EVALUATION DE PERFORMANCES DES RÉSEAUX Meriem Kassar Ben Jemaa [email protected] Département TIC Ecole Nationale D’Ingénieurs de Tunis FICHE DESCRIPTIVE • Objectifs généraux : – Comprendre la problématique de l’évaluation de performances des réseaux. – Rappeler et approfondir les notions des techniques de réseaux de files d’attente. – Appliquer au domaine des réseaux & télécommunications. • • • • • • Public Cible : 3ème Année, Spécialité « Télécommunications » Pré requis : Réseaux, Réseaux de files d’attente Durée : 22,5 heures Formules pédagogiques : Exposé informel, Exercices Moyens pédagogiques : Tableau, Support de cours Bibliographie : [1] B.Baynat, « Théorie des Files d’Attente, des Chaînes de Markov aux Réseaux à forme produit », 2000. [2] F.Valois, « Modélisation et Évaluation de Performances de Réseaux », INSA Lyon, 2003. [3] O.Brun& U. Ayesta, « Evaluation de Performances & Applications aux Réseaux », 2000. [4] G.Latouche, « Modèles Stochastiques des Systèmes Informatiques », Université Libre de Bruxelles, 2008. [5] S.Tohmé, R.Naja & L.Decreusefond, « Analyse quantitative de réseaux », Université Versailles-Saint Qunetin en Yvelines, 2006. CHAPITRE 1 INTRODUCTION 1. 2. 3. 4. Un système à évènements discrets ? Qu’est ce que l’évaluation de performances ? Pourquoi évaluer les performances d’un système ? Comment évaluer les performances d’un système ? 1. 2. 5. 6. 7. [1] Modélisation Analyse des performances : qualitative et quantitative Modélisation Analyse des résultats Caractérisation stochastique INTRODUCTION • Un système à évènements discrets ? Système décrit par des variables d’état discrètes Changements d’états : - sous occurrence d’évènements, - continus dans le temps, - modification discrètes des variables d’état. Par opposition aux systèmes fluides : - état décrit par des variables non entières, - variation continue dans le temps. - Exp: niveau de liquide dans un récipient Exemples : systèmes informatiques, système de production, réseaux de communication, etc. INTRODUCTION • Qu’est ce que l’évaluation de performances ? Calcul des paramètres de performances d’un système Réseaux de communication : - Temps de réponse (délai d’acheminement de bout-en-bout), - Débit des paquets. Système de production : - Débit en produits finis, - Charge d’une machine (taux d’utilisation). Guichet : - Usager : temps d’attente au guichet, - Direction : nombre de clients en attente. INTRODUCTION • Qu’est ce que l’évaluation de performances ? Paramètres de performances d’un système : débit moyen X Temps moyen de réponse R (temps d’attente + temps de service) Nombre moyen de clients Q € Taux moyen d’utilisation U € INTRODUCTION • Pourquoi évaluer les performances d’un système ? Lorsque la mesure est impossible en conception - le système n’existe pas, - dimensionnement en accord avec un certain cahier des charges, - l’expérience est insuffisante, - pour éviter le sous-dimensionnement ou le sur-dimensionnement. en exploitation - le système existe, - le modifier conception - le tester en dehors de son point de fonctionnement normal (pannes, surcharges, …) INTRODUCTION • Comment évaluer les performances d’un système ? Proposer un formalisme mathématique permettant de concentrer dans un modèle le comportement et les paramètres reproduisant au mieux le fonctionnement d’un système. Modèle = abstraction (mathématique) du système. Système plus simple ou plus petit. Ensemble d’équations. Décrit à l’aide d’un formalisme pré-établi : - Les chaînes de Markov Les réseaux de Pétri Les réseaux de files d’attente Les automates stochastiques Le GRAFCET, etc. Système Modélisation Analyse des résultats Modèle Analyse Performances INTRODUCTION • Analyse qualitative : définir les propriétés structurelles et comportementales du système : - absence de blocage (vivacité), - invariants du système, - comportement fini ou borné (stabilité). modèle fréquemment utilisé : Réseaux de Pétri. • Analyse quantitative calculer les paramètres de performances du système, analyse qualitative préalable nécessaire, modèle fréquemment utilisé : Réseaux de files d’attente. INTRODUCTION • Analyse quantitative Différentes techniques : - La simulation à évènements discrets - Reproduire pas à pas une trajectoire particulière de l’évolution du système. - Avantage : très général. - Inconvénients : très coûteux en temps de calcul, analyse des résultats délicate. - Les méthodes analytiques - Résoudre les équations associées au modèle. - Avantages : très rapides, bonne compréhension du système. - Inconvénients : très spécifiques. - Possibilité d’introduire des approximations dans la résolution : méthodes analytiques approximatives. INTRODUCTION • Modélisation Les performances obtenues sont celles du modèle et non celles du système. Cette étape est importante ! Différents modèles en fonction du degré d’abstraction. Modélisation = compromis entre précision et facilité d’analyse. Plus on complique le modèle - Plus les performances obtenus sont proches de celles du système, - Plus l’analyse est complexe, - Plus on a besoin d’informations sur le système. Plus on simplifie le modèle - Plus l’analyse est aisée, - Non linéaire. INTRODUCTION • Analyse des résultats La configuration étudiée du système répond-elle aux objectifs du cahier des charges ? OUI - L’analyse s’arrête là. - L’intuition des concepteurs était bonne. NON - Complexité du système -> expérience insuffisante. - Que faut-il faire pour que ça marche ? Analyse des résultats : - Si le modèle est simple : facile - Si le modèle est complexe : difficile Bonne compréhension du modèle est nécessaire - d’autant plus facile que le modèle est simple - Avantage des modèles analytiques Ebauche de méthodologie de modélisation - Partir d’un modèle très simple - Effectuer cette boucle d’analyse des résultats afin de configurer les paramètres de base du système - Compliquer progressivement le modèle : - Configurer les uns après les autres les différents paramètres du système - Retours en arrière possibles INTRODUCTION • Caractérisation stochastique En réalité tous les systèmes sont déterministes ! en théorie, on doit donc pouvoir prévoir l’évolution de leur comportement avec certitude (exp. le dé). en pratique, on ne dispose pas de toutes les informations nécessaires. on simplifie la caractérisation d’un système en introduisant la notion d’aléatoire : - Reflète vis à vis de l’aspect des performances, le comportement moyen du système. - Intéressant si on dispose d’outils mathématiques adaptés. Exemples : Le dé, Réseau de communication, routage des paquets, Arrivées de clients dans un système, Temps de service. CHAPITRE 2 RAPPELS/GENERALITES 1. Variables aléatoires : discrète et continue 2. Exemples de variables aléatoires 1. 2. Loi géométrique Loi de poisson 3. Loi exponentielle 3. Processus stochastiques 4. Processus de Poisson Variable Aléatoire X une variable aléatoire = variable dont la valeur dépend de l’issue d’une expérience aléatoire. X application probabilisable : (Ω, P) -> E ω -> X(ω) E : espace d’état = ensemble de valeurs que peut prendre X (peut être fini ou infini). si E est fini alors on s’intéressera à la probabilité que X prenne une de ces valeurs : P[X = x] = P[{ω ∈ Ω telqueX(ω ) = x}] pour tout x ∈ E Discrète ou Continue ? Variable Aléatoire discrète E⊂Z Variable Aléatoire continue E⊂R définie par : les probabilités d’états définie par : la fonction densité de probabilité p(n) = P[X = n] pour n = −∞...+ ∞ f X (x) pour x ∈] − ∞,+∞[ +∞ +∞ telles que ∫ f X (x)dx = 1 telles que ∑ p(n) = 1 −∞ n=−∞ P[x < X ≤ x + Δx] Δx →0 Δx f X (x) = lim € € € € f X (x) = probabilité pour que X soit comprise entre x et x+dx. Discrète ou Continue ? Une variable aléatoire est parfaitement caractérisée par sa fonction de répartition. Variable Aléatoire discrète Variable Aléatoire continue x FX (x) = ∫ f X (y)dy n FX (n) = ∑ p(k) −∞ k=−∞ soit f X (x) = € dFX (x) dx Moyenne (ou espérance mathématique) E[X] et moment d’ordre k E[Xk] +∞ +∞ E[X] = ∑ np(n) € n=−∞ E[X] = ∫ xf X (x)dx −∞ +∞ +∞ E[X ] = ∑ n p(n) k k n=−∞ k E[X ] = ∫ x k f X (x)dx −∞ Variance V[X] et Ecart type σ[X] V[X] = E[X 2 ] − (E[X]) 2 , σ [X] = V[X] €Coefficient de variation cv[X] cv[X] = σ [X]/ E[X] € Le cv (ou cv2) mesure la dispersion relative de X par rapport à sa moyenne. € Exemples de variables aléatoires La loi géométrique modifiée de paramètre a (0 < a < 1) Variable aléatoire discrète X à valeurs positives de probabilités d’état : n P[X = n] = (1− a)a pour n = 0,1,2,... X = nombre de tirages consécutifs de ‘pile’ lors du lancer d’une pièce. P[X = n] : probabilité de tirer ‘pile’ exactement n fois de suite. Où a : probabilité de tirer ‘pile’ lors d’un tirage de la pièce (truquée!). € 1-a : probabilité de tirer ‘face’. a a E[X] = et V[X] = Moyenne & Variance : 1− a (1− a) 2 Propriété « sans mémoire » : P[X ≤ n + n 0 | X ≥ n 0 ] = P[X ≤ n] € Exemples de variables aléatoires La loi de Poisson de paramètre λ Variable aléatoire discrète X à valeurs positives de probabilités d’état : n λ −λ P[X = n] = e pour n = 0,1,2,... n! Moyenne & Variance : E[X] = V[X] = λ Propriété : La somme de deux lois de Poisson indépendantes X1 et X2 € de paramètres λ1 et λ2 est une loi de Poisson de paramètre λ1 + λ2. € Exemples de variables aléatoires La loi exponentielle de paramètre λ Variable aléatoire continue T à valeurs positives de densité de probabilité : fT (t) = λ e− λt pour t ≥ 0 FT (t) = 1− e− λt pour t ≥ 0 Moyenne & cv2 : E[T] = Propriété « sans mémoire » : € 1 et cv 2 = 1 λ P[T ≤ t + t 0 | T > t 0 ] = P[T ≤ t] € « La probabilité sachant que le phénomène que mesure T ne s’est toujours pas produit au temps t0, pour qu’il se produise avant t unités de temps supplémentaires, est égale à la probabilité qu’il se € soit produit pendant les t premiers instants du phénomène. » Processus Stochastiques • Un processus stochastique {X(t)}t ∈ T est une fonction du temps dont la valeur à chaque instant dépend de l'issue d'une expérience aléatoire. • A chaque instant t ∈ T, X(t) est une variable aléatoire. • T ensemble des temps : discret ou continu. • E espace d’état = ensemble des valeurs que peut prendre X(t) à tout instant t ∈ T : discret ou continu. t T ⊂ N (ou Z) X(t) souvent noté Xn T ⊂ [0,+∞ [ (ou R) E⊂N Processus à temps discret et espace d’état discret ou Chaîne à temps discret Processus à temps continu et espace d’état discret ou Chaîne à temps continu E⊂R Processus à temps discret et espace d’état continu Processus à temps continu et espace d’état continu X(t) Processus Stochastiques • Réalisation particulière d’un processus stochastique : n∈N T ∈ [0,+∞ [ E⊂N Une suite d’entiers {xn}n ∈ Z Une fonction discontinue x(t) à valeurs entières E⊂R Une suite de réels {xn}n ∈ Z Une fonction x(t) à valeurs réelles On ne s’intéressera qu’aux processus stochastiques à espace d’état discret (chaînes). Processus Stochastiques • Un processus stochastique X à espace d’état discret est un processus de comptage ssi toute réalisation particulière de ce processus est une fonction croissante, nulle en zéro. x0 = 0 xn-1 ≤ xn ∀ n ∈ Z x(0) = 0 x(t) ≤ x(s) ∀ t < s • Pour caractériser un processus stochastique, il faut donner : P[X n = in | X n−1 = in−1, X n−2 = in−2 , ..., X 0 = i0 ] ∀n ∈ Z P[X(t n ) = in | X(t n−1 ) = in−1, X(t n−2 ) = in−2 , ..., X(t 0 ) = i0 ] ∀n ∈ Z ∀ t n > t n−1 > ... > t1 > t 0 ∈ [0,+∞[ • Afin de simplifier cette caractérisation, on se limite à des processus stochastiques possédant certaines propriétés d’uniformité : € Processus Stochastiques • Un processus stochastique X est dit à incréments indépendants ssi : les variables aléatoires Xn-Xn-1, Xn-1-Xn-2,…, X1-X0 sont indépendantes ∀ n ∈ Z les variables aléatoires X(tn)-X(tn-1), X(tn-1)-X(tn-2),…, X(t1)-X(t0) sont indépendantes ∀ n ∈ Z ∀ t n > t n−1 > ... > t1 > t 0 ∈ [0,+∞[ • Un processus stochastique X est dit stationnaire ssi : les variables aléatoires € Xn+1-Xn et X1-X0 sont distribuées selon la même loi ∀ n ∈ Z les variables aléatoires X(s+t)-X(s) et X(t)-X(0) sont distribuées selon la même loi ∀ s et t ∈ [0,+∞ [ • Pour caractériser un processus stochastique stationnaire et à incréments indépendants, il suffit de caractériser la distribution de la loi : D = Xn+1-Xn D(t) = X(s+t)-X(s) ∀ t ∈ [0,+∞ [ Processus de Poisson • Une chaîne à temps continu N (processus à temps continu et à espace d’état discret) est un processus de Poisson de paramètre λ ssi : – N est un processus de comptage, – N est un processus stationnaire et à incréments indépendants k ( λ t) – et P[N(s + t) − N(s) = k] = e− λt pour k = 0,1,2,... k! • Propriété : ∀ t, N(t) est distribué selon une loi de Poisson de paramètre λt : ( λt) k − λt P[N(t) = k] = e pour k = 0,1,2,... € k! • Propriétés élémentaires : – la probabilité qu’il n’y ait pas d’arrivée dans l’intervalle (0, t] est P[N(t)= 0] = e−λt € – la probabilité qu’il ait au moins 1 arrivée dans l’intervalle (0, t] est P [N(t) ≥ 1] = 1 − e−λt – la probabilité qu’il y ait 1 seule arrivée dans un intervalle de temps infinitésimal de durée dt est de l’ordre de λdt Arrivées poissoniennes – la probabilité qu’il y ait plus qu’1 arrivée dans un intervalle de temps infinitésimal de durée dt est de l’ordre de λdt2 Processus de Poisson • Définition : – An = variable aléatoire mesurant l’instant d’arrivée du nième client dans le système A0 = 0 et An = inf { t | N(t) = n} – Tn = variable aléatoire mesurant le temps séparant l’arrivée n-1ième client et celle du nième client : Tn = An – An-1 • Propriété : {Tn}n=1, 2, … variables aléatoires exponentielles indépendantes (et identiquement distribuées) de paramètre λ. Arrivées poissoniennes Inter-arrivées exponentielles • Propriété : la décomposition probabiliste d’un processus de Poisson de taux λ donne un ensemble de processus de Poisson pi de taux λpi. • Propriété : la superposition d’un ensemble de processus de Poisson indépendants de taux λi avec i= 1, …, N donne un processus de poisson de taux λ = λ1 +λ2 + …+λN CHAPITRE 3 CHAÎNES DE MARKOV 1. Chaîne de Markov à Temps Discret (CMTD) 2. Chaîne de Markov à Temps Continu (CMTC) Chaînes de Markov • Deux exemples (ou une classe) de processus stochastiques à espace d’état discret, connus sous le nom de Chaînes de Markov. • Deux modèles qui fourniront des outils simples de modélisation et d’analyse d’une classe particulière de SED. • L’analyse des chaînes de Markov est un préliminaire nécessaire à l’étude des systèmes de files d’attente. CMTD Chaîne de Markov à Temps Discret • Soit un processus stochastique {X n }n ∈N à temps discret et espace d'états discret. € • E peut-être fini ou infini (dénombrable) Définition & Représentation • {Xn}n ∈ N est une CMTD ssi : P[Xn= j | Xn-1= in-1, Xn-2= in-2, ... , X0= i0] = P[Xn= j | Xn-1= in-1] • C'est un processus sans mémoire ! • Restriction : On ne considère que les CMTD homogènes (ces probabilités ne dépendent pas de n). • Probabilité de transition d’un état i vers un état j : pij = 1 pij = P[Xn= j / Xn-1= i] ∀ n ∈ N telles que ∑ j ∈E p11 p12 ... p1 j • Matrice de transition : P = [pij]i,j ∈ E • Représentation : Graphe orienté € p21 P= .. pi1 – État de la chaîne nœud – Transition arc pondéré par la probabilité de transition. p22 ... .. ... ... pij Exemple : Souris dans le labyrinthe • 2 hypothèses : – La souris est amnésique. – Son déplacement est aléatoire. Processus de Modélisation • La souris est initialement dans la pièce 2 ! 1. Quelle est la probabilité qu'elle y soit à 3 nouveau après 4 déplacements ? Π(42 ) = 16 2. Combien de fois passera-t-elle en moyenne par la pièce 3 avant de sortir ou de tomber R23 = 2 € 5? définitivement dans la pièce 3. Quelle est la probabilité que la souris sorte un 1 f 26 = jour ? 2 € 4. Combien en moyenne fera-t-elle de M 2 = 2.5 déplacements pour revenir dans la pièce 2 ? € € Analyse d’une CMTD • Régime Transitoire • Distribution du Temps de Séjour dans un état • Classification des États • Régime Permanent Régime Transitoire d’une CMTD • Déterminer le vecteur π(n) des probabilités d'états πj(n) = P [Xn= j] (j ∈ E) pour que le processus {Xn}n ∈ N se trouve dans l'état j à la nième étape du processus : ) π (n ) = [π (nj ) ] j ∈E = [π 1(n ), π (n 2 ,...] • Dépend de : – La matrice de transition P – Le vecteur de probabilités initiales π(0) € • Description de l’évolution du processus depuis son état initial : – Evolution détaillée du processus, – Evolution directe du processus. Régime Transitoire d’une CMTD • Evolution détaillée du processus : Formule des probabilités totales π (nj ) = P[X n = j] = ∑ P[X n = j | X n−1 = i]P[X n−1 = i] i∈E π (nj ) = ∑ π (n−1) pij j i∈E π (n ) = π (n−1) * P π (n ) = π (0) * P n • Evolution directe du processus : € Probabilité de transition de l’état i à l’état j en m étapes : ) p(m ij = P[X n +m = j | X n = i] ∀n ∈ N ) Matrice de transition m étapes : P (m ) = [ p(m ij ]i, j ∈E Régime Transitoire d’une CMTD • Evolution directe du processus : Formule des probabilités totales π (nj ) = P[X n = j] = ∑ P[X n = j | X 0 = i]P[X 0 = i] i∈E π (nj ) = ∑ π (0) j pij i∈E π (n ) = π (0) * P n Formule des probabilités totales ) p(m ij = P[X n +m = j | X n = i] ) €p(m ij = ∑ P[X n +m = j | X n = i et X n +m−1 = k]P[X n +m−1 = k | X n = i] i∈E k ∈E ) (m−1) p(m = p pkj ∑ ij ik k ∈E P (m ) = P (m−1) * P → P (n ) = P n Distribution du Temps de Séjour dans un état • Propriété : Le temps (en nombre d'étapes) passé dans un état d'une CMTD a une distribution géométrique (de paramètre pjj, pour tout état j). Si pjj = 0 alors on ne reste jamais dans l’état j. Si pjj ≠ 0 alors, à chaque étape, une probabilité pjj de rester dans l’état j et une probabilité (1-pjj) d’en sortir. La distribution du nombre m étapes passées dans l’état j est donc déonnée par : (1-pjj) pjjm distribution géométrique. Classification des états d’une CMTD irréductible • Définition : une CMTD est dite irréductible ssi de tout état i on peut atteindre tout état j (en un nombre fini d'étapes) : ∀i, j ∈ E, ∃ m > 1 tel que p(m ) ≠ 0 • Remarque : toute chaîne non irréductible possède au moins une sous-chaîne absorbante. ij € Classification des états d’une CMTD périodique • Définition : un état j est périodique si on peut y revenir qu'après un nombre d'étapes multiple de k > 1. ∃k > 1 tel que pij(m) = 0 pour m non multiple de k. la période de l'état j est alors le plus grand entier k vérifiant cette propriété. • Définition : la période d'une CMTD est égale au PGCD de la période de chacun de ses états. • Une CMTD est dite périodique si sa période est > 1 et apériodique si sa période est = 1. • Propriété : la période d'une CMTD est égale au PGCD de la longueur de tous les circuits du graphe associé. Classification des états d’une CMTD transitoire • fjj(n) la probabilité que le premier retour en j ait lieu n étapes après l'avoir quitté. ∞ (n ) • fjj la probabilité de revenir en j après l'avoir∞quitté : f jj = ∑ f jj n=1 (n ) • Mj, le temps moyen de retour en j : M j = ∑ n f jj n=1 • Définition : un état j est dit : – Transitoire si fjj < 1 € – Récurrent si fjj = 1 € • Récurrent nul si le temps moyen de retour est infini : Mj = ∞ • Récurrent non nul si le temps moyen de retour est fini : Mj < ∞ • Ergodique = apériodique et récurrent non nul. • Propriété : tous les états d'une CMTD irréductible sont tous de même nature. • Propriété : tous les états d'une CMTD irréductible finie sont récurrents non nuls. Autres Paramètres de Performances • fij(n) la probabilité d’aller de i à j en exactement n étapes : (1) (n ) (n−1) f ij = pij et f ij = ∑ pik f kj pour n ≥ 2 k≠ j • fij la probabilité d’aller de i à j en un nombre ∞ quelconque, d'étapes : (n ) f ij = ∑ f ij € n=1 f ij = pij + ∑ pik f kj k≠ j • Rij le nombre moyen de passages par l'état j sachant que l'on vient de l'état i : ∞ € € par j | état initial = i] Rij = ∑ n Pr oba[exact. n passages n=1 f ij Rij = 1− f jj Régime Permanent d’une CMTD étude d'un état stationnaire (s'il existe !!!) on s'intéresse à la limite lorsque n ∞ du vecteur des probabilités π(n) • Cette limite existe-t-elle ? Comment la calculer (si oui) ? • Propriété : Dans une CMTD irréductible et apériodique le vecteur π des probabilités limites π j = lim π (nj ) existe toujours n →∞ et est indépendant de la distribution des probabilités initiales π(0) Soit tous les états sont transitoires ou récurrents nuls et πj = 0 pour tout j ∈ E Soit tous les états sont récurrents non nuls et les πj sont solutions du système : π = ∑ π p€ pour tout j ∈ E j i∈E i ij ∑ π i = 1 i∈E Régime Permanent d’une CMTD π j = ∑ π j pij ,∀j ∈ E ⇔ π = πP i∈E π j = ∑ π j pij ⇔ ∑ π j p ji = ∑ π i pij car ∑ p ji = 1 i∈E i∈E j ∈E i∈E • πj pji = nombre moyen de transitions de j vers i par unité de temps, donc la somme (Σ) est le flux moyen de sortie de l'état j. € • de même pour πi pij qui est le flux moyen d'entrée dans l'état j. en régime permanent, on peut écrire : Pour tout état j, flux sortant de j = flux entrant dans j 1 • Si les probabilités stationnaires existent, alors : π i = Mi CMTC Chaîne de Markov à Temps Continu • Soit un processus stochastique {X(t)}t≥0 à temps continu et espace d'états discret. • E peut-être fini ou infini (dénombrable) Définition • {X(t)}t≥0 est une CMTC ssi : P[X(tn)=j / X(tn-1)=in-1, X(tn-2)=in-2, ... , X(t0)=i0] = P[X(tn)=j / X(tn-1)=in-1] ∀ n et t0 < t1 < … < tn • C'est un processus sans mémoire ! • Restriction : On ne considère que les CMTC homogènes: Celles dont les probabilités pij sont indépendantes des instants d'observations tn et tn-1 (uniquement de la durée (tn-tn-1) qui sépare les 2 observations), soit : pij(t) = P[X(s+t)=j / X(s)=i] ∀ s ≥ 0 Probabilité de transition d’un état i vers un état j en un temps t. Caractérisations d’une CMTC 1. Une CMTC est un processus stochastique à espace d'états discret et à temps continu tel que : – Le temps passé dans un état i a une distribution exponentielle de taux µi. – Les transitions d'un état i vers les autres états sont probabilistes. 2. Partant d’un état i, la variable aléatoire mesurant le temps de transition vers l’état j (resp. état k) suit une loi exponentielle de taux µij (resp. µik ). Caractérisations d’une CMTC • Equivalence entre les deux caractérisations : pij j µij j µik k µi i i pik k µi = µij + µik µij pij = µij + µik µik pik = µij + µik µij = µi pij µik = µi pik Analyse d’une CMTC • A une CMTC, on associe une matrice Q, appelée générateur infinitésimal tel que : Q = [qij ]i, j ∈E qij = µij ∀i ≠ j qii = −∑ µij j≠i qii = −∑ µi pij = −µi ∑ pij = −µi j≠i j≠i Régime Transitoire d’une CMTC • Déterminer le vecteur π(t) des probabilités d'état πj(t) = P[X(t)=j ] j ∈ E à tout instant du processus : π (t) = [π j (t)] j ∈E = [π 1 (t), π 2 (t),...] • de la même façon que pour une CMTD, ce vecteur des probabilités dépend : € – du générateur infinitésimal Q – du vecteur des probabilités d'états initiales π(0) • Solution : π (t) = π (0)eQt avec 2 (Qt) eQt = I + Qt + + ... 2! Régime Permanent d’une CMTC • Comme dans le cas discret : lim π(t) lorsque t tend vers l’infini, existe-t-elle ? Si elle existe, peut-on la calculer ? • Rappel : pour une CMTD, la condition d’existence de cette limite est d'être irréductible et apériodique ! • CMTC : pas de notion de périodicité. Régime Permanent d’une CMTC • Si la CMTC est irréductible alors tous les états sont de même nature. ➔ Lien fort entre CMTC et CMTD ⇒ notion de CMTD incluse • Définition : La CMTD incluse dans la CMTC de générateur infinitésimal Q, avec les éléments qij = µi pij, est une CMTC dont la matrice de transitions a pour éléments les pij. pij j pij j µij µij pij = = µi ∑ µik µi i i k≠i pik k pik k CMTC CMTD incluse € Conséquences de la CMTD incluse • Propriété : une CMTC est irréductible ssi la CMTD incluse est irréductible. i ∈ CMTC est transitoire ⇔ i ∈ CMTD incluse est transitoire i ∈ CMTC est récurrent ⇔ i ∈ CMTD incluse est récurrent • Propriété : Tous les états d'une CMTC irréductible sont de même nature : – Soit tous transitoires, – Soit tous récurrents nuls, – Soit tous récurrents non nuls. Si, de plus, E est fini, tous les états sont récurrents non nuls Régime Permanent d’une CMTC • Propriété : Dans une CMTC irréductible, le π j (t) vecteur π des probabilités limites π j = lim t →∞ – existe toujours; – est indépendant de la distribution des probabilités initiales π(0). € – Soit tous les états sont transitoires ou récurrents nuls et πj = 0 pour tout j ∈ E – Soit tous les états sont récurrents non nuls et les πj sont l'unique solution du système : ∑ π q = 0 ∀j ∈ E i∈E i ij ∑ π i = 1 i∈E Régime Permanent d’une CMTC ∑ π q = 0,∀j ∈ E ⇔ π Q = 0 j ij i∈E ∑π q = 0 ⇔ ∑π q + π q = 0 j ij i∈E j ij j jj i≠ j or qij = µij et q jj = −∑ µ ji i≠ j donc ∑ π iµij = ∑ π j µ ji i≠ j i≠ j équation d'état traduisant l'équilibre entre le flux entrant dans l'état j et le flux sortant de l'état j : € Pour tout état j, flux sortant de j = flux entrant dans j Régime Permanent d’une CMTC • Equations de Frontière Ensemble des états E décomposé en 2 sousensembles disjoints : E1 E2 Equations d’état ∑ ∑ π iµij = ∑ ∑ π j µ ji i∈E1 j ∈E 2 j ∈E 2 i∈E1 flux de E1 vers E2 = flux de E2 vers E1 €