~ez ∧ ~ex = ~ey ~ey ∧ ~ez = ~ex Autrement, on dit que la base est indirecte. (26) Repères. Une base permet d’identifier un vecteur de R3 , mais lorsqu’on doit repérer un point P de E , il faut utiliser un repère : un repère R est un ensemble de points (un solide indéformable de préférence) formé par un point O appelé origine du repère et trois vecteurs appliqués en ce point qui forment une base orthonormée directe (BOND). (~ex ,~ey ,~ez ) est une BOND si elle vérifie les conditions suivantes : ~ex · ~ey = 0 = ~ey · ~ez = 0 = ~ez · ~ex (27) ~ex · ~ex = ~ey · ~ey = ~ez · ~ez (28) ~ex ∧ ~ey = ~ez ~ez ∧ ~ex = ~ey (29) ~ey ∧ ~ez = ~ex Les relations (27) indiquent que la base est orthogonale, les relations (28) indiquent que la base est normée et les relations (29) indiquent que la même base est orientée dans le sens direct. 40 Le repère cartésien Une fois un repère choisi, on peut déterminer la position d’un point P de E grâce −→ aux composantes du vecteur position OP. Ces composantes sont alors les coordonnées de P dans le repère. Toutefois, il y a plusieurs façons de repérer ou de choisir les coordonnées d’un point. Le repère cartésien est le système de coordonnées le plus connu, mais il y a aussi le repère intrinsèque, le repère polaire, le repère polaire cylindrique et le repère polaire sphérique. Ces derniers repères sont construits à partir du repère cartésien qui est leur ancêtre à tous. Le repère cartésien C’est le repère le plus simple et le plus connu : la position d’un point P est détermi−→ née à l’aide des composantes du vecteur OP (le vecteur position du point P) dans la base associé au repère choisi ; ces composantes prennent le nom de coordonnées cartésiennes ou coordonnées rectangulaires comme le montre la figure −→ OP = x ~ex + y ~ey + z ~ez 41 (30) ...Le repère cartésien Figure: Position d’un point P dans un repère cartésien. −∞ ⩽ x ⩽ +∞ −∞ ⩽ y ⩽ +∞ −∞ ⩽ z ⩽ +∞ 42 (31) Le repère polaire cylindrique Le repérage cylindrique consiste à repérer le point P par la mesure de la longueur −→ ρ de la projection du vecteur OP sur le plan (O,~ex ,~ey ), par la mesure de l’angle θ que cette projection forme avec la direction de ~ex , et par la mesure de la longueur −→ z de la projection de OP sur ~ez . Figure: Position d’un point P dans un repère polaire cylindrique. 43 ...Le repère polaire cylindrique On définit la base polaire cylindrique (~eρ ,~eθ ,~ez ) comme une BOND telle que : −→ −→ (OP · ~ex )~ex + (OP · ~ey )~ey ~eρ = ρ (32) ~eθ = ~ez ∧ ~eρ (33) θ = (~\ ex ,~eρ ) −→ OP = ρ~eρ + z~ez (34) 44 (35) ...Le repère polaire cylindrique Les coordonnées cylindriques ρ, θ, z sont ainsi liées aux coordonnées cartésiennes par les relations suivantes : p x 2 + y 2 , 0 ⩽ ρ ⩽ +∞ ρ = y θ = arctan , 0 ⩽ θ ⩽ 2π (36) x z = z, −∞ ⩽ z ⩽ +∞ Ou bien dans l’autre sens x = ρ cos θ y = ρ sin θ z =z 45 (37) Le repère polaire sphérique −→ Le repérage sphérique consiste à repérer le point P par la mesure r de OP, par −→ l’angle ϕ dit longitude que fait la projection de OP sur le plan (O,~ex ,~ey ) avec −→ ~ex , et par l’angle θ dit colatitude formé par OP et ~ez . On définit la base polaire sphérique (~er ,~eϕ ,~eθ ) comme une BOND telle que : ~er = −→ OP r (38) ~eϕ = ~ex ∧ ~eρ (39) ~eθ = ~er ∧ ~eϕ (40) ϕ = (~\ ex ,~eρ ) (41) \ θ = (~ ez ,~er ) (42) 46 ...Le repère polaire sphérique Figure: Position d’un point P dans un repère polaire sphérique. 47 ...Le repère polaire sphérique Les coordonnées sphériques r , ϕ, θ sont ainsi liées aux coordonnées cartésiennes par les relations suivantes : p r = x 2 + y 2 + z 2 , 0 ⩽ r ⩽ +∞ y ϕ = arctan , 0 ⩽ ϕ ⩽ 2π (43) x p x2 + y2 + z2 θ = arctan , 0⩽θ⩽π z x = r cos θ sin θ (44) y = r sin θ sin θ z = r cos θ 48 Exercices et problèmes Voir TD 49 Le référentiel Le mouvement est le changement (évolution, progrès, développement, différence, variation, ...) de position par rapport au changement correspondant du temps de tout ou partie d’un système mécanique. L’étude du mouvement d’un système mécanique exige la connaissance d’au moins l’état de repos (la position) dudit système vis-à-vis d’un repère mais aussi du temps. Le temps est un paramètre noté t qui permet d’apprécier la succession des événements ou des phénomènes dans l’univers. Il est toujours orienté du passé vers le futur. Le repère temporel ou chronologie permet d’apprécier le déroulement des événements dans la nature. Il est constitué d’un instant d’origine ou instant initial. L’observateur que chaque être vivant est, appréciera le mouvement d’au moins un point en fonction d’un repère (spatial ou un espace naturel) et d’un repère temporel (la chronologie qui est la même pour tout observateur donc choisie une fois pour toutes). Cet observateur ainsi muni constitue un référentiel. Référentiel = Observateur muni d’au moins un repère + une chronologie. Le référentiel galiléen De façon absolue, il n’existe pas d’état de repos (absence absolue de mouvement). Galilée a défini le référentiel galiléen comme étant un référentiel en état de repos en présentant le principe qui porte son nom, le principe de relativité de Galilée stipulant que tout dans le monde est relatif à un référentiel. L’hypothèse de référentiel galiléen c’est-à-dire de système en état de repos n’est qu’une illusion qui nous montre des repos apparents dits relatifs dont l’explication satisfait notre ressenti. La réalité est que tout est en mouvement par rapport à tout, le mouvement est partout. Notre monde est tel qu’il est en mouvement en permanence et de façon inconstante. Rien n’est constant ni dans l’espace ni dans le temps. Cette inconstance du monde se manifeste de façon tout aussi inconstante. Parmi les interactions naturelles ou physiques entre différents objets ou corps, celles qui concernent la mécanique sont celles qui modifient l’état de repos ou de mouvement d’un système ou de certaine de ses parties. Le référentiel galiléen En fonction du type de mouvement du repère d’observation, on distingue les référentiels galiléens des référentiels non galiléens. Un référentiel galiléen ou d’inertie est un référentiel fixe dans le temps ou bien muni d’un mouvement de translation uniforme. Figure: Référentiels en translation uniforme donc galiléen. On verra que dans un tel référentiel, un point isolé c’est-à-dire un point libre de toute interaction a le même mouvement rectiligne uniforme que le référentiel. 52 Exemples de référentiels célèbres Référentiel héliocentrique ou de Copernic : L’origine correspond au centre de masse du système solaire et les axes sont dirigés vers trois étoiles fixes. Figure: Référentiels héliocentrique et géocentrique. Référentiel géocentrique : L’origine correspond au centre de masse de la planète Terre et les axes sont dirigés vers trois étoiles fixes (les mêmes que celles de Copernic). 53 ...Exemples de référentiels célèbres Référentiel terrestre ou du laboratoire : L’origine est prise à la surface de la planète Terre et des axes solidaires à la Terre ou au laboratoire, il est souvent toujours supposé galiléen. Figure: Référentiels géocentrique et terrestre. Dans un référentiel, on peut choisir plusieurs repères. Un référentiel se distingue d’un autre par le mouvement relatif qu’il a vis-à-vis de l’autre. 54 Le mouvement d’un point. Parmi les interactions naturelles entre différents objets ou systèmes matériels, celles qui concernent la mécanique sont celles qui modifient l’état de repos ou de mouvement d’un système matériel ou de certaines de ses parties. Le mouvement est le changement de position dans le temps de tout ou partie d’un système. la position d’une particule P est déterminée par la connaissance du vecteur −→ position OP de P. On appelle vecteur déplacement de P ou déplacement de P −→ noté ∆OP la variation du vecteur position de P ! −→ −→ −→ ∆OP = OP f − OP i (45) −→ −→ où OP i est le vecteur position initial et OP f le vecteur position actuel. Lorsque l’on considère ce déplacement sur des écarts très très petits (on dit infinitésimaux), −→ le déplacement devient le déplacement élémentaire, noté d OP et défini par : −→ −→ d OP = lim ∆OP (46) Pf →Pi −→ C’est la différentielle (la très très petite différence) de OP. Comment calcule-t-on la différentielle d’un scalaire ? Les règles de différentiation des scalaires sont étudiées depuis le lycée. On en rappelle dans le tableau suivant les grandes lignes. Soit a, b et c des fonctions scalaires de scalaires, on a : a = constante a = u(t)n , n ∈ N da = 0 da = nu n−1 (t)du(t) c(t) = a(t)b(t) dc = (da)b + a(db) c(t) = a(t) b(t) dc = (da)b − a(db) b2 La dérivée d’un scalaire a par rapport à un autre scalaire t est le rapport noté ȧ tel que : da ȧ(t) = (t) (47) dt 56 La dérivée partielle d’une fonction scalaire On considère une fonction scalaire de deux variables scalaires x et y . On définit la différentielle de cette fonction par : df = ∂f ∂f dx + dy ∂x ∂y (48) ∂f est la dérivée partielle de f par rapport à x , c’est-à-dire la dérivée de f par ∂x rapport à x lorsqu’on considère l’autre variable y comme une constante. On dit que la fonction f (x , y ) est une fonction d’état lorsqu’elle admet une différentielle totale exacte c’est-à-dire lorsque : ∂2f ∂2f = ∂x ∂y ∂y ∂x (49) Autrement, elle n’est qu’une forme différentielle et représente un processus et non un état et l’on note sa variation infinitésimale par δf au lieu de df . δf = Hdx + Qdy 57 (50) Le vecteur vitesse d’un point Comme le mouvement de P est le changement de sa position par rapport au changement du temps c’est-à-dire la variation de la position de P (ou du vecteur position) par rapport à la variation correspondante du temps. Il est défini par le vecteur ~v (P) tel que : −→ −→ d OP ∆OP ~v (P) = lim = lim ~vm (P) = (51) ∆t→0 ∆t→0 ∆t dt −→ On dit que ~v (P) est la dérivée par rapport au temps du vecteur position OP de P. Elle donne la vitesse à chaque instant t du point. On l’appelle vitesse instantanée. −→ ∆OP ~vm (P) = (52) ∆t ~vm (P) est la vitesse moyenne du point P sur le chemin donné entre les deux points extrêmes de celui-ci. Elle donne une information globale du mouvement du point lors que la vitesse instantanée donne l’information locale à chaque instant. 58 Comment dérive-t-on un vecteur ? On dérive un vecteur exactement comme on le fait pour un scalaire en sachant que : Lorsque le point d’application d’un vecteur change, le vecteur ne change pas ; La mesure, la direction et le sens d’un vecteur sont les seuls caractéristiques qui font varier un vecteur. Si on fixe la mesure ou la norme d’un vecteur comme pour le cas d’un vecteur unitaire ou vecteur normé à l’unité, les seuls caractéristiques qui vont influencer la variation d’un tel vecteur sont sa direction et son sens. Le sens et la direction d’un vecteur ne changent que si le vecteur tourne de sorte à décrire un angle par rapport à sa position initiale. On dit que le vecteur effectue une rotation. Retenons la règle suivante : Un vecteur unitaire ne varie qu’en fonction de son angle de rotation. La dérivée d’un vecteur unitaire par rapport à son angle de rotation est un vecteur unitaire qui lui est placé à + π2 dans le plan de rotation. 59 Base fixe et base mobile Les vecteurs de la BOND cartésienne (~e1 ,~e2 ,~e3 ) fixe vérifient d~e1 = d~e2 = d~e3 = ~0 Les vecteurs de la BOND cylindrique (~eρ ,~eθ ,~e3 ) mobile locale vérifient d~eρ = ~eθ dθ d~e = −~eρ dθ d~e3 = ~0 Les vecteurs de la BOND sphérique (~er ,~eθ ,~eϕ ) mobile locale vérifient d~er = ~eθ dθ + sin θ~eϕ dϕ d~eθ = −~eρ dθ + cos θ~eϕ dϕ d~eϕ = −(sin θ~er + cos θ~eθ ) dϕ 60 (53) (54) (55) Calculs dans un référentiel Dans un référentiel galiléen d’origine O muni d’une BOND cartésienne (~ex ,~ey ,~ez ), −→ une particule P est repérée par son vecteur position OP = x ~ex + y ~ey + z ~ez , on a : −→ d OP = dx ~ex + dy ~ey + dz ~ez (56) Il vient : b étant une fonction scalaire de x , y et z, db = −−→ −→ ∂b ∂b ∂b dx + dy + dz = grad b · d OP ∂x ∂y ∂z (57) −−→ où grad b définit l’opérateur gradient de b défini par : −−→ ∂b ∂b ∂b → − ~ex + ~ey + ~ez = O b grad b = ∂x ∂y ∂z (58) → − O b, appelé nabla de b est l’autre nom du gradient de b. Il a la propriété de transformer un scalaire en un vecteur. En fait, il montre comment varie un scalaire dans les différents sens et directions de l’espace. 61 Calculs dans un référentiel Lorsqu’il agit sur un vecteur → − f (x , y , z) = fx (x , y , z)~ex + fx (x , y , z)~ey + fz (x , y , z)~ez : → − il peut le transformer en un scalaire appelé divergence de f (x , y , z) notée : → − − ∂fx ∂fy ∂fz → − → div f = O · f = + + (59) ∂x ∂y ∂z La divergence indique alors comment un vecteur se comporte autour d’un point duquel ses composantes partent ou arrivent. → − il peut le transformer en un autre vecteur appelé rotationnel de f (x , y , z) notée : −−→ → − ∂fy ∂fx ∂fz ∂fy ∂fx ∂fz − → ~ex + ~ey + ~ez − − − rot~f = O ∧ f = ∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y (60) −−→ ~ div rot f = 0 (61) −−−− −− −→ −→ rot grad b = ~0 (62) 62 Calculs dans un référentiel f ~c = λ ~b c = ~a · ~b df −−−−→ div ~c = grad λ · ~b + λ div ~b −−−→ grad c = div ~a ~b + ~a div ~b 63 Le point matériel ou la particule Le point matériel ou particule est un élément de E auquel on a associé une quantité de matière qu’on appelle masse. Le point, tant qu’il n’est pas doué de masse, n’existe que dans l’imagination. Il devient une réalité naturelle lorsqu’il a une masse donc de l’énergie. La masse du point, notée m est une grandeur positive ou nulle : m ≥ 0 . La masse est une grandeur extensive ou additive. Le système matériel constitué de deux particules P1 de masse m1 et P2 de masse m2 a pour masse m = m1 + m2 L’unité de la masse est le kilogramme (kg) . La masse de l’univers est une constante et l’on admet que pour un système mécanique, la loi de conservation de la masse est toujours vérifiée. Retenons la définition suivante : On appelle système mécanique tout ensemble d’au moins une particules. Le point matériel ou la particule est ainsi le système mécanique le plus petit ou le système mécanique élémentaire. 64 Le système matériel ou système mécanique Un système mécanique regroupe ses particules dans une distribution ou répartition de particules et une géométrie données : il s’agit de tous les corps de la nature. Dès lors qu’une géométrie a une masse, elle sera appelée système mécanique ou, pour simplifier, système. On distingue les distributions discrètes ou systèmes discrets des distributions continues ou systèmes continus. Systèmes discrets. Les systèmes discrets de particules sont des ensembles dénombrables de particules. le système mécanique est ici un ensemble d’un grand nombre de particules Pi (que l’on peut compter) de masses mi ,i=1,2,...,N . La masse totale m du système est donnée par : N X m= mi = m1 + m2 + ... + mN (63) i=1 Toutes les autres grandeurs physiques extensives seront formellement définies par des sommes discrètes. Exemples : Vol en formation de N hérons pique-bœuf. 65 ... Systèmes continus. Un système S est dit continu si le nombre de particules contenues dans un volume élémentaire dv est suffisamment grand et indénombrables pour que l’on puisse négliger ses fluctuations . Ce mode de description n’est pas spécifique aux corps solide mais convient également très bien pour les fluides. Dans l’hypothèse des systèmes continus, on peut décrire le système matériel S non pas seulement par un ensemble discret de points matériels Ai , mais aussi par la réunion d’un ensemble de courbes matérielles Sl , d’un ensemble de surfaces matérielles Ss ou d’un ensemble de volumes matériels Sv définis respectivement par une densité) linéique de masse λ, densité surfacique de masse σ, densité volumique de masse ρ, définie en tout point M du domaine spatial occupé par le système. Q N M K X X X X Ai + Sl j + Ss k + Sv q (64) S= i=1 j=1 k=1 q=1 Exemples : Un tableau ou un crayon sont considérés comme des systèmes continus. Une particule c’est Tout système mécanique dont la position est parfaitement définie par la connaissance d’un point de E , donc d’un triplet de nombre réels. Tout système mécanique dont les dimensions sont négligeables au regard des dimensions de ses trajectoires (ensemble des positions occupées par le corps pendant son mouvement) est considéré comme une particule. Ce, peut être une particule au sens propre du terme (électron, proton, neutron) ou un corps dont les dimensions sont très petites devant les distances d’observation (satellites artificiels, planètes, étoiles, galaxies, amas de galaxies, ...). 67 La ligne matérielle. Le vecteur matériel ou vecteur (en mécanique) est un élément de l’espace vectoriel de E auquel on a associé une quantité de matière m suivant une distribution linéique donnée. La mesure du vecteur ~u est la longueur d’un segment matériel déterminée par la projection orthogonale du vecteur matériel sur sa propre direction : √ (65) k~u k = l = ~u · ~u Une ligne matérielle est obtenue par la superposition de particules les unes à la suite des autres. La masse m est distribuée dans cette ligne en fonction de la grandeur λ appelée densité linéique de masse : λ= m l (66) m dm = où dm est la masse d’une l dl particule de la ligne et dl sa longueur (dite élémentaire). On dit que la ligne est homogène lorsque λ = 68 La surface matérielle. La surface matérielle ou surface est la mesure du vecteur surface auquel on a associé la masse m suivant une répartition donnée. On construit une surface à partir d’au moins deux vecteurs ~u et ~v grâce au produit vectoriel : k~u ∧ ~v k = S = k~u kk~v k|sin(~ud , ~v )| (67) La masse m est repartie sur cette surface S en fonction de la grandeur σ appelée densité surfacique de masse : m (68) σ= S m dm On dit que la surface matérielle est homogène lorsque σ = = où dm est la S dS masse d’une particule de la surface et dS sa surface (dite élémentaire). 69 Le volume matériel. le volume matériel ou le volume peut être considéré comme la superposition de lignes et de surfaces matériels. L’opération qui a permis de construire les volumes est le produit mixte qui est un scalaire dont la valeur absolue signifie géométriquement la mesure du volume du parallélépipède construit par les trois vecteurs du produit mixte : |~a · (~b ∧ ~c )| = V (69) La matière m est repartie dans ce volume V en fonction de la grandeur ρ appelée densité volumique de masse : m ρ= (70) V m dm On dit que la surface matérielle est homogène lorsque ρ = = où dm est la V dV masse d’une particule de du volume et dV son volume (dit élémentaire). 70 Représentation analytique du mouvement. Dans un référentiel < (dont la base sera, sauf mention contraire, toujours une BOND) ; une particule A à un instant t donné a des coordonnées (x (t), y (t), z(t)) qui définissent à cet instant sa position. L’évolution de la particule dans le temps est exprimée par des relations fonctionnelles. Trajectoire. On appelle trajectoire d’une particule A par rapport à un référentiel <, la courbe représentant l’ensemble des positions occupées par le point mobile A lors de son mouvement dans ledit référentiel. C’est aussi la courbe décrite par l’extrémité du −→ vecteur position OA. L’équation de la trajectoire du mobile A est la relation analytique reliant les coordonnées indépendamment du temps. En coordonnées cartésiennes, on notera : f (x , y , z) = 0 (71) Équation horaire. On appelle équation horaire (ou équation paramétrique) du mouvement de A, l’expression des coordonnées de A en fonction du temps. 71 Equations horaires du mouvement En coordonnées cartésiennes, on a : x = fx (t) y = fy (t) z = f (t) (72) z Selon que le mouvement étudié est dans un plan ou sur un droite, on choisit le repère de sorte que deux, ou une coordonnées soient suffisantes. Ce sont les coordonnées qui permettent de décrire le plan ou la droite, par exemple : Dans le plan : x = fx (t) (73) y = fy (t) Equations horaires du mouvement Sur la droite : z = fz (t) (74) −→ La fonction vectorielle OA définie sur un intervalle de temps est appelée représentation paramétrique régulière d’une courbe représentant la trajectoire de la particule A dans <. A partir des équations horaires, on obtient l’équation de la trajectoire en y éliminant le temps t. On retient que : L’unité de mesure de la position d’une particule dans le Système International (SI) est le mètre noté m. On retient que : Pour obtenir l’équation de la trajectoire, on élimine le temps dans les équations horaires. 73 La cinématique d’une particule La cinématique a pour objet la description des mouvements. Le mouvement est la variation du vecteur position d’une particule A par rapport à la variation correspondante du temps. Dans le chapitre précédent, on a déterminé et exprimé −→ le vecteur position OA dans un référentiel donné. Dans deux référentiels donnés, soit < = (O,~ex ,~ey ,~ez ) un référentiel galiléen et <0 = (O 0 , e~0 x , e~0 y , e~0 z ) un référentiel non galiléen, on a obtenu les définitions suivantes. Le vecteur position. Le vecteur position d’une particule A est donné : dans < par −→ OA = x ~ex + y ~ey + z ~ez (75) −−→ O 0 A = x 0 e~0 x + y 0 e~0 y + z 0 e~0 z (76) 0 dans < par La position de O 0 origine de <0 dans < (ou relativement à <) est donnée par le −−→ −−→ −→ −−→ −→ −−→ vecteur position OO 0 tel que : OO 0 = OA + AO 0 = OA − O 0 A 74 ...La cinématique d’une particule −→ L’extrémité A de OA décrit la trajectoire du point A dans le référentiel < ; −−→ L’extrémité A de O 0 A décrit la trajectoire du point A dans le référentiel <0 Le vecteur vitesse La vitesse d’une particule comme sa position est toujours relative à un référentiel donné. Par définition, le vecteur vitesse d’une particule A par rapport à un référentiel < est noté par : −→ ! d OA ~v (A/<) = (77) dt < Lorsque tous les calculs ne se font que dans un seul référentiel et qu’il n’y a pas risque de confusion, on écrit : −→ d OA ~v (A) = (78) dt 75 La cinématique d’une particule En dehors de la variation de sa mesure, un vecteur varie lorsque sa direction et son sens changent, ce qui ne peut avoir lieu que lorsque le vecteur tout entier tourne ou subit une rotation. Un vecteur lié à un référentiel <0 tourne lorsque celui-ci effectue une rotation. Le vecteur vitesse de rotation la rotation consiste en une variation de l’angle entre une direction de <0 et une direction de <. Elle est définit par un vecteur appelé vecteur vitesse de rotation → − de <0 par rapport à < noté Ω <0 /< , tel que : sa direction est normale au plan de rotation ; son sens direct est celui donné par le produit vectoriel de vecteurs suivant la rotation dans le plan de rotation ; sa mesure est donnée par la valeur absolue de la dérivée par rapport au temps de l’angle balayé à chaque instant par le vecteur position dans le plan de rotation. 76 ...La cinématique d’une particule Figure: Direction et sens du vecteur vitesse de rotation. 77 ...La cinématique d’une particule Le référentiel cartésien < étant galiléen, les vecteurs de sa BOND sont constants dans le temps c’est-à-dire : d~ey d~ez d~ex ~ =0= = ~0 = dt dt dt (79) Il vient : dx dy dz ~ex + ~ey + ~ez dt dt dt dx En retenant la convention d’écriture suivante : = ẋ , on notera : dt ~v (A) = ~v (A) = ẋ ~ex + ẏ ~ey + ż ~ez 78 (80) (81) ...La cinématique d’une particule Le vecteur vitesse de la même particule A par rapport au référentiel cartésien <0 (autrement dit, la vitesse de A dans le référentiel <0 , ou encore le mouvement de A par rapport à <0 ) est donné par : −−→ ! d O0A ~vr (A) = = x˙0 e~0 x + y˙0 e~0 y + z˙0 e~0 z (82) dt 0 < parce que : d e~0 x dt ! = ~0 = <0 d e~0 y dt ! = ~0 = <0 d e~0 z dt ! (83) <0 Ce qui veut dire que les vecteurs e~0 x , e~0 y et e~0 z sont constants dans le référentiel <0 . Mais, par rapport au référentiel galiléen <, comment varient ces vecteurs de <0 si celui-ci est en mouvement par rapport à < ? 79 La cinématique d’une particule Proposition : On montre que : ! ~0 x → − d e = Ω <0 /< ∧ e~0 x dt < ! d e~0 → − y = Ω <0 /< ∧ e~0 y dt < ! → − d e~0 z = Ω <0 /< ∧ e~0 z dt < 80 (84) La cinématique d’une particule −−→ Qu’advient-il lorsqu’on doit dériver le vecteur O 0 A de <0 par rapport au référentiel galiléen < ? ! −−→ ! d O0A d(x 0 e~0 x + y 0 e~0 y + z 0 e~0 z ) = = x˙0 e~0 x + y˙0 e~0 y + z˙0 e~0 z + dt dt < ! !< ! 0 0 ~ ~0 z ~ d e d e d e y x + y0 + z0 + x0 dt dt dt < < < ! −−→ 0 → − dO A (85) = + Ω <0 /< ∧ (x 0 e~0 x + y 0 e~0 y + z 0 e~0 z ) dt 0 < Il vient : −−→ ! d O0A = dt < −−→ ! −−→ → − d O0A + Ω <0 /< ∧ O 0 A dt 0 (86) < C’est la formule de Bour qui permet de généraliser le calcul de la dérivée d’un vecteur quelconque d’un référentiel relatif par rapport à un autre référentiel. 81 Formule de Bour → − Soit U ∈ <0 un vecteur que l’on veut dériver dans <. On retient que : → −! dU = dt → −! → − → − dU + Ω <0 /< ∧ U (87) dt < <0 → −! → − dU 0 Si le vecteur U est fixe dans le référentiel < , alors = ~0 et l’on a : dt 0 < → −! → − → − dU = Ω <0 /< ∧ U dt < 82 (88) Remarque sur le vecteur vitesse de rotation En considérant un troisième référentiel <” en mouvement de rotation par rapport à <0 , on a la règle suivante : → − → − → − Ω <”/< = Ω <”/<0 + Ω <0 /< → − Où Ω <”/< est le vecteur vitesse de rotation de <” par rapport à <. 83 (89) Défintions sur la vitesse On appelle vitesse absolue de la particule A, notée ~va (A), la vitesse de A dans le référentiel dit absolu < : −→ ! d OA ~va (A) = (90) dt < On appelle vitesse relative de la particule A, notée ~vr (A), la vitesse de A dans le référentiel dit relatif parce que celui-ci ( <0 ) est en mouvement relativement à < qui est au repos donc absolu : −−→ ! d O0A ~vr (A) = (91) dt 0 < On appelle vitesse d’entrainement de la particule A, notée ~ve (A), la vitesse de A dans le référentiel absolu < en la considérant attachée au référentiel relatif <0 . Il s’agit donc de la vitesse avec laquelle le référentiel relatif <0 se meut par rapport 0 au référentiel <, c’est la vitesse avec ! laquelle < entraine la particule A dans son −→ d OA ∈ <0 mouvement : ~ve (A) = = ~va (A) − ~vr (A) dt < 84 La loi de composition des vitesses De tout ce qui précède, il vient la loi de composition des vitesse qui s’énonce comme il suit : Loi de composition des vitesses : La vitesse à l’instant (t) d’une particule A en mouvement dans un référentiel <0 qui est lui même en mouvement dans un référentiel absolu < à la vitesse d’entrainement ~ve (A) est la somme de sa vitesse ~vr (A) relative à <0 et de sa vitesse d’entrainement. ~va (A) = ~ve (A) + ~vr (A) 85 (92) Longueur d’un arc de courbe représentant une trajectoire −→ Soit OA une représentation paramétrique régulière d’une courbe sur un intervalle de temps I = [a, b]. A toute n-subdivision σn de I par des points a = to ≤ t1 ≤ · · · ≤ tn = b on associe la longueur de la ligne brisée Lσn = n−1 X −→ −→ kOA(tk+1 ) − OA(tk )k (93) k=0 −→ On appelle longueur de OA le nombre l = sup Lσn , où la borne supérieure est prise sur toutes les subdivisions σn . Dans le cas où l est fini on dit que l’arc de courbe est rectifiable. On montre que : −→ Z b d OA dt (94) l = sup Lσn = dt a −→ On appelle abscisse curviligne de l’arc OA la fonction s(t) définie par : Z t −→ d OA s(t) = k kdτ dτ to 86 (95) Courbure d’un arc de courbe −→ −→ d OA On appelle vecteur unitaire tangent à l’arc OA, le vecteur . En effet, le ds −→ vecteur tangent à l’arc de la courbe OA(s) est donné par définition par : −→ −→ −→ d OA OA(s+ M s) − OA(s) = = ~τ (96) lim Ms→0 Ms ds −→ −→ Comme OA(t) = OA(s(t)), on a : −→ −→ d OA dt d OA = (97) ds ds dt Fort de la définition (95), il vient : −→ ds(t) d OA =k k (98) dt dt d’où −→ d OA (99) ~τ = dt − → OA k ddt k 87 Courbure d’un arc de courbe −→ On appelle vecteur courbure au point OA(to ), le vecteur ~k défini par : ~k = d~τ ds (100) La mesure k~kk du vecteur courbure définit la courbure de l’arc au point considéré. L’inverse de la courbure détermine le rayon de courbure ρ = k~kk. Un point d’inflexion de l’arc est déterminé en un point où la courbure s’annule. On définit le vecteur unitaire normale principale à la courbe en un point par : ~n = d ~k k~kk (101) A partir de ces deux vecteurs unitaires et orthogonaux, on on détermine le plan −→ (A, ~τ , ~n) appelé plan osculateur de la courbe OA qui définit un repère local en A. 88 Base intrinsèque ou base de Frenet ~ = τ (s) ~ ∧ n(s) ~ normal au plan osculateur. Ce On considère le vecteur b(s) vecteur s’appelle le vecteur binormal. Le plan passant par ~n et ~b s’appelle plan normal et celui passant par ~b et ~τ est appelé plan rectifiant. Le triplet (~τ , ~n, ~b) définit un BOND appelée trièdre de Frenet ou trièdre mobile. on a ainsi établi un système de coordonnées local aussi appelée le système de coordonnées intrinsèques d’un particule A. De l’équation (99) on montre que : −→ ! d OA ~v (A) = = ṡ ~τ (102) dt < 89 Direction du vecteur vitesse d’une particule On retient que : le vecteur vitesse d’une particule A est toujours porté par la direction de la tangente à la courbe au point A ; sa mesure est la dérivée de son abscisse curviligne par rapport au temps. Ainsi, on remarque que le vecteur vitesse ne dépend pas du référentiel ou de l’observateur. Sa direction ne dépend que de la courbe qui porte sa trajectoire. On dit que la vitesse est une grandeur objective. En coordonnées cartésiennes, le vecteur vitesse est donné tel que : ~v (A) = ẋ ~ex + ẏ ~ey + ż ~ez (103) p (104) et k~v (A)k = ṡ = ẋ 2 + ẏ 2 + ż 2 En coordonnées polaires cylindrique, le vecteur vitesse est donné tel que : ~v (A) = ρ̇ ~eρ + ρ θ̇ ~eθ + ż ~ez 90 (105) Hodographe du mouvement d’une particule On appelle hodographe du mouvement de la particule A de pôle Q, la courbe décrite par le point H, extrêmité du vecteur vitesse ~v (A), telle que : −→ QH = ~v (A) (106) Q est un point fixe quelconque qui peut être pris à l’origine du repère. Les coordonnées de H sont alors les composantes du vecteur vitesse de A. On retient que : L’unité de mesure de la vitesse dans le système International est le mètre par seconde (m · s −1 ) ; Le sens du vecteur vitesse est celui du mouvement ; La direction du vecteur vitesse est toujours celle de la tangente à la trajectoire au point considéré ; Il ne faut pas confondre d’une part le référentiel par rapport auquel on étudie le mouvement de la particule avec d’autre part la base que l’on choisit pour exprimer le plus facilement les vecteurs. 91 Le vecteur accélération Il exprime la variation de la vitesse par rapport à la variation du temps. Le vecteur accélération est ainsi par définition la dérivée du vecteur vitesse par rapport au temps. Comme pour la vitesse, le calcul se fait en tenant compte de la variation des vecteurs unitaires des référentiels choisis pour l’observation du mouvement de la particule. Pour une particule A en mouvement par rapport au référentiel < on a : d~v (A) (107) ~γ (A) = dt < Lorsqu’il n’y a pas risque de confusion, on écrit : ~γ (A) = d~v (A) dt 92 (108) Le vecteur accélération Lorsqu’il y a au moins un autre référentiel en mouvement par rapport au référentiel absolu (pouvant ne pas être galiléen), on montre que : ~γ (A) = ~γr (A) + ~γie (A) + ~γic (A) ~γ (A) est le vecteur accélération absolue de A définie par : d~v (A) ~γ (A) = dt < ~γr (A) est le vecteur accélération relative de A définie par : d~vr (A) ~γr (A) = dt <0 (109) (110) (111) ~γie (A) est le vecteur accélération d’inertie d’entrainement de A définie par : → − → −−→ d Ω <0 /< −−→ → − − 0 ∧ O 0 A + Ω <0 /< ∧ Ω <0 /< ∧ O 0 A (112) ~γie (A) = ~γ (O ) + dt 93 ...Le vecteur accélération ~γ (A) est le vecteur accélération d’inertie de Coriolis de A définie par : → − ~γic (A) = 2 Ω <0 /< ∧ ~vr (A) ~γ (A) = d (ṡ ~τ ) ṡ 2 d~v (A) = = s̈ ~τ + ~n = γτ ~τ + γn ~n dt dt ρ où γτ = s̈ ≡ la composante tangentielle de l’accélération de A ; 2 γn = ṡρ ≡ la composante normale de l’accélération de A. 94 (113) (114) ...Le vecteur accélération On retient que : L’unité de mesure de l’accélération dans le système International est le mètre par seconde carré (m · s −2 ) ; Le sens du vecteur accélération par rapport à sa trajectoire n’est pas aisément exprimable ; La direction du vecteur vitesse est toujours celle de la tangente à la trajectoire au point considéré ; Le vecteur accélération est aussi indépendant de l’observateur ; Le vecteur accélération peut se décomposer en composante tangentielle et composante normale ; La composante normale est toujours positive et orientée dans le sens de ~n. C’est la composante responsable de la courbure de la trajectoire. 95 Cas particuliers Le vecteur vitesse passe par un point fixe O. Dans < muni d’une BOND, soit un mobile M de vecteur vitesse ~v (M) passe par un point fixe O. On a : −−→ OM ∧ ~v (M) = ~0 (115) −−→ d~i où OM = s(t) ~i et ~v (M) = ṡ(t) ~i + s(t) dt Il vient : −−→ d~i OM ∧ ~v (M) = s 2 (t) ~i ∧ = ~0 dt ∀t , s 2 (t) 6= 0 =⇒ ~i ∧ d~i = ~0 dt (116) (117) d~i ~ d~i d~i (i ⊥ ), il faut donc que = ~0, dt dt dt c’est-à-dire que ~i soit indépendant du temps pour que l’équation (117) soit vérifiée. Il vient que le vecteur ~i est un vecteur constant et que le mouvement de M est un mouvement rectiligne dans la direction fixe de ~i. 96 Comme ~i est toujours orthogonal à ...Cas particuliers Le vecteur accélération passe par un point fixe O Lorsque le vecteur accélération de M, ~γ (M) passe par un point fixe O. On a : −−→ −−→ −−→ d 2 OM OM ∧ ~γ (M) = ~0 ⇔ OM ∧ = ~0 dt 2 1 2 (118) −−→ −−→ −−→ −−→ d OM d 2 OM d −−→ [OM ∧ ] = OM ∧ = OM ∧ ~γ (M) = ~0 (119) dt dt dt 2 −−→ −−→ d −−→ d OM ~ ] = OM ∧ ~v (M) = Cte (120) ⇒ [OM ∧ dt dt −→ ~ = ~0, − cas : Cte OM ∧ ~v (M) = ~0, le mouvement de M est rectiligne ; − − → ~ 6= ~0, OM ~ cas : Cte ∧ ~v (M) = Cte −−→ −−→ −−→ ~ OM · [OM ∧ ~v (M)] = OM · Cte = 0 (121) alors le mouvement de M est situé dans un plan contenant le point O de ~ : le mouvement de M est un mouvement plan. vecteur normal Cte 97 ...Cas particuliers Le mouvement d’un point matériel M est dit à accélération centrale lorsqu’il −−→ existe un point fixe O appelé centre du mouvement, tel que OM soit colinéaire à ~γ (M). soit : −−→ −−→ OM = λ ~γ (M) ⇐⇒ OM ∧ ~γ (M) = ~0 (122) Le vecteur accélération est colinéaire au vecteur vitesse C’est le cas où ~v (M) ∧ ~γ (M) = ~0 (123) Sachant que : ~v (M) = ṡ ~τ (124) 2 ṡ ~n ρ (125) ṡ 2 ṡ 3 ~n] = ~0 ⇒ =0 ρ ρ (126) ~γ (M) = s̈ ~τ + On a : ṡ ~τ ∧ [s̈ ~τ + 98 ...Cas particuliers soit ṡ = 0, auquel cas il n’y aurait pas de mouvement ; soit ρ −→ ∞, ce qui correspond à un mouvement rectiligne. 99 Étude du mouvement à partir de ses composantes. Exemple : Soit une particule A décrivant la courbe paramétrique dans un référentiel euclidien donnée par : ( x (t) = 2t − 2 y (t) = t 2 − 2t + 3 (127) Déterminer l’équation de la trajectoire, l’hodographe de pôle O et le rayon de courbure de la courbe représentant la trajectoire de A. 100 Étude de mouvements particuliers Mouvement rectiligne. La courbe représentant la trajectoire d’un mouvement rectiligne est une droite. Le référentiel est tel que < = (O, ~ex ). Loi du mouvement d’une particule B en mouvement rectiligne uniforme. Un mouvement rectiligne est uniforme lorsque la trajectoire (une droite) est parcourue à vitesse constante. −→ OB = x (t) ~ex (128) avec la condition initiale suivante : −→ −−→ OB(t = 0) = OBo = xo ~ex (129) −→ d OB dx (t) ~ex = v ~ex . Il vient : = Par définition ~v (B) = dt dt dx (t) = v ⇒ x (t) = v t + xo (130) dt Remarque : Dans le cas d’un mouvement rectiligne uniforme, on a ~γ (B) = ~0 101 Exemple Une automobile modélisée comme une particule M va de A vers B à la vitesse de −→ 80 km/h. On donne kABk = 190 km, l’heure de départ étant to = 9 heures. Une heure plus tard, un cycliste part de B vers A à la vitesse de 30 km/h. Déterminer le lieu et l’instant de leur rencontre. 102 ...Étude de mouvements particuliers Loi du mouvement d’une particule B en mouvement rectiligne uniformément varié Un mouvement rectiligne est uniformément varié lorsque son accélération est constante. Soit la même particule B maintenant en mouvement rectiligne uniformément varié dans < = (O, ~ex ), on a : ~γ (B) = γ ~ex (131) avec les conditions initiales suivante : −→ −−→ OB(t = 0) = OBo = xo ~ex ~v (Bo ) = vo ~ex 103 (132) (133) ...Étude de mouvements particuliers d 2 x (t) d~v (B) ~ex = γ ~ex . Il vient : = dt dt 2 d 2 x (t) 1 = γ ⇒ x (t) = γ t 2 + vo t + xo (134) dt 2 2 −→ 1 (135) OB = ( γ t 2 + vo t + xo )~ex 2 Le mouvement est dit accéléré lorsque |v | augmente, et il est dit décéléré lorsque |v | diminue. Par définition ~γ (B) = 104 Exemple Une automobile modélisée comme une particule M se mouvant à la vitesse de 126 km/h se trouve derrière une autre N allant à la vitesse de 72 km/h dans le même sens. A cet instant M freine avec une accélération de γM = 4 km/s 2 et N accélère avec une accélération γN = 2 km/s 2 . A quelle distance de N, M doit-il freiner pour qu’ils évitent le choc ? Préciser le lieu, l’instant et la vitesse de la rencontre. 105 ...Étude de mouvements particuliers Mouvement circulaire. La courbe représentant la trajectoire d’un mouvement circulaire est un cercle. Soit le référentiel intrinsèque de base (~τ , ~n). Loi du mouvement d’une particule B en mouvement circulaire uniforme. Un mouvement circulaire est uniforme lorsque la trajectoire (un cercle) est parcourue à vitesse constante v . ~v (B) = ṡ(t) ~τ = v ~τ (136) La position de B est définie par l’abscisse curviligne s(t) Le vecteur accélération de B, fort de l’équation (114),qui annule la composante tangentielle de l’accélération, s̈(t) = v̇ = 0 devient : ~γ (B) = v2 ṡ 2 ~n = ~n ρ ρ On remarque que l’accélération est orientée vers le centre du cercle. 106 (137) ...Étude de mouvements particuliers La vitesse angulaire. Soit la variable scalaire θ(t) telle qu’à chaque instant t correspond une position B(t) de la particule. A l’instant initial to = 0, on a B(t = to ) = Bo qui correspond à θo On montre que pour des intervalle petit d’espace, l’abscisse curviligne vérifie : s(t) = Rθ(t), so = Rθo =⇒ v (t) = v = dθ ds =R = R θ̇ dt dt (138) Mouvement uniforme donc θ̇ = cte = ω, il vient : v (t) = Rω, =⇒ γn = v2 = R ω2 R (139) L’abscisse curviligne est alors : s(t) = Rω t + so = Rθ(t) et l’angle de rotation instantanée donné en radian (rd) θ(t) = ω t + θo 107 (140) ...Étude de mouvements particuliers −→ On remarque qu’à chaque instant, la mesure du vecteur position de B, OB, est ~ = ω ~ez tel que constante et égale à R. Et on montre qu’il existe un vecteur Ω −→ ~ ~v (B) = OB ∧ Ω Figure 108 (141) ...Étude de mouvements particuliers Loi du mouvement d’une particule B en mouvement circulaire uniformément varié. Un mouvement circulaire est uniformément varié lorsque la trajectoire circulaire est parcourue tel que ω̇ = θ̈ = cte = 0. On a : 1 2 at + ωo t + θo 2 (142) ṡ 2 ~n = Ra ~τ + (a t + ωo ) ~n ρ (143) θ̇(t) = a t + ωo ⇒ θ(t) = Le vecteur accélération est ~γ (B) = s̈ ~τ + On remarque que l’accélération normale varie au cours du temps tandis que la tangentielle reste constante. 109 ...Étude de mouvements particuliers Loi du mouvement d’une particule M en mouvement sinusoïdal. Un mouvement est sinusoïdal lorsque l’equation horaire est de la forme : s(t) = a sinω t + b cosω t + c (144) où a, b, et c sont des constantes réelles et ω = cte qui est appelée pulsation. Figure On dit d’un tel mouvement qu’il est périodique de période T c’est-à-dire que s(t + T ) = s(t) ( sin(ω t + ω T ) = sin(ω t) (145) cos(ω t + ω T ) = cos(ω t) alors 2π ω Les mouvement sinusoïdaux de pulsation ω sont solutions d’équations différentielles de la forme s̈(t) + ω 2 s(t) = cte ωT = 2π ⇒ T = 110 (146) (147)