Telechargé par Alialabi André Rodrigue

Mémoire : Industrie 5.0 - Automatisation, Emploi, Durabilité

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Mémoire de fin d’études
Vers l’industrie 5.0 : Concilier Automatisation, Emploi, et Durabilité SocioEnvironnementale dans les Processus de Production
André Rodrigue ALIALABI
Directeur de mémoire :
Mme Florence LAVAL
Responsable de formation :
Mme Florence LAVAL
Membres du JURY : Florence LAVAL, Anne KRUPICKA
Date de soutenance : 23 septembre 2024 à Poitiers
Master 2 en Management et Administration des Entreprises (formation continue)
Année 2023 – 2024
Public
Les remerciements ............................................................................................................................... 3
L’introduction ......................................................................................................................................... 4
La Première Partie : La conceptualisation et les enjeux de l’industrie 5.0 ......................... 5
Le Premier Chapitre : La conceptualisation de l'Industrie 5.0 .................................................... 5
1
De la première à la quatrième révolution Industrielle .............................................................. 5
2
L’origine, la définition et les fondamentaux de l'Industrie 5.0 ................................................ 7
2.1
L’origine de l’industrie 5.0 : le parcours vers une nouvelle révolution industrielle ...... 7
2.2
La définition ........................................................................................................................... 9
2.3
Les principes fondamentaux de l'industrie 5.0 ................................................................. 9
3
Le résumé du premier chapitre................................................................................................. 10
Le Deuxième Chapitre : Les enjeux humains et Sociétaux dans l'Industrie 5.0 : La
préservation de l’emploi et l’intégration des préoccupations environnementales et sociales 11
4
Les nouveaux défis de l'emploi................................................................................................. 11
4.1
L’automatisation et remplacement des emplois ............................................................. 11
4.2
Les nouvelles compétences et formations nécessaires ............................................... 11
5
Le bien-être des travailleurs ...................................................................................................... 12
5.1
Les conditions de travail et la qualité de vie ................................................................... 12
5.2
La santé mentale et physique dans un environnement automatisé ........................... 12
6
Les impacts Sociétaux ............................................................................................................... 13
6.1
L’inégalités et l’accès à l'emploi ........................................................................................ 13
6.2
Le rôle de l'éducation et de la formation continue ......................................................... 13
7
Le résumé du deuxième chapitre ............................................................................................. 14
Le troisième chapitre : L’observation d’une usine manufacturière : Les défis de la
conciliation entre la transformation digitale et modes de travail industriels............................... 15
8
La présentation du groupe Schneider Electric ....................................................................... 15
9
Présentation de l'Usine et du Contexte ................................................................................... 16
9.1
Mise en Œuvre des Technologies de l'Industrie 5.0 ...................................................... 18
9.2
Les initiatives humaines et sociétales ............................................................................. 19
10
Le résumé du troisième chapitre .......................................................................................... 20
La deuxième partie : La méthodologie, le résultat et la discussion ................................... 21
Le quatrième chapitre : La méthodologie de recherche ............................................................ 21
11
La méthodologie ..................................................................................................................... 21
12
La collecte de données .......................................................................................................... 22
12.1
La première phase : La collecte des données internes ................................................ 22
1
12.2
La deuxième phase : La collectes des données externes ........................................... 23
12.3
Le corpus de données de l’étude ..................................................................................... 26
Le Quatrième Chapitre : L’analyse, l’interprétation et la discussion des Résultats ...... 27
13
L’analyse des données collectées en internes ................................................................... 27
14
L’analyse des données externes .......................................................................................... 36
15
L’analyse du corpus des données (internes et externes) ................................................. 45
16
L’interprétation des Résultats par rapport à la question de recherche ........................... 51
Le Cinquième Chapitre : Les enseignements tirés de cette étude........................................... 55
17
Les propositions pour les usines manufacturières ............................................................ 55
18
Les implications pour les politiques publiques ................................................................... 55
19
Les perspectives de recherche futures ............................................................................... 55
20
La conclusion........................................................................................................................... 56
21
Bibliographie ............................................................................................................................ 57
22
ANNEXE ..................................................................................................................................... 58
2
Les remerciements
Je tiens à exprimer toute ma gratitude à l’ensemble des personnes qui ont contribué au succès
de cette étude.
J’adresse mes sincères remerciements à Mme Florence LAVAL, responsable de formation et
directrice de ce mémoire.
Enfin, je tiens à remercier mes camarades de la promotion pour leur solidarité, qui m’a été
d’une grande aide dans la réalisation des différents travaux et des études pendant toute
l’année académique.
3
L’introduction
La cinquième révolution industrielle aussi appelée « industrie 5.0 » est une nouvelle ère
industrielle attendue pour compléter et succéder à l’industrie 4.0. Elle vise l’atteinte d’une
production plus efficiente et mieux adaptée aux besoins de la société, en se fondant
principalement sur trois piliers : la durabilité, la résilience et l’humain.
Tandis que l’industrie 4.0 se distingue par l’exploitation des équipements ou objets connectés,
l’intelligence artificielle et l’automatisation pour créer des usines intelligentes, où les machines,
produits et systèmes communiquent en temps réel, optimisant la production et réduisant les
coûts.
Dans l’industrie 5.0, l’homme décide de tout, et organise une collaboration harmonieuse avec
les machines. Ainsi, les intérêts humains doivent être d’abord pris en compte avant tout ; et
l’humain est placé au centre de tous les processus.
Cette révolution embarque avec elle toutes les nouvelles technologies qui ont un fort potentiel
de remplacer l’homme dans son travail. Tout semble alors se conjuguer pour supprimer ou
modifier des emplois dans nos sociétés où la question du travail a une place fondamentale.
Ce mémoire explorera les impacts de l’industrie 5.0 sur l’emploi dans le secteur manufacturier
ayant déjà atteint le niveau 4.0. À travers ma recherche, je tenterai d'apporter une réponse à
la question suivante :
Comment l’industrie 5.0 peut-elle concilier les avancées technologiques qui tendent à
automatiser davantage les processus de production avec la nécessité de préserver et
de créer des emplois, tout en intégrant des préoccupations environnementales et
sociales au centre de son développement ?
Dans la première partie, je vais aborder la conceptualisation de l'industrie 5.0, en explorant
ses origines, ses principes fondamentaux.
Je traiterai ensuite des enjeux humains et sociétaux, en mettant l'accent sur les défis posés à
l'emploi, le bien-être des travailleurs, et les impacts sociaux. Enfin, j'examinerai l'état actuel
des usines dans mon environnement de travail face à cette transition.
Dans la seconde partie, je décrirai la méthodologie de cette recherche, reposant sur une
approche qualitative, ainsi que les outils de collecte et d'analyse des données utilisés. Enfin,
j’aborderai l’analyse des résultats, avant de formuler des propositions et perspectives pour
l’industrie 5.0.
4
La Première Partie : La conceptualisation et les enjeux de
l’industrie 5.0
Le Premier Chapitre : La conceptualisation de l'Industrie 5.0
1 De la première à la quatrième révolution Industrielle
Du 18 siècle à ce jour, le monde compte quatre grandes révolutions industrielles.
Successivement dénommées industrie 1.0 pour la première, jusqu’à 4.0 aujourd’hui. Chaque
révolution industrielle a façonné progressivement l’industrie manufacturière par des
innovations technologiques significatives.
A la fin du 18e siècle, la Première Révolution Industrielle (Industrie 1.0) introduit la machine
à vapeur. Cette innovation a permis de transformer le travail manuel en production mécanisée.
La machine à vapeur, initialement utilisée pour pomper l'eau des mines, a été adaptée pour
entraîner des machines dans les usines, notamment dans l'industrie textile. Cette révolution a
marqué le passage de l'énergie hydraulique et animale à une énergie mécanique plus
puissante et flexible.
Ce progrès a largement contribué à l'augmentation marquée de la productivité et de la capacité
de production, transformant les petites entreprises en grandes usines, tout en donnant
naissance au concept d'entrepreneuriat industriel.
Un siècle après, précisément à la fin du 19e siècle la Deuxième Révolution Industrielle
(Industrie 2.0) se distingue par l’électrification et la production de masse. L’électricité comme
source principale d’énergie est déployé dans les usines.
Cela a également entraîné un progrès organisationnel grâce à l'implémentation des chaînes
de montage par Henry Ford dans l’industrie automobile. Une prouesse qui a permis une
réduction considérable des coûts et une augmentation de la vitesse de production. Cette
période du 19e siècle au 20e siècle a favorisé l’émergence de grandes entreprises
industrielles, augmenté la productivité à grande échelle et la globalisation des marchés. Ces
avancés technologique en également favorisé la recherche et le développement dans les
entreprises.
Ensuite, dans les années 1970, la Troisième Révolution Industrielle (Industrie 3.0) a
émergé avec l'automatisation et l'informatique.
Les technologies de l’information et des systèmes automatisés sont implémentés dans les
usines, permettant ainsi l’exploitation des processus automatisé, plus sûrs et plus efficaces ;
sans intervention humaine. Tout cela, grâce à l’introduction de l’électronique et des
technologies informatiques dans la production avec des automates programmable.
Pendant cette période, la réduction des coûts de production a été favorisée, tout comme la
mondialisation due à l'automatisation et à la gestion de la chaîne d'approvisionnement. D'autre
part, cela a permis le développement des systèmes de fabrication assistée par ordinateur,
favorisant une plus grande flexibilité et personnalisation des produits. (Ashwani Sharma, 2020)
5
En ce qui concerne la Quatrième Révolution Industrielle (Industrie 4.0), elle a débuté dans
les années 2010, et est encore active jusqu'aujourd'hui ; se distinguant par l’usage des
innovations clés telles que les cyber-systèmes physiques et l'internet des objets connectés.
Ces technologies facilitent l’intégration des systèmes cyber-physiques dans des processus de
production connectés via internet, permettant une communication en temps réel entre les
machines, les produits et les systèmes. Cette période est significativement marquées par la
transformation des processus industriels en écosystèmes intelligents et autonomes grâces aux
produits des technologies clés telles que : le big data, l’intelligence artificielle (IA), le cloud
computing et l’internet des objets connectés (IoT).
Les chaines de production se sont transformées en "usines intelligentes" ou encore "smart
factory" capables de s'adapter rapidement aux besoins du marché, tout en optimisant la
production et réduisant les coûts. Cette révolution pose également des défis en matière de
sécurité informatique, de compétences techniques et de gestion des impacts sociaux, tels que
les pertes d'emplois dues à l'automatisation.
En résumé, ces quatre révolutions industrielles ont chacune joué un rôle capital dans la
transformation des méthodes de production, poussant constamment les limites de la
technologie et modifiant profondément les structures économiques et sociales.
Figure 1 : Les évolutions industrielles de 1.0 à 4.0
6
2 L’origine, la définition et les fondamentaux de l'Industrie 5.0
2.1 L’origine de l’industrie 5.0 : le parcours vers une nouvelle révolution
industrielle
L'industrie 5.0 prend sa source dans les limites de l'automatisation massive mise en place par
l'industrie 4.0, qui s'appuyait sur des technologies telles que la robotique, l'intelligence
artificielle et la numérisation pour maximiser la productivité et l'efficacité des processus de
production.
Bien que ces avancées aient considérablement optimisé les opérations industrielles, elles ont
également soulevé des défis d'ordre humain, social et environnemental.
D'une part, l'accent mis sur l'automatisation a éloigné les travailleurs des processus
décisionnels, réduisant leur rôle à des tâches de supervision. D'autre part, l'impact croissant
de l'activité industrielle sur la planète, contribuant à la pollution, au réchauffement climatique
et à la surexploitation des ressources, a exacerbé les préoccupations liées à la durabilité.
Figure 2 : les évolutions industrielles de 1.0 au 5.0
Face à ces enjeux, l'industrie 5.0 est née de la nécessité de réhumaniser les systèmes
industriels en mettant l'accent sur la collaboration homme-machine. Cette nouvelle approche
vise à rééquilibrer l'innovation technologique avec les besoins humains, en intégrant des
pratiques plus durables et résilientes.
En se concentrant sur le bien-être des travailleurs et sur la responsabilité écologique,
l'industrie 5.0 cherche à répondre aux défis contemporains en créant une industrie capable
d'harmoniser efficacité technologique et respect des impératifs sociaux et environnementaux.
Les exemples cités dans le tableau (Tableau 1 : Exemple des avancées technologiques qui
sont en conflits avec les besoins sociétauxFigure 2 : les évolutions industrielles de 1.0 au 5.0)
montrent comment certaines avancées technologiques de l'industrie 4.0 peuvent,
paradoxalement faire surgir des préoccupations sociétales, telles que :
- La sécurité de l’emploi et la cohésion sociale
- La protection de l’environnement pour répondre à l’aggravation des problèmes
écologiques
- La durabilité et les déséquilibres dans le commerce mondial.
7
C’est alors que la transition vers l'industrie 5.0 vise à répondre à ces préoccupations en
recentrant l'industrie sur des valeurs humaines et sociétales.
Le tableau ci-dessous présente 5 typologies des avancées technologiques qui sont
progressivement rentrées en conflit avec les besoins sociétaux.
Avancée technologique
Conflit sociétal
Menace sur l'emploi
Automatisation, IA et
Robotisation
Biais et discriminations dans les
décisions automatisées
Besoin sociétal
Garantir l'emploi et assurer
la reconversion
professionnelle
Utilisation éthique et
équitable de l'IA
Surveillance accrue des employés
Surproduction et obsolescence
programmée
Optimisation de la
Production et de la
Logistique
Augmentation des déchets et de
l'empreinte carbone
Dépendance à des chaînes
d'approvisionnement mondiales non
durables
Risques accrus de cyberattaques
Cybersécurité et Sécurité
des Données
Menaces sur la sécurité des États et des
infrastructures critiques
Technologies de
l'Industrie 4.0 (Réalité
augmentée, Réalité
virtuelle, Impression 3D,
Extraction de Métaux
Rares)
Impact écologique de l'extraction de
métaux rares
Dépendance excessive à la technologie
dans la formation
Risques liés à la production incontrôlée
d'objets dangereux
Isolement des travailleurs
Travail à Distance et
Digitalisation du Travail
Protéger la vie privée des
individus
Promouvoir des modèles de
production durables
Réduire l'empreinte
écologique et encourager la
consommation locale
Encourager des chaînes
d'approvisionnement
locales et résilientes
Assurer la sécurité des
infrastructures numériques
Protéger les informations
personnelles
Exploitation responsable
des ressources naturelles et
recyclage
Équilibrer l'utilisation des
technologies avec des
méthodes traditionnelles
Réguler la fabrication
additive pour éviter les abus
et protéger la sécurité
publique
Maintenir une cohésion
sociale et la qualité de vie
au travail
Affaiblissement de la culture d'entreprise
Dégradation des relations sociales au
travail
Préserver des interactions
humaines importantes dans
un environnement de travail
de plus en plus digitalisé
Tableau 1 : Exemple des avancées technologiques qui sont en conflits avec les besoins sociétaux
8
2.2 La définition
Selon la Commission européenne, l'industrie 5.0 se définit comme une approche industrielle
qui va au-delà de l'automatisation et de l'efficacité de l'industrie 4.0 en mettant un accent
particulier sur la résilience, la durabilité, et la centralité de l'humain.
L'industrie 5.0 cherche à réconcilier les avancées technologiques avec les besoins sociétaux,
en intégrant des valeurs telles que la durabilité écologique, l'inclusivité sociale et l'amélioration
du bien-être des travailleurs.
Elle favorise une collaboration étroite entre les humains et les machines, avec pour objectif
non seulement d'optimiser les processus de production, mais aussi d'assurer une transition
industrielle qui bénéficie à l'ensemble de la société, tout en protégeant l'environnement et en
renforçant la résilience face aux crises. (Julian Müller, 2020)
2.3 Les principes fondamentaux de l'industrie 5.0
L'industrie 5.0 repose sur des principes fondamentaux qui définissent sa structure et son
fonctionnement. Elle se concentre sur la collaboration entre les humains et les machines,
intégrant l'intelligence humaine dans les processus automatisés pour améliorer la flexibilité et
l'efficacité. Les technologies avancées telles que l'intelligence artificielle, la robotique,
l'informatique cognitive, et les jumeaux numériques permettent une meilleure interaction entre
les machines et les opérateurs humains.
Un autre pilier clé est l'intégration de pratiques durables, avec des systèmes fonctionnant à
l'énergie renouvelable et un objectif de minimiser l'impact environnemental. Contrairement à
l'industrie 4.0, qui mettait l'accent sur la production de masse, l'industrie 5.0 privilégie la
personnalisation des produits pour répondre aux besoins individuels des clients.
L'automatisation avancée avec la robotique, les systèmes cyber-physiques et l'intelligence
artificielle réduit les erreurs humaines et améliore la productivité. Le traitement des données
massives (big data) et l'intelligence artificielle permettent d'analyser, d'optimiser et de prédire
les performances des opérations, tandis que la formation virtuelle aide à préparer les employés
à ces nouvelles technologies.
La décentralisation des processus et l'intégration verticale et horizontale optimisent la
coordination entre la production, la logistique, le développement produit et les partenaires de
la chaîne de valeur. L'interopérabilité est essentielle pour garantir une communication fluide
entre les systèmes industriels, même avec des protocoles différents. L'interconnexion
modulaire offre une flexibilité accrue, permettant de réorganiser les sous-systèmes autonomes
pour favoriser l'innovation et la personnalisation des produits.
Enfin, l'assistance technique visant à automatiser les tâches répétitives ou non ergonomiques
tout en préservant le rôle central des travailleurs humains, créant une symbiose hommemachine où la technologie soutient le travail sans le remplacer.
9
3 Le résumé du premier chapitre
Ce premier chapitre retrace l’évolution des révolutions industrielles, de la première à la
quatrième, afin de contextualiser l’émergence de l’Industrie 5.0. Il décrit comment chaque
révolution industrielle a marqué des étapes clés dans l’automatisation et la transformation des
processus industriels, conduisant aux innovations technologiques actuelles.
Ensuite, le chapitre explore l’origine de l’Industrie 5.0, qui repose sur la nécessité de
réhumaniser les processus après l’automatisation massive de l’Industrie 4.0. Il définit
l’Industrie 5.0 comme une phase où l’homme et la machine collaborent harmonieusement, en
intégrant des technologies avancées comme l’intelligence artificielle et les robots collaboratifs,
tout en maintenant l’humain au centre.
Enfin, les principes fondamentaux de l’Industrie 5.0 sont détaillés, avec un accent mis sur la
collaboration homme-machine, la durabilité des processus, l’intégration des pratiques
respectueuses de l’environnement, et l’amélioration des compétences humaines pour
s’adapter aux nouvelles technologies.
Après avoir posé les bases conceptuelles et technologiques de l'industrie 5.0, il est désormais
essentiel de se pencher sur les enjeux humains et sociétaux qu'elle engendre, notamment en
ce qui concerne la préservation de l'emploi et l'intégration des préoccupations
environnementales et sociales, aspects que nous explorerons dans le deuxième chapitre.
10
Le Deuxième Chapitre : Les enjeux humains et Sociétaux
dans l'Industrie 5.0 : La préservation de l’emploi et l’intégration
des préoccupations environnementales et sociales
4 Les nouveaux défis de l'emploi
4.1 L’automatisation et remplacement des emplois
L'automatisation croissante dans l'industrie 5.0 représente un défi majeur pour l'emploi.
Contrairement à l'industrie 4.0, où l'automatisation se concentrait principalement sur les tâches
répétitives, l'industrie 5.0 va plus loin en intégrant des technologies avancées, telles que
l'intelligence artificielle et les robots collaboratifs (cobots), capables de remplacer certaines
fonctions humaines.
« En 2015, l'institut de recherche japonais Nomura associé au professeur Michael Osborne de
l'université d'Oxford annonce qu'au Japon 49 % des 601 métiers analysés pourraient être
remplacés d'ici 2035 par un système d'automatisation.
Il faut comprendre ici par automatisation, un système robotique ou d'IA. » (Rodolphe &
Guilhem, 2020)
En augmentant l'efficacité et la précision des processus, ces technologies risquent de rendre
obsolètes certains métiers, notamment ceux qui nécessitent des tâches manuelles ou des
compétences spécifiques aujourd'hui facilement automatisables.
Cela soulève des questions cruciales sur le remplacement des emplois et la manière dont les
entreprises, les travailleurs et les gouvernements peuvent anticiper et gérer cette transition.
« Le cabinet McKinsey va encore plus loin dans cette inflation de chiffres. Son étude du secteur
manufacturier, menée en 2017 dans 46 pays, couvrant 80 % de la main-d'œuvre mondiale,
annonce que 64 % des heures travaillées analysées liées à ces activités manufacturières sont
déjà automatisables.» (Rodolphe & Guilhem, 2020)
4.2 Les nouvelles compétences et formations nécessaires
Avec l'introduction massive de ces technologies disruptives, la demande en compétences
évolue rapidement.
L'industrie 5.0 exige de nouvelles qualifications, notamment dans les domaines de la
programmation, de la gestion des systèmes automatisés, de l'analyse des données, et de la
collaboration homme-machine.
Par conséquent, il est impératif de repenser les programmes de formation pour préparer les
travailleurs à ces nouvelles réalités.
Les méthodes de formation virtuelle et l'apprentissage en ligne peuvent jouer un rôle clé en
facilitant l'accès aux compétences technologiques requises, tout en permettant une adaptation
rapide face aux besoins de l'industrie. Ainsi, l'industrie 5.0 impose une transformation continue
des compétences, rendant nécessaire une formation tout au long de la vie pour s’adapter à
cette évolution.
11
5 Le bien-être des travailleurs
5.1 Les conditions de travail et la qualité de vie
L'intégration de l'automatisation dans les processus de production soulève également des
enjeux importants liés aux conditions de travail. Si les technologies de l'industrie 5.0, telles
que les cobots, sont conçues pour alléger les tâches pénibles, elles imposent également aux
travailleurs de collaborer avec des machines complexes dans des environnements hautement
technologiques. (Adel, 2022)
Il devient alors essentiel d'assurer une qualité de vie au travail en garantissant que les
nouvelles dynamiques de travail respectent les besoins humains.
La flexibilité accrue et l'automatisation des tâches répétitives peuvent réduire la charge
physique des travailleurs, mais il est aussi nécessaire de surveiller de près l'impact de cette
transition sur leur bien-être psychologique.
5.2 La santé mentale et physique dans un environnement automatisé
Travailler aux côtés de robots et d'intelligence artificielle peut générer du stress et des
préoccupations liées à la sécurité de l'emploi, car les travailleurs peuvent se sentir menacés
par le remplacement potentiel de leurs compétences par des machines.
Par ailleurs, l'automatisation peut aussi isoler les travailleurs, diminuant les interactions
sociales au sein des équipes.
Figure 3 Extrait d'un trac de sensibilisation d'une organisation syndicale sur la surcharge informationnelle
(digitalisation, automatisation)
12
« 4 salariés sur 10 se disent « en surcharge d’activité » et 56% d’entre eux ressentent une
augmentation du volume de dossiers traité » (Sauvajol-Rialland, 2016)
Il devient donc crucial de développer des politiques de soutien pour la santé mentale et
physique des travailleurs.
Des environnements de travail ergonomiques et des programmes de gestion du stress sont
nécessaires pour garantir que l'industrie 5.0 ne se fasse pas au détriment du bien-être des
employés. La technologie doit non seulement améliorer la productivité, mais aussi créer un
cadre de travail sain et équilibré.
6 Les impacts Sociétaux
6.1 L’inégalités et l’accès à l'emploi
Le passage à l'industrie 5.0 peut accentuer certaines inégalités. Les travailleurs n'ayant pas
les compétences requises pour s'adapter aux technologies émergentes risquent d'être
marginalisés, ce qui creusera davantage le fossé entre les travailleurs qualifiés et non qualifiés.
De plus, l’accès à des postes dans les secteurs technologiques peut rester limité dans
certaines régions ou pour certaines populations, aggravant ainsi les inégalités économiques.
Il est donc primordial de mettre en place des politiques d'inclusion sociale et professionnelle
pour éviter que l'industrie 5.0 ne crée une fracture entre ceux qui maîtrisent les nouvelles
technologies et ceux qui en sont exclus. (Ru, 2016) (Ghobakhloo, Iranmanesh, Tseng,
Grybauskas, & Stefanini, 2023)
6.2 Le rôle de l'éducation et de la formation continue
Face à ces défis, le rôle de l'éducation devient essentiel. Les systèmes éducatifs et les
organismes de formation doivent évoluer pour intégrer les compétences numériques et
technologiques dans leurs programmes.
La formation continue doit être facilitée pour permettre aux travailleurs de se requalifier
tout au long de leur carrière. Cela passe par la création de parcours flexibles et adaptés aux
évolutions rapides du marché de l'emploi, avec une collaboration renforcée entre les
entreprises, les gouvernements et les institutions académiques.
Ainsi, l'industrie 5.0 ne sera pleinement inclusive que si elle repose sur un accès
équitable à la formation et à l'éducation, permettant à tous les travailleurs d'accéder aux
opportunités offertes par cette nouvelle ère industrielle. (Ghobakhloo, Iranmanesh, Tseng,
Grybauskas, & Stefanini, 2023)
13
7 Le résumé du deuxième chapitre
Le deuxième chapitre se concentre sur les enjeux humains et sociétaux que soulève l'industrie
5.0, avec un accent particulier sur la préservation de l'emploi et l'intégration des
préoccupations environnementales et sociales.
D'abord, il explore les nouveaux défis de l'emploi. L'automatisation accrue remet en question
la stabilité de nombreux emplois, soulevant des inquiétudes sur le remplacement des
travailleurs par des machines.
En réponse à ces transformations, de nouvelles compétences sont nécessaires, nécessitant
des programmes de formation continue pour permettre aux travailleurs de s'adapter aux
technologies émergentes.
Ensuite, le chapitre aborde le bien-être des travailleurs. L'automatisation modifie non
seulement les conditions de travail, mais aussi la qualité de vie, avec des impacts potentiels
sur la santé mentale et physique des employés, qu’il est crucial de prendre en compte pour
éviter des risques liés à la déshumanisation des processus industriels.
Enfin, le chapitre se penche sur les impacts sociétaux de l'industrie 5.0, notamment sur les
inégalités en matière d’accès à l'emploi et la fracture entre les travailleurs qualifiés et non
qualifiés. Il souligne également le rôle crucial de l'éducation et de la formation continue pour
assurer une transition inclusive vers cette nouvelle ère industrielle.
Face aux défis de conciliation entre transformation digitale et préservation des emplois, mis
en évidence dans la littérature, il est maintenant nécessaire d'examiner comment ces enjeux
se manifestent concrètement dans mon environnement de travail.
C'est dans ce cadre que le prochain chapitre, apportera un éclairage pratique sur ces
problématiques.
14
Le troisième chapitre : L’observation d’une usine
manufacturière : Les défis de la conciliation entre la
transformation digitale et modes de travail industriels
8 La présentation du groupe Schneider Electric
Entant que salarié du groupe Schneider Electric, je vais vous présenter mon environnement
de travail et observer les défis de la conciliation des enjeux de l’industrie 5.0
Schneider Electric est un leader mondial dans la gestion de l'énergie et l'automatisation, avec
un chiffre d'affaires de 35,9 milliards d'euros en 2023.
Le groupe emploie environ 135 000 collaborateurs répartis dans plus de 115 pays. C’est une
multinationale dont le siège social est situé à Rueil-Malmaison en France.
Schneider Electric consacre 5 % de son chiffre d'affaires à la recherche et développement.
Cela démontre son engagement en faveur de l'innovation.
Les activités de l'entreprise sont diversifiées, couvrant plusieurs secteurs tels que :
Répartition des activités de Schneider Electric
les régies et infrastructures
20%
35%
les centres de données et réseaux
30%
15%
l'industrie et les machines
les bâtiments résidentiels et non
résidentiels
Figure 4 Répartition des activités de Schneider Electric
Schneider Electric en France c’est :
Figure 5 Les chiffres hors CA de Schneider Electric en France
15
9 Présentation de l'Usine et du Contexte
L’usine de Chasseneuil-du-Poitou est l’un des sites majeurs du groupe Schneider Electric,
situé à proximité de Poitiers. D'une surface de 12 900 m², elle emploie environ 210 personnes
et produit des équipements innovants dans le domaine de la gestion d’énergie et des
automatismes.
Figure 6 Photo entrée du bâtiment principal de l'usine
Implantée depuis 1972, cette usine joue un rôle stratégique au sein du groupe, notamment en
raison de sa production diversifiée et son adaptation rapide aux évolutions technologiques.
Ci-dessous un panorama non exhaustif des produits fabriqué dans cette usine.
Figure 7 Panorama non exhaustif des produits fabriqués
16
L’usine a aussi démontré sa résilience en adaptant rapidement ses lignes de production lors
de la pandémie de COVID-19 pour fabriquer des pièces pour respirateurs, ce qui témoigne de
sa flexibilité et de son engagement envers des causes sociétales.
Cette capacité à répondre à des situations d’urgence souligne l'importance de son rôle non
seulement dans le tissu industriel local, mais aussi dans la gestion des crises.
Figure 8 Capture Ecran Extrait France 3 web "Schneider Electric à Chasseneuil-du-Poitou fabrique des pièces de
respirateurs pour les hôpitaux • © Schneider Electric
17
9.1 Mise en Œuvre des Technologies de l'Industrie 5.0
L'usine de Chasseneuil-du-Poitou a amorcé une transformation digitale significative en
intégrant des technologies de l'industrie 5.0 dans ses processus de production.
Ces technologies incluent l’utilisation de robots collaboratifs (cobots), la digitalisation des
processus avec des outils comme (des Logiciels de Suivi de Production), et l’automatisation
avancée pour optimiser la productivité et la précision.
Ces technologies permettent non seulement d’améliorer les performances de l’usine, mais
aussi de minimiser les erreurs humaines en automatisant les tâches répétitives et en intégrant
des systèmes de suivi en temps réel.
Figure 9 Image d'illustration cobot et humain dans une usine : source : web (Le 20 octobre 2018 à 00:11, par Bill
Fassinou) consulté le 14/09/2024
L'impact de cette automatisation se reflète dans la redéfinition de certains emplois et la
création de nouveaux rôles, notamment dans la gestion des technologies numériques et la
maintenance des systèmes automatisés.
Des programmes de formation internes, (digitalisation pour tous, e-learning) ont permis
aux employés de monter en compétences pour s'adapter à ces évolutions technologiques.
Ce passage à l’automatisation permet de renforcer la position concurrentielle de l’usine
tout en garantissant la continuité de l’emploi grâce à la réadaptation des travailleurs aux
nouvelles technologies.
18
9.2 Les initiatives humaines et sociétales
Dans le cadre de la transformation numérique, l’usine de Chasseneuil-du-Poitou intégre des
initiatives qui valorisent le bien-être des employés et répondent aux enjeux sociétaux actuels.
L’un des exemples notables est le programme "One Voice", qui encourage les employés à
participer activement à l’amélioration des conditions de travail, en proposant des idées pour
optimiser les processus et améliorer le quotidien au sein de l’usine. Ce programme s'inscrit
dans une dynamique plus large de participation des employés, visant à renforcer leur
engagement et leur implication.
Figure 10 Extrait du rapport 2020 « one Voice » Schneider monde. (Disponible au public sur le site web de
l'entreprise)
Par ailleurs, l’usine a récemment organisé une "Semaine du Bien-Être", incluant des activités
autour du climat, de la nutrition et du sport, démontrant son engagement pour la santé
physique et mentale de ses employés.
En parallèle, des initiatives écologiques telles que la réduction des consommations
énergétiques, à travers l’installation de néons intelligents, s’inscrivent dans une démarche
durable visant à minimiser l’impact environnemental de l’usine.
Ces actions montrent une prise en compte à la fois des enjeux humains et des défis
environnementaux dans le cadre de la transformation numérique de l’usine.
19
10 Le résumé du troisième chapitre
Ce chapitre présente mon environnement de travail. Le groupe Schneider Electric et l’une de
ses 45 usines manufacturières en Europe, l’usine de Chasseneuil-du-Poitou.
Ce site de 12 900 m², avec ses 210 employés, se spécialise dans la production d’équipements
de gestion d’énergie et de l’automatisation. Elle joue un rôle essentiel dans l'économie locale,
notamment en créant des emplois qualifiés et en répondant aux besoins de production.
Son adaptabilité est mise en avant, en particulier à travers son engagement social lors de la
pandémie de COVID-19.
L’usine a adopté diverses technologies de l’industrie 5.0 « sans être à ce stade reconnue
comme une industrie 5.0 » par le déploiement de l'automatisation avancée et les robots
collaboratifs (cobots), pour optimiser ses processus de production.
Ces technologies allègent les tâches répétitives et améliorent l'efficacité tout en créant de
nouveaux rôles spécialisés dans la gestion des systèmes automatisés et la maintenance des
cobots. La transformation digitale a ainsi un impact sur les emplois, avec une redéfinition des
rôles et une montée en compétences des employés grâce à des programmes de formation
adaptés.
Enfin, l’usine accorde une importance particulière aux enjeux humains et sociétaux. Des
initiatives telles que le programme "One Voice" permettent aux employés de s'impliquer dans
l'amélioration des conditions de travail.
De plus, des actions visant à promouvoir le bien-être, comme la "Semaine du BienÊtre", et des mesures de durabilité environnementale, telles que la réduction de la
consommation d'énergie, témoignent de l'engagement de l'usine à prendre soin de ses
employés tout en contribuant à une industrie plus responsable.
20
La deuxième partie : La méthodologie, le résultat et la
discussion
Le quatrième chapitre : La méthodologie de recherche
11 La méthodologie
Après avoir examiné les travaux existants dans la littérature et observé mon environnement
professionnel, j'ai constaté que l'étude de mon environnement de travail ne me permet pas
d'identifier le mode d'organisation déployé dans les usines (l’industrie 5.0)
À travers ma recherche, je souhaite répondre à la question suivante :
Comment l’industrie 5.0 peut-elle concilier les avancées technologiques qui tendent à
automatiser davantage les processus de production avec la nécessité de préserver et de créer
des emplois, tout en intégrant des préoccupations environnementales et sociales au centre de
son développement ?
Pour y répondre, j'ai collecté des données externes à mon environnement de travail pour
compléter celles que j’ai pu collecter en conduisant des entretiens avec des experts de mon
entreprise.
Ensuite, j'ai croisé les données internes et externes afin de confronter les différents points de
vue et d'enrichir mon analyse avec une plus grande quantité d'informations intégrant des
dimensions supplémentaires.
Enfin, la dernière étape de ma méthodologie consiste à réaliser une analyse de contenu
approfondie et une interprétation des données collectées, en s'appuyant sur une approche
thématique.
21
12 La collecte de données
La première étape de ma méthodologie a consisté à collecter des données qualitatives afin de
disposer d'une base d'analyse solide. Cette collecte de données s'est déroulée en deux
phases principales :
12.1 La première phase : La collecte des données internes
J'ai conduit trois (3) entretiens semi-directifs avec des experts de mon entreprise, sélectionnés
en raison de leur connaissance approfondie de l’industrie manufacturière et des initiatives en
lien avec l'industrie 5.0.
Ainsi, les deux thèmes abordés dans notre guide d'entretien étaient :
- Le partage d’expérience et connaissance de l’industrie manufacturière
- L’industrie 5.0, parlez-moi de cette nouvelle révolution industrielle
De ces entretiens (3 sources) : J'ai recueilli des données qualitatives sur les enjeux de
l’Industrie 5.0. Il s'agit de texte issu de la retranscription des enregistrements des entretiens.
N°
d’entretien
1
Julie
2
Martine
3
Robert
Date
Durée
Origine
06/06/2024
43 min
Management de la Qualité &
Satisfaction client
28/06/2024
50 min
Transformation Globale Durable de la
Chaîne d'Approvisionnement
9/07/ 2024
60 min
Expert industrialisation
Tableau 2 Présentation des sources internes
Ces discussions ont été essentielles pour explorer les pratiques actuelles, les perceptions des
avancées technologiques et les enjeux liés à l'emploi, la résilience et à la durabilité dans
l’industrie manufacturière.
22
12.2 La deuxième phase : La collectes des données externes
Afin de compléter les données recueillies en interne, j'ai procédé à une collecte de données
externes en effectuant des recherches par mots clés dans les bases de données d’articles
scientifiques, réparties de la manière suivante :
-
Presse spécialisée et grand public (1 source)
Rapports d'experts (3 sources)
Journaux académiques (6 sources)
Ci-dessous se trouvent les tableaux récapitulatifs des sources de données collectées.
La presse spécialisée et grand public (1 source) :
Type de
source
Presse
Spécialisée
Description
Origine
Utilisation Principale dans l’analyse
Article sur l’industrie 5.0 :
L'humain comme pilier de la
transformation numérique.
Proaction
international
Illustrer l’importance de l’humain dans
l’industrie 5.0
(Entreprise de
conseil en
gestion de la
performance)
Explorer les défis et opportunités
économiques et sociaux.
Mise en avant de l’intégration
de l’humain au cœur de la
transformation numérique
Etayer les discussions sur l’adaptabilité
et la durabilité
Relier les concepts théoriques à des
applications pratiques.
Tableau 3 Présentation tableau 1/3 des données externes
Cette source, issue de la presse spécialisée a été incluse pour apporter un éclairage plus large
sur la perception publique et médiatique des tendances technologiques et de leurs impacts
sociétaux. Cette source sert à contextualiser les débats autour de l'Industrie 5.0 au-delà du
cadre purement académique.
23
Les rapports d'experts (3 sources) :
Type de
source
Rapport
d’expert
Description
Origine
Identification et analyse des
technologies clés qui
permettront de réaliser la
transition vers l'Industrie 5.0
Commission
Européenne
Direction
Générale de la
recherche et
de l’innovation
Unité F5
Industrie 5.0
Mise en avant des
applications pratiques et leurs
impacts potentiels sur
l'économie et la société.
Rapport
d'expert
Rapport
d’expert
Analyse sur l’effet de
l’automatisation sur l’emploi
Livre Blanc : L’humain comme
pilier de la transformation
numérique.
France
Stratégie
Département
Travail Emploi
Compétences
Proaction
international &
UTrakk
Mise en avant de l’importance (Entreprise de
de l'humano-centrisme, la
conseil en
durabilité et l'adaptabilité
gestion de la
dans l'Industrie 5.0 par
performance)
rapport à l'Industrie 4.0.
Tableau 4 Présentation tableau 2/3 des données externes
Utilisation Principale dans l’analyse
Comprendre les technologies de
l’industrie 5.0 et leurs liens avec les
défis socio-économiques.
Analyser les implications pour les
politiques industrielles.
Contextualiser l’industrie 5.0 dans
l’Union Européenne.
Exploiter les recommandations et
perspectives de l’industrie 5.0
Contextualiser l'impact de
l'automatisation sur l’emploi et mise en
perspective avec l’industrie 5.0
Explorer le concept d’humano
centrisme
Analyser les implications socioéconomiques
Comparer les industries 4.0 et 5.0
Ces trois rapports d'experts ont été utilisés pour enrichir l'analyse avec des données
empiriques et des prévisions sectorielles. Ils offrent une perspective pragmatique et sont
souvent le fruit de collaborations entre des chercheurs et des professionnels de l'industrie.
24
Les journaux académiques (6 sources) :
Type de
source
Journal
académique
Journal
académique
Journal
académique
Journal
académique
Description
Derrière la définition de
l'Industrie 5.0 : une revue
systématique des
technologies, principes,
composants et valeurs
Revue sur l’Évolution des
Révolutions Industrielles, de
1.0 à 5.0
Origine
Revue
scientifique
“Journal of
Industrial and
Production
Engineering”
“International
Journal of
Innovative
Technology
and Exploring
Engineering
(IJITEE)”
Utilisation Principale dans l’analyse
Conceptualisation de l’industrie 5.0
Exploration des implications socioenvironnementales.
Comparaison avec l’industrie 4.0
Tracer l’évolution des révolutions
industrielles.
Analyser les dynamiques de
transformation industrielle.
Comparer l’industrie 5.0 avec les
révolutions antérieures.
Un article de recherche
complet proposant un cadre
conceptuel pour l'Industrie 5.0
en intégrant résilience,
durabilité et humanocentrisme dans les opérations
et chaînes
d'approvisionnement.
international
journal of
production
research
Contextualiser les enjeux de l’industrie
5.0
Evaluer l’impact de l’industrie 5.0 dans
les chaines d’approvisionnement et les
3 piliers de l’industrie 5.0 (résilience, la
durabilité et l’humano-centrisme)
Industrie 5.0 : Une enquête
sur les technologies
habilitantes et les applications
potentielles
Journal of
Industrial
Information
Integration
Analyser comment les avancées
technologiques peuvent coexister avec
la nécessité de maintenir et de créer
des emplois.
Décrire les technologies clés de
l’industrie 5.0 (les cobots, les jumeaux
numériques, l’internet de tout, la
blockchain, et les réseaux 6G …)
Comparer l’industrie 4.0 et 5.0
Comprendre les défis liés à la sécurité,
la collaboration homme-machine et les
couts associés à l’industrie 5.0
Journal
académique
Journal
académique
Article académique abordant
les opportunités et des limites
de l'Industrie 5.0, en se
concentrant sur l'intégration
de l'humain au centre de la
révolution industrielle
Article académique focalisé
sur les avancées
technologiques nécessaires à
l’implémentation de l'Industrie
5.0
Journal of
Cloud
Computing
Explorer les défis de la collaboration
homme-machine
Illustrer les technologies avancées
Evaluer les impacts sur la durabilité et
l’efficacité.
Institute for
Intelligent
Systems
Research and
Innovation,
Deakin
University,
Waurn Ponds
3216, Australia
Il aborde aussi les impacts
prévus sur la productivité, la
durabilité, et la création
d'emplois.
Tableau 5 Présentation tableau 3/3 des données externes
Analyser les technologies avancées
(les jumeaux numériques, le robot
collaboratifs, l’internet des objets)
Analyser les impacts sur l'emploi,
l’économie et la dynamique de travail
dans l'industrie
Comprendre l’importance de la
durabilité et l’efficacité dans l’industrie
5.0
25
J'ai sélectionné six articles académiques, chacun d'environ 15 pages et comportant une
bibliographie substantielle, pour établir un cadre théorique robuste et appuyer les arguments
développés dans ce mémoire.
Ces articles fournissent des analyses approfondies sur les technologies de l'Industrie 5.0, les
implications économiques, et les considérations éthiques.
12.3 Le corpus de données de l’étude
Le corpus total se compose de 13 sources de données d, réparties comme suit :
Type de source
Entretien
Presse spécialisée, grand public
Journal académique (autour de 15 pages, avec une bibliographie)
Rapport d’expert
TOTAL
N
3
1
6
3
13
Le corpus de données, composé de 13 sources.
Afin de procéder à une analyse du contenu de ces sources, j’ai segmenté ce corpus en 3514
phrases, considérées comme unités de signification élémentaires. Cette approche permet
d’affiner l’analyse en nous rapprochant de la granularité de l’idée.
Pour étudier ce corpus de données, j'ai choisi d'utiliser un logiciel d'Analyse Qualitative
Assistée par Ordinateur (CAQDAS) en l’occurrence SPHINX. Ces outils facilitent la
manipulation rapide et efficace de grandes quantités de données textuelles, simplifiant ainsi la
segmentation, le codage et l'organisation des données, ce qui est bien plus rapide que
l'analyse manuelle.
26
Le Quatrième Chapitre : L’analyse, l’interprétation et la
discussion des Résultats
13 L’analyse des données collectées en internes
A l’aide du logiciel d'analyse textuelle SPHINX, j’ai effectué une classification hiérarchique
descendante (CHD) des données recueillies lors des entretiens.
Cette méthode m’a permis de segmenter le verbatim en plusieurs classes distinctes, révélant
ainsi les thèmes dominants abordés par les experts.
La CHD a abouti à la formation de trois classes principales, représentant les grands axes de
discussion au sein des entretiens :
La Classe A : Produit, Partie, Entreprise (27%)
Cette classe regroupe les termes liés aux aspects spécifiques de la production et de la gestion
au sein des usines. Les mots les plus fréquemment mentionnés incluent : Produit, Partie et
Entreprise.
Ces termes reflètent des discussions centrées sur :
- La qualité des produits
- L’organisation interne
- L'efficacité des processus industriels.
27
La Classe B : Gens, Chose, Industrie (44%)
La deuxième classe se concentre sur les acteurs humains et les aspects industriels généraux.
Les termes dominants sont : Gens, Chose et Industrie.
Cette classe englobe des réflexions axées sur :
- Le rôle des individus dans l'industrie
- Les transformations industrielles
- Les implications pour l'emploi et l'automatisation
La Classe C : Personne, Question, Travail (29%)
La troisième classe regroupe des termes relatifs aux préoccupations personnelles et
professionnelles, tels que : Personne, Question et Travail.
C’est la classe qui reflète les discussions centrées sur :
- Les défis du travail
- L’évolution des rôles professionnels
- Les questions éthiques et sociales soulevées par les avancées technologiques.
L’interprétation des résultats :
Ma question de recherche vise à comprendre comment l'industrie 5.0 peut concilier les
avancées technologiques avec la nécessité de préserver et de créer des emplois, tout en
intégrant des préoccupations environnementales et sociales. Ces résultats offrent des
éclairages importants sur ce sujet.
L'analyse CHD met en évidence la manière dont les discours des experts s'articulent autour
de ces trois grandes thématiques :
-
L’optimisation des processus de fabrication, gestion de la chaîne d'approvisionnement
et qualité des produits
L'impact de l'automatisation sur les travailleurs et l'organisation du travail
La nature du travail et à son évolution dans l'industrie 5.0
La Classe A montre que la transformation industrielle liée à l'industrie 5.0 est axée sur
l'optimisation des processus de production, avec un accent sur l'efficacité, la qualité, et la
gestion des ressources.
Cette vision est renforcée par l'extrait d’entretien suivant :
“Pour moi, c'est également d'avoir des, des process flexibles et que demain tu puisses
réadapter à certaines évolutions de produits, voire complètement de nouveaux produits.”
Robert, Expert industrialisation – Entretien
Cette phrase de Robert, confirme bien l’accent mis sur l’organisation interne, les produits et
l’efficacité des processus industriels.
28
Cela reflète les efforts déployés pour améliorer la productivité sans compromettre la qualité,
tout en répondant aux besoins des clients. Cependant, cette orientation vers l'optimisation doit
s'accompagner d'une réflexion sur l'impact humain, car ces transformations technologiques ne
concernent pas uniquement les processus, mais aussi les personnes impliquées.
Après avoir exploré la transformation des processus de production et l'optimisation des
flux industriels dans la Classe A, il est essentiel de se tourner vers l'impact direct de ces
évolutions sur les travailleurs. La Classe B met en lumière les dynamiques humaines et les
défis que pose l'automatisation croissante sur l'emploi et le bien-être des employés
La Classe B est directement liée aux préoccupations humaines, en particulier à l'impact de
l'automatisation sur les emplois et la qualité de vie des travailleurs.
Les termes emploi, automatisation, et heureux révèlent des tensions entre l'automatisation
croissante et la préservation du bien-être des travailleurs.
Les préoccupations relatives à l'impact humain sont clairement exprimées dans les citations
suivantes :
“Je veux dire, mais si c'est le cas, si les gens ne se perfectionnent pas et ne s'y préparent
pas, ils risquent de perdre leur emploi.”
Martine Experte Dev Durable - Entretien
“Donc ça demain tu as beau mettre des lignes automatisées et tout tu vois, il va me falloir
des gens qui demain comprennent le process, l'assemblage de produits, donc il faudra
quand même forcément des personnes pour pouvoir suivre”
Robert – Extrait Entretien
Ces résultats confirment que la réussite de l'industrie 5.0 ne peut se limiter à l'innovation
technologique, mais doit aussi intégrer des stratégies pour soutenir les employés et répondre
à leurs besoins en matière de formation, de sécurité de l'emploi, et de bien-être.
Après avoir examiné la redéfinition des rôles humains dans l'environnement automatisé
de la Classe C, la Classe B permet de revenir sur les préoccupations globales concernant
l'automatisation et son impact sur les emplois, en mettant en avant l'importance du bien-être
des travailleurs dans cette transition technologique.
La Classe C met en évidence les questions fondamentales sur l'évolution du travail
dans un environnement de plus en plus automatisé.
Les discussions autour de la flexibilité et des tâches répétitives soulignent la nécessité
de repenser l'organisation du travail pour que les robots et les humains collaborent
efficacement.
Les extraits d’entretiens suivants mettent explicitement en lumière les défis liés à l'innovation,
tels que mentionnés par les experts.
“Maintenant, la réalité de l'usine, c'est qu'on a des personnes de faibles qualifications, dont le
travail, c'est de faire des mouvements répétitifs et ça c'est clair”
Julie Expert Qualité & Industrie 5.0 – Entretien
“On va dire de confier ça à des robots que d'avoir des personnes qui vont réaliser des tâches
répétitives à non-valeur ajoutée.”
Robert – Entretien
29
“Moi, je trouve ça très bien de mettre des AGV à la place d'une personne qui va venir, qui va
venir charger et décharger des convoyeurs sur des stations.”
Robert – Entretien
Cela rejoint ma question de recherche concernant la manière dont l'industrie 5.0 peut
préserver les emplois tout en automatisant certaines tâches, en redistribuant les rôles humains
vers des tâches à plus forte valeur ajoutée.
Chacune représentant un aspect clé de l'Industrie 5.0. La segmentation en classes distinctes
permet d'identifier les priorités et les préoccupations des experts interrogés, tout en soulignant
la diversité des points de vue sur les implications de l'automatisation et des nouvelles
technologies dans le secteur industriel.
La Discussion des résultats :
Les résultats de cette CHD sont cohérents avec les recherches publiées sur l'industrie 5.0,
notamment en ce qui concerne l'impact de l'automatisation sur les emplois et les dynamiques
de travail.
La littérature sur l'industrie 5.0 montre que l'automatisation n'entraîne pas forcément une
suppression massive des emplois, mais plutôt une transformation des métiers. (Ivanov, 2023)
(Ru, 2016)
Les robots collaboratifs (cobots) et les technologies numériques allègent les tâches répétitives
et physiques, permettant aux travailleurs de se concentrer sur des tâches à plus forte valeur
ajoutée, comme le montre la Classe C de mon analyse.
Cependant, comme l'indiquent les termes récurrents liés à l'emploi et à la sécurité dans la
Classe B, ces transformations doivent être accompagnées de formations adéquates pour
éviter que les travailleurs ne se sentent menacés par la technologie.
Les termes liés à la satisfaction des employés, comme heureux et bien-être, dans la Classe B
sont également en accord avec les recherches actuelles qui soulignent l'importance du bienêtre des travailleurs dans un environnement fortement automatisé.
Les études montrent que les entreprises qui réussissent à intégrer l'automatisation tout en
maintenant de bonnes conditions de travail sont celles qui parviennent à concilier performance
industrielle et satisfaction des employés.
Bien que ces thèmes soient moins explicitement présents dans les résultats des analyses de
ces entretiens, les préoccupations liées à la durabilité (notamment en termes de gestion des
ressources) sont de plus en plus présentes dans la littérature sur l'industrie 5.0.
L'accent sur la flexibilité dans la Classe C reflète également la nécessité pour les entreprises
de s'adapter rapidement aux changements technologiques, tout en restant attentives aux
besoins humains.
30
La Conclusion de la CHD
Les résultats de la CHD mettent en évidence des dynamiques clés liées à l'industrie 5.0 dans
la vision des experts de mon environnement de travail.
La transformation industrielle est bien entamée, avec une focalisation sur l'optimisation des
processus et l'intégration de technologies avancées. Toutefois, l'enjeu principal reste la
préservation des emplois et le bien-être des travailleurs, qui doivent être au cœur de la
stratégie d'automatisation.
La collaboration homme-machine, la flexibilité des processus, et l'amélioration des
compétences sont autant de leviers pour garantir une transition réussie vers un modèle
industriel qui allie innovation technologique, durabilité, et responsabilité sociale.
L’Analyse Factorielle des Correspondances (AFC)
Afin de mieux comprendre les perceptions et les préoccupations liées à l'industrie 5.0,
j'ai ensuite réalisé une Analyse Factorielle des Correspondances (AFC) sur les réponses
recueillies lors des entretiens.
Cette méthode est complémentaire à la CHD. Elle permet de visualiser les relations entre
différents thèmes abordés par les experts, notamment en ce qui concerne l'automatisation,
l'emploi, et la durabilité.
Figure 11 Graphe AFC des données internes
L'AFC offre une vue d'ensemble des discours dominants et des points de convergence ou de
divergence parmi les experts, fournissant ainsi des éclairages précieux pour évaluer comment
ces différents aspects peuvent être harmonisés dans le cadre de l'industrie 5.0.
31
CLASSE
Classe A
Classe B
Classe C
MOTS CLES
produit, partie, entreprise,
process, bon, ergonomie, manuel,
compétence, client, coup, ligne,
pièce, assemblage, gestion,
qualité, flexible, dormant, côté,
exemple, matière, fait, zone, photo,
année, compte, supply, Chain,
bâtiment, énergie, demain, projet,
résidence, conception, brique,
moteur, ton, million, euro,
challenge, façon, traçabilité,
capable, mono, présence, mesure,
position, mauvais, reste, software,
manque, propre, truc, durable,
difficile, digital, lien, tête, type, final,
juste, train, image, automatisé,
connaissance, processus,
indicateur, smart, outil, économie
gens, chose, industrie, usine,
emploi, besoin, heureux,
numérique, approche, manière,
futur, notion, ligne, temps,
machine, tout le monde, échelle,
automatisation, opérateur, niveau,
petit, critère, bonheur, comité, cas,
prêt, objectif, impact, nouveau,
avenir, intelligent, processus,
place, rôle, homme, talent, hybride,
structure sociale, transition, valeur,
impression, genre, environnement
de travail
travail, personne, question,
donnée, terme, humain, analyse,
heureux, communication,
problème, tâche, répétitif, machine,
compte, vie privée, faux,
changement, grand, premier,
nouvel, flexible, robot, non-valeur,
station, valeur, position, petit, aide,
volonté, culture, bonheur, moment,
innovation, pratique, important, vie,
impression, site, maintenance,
juste, message, train, rôle, enfant,
clair, lien, homme, différent,
groupe, outil, technologie,
transition, talent, structure sociale,
argent, science, fiction, hybride,
idée, simple, employé, valeur
ajoutée, réunion, système, facile,
positif, société, but, genre, prise,
prochain, long
THEMATIQUES
Organisation de l'entreprise et
gestion des processus
Impact social et humain de
l'automatisation
Perceptions et défis liés au travail et
à l'innovation
Tableau 6 Structuration des mots, des classes et thèmes
32
L’Analyse des résultats de l’AFC)
La Classe A : Organisation de l'entreprise et gestion des processus
Les mots associés à cette classe indiquent une forte focalisation sur les aspects
organisationnels et techniques de la production industrielle. On retrouve des termes liés à la
gestion des processus, à l'efficacité, et à la structure des entreprises dans un contexte de
transformation numérique.
Cette classe se concentre sur :
- Les aspects techniques et organisationnels de la production
- La gestion des ressources et l'optimisation des processus au sein des entreprises.
La Classe B : Impact social et humain de l'automatisation
Les mots clés de cette classe mettent en évidence les impacts humains et sociaux de
l'Industrie 5.0, tels que les changements dans les rôles des travailleurs, les nouvelles
compétences requises, et les transformations dans les relations de travail dues à
l'automatisation.
Cela peut se résumer par une attention particulière aux implications sociales de l'industrie 5.0
notamment en ce qui concerne :
- Les emplois
- Les conditions de travail
- L’interaction homme-machine
La Classe C : Perceptions et défis liés au travail et à l'innovation :
Cette classe englobe les défis et les perceptions des individus concernant l'intégration des
technologies dans le lieu de travail, en particulier les questions de travail répétitif, de vie privée,
et de culture d'entreprise dans un environnement de plus en plus automatisé.
La classe C aborde les préoccupations individuelles et collectives concernant les conditions
de travail telle que :
- La gestion des données
- L’impact des technologies sur la vie privée et la culture d'entreprise.
33
L’interprétation des résultats
L'analyse factorielle des correspondances (AFC) que j’ai réalisée a permis de dégager
plusieurs dimensions clés concernant les perceptions des experts sur l'industrie 5.0.
Les principales interprétations tirées de cette analyse sont les suivantes :
L'une des premières observations est la mise en évidence d'une dualité entre les termes liés
à la technologie (automatisation, numérique, robot) et ceux liés à l'humain (travail, emploi,
ergonomie).
Cette opposition montre que les experts perçoivent l'industrie 5.0 comme un domaine où la
technologie et les considérations humaines doivent être soigneusement équilibrées.
L'industrie 5.0 est donc vue non seulement comme une transformation technologique, mais
aussi comme un changement social où l'humain doit rester central.
L'AFC montre également que les termes liés à l'organisation du travail et aux conditions de
travail (travail, emploi, ergonomie, opérateur) sont fortement associés entre eux, formant un
groupe distinct.
Cela indique que les experts considèrent que l'impact de l'industrie 5.0 sur les conditions de
travail est une préoccupation majeure.
Selon ces experts, les réussites technologiques ne peuvent être pleinement réalisées que si
elles sont accompagnées d'améliorations dans la gestion des ressources humaines et
l'organisation du travail.
Un autre groupe important révélé par l'AFC concerne les termes liés à la production et aux
processus industriels (produit, usine, process).
Ces termes montrent une forte concentration sur l'amélioration de l'efficacité et de la
productivité à travers l'automatisation.
Cette concentration indique que l'industrie 5.0 est largement perçue comme une opportunité
d'optimiser les processus existants, mais cette optimisation semble être considérée en
parallèle avec les préoccupations concernant l'emploi et le bien-être des travailleurs.
Enfin, des termes liés à la durabilité, à la qualité, et à l'innovation apparaissent dans l'analyse,
bien qu'ils soient parfois moins dominants que les termes relatifs à la production ou au travail.
Cela suggère que, bien que l'accent soit mis sur l'efficacité et l'optimisation, il existe également
une prise de conscience de l'importance des aspects qualitatifs et durables de l'industrie 5.0.
Les experts semblent reconnaître que la durabilité et la qualité sont des critères essentiels
pour que l'industrie 5.0 soit acceptée et adoptée à long terme.
34
Conclusion de l'Interprétation
L'interprétation de cette analyse (AFC) révèle que les experts perçoivent l'industrie 5.0 comme
une transformation multidimensionnelle, où les avancées technologiques doivent être
harmonieusement intégrées avec les préoccupations humaines, organisationnelles, et
durables.
Il en ressort que le succès de cette nouvelle ère industrielle dépendra de la capacité à concilier
les innovations techniques avec une approche humano-centrique, respectueuse des besoins
des travailleurs et des exigences environnementales.
Ces résultats soulignent l'importance d'une approche équilibrée pour garantir que l'industrie
5.0 soit bénéfique à la fois pour les entreprises et pour la société dans son ensemble.
35
14 L’analyse des données externes
La classification hiérarchique descendante (CHD) réalisée sur le corpus des données
collectées à extérieur de mon environnement de travail montre une répartition claire en trois
classes majeures :
La classe A : Emploi, Automatisation, Tâche (9%)
Cette classe contient des termes comme :
- Emploi, automatisation
- Tâche, répétitif,
- Compétence.
Elle reflète des discussions sur l'impact de l'automatisation sur les tâches répétitives et les
emplois. Les mots-clés suggèrent des préoccupations concernant la transformation des
métiers et la nécessité de développer de nouvelles compétences pour s'adapter à
l'automatisation croissante.
La classe B : Technologie, Chaîne d'Approvisionnement, Numérique (35%)
Les termes centraux de cette classe incluent technologie, numérique, chaîne
d'approvisionnement, données, et système. Cela indique une focalisation sur les
infrastructures technologiques et les processus logistiques dans l'industrie 5.0, où la
numérisation et l'optimisation des chaînes d'approvisionnement jouent un rôle clé dans
l'efficacité et la résilience industrielle.
36
La classe C : Humain, Industrie, Fabrication (57%)
La dernière classe, qui représente une majorité des réponses, regroupe des termes comme
humain, industrie, fabrication, robot, et production.
Cela montre un intérêt pour l'impact des transformations technologiques sur l'industrie
manufacturière, ainsi que la manière dont l'industrie 5.0 intègre l'humain dans ses processus
de production.
L’interprétation des résultats
La question de recherche ce mémoire est : Comment l’industrie 5.0 peut-elle concilier les
avancées technologiques qui tendent à automatiser davantage les processus de production
avec la nécessité de préserver et de créer des emplois, tout en intégrant des préoccupations
environnementales et sociales au centre de son développement ?
La Classe A est sensible aux questions liées à l’Impact de l'Automatisation sur l'Emploi. Les
termes comme emploi, automatisation, et répétitif montrent que l'automatisation des tâches
répétitives soulève des inquiétudes sur la destruction d'emplois.
Cependant, l'apparition des termes compétence et formation indique que l'industrie 5.0
pourrait aussi créer de nouvelles opportunités, à condition que les travailleurs reçoivent la
formation nécessaire pour s'adapter aux nouvelles technologies.
Ce point de vue est renforcé par les extrait suivants :
“L'Industrie 5.0 promeut des emplois plus qualifiés par rapport à l'Industrie 4.0, puisque des
professionnels intellectuels travaillent avec des machines.”
Journal of Industrial Information Integration 26 - Journal académique (autour de 15 pages,
avec une bibliographie)
“tous ces emplois répétitifs seraient automatisables”
Nicolas Le Ru (Département Travail Emploi Compétences France Stratégie) - Rapport
d’expert
“Les entreprises doivent investir dans la formation et le développement des compétences de
leurs employés pour s'assurer qu'ils peuvent tirer parti des technologies de l'Industrie 5.0.”
Journal of Industrial Information Integration 26 - Journal académique (autour de 15 pages,
avec une bibliographie)
37
La classe B regroupe les auteurs qui s'intéressent particulièrement à la Transformation
Technologique et à la Numérisation.
La forte présence de termes comme chaîne d'approvisionnement, numérique, et technologie
dans cette classe met en avant l'importance des infrastructures numériques dans l'industrie
5.0. Cela suggère que les technologies, telles que l'intelligence artificielle et l'Internet des
objets (IoT), jouent un rôle crucial dans la modernisation des processus industriels.
L'accent sur la résilience et la gestion montre que ces technologies visent non seulement
l'efficacité, mais aussi la durabilité et la capacité de résistance face aux crises.
“Les technologies comme les jumeaux numériques peuvent aider les médecins à donner
des prescriptions personnalisées de médicaments aux patients.”
Journal of Industrial Information Integration 26 - Journal académique (autour de 15 pages,
avec une bibliographie)
“L’humain comme pilier de la transformation numérique L’Industrie 5.0 va radicalement
changer la façon dont les entreprises travaillent au cours des dix prochaines années.”
LIVRE BLANC Industrie 5.0 - Rapport d’expert
“L’Industrie 5.0 vise à accroître la transformation numérique des entreprises grâce à
l’intégration efficace des humains et de la technologie, afin qu’ils collaborent de manière plus
constructive dans un environnement sécuritaire.”
LIVRE BLANC Industrie 5.0 - Rapport d’expert
Classe C représente la vision d’humanisation des processus de fabrication. C’est la branche
du « human-centric » le cœur même de l’industrie 5.0 qui consiste à se concentrer sur les
besoins des êtres humains plutôt qu’à ceux des machines.
Dans cette classe, les termes comme humain, fabrication, collaboration, et robot, indiquent
que malgré l'automatisation, l'humain reste central dans l'industrie 5.0.
L'accent sur la collaboration entre humains et machines, via les cobots (robots collaboratifs),
suggère que l'industrie 5.0 est perçue non pas comme une menace pour l'emploi humain, mais
comme une opportunité d'améliorer les conditions de travail en automatisant les tâches
dangereuses ou répétitives.
Pour appuyer cette interprétation, ces participants mentionnent
“La collaboration entre la main-d'œuvre et les robots, ainsi que les systèmes cognitifs,
permet aux industries de coordonner les processus dans la fabrication pour mettre en œuvre
les besoins des clients et les changements du marché.”
Journal of Industrial Information Integration 26 - Journal académique (autour de 15 pages,
avec une bibliographie)
“Les robots collaboratifs sont des robots conçus pour travailler en collaboration avec les
humains, et cette collaboration aide à rendre les capacités humaines plus efficaces,
exceptionnellement faciles à automatiser pour les individus et les petites entreprises
qu'auparavant.”
Journal of Industrial Information Integration 26 - Journal académique (autour de 15 pages,
avec une bibliographie)
38
La discussion des résultats :
Les résultats de cette CHD confirment les tendances observées dans les discussions actuelles
autour de l'industrie 5.0. En comparant ces résultats à la littérature, plusieurs points peuvent
être soulignés :
-
L’automatisation et l’emploi sont un défi pour les compétences.
La technologie et la numérisation sont des moteurs pour une industrie résiliente
et efficace
L’Humanisation et Durabilité : Une Industrie Centrée sur l'Humain
La classe A montre que l'automatisation continue de susciter des inquiétudes quant à la
destruction des emplois, en particulier ceux impliquant des tâches répétitives. (Ru, 2016)
Cependant, cela correspond aux études qui montrent que, si certains emplois disparaissent,
l'industrie 5.0 offre aussi des possibilités de création d'emplois dans des secteurs liés à la
technologie et aux nouvelles compétences, comme la programmation, la gestion de robots, ou
l'analyse de données. La formation des employés sera donc cruciale pour réussir cette
transition.
La classe B renforce bien l'idée que la transformation numérique est au cœur de l'industrie
5.0. Des termes comme chaîne d'approvisionnement et données illustrent l'importance de la
digitalisation des processus pour améliorer la résilience et l'efficacité.
Ces technologies permettent une gestion plus fine des ressources et une capacité accrue à
répondre aux crises, comme l'a montré la pandémie de COVID-19. Cependant, la discussion
doit aussi inclure les préoccupations concernant la sécurité des données et la cybersécurité.
La Classe C met en avant l'idée que l'industrie 5.0 n'est pas seulement une évolution
technologique, mais aussi une révolution qui réintroduit l'humain dans la chaîne de valeur.
(Nahavandi, 2019)
Les robots collaboratifs, par exemple, permettent aux travailleurs de se concentrer sur des
tâches à plus forte valeur ajoutée, tout en améliorant la sécurité et les conditions de travail.
Cette approche favorise une industrie plus durable, tant sur le plan social qu'environnemental,
en réduisant les efforts physiques et en augmentant l'efficacité énergétique des processus de
production.
39
La conclusion
L'analyse et l'interprétation de la CHD montrent que l'industrie 5.0, tout en introduisant des
technologies de pointe comme l'intelligence artificielle et la robotique, met l'accent sur une
transformation durable qui inclut l'humain dans les processus de production.
La discussion montre que pour répondre à la question de recherche de ce mémoire, il est
essentiel que cette nouvelle ère industrielle trouve un équilibre entre innovation technologique,
création d'emplois, et durabilité. La formation des employés et la gestion des infrastructures
numériques joueront un rôle clé dans cette transition.
L’Analyse Factorielle des Correspondances (AFC) des données externes :
L'AFC réalisée sur le corpus des données extérieures montre trois axes principaux qui
structurent les discours liés à l'industrie 5.0, avec les termes répartis en trois classes distinctes.
Figure 12 Graphe AFC des données externes
La carte AFC restitue l'intégralité de l'information sur deux axes :
- L’axe horizontal (F1) représentant 63% de l'information
- L’axe vertical (F2) représentant 37%.
40
Le tableau ci-dessous résume les résultats obtenus à partir de l'AFC
CLASSE
Classe A
Classe B
Classe C
MOTS CLES
Emploi, automatisation, tâche, répétitif,
formation, cobots, compétence, emploi,
machine, robot, apprentissage, défi,
nombre, augmentation, sécurité
Technologie, numérique, chaîne
d'approvisionnement, processus,
données, système, robotique,
intelligence artificielle, méthode,
utilisation, innovation
Humain, industrie, fabrication, résilience,
durabilité, gestion, impact, créatif,
production, employé, industrie, sécurité,
éthique, adaptation, innovation
THEMATIQUES
L’impact de l'automatisation sur
l’emploi.
Les infrastructures technologiques et
l'optimisation des processus
Les aspects humains et
environnementaux dans la production
industrielle
La durabilité et l'intégration de
l'humain.
Tableau 7 Organisation des classes, mots clés et thématiques (AFC données externes)
La classe A :
Elle regroupe les termes liés à l'emploi, à l'automatisation et aux tâches répétitives, avec des
mots clés tels que :
- Emploi, automatisation
- Répétitif, formation
- Robot, cobot et apprentissage
La classe B :
Cette deuxième classe se concentre sur les termes relatifs à la technologie, au numérique et
à l'intelligence artificielle, avec une forte représentation des mots-clés tels que :
- Robotique, système
- Processus, révolution
- Innovation
La classe C :
Enfin, la troisième classe regroupe des concepts liés à l'humain, à l'industrie et à la durabilité.
Des termes tels que :
- Résilience, durabilité
- Gestion, impact
- Employé, métier et créativité
41
Le premier discours appartient à la classe A, qui représente « les Agents du changement ».
Cette classe promeut la transformation des métiers et automatisation collaborative. Elle se
concentre sur les répercussions de l'automatisation sur le monde du travail, en mettant l'accent
sur les tâches répétitives et le développement des compétences nécessaires pour collaborer
avec des technologies telles que les cobots.
La forte association des termes emploi, automatisation, et répétitif dans cette classe reflète les
inquiétudes concernant l'impact de l'automatisation sur les emplois, en particulier ceux
impliquant des tâches répétitives.
Cela met en évidence à la fois la crainte de la perte d'emplois et la reconnaissance de
l'importance de la formation et de l'adaptation des compétences pour atténuer cet impact.
De plus, l'utilisation des termes tels que "cobots" (robots collaboratifs) et
"apprentissage" indiquent que la formation et l'acquisition de nouvelles compétences sont pris
en compte dans l’industrie 5.0 dans le cadre des solutions pour préserver l’emploi et garantir
un environnement de travail collaboratif.
Le deuxième discours est propre à la classe B.
C’est la classe des « Optimisateurs de processus ». La "Stratégie technologique et
optimisation des processus" est au cœur de ce groupe, mettant ainsi en lumière l'importance
cruciale de la technologie et de l'optimisation des chaînes d'approvisionnement dans l'industrie
5.0. Elle se concentre sur la transformation numérique, intégrant des éléments clés tels que
l'intelligence artificielle, la robotique et les systèmes numériques.
Les termes tels que robotique, système, processus, révolution et innovation occupent
une place centrale, illustrant les avancées majeures de l'industrie 5.0. Cependant, cette
transformation technologique ne se limite pas à l'efficacité et à l'automatisation des processus.
Elle exige une stratégie organisationnelle adaptée pour assurer l'intégration réussie de
ces technologies tout en préservant les emplois et en maintenant l'humain au cœur des
processus de production.
La classe B met également l'accent sur la nécessité de déployer l'intelligence artificielle et les
données de manière structurée afin d'optimiser les chaînes d'approvisionnement et les
systèmes de production.
Cette approche stratégique permet non seulement de maximiser les gains en productivité,
mais aussi de garantir que ces innovations technologiques contribuent à une organisation du
travail plus résiliente et flexible. Ainsi, cette classe reflète la transformation technologique
profonde en cours dans l'industrie, soulignant l'importance d'une stratégie technologique bien
définie pour éviter les risques liés à une automatisation mal gérée, pouvant perturber les
travailleurs et les processus existants.
Le troisième discours, correspondant à la classe C, c’est la classe des champions de la
durabilité industrielle.
L’humanisation des processus industriels et durabilité est le pivot central de leur discours.
Cette classe met en avant le rôle primordial de l'humain dans les processus de production de
l'industrie 5.0, tout en soulignant l'importance de la durabilité et de la responsabilité sociale et
environnementale dans les stratégies industrielles modernes.
42
Les termes dominants tels que résilience, durabilité, gestion, et impact montrent que l'industrie
5.0 ne se concentre pas uniquement sur les innovations technologiques, mais intègre
également des considérations éthiques et environnementales. Ces préoccupations sont
devenues centrales dans les discussions autour de la transformation industrielle, indiquant
que la durabilité est désormais une composante clé des processus industriels.
Par ailleurs, des mots comme employé, métier, et créativité soulignent l'importance de l'humain
dans cette nouvelle phase de développement industriel. Malgré l'avancée de l'automatisation,
cette classe montre clairement que l'humain conserve un rôle fondamental dans les chaînes
de production, notamment à travers la créativité et les compétences spécifiques que les
machines ne peuvent pas remplacer.
L'intégration de ces concepts reflète une transformation industrielle qui vise à concilier
innovation technologique et respect des valeurs humaines et environnementales. L'industrie
5.0, telle qu'évoquée dans cette classe, ne se contente pas d'optimiser les processus et
d'accroître l'efficacité ; elle se veut également un modèle de production durable et responsable,
où l'humain et l'environnement occupent une place centrale.
La discussion des résultats
Les résultats de cette AFC confirment et complètent les conclusions d'autres études sur
l'industrie 5.0. L'automatisation et la technologie sont des facteurs centraux de cette révolution
industrielle, mais il est clair que l'industrie 5.0 diffère de l'industrie 4.0 en intégrant des
éléments plus humains et durables.
Les Impacts de l'automatisation sur l'emploi : La classe « A » montre que l'impact de
l'automatisation sur l'emploi est une préoccupation majeure. Il s'agit d'un sujet largement
débattu dans la littérature, (Ru, 2016) qui indique que les tâches répétitives sont les plus
vulnérables à l'automatisation.
Cependant, l'apparition des termes cobots et apprentissage montre que l'industrie 5.0 peut
offrir des opportunités pour que les travailleurs se repositionnent dans des rôles à plus forte
valeur ajoutée, notamment par le biais de la formation.
La technologie et innovation : Les termes présents dans la Classe B montrent que la robotique
et l'intelligence artificielle sont perçues comme des éléments moteurs de l'industrie 5.0. Cette
révolution technologique est en phase avec des études récentes qui mettent en avant le
potentiel de l'intelligence artificielle pour transformer les industries. Cependant, comme le
montre la Classe C, l'acceptabilité sociale et la durabilité de ces innovations doivent être
soigneusement considérées. (Morteza Ghobakhloo, 2023)
L’Humain et durabilité : L'une des différences majeures entre l'industrie 4.0 et l'industrie 5.0,
mise en évidence dans la Classe C, est l'accent mis sur l'humain et la durabilité. Les concepts
de résilience et de durabilité sont des préoccupations croissantes, notamment dans un
contexte où les entreprises doivent faire face à des crises globales comme le changement
climatique. Les résultats montrent que l'industrie 5.0 a le potentiel d'améliorer l'efficacité tout
en protégeant l'environnement et en prenant en compte les besoins des travailleurs. (Adel,
2022)
43
Résumé de l’analyse
L'analyse, l'interprétation et la discussion des résultats montrent que l'industrie 5.0 est une
transformation complexe qui va au-delà de la simple automatisation. Les technologies
émergentes, comme la robotique et l'intelligence artificielle, sont essentielles à cette révolution,
mais elles doivent être intégrées de manière à préserver l'emploi et à promouvoir une
production durable.
Les résultats de cette AFC confirment que pour réussir la transition vers l'industrie 5.0, il est
nécessaire de prendre en compte à la fois les avancées technologiques, les impacts humains,
et les enjeux environnementaux.
44
15 L’analyse du corpus des données (internes et externes)
Dans cette section du mémoire, j'analyse le corpus des données. C’est l'ensemble des
données collectées (internes et externes)
Tout d'abord, l'analyse utilisera la méthode de la Classification Hiérarchique Descendante
(CHD), puis se tournera vers l'analyse factorielle des correspondances (AFC).
La Classification Hiérarchique Descendante (CHD) réalisée sur le corpus des données
(extérieures et intérieures) a permis de répartir les réponses en trois classes principales,
révélant ainsi des thèmes centraux autour des concepts de travail, d'automatisation, et de
technologie dans le contexte de l'industrie 5.0.
Figure 13: Répartition des 3 classes principales CHD corpus des données
La Classe A : Emploi, gens, travail (19%)
Cette classe regroupe des termes liés à l'emploi, aux personnes, et aux processus de travail.
Les mots les plus fréquents sont :
- Emploi
- Gens,
- Travail
D'autres termes tels que révolution industrielle, automatisation, et compétence apparaissent
également.
La Classe B : Humain, robot, tâche (15%)
La classe B est dominée par les termes :
- Humain,
- Robot,
- Tâche.
On y retrouve aussi les termes comme cobots, collaboration, et répétitif
45
La Classe C : Industrie, technologie, humain (66%)
Cette classe est la plus vaste et regroupe des concepts liés à l'industrie et aux technologies
émergentes.
Les termes les plus représentés sont :
- Industrie, technologie,
- Humain, système,
- Production, et processus.
Des mots comme durabilité, résilience, efficacité, et numérique y sont aussi fortement répétés.
L’Interprétation des Résultats par rapport à la Question de Recherche
Ce mémoire cherche à répondre à la question suivante : Comment l’industrie 5.0 peut-elle
concilier les avancées technologiques qui tendent à automatiser davantage les processus de
production avec la nécessité de préserver et de créer des emplois, tout en intégrant des
préoccupations environnementales et sociales au centre de son développement ?
La Classe A, intitulée Emploi et travail humain dans l'industrie 5.0, se concentre sur les
dynamiques humaines et organisationnelles au sein du contexte industriel.
Les termes dominants, tels qu’emploi, gens, et travail, soulignent des préoccupations
majeures concernant l'impact de l'industrie 5.0 sur les travailleurs et la redéfinition des emplois
dans un environnement automatisé.
Des mots comme révolution industrielle, automatisation, et compétence montrent que
l'industrie 5.0 est perçue comme une nouvelle phase d'évolution industrielle, imposant des
changements dans les processus de travail. Cependant, plutôt que de détruire les emplois,
cette transformation appelle à une adaptation des compétences, afin de permettre aux
travailleurs de continuer à jouer un rôle central dans un environnement de production
automatisé.
L'intégration de l'automatisation est donc vue comme un défi technologique, organisationnel
et humain, nécessitant des efforts pour préparer les employés à cette transition et leur offrir
les moyens de développer les compétences requises pour collaborer avec les nouvelles
technologies.
46
La Classe B, intitulée "Collaboration Homme-Robot", met en avant la synergie croissante entre
l'humain et la machine dans l'industrie 5.0. Les termes humain, robot, et tâche soulignent
l'importance de l'interaction homme-robot dans les processus industriels. Plutôt que de
remplacer les travailleurs, l'automatisation repositionne l'humain dans des rôles
complémentaires.
Des mots comme cobots, collaboration, et répétitif montrent que l'accent est mis sur l'évolution
des tâches dans un environnement où machines et humains collaborent. L'intégration des
cobots est perçue comme une solution pour alléger les tâches répétitives tout en maintenant
l'humain au centre de la chaîne de production.
Cette classe reflète un changement dans la manière dont les tâches sont partagées,
permettant une collaboration efficace.
La Classe C, intitulée "Transformation Technologique et Durabilité", est la plus vaste. Elle
couvre 66% du corpus et met en avant la transformation numérique et technologique de
l'industrie, tout en intégrant des préoccupations sociales et environnementales.
Les termes principaux, tels que : industrie, technologie, humain, système, production, et
processus, montrent que les discussions se sont concentrées sur l'impact des technologies
émergentes sur les processus industriels et le rôle de l'humain. Ce focus souligne la nécessité
d'intégrer les innovations technologiques de manière complémentaire aux compétences
humaines.
Des mots comme durabilité, résilience, efficacité, et numérique révèlent un fort intérêt pour
une transformation numérique durable et résiliente. L'industrie 5.0, dans cette classe, ne
cherche pas seulement à optimiser ses processus, mais vise aussi à intégrer des pratiques
qui répondent aux enjeux environnementaux et sociaux.
La discussion des Résultats
Ces résultats s'inscrivent bien dans le cadre des discussions actuelles sur l'industrie 5.0.
Comparés à l'industrie 4.0, qui était axée sur l'automatisation complète et l'optimisation
technologique, les résultats de cette CHD montrent que l'industrie 5.0 cherche à rétablir un
équilibre entre l'automatisation et la place de l'humain.
L’implications pour l'emploi et les compétences : La Classe A met en avant la nécessité
d'adapter les compétences face à l'automatisation croissante. Ce besoin d'adaptation est
cohérent avec des études antérieures qui montrent que l'automatisation tend à transformer les
emplois plutôt qu'à les supprimer totalement, à condition que les compétences humaines
soient réajustées aux nouvelles technologies.
L’interaction Homme-Robot : La Classe B illustre l'idée centrale de l'industrie 5.0, qui repose
sur la collaboration entre humains et machines. Cela rejoint les recherches actuelles qui
soulignent l'importance des "cobots" (robots collaboratifs) et des systèmes où l'humain joue
un rôle essentiel dans la supervision et la prise de décision, tandis que les robots exécutent
des tâches répétitives. Ce modèle d'industrie pourrait résoudre certains des défis sociaux
posés par l'automatisation de masse.
47
La technologie et durabilité : La Classe C renforce l'idée que l'industrie 5.0 n'est pas seulement
une transformation technologique, mais aussi une transformation vers une industrie plus
résiliente et durable. Des concepts comme la résilience et la durabilité montrent que l'industrie
5.0 prend en compte les enjeux environnementaux et sociaux, en phase avec votre question
de recherche.
Conclusion
L'analyse et l'interprétation des résultats montrent que l'industrie 5.0 ne se contente pas
d'automatiser les processus, mais cherche à redéfinir le rôle de l'humain dans l'industrie, tout
en tenant compte des enjeux environnementaux. La discussion des résultats, en lien avec
d'autres études sur le sujet, confirme que l'industrie 5.0 a le potentiel de créer un nouveau
modèle industriel où la technologie et l'humain coexistent de manière productive et durable,
répondant ainsi aux préoccupations de ce mémoire.
L’Analyse Factorielle des Correspondances (AFC) des résultats du corpus global
L'Analyse Factorielle des Correspondances (AFC) a été réalisée sur le corpus global,
englobant les données intérieures et extérieures à mon environnement de travail.
La carte AFC ci-dessous, restitue 100 % de l'information, répartie sur deux axes principaux :
- Axe F1 (54%) : Représente une majorité de l'information sur l'axe horizontal.
- Axe F2 (46%) : Représente l'autre partie de l'information sur l'axe vertical.
Figure 14 Graphe AFC (corpus des données)
48
Le tableau ci-dessous résume les résultats obtenus à partir de l'AFC
CLASSE
Classe A
Classe B
Classe C
MOTS CLES
Emploi, gens, travail, compétence,
automatisation, tâche, opérateur, salarié,
manuel, métier, répétitif, changement,
formation, évolution
Humain, robot, cobots, collaboration,
machine, interaction, opérateur, maind'œuvre, progrès, ergonomie,
collaboratif, opérateur, décision, maind'œuvre, homme, équipe, ergonomie,
progrès, interaction, manuel
Industrie, technologie, numérique,
production, environnement,
développement, processus, résilience,
durabilité, automatisation, efficacité,
impact, création, progrès, gestion,
industrie, transformation numérique,
transformation industrielle,
environnement
THEMATIQUES
Impact de l'automatisation sur l'emploi
et le travail humain.
Collaboration homme-robot et
automatisation collaborative dans
l'industrie 5.0.
Transformation numérique et durable
de l'industrie, intégration des
technologies émergentes et des
préoccupations sociales
Tableau 8 : Tableau des Classes A, B et C de l’AFC du corpus des données.
La Classe A :
Les termes dominants dans cette classe incluent :
- Emploi
- Gens
- Travail
La Classe B :
Cette classe regroupe des termes comme :
Humain
- Robot, collaboration,
- Automatisation et cobots.
La Classe C :
La Classe C regroupe des termes plus larges liés à l'industrie elle-même, notamment :
- Industrie,
- Technologie,
- Révolution industrielle, et processus.
En fonction des mots clés dominants pour chaque classe, les thématiques suivantes ont été
identifiées :
- La Classe A : L’Impact de l'automatisation sur l'emploi et le travail humain.
- La Classe B : « La collaboration homme-robot et automatisation collaborative dans
l'industrie 5.0. »
- La Classe C : « La transformation numérique et durable de l'industrie, intégration des
technologies émergentes et des préoccupations sociales »
49
Ainsi, chaque classe a été nommée en fonction des thématiques principales identifiées tout
en s'alignant avec les enjeux de l'industrie 5.0, où l'automatisation, la collaboration entre
humains et robots, et la durabilité sont au centre des transformations.
Ces noms sont pour :
- La Classe A : « Les Architectes de la transformation des emplois »
Ils conçoivent et promeuvent des stratégies pour accompagner la transformation des
emplois et adaptation des compétences.
- La Classe B : « Les Catalyseurs de la synergie homme-robot »
Ils jouent un rôle axé sur la promotion d’une collaboration Homme-Robot et automatisation.
- La Classe C : « Les Ambassadeurs de l’industrie résiliente et durable »
Ils défendent la transformation industrielle et la durabilité tout en promouvant une industrie
capable de s’adapter aux crises tout en respectant les normes environnementales et sociales.
Après avoir mis en évidence les principales thématiques et regroupements de termes dans
l'analyse, il est désormais essentiel de procéder à l'interprétation des résultats afin de
comprendre leur signification et d'en tirer des conclusions en lien avec la problématique de la
recherche.
50
16 L’interprétation des Résultats par rapport à la question de
recherche
Ce mémoire de recherche s'intéresse à la manière dont l'industrie 5.0 peut concilier les
avancées technologiques avec la préservation des emplois tout en intégrant des
préoccupations environnementales et sociales.
Basée sur les trois thématiques identifiées dans l'analyse, la classification des groupes met en
évidence un ensemble de problématiques et de réponses à ces problématiques.
Commençant par interpréter les analyses de la Classe A.
C’est la classe des "Architectes de la transformation des emplois". Elle met en lumière
l'impact de l'industrie 5.0 sur les travailleurs et les dynamiques d'emploi.
Les termes dominants tels que « emploi, gens, et travail » montrent que cette classe est
centrée sur les aspects humains et sociaux, en particulier le rôle des travailleurs dans un
environnement de plus en plus automatisé.
L'automatisation, bien qu'elle introduise des technologies disruptives, est perçue comme une
opportunité de redéfinir les métiers, mais elle impose une nécessité d'adaptation des
compétences.
Ces « architectes » souligne l'importance de préparer les employés à ces transformations, en
développant les compétences humaines indispensables à cette nouvelle ère industrielle.
L'intégration des tâches automatisées exige une requalification continue, garantissant que les
travailleurs puissent rester compétitifs dans un environnement en évolution rapide.
Comme l'explique un expert : “La révolution numérique étant à la fois source de destruction,
de transformation et de création d’emplois,”
Nicolas Le Ru (Département Travail Emploi Compétences France Stratégie) - Rapport d’expert
Un autre ajoute : “L’avenir de l’Industrie 5.0 sera défini par la capacité des organisations à
s’adapter aux nouvelles technologies, à les utiliser pour créer de nouveaux produits et services
pour les clients, et à former leurs travailleurs aux emplois de demain.”
LIVRE BLANC Industrie 5.0 - Rapport d’expert
Enfin, un troisième expert précise : “Les avantages de l'Industrie 5.0 ne concernent pas
seulement l’automatisation et la robotique, mais aussi la création de nouveaux emplois et la
garantie que l’humain reste au centre du processus de production.”
Jean-Philippe Raiche - Presse spécialisée, grand public
Cette classe est pour la transformation des emplois et l’adaptation des compétences.
Après avoir exploré l'impact de l'automatisation sur l'emploi et la nécessité d'adapter
les compétences des travailleurs dans la Classe A, il est essentiel d'examiner comment cette
transformation s'accompagne d'une collaboration étroite entre l'humain et la machine, thème
central de la Classe B."
La classe B est intitulée "Les Catalyseurs de la synergie homme-robot". Elle met en avant
la collaboration essentielle entre l'humain et les machines dans l'industrie 5.0.
51
Les termes comme "humain, robot, cobots, et automatisation" révèlent que cette classe
est centrée sur l'intégration des robots collaboratifs (cobots) aux côtés des travailleurs, plutôt
que leur remplacement.
L'automatisation est perçue comme un levier permettant d'améliorer la productivité tout en
maintenant l'humain au cœur des processus décisionnels.
Cette classe montre que les robots ne sont plus simplement des machines autonomes, mais
des partenaires dans les processus de production, prenant en charge les tâches répétitives et
difficiles.
Les humains restent impliqués dans des rôles décisionnels et supervisent l'automatisation, ce
qui garantit que les innovations technologiques ne marginalisent pas le travailleur, mais
optimisent les opérations tout en préservant leur place.
Un expert explique : “L'Industrie 5.0 est une évolution future conçue pour utiliser la créativité
des experts humains travaillant ensemble avec des machines efficaces, intelligentes et
précises.”
Journal of Industrial Information Integration 26 - Journal académique (autour de 15 pages, avec une bibliographie)
Un autre ajoute : “Les cobots, par exemple, peuvent travailler aux côtés des humains pour des
tâches répétitives ou dangereuses.”
Julian Muller Experte Commission Européenne - Rapport d’expert
Enfin, un troisième expert souligne : “Cependant, une nouvelle révolution industrielle se profile
à l’horizon, visant à améliorer la vie des travailleurs grâce à la technologie plutôt que de les
remplacer par des robots.”
Jean-Philippe Raiche - Presse spécialisée, grand public
Cette classe est pour la collaboration homme-robot et automatisation
Si la Classe B a mis en évidence la synergie entre les humains et les robots, la Classe C élargit
cette perspective en abordant les enjeux plus vastes de la transformation technologique et
industrielle, tout en intégrant les préoccupations sociales et environnementales dans le cadre
de l'industrie 5.0.
La Classe C, que j’ai intitulée "Les Ambassadeurs de l’industrie résiliente et durable", met
en lumière l'ampleur des transformations technologiques et industrielles introduites par
l'industrie 5.0.
Les termes révolution industrielle, industrie, et technologie montrent que cette classe est
centrée sur l'intégration massive de nouvelles technologies comme l'intelligence artificielle, les
robots collaboratifs, et la numérisation des processus.
Ces innovations redéfinissent les systèmes de production, en phase avec les principes de la
quatrième révolution industrielle.
Cependant, cette transformation ne se limite pas à une simple augmentation de l'efficacité
technologique. Elle inclut également des préoccupations environnementales et sociales, avec
un intérêt marqué pour la résilience et la durabilité.
Les discussions dans cette classe montrent une volonté de construire une industrie qui soit
non seulement plus productive, mais aussi capable de s'adapter aux crises et de répondre aux
enjeux écologiques.
52
Comme l'a expliqué un expert : “La viabilité, la durabilité, l'humain et la résilience deviennent
intégrés dans l'Industrie 5.0.”
Dmitry Ivanov (École d'économie et de droit de Berlin) - Journal académique (autour de 15 pages, avec une
bibliographie)
Un autre précise : “Un autre avantage intéressant de l'Industrie 5.0 est la fourniture de solutions
plus vertes par rapport aux transformations industrielles existantes, aucune ne se concentrant
sur la protection de l'environnement naturel.”
Journal of Industrial Information Integration 26 - Journal académique (autour de 15 pages, avec une bibliographie)
Enfin, un troisième expert souligne : “Outre les avantages dans le secteur manufacturier,
l'industrie 5.0 profite également à la durabilité car elle vise à développer un système durable
fonctionnant à l'énergie renouvelable.”
Journal of Cloud Computing, Amr Adel - Journal académique (autour de 15 pages, avec une bibliographie)
La discussion des résultats AFC
Les résultats de cette AFC confirment plusieurs tendances importantes qui émergent dans la
littérature sur l'industrie 5.0 et répondent à la question de recherche de ce mémoire.
En confrontant ces résultats à d'autres études, plusieurs points clés peuvent être discutés :
L’équilibre à trouver entre l’automatisation et l’emploi :
La Classe A montre que l'emploi et les préoccupations liées au travail restent au cœur des
discussions sur l'industrie 5.0. Ce constat est largement en phase avec les recherches
actuelles, qui soulignent que l'automatisation, bien qu'elle puisse remplacer certaines tâches,
crée également de nouvelles opportunités pour les travailleurs ayant des compétences
adaptées. Cependant, cela nécessite des investissements dans la formation continue pour
que les travailleurs puissent évoluer avec la technologie. (Ru, 2016) (Ivanov, 2023)
Le modèle de collaboration Homme-Robot pour l’industrie 5.0:
Les résultats de la Classe B renforcent l'idée que l'industrie 5.0 repose sur une collaboration
étroite entre les humains et les robots. Cette synergie permet de maximiser l'efficacité tout en
assurant un environnement de travail plus sécurisé et ergonomique.
Des études récentes confirment que les cobots et autres technologies collaboratives sont un
pilier essentiel de cette nouvelle ère industrielle, aidant à réduire les tâches répétitives tout en
préservant le rôle de l'humain dans des fonctions de supervision et de prise de décision.
La transformation industrielle et la durabilité :
La Classe C montre que l'industrie 5.0 est perçue comme une véritable révolution
technologique et industrielle, marquant une rupture avec les paradigmes de l'industrie 4.0.
En effet, l'introduction massive de nouvelles technologies est couplée à des exigences
croissantes en matière de durabilité et de gestion éthique des ressources. Les entreprises sont
donc amenées à revoir leurs modèles de production pour allier innovation technologique,
responsabilité sociale, et respect de l'environnement.
53
La Conclusion de l’analyse AFC
L'analyse, l'interprétation et la discussion des résultats montrent que l'industrie 5.0, bien que
centrée sur les avancées technologiques, s'efforce de concilier l'automatisation avec une
approche humano-centrique.
Les résultats de cette AFC confirment que pour réussir cette transition, il est crucial de
trouver un équilibre entre l'innovation technologique, la préservation des emplois, et
l'intégration des préoccupations sociales et environnementales.
L'industrie 5.0 offre donc une opportunité de transformer la production industrielle tout en
maintenant un focus sur l'humain et la durabilité, répondant ainsi aux enjeux posés par ma
question de recherche.
54
Le Cinquième Chapitre : Les enseignements tirés de cette
étude
17 Les propositions pour les usines manufacturières
Pour concilier les impératifs technologiques et humains, les usines doivent adopter des
stratégies qui priorisent le bien-être des employés tout en intégrant des objectifs de durabilité.
Cela inclut la promotion de la collaboration homme-machine, en mettant l'accent sur
l'ergonomie et la sécurité dans l'interaction avec les robots. De plus, des initiatives pour
renforcer la diversité et l'inclusion dans les processus de décision sont essentielles pour
maintenir un environnement de travail sain.
Les usines doivent mettre en place des programmes de formation continue qui permettent aux
employés d'acquérir les compétences nécessaires pour travailler avec les nouvelles
technologies. Cela inclut des formations sur l'utilisation des systèmes automatisés, des robots
collaboratifs, ainsi que sur la gestion des données. Ces programmes doivent également offrir
des perspectives d'évolution de carrière et de requalification pour éviter la marginalisation des
employés dans un environnement en constante évolution.
18 Les implications pour les politiques publiques
Les gouvernements et les institutions doivent jouer un rôle actif dans la promotion de l'industrie
5.0 en soutenant financièrement et politiquement les initiatives d'innovation technologique.
Cela implique de subventionner la recherche et développement dans les technologies
d'automatisation, tout en garantissant que ces avancées ne nuisent pas à l'emploi. Les
institutions doivent également faciliter la collaboration entre le secteur privé, les chercheurs et
les syndicats pour assurer une transition équilibrée vers un modèle industriel plus automatisé
et numérique.
Les politiques publiques doivent encourager les entreprises à adopter des pratiques
responsables, en les incitant à investir dans la formation des employés et en promouvant des
pratiques de travail durables. Des incitations fiscales ou des programmes de soutien
pourraient être mis en place pour encourager l’embauche et la rétention de travailleurs dans
des rôles transformés par la technologie. Par ailleurs, les lois doivent garantir des protections
pour les employés en matière de santé et de sécurité dans des environnements fortement
automatisés.
19 Les perspectives de recherche futures
Les futures recherches devraient explorer comment les différentes industries intègrent
l'industrie 5.0 et quelles sont les meilleures pratiques pour équilibrer la technologie avec les
besoins humains. Il serait pertinent d'étudier plus en profondeur les impacts psychologiques
et sociaux de la collaboration homme-robot, ainsi que l'évolution des compétences requises.
De plus, une analyse comparative entre les pays et les secteurs pourrait révéler des tendances
globales et des stratégies optimales pour la transformation industrielle.
Les études futures pourraient également se concentrer sur les nouvelles technologies
émergentes comme l'intelligence artificielle avancée, la réalité augmentée et la blockchain, et
examiner comment ces innovations pourraient transformer les processus de production et les
relations de travail. Les recherches devraient aussi évaluer les conséquences économiques
et éthiques de ces innovations, en termes d'emploi, de compétitivité et de durabilité.
55
20 La conclusion
L'étude a démontré que l'industrie 5.0 propose un modèle qui va au-delà de l'automatisation
pure, en replaçant l'humain au centre des processus industriels. La transition vers des
technologies plus avancées, tout en intégrant les préoccupations environnementales et
sociales, a des impacts profonds sur les modes de travail, la formation, et l'organisation des
usines. Les entreprises doivent s'adapter en plaçant le bien-être des employés et la durabilité
au cœur de leur stratégie.
La transition vers l'industrie 5.0 ne peut se limiter à l'optimisation des processus
technologiques. Il est essentiel que cette transformation prenne en compte les enjeux humains
et sociétaux, en veillant à préserver et créer des emplois, tout en intégrant des pratiques
respectueuses de l’environnement. La collaboration entre humains et machines, l'adaptation
des compétences, et le soutien des politiques publiques seront essentiels pour que l'industrie
5.0 réussisse à concilier innovation technologique et responsabilité sociale.
56
21 Bibliographie
Adel, A. (2022). Future of industry 5.0 in society: human-centric solutions, challenges and prospective
research areas. Journal of Cloud Computing, pp. 11(1), 40.
Ashwani Sharma, B. J. (2020, SEPTEMBRE). Evolution of Industrial Revolutions: A Review.
International Journal of Innovative Technology and Exploring Engineering (IJITEE), pp.
Volume-9 Issue-11,.
Ghobakhloo, M., Iranmanesh, M., Tseng, M. L., Grybauskas, A., & Stefanini, A. &. (2023). Behind the
definition of Industry 5.0: A systematic review of technologies, principles, components, and
values. Journal of Industrial and Production Engineering.
Ivanov, D. (2023). The Industry 5.0 framework: viability-based integration of the resilience,
sustainability, and human-centricity perspectives. International Journal of Production
Research, pp. 61(5), 1683-1695.
Julian Müller, C. e. (2020). Enabling Technologies for Industry 5.0. Luxembourg: office of the European
Union.
Morteza Ghobakhloo, M. I.-L. (2023). Behind the definition of Industry 5.0: a systematic review of
technologies, principles, components, and values. Journal of Industrial and Production
Engineering.
Nahavandi, S. (2019, August 13). Industry 5.0—A Human-Centric Solution. Institute for Intelligent
Systems Research and Innovation, Deakin University.
Rodolphe, G., & Guilhem, O. (2020). L'intelligence artificielle, avec ou contre nous ? La Documentation
française.
Ru, N. L. (2016). L’effet de l’automatisation sur l’emploi : ce qu’on sait et ce qu’on ignore. Département
Travail Emploi Compétences France Stratégie.
Sauvajol-Rialland, C. (2016). Infobésité : comprendre et maîtriser la déferlante d’informations.
Vuibert.
57
22 ANNEXE
Prompt avec chatGpt
En tant que chercheur en management, j'étudie l’industrie 5.0. J’ai des données collectées dans des
articles scientifiques, des articles de la presse, à partir des témoignages d'experts, de consultants
postés sur le net, par entretien auprès d'utilisateurs. Ces données ont été retranscrites
Peux-tu lire ce fichier, puis : 1/ Rédige une synthèse en 10 lignes 2/ Liste les principaux thèmes (de 3
thèmes à 6 thèmes)3/Décrit en quelques lignes chaque thème 4/Propose un verbatim représentatif
du thème
Synthèse en 10 lignes
L'industrie 5.0 représente une évolution de l'industrie 4.0, en mettant un accent particulier sur la
collaboration entre l'humain et les technologies avancées comme l'intelligence artificielle, les cobots
et l'automatisation intelligente. Cette nouvelle ère vise à créer des processus de fabrication plus
personnalisés et durables, tout en préservant l'importance du facteur humain. Les témoignages et
articles soulignent l'importance de la résilience, de la durabilité, et de l'efficacité dans les chaînes de
production, ainsi que la nécessité d'une meilleure intégration de l'humain dans un environnement de
plus en plus numérique. L'objectif est d'allier la technologie et la créativité humaine pour une
production plus efficiente et adaptée aux besoins actuels.
Principaux Thèmes
1. Collaboration Humain-Technologie
2. Personnalisation et Flexibilité
3. Durabilité et Résilience
4. Automatisation Intelligente
5. Rôle de l'Intelligence Artificielle
6. Intégration de l'Humain dans les Processus Numériques
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