Mémoire de fin d’études Vers l’industrie 5.0 : Concilier Automatisation, Emploi, et Durabilité SocioEnvironnementale dans les Processus de Production André Rodrigue ALIALABI Directeur de mémoire : Mme Florence LAVAL Responsable de formation : Mme Florence LAVAL Membres du JURY : Florence LAVAL, Anne KRUPICKA Date de soutenance : 23 septembre 2024 à Poitiers Master 2 en Management et Administration des Entreprises (formation continue) Année 2023 – 2024 Public Les remerciements ............................................................................................................................... 3 L’introduction ......................................................................................................................................... 4 La Première Partie : La conceptualisation et les enjeux de l’industrie 5.0 ......................... 5 Le Premier Chapitre : La conceptualisation de l'Industrie 5.0 .................................................... 5 1 De la première à la quatrième révolution Industrielle .............................................................. 5 2 L’origine, la définition et les fondamentaux de l'Industrie 5.0 ................................................ 7 2.1 L’origine de l’industrie 5.0 : le parcours vers une nouvelle révolution industrielle ...... 7 2.2 La définition ........................................................................................................................... 9 2.3 Les principes fondamentaux de l'industrie 5.0 ................................................................. 9 3 Le résumé du premier chapitre................................................................................................. 10 Le Deuxième Chapitre : Les enjeux humains et Sociétaux dans l'Industrie 5.0 : La préservation de l’emploi et l’intégration des préoccupations environnementales et sociales 11 4 Les nouveaux défis de l'emploi................................................................................................. 11 4.1 L’automatisation et remplacement des emplois ............................................................. 11 4.2 Les nouvelles compétences et formations nécessaires ............................................... 11 5 Le bien-être des travailleurs ...................................................................................................... 12 5.1 Les conditions de travail et la qualité de vie ................................................................... 12 5.2 La santé mentale et physique dans un environnement automatisé ........................... 12 6 Les impacts Sociétaux ............................................................................................................... 13 6.1 L’inégalités et l’accès à l'emploi ........................................................................................ 13 6.2 Le rôle de l'éducation et de la formation continue ......................................................... 13 7 Le résumé du deuxième chapitre ............................................................................................. 14 Le troisième chapitre : L’observation d’une usine manufacturière : Les défis de la conciliation entre la transformation digitale et modes de travail industriels............................... 15 8 La présentation du groupe Schneider Electric ....................................................................... 15 9 Présentation de l'Usine et du Contexte ................................................................................... 16 9.1 Mise en Œuvre des Technologies de l'Industrie 5.0 ...................................................... 18 9.2 Les initiatives humaines et sociétales ............................................................................. 19 10 Le résumé du troisième chapitre .......................................................................................... 20 La deuxième partie : La méthodologie, le résultat et la discussion ................................... 21 Le quatrième chapitre : La méthodologie de recherche ............................................................ 21 11 La méthodologie ..................................................................................................................... 21 12 La collecte de données .......................................................................................................... 22 12.1 La première phase : La collecte des données internes ................................................ 22 1 12.2 La deuxième phase : La collectes des données externes ........................................... 23 12.3 Le corpus de données de l’étude ..................................................................................... 26 Le Quatrième Chapitre : L’analyse, l’interprétation et la discussion des Résultats ...... 27 13 L’analyse des données collectées en internes ................................................................... 27 14 L’analyse des données externes .......................................................................................... 36 15 L’analyse du corpus des données (internes et externes) ................................................. 45 16 L’interprétation des Résultats par rapport à la question de recherche ........................... 51 Le Cinquième Chapitre : Les enseignements tirés de cette étude........................................... 55 17 Les propositions pour les usines manufacturières ............................................................ 55 18 Les implications pour les politiques publiques ................................................................... 55 19 Les perspectives de recherche futures ............................................................................... 55 20 La conclusion........................................................................................................................... 56 21 Bibliographie ............................................................................................................................ 57 22 ANNEXE ..................................................................................................................................... 58 2 Les remerciements Je tiens à exprimer toute ma gratitude à l’ensemble des personnes qui ont contribué au succès de cette étude. J’adresse mes sincères remerciements à Mme Florence LAVAL, responsable de formation et directrice de ce mémoire. Enfin, je tiens à remercier mes camarades de la promotion pour leur solidarité, qui m’a été d’une grande aide dans la réalisation des différents travaux et des études pendant toute l’année académique. 3 L’introduction La cinquième révolution industrielle aussi appelée « industrie 5.0 » est une nouvelle ère industrielle attendue pour compléter et succéder à l’industrie 4.0. Elle vise l’atteinte d’une production plus efficiente et mieux adaptée aux besoins de la société, en se fondant principalement sur trois piliers : la durabilité, la résilience et l’humain. Tandis que l’industrie 4.0 se distingue par l’exploitation des équipements ou objets connectés, l’intelligence artificielle et l’automatisation pour créer des usines intelligentes, où les machines, produits et systèmes communiquent en temps réel, optimisant la production et réduisant les coûts. Dans l’industrie 5.0, l’homme décide de tout, et organise une collaboration harmonieuse avec les machines. Ainsi, les intérêts humains doivent être d’abord pris en compte avant tout ; et l’humain est placé au centre de tous les processus. Cette révolution embarque avec elle toutes les nouvelles technologies qui ont un fort potentiel de remplacer l’homme dans son travail. Tout semble alors se conjuguer pour supprimer ou modifier des emplois dans nos sociétés où la question du travail a une place fondamentale. Ce mémoire explorera les impacts de l’industrie 5.0 sur l’emploi dans le secteur manufacturier ayant déjà atteint le niveau 4.0. À travers ma recherche, je tenterai d'apporter une réponse à la question suivante : Comment l’industrie 5.0 peut-elle concilier les avancées technologiques qui tendent à automatiser davantage les processus de production avec la nécessité de préserver et de créer des emplois, tout en intégrant des préoccupations environnementales et sociales au centre de son développement ? Dans la première partie, je vais aborder la conceptualisation de l'industrie 5.0, en explorant ses origines, ses principes fondamentaux. Je traiterai ensuite des enjeux humains et sociétaux, en mettant l'accent sur les défis posés à l'emploi, le bien-être des travailleurs, et les impacts sociaux. Enfin, j'examinerai l'état actuel des usines dans mon environnement de travail face à cette transition. Dans la seconde partie, je décrirai la méthodologie de cette recherche, reposant sur une approche qualitative, ainsi que les outils de collecte et d'analyse des données utilisés. Enfin, j’aborderai l’analyse des résultats, avant de formuler des propositions et perspectives pour l’industrie 5.0. 4 La Première Partie : La conceptualisation et les enjeux de l’industrie 5.0 Le Premier Chapitre : La conceptualisation de l'Industrie 5.0 1 De la première à la quatrième révolution Industrielle Du 18 siècle à ce jour, le monde compte quatre grandes révolutions industrielles. Successivement dénommées industrie 1.0 pour la première, jusqu’à 4.0 aujourd’hui. Chaque révolution industrielle a façonné progressivement l’industrie manufacturière par des innovations technologiques significatives. A la fin du 18e siècle, la Première Révolution Industrielle (Industrie 1.0) introduit la machine à vapeur. Cette innovation a permis de transformer le travail manuel en production mécanisée. La machine à vapeur, initialement utilisée pour pomper l'eau des mines, a été adaptée pour entraîner des machines dans les usines, notamment dans l'industrie textile. Cette révolution a marqué le passage de l'énergie hydraulique et animale à une énergie mécanique plus puissante et flexible. Ce progrès a largement contribué à l'augmentation marquée de la productivité et de la capacité de production, transformant les petites entreprises en grandes usines, tout en donnant naissance au concept d'entrepreneuriat industriel. Un siècle après, précisément à la fin du 19e siècle la Deuxième Révolution Industrielle (Industrie 2.0) se distingue par l’électrification et la production de masse. L’électricité comme source principale d’énergie est déployé dans les usines. Cela a également entraîné un progrès organisationnel grâce à l'implémentation des chaînes de montage par Henry Ford dans l’industrie automobile. Une prouesse qui a permis une réduction considérable des coûts et une augmentation de la vitesse de production. Cette période du 19e siècle au 20e siècle a favorisé l’émergence de grandes entreprises industrielles, augmenté la productivité à grande échelle et la globalisation des marchés. Ces avancés technologique en également favorisé la recherche et le développement dans les entreprises. Ensuite, dans les années 1970, la Troisième Révolution Industrielle (Industrie 3.0) a émergé avec l'automatisation et l'informatique. Les technologies de l’information et des systèmes automatisés sont implémentés dans les usines, permettant ainsi l’exploitation des processus automatisé, plus sûrs et plus efficaces ; sans intervention humaine. Tout cela, grâce à l’introduction de l’électronique et des technologies informatiques dans la production avec des automates programmable. Pendant cette période, la réduction des coûts de production a été favorisée, tout comme la mondialisation due à l'automatisation et à la gestion de la chaîne d'approvisionnement. D'autre part, cela a permis le développement des systèmes de fabrication assistée par ordinateur, favorisant une plus grande flexibilité et personnalisation des produits. (Ashwani Sharma, 2020) 5 En ce qui concerne la Quatrième Révolution Industrielle (Industrie 4.0), elle a débuté dans les années 2010, et est encore active jusqu'aujourd'hui ; se distinguant par l’usage des innovations clés telles que les cyber-systèmes physiques et l'internet des objets connectés. Ces technologies facilitent l’intégration des systèmes cyber-physiques dans des processus de production connectés via internet, permettant une communication en temps réel entre les machines, les produits et les systèmes. Cette période est significativement marquées par la transformation des processus industriels en écosystèmes intelligents et autonomes grâces aux produits des technologies clés telles que : le big data, l’intelligence artificielle (IA), le cloud computing et l’internet des objets connectés (IoT). Les chaines de production se sont transformées en "usines intelligentes" ou encore "smart factory" capables de s'adapter rapidement aux besoins du marché, tout en optimisant la production et réduisant les coûts. Cette révolution pose également des défis en matière de sécurité informatique, de compétences techniques et de gestion des impacts sociaux, tels que les pertes d'emplois dues à l'automatisation. En résumé, ces quatre révolutions industrielles ont chacune joué un rôle capital dans la transformation des méthodes de production, poussant constamment les limites de la technologie et modifiant profondément les structures économiques et sociales. Figure 1 : Les évolutions industrielles de 1.0 à 4.0 6 2 L’origine, la définition et les fondamentaux de l'Industrie 5.0 2.1 L’origine de l’industrie 5.0 : le parcours vers une nouvelle révolution industrielle L'industrie 5.0 prend sa source dans les limites de l'automatisation massive mise en place par l'industrie 4.0, qui s'appuyait sur des technologies telles que la robotique, l'intelligence artificielle et la numérisation pour maximiser la productivité et l'efficacité des processus de production. Bien que ces avancées aient considérablement optimisé les opérations industrielles, elles ont également soulevé des défis d'ordre humain, social et environnemental. D'une part, l'accent mis sur l'automatisation a éloigné les travailleurs des processus décisionnels, réduisant leur rôle à des tâches de supervision. D'autre part, l'impact croissant de l'activité industrielle sur la planète, contribuant à la pollution, au réchauffement climatique et à la surexploitation des ressources, a exacerbé les préoccupations liées à la durabilité. Figure 2 : les évolutions industrielles de 1.0 au 5.0 Face à ces enjeux, l'industrie 5.0 est née de la nécessité de réhumaniser les systèmes industriels en mettant l'accent sur la collaboration homme-machine. Cette nouvelle approche vise à rééquilibrer l'innovation technologique avec les besoins humains, en intégrant des pratiques plus durables et résilientes. En se concentrant sur le bien-être des travailleurs et sur la responsabilité écologique, l'industrie 5.0 cherche à répondre aux défis contemporains en créant une industrie capable d'harmoniser efficacité technologique et respect des impératifs sociaux et environnementaux. Les exemples cités dans le tableau (Tableau 1 : Exemple des avancées technologiques qui sont en conflits avec les besoins sociétauxFigure 2 : les évolutions industrielles de 1.0 au 5.0) montrent comment certaines avancées technologiques de l'industrie 4.0 peuvent, paradoxalement faire surgir des préoccupations sociétales, telles que : - La sécurité de l’emploi et la cohésion sociale - La protection de l’environnement pour répondre à l’aggravation des problèmes écologiques - La durabilité et les déséquilibres dans le commerce mondial. 7 C’est alors que la transition vers l'industrie 5.0 vise à répondre à ces préoccupations en recentrant l'industrie sur des valeurs humaines et sociétales. Le tableau ci-dessous présente 5 typologies des avancées technologiques qui sont progressivement rentrées en conflit avec les besoins sociétaux. Avancée technologique Conflit sociétal Menace sur l'emploi Automatisation, IA et Robotisation Biais et discriminations dans les décisions automatisées Besoin sociétal Garantir l'emploi et assurer la reconversion professionnelle Utilisation éthique et équitable de l'IA Surveillance accrue des employés Surproduction et obsolescence programmée Optimisation de la Production et de la Logistique Augmentation des déchets et de l'empreinte carbone Dépendance à des chaînes d'approvisionnement mondiales non durables Risques accrus de cyberattaques Cybersécurité et Sécurité des Données Menaces sur la sécurité des États et des infrastructures critiques Technologies de l'Industrie 4.0 (Réalité augmentée, Réalité virtuelle, Impression 3D, Extraction de Métaux Rares) Impact écologique de l'extraction de métaux rares Dépendance excessive à la technologie dans la formation Risques liés à la production incontrôlée d'objets dangereux Isolement des travailleurs Travail à Distance et Digitalisation du Travail Protéger la vie privée des individus Promouvoir des modèles de production durables Réduire l'empreinte écologique et encourager la consommation locale Encourager des chaînes d'approvisionnement locales et résilientes Assurer la sécurité des infrastructures numériques Protéger les informations personnelles Exploitation responsable des ressources naturelles et recyclage Équilibrer l'utilisation des technologies avec des méthodes traditionnelles Réguler la fabrication additive pour éviter les abus et protéger la sécurité publique Maintenir une cohésion sociale et la qualité de vie au travail Affaiblissement de la culture d'entreprise Dégradation des relations sociales au travail Préserver des interactions humaines importantes dans un environnement de travail de plus en plus digitalisé Tableau 1 : Exemple des avancées technologiques qui sont en conflits avec les besoins sociétaux 8 2.2 La définition Selon la Commission européenne, l'industrie 5.0 se définit comme une approche industrielle qui va au-delà de l'automatisation et de l'efficacité de l'industrie 4.0 en mettant un accent particulier sur la résilience, la durabilité, et la centralité de l'humain. L'industrie 5.0 cherche à réconcilier les avancées technologiques avec les besoins sociétaux, en intégrant des valeurs telles que la durabilité écologique, l'inclusivité sociale et l'amélioration du bien-être des travailleurs. Elle favorise une collaboration étroite entre les humains et les machines, avec pour objectif non seulement d'optimiser les processus de production, mais aussi d'assurer une transition industrielle qui bénéficie à l'ensemble de la société, tout en protégeant l'environnement et en renforçant la résilience face aux crises. (Julian Müller, 2020) 2.3 Les principes fondamentaux de l'industrie 5.0 L'industrie 5.0 repose sur des principes fondamentaux qui définissent sa structure et son fonctionnement. Elle se concentre sur la collaboration entre les humains et les machines, intégrant l'intelligence humaine dans les processus automatisés pour améliorer la flexibilité et l'efficacité. Les technologies avancées telles que l'intelligence artificielle, la robotique, l'informatique cognitive, et les jumeaux numériques permettent une meilleure interaction entre les machines et les opérateurs humains. Un autre pilier clé est l'intégration de pratiques durables, avec des systèmes fonctionnant à l'énergie renouvelable et un objectif de minimiser l'impact environnemental. Contrairement à l'industrie 4.0, qui mettait l'accent sur la production de masse, l'industrie 5.0 privilégie la personnalisation des produits pour répondre aux besoins individuels des clients. L'automatisation avancée avec la robotique, les systèmes cyber-physiques et l'intelligence artificielle réduit les erreurs humaines et améliore la productivité. Le traitement des données massives (big data) et l'intelligence artificielle permettent d'analyser, d'optimiser et de prédire les performances des opérations, tandis que la formation virtuelle aide à préparer les employés à ces nouvelles technologies. La décentralisation des processus et l'intégration verticale et horizontale optimisent la coordination entre la production, la logistique, le développement produit et les partenaires de la chaîne de valeur. L'interopérabilité est essentielle pour garantir une communication fluide entre les systèmes industriels, même avec des protocoles différents. L'interconnexion modulaire offre une flexibilité accrue, permettant de réorganiser les sous-systèmes autonomes pour favoriser l'innovation et la personnalisation des produits. Enfin, l'assistance technique visant à automatiser les tâches répétitives ou non ergonomiques tout en préservant le rôle central des travailleurs humains, créant une symbiose hommemachine où la technologie soutient le travail sans le remplacer. 9 3 Le résumé du premier chapitre Ce premier chapitre retrace l’évolution des révolutions industrielles, de la première à la quatrième, afin de contextualiser l’émergence de l’Industrie 5.0. Il décrit comment chaque révolution industrielle a marqué des étapes clés dans l’automatisation et la transformation des processus industriels, conduisant aux innovations technologiques actuelles. Ensuite, le chapitre explore l’origine de l’Industrie 5.0, qui repose sur la nécessité de réhumaniser les processus après l’automatisation massive de l’Industrie 4.0. Il définit l’Industrie 5.0 comme une phase où l’homme et la machine collaborent harmonieusement, en intégrant des technologies avancées comme l’intelligence artificielle et les robots collaboratifs, tout en maintenant l’humain au centre. Enfin, les principes fondamentaux de l’Industrie 5.0 sont détaillés, avec un accent mis sur la collaboration homme-machine, la durabilité des processus, l’intégration des pratiques respectueuses de l’environnement, et l’amélioration des compétences humaines pour s’adapter aux nouvelles technologies. Après avoir posé les bases conceptuelles et technologiques de l'industrie 5.0, il est désormais essentiel de se pencher sur les enjeux humains et sociétaux qu'elle engendre, notamment en ce qui concerne la préservation de l'emploi et l'intégration des préoccupations environnementales et sociales, aspects que nous explorerons dans le deuxième chapitre. 10 Le Deuxième Chapitre : Les enjeux humains et Sociétaux dans l'Industrie 5.0 : La préservation de l’emploi et l’intégration des préoccupations environnementales et sociales 4 Les nouveaux défis de l'emploi 4.1 L’automatisation et remplacement des emplois L'automatisation croissante dans l'industrie 5.0 représente un défi majeur pour l'emploi. Contrairement à l'industrie 4.0, où l'automatisation se concentrait principalement sur les tâches répétitives, l'industrie 5.0 va plus loin en intégrant des technologies avancées, telles que l'intelligence artificielle et les robots collaboratifs (cobots), capables de remplacer certaines fonctions humaines. « En 2015, l'institut de recherche japonais Nomura associé au professeur Michael Osborne de l'université d'Oxford annonce qu'au Japon 49 % des 601 métiers analysés pourraient être remplacés d'ici 2035 par un système d'automatisation. Il faut comprendre ici par automatisation, un système robotique ou d'IA. » (Rodolphe & Guilhem, 2020) En augmentant l'efficacité et la précision des processus, ces technologies risquent de rendre obsolètes certains métiers, notamment ceux qui nécessitent des tâches manuelles ou des compétences spécifiques aujourd'hui facilement automatisables. Cela soulève des questions cruciales sur le remplacement des emplois et la manière dont les entreprises, les travailleurs et les gouvernements peuvent anticiper et gérer cette transition. « Le cabinet McKinsey va encore plus loin dans cette inflation de chiffres. Son étude du secteur manufacturier, menée en 2017 dans 46 pays, couvrant 80 % de la main-d'œuvre mondiale, annonce que 64 % des heures travaillées analysées liées à ces activités manufacturières sont déjà automatisables.» (Rodolphe & Guilhem, 2020) 4.2 Les nouvelles compétences et formations nécessaires Avec l'introduction massive de ces technologies disruptives, la demande en compétences évolue rapidement. L'industrie 5.0 exige de nouvelles qualifications, notamment dans les domaines de la programmation, de la gestion des systèmes automatisés, de l'analyse des données, et de la collaboration homme-machine. Par conséquent, il est impératif de repenser les programmes de formation pour préparer les travailleurs à ces nouvelles réalités. Les méthodes de formation virtuelle et l'apprentissage en ligne peuvent jouer un rôle clé en facilitant l'accès aux compétences technologiques requises, tout en permettant une adaptation rapide face aux besoins de l'industrie. Ainsi, l'industrie 5.0 impose une transformation continue des compétences, rendant nécessaire une formation tout au long de la vie pour s’adapter à cette évolution. 11 5 Le bien-être des travailleurs 5.1 Les conditions de travail et la qualité de vie L'intégration de l'automatisation dans les processus de production soulève également des enjeux importants liés aux conditions de travail. Si les technologies de l'industrie 5.0, telles que les cobots, sont conçues pour alléger les tâches pénibles, elles imposent également aux travailleurs de collaborer avec des machines complexes dans des environnements hautement technologiques. (Adel, 2022) Il devient alors essentiel d'assurer une qualité de vie au travail en garantissant que les nouvelles dynamiques de travail respectent les besoins humains. La flexibilité accrue et l'automatisation des tâches répétitives peuvent réduire la charge physique des travailleurs, mais il est aussi nécessaire de surveiller de près l'impact de cette transition sur leur bien-être psychologique. 5.2 La santé mentale et physique dans un environnement automatisé Travailler aux côtés de robots et d'intelligence artificielle peut générer du stress et des préoccupations liées à la sécurité de l'emploi, car les travailleurs peuvent se sentir menacés par le remplacement potentiel de leurs compétences par des machines. Par ailleurs, l'automatisation peut aussi isoler les travailleurs, diminuant les interactions sociales au sein des équipes. Figure 3 Extrait d'un trac de sensibilisation d'une organisation syndicale sur la surcharge informationnelle (digitalisation, automatisation) 12 « 4 salariés sur 10 se disent « en surcharge d’activité » et 56% d’entre eux ressentent une augmentation du volume de dossiers traité » (Sauvajol-Rialland, 2016) Il devient donc crucial de développer des politiques de soutien pour la santé mentale et physique des travailleurs. Des environnements de travail ergonomiques et des programmes de gestion du stress sont nécessaires pour garantir que l'industrie 5.0 ne se fasse pas au détriment du bien-être des employés. La technologie doit non seulement améliorer la productivité, mais aussi créer un cadre de travail sain et équilibré. 6 Les impacts Sociétaux 6.1 L’inégalités et l’accès à l'emploi Le passage à l'industrie 5.0 peut accentuer certaines inégalités. Les travailleurs n'ayant pas les compétences requises pour s'adapter aux technologies émergentes risquent d'être marginalisés, ce qui creusera davantage le fossé entre les travailleurs qualifiés et non qualifiés. De plus, l’accès à des postes dans les secteurs technologiques peut rester limité dans certaines régions ou pour certaines populations, aggravant ainsi les inégalités économiques. Il est donc primordial de mettre en place des politiques d'inclusion sociale et professionnelle pour éviter que l'industrie 5.0 ne crée une fracture entre ceux qui maîtrisent les nouvelles technologies et ceux qui en sont exclus. (Ru, 2016) (Ghobakhloo, Iranmanesh, Tseng, Grybauskas, & Stefanini, 2023) 6.2 Le rôle de l'éducation et de la formation continue Face à ces défis, le rôle de l'éducation devient essentiel. Les systèmes éducatifs et les organismes de formation doivent évoluer pour intégrer les compétences numériques et technologiques dans leurs programmes. La formation continue doit être facilitée pour permettre aux travailleurs de se requalifier tout au long de leur carrière. Cela passe par la création de parcours flexibles et adaptés aux évolutions rapides du marché de l'emploi, avec une collaboration renforcée entre les entreprises, les gouvernements et les institutions académiques. Ainsi, l'industrie 5.0 ne sera pleinement inclusive que si elle repose sur un accès équitable à la formation et à l'éducation, permettant à tous les travailleurs d'accéder aux opportunités offertes par cette nouvelle ère industrielle. (Ghobakhloo, Iranmanesh, Tseng, Grybauskas, & Stefanini, 2023) 13 7 Le résumé du deuxième chapitre Le deuxième chapitre se concentre sur les enjeux humains et sociétaux que soulève l'industrie 5.0, avec un accent particulier sur la préservation de l'emploi et l'intégration des préoccupations environnementales et sociales. D'abord, il explore les nouveaux défis de l'emploi. L'automatisation accrue remet en question la stabilité de nombreux emplois, soulevant des inquiétudes sur le remplacement des travailleurs par des machines. En réponse à ces transformations, de nouvelles compétences sont nécessaires, nécessitant des programmes de formation continue pour permettre aux travailleurs de s'adapter aux technologies émergentes. Ensuite, le chapitre aborde le bien-être des travailleurs. L'automatisation modifie non seulement les conditions de travail, mais aussi la qualité de vie, avec des impacts potentiels sur la santé mentale et physique des employés, qu’il est crucial de prendre en compte pour éviter des risques liés à la déshumanisation des processus industriels. Enfin, le chapitre se penche sur les impacts sociétaux de l'industrie 5.0, notamment sur les inégalités en matière d’accès à l'emploi et la fracture entre les travailleurs qualifiés et non qualifiés. Il souligne également le rôle crucial de l'éducation et de la formation continue pour assurer une transition inclusive vers cette nouvelle ère industrielle. Face aux défis de conciliation entre transformation digitale et préservation des emplois, mis en évidence dans la littérature, il est maintenant nécessaire d'examiner comment ces enjeux se manifestent concrètement dans mon environnement de travail. C'est dans ce cadre que le prochain chapitre, apportera un éclairage pratique sur ces problématiques. 14 Le troisième chapitre : L’observation d’une usine manufacturière : Les défis de la conciliation entre la transformation digitale et modes de travail industriels 8 La présentation du groupe Schneider Electric Entant que salarié du groupe Schneider Electric, je vais vous présenter mon environnement de travail et observer les défis de la conciliation des enjeux de l’industrie 5.0 Schneider Electric est un leader mondial dans la gestion de l'énergie et l'automatisation, avec un chiffre d'affaires de 35,9 milliards d'euros en 2023. Le groupe emploie environ 135 000 collaborateurs répartis dans plus de 115 pays. C’est une multinationale dont le siège social est situé à Rueil-Malmaison en France. Schneider Electric consacre 5 % de son chiffre d'affaires à la recherche et développement. Cela démontre son engagement en faveur de l'innovation. Les activités de l'entreprise sont diversifiées, couvrant plusieurs secteurs tels que : Répartition des activités de Schneider Electric les régies et infrastructures 20% 35% les centres de données et réseaux 30% 15% l'industrie et les machines les bâtiments résidentiels et non résidentiels Figure 4 Répartition des activités de Schneider Electric Schneider Electric en France c’est : Figure 5 Les chiffres hors CA de Schneider Electric en France 15 9 Présentation de l'Usine et du Contexte L’usine de Chasseneuil-du-Poitou est l’un des sites majeurs du groupe Schneider Electric, situé à proximité de Poitiers. D'une surface de 12 900 m², elle emploie environ 210 personnes et produit des équipements innovants dans le domaine de la gestion d’énergie et des automatismes. Figure 6 Photo entrée du bâtiment principal de l'usine Implantée depuis 1972, cette usine joue un rôle stratégique au sein du groupe, notamment en raison de sa production diversifiée et son adaptation rapide aux évolutions technologiques. Ci-dessous un panorama non exhaustif des produits fabriqué dans cette usine. Figure 7 Panorama non exhaustif des produits fabriqués 16 L’usine a aussi démontré sa résilience en adaptant rapidement ses lignes de production lors de la pandémie de COVID-19 pour fabriquer des pièces pour respirateurs, ce qui témoigne de sa flexibilité et de son engagement envers des causes sociétales. Cette capacité à répondre à des situations d’urgence souligne l'importance de son rôle non seulement dans le tissu industriel local, mais aussi dans la gestion des crises. Figure 8 Capture Ecran Extrait France 3 web "Schneider Electric à Chasseneuil-du-Poitou fabrique des pièces de respirateurs pour les hôpitaux • © Schneider Electric 17 9.1 Mise en Œuvre des Technologies de l'Industrie 5.0 L'usine de Chasseneuil-du-Poitou a amorcé une transformation digitale significative en intégrant des technologies de l'industrie 5.0 dans ses processus de production. Ces technologies incluent l’utilisation de robots collaboratifs (cobots), la digitalisation des processus avec des outils comme (des Logiciels de Suivi de Production), et l’automatisation avancée pour optimiser la productivité et la précision. Ces technologies permettent non seulement d’améliorer les performances de l’usine, mais aussi de minimiser les erreurs humaines en automatisant les tâches répétitives et en intégrant des systèmes de suivi en temps réel. Figure 9 Image d'illustration cobot et humain dans une usine : source : web (Le 20 octobre 2018 à 00:11, par Bill Fassinou) consulté le 14/09/2024 L'impact de cette automatisation se reflète dans la redéfinition de certains emplois et la création de nouveaux rôles, notamment dans la gestion des technologies numériques et la maintenance des systèmes automatisés. Des programmes de formation internes, (digitalisation pour tous, e-learning) ont permis aux employés de monter en compétences pour s'adapter à ces évolutions technologiques. Ce passage à l’automatisation permet de renforcer la position concurrentielle de l’usine tout en garantissant la continuité de l’emploi grâce à la réadaptation des travailleurs aux nouvelles technologies. 18 9.2 Les initiatives humaines et sociétales Dans le cadre de la transformation numérique, l’usine de Chasseneuil-du-Poitou intégre des initiatives qui valorisent le bien-être des employés et répondent aux enjeux sociétaux actuels. L’un des exemples notables est le programme "One Voice", qui encourage les employés à participer activement à l’amélioration des conditions de travail, en proposant des idées pour optimiser les processus et améliorer le quotidien au sein de l’usine. Ce programme s'inscrit dans une dynamique plus large de participation des employés, visant à renforcer leur engagement et leur implication. Figure 10 Extrait du rapport 2020 « one Voice » Schneider monde. (Disponible au public sur le site web de l'entreprise) Par ailleurs, l’usine a récemment organisé une "Semaine du Bien-Être", incluant des activités autour du climat, de la nutrition et du sport, démontrant son engagement pour la santé physique et mentale de ses employés. En parallèle, des initiatives écologiques telles que la réduction des consommations énergétiques, à travers l’installation de néons intelligents, s’inscrivent dans une démarche durable visant à minimiser l’impact environnemental de l’usine. Ces actions montrent une prise en compte à la fois des enjeux humains et des défis environnementaux dans le cadre de la transformation numérique de l’usine. 19 10 Le résumé du troisième chapitre Ce chapitre présente mon environnement de travail. Le groupe Schneider Electric et l’une de ses 45 usines manufacturières en Europe, l’usine de Chasseneuil-du-Poitou. Ce site de 12 900 m², avec ses 210 employés, se spécialise dans la production d’équipements de gestion d’énergie et de l’automatisation. Elle joue un rôle essentiel dans l'économie locale, notamment en créant des emplois qualifiés et en répondant aux besoins de production. Son adaptabilité est mise en avant, en particulier à travers son engagement social lors de la pandémie de COVID-19. L’usine a adopté diverses technologies de l’industrie 5.0 « sans être à ce stade reconnue comme une industrie 5.0 » par le déploiement de l'automatisation avancée et les robots collaboratifs (cobots), pour optimiser ses processus de production. Ces technologies allègent les tâches répétitives et améliorent l'efficacité tout en créant de nouveaux rôles spécialisés dans la gestion des systèmes automatisés et la maintenance des cobots. La transformation digitale a ainsi un impact sur les emplois, avec une redéfinition des rôles et une montée en compétences des employés grâce à des programmes de formation adaptés. Enfin, l’usine accorde une importance particulière aux enjeux humains et sociétaux. Des initiatives telles que le programme "One Voice" permettent aux employés de s'impliquer dans l'amélioration des conditions de travail. De plus, des actions visant à promouvoir le bien-être, comme la "Semaine du BienÊtre", et des mesures de durabilité environnementale, telles que la réduction de la consommation d'énergie, témoignent de l'engagement de l'usine à prendre soin de ses employés tout en contribuant à une industrie plus responsable. 20 La deuxième partie : La méthodologie, le résultat et la discussion Le quatrième chapitre : La méthodologie de recherche 11 La méthodologie Après avoir examiné les travaux existants dans la littérature et observé mon environnement professionnel, j'ai constaté que l'étude de mon environnement de travail ne me permet pas d'identifier le mode d'organisation déployé dans les usines (l’industrie 5.0) À travers ma recherche, je souhaite répondre à la question suivante : Comment l’industrie 5.0 peut-elle concilier les avancées technologiques qui tendent à automatiser davantage les processus de production avec la nécessité de préserver et de créer des emplois, tout en intégrant des préoccupations environnementales et sociales au centre de son développement ? Pour y répondre, j'ai collecté des données externes à mon environnement de travail pour compléter celles que j’ai pu collecter en conduisant des entretiens avec des experts de mon entreprise. Ensuite, j'ai croisé les données internes et externes afin de confronter les différents points de vue et d'enrichir mon analyse avec une plus grande quantité d'informations intégrant des dimensions supplémentaires. Enfin, la dernière étape de ma méthodologie consiste à réaliser une analyse de contenu approfondie et une interprétation des données collectées, en s'appuyant sur une approche thématique. 21 12 La collecte de données La première étape de ma méthodologie a consisté à collecter des données qualitatives afin de disposer d'une base d'analyse solide. Cette collecte de données s'est déroulée en deux phases principales : 12.1 La première phase : La collecte des données internes J'ai conduit trois (3) entretiens semi-directifs avec des experts de mon entreprise, sélectionnés en raison de leur connaissance approfondie de l’industrie manufacturière et des initiatives en lien avec l'industrie 5.0. Ainsi, les deux thèmes abordés dans notre guide d'entretien étaient : - Le partage d’expérience et connaissance de l’industrie manufacturière - L’industrie 5.0, parlez-moi de cette nouvelle révolution industrielle De ces entretiens (3 sources) : J'ai recueilli des données qualitatives sur les enjeux de l’Industrie 5.0. Il s'agit de texte issu de la retranscription des enregistrements des entretiens. N° d’entretien 1 Julie 2 Martine 3 Robert Date Durée Origine 06/06/2024 43 min Management de la Qualité & Satisfaction client 28/06/2024 50 min Transformation Globale Durable de la Chaîne d'Approvisionnement 9/07/ 2024 60 min Expert industrialisation Tableau 2 Présentation des sources internes Ces discussions ont été essentielles pour explorer les pratiques actuelles, les perceptions des avancées technologiques et les enjeux liés à l'emploi, la résilience et à la durabilité dans l’industrie manufacturière. 22 12.2 La deuxième phase : La collectes des données externes Afin de compléter les données recueillies en interne, j'ai procédé à une collecte de données externes en effectuant des recherches par mots clés dans les bases de données d’articles scientifiques, réparties de la manière suivante : - Presse spécialisée et grand public (1 source) Rapports d'experts (3 sources) Journaux académiques (6 sources) Ci-dessous se trouvent les tableaux récapitulatifs des sources de données collectées. La presse spécialisée et grand public (1 source) : Type de source Presse Spécialisée Description Origine Utilisation Principale dans l’analyse Article sur l’industrie 5.0 : L'humain comme pilier de la transformation numérique. Proaction international Illustrer l’importance de l’humain dans l’industrie 5.0 (Entreprise de conseil en gestion de la performance) Explorer les défis et opportunités économiques et sociaux. Mise en avant de l’intégration de l’humain au cœur de la transformation numérique Etayer les discussions sur l’adaptabilité et la durabilité Relier les concepts théoriques à des applications pratiques. Tableau 3 Présentation tableau 1/3 des données externes Cette source, issue de la presse spécialisée a été incluse pour apporter un éclairage plus large sur la perception publique et médiatique des tendances technologiques et de leurs impacts sociétaux. Cette source sert à contextualiser les débats autour de l'Industrie 5.0 au-delà du cadre purement académique. 23 Les rapports d'experts (3 sources) : Type de source Rapport d’expert Description Origine Identification et analyse des technologies clés qui permettront de réaliser la transition vers l'Industrie 5.0 Commission Européenne Direction Générale de la recherche et de l’innovation Unité F5 Industrie 5.0 Mise en avant des applications pratiques et leurs impacts potentiels sur l'économie et la société. Rapport d'expert Rapport d’expert Analyse sur l’effet de l’automatisation sur l’emploi Livre Blanc : L’humain comme pilier de la transformation numérique. France Stratégie Département Travail Emploi Compétences Proaction international & UTrakk Mise en avant de l’importance (Entreprise de de l'humano-centrisme, la conseil en durabilité et l'adaptabilité gestion de la dans l'Industrie 5.0 par performance) rapport à l'Industrie 4.0. Tableau 4 Présentation tableau 2/3 des données externes Utilisation Principale dans l’analyse Comprendre les technologies de l’industrie 5.0 et leurs liens avec les défis socio-économiques. Analyser les implications pour les politiques industrielles. Contextualiser l’industrie 5.0 dans l’Union Européenne. Exploiter les recommandations et perspectives de l’industrie 5.0 Contextualiser l'impact de l'automatisation sur l’emploi et mise en perspective avec l’industrie 5.0 Explorer le concept d’humano centrisme Analyser les implications socioéconomiques Comparer les industries 4.0 et 5.0 Ces trois rapports d'experts ont été utilisés pour enrichir l'analyse avec des données empiriques et des prévisions sectorielles. Ils offrent une perspective pragmatique et sont souvent le fruit de collaborations entre des chercheurs et des professionnels de l'industrie. 24 Les journaux académiques (6 sources) : Type de source Journal académique Journal académique Journal académique Journal académique Description Derrière la définition de l'Industrie 5.0 : une revue systématique des technologies, principes, composants et valeurs Revue sur l’Évolution des Révolutions Industrielles, de 1.0 à 5.0 Origine Revue scientifique “Journal of Industrial and Production Engineering” “International Journal of Innovative Technology and Exploring Engineering (IJITEE)” Utilisation Principale dans l’analyse Conceptualisation de l’industrie 5.0 Exploration des implications socioenvironnementales. Comparaison avec l’industrie 4.0 Tracer l’évolution des révolutions industrielles. Analyser les dynamiques de transformation industrielle. Comparer l’industrie 5.0 avec les révolutions antérieures. Un article de recherche complet proposant un cadre conceptuel pour l'Industrie 5.0 en intégrant résilience, durabilité et humanocentrisme dans les opérations et chaînes d'approvisionnement. international journal of production research Contextualiser les enjeux de l’industrie 5.0 Evaluer l’impact de l’industrie 5.0 dans les chaines d’approvisionnement et les 3 piliers de l’industrie 5.0 (résilience, la durabilité et l’humano-centrisme) Industrie 5.0 : Une enquête sur les technologies habilitantes et les applications potentielles Journal of Industrial Information Integration Analyser comment les avancées technologiques peuvent coexister avec la nécessité de maintenir et de créer des emplois. Décrire les technologies clés de l’industrie 5.0 (les cobots, les jumeaux numériques, l’internet de tout, la blockchain, et les réseaux 6G …) Comparer l’industrie 4.0 et 5.0 Comprendre les défis liés à la sécurité, la collaboration homme-machine et les couts associés à l’industrie 5.0 Journal académique Journal académique Article académique abordant les opportunités et des limites de l'Industrie 5.0, en se concentrant sur l'intégration de l'humain au centre de la révolution industrielle Article académique focalisé sur les avancées technologiques nécessaires à l’implémentation de l'Industrie 5.0 Journal of Cloud Computing Explorer les défis de la collaboration homme-machine Illustrer les technologies avancées Evaluer les impacts sur la durabilité et l’efficacité. Institute for Intelligent Systems Research and Innovation, Deakin University, Waurn Ponds 3216, Australia Il aborde aussi les impacts prévus sur la productivité, la durabilité, et la création d'emplois. Tableau 5 Présentation tableau 3/3 des données externes Analyser les technologies avancées (les jumeaux numériques, le robot collaboratifs, l’internet des objets) Analyser les impacts sur l'emploi, l’économie et la dynamique de travail dans l'industrie Comprendre l’importance de la durabilité et l’efficacité dans l’industrie 5.0 25 J'ai sélectionné six articles académiques, chacun d'environ 15 pages et comportant une bibliographie substantielle, pour établir un cadre théorique robuste et appuyer les arguments développés dans ce mémoire. Ces articles fournissent des analyses approfondies sur les technologies de l'Industrie 5.0, les implications économiques, et les considérations éthiques. 12.3 Le corpus de données de l’étude Le corpus total se compose de 13 sources de données d, réparties comme suit : Type de source Entretien Presse spécialisée, grand public Journal académique (autour de 15 pages, avec une bibliographie) Rapport d’expert TOTAL N 3 1 6 3 13 Le corpus de données, composé de 13 sources. Afin de procéder à une analyse du contenu de ces sources, j’ai segmenté ce corpus en 3514 phrases, considérées comme unités de signification élémentaires. Cette approche permet d’affiner l’analyse en nous rapprochant de la granularité de l’idée. Pour étudier ce corpus de données, j'ai choisi d'utiliser un logiciel d'Analyse Qualitative Assistée par Ordinateur (CAQDAS) en l’occurrence SPHINX. Ces outils facilitent la manipulation rapide et efficace de grandes quantités de données textuelles, simplifiant ainsi la segmentation, le codage et l'organisation des données, ce qui est bien plus rapide que l'analyse manuelle. 26 Le Quatrième Chapitre : L’analyse, l’interprétation et la discussion des Résultats 13 L’analyse des données collectées en internes A l’aide du logiciel d'analyse textuelle SPHINX, j’ai effectué une classification hiérarchique descendante (CHD) des données recueillies lors des entretiens. Cette méthode m’a permis de segmenter le verbatim en plusieurs classes distinctes, révélant ainsi les thèmes dominants abordés par les experts. La CHD a abouti à la formation de trois classes principales, représentant les grands axes de discussion au sein des entretiens : La Classe A : Produit, Partie, Entreprise (27%) Cette classe regroupe les termes liés aux aspects spécifiques de la production et de la gestion au sein des usines. Les mots les plus fréquemment mentionnés incluent : Produit, Partie et Entreprise. Ces termes reflètent des discussions centrées sur : - La qualité des produits - L’organisation interne - L'efficacité des processus industriels. 27 La Classe B : Gens, Chose, Industrie (44%) La deuxième classe se concentre sur les acteurs humains et les aspects industriels généraux. Les termes dominants sont : Gens, Chose et Industrie. Cette classe englobe des réflexions axées sur : - Le rôle des individus dans l'industrie - Les transformations industrielles - Les implications pour l'emploi et l'automatisation La Classe C : Personne, Question, Travail (29%) La troisième classe regroupe des termes relatifs aux préoccupations personnelles et professionnelles, tels que : Personne, Question et Travail. C’est la classe qui reflète les discussions centrées sur : - Les défis du travail - L’évolution des rôles professionnels - Les questions éthiques et sociales soulevées par les avancées technologiques. L’interprétation des résultats : Ma question de recherche vise à comprendre comment l'industrie 5.0 peut concilier les avancées technologiques avec la nécessité de préserver et de créer des emplois, tout en intégrant des préoccupations environnementales et sociales. Ces résultats offrent des éclairages importants sur ce sujet. L'analyse CHD met en évidence la manière dont les discours des experts s'articulent autour de ces trois grandes thématiques : - L’optimisation des processus de fabrication, gestion de la chaîne d'approvisionnement et qualité des produits L'impact de l'automatisation sur les travailleurs et l'organisation du travail La nature du travail et à son évolution dans l'industrie 5.0 La Classe A montre que la transformation industrielle liée à l'industrie 5.0 est axée sur l'optimisation des processus de production, avec un accent sur l'efficacité, la qualité, et la gestion des ressources. Cette vision est renforcée par l'extrait d’entretien suivant : “Pour moi, c'est également d'avoir des, des process flexibles et que demain tu puisses réadapter à certaines évolutions de produits, voire complètement de nouveaux produits.” Robert, Expert industrialisation – Entretien Cette phrase de Robert, confirme bien l’accent mis sur l’organisation interne, les produits et l’efficacité des processus industriels. 28 Cela reflète les efforts déployés pour améliorer la productivité sans compromettre la qualité, tout en répondant aux besoins des clients. Cependant, cette orientation vers l'optimisation doit s'accompagner d'une réflexion sur l'impact humain, car ces transformations technologiques ne concernent pas uniquement les processus, mais aussi les personnes impliquées. Après avoir exploré la transformation des processus de production et l'optimisation des flux industriels dans la Classe A, il est essentiel de se tourner vers l'impact direct de ces évolutions sur les travailleurs. La Classe B met en lumière les dynamiques humaines et les défis que pose l'automatisation croissante sur l'emploi et le bien-être des employés La Classe B est directement liée aux préoccupations humaines, en particulier à l'impact de l'automatisation sur les emplois et la qualité de vie des travailleurs. Les termes emploi, automatisation, et heureux révèlent des tensions entre l'automatisation croissante et la préservation du bien-être des travailleurs. Les préoccupations relatives à l'impact humain sont clairement exprimées dans les citations suivantes : “Je veux dire, mais si c'est le cas, si les gens ne se perfectionnent pas et ne s'y préparent pas, ils risquent de perdre leur emploi.” Martine Experte Dev Durable - Entretien “Donc ça demain tu as beau mettre des lignes automatisées et tout tu vois, il va me falloir des gens qui demain comprennent le process, l'assemblage de produits, donc il faudra quand même forcément des personnes pour pouvoir suivre” Robert – Extrait Entretien Ces résultats confirment que la réussite de l'industrie 5.0 ne peut se limiter à l'innovation technologique, mais doit aussi intégrer des stratégies pour soutenir les employés et répondre à leurs besoins en matière de formation, de sécurité de l'emploi, et de bien-être. Après avoir examiné la redéfinition des rôles humains dans l'environnement automatisé de la Classe C, la Classe B permet de revenir sur les préoccupations globales concernant l'automatisation et son impact sur les emplois, en mettant en avant l'importance du bien-être des travailleurs dans cette transition technologique. La Classe C met en évidence les questions fondamentales sur l'évolution du travail dans un environnement de plus en plus automatisé. Les discussions autour de la flexibilité et des tâches répétitives soulignent la nécessité de repenser l'organisation du travail pour que les robots et les humains collaborent efficacement. Les extraits d’entretiens suivants mettent explicitement en lumière les défis liés à l'innovation, tels que mentionnés par les experts. “Maintenant, la réalité de l'usine, c'est qu'on a des personnes de faibles qualifications, dont le travail, c'est de faire des mouvements répétitifs et ça c'est clair” Julie Expert Qualité & Industrie 5.0 – Entretien “On va dire de confier ça à des robots que d'avoir des personnes qui vont réaliser des tâches répétitives à non-valeur ajoutée.” Robert – Entretien 29 “Moi, je trouve ça très bien de mettre des AGV à la place d'une personne qui va venir, qui va venir charger et décharger des convoyeurs sur des stations.” Robert – Entretien Cela rejoint ma question de recherche concernant la manière dont l'industrie 5.0 peut préserver les emplois tout en automatisant certaines tâches, en redistribuant les rôles humains vers des tâches à plus forte valeur ajoutée. Chacune représentant un aspect clé de l'Industrie 5.0. La segmentation en classes distinctes permet d'identifier les priorités et les préoccupations des experts interrogés, tout en soulignant la diversité des points de vue sur les implications de l'automatisation et des nouvelles technologies dans le secteur industriel. La Discussion des résultats : Les résultats de cette CHD sont cohérents avec les recherches publiées sur l'industrie 5.0, notamment en ce qui concerne l'impact de l'automatisation sur les emplois et les dynamiques de travail. La littérature sur l'industrie 5.0 montre que l'automatisation n'entraîne pas forcément une suppression massive des emplois, mais plutôt une transformation des métiers. (Ivanov, 2023) (Ru, 2016) Les robots collaboratifs (cobots) et les technologies numériques allègent les tâches répétitives et physiques, permettant aux travailleurs de se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée, comme le montre la Classe C de mon analyse. Cependant, comme l'indiquent les termes récurrents liés à l'emploi et à la sécurité dans la Classe B, ces transformations doivent être accompagnées de formations adéquates pour éviter que les travailleurs ne se sentent menacés par la technologie. Les termes liés à la satisfaction des employés, comme heureux et bien-être, dans la Classe B sont également en accord avec les recherches actuelles qui soulignent l'importance du bienêtre des travailleurs dans un environnement fortement automatisé. Les études montrent que les entreprises qui réussissent à intégrer l'automatisation tout en maintenant de bonnes conditions de travail sont celles qui parviennent à concilier performance industrielle et satisfaction des employés. Bien que ces thèmes soient moins explicitement présents dans les résultats des analyses de ces entretiens, les préoccupations liées à la durabilité (notamment en termes de gestion des ressources) sont de plus en plus présentes dans la littérature sur l'industrie 5.0. L'accent sur la flexibilité dans la Classe C reflète également la nécessité pour les entreprises de s'adapter rapidement aux changements technologiques, tout en restant attentives aux besoins humains. 30 La Conclusion de la CHD Les résultats de la CHD mettent en évidence des dynamiques clés liées à l'industrie 5.0 dans la vision des experts de mon environnement de travail. La transformation industrielle est bien entamée, avec une focalisation sur l'optimisation des processus et l'intégration de technologies avancées. Toutefois, l'enjeu principal reste la préservation des emplois et le bien-être des travailleurs, qui doivent être au cœur de la stratégie d'automatisation. La collaboration homme-machine, la flexibilité des processus, et l'amélioration des compétences sont autant de leviers pour garantir une transition réussie vers un modèle industriel qui allie innovation technologique, durabilité, et responsabilité sociale. L’Analyse Factorielle des Correspondances (AFC) Afin de mieux comprendre les perceptions et les préoccupations liées à l'industrie 5.0, j'ai ensuite réalisé une Analyse Factorielle des Correspondances (AFC) sur les réponses recueillies lors des entretiens. Cette méthode est complémentaire à la CHD. Elle permet de visualiser les relations entre différents thèmes abordés par les experts, notamment en ce qui concerne l'automatisation, l'emploi, et la durabilité. Figure 11 Graphe AFC des données internes L'AFC offre une vue d'ensemble des discours dominants et des points de convergence ou de divergence parmi les experts, fournissant ainsi des éclairages précieux pour évaluer comment ces différents aspects peuvent être harmonisés dans le cadre de l'industrie 5.0. 31 CLASSE Classe A Classe B Classe C MOTS CLES produit, partie, entreprise, process, bon, ergonomie, manuel, compétence, client, coup, ligne, pièce, assemblage, gestion, qualité, flexible, dormant, côté, exemple, matière, fait, zone, photo, année, compte, supply, Chain, bâtiment, énergie, demain, projet, résidence, conception, brique, moteur, ton, million, euro, challenge, façon, traçabilité, capable, mono, présence, mesure, position, mauvais, reste, software, manque, propre, truc, durable, difficile, digital, lien, tête, type, final, juste, train, image, automatisé, connaissance, processus, indicateur, smart, outil, économie gens, chose, industrie, usine, emploi, besoin, heureux, numérique, approche, manière, futur, notion, ligne, temps, machine, tout le monde, échelle, automatisation, opérateur, niveau, petit, critère, bonheur, comité, cas, prêt, objectif, impact, nouveau, avenir, intelligent, processus, place, rôle, homme, talent, hybride, structure sociale, transition, valeur, impression, genre, environnement de travail travail, personne, question, donnée, terme, humain, analyse, heureux, communication, problème, tâche, répétitif, machine, compte, vie privée, faux, changement, grand, premier, nouvel, flexible, robot, non-valeur, station, valeur, position, petit, aide, volonté, culture, bonheur, moment, innovation, pratique, important, vie, impression, site, maintenance, juste, message, train, rôle, enfant, clair, lien, homme, différent, groupe, outil, technologie, transition, talent, structure sociale, argent, science, fiction, hybride, idée, simple, employé, valeur ajoutée, réunion, système, facile, positif, société, but, genre, prise, prochain, long THEMATIQUES Organisation de l'entreprise et gestion des processus Impact social et humain de l'automatisation Perceptions et défis liés au travail et à l'innovation Tableau 6 Structuration des mots, des classes et thèmes 32 L’Analyse des résultats de l’AFC) La Classe A : Organisation de l'entreprise et gestion des processus Les mots associés à cette classe indiquent une forte focalisation sur les aspects organisationnels et techniques de la production industrielle. On retrouve des termes liés à la gestion des processus, à l'efficacité, et à la structure des entreprises dans un contexte de transformation numérique. Cette classe se concentre sur : - Les aspects techniques et organisationnels de la production - La gestion des ressources et l'optimisation des processus au sein des entreprises. La Classe B : Impact social et humain de l'automatisation Les mots clés de cette classe mettent en évidence les impacts humains et sociaux de l'Industrie 5.0, tels que les changements dans les rôles des travailleurs, les nouvelles compétences requises, et les transformations dans les relations de travail dues à l'automatisation. Cela peut se résumer par une attention particulière aux implications sociales de l'industrie 5.0 notamment en ce qui concerne : - Les emplois - Les conditions de travail - L’interaction homme-machine La Classe C : Perceptions et défis liés au travail et à l'innovation : Cette classe englobe les défis et les perceptions des individus concernant l'intégration des technologies dans le lieu de travail, en particulier les questions de travail répétitif, de vie privée, et de culture d'entreprise dans un environnement de plus en plus automatisé. La classe C aborde les préoccupations individuelles et collectives concernant les conditions de travail telle que : - La gestion des données - L’impact des technologies sur la vie privée et la culture d'entreprise. 33 L’interprétation des résultats L'analyse factorielle des correspondances (AFC) que j’ai réalisée a permis de dégager plusieurs dimensions clés concernant les perceptions des experts sur l'industrie 5.0. Les principales interprétations tirées de cette analyse sont les suivantes : L'une des premières observations est la mise en évidence d'une dualité entre les termes liés à la technologie (automatisation, numérique, robot) et ceux liés à l'humain (travail, emploi, ergonomie). Cette opposition montre que les experts perçoivent l'industrie 5.0 comme un domaine où la technologie et les considérations humaines doivent être soigneusement équilibrées. L'industrie 5.0 est donc vue non seulement comme une transformation technologique, mais aussi comme un changement social où l'humain doit rester central. L'AFC montre également que les termes liés à l'organisation du travail et aux conditions de travail (travail, emploi, ergonomie, opérateur) sont fortement associés entre eux, formant un groupe distinct. Cela indique que les experts considèrent que l'impact de l'industrie 5.0 sur les conditions de travail est une préoccupation majeure. Selon ces experts, les réussites technologiques ne peuvent être pleinement réalisées que si elles sont accompagnées d'améliorations dans la gestion des ressources humaines et l'organisation du travail. Un autre groupe important révélé par l'AFC concerne les termes liés à la production et aux processus industriels (produit, usine, process). Ces termes montrent une forte concentration sur l'amélioration de l'efficacité et de la productivité à travers l'automatisation. Cette concentration indique que l'industrie 5.0 est largement perçue comme une opportunité d'optimiser les processus existants, mais cette optimisation semble être considérée en parallèle avec les préoccupations concernant l'emploi et le bien-être des travailleurs. Enfin, des termes liés à la durabilité, à la qualité, et à l'innovation apparaissent dans l'analyse, bien qu'ils soient parfois moins dominants que les termes relatifs à la production ou au travail. Cela suggère que, bien que l'accent soit mis sur l'efficacité et l'optimisation, il existe également une prise de conscience de l'importance des aspects qualitatifs et durables de l'industrie 5.0. Les experts semblent reconnaître que la durabilité et la qualité sont des critères essentiels pour que l'industrie 5.0 soit acceptée et adoptée à long terme. 34 Conclusion de l'Interprétation L'interprétation de cette analyse (AFC) révèle que les experts perçoivent l'industrie 5.0 comme une transformation multidimensionnelle, où les avancées technologiques doivent être harmonieusement intégrées avec les préoccupations humaines, organisationnelles, et durables. Il en ressort que le succès de cette nouvelle ère industrielle dépendra de la capacité à concilier les innovations techniques avec une approche humano-centrique, respectueuse des besoins des travailleurs et des exigences environnementales. Ces résultats soulignent l'importance d'une approche équilibrée pour garantir que l'industrie 5.0 soit bénéfique à la fois pour les entreprises et pour la société dans son ensemble. 35 14 L’analyse des données externes La classification hiérarchique descendante (CHD) réalisée sur le corpus des données collectées à extérieur de mon environnement de travail montre une répartition claire en trois classes majeures : La classe A : Emploi, Automatisation, Tâche (9%) Cette classe contient des termes comme : - Emploi, automatisation - Tâche, répétitif, - Compétence. Elle reflète des discussions sur l'impact de l'automatisation sur les tâches répétitives et les emplois. Les mots-clés suggèrent des préoccupations concernant la transformation des métiers et la nécessité de développer de nouvelles compétences pour s'adapter à l'automatisation croissante. La classe B : Technologie, Chaîne d'Approvisionnement, Numérique (35%) Les termes centraux de cette classe incluent technologie, numérique, chaîne d'approvisionnement, données, et système. Cela indique une focalisation sur les infrastructures technologiques et les processus logistiques dans l'industrie 5.0, où la numérisation et l'optimisation des chaînes d'approvisionnement jouent un rôle clé dans l'efficacité et la résilience industrielle. 36 La classe C : Humain, Industrie, Fabrication (57%) La dernière classe, qui représente une majorité des réponses, regroupe des termes comme humain, industrie, fabrication, robot, et production. Cela montre un intérêt pour l'impact des transformations technologiques sur l'industrie manufacturière, ainsi que la manière dont l'industrie 5.0 intègre l'humain dans ses processus de production. L’interprétation des résultats La question de recherche ce mémoire est : Comment l’industrie 5.0 peut-elle concilier les avancées technologiques qui tendent à automatiser davantage les processus de production avec la nécessité de préserver et de créer des emplois, tout en intégrant des préoccupations environnementales et sociales au centre de son développement ? La Classe A est sensible aux questions liées à l’Impact de l'Automatisation sur l'Emploi. Les termes comme emploi, automatisation, et répétitif montrent que l'automatisation des tâches répétitives soulève des inquiétudes sur la destruction d'emplois. Cependant, l'apparition des termes compétence et formation indique que l'industrie 5.0 pourrait aussi créer de nouvelles opportunités, à condition que les travailleurs reçoivent la formation nécessaire pour s'adapter aux nouvelles technologies. Ce point de vue est renforcé par les extrait suivants : “L'Industrie 5.0 promeut des emplois plus qualifiés par rapport à l'Industrie 4.0, puisque des professionnels intellectuels travaillent avec des machines.” Journal of Industrial Information Integration 26 - Journal académique (autour de 15 pages, avec une bibliographie) “tous ces emplois répétitifs seraient automatisables” Nicolas Le Ru (Département Travail Emploi Compétences France Stratégie) - Rapport d’expert “Les entreprises doivent investir dans la formation et le développement des compétences de leurs employés pour s'assurer qu'ils peuvent tirer parti des technologies de l'Industrie 5.0.” Journal of Industrial Information Integration 26 - Journal académique (autour de 15 pages, avec une bibliographie) 37 La classe B regroupe les auteurs qui s'intéressent particulièrement à la Transformation Technologique et à la Numérisation. La forte présence de termes comme chaîne d'approvisionnement, numérique, et technologie dans cette classe met en avant l'importance des infrastructures numériques dans l'industrie 5.0. Cela suggère que les technologies, telles que l'intelligence artificielle et l'Internet des objets (IoT), jouent un rôle crucial dans la modernisation des processus industriels. L'accent sur la résilience et la gestion montre que ces technologies visent non seulement l'efficacité, mais aussi la durabilité et la capacité de résistance face aux crises. “Les technologies comme les jumeaux numériques peuvent aider les médecins à donner des prescriptions personnalisées de médicaments aux patients.” Journal of Industrial Information Integration 26 - Journal académique (autour de 15 pages, avec une bibliographie) “L’humain comme pilier de la transformation numérique L’Industrie 5.0 va radicalement changer la façon dont les entreprises travaillent au cours des dix prochaines années.” LIVRE BLANC Industrie 5.0 - Rapport d’expert “L’Industrie 5.0 vise à accroître la transformation numérique des entreprises grâce à l’intégration efficace des humains et de la technologie, afin qu’ils collaborent de manière plus constructive dans un environnement sécuritaire.” LIVRE BLANC Industrie 5.0 - Rapport d’expert Classe C représente la vision d’humanisation des processus de fabrication. C’est la branche du « human-centric » le cœur même de l’industrie 5.0 qui consiste à se concentrer sur les besoins des êtres humains plutôt qu’à ceux des machines. Dans cette classe, les termes comme humain, fabrication, collaboration, et robot, indiquent que malgré l'automatisation, l'humain reste central dans l'industrie 5.0. L'accent sur la collaboration entre humains et machines, via les cobots (robots collaboratifs), suggère que l'industrie 5.0 est perçue non pas comme une menace pour l'emploi humain, mais comme une opportunité d'améliorer les conditions de travail en automatisant les tâches dangereuses ou répétitives. Pour appuyer cette interprétation, ces participants mentionnent “La collaboration entre la main-d'œuvre et les robots, ainsi que les systèmes cognitifs, permet aux industries de coordonner les processus dans la fabrication pour mettre en œuvre les besoins des clients et les changements du marché.” Journal of Industrial Information Integration 26 - Journal académique (autour de 15 pages, avec une bibliographie) “Les robots collaboratifs sont des robots conçus pour travailler en collaboration avec les humains, et cette collaboration aide à rendre les capacités humaines plus efficaces, exceptionnellement faciles à automatiser pour les individus et les petites entreprises qu'auparavant.” Journal of Industrial Information Integration 26 - Journal académique (autour de 15 pages, avec une bibliographie) 38 La discussion des résultats : Les résultats de cette CHD confirment les tendances observées dans les discussions actuelles autour de l'industrie 5.0. En comparant ces résultats à la littérature, plusieurs points peuvent être soulignés : - L’automatisation et l’emploi sont un défi pour les compétences. La technologie et la numérisation sont des moteurs pour une industrie résiliente et efficace L’Humanisation et Durabilité : Une Industrie Centrée sur l'Humain La classe A montre que l'automatisation continue de susciter des inquiétudes quant à la destruction des emplois, en particulier ceux impliquant des tâches répétitives. (Ru, 2016) Cependant, cela correspond aux études qui montrent que, si certains emplois disparaissent, l'industrie 5.0 offre aussi des possibilités de création d'emplois dans des secteurs liés à la technologie et aux nouvelles compétences, comme la programmation, la gestion de robots, ou l'analyse de données. La formation des employés sera donc cruciale pour réussir cette transition. La classe B renforce bien l'idée que la transformation numérique est au cœur de l'industrie 5.0. Des termes comme chaîne d'approvisionnement et données illustrent l'importance de la digitalisation des processus pour améliorer la résilience et l'efficacité. Ces technologies permettent une gestion plus fine des ressources et une capacité accrue à répondre aux crises, comme l'a montré la pandémie de COVID-19. Cependant, la discussion doit aussi inclure les préoccupations concernant la sécurité des données et la cybersécurité. La Classe C met en avant l'idée que l'industrie 5.0 n'est pas seulement une évolution technologique, mais aussi une révolution qui réintroduit l'humain dans la chaîne de valeur. (Nahavandi, 2019) Les robots collaboratifs, par exemple, permettent aux travailleurs de se concentrer sur des tâches à plus forte valeur ajoutée, tout en améliorant la sécurité et les conditions de travail. Cette approche favorise une industrie plus durable, tant sur le plan social qu'environnemental, en réduisant les efforts physiques et en augmentant l'efficacité énergétique des processus de production. 39 La conclusion L'analyse et l'interprétation de la CHD montrent que l'industrie 5.0, tout en introduisant des technologies de pointe comme l'intelligence artificielle et la robotique, met l'accent sur une transformation durable qui inclut l'humain dans les processus de production. La discussion montre que pour répondre à la question de recherche de ce mémoire, il est essentiel que cette nouvelle ère industrielle trouve un équilibre entre innovation technologique, création d'emplois, et durabilité. La formation des employés et la gestion des infrastructures numériques joueront un rôle clé dans cette transition. L’Analyse Factorielle des Correspondances (AFC) des données externes : L'AFC réalisée sur le corpus des données extérieures montre trois axes principaux qui structurent les discours liés à l'industrie 5.0, avec les termes répartis en trois classes distinctes. Figure 12 Graphe AFC des données externes La carte AFC restitue l'intégralité de l'information sur deux axes : - L’axe horizontal (F1) représentant 63% de l'information - L’axe vertical (F2) représentant 37%. 40 Le tableau ci-dessous résume les résultats obtenus à partir de l'AFC CLASSE Classe A Classe B Classe C MOTS CLES Emploi, automatisation, tâche, répétitif, formation, cobots, compétence, emploi, machine, robot, apprentissage, défi, nombre, augmentation, sécurité Technologie, numérique, chaîne d'approvisionnement, processus, données, système, robotique, intelligence artificielle, méthode, utilisation, innovation Humain, industrie, fabrication, résilience, durabilité, gestion, impact, créatif, production, employé, industrie, sécurité, éthique, adaptation, innovation THEMATIQUES L’impact de l'automatisation sur l’emploi. Les infrastructures technologiques et l'optimisation des processus Les aspects humains et environnementaux dans la production industrielle La durabilité et l'intégration de l'humain. Tableau 7 Organisation des classes, mots clés et thématiques (AFC données externes) La classe A : Elle regroupe les termes liés à l'emploi, à l'automatisation et aux tâches répétitives, avec des mots clés tels que : - Emploi, automatisation - Répétitif, formation - Robot, cobot et apprentissage La classe B : Cette deuxième classe se concentre sur les termes relatifs à la technologie, au numérique et à l'intelligence artificielle, avec une forte représentation des mots-clés tels que : - Robotique, système - Processus, révolution - Innovation La classe C : Enfin, la troisième classe regroupe des concepts liés à l'humain, à l'industrie et à la durabilité. Des termes tels que : - Résilience, durabilité - Gestion, impact - Employé, métier et créativité 41 Le premier discours appartient à la classe A, qui représente « les Agents du changement ». Cette classe promeut la transformation des métiers et automatisation collaborative. Elle se concentre sur les répercussions de l'automatisation sur le monde du travail, en mettant l'accent sur les tâches répétitives et le développement des compétences nécessaires pour collaborer avec des technologies telles que les cobots. La forte association des termes emploi, automatisation, et répétitif dans cette classe reflète les inquiétudes concernant l'impact de l'automatisation sur les emplois, en particulier ceux impliquant des tâches répétitives. Cela met en évidence à la fois la crainte de la perte d'emplois et la reconnaissance de l'importance de la formation et de l'adaptation des compétences pour atténuer cet impact. De plus, l'utilisation des termes tels que "cobots" (robots collaboratifs) et "apprentissage" indiquent que la formation et l'acquisition de nouvelles compétences sont pris en compte dans l’industrie 5.0 dans le cadre des solutions pour préserver l’emploi et garantir un environnement de travail collaboratif. Le deuxième discours est propre à la classe B. C’est la classe des « Optimisateurs de processus ». La "Stratégie technologique et optimisation des processus" est au cœur de ce groupe, mettant ainsi en lumière l'importance cruciale de la technologie et de l'optimisation des chaînes d'approvisionnement dans l'industrie 5.0. Elle se concentre sur la transformation numérique, intégrant des éléments clés tels que l'intelligence artificielle, la robotique et les systèmes numériques. Les termes tels que robotique, système, processus, révolution et innovation occupent une place centrale, illustrant les avancées majeures de l'industrie 5.0. Cependant, cette transformation technologique ne se limite pas à l'efficacité et à l'automatisation des processus. Elle exige une stratégie organisationnelle adaptée pour assurer l'intégration réussie de ces technologies tout en préservant les emplois et en maintenant l'humain au cœur des processus de production. La classe B met également l'accent sur la nécessité de déployer l'intelligence artificielle et les données de manière structurée afin d'optimiser les chaînes d'approvisionnement et les systèmes de production. Cette approche stratégique permet non seulement de maximiser les gains en productivité, mais aussi de garantir que ces innovations technologiques contribuent à une organisation du travail plus résiliente et flexible. Ainsi, cette classe reflète la transformation technologique profonde en cours dans l'industrie, soulignant l'importance d'une stratégie technologique bien définie pour éviter les risques liés à une automatisation mal gérée, pouvant perturber les travailleurs et les processus existants. Le troisième discours, correspondant à la classe C, c’est la classe des champions de la durabilité industrielle. L’humanisation des processus industriels et durabilité est le pivot central de leur discours. Cette classe met en avant le rôle primordial de l'humain dans les processus de production de l'industrie 5.0, tout en soulignant l'importance de la durabilité et de la responsabilité sociale et environnementale dans les stratégies industrielles modernes. 42 Les termes dominants tels que résilience, durabilité, gestion, et impact montrent que l'industrie 5.0 ne se concentre pas uniquement sur les innovations technologiques, mais intègre également des considérations éthiques et environnementales. Ces préoccupations sont devenues centrales dans les discussions autour de la transformation industrielle, indiquant que la durabilité est désormais une composante clé des processus industriels. Par ailleurs, des mots comme employé, métier, et créativité soulignent l'importance de l'humain dans cette nouvelle phase de développement industriel. Malgré l'avancée de l'automatisation, cette classe montre clairement que l'humain conserve un rôle fondamental dans les chaînes de production, notamment à travers la créativité et les compétences spécifiques que les machines ne peuvent pas remplacer. L'intégration de ces concepts reflète une transformation industrielle qui vise à concilier innovation technologique et respect des valeurs humaines et environnementales. L'industrie 5.0, telle qu'évoquée dans cette classe, ne se contente pas d'optimiser les processus et d'accroître l'efficacité ; elle se veut également un modèle de production durable et responsable, où l'humain et l'environnement occupent une place centrale. La discussion des résultats Les résultats de cette AFC confirment et complètent les conclusions d'autres études sur l'industrie 5.0. L'automatisation et la technologie sont des facteurs centraux de cette révolution industrielle, mais il est clair que l'industrie 5.0 diffère de l'industrie 4.0 en intégrant des éléments plus humains et durables. Les Impacts de l'automatisation sur l'emploi : La classe « A » montre que l'impact de l'automatisation sur l'emploi est une préoccupation majeure. Il s'agit d'un sujet largement débattu dans la littérature, (Ru, 2016) qui indique que les tâches répétitives sont les plus vulnérables à l'automatisation. Cependant, l'apparition des termes cobots et apprentissage montre que l'industrie 5.0 peut offrir des opportunités pour que les travailleurs se repositionnent dans des rôles à plus forte valeur ajoutée, notamment par le biais de la formation. La technologie et innovation : Les termes présents dans la Classe B montrent que la robotique et l'intelligence artificielle sont perçues comme des éléments moteurs de l'industrie 5.0. Cette révolution technologique est en phase avec des études récentes qui mettent en avant le potentiel de l'intelligence artificielle pour transformer les industries. Cependant, comme le montre la Classe C, l'acceptabilité sociale et la durabilité de ces innovations doivent être soigneusement considérées. (Morteza Ghobakhloo, 2023) L’Humain et durabilité : L'une des différences majeures entre l'industrie 4.0 et l'industrie 5.0, mise en évidence dans la Classe C, est l'accent mis sur l'humain et la durabilité. Les concepts de résilience et de durabilité sont des préoccupations croissantes, notamment dans un contexte où les entreprises doivent faire face à des crises globales comme le changement climatique. Les résultats montrent que l'industrie 5.0 a le potentiel d'améliorer l'efficacité tout en protégeant l'environnement et en prenant en compte les besoins des travailleurs. (Adel, 2022) 43 Résumé de l’analyse L'analyse, l'interprétation et la discussion des résultats montrent que l'industrie 5.0 est une transformation complexe qui va au-delà de la simple automatisation. Les technologies émergentes, comme la robotique et l'intelligence artificielle, sont essentielles à cette révolution, mais elles doivent être intégrées de manière à préserver l'emploi et à promouvoir une production durable. Les résultats de cette AFC confirment que pour réussir la transition vers l'industrie 5.0, il est nécessaire de prendre en compte à la fois les avancées technologiques, les impacts humains, et les enjeux environnementaux. 44 15 L’analyse du corpus des données (internes et externes) Dans cette section du mémoire, j'analyse le corpus des données. C’est l'ensemble des données collectées (internes et externes) Tout d'abord, l'analyse utilisera la méthode de la Classification Hiérarchique Descendante (CHD), puis se tournera vers l'analyse factorielle des correspondances (AFC). La Classification Hiérarchique Descendante (CHD) réalisée sur le corpus des données (extérieures et intérieures) a permis de répartir les réponses en trois classes principales, révélant ainsi des thèmes centraux autour des concepts de travail, d'automatisation, et de technologie dans le contexte de l'industrie 5.0. Figure 13: Répartition des 3 classes principales CHD corpus des données La Classe A : Emploi, gens, travail (19%) Cette classe regroupe des termes liés à l'emploi, aux personnes, et aux processus de travail. Les mots les plus fréquents sont : - Emploi - Gens, - Travail D'autres termes tels que révolution industrielle, automatisation, et compétence apparaissent également. La Classe B : Humain, robot, tâche (15%) La classe B est dominée par les termes : - Humain, - Robot, - Tâche. On y retrouve aussi les termes comme cobots, collaboration, et répétitif 45 La Classe C : Industrie, technologie, humain (66%) Cette classe est la plus vaste et regroupe des concepts liés à l'industrie et aux technologies émergentes. Les termes les plus représentés sont : - Industrie, technologie, - Humain, système, - Production, et processus. Des mots comme durabilité, résilience, efficacité, et numérique y sont aussi fortement répétés. L’Interprétation des Résultats par rapport à la Question de Recherche Ce mémoire cherche à répondre à la question suivante : Comment l’industrie 5.0 peut-elle concilier les avancées technologiques qui tendent à automatiser davantage les processus de production avec la nécessité de préserver et de créer des emplois, tout en intégrant des préoccupations environnementales et sociales au centre de son développement ? La Classe A, intitulée Emploi et travail humain dans l'industrie 5.0, se concentre sur les dynamiques humaines et organisationnelles au sein du contexte industriel. Les termes dominants, tels qu’emploi, gens, et travail, soulignent des préoccupations majeures concernant l'impact de l'industrie 5.0 sur les travailleurs et la redéfinition des emplois dans un environnement automatisé. Des mots comme révolution industrielle, automatisation, et compétence montrent que l'industrie 5.0 est perçue comme une nouvelle phase d'évolution industrielle, imposant des changements dans les processus de travail. Cependant, plutôt que de détruire les emplois, cette transformation appelle à une adaptation des compétences, afin de permettre aux travailleurs de continuer à jouer un rôle central dans un environnement de production automatisé. L'intégration de l'automatisation est donc vue comme un défi technologique, organisationnel et humain, nécessitant des efforts pour préparer les employés à cette transition et leur offrir les moyens de développer les compétences requises pour collaborer avec les nouvelles technologies. 46 La Classe B, intitulée "Collaboration Homme-Robot", met en avant la synergie croissante entre l'humain et la machine dans l'industrie 5.0. Les termes humain, robot, et tâche soulignent l'importance de l'interaction homme-robot dans les processus industriels. Plutôt que de remplacer les travailleurs, l'automatisation repositionne l'humain dans des rôles complémentaires. Des mots comme cobots, collaboration, et répétitif montrent que l'accent est mis sur l'évolution des tâches dans un environnement où machines et humains collaborent. L'intégration des cobots est perçue comme une solution pour alléger les tâches répétitives tout en maintenant l'humain au centre de la chaîne de production. Cette classe reflète un changement dans la manière dont les tâches sont partagées, permettant une collaboration efficace. La Classe C, intitulée "Transformation Technologique et Durabilité", est la plus vaste. Elle couvre 66% du corpus et met en avant la transformation numérique et technologique de l'industrie, tout en intégrant des préoccupations sociales et environnementales. Les termes principaux, tels que : industrie, technologie, humain, système, production, et processus, montrent que les discussions se sont concentrées sur l'impact des technologies émergentes sur les processus industriels et le rôle de l'humain. Ce focus souligne la nécessité d'intégrer les innovations technologiques de manière complémentaire aux compétences humaines. Des mots comme durabilité, résilience, efficacité, et numérique révèlent un fort intérêt pour une transformation numérique durable et résiliente. L'industrie 5.0, dans cette classe, ne cherche pas seulement à optimiser ses processus, mais vise aussi à intégrer des pratiques qui répondent aux enjeux environnementaux et sociaux. La discussion des Résultats Ces résultats s'inscrivent bien dans le cadre des discussions actuelles sur l'industrie 5.0. Comparés à l'industrie 4.0, qui était axée sur l'automatisation complète et l'optimisation technologique, les résultats de cette CHD montrent que l'industrie 5.0 cherche à rétablir un équilibre entre l'automatisation et la place de l'humain. L’implications pour l'emploi et les compétences : La Classe A met en avant la nécessité d'adapter les compétences face à l'automatisation croissante. Ce besoin d'adaptation est cohérent avec des études antérieures qui montrent que l'automatisation tend à transformer les emplois plutôt qu'à les supprimer totalement, à condition que les compétences humaines soient réajustées aux nouvelles technologies. L’interaction Homme-Robot : La Classe B illustre l'idée centrale de l'industrie 5.0, qui repose sur la collaboration entre humains et machines. Cela rejoint les recherches actuelles qui soulignent l'importance des "cobots" (robots collaboratifs) et des systèmes où l'humain joue un rôle essentiel dans la supervision et la prise de décision, tandis que les robots exécutent des tâches répétitives. Ce modèle d'industrie pourrait résoudre certains des défis sociaux posés par l'automatisation de masse. 47 La technologie et durabilité : La Classe C renforce l'idée que l'industrie 5.0 n'est pas seulement une transformation technologique, mais aussi une transformation vers une industrie plus résiliente et durable. Des concepts comme la résilience et la durabilité montrent que l'industrie 5.0 prend en compte les enjeux environnementaux et sociaux, en phase avec votre question de recherche. Conclusion L'analyse et l'interprétation des résultats montrent que l'industrie 5.0 ne se contente pas d'automatiser les processus, mais cherche à redéfinir le rôle de l'humain dans l'industrie, tout en tenant compte des enjeux environnementaux. La discussion des résultats, en lien avec d'autres études sur le sujet, confirme que l'industrie 5.0 a le potentiel de créer un nouveau modèle industriel où la technologie et l'humain coexistent de manière productive et durable, répondant ainsi aux préoccupations de ce mémoire. L’Analyse Factorielle des Correspondances (AFC) des résultats du corpus global L'Analyse Factorielle des Correspondances (AFC) a été réalisée sur le corpus global, englobant les données intérieures et extérieures à mon environnement de travail. La carte AFC ci-dessous, restitue 100 % de l'information, répartie sur deux axes principaux : - Axe F1 (54%) : Représente une majorité de l'information sur l'axe horizontal. - Axe F2 (46%) : Représente l'autre partie de l'information sur l'axe vertical. Figure 14 Graphe AFC (corpus des données) 48 Le tableau ci-dessous résume les résultats obtenus à partir de l'AFC CLASSE Classe A Classe B Classe C MOTS CLES Emploi, gens, travail, compétence, automatisation, tâche, opérateur, salarié, manuel, métier, répétitif, changement, formation, évolution Humain, robot, cobots, collaboration, machine, interaction, opérateur, maind'œuvre, progrès, ergonomie, collaboratif, opérateur, décision, maind'œuvre, homme, équipe, ergonomie, progrès, interaction, manuel Industrie, technologie, numérique, production, environnement, développement, processus, résilience, durabilité, automatisation, efficacité, impact, création, progrès, gestion, industrie, transformation numérique, transformation industrielle, environnement THEMATIQUES Impact de l'automatisation sur l'emploi et le travail humain. Collaboration homme-robot et automatisation collaborative dans l'industrie 5.0. Transformation numérique et durable de l'industrie, intégration des technologies émergentes et des préoccupations sociales Tableau 8 : Tableau des Classes A, B et C de l’AFC du corpus des données. La Classe A : Les termes dominants dans cette classe incluent : - Emploi - Gens - Travail La Classe B : Cette classe regroupe des termes comme : Humain - Robot, collaboration, - Automatisation et cobots. La Classe C : La Classe C regroupe des termes plus larges liés à l'industrie elle-même, notamment : - Industrie, - Technologie, - Révolution industrielle, et processus. En fonction des mots clés dominants pour chaque classe, les thématiques suivantes ont été identifiées : - La Classe A : L’Impact de l'automatisation sur l'emploi et le travail humain. - La Classe B : « La collaboration homme-robot et automatisation collaborative dans l'industrie 5.0. » - La Classe C : « La transformation numérique et durable de l'industrie, intégration des technologies émergentes et des préoccupations sociales » 49 Ainsi, chaque classe a été nommée en fonction des thématiques principales identifiées tout en s'alignant avec les enjeux de l'industrie 5.0, où l'automatisation, la collaboration entre humains et robots, et la durabilité sont au centre des transformations. Ces noms sont pour : - La Classe A : « Les Architectes de la transformation des emplois » Ils conçoivent et promeuvent des stratégies pour accompagner la transformation des emplois et adaptation des compétences. - La Classe B : « Les Catalyseurs de la synergie homme-robot » Ils jouent un rôle axé sur la promotion d’une collaboration Homme-Robot et automatisation. - La Classe C : « Les Ambassadeurs de l’industrie résiliente et durable » Ils défendent la transformation industrielle et la durabilité tout en promouvant une industrie capable de s’adapter aux crises tout en respectant les normes environnementales et sociales. Après avoir mis en évidence les principales thématiques et regroupements de termes dans l'analyse, il est désormais essentiel de procéder à l'interprétation des résultats afin de comprendre leur signification et d'en tirer des conclusions en lien avec la problématique de la recherche. 50 16 L’interprétation des Résultats par rapport à la question de recherche Ce mémoire de recherche s'intéresse à la manière dont l'industrie 5.0 peut concilier les avancées technologiques avec la préservation des emplois tout en intégrant des préoccupations environnementales et sociales. Basée sur les trois thématiques identifiées dans l'analyse, la classification des groupes met en évidence un ensemble de problématiques et de réponses à ces problématiques. Commençant par interpréter les analyses de la Classe A. C’est la classe des "Architectes de la transformation des emplois". Elle met en lumière l'impact de l'industrie 5.0 sur les travailleurs et les dynamiques d'emploi. Les termes dominants tels que « emploi, gens, et travail » montrent que cette classe est centrée sur les aspects humains et sociaux, en particulier le rôle des travailleurs dans un environnement de plus en plus automatisé. L'automatisation, bien qu'elle introduise des technologies disruptives, est perçue comme une opportunité de redéfinir les métiers, mais elle impose une nécessité d'adaptation des compétences. Ces « architectes » souligne l'importance de préparer les employés à ces transformations, en développant les compétences humaines indispensables à cette nouvelle ère industrielle. L'intégration des tâches automatisées exige une requalification continue, garantissant que les travailleurs puissent rester compétitifs dans un environnement en évolution rapide. Comme l'explique un expert : “La révolution numérique étant à la fois source de destruction, de transformation et de création d’emplois,” Nicolas Le Ru (Département Travail Emploi Compétences France Stratégie) - Rapport d’expert Un autre ajoute : “L’avenir de l’Industrie 5.0 sera défini par la capacité des organisations à s’adapter aux nouvelles technologies, à les utiliser pour créer de nouveaux produits et services pour les clients, et à former leurs travailleurs aux emplois de demain.” LIVRE BLANC Industrie 5.0 - Rapport d’expert Enfin, un troisième expert précise : “Les avantages de l'Industrie 5.0 ne concernent pas seulement l’automatisation et la robotique, mais aussi la création de nouveaux emplois et la garantie que l’humain reste au centre du processus de production.” Jean-Philippe Raiche - Presse spécialisée, grand public Cette classe est pour la transformation des emplois et l’adaptation des compétences. Après avoir exploré l'impact de l'automatisation sur l'emploi et la nécessité d'adapter les compétences des travailleurs dans la Classe A, il est essentiel d'examiner comment cette transformation s'accompagne d'une collaboration étroite entre l'humain et la machine, thème central de la Classe B." La classe B est intitulée "Les Catalyseurs de la synergie homme-robot". Elle met en avant la collaboration essentielle entre l'humain et les machines dans l'industrie 5.0. 51 Les termes comme "humain, robot, cobots, et automatisation" révèlent que cette classe est centrée sur l'intégration des robots collaboratifs (cobots) aux côtés des travailleurs, plutôt que leur remplacement. L'automatisation est perçue comme un levier permettant d'améliorer la productivité tout en maintenant l'humain au cœur des processus décisionnels. Cette classe montre que les robots ne sont plus simplement des machines autonomes, mais des partenaires dans les processus de production, prenant en charge les tâches répétitives et difficiles. Les humains restent impliqués dans des rôles décisionnels et supervisent l'automatisation, ce qui garantit que les innovations technologiques ne marginalisent pas le travailleur, mais optimisent les opérations tout en préservant leur place. Un expert explique : “L'Industrie 5.0 est une évolution future conçue pour utiliser la créativité des experts humains travaillant ensemble avec des machines efficaces, intelligentes et précises.” Journal of Industrial Information Integration 26 - Journal académique (autour de 15 pages, avec une bibliographie) Un autre ajoute : “Les cobots, par exemple, peuvent travailler aux côtés des humains pour des tâches répétitives ou dangereuses.” Julian Muller Experte Commission Européenne - Rapport d’expert Enfin, un troisième expert souligne : “Cependant, une nouvelle révolution industrielle se profile à l’horizon, visant à améliorer la vie des travailleurs grâce à la technologie plutôt que de les remplacer par des robots.” Jean-Philippe Raiche - Presse spécialisée, grand public Cette classe est pour la collaboration homme-robot et automatisation Si la Classe B a mis en évidence la synergie entre les humains et les robots, la Classe C élargit cette perspective en abordant les enjeux plus vastes de la transformation technologique et industrielle, tout en intégrant les préoccupations sociales et environnementales dans le cadre de l'industrie 5.0. La Classe C, que j’ai intitulée "Les Ambassadeurs de l’industrie résiliente et durable", met en lumière l'ampleur des transformations technologiques et industrielles introduites par l'industrie 5.0. Les termes révolution industrielle, industrie, et technologie montrent que cette classe est centrée sur l'intégration massive de nouvelles technologies comme l'intelligence artificielle, les robots collaboratifs, et la numérisation des processus. Ces innovations redéfinissent les systèmes de production, en phase avec les principes de la quatrième révolution industrielle. Cependant, cette transformation ne se limite pas à une simple augmentation de l'efficacité technologique. Elle inclut également des préoccupations environnementales et sociales, avec un intérêt marqué pour la résilience et la durabilité. Les discussions dans cette classe montrent une volonté de construire une industrie qui soit non seulement plus productive, mais aussi capable de s'adapter aux crises et de répondre aux enjeux écologiques. 52 Comme l'a expliqué un expert : “La viabilité, la durabilité, l'humain et la résilience deviennent intégrés dans l'Industrie 5.0.” Dmitry Ivanov (École d'économie et de droit de Berlin) - Journal académique (autour de 15 pages, avec une bibliographie) Un autre précise : “Un autre avantage intéressant de l'Industrie 5.0 est la fourniture de solutions plus vertes par rapport aux transformations industrielles existantes, aucune ne se concentrant sur la protection de l'environnement naturel.” Journal of Industrial Information Integration 26 - Journal académique (autour de 15 pages, avec une bibliographie) Enfin, un troisième expert souligne : “Outre les avantages dans le secteur manufacturier, l'industrie 5.0 profite également à la durabilité car elle vise à développer un système durable fonctionnant à l'énergie renouvelable.” Journal of Cloud Computing, Amr Adel - Journal académique (autour de 15 pages, avec une bibliographie) La discussion des résultats AFC Les résultats de cette AFC confirment plusieurs tendances importantes qui émergent dans la littérature sur l'industrie 5.0 et répondent à la question de recherche de ce mémoire. En confrontant ces résultats à d'autres études, plusieurs points clés peuvent être discutés : L’équilibre à trouver entre l’automatisation et l’emploi : La Classe A montre que l'emploi et les préoccupations liées au travail restent au cœur des discussions sur l'industrie 5.0. Ce constat est largement en phase avec les recherches actuelles, qui soulignent que l'automatisation, bien qu'elle puisse remplacer certaines tâches, crée également de nouvelles opportunités pour les travailleurs ayant des compétences adaptées. Cependant, cela nécessite des investissements dans la formation continue pour que les travailleurs puissent évoluer avec la technologie. (Ru, 2016) (Ivanov, 2023) Le modèle de collaboration Homme-Robot pour l’industrie 5.0: Les résultats de la Classe B renforcent l'idée que l'industrie 5.0 repose sur une collaboration étroite entre les humains et les robots. Cette synergie permet de maximiser l'efficacité tout en assurant un environnement de travail plus sécurisé et ergonomique. Des études récentes confirment que les cobots et autres technologies collaboratives sont un pilier essentiel de cette nouvelle ère industrielle, aidant à réduire les tâches répétitives tout en préservant le rôle de l'humain dans des fonctions de supervision et de prise de décision. La transformation industrielle et la durabilité : La Classe C montre que l'industrie 5.0 est perçue comme une véritable révolution technologique et industrielle, marquant une rupture avec les paradigmes de l'industrie 4.0. En effet, l'introduction massive de nouvelles technologies est couplée à des exigences croissantes en matière de durabilité et de gestion éthique des ressources. Les entreprises sont donc amenées à revoir leurs modèles de production pour allier innovation technologique, responsabilité sociale, et respect de l'environnement. 53 La Conclusion de l’analyse AFC L'analyse, l'interprétation et la discussion des résultats montrent que l'industrie 5.0, bien que centrée sur les avancées technologiques, s'efforce de concilier l'automatisation avec une approche humano-centrique. Les résultats de cette AFC confirment que pour réussir cette transition, il est crucial de trouver un équilibre entre l'innovation technologique, la préservation des emplois, et l'intégration des préoccupations sociales et environnementales. L'industrie 5.0 offre donc une opportunité de transformer la production industrielle tout en maintenant un focus sur l'humain et la durabilité, répondant ainsi aux enjeux posés par ma question de recherche. 54 Le Cinquième Chapitre : Les enseignements tirés de cette étude 17 Les propositions pour les usines manufacturières Pour concilier les impératifs technologiques et humains, les usines doivent adopter des stratégies qui priorisent le bien-être des employés tout en intégrant des objectifs de durabilité. Cela inclut la promotion de la collaboration homme-machine, en mettant l'accent sur l'ergonomie et la sécurité dans l'interaction avec les robots. De plus, des initiatives pour renforcer la diversité et l'inclusion dans les processus de décision sont essentielles pour maintenir un environnement de travail sain. Les usines doivent mettre en place des programmes de formation continue qui permettent aux employés d'acquérir les compétences nécessaires pour travailler avec les nouvelles technologies. Cela inclut des formations sur l'utilisation des systèmes automatisés, des robots collaboratifs, ainsi que sur la gestion des données. Ces programmes doivent également offrir des perspectives d'évolution de carrière et de requalification pour éviter la marginalisation des employés dans un environnement en constante évolution. 18 Les implications pour les politiques publiques Les gouvernements et les institutions doivent jouer un rôle actif dans la promotion de l'industrie 5.0 en soutenant financièrement et politiquement les initiatives d'innovation technologique. Cela implique de subventionner la recherche et développement dans les technologies d'automatisation, tout en garantissant que ces avancées ne nuisent pas à l'emploi. Les institutions doivent également faciliter la collaboration entre le secteur privé, les chercheurs et les syndicats pour assurer une transition équilibrée vers un modèle industriel plus automatisé et numérique. Les politiques publiques doivent encourager les entreprises à adopter des pratiques responsables, en les incitant à investir dans la formation des employés et en promouvant des pratiques de travail durables. Des incitations fiscales ou des programmes de soutien pourraient être mis en place pour encourager l’embauche et la rétention de travailleurs dans des rôles transformés par la technologie. Par ailleurs, les lois doivent garantir des protections pour les employés en matière de santé et de sécurité dans des environnements fortement automatisés. 19 Les perspectives de recherche futures Les futures recherches devraient explorer comment les différentes industries intègrent l'industrie 5.0 et quelles sont les meilleures pratiques pour équilibrer la technologie avec les besoins humains. Il serait pertinent d'étudier plus en profondeur les impacts psychologiques et sociaux de la collaboration homme-robot, ainsi que l'évolution des compétences requises. De plus, une analyse comparative entre les pays et les secteurs pourrait révéler des tendances globales et des stratégies optimales pour la transformation industrielle. Les études futures pourraient également se concentrer sur les nouvelles technologies émergentes comme l'intelligence artificielle avancée, la réalité augmentée et la blockchain, et examiner comment ces innovations pourraient transformer les processus de production et les relations de travail. Les recherches devraient aussi évaluer les conséquences économiques et éthiques de ces innovations, en termes d'emploi, de compétitivité et de durabilité. 55 20 La conclusion L'étude a démontré que l'industrie 5.0 propose un modèle qui va au-delà de l'automatisation pure, en replaçant l'humain au centre des processus industriels. La transition vers des technologies plus avancées, tout en intégrant les préoccupations environnementales et sociales, a des impacts profonds sur les modes de travail, la formation, et l'organisation des usines. Les entreprises doivent s'adapter en plaçant le bien-être des employés et la durabilité au cœur de leur stratégie. La transition vers l'industrie 5.0 ne peut se limiter à l'optimisation des processus technologiques. Il est essentiel que cette transformation prenne en compte les enjeux humains et sociétaux, en veillant à préserver et créer des emplois, tout en intégrant des pratiques respectueuses de l’environnement. La collaboration entre humains et machines, l'adaptation des compétences, et le soutien des politiques publiques seront essentiels pour que l'industrie 5.0 réussisse à concilier innovation technologique et responsabilité sociale. 56 21 Bibliographie Adel, A. (2022). Future of industry 5.0 in society: human-centric solutions, challenges and prospective research areas. Journal of Cloud Computing, pp. 11(1), 40. Ashwani Sharma, B. J. (2020, SEPTEMBRE). Evolution of Industrial Revolutions: A Review. International Journal of Innovative Technology and Exploring Engineering (IJITEE), pp. Volume-9 Issue-11,. Ghobakhloo, M., Iranmanesh, M., Tseng, M. L., Grybauskas, A., & Stefanini, A. &. (2023). Behind the definition of Industry 5.0: A systematic review of technologies, principles, components, and values. Journal of Industrial and Production Engineering. Ivanov, D. (2023). The Industry 5.0 framework: viability-based integration of the resilience, sustainability, and human-centricity perspectives. International Journal of Production Research, pp. 61(5), 1683-1695. Julian Müller, C. e. (2020). Enabling Technologies for Industry 5.0. Luxembourg: office of the European Union. Morteza Ghobakhloo, M. I.-L. (2023). Behind the definition of Industry 5.0: a systematic review of technologies, principles, components, and values. Journal of Industrial and Production Engineering. Nahavandi, S. (2019, August 13). Industry 5.0—A Human-Centric Solution. Institute for Intelligent Systems Research and Innovation, Deakin University. Rodolphe, G., & Guilhem, O. (2020). L'intelligence artificielle, avec ou contre nous ? La Documentation française. Ru, N. L. (2016). L’effet de l’automatisation sur l’emploi : ce qu’on sait et ce qu’on ignore. Département Travail Emploi Compétences France Stratégie. Sauvajol-Rialland, C. (2016). Infobésité : comprendre et maîtriser la déferlante d’informations. Vuibert. 57 22 ANNEXE Prompt avec chatGpt En tant que chercheur en management, j'étudie l’industrie 5.0. J’ai des données collectées dans des articles scientifiques, des articles de la presse, à partir des témoignages d'experts, de consultants postés sur le net, par entretien auprès d'utilisateurs. Ces données ont été retranscrites Peux-tu lire ce fichier, puis : 1/ Rédige une synthèse en 10 lignes 2/ Liste les principaux thèmes (de 3 thèmes à 6 thèmes)3/Décrit en quelques lignes chaque thème 4/Propose un verbatim représentatif du thème Synthèse en 10 lignes L'industrie 5.0 représente une évolution de l'industrie 4.0, en mettant un accent particulier sur la collaboration entre l'humain et les technologies avancées comme l'intelligence artificielle, les cobots et l'automatisation intelligente. Cette nouvelle ère vise à créer des processus de fabrication plus personnalisés et durables, tout en préservant l'importance du facteur humain. Les témoignages et articles soulignent l'importance de la résilience, de la durabilité, et de l'efficacité dans les chaînes de production, ainsi que la nécessité d'une meilleure intégration de l'humain dans un environnement de plus en plus numérique. L'objectif est d'allier la technologie et la créativité humaine pour une production plus efficiente et adaptée aux besoins actuels. Principaux Thèmes 1. Collaboration Humain-Technologie 2. Personnalisation et Flexibilité 3. Durabilité et Résilience 4. Automatisation Intelligente 5. Rôle de l'Intelligence Artificielle 6. Intégration de l'Humain dans les Processus Numériques 58