UNIVERSITE DE L’UNITE AFRICAINE BURKINA FASO SEG1/2025-2026 La Patrie ou la Mort Nous Vaincrons DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE TIENDREBEOGO W. Julien Economiste du développement Expert en management de projets Février 2026 CHAPITRE I : INITIATION A LA DEMOGRAPHIE La population, facteur de développement selon certains, ou limitation de celui-ci selon d’autres, apparait à l’heure actuelle au cœur des problèmes ou stratégies, d’autant plus que dans les pays en développement la croissance démographique est assez soutenue voire très élevée. Cependant, les problèmes liés à l’évolution démographique ne sont pas nouveaux. Ils ont été présents tout au long de l’histoire de l’humanité. Jusqu’à une époque relativement proche, les guerres, les épidémies, la famine, etc. ont décimé la population du globe alors assez peu nombreuse. La situation est maintenant complètement différente. Malgré l’existence de guerres dans certaines régions conflictuelles de la planète, le maintien des inégalités socioéconomiques structurelles (alimentation, logement, santé), la population de la planète s’est accrue à un rythme vertigineux en particulier à partir de la seconde moitié du XXe siècle. L’introduction à la démographie a pour objet de présenter certains concepts et techniques démographiques que les planificateurs de développement sont amenés à utiliser couramment. Il est indéniable que la plupart des problèmes quantitatifs et qualitatifs que les politiques sectorielles et régionales de développement s’efforcent à résoudre sont étroitement liés à la population dont la démographie en est le cœur. 2.1. Définitions 2.1.1 Démographie Le terme « démographie » est composé de deux mots ; l’un « démos » qui signifie « population, peuple » et « graphein » qui signifie « décrire ». Selon l’ONU, dans son dictionnaire multilingue (édition 1958), la démographie est une science ayant pour objet l’étude des populations humaines, et traitant de leur dimension, de leur structure, de leur évolution et de leurs caractères généraux (l’âge, le sexe, résidence, etc.) envisagés principalement d’un point de vue quantitatif. Autrefois utilisée à des fins fiscales et militaires, la démographie joue depuis une période plus ou moins récente un rôle important dans la planification du développement. L’analyse d’une population suppose la connaissance de l’état (taille) et la structure de cette population ainsi que son évolution dans le temps. Etat et dynamique de la population interagissent en permanence l’un sur l’autre car I’Etat d’une population à un moment donné résulte en partie des mouvements qu’elle a connu au cours de la période précédant l’observation. De même, le mouvement d’une population au cours d’une période dépend, en partie, de I’Etat de cette population au début de cette période. Exemple : La structure par âge à un moment donné résulte des niveaux et tendances passés de la fécondité, de la mortalité et de la mobilité ; réciproquement, cette structure par âge porte en elle le « potentiel » d’accroissement de la population 2.1.2 Population La population est l’ensemble des personnes vivant dans un espace défini à une période donnée. Par exemple, la population totale du Burkina Faso (un espace défini : Burkina Faso) était de 14 017 262 habitants lors du recensement général de la population et de l’habitation (RGPH) de 2006 (Période donnée : 2006). En 2018 la population du Burkina Faso est estimée à 20,5 millions dont 51,8% de femmes. Le rapport de masculinité, évalué à 93 hommes pour 100 femmes est en baisse par rapport à celui de 2014 (EMC) qui était estimé à 95 hommes pour 100 femmes. La répartition selon le milieu de résidence et la région présente des disparités. La population burkinabè est COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 1 essentiellement rurale (74,3%) quel que soit le sexe. Les régions du Centre et des Hauts Bassins sont les plus peuplées avec des proportions établies respectivement à 13,6% et 11,1% de la population totale résidente. Par contre, les régions des Cascades, du CentreSud et du Sud-Ouest présentent de faibles proportions (moins de 5%) de la population totale (EMC). 2.2. Etat de la population Il est la description de la population à un moment donné. C’est une forme de photographie de la population qui est faite à un instant précis. Cette description inclut non seulement l’effectif global de la population, mais aussi sa répartition selon les modalités de certains caractères nécessités par les objectifs de l’étude. Toutefois, deux caractères se retrouvent constamment, le sexe et l’âge, qui constituent le fondement de l’analyse démographique car ils aident le plus souvent pour les besoins de la planification. 2.2.1. Effectif et structure de la population Il s’agit de montrer l’importance numérique de la population ainsi que sa composition selon différentes caractéristiques (âge, sexe). Le sexe et l’âge, deux caractères privilégiés dans l’analyse démographique, en constituent les fondements car toute catégorie de population est déductible de ces deux informations. Les résultats définitifs du 5e RGPH du Burkina Faso, réalisé en 2019, donnent une population totale de 20 505 155 habitants. Il s’agit de la population de droit ou population résidente composée des résidents présents (RP) et des résidents absents (RA) des ménages ordinaires, des ménages collectifs et des ambassades. La population résidente est composée de 10 604 308 femmes, soit 51,7%, et de 9 900 847 d’hommes, soit 48,3%. Résident présent : Toute personne qui a fait six (6) mois ou plus ou ayant l’intention de faire six (6) mois ou plus et ayant passé la nuit précèdent le passage de l’agent recenseur dans le ménage. Résident absent : Toute personne qui a fait six (6) mois ou plus ou ayant l’intention de faire six (6) mois ou plus et n’ayant pas passé la nuit précèdent le passage de l’agent recenseur dans le ménage. Visiteur : Toute personne qui n’a pas fait six (6) mois ou plus ou n’ayant pas l’intention de faire six (6) mois ou plus et ayant passé la nuit précèdent le passage de l’agent recenseur dans le ménage. Population de droit ou population résidente : La population de droit désigne les personnes qui résident habituellement dans un ménage. Ce sont les résidents présents et les résidents absents. Cette population fera objet de la présente analyse car avec elle, on saisit des situations plus permanentes sur lesquelles sont bâtis les projets et programmes de développement. Répartition de la population par statut de résidence et par sexe Statut de résidence Homme Femme Ensemble Résident présent (RP) 9 547 994 10 278 816 19 826 810 Résident absent (RA) 352 853 325 492 678 345 Visiteur (VI) 64 770 58 239 123 009 Population de fait (RP+VI) 9 612 764 10 337 055 19 949 819 Population de droit (RP+RA) 9 900 847 10 604 308 20 505 155 COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 2 2.2.2. Représentation de l’état de la population : La pyramide des âges Une pyramide des âges est une représentation graphique de la composition d’une population par âge et par sexe. Les barres horizontales indiquent le nombre ou la proportion d’hommes ou de femmes dans chaque tranche d’âge. Les populations des pays peuvent présenter des différences prononcées à cause des schémas passés et présents de fécondité, de mortalité et de migration. Cependant, toutes ont tendance à rentrer dans le cadre de trois profils généraux de composition par âge et par sexe. Autrement, il existe trois types de pyramides d’âges, décrivant : une croissance rapide, une croissance lente et une croissance nulle ou déclin de la population. La pyramide reflétant une population à croissance rapide est en fait la seule qui ressemble réellement à une pyramide, car chaque tranche d’âge est plus importante que celle née avant elle. Cette forme de pyramide est tout d’abord le résultat d’une forte fécondité sur le long terme. La plupart des pays d’Afrique sub-saharienne, comme le Sénégal, le Burkina Faso appartiennent à ce groupe. La pyramide des âges du Burkina Faso présente une base large qui se rétrécie sensiblement au fur et à mesure que l’âge avance. Cette forme de pyramide montre que la population burkinabè est jeune et a une forte fécondité. Ainsi, les enfants de moins de cinq (05) ans sont les plus représentés avec 17,4% (3 530 357). Les personnes de moins de 15 ans sont estimées à 9,6 millions soit 47,4% de la population totale du pays et constituent une énorme charge sociale pour le pays. Par ailleurs, le rétrécissement rapide du sommet de la pyramide traduit une mortalité élevée de la population notamment aux âges avancés. En effet, les personnes âgées de 65 ans ou plus ne représentent que 3,3% de la population totale (ECM). Croissance rapide : Burkina Faso 2019 La supériorité numérique des femmes s'observe aussi bien en milieu urbain qu'en milieu rural mais avec un déficit d’hommes plus important dans le milieu rural. En effet, le milieu urbain enregistre 95 hommes pour 100 femmes tandis que le milieu rural note un sex ratio de 93. Il y a donc plus d’hommes que de femmes dans les villes et au milieu rural. Tout comme pour l'ensemble du pays, on constate qu’avant 15 ans, il y a plus d’hommes que de femmes et qu’après 15 ans, la tendance s’inverse (plus de femmes que d’hommes) dans l’ensemble du pays et en milieu rural. COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 3 Le surplus d’hommes en milieu urbain entre 30 et 65 ans pourrait être dû à l’exode rural qui concerne plus les hommes d’âge actif. Le déficit d’hommes au niveau national pourrait traduire une surmortalité masculine et une émigration sélective. Une population à croissance lente est généralement dans un processus de modification, c’est-à-dire qu’elle passe d’une population à croissance rapide vers une population à croissance zéro, du fait des évolutions des taux de fécondité et de mortalité (par exemple, les Etats-Unis). Croissance lente : Etats-Unis 2009 80+ 70-74 60-64 50-54 40-44 30-34 20-24 10-14 0-4 -4 -2 0 Hommes 2 4 6 Femmes Source : construire à partir des données du PRB, Guide de la population 6 e édition À l’inverse, une population qui n’augmente pas, ou qui diminue, engendre une figure très différente. Si la fécondité se situe en dessous du taux de remplacement, la base de la pyramide continuera à s’amoindrir, et sa structure par âge et par sexe aura finalement une forme rectangulaire, car un nombre identique de naissances a lieu chaque année (c’est le cas de l’Italie). Croissance nulle : Italie 2010 Source : construire à partir des données du PRB, Guide de la population 6 e édition COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 4 2.2.4 : Sous-groupes d’une population La population peut comprendre des sous-groupes correspondant aux différentes composantes des caractéristiques de cette population. Population féminine : ensemble d’individus de sexe féminin quel que soit leur âge La population masculine : ensemble d’individus de sexe masculin quel que soit leur âge La population scolarisable : ensembles des enfants d’âge scolaire (au primaire) ceux ayant 6 à 11 ans quel que soit le sexe et la population scolaire est l’ensemble des élèves du primaire quel que soit leur âge et leurs sexes. La population urbaine : ensemble d’individus vivant en milieu urbain La population active : ensemble d’individus ayant l’âge de travailler (15-64 ans) 3. Indicateur d’état de la population Le rapport de masculinité : est le nombre d’hommes pour 100 femmes 𝐍𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞 𝐝′𝐡𝐨𝐦𝐦𝐞𝐬 R= en 2019 au Burkina Faso, ce rapport était de 93,4 c’est-à-dire 𝐍𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞𝐬 qu’il avait 93 hommes pour 100 femmes. Dans la plupart des pays, le rapport de masculinité à la naissance est d’environ 105 hommes pour 100 femmes. Au cours de la vie, les rapports de masculinité varient en raison des schémas différents de mortalité et de migration des hommes et des femmes dans la population. Le rapport de dépendance : est le nombre d’inactifs pour 100 actifs. On distingue le rapport de dépendance démographique et économique. Rapport de dépendance démographique K= 𝐏𝐨𝐩𝐮𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐢𝐧𝐚𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞 (𝟎−𝟏𝟒 𝐚𝐧𝐬+𝟔𝟓 𝐚𝐧𝐬 𝐞𝐭+) 𝐩𝐨𝐩𝐮𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐚𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞 (𝟏𝟓−𝟔𝟒 𝐚𝐧𝐬) Rapport de dependence économique K’= 𝐏𝐨𝐩𝐮𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐢𝐧𝐚𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞 (𝟎−𝟏𝟒 𝐚𝐧𝐬+𝟔𝟓 𝐚𝐧𝐬 𝐞𝐭+) (𝟏𝟓−𝟔𝟒𝐚𝐧𝐬) 𝐏𝐨𝐩𝐮𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐚𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞 𝐨𝐜𝐜𝐮𝐩é𝐞 L’âge médian : est l’âge qui partage les individus de la population supposés classés par âge en deux parties égale. En 2019, les 50% de la population ont au plus 16,1 ans selon les résultats du RGPH 2019. Ce qui veut dire que tout au plus la moitié de la population résidente au Burkina Faso avait moins de 16 ans. L’âge moyen : est la moyenne obtenue en pondérant les différents âges par les effectifs de population. En 2019, il était de 21,7 ans. 1.2 Importance des données socioéconomique et démographique Le niveau de développement d’un pays se mesure généralement à l’aide des données socioéconomiques et démographiques. Le produit intérieur brut par habitant (PIB/Habitant), l’espérance de vie à la naissance, le taux de mortalité général, etc. Les données démographiques peuvent se présenter sous forme brut (effectif) ou raffiné (taux, indice, rapport, etc.). COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 5 La démographie de l'Afrique De 100 millions d’habitants en 1900, la population de l'Afrique est passée à environ 275 millions dans les années 1950-1960, puis à 640 millions en 1990 et à 1,4 milliard en 2022 soit 18 % de la population mondiale. Depuis 1950, les projections de l'ONU à 30 ou 50 ans se sont révélées relativement correctes. La population de l'Afrique subsaharienne uniquement pourrait tripler entre 2020 et la fin du siècle, passant de 1 à 3 milliards d'habitants. Selon la projection démographique intermédiaire de l'ONU tenant compte des scénarios moyens d'évolution prévue, principalement de la mortalité, de la fécondité et de la structure par âge, dans les années 2050 la population de l'Afrique se situerait aux environs de 2,5 milliards puis, projection beaucoup plus incertaine, vers 4,4 milliards en 2100 ce qui entraînerait des bouleversements politiques, culturels et écologiques majeurs à l’échelle de la planète tout entière. Classement de la population africaine La population mondiale L’ONU l'estime à 8 milliards le 15 novembre 2022. Elle avait été estimée à 6,1 milliards pour 2000 ; entre 1,55 et 1,76 milliard pour 1900 ; entre 0,813 et 1,125 milliard pour 1800 et entre 600 et 679 millions d'habitants pour 1700. Cette augmentation de la population tend cependant à ralentir avec une baisse mondiale de l'indice de fécondité, plus ou moins importante selon les pays. COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 6 Evolution de la population africaine et mondiale En 2100, l'Afrique pourrait représenter plus de 39 % de la population mondiale. 2. Sources des données démographiques L’information démographique s’obtient généralement à la suite d’une opération que l’on appelle collecte. La collecte s’opère selon 3 méthodes : 2.1. Les recensements Le recensement de la population est le dénombrement détaillé de tous les habitants dans les limites géographiques d’un pays à un moment donné. C’est une photographie de toute la population à un temps précis. Il a pour objectif de recueillir des informations d’ordre démographique, économique, sanitaire, social, etc. en vue de soutenir les prises de décision et d’orienter des actions de développement. Il est généralement établi par la législation du pays, qui oblige chaque habitant à donner des informations aux agents recenseurs ou bien directement au bureau de recensement. Chaque habitant du pays doit être recensé une fois au cours du recensement. Les recensements ont généralement lieu à intervalles réguliers (l’intervalle conventionnel entre deux recensements est de 10 ans), du fait des coûts et du temps nécessaire à leur organisation. Le Burkina Faso a réalisé jusqu’à présent cinq opérations de recensement, la première en 1975 puis successivement en 1985, 1996, 2006 et 2019. 2.2. Les enquêtes par sondage Une enquête par sondage est une opération de collecte sur une partie de la population contrairement au recensement qui concerne toute la population. La proportion de la population à enquêter s’appelle échantillon. L’échantillon doit être représentatif c’est-à-dire qu’il doit pouvoir contenir toutes les caractéristiques de la population mère. A partir des méthodes statistiques robustes, les informations obtenues à partir de l’échantillon doivent être valablement généralisées à l’ensemble de la population. Il permet de générer une information détaillée sur des caractéristiques spécifiques de la population, comme la taille de la famille, l’espacement entre les naissances, l’âge au moment du mariage, etc., et fournit une base pour l’estimation des paramètres démographiques, notamment lorsque l’échantillon est probabiliste. Par rapport aux recensements, les enquêtes par sondage fournissent une information démographique plus détaillée et précise, notamment dans les pays à faible taux d’alphabétisation car les agents recenseurs ont plus de temps, et sont mieux formés pour obtenir des enquêtés des informations détaillées. Actuellement, l’enquête de démographie et de santé (EDS) est l’enquête la plus répandue dans les pays en développement. Le Burkina Faso a réalisé jusque-là, quatre (04) EDS: EDS I (1993), EDS II (1998), EDS III(2003) et EDS-MICS IV (2010). Il faut noter l’enquête par sondage est opération légère (moins de personnes à interroger) et peu coûteuse. COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 7 2.3 L’état civil L’état civil est l’ensemble des dispositions légales tendant à faire enregistrer officiellement les informations relatives à la naissance, au décès et aux mariages ainsi qu’aux évènements pouvant modifier certains caractères de l’état civil à savoir : le divorce, la séparation, l’adoption, le changement de patronyme, etc. En l’absence de recensement et d’enquête, l’état civil donne chaque année, le nombre de naissance, de décès et de mariages. Les deux premières données permettent de calculer le taux de natalité et de mortalité. Le troisième élément permet de calculer le taux de nuptialité. Dans une population fermée (sans migration) l’état civil permet d’avoir l’effectif de la population à une date donnée. Le développement de l’état civil est un facteur important pour une meilleure connaissance de la population. Lorsque les statistiques issues de l’état civil sont fiables et disponibles, il est possible d’évaluer à n’importe quel moment la population intercensitaire d’un pays. 3. Les mouvements de population On étudie les éléments du mouvement de population pour décrire la dynamique de population au cours d’une période de temps donnée. Il s’agit essentiellement des phénomènes suivants : la mortalité (les décès) et la natalité/fécondité (les naissances), qui constituent le mouvement naturel, la nuptialité (les mariages, les divorces, les veuvages, les remariages) et la mobilité (les mouvements migratoires, c’est-à-dire les entrées ou arrivées et les sorties ou départs). Etat et mouvement de la population interagissent en permanence l’un sur l’autre car I’état d’une population à un moment donné résulte en partie des mouvements qu’elle a connus au cours de la période précédant l’observation. De même, le mouvement d’une population au cours d’une période dépend, en partie, de I’état de cette population au début de cette période. 3.1. Natalité et fécondité Définitions La natalité et la fécondité sont les phénomènes démographiques qui ont trait à la procréation dans une population humaine. L’étude de la natalité et celle de la fécondité portent essentiellement sur les naissances vivantes ou sur les enfants nés vivants. La natalité revoie à la capacité de procréation d’une population dans son ensemble (tous âges, sexes et statuts matrimoniaux confondus). Quant à la fécondité, elle fait référence à la même capacité de procréation mais cette fois, elle est limitée à la population féminine en âge de procréer. Par convention, les femmes appartenant à cette population appartiennent à la tranche d’âges 15-49 ans révolus. 3.1.1 Indicateurs de fécondité La connaissance des indicateurs de fécondité permet la formulation et la mise en œuvre des différentes politiques. En effet, la fécondité est une composante principale de la dynamique démographique. Elle détermine la structure par âge de la population et génère des besoins sociaux et économiques spécifiques à court, moyen et long terme. Le niveau de la fécondité est aussi révélateur de la situation et du statut de la femme car, généralement, une femme qui a un fort pouvoir de prise de décision (niveau d’instruction élevé, autonomie financière, etc.) et qui est soumise à l’effet des médias à un niveau de fécondité bas. COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 8 a) Le taux brut de natalité L’indicateur le plus utilisé dans l’analyse de la natalité et qui donne le niveau de ce phénomène est le taux brut de natalité (TBN). Il mesure le nombre annuel de naissances vivantes pour 1000 personnes au sein d’une population. La valeur de ce taux dépend non seulement de la fécondité des femmes mais aussi de l'importance relative des femmes en âge de procréer dans la population totale et de la répartition de ces femmes selon l'âge. En 2019, le TBN est de 39,4 naissances pour 1 000 habitants au niveau national. Le TBN varie selon le milieu de résidence. Il est plus élevé en milieu rural avec une valeur de 40,7‰ qu’en milieu urbain où il est de 35,8‰. Les taux bruts de natalité des centres urbains (Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et autres villes) sont presque identiques avec une valeur autour de 35‰. b) Le taux global de fécondité générale (TGFG) Il rapporte le nombre annuel de naissances vivantes au nombre de femmes en âge de procréer (15-49 ans). En 2010, on notait 206 naissances pour 1000 femmes en âge de procréer. c) Le taux de fécondité par âge (fx) C’est le nombre moyen de naissance(s) par année vécue (durant la période d’observation) par les femmes de cet âge. Le taux de fécondité par âge permet d’effectuer des comparaisons dans le temps ou voir quelles sont les différences de comportement en matière de fécondité à des âges différents. d) L’indice synthétique de fécondité (ISF) Encore appelé descendance par femme, l’ISF est un résumé de la totalité de la fécondité d’une femme au cours d’une période. C’est le nombre d’enfant(s) mis au monde par une femme, si durant sa vie féconde, elle devait être soumise à une fécondité particulière décrite par ses taux de fécondité par âge. Il s’obtient en faisant la somme des taux de fécondité à tous les âges féconds. Au Burkina Faso l’Indice synthétique de fécondité (ISF) au niveau national est de 5,4 enfants par femme. Cela signifie que, dans les mêmes conditions qu’en 2019, une femme qui a 15 ans donnera naissance à 5,4 enfants en moyenne à la fin de sa vie féconde. Selon le milieu de résidence, l’ISF est de 4,1 enfants par femme dans l’urbain et de 5,8 enfants par femme dans le rural. L’âge moyen à la procréation est de 30,6 ans au Burkina Faso. Les femmes vivant en milieu rural ont une fécondité légèrement plus précoce et plus élevée que celles du milieu urbain. L’âge moyen à la procréation est de 29,9 ans chez les femmes vivant en milieu rural et de 31,4 ans en milieu urbain. Les femmes vivant à Ouagadougou ont un âge moyen à la procréation de 31,8 ans, il est le plus élevé. Il faut un ISF de 2,1 (au moins) pour assurer le remplacement de la génération. Pourquoi 2,1 ? L’ISF de 2,1 s’obtient en divisant 2,05 (le nombre d’enfants nécessaire pour avoir une fille) par la probabilité de survie à 27 ans (âge moyen à la maternité) qui est de l’ordre de 0,98 et varie assez peu, soit 2,05/0,98=2,1. COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 9 En somme, on note que contrairement au TBN, au TGFG ou au fx qui sont des mesures instantanées, l’ISF se veut une synthèse, un cumul des taux de fécondité par âge d’une femme à diverses époques de sa vie féconde. Tableau 1 : Nombre absolu de naissances Entité Nombre de naissances annuelles Nombre de naissances mensuelles 661 918 55 160 Burkina Faso Nombre de naissances quotidiennes 1 813 Source : RGHP 2006 La conséquence d’une forte fécondité est l’ampleur de l’offre de santé qu’il faudrait déployer pour accueillir les parturientes, la prise en charge sanitaire des nouveaux nés etc. Tableau : Evolution des taux de fécondité par tranche d'âge (en ‰) 1993 1998-99 2003 2006 2010 15 à 19 ans 154 144 131 128 130 20 à 24 ans 296 305 275 277 264 25 à 29 ans 292 293 271 280 269 30 à 34 ans 258 264 241 241 237 35 à 39 ans 220 214 181 182 189 40 à 44 ans 111 112 106 93 87 45 à 49 ans 50 28 42 40 23 ISF (15 à 49 ans) 6,9 6,8 6,2 6,2 6,0 Sources : INSD, Enquêtes démographiques et de santé (1993, 1998/99, 2003,2010), recensement 2006 Tableau 02.05 : Taux de fécondité par tranche d'âge, indice synthétique de fécondité, taux global de fécondité générale et taux brut de natalité en 2010 par milieux de résidence e) Le taux brut de reproduction (TBR) C’est le nombre moyen de filles auxquelles une femme (ou un groupe de femmes) donnerait naissance durant son existence si elle vivait ses années de procréation en se conformant aux taux de fécondité par âge d’une année donnée. Ce taux se calcule de la même façon que l’ISF, sauf que les naissances à considérer ici sont celles féminines car ce sont elles qui mesurent la reproduction de la femme dans la mesure où une femme se remplace au niveau de sa reproduction que lorsqu’elle met au monde une fille. 3.1.2 Les déterminants proches de la fécondité Les niveaux de la fécondité dépendent à la fois de facteurs généraux appelés déterminants socioéconomiques (éducation des femmes, urbanisation, milieu de résidence, etc.), et de ce qu’il convient d’appeler les déterminants proches. Les déterminants proches de la fécondité sont les facteurs au travers desquels s’opère directement la maîtrise de la fécondité. En l’absence de ces facteurs la fécondité pourrait atteindre en moyenne 15,3 enfants par femme. C’est la fécondité naturelle théorique. COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 1 0 Les principaux facteurs de maîtrise de la fécondité ou déterminants proches retenus aujourd’hui sont au nombre de cinq. Il s’agit : - du mariage ou du fait d’être en union, - de l’insusceptibilité post-partum, - de l’avortement, - de la stérilité, et - de l’utilisation de la contraception. Il revient à John Bongaarts (Bongaarts 1978, 1982), d’avoir formalisé à la fin des années 1970, la relation entre le nombre moyen d’enfants par femme, ou Indice synthétique de fécondité (ISF) et les déterminants proches à l’aide d’indices «de réduction de la fécondité naturelle ». On calcule ainsi pour chaque déterminant, un indice compris entre 0 et 1. La valeur 0 correspond à une réduction théorique de la fécondité à zéro, si l’on suppose par exemple, qu’aucune femme n’est exposée au risque de grossesse, ou encore que toutes les grossesses se terminent par un avortement. La valeur 1 correspond à une réduction nulle, c’est-à-dire sans effet réducteur sur la fécondité naturelle, si on suppose par exemple, que toutes les femmes sont exposées au risque de grossesse de l’âge de la puberté à l’âge de la ménopause, ou encore qu’aucune grossesse ne peut se terminer par un avortement. Le modèle de Bongaarts permet ainsi d’expliquer les différences de niveaux de fécondité entre pays, mais aussi, pour un même pays, de suivre l’évolution de la fécondité au cours de sa transition. Généralement le modèle de Bongaart est utilisé pour établir des hypothèses au niveau de la fécondité lorsqu’on fait des projections démographiques. La formule développée par John Bongaarts est la suivante : ISF = Cm * Ci * Ca * Cs * Cc * FN Avec: Cm = indice de mariage Cs = indice de stérilité définitive1, Ci = indice d’in susceptibilité postCc = indice de contraception partum Ca = indice d’avortement FN = fécondité naturelle (estimée à 15,3 enfants par femme) 3.2 La mortalité Définitions La mortalité est l’étude des décès au sein d’une population donnée. La mortalité représente la composante négative du croît naturel. C’est un phénomène démographique très préoccupant dans les pays en développement surtout ceux de l’Afrique au Sud du Sahara. L’intérêt pour l’analyse de ce phénomène tient compte du fait que, en tant que composante de la dynamique de la population, la mortalité reste aussi un indicateur de 1 Ou pourcentage de femmes de 45-49 ans qui n’ont jamais eu d’enfants COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 1 1 développement social d’un pays. Elle permet non seulement d’évaluer les programmes de santé mais aussi l’environnement social, économique et naturel qui donnent une idée des conditions de vie des populations. On distingue la mortalité générale, la mortalité dans l’enfance, la mortalité des adultes et la mortalité maternelle. 3.2.1 Indicateurs de mortalité a) La mortalité générale Le niveau de la mortalité générale est mesuré principalement par le taux brut de mortalité (TBM) et l’espérance de vie à la naissance. Le taux brut de mortalité est la fréquence des décès pour 1000 habitants au cours d’une année donnée. Son niveau est de 11,8 décès pour 1000 habitants au Burkina Faso en en 2006 et de 9,2 en 2009. En 2019, environ 9 individus meurent annuellement sur 1 000 habitants dénombrés. Selon le sexe, le taux brut de mortalité des hommes (8,1‰) est relativement élevé par rapport à celui des femmes (7,3‰). L’analyse de la mortalité selon le milieu de résidence indique que le niveau de mortalité est plus élevé en milieu rural qu’en milieu urbain. Dans le premier cas, sur 1 000 individus, il meurt un peu plus de 9 individus chaque année. Par contre, en milieu urbain, ce taux est de 7,7‰. Le taux brut de mortalité chez les hommes est plus élevé que chez les femmes quel que soit le milieu de résidence. Le taux brut de mortalité connaît une baisse par rapport aux résultats du précédent recensement, passant de 11,8‰ en 2006 à 9,2‰ en 2019. Taux brut de mortalité par milieu de résidence selon le sexe (‰) b) L’espérance de vie à la naissance (E0) L’espérance de vie à la naissance (E0) c’est le nombre moyen d’années que peut espérer vivre une personne à sa naissance, compte tenu du niveau de mortalité du moment. Les estimations obtenues, en 2019, au Burkina Faso tout individu qui naît vivrait 61,9 ans. Pour les femmes, cette espérance de vie à la naissance est estimée à 64,0 ans contre 60,0 ans pour les hommes, soit une différence de 4 ans au profit des femmes. Par rapport au milieu de résidence, l’espérance de vie à la naissance estimée en milieu urbain (65,1 ans) est plus élevée que celle du milieu rural (60,9 ans). L’écart entre ces deux milieux est de plus de 4 ans. Par rapport à 2006, l’espérance de vie s’améliore de 5,2 ans, passant de 56,7 ans à 61,9 ans en 2019. Espérance de vie à la naissance (en année) par sexe selon le milieu de résidence en 2006 et 2019 c) La mortalité dans l’enfance La mortalité des enfants a toujours fait l’objet d’une préoccupation majeure de santé publique dans le monde et plus particulièrement en Afrique subsaharienne. Elle détermine en grande partie la mortalité générale car, elle concerne un groupe cible des plus COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 1 2 vulnérables (enfants de moins de 5 ans). Elle concerne la mortalité infantile (0-1 an), juvénile (1-4 ans) et infanto-juvénile (0-4 ans) La mortalité infantile (0-1 an) En 2019, le quotient de mortalité infantile est de 55,9‰ au niveau national. En d’autres termes, environ 56 enfants sur 1 000 naissances meurent avant de fêter leur premier anniversaire. Une désagrégation par sexe indique que la mortalité avant l’âge d’un an est nettement plus élevée chez les garçons (60,9‰) que chez les filles (51,4‰). L’analyse selon le milieu de résidence montre que les enfants du milieu rural ont un niveau de risque de décéder, avant leur premier anniversaire, plus élevé que ceux du milieu urbain, soit 57,3‰ contre 49,9‰. Quel que soit le milieu de résidence, la distinction selon le sexe donne la même tendance observée au niveau national, c’est-à-dire une surmortalité masculine. L’analyse de la mortalité infantile suivant les régions montre que ce sont les régions du Nord (48,0‰), du Centre (49,3‰) et du Centre-Nord (50,2‰) qui présentent les taux les plus faibles. À l’inverse, les taux de mortalité infantile les plus élevés sont observés dans les régions du Sahel (72,7‰), du Sud-Ouest (70,6‰) et des Cascades (65,2‰). La mortalité juvénile (1-4 ans) C’est le décès des enfants de 1 à 4 ans au sein des enfants de ce même groupe d’âge. C’est le risque pour les enfants qui ont atteint un an de décéder avant leur cinquième anniversaire. Sur 1 000 enfants qui ont atteint un an au Burkina Faso en 2019, 33,3 meurent avant l’âge de 5 ans. Contrairement à la mortalité infantile, la distinction de la mortalité juvénile selon le sexe montre que ce sont les filles qui ont atteint un an qui ont plus de risque de mourir avant leur cinquième anniversaire, soit 33,8‰ contre 32,7‰ chez les garçons. L’analyse selon le milieu de résidence indique que les enfants du milieu rural ont un niveau de risque de décéder entre un an et cinq ans exacts plus élevé que ceux du milieu urbain, soit 34,1‰ contre 29,8‰. Quel que soit le milieu de résidence, la distinction selon le sexe donne la même tendance observée au niveau national, une surmortalité féminine entre l’âge d’un an et quatre ans révolus. La mortalité infanto-juvénile (0-4 ans) Au Burkina Faso, la mortalité des moins de cinq ans est toujours élevée. Sur 1 000 enfants nés vivants, 87 n’atteignent pas leur cinquième anniversaire. Le niveau de cette mortalité est plus élevé chez les garçons (91,6‰) que chez les filles (83,5‰). L’analyse selon le milieu de résidence montre l’existence d’un écart important entre le milieu rural et le milieu urbain. En effet, 89 enfants sur 1 000 naissances survenues en milieu rural n’ont pas la chance d’atteindre leur cinquième anniversaire contre 78 enfants sur 1 000 en milieu urbain. Il ressort de l’examen de la mortalité infanto-juvénile suivant les régions que ce sont les régions du Nord (75,2‰), du Centre (77,3‰) et du Centre-Nord (78,6‰) qui présentent les taux les plus faibles. A l’inverse, les taux de mortalité infanto-juvénile les plus élevés s’observent dans les régions du Sahel (112,4‰), du Sud-Ouest (109,3‰) et des Cascades (101,3‰). Les taux de mortalité infantile, juvénile et infanto-juvénile ont connu des baisses entre 2006 et 2019, passant respectivement de 91,7‰, 55,3‰ et 141,9‰ à respectivement à respectivement 55,9‰, 33,3‰ et 87,3‰. b.1) Mortalité néonatale (NN) C’est le décès des enfants avant leur premier mois d’anniversaire. Le quotient de mortalité néonatale (NN) mesure, à la naissance, la probabilité de décéder avant d’atteindre un mois exact. COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 1 3 Le quotient de mortalité néonatale en 2019 était de 28 pour 1000 au Burkina Faso. b.2) Mortalité post-néonatale (PNN) C’est le décès des enfants entre leur premier mois de naissance et leur premier anniversaire. Le quotient de mortalité post-néonatale mesure, chez les enfants âgés d’un mois exact, la probabilité de décéder avant d’atteindre le douzième mois exact. Le quotient de mortalité post-néonatal en 2019 était de 37 pour 1000. Source : SP/CONAPO : Module population et santé 4. La mortalité maternelle La mortalité maternelle se définit selon l'OMS comme « le décès d’une femme survenu au cours de la grossesse ou dans un délai de 42 jours après sa terminaison, quelle qu’en soit la durée ou la localisation, pour une cause quelconque déterminée ou aggravée par la grossesse ou les soins qu’elle a motivés, mais ni accidentelle, ni fortuite » (OMS, 1993). La mortalité maternelle fait référence ici aux décès liés aux grossesses des femmes en âge de procréer (15-49 ans). L’indicateur qui résume le mieux la mortalité maternelle est le rapport de mortalité maternelle. Il met en relation les décès liés à l’accouchement et les naissances vivantes. Le recensement de 2019 estime le rapport de mortalité maternelle à 222,9 pour 100 000 naissances vivantes ; ce qui signifie que sur 100 000 naissances vivantes, près de 223 femmes décèdent pour des raisons liées à la grossesse. L’analyse selon le milieu de résidence montre que le rapport de décès maternels est plus élevé en milieu rural comparativement au milieu urbain (231,4 contre 185,7 pour 100 000 naissances). Il demeure que le niveau de mortalité maternelle est toujours élevé quel que soit le milieu de résidence considéré. COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 1 4 Rapport de mortalité maternelle (RMM) pour 100 000 naissances vivantes selon le milieu de résidence Pourquoi étudier la mortalité ? L’étude de la mortalité permet de : - déterminer les secteurs prioritaires sur lesquels l’accent devrait être mis dans le domaine de la santé, de l’éducation grâce à l’étude de la mortalité spécifique (par âge, sexe, maternel, etc.) ; - mesurer l’impact des politiques sociales, notamment celles en matière de santé ; - dégager des pistes de recherches en matière de santé, principalement sur certaines maladies en se servant des résultats de l’étude de la mortalité par causes. 3.2.2 Les caractéristiques de la mortalité au Burkina Faso La mortalité, au Burkina Faso, est caractérisée par : - un niveau élevé de mortalité aux tranches d’âges jeunes (cas d’une mortalité infantile élevée) qui fait croître le niveau global de la mortalité. - un niveau élevé de mortalité aux jeunes âges qui entraîne un niveau élevé de mortalité générale. - une forte mortalité aux jeunes âges qui a des répercussions sur la durée de vie moyenne représentée par l’espérance de vie ; - Un niveau de décès maternel élevé qui traduit une mauvaise prise en charge de la santé de la mère. 3.2.3 Les déterminants de la mortalité surtout chez les enfants L'analyse différentielle est insuffisante pour expliquer les mécanismes selon lesquels les divers déterminants considérés agissent. Pour cela, on a besoin d'un cadre théorique permettant d'articuler les différents facteurs entre eux et de comprendre finalement l'enchaînement des mécanismes conduisant à un décès. Cette démarche conduit à essayer d'organiser les différentes variables, de les hiérarchiser. On est ainsi amené à introduire entre les variables « indépendantes » ou explicatives (le climat, l'équipement sanitaire, l'éducation...) et la variable dépendante (le niveau de la mortalité), des variables dites « intermédiaires », qui sont influencées par les variables indépendantes et qui influencent la variable dépendante. Mais la construction de tels schémas théoriques est complexe, en particulier du fait des interactions entre les variables biologiques et les variables sociales ; de plus les données nécessaires à leur utilisation ne sont pas toujours disponibles. Les tentatives de modélisations d’identification des déterminants de la mortalité ont plus porté sur la mortalité des enfants. Dans l’analyse du RGPH 2006, Baya B. et al (2009) en se référant aux travaux de Mosley W. H. et Chen L. C, (1984) distinguent les déterminants proches de la mortalité des enfants qui se composent des facteurs maternels, de la contamination par l’environnement, des carences nutritionnelles, des blessures et du contrôle individuel de la santé. Les facteurs exogènes ou variables indépendantes renvoient au niveau de vie des ménages, aux aspects culturels (religion, milieu de socialisation, milieu de résidence, niveau d’instruction,) et politique. Pour eux, les facteurs socio-économiques agissent sur le niveau de la mortalité par l’intermédiaire des variables ou facteurs proches. 3.3 La migration Les déplacements de population sont des phénomènes universels, qui ont ponctué l’histoire des sociétés humaines avec plus ou moins d’intensité selon les époques, motivés par la COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 1 5 conquête de la nature et la recherche perpétuelle de meilleures conditions de vie. Si cette mobilité humaine a été une constante de l’histoire des peuples, l’avènement des Etats Nations lui a conféré une dimension nouvelle et contribué à en faire un enjeu important de développement et une question récurrente dans les relations internationales. D’emblée, il faut souligner qu’il n'y a pas de définition universellement reconnue pour régir l'usage du terme « migration ». Ainsi, selon Louis Henry (1981 : 105), la migration est « un ensemble de déplacement ayant pour effet de transférer la résidence des intéressés d’un certain lieu d’origine ou lieu de départ, à un certain lieu de destination ou lieu d’arrivée… ». Quant à l’Organisation Internationale pour la Migration (OIM) (2013), elle définit la migration comme « le mouvement d’une personne ou d’un groupe de personnes d’une unité géographique à une autre par-delà une frontière politique ou administrative en vue d’une installation temporaire ou permanente dans un endroit autre que son ou que leur lieu d’origine. 3.3.1. Statut migratoire de la population au Burkina Faso Un migrant est une personne qui remplit l’une des conditions suivantes : • vit dans une commune où elle n’est pas née (migrant durée-de-vie) ; • réside dans une autre commune que celle où elle résidait il y a un an (migrant récent) ; • réside dans une commune autre que celle où elle résidait en 2006 (migrant intercensitaire) ; • a résidé à l’étranger (immigrant international). Par opposition, un non migrant est une personne qui : • vit dans une commune où elle est née ; • vit dans la même commune où elle vivait en 2006 ; • vit dans la même commune où il vivait un an avant le recensement ; • n’a jamais résidé à l’étranger. Une proportion de 19,2% des résidents sont des migrants, soit 19,0% chez les hommes et 19,4% chez les femmes. Cependant, les femmes (14,7%) migrent plus à l’intérieur du pays que les hommes (12,0%) qui sont plus portés vers la migration internationale. En effet, la migration internationale concerne 7,0% des hommes contre 4,8% des femmes. 3.3.1 Migration interne La migration interne est une migration qui s’effectue à l’intérieur des frontières d’un pays ou d’un territoire. Dans le cas du Burkina Faso, il s’agit de tous les déplacements s’effectuant entre entités administratives et ayant occasionné un séjour au lieu d’arrivée d’une durée d’au moins six mois (ou avec l’intention d’y résider pendant au moins six mois). La migration interne peut s’effectuer entre régions du pays, il s’agit alors de migration interrégionale. A l’intérieur d’une région, la migration peut s’effectuer entre provinces, c’est la migration intrarégionale ou interprovinciale. L’on peut également considérer les communes à l’intérieur des provinces, ce qui conduit aux migrations intraprovinciales ou intercommunales. Les migrations internes sont de très grandes ampleurs même si au cours des 3 derniers recensements on observe une diminution de la proportion de la population qui y est concernée. En 2019, 2 338 987 personnes vivent dans des communes où elles ne sont pas nées soit 13,8% de la population recensée. Quel que soit le type de migration interne, on remarque que les migrations intra-provinces (entre communes à l’intérieur de la province) et les migrations inter-régionales (entre régions) sont les plus importantes. La mobilité entre province est beaucoup plus faible. COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 1 6 3.3.2 Migration internationale L’émigration regroupe les sorties du territoire national vers l’étranger. Ex. Les ressortissants burkinabè vivant en Lybie L’immigration concerne les entrées dans le pays. Ex. les ivoiriens vivants au Burkina Faso sont des immigrants. Une migration est dite internationale lorsqu’elle porte sur des changements de résidence habituelle entre pays. L’émigration regroupe les sorties du territoire national vers l’étranger au cours des douze derniers mois. Les migrants internationaux récents, quittant le Burkina Faso, choisissent plusieurs destinations, essentiellement africaines et particulièrement ouest-africaines. De façon générale, les huit pays de l’UEMOA captent, à eux seuls, plus de 75% des émigrésrécents quittant le Burkina Faso. Dans leur grande majorité, ces migrants se dirigent vers la Côte d’Ivoire (61,1%). Les deux autres destinations importantes sont le Mali et le Ghana (respectivement 12,5% et 8,6%). Le constat qui peut être fait est que les Burkinabè migrent beaucoup vers l’extérieur mais ne semblent pas aller très loin de leur pays d’origine puisqu’ils s’établissent essentiellement dans les pays voisins. Le Burkina Faso est un pays d’émigration par excellence. A partir des données des quatre recensements organisés par le Burkina Faso, on constate que le solde migratoire a toujours été négatif traduisant plus de sortie que d’entrée même si au cours du dernier recensement ce solde migratoire semble faible comparé à ceux des opérations antérieures. Tableau : Evolution du solde migratoire de 1975 à 2006. Années Émigrés Immigrés solde 1975 334 715 110 681 -224 034 1985 83 479 72 120 -11 359 1996 121 931 41 688 -80 243 2006 60 449 53 762 -6 687 Source : composition à partir des données de recensement de population du Burkina Faso 3.3.3 Indicateurs de la migration Ils permettre de mesurer des faits de la migration a) Taux d’immigration C’est le nombre d’immigrants qui arrivent à une destination donnée pour 1000 habitants de cette destination durant une période donnée. En 2009, le taux d’immigration de la Norvège était de 13,5 pour 1000 b) Taux d’émigration C’est le nombre d’émigrants qui quittent leur région d’origine pour 1000 habitants de cette région d’origine durant une année données. En 2009, le taux d’émigration de la Norvège était de 5,5 pour 1000 COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 1 7 c) Taux net de migration Il indique l’effet net de l’immigration et de l’émigration sur la population d’une région, exprimé sous forme d’augmentation ou de diminution pour 1000 habitants de la région durant une année donnée. 𝐍𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞 𝐝′𝐢𝐦𝐦𝐢𝐠𝐫𝐚𝐧𝐭𝐬−𝐧𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞 𝐝′é𝐦𝐢𝐠𝐫𝐚𝐧𝐭𝐬 𝟏𝟎𝟎𝟎 Taux net de migration= 𝐏𝐨𝐩𝐮𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐓𝐨𝐭𝐚𝐥𝐞 𝐦𝐨𝐲𝐞𝐧𝐧𝐞 En 2009, la Norvège a connu une augmentation nette de 8,0 personnes pour mille habitants en raison de la migration. 3.3.4 Notions connexes à la migration Migration durée-de-vie La migration durée-de-vie est définie en mettant en rapport le lieu de naissance et le lieu de résidence à une date de référence. Le migrant durée-de-vie est tout individu qui réside dans une entité administrative autre que son lieu de naissance. De façon opérationnelle elle concerne les individus dont la commune (respectivement, province, région et pays) de résidence au moment du recensement est différente de leur commune (respectivement, province, région et pays) de naissance. Migration récente La migration récente est la migration effectuée au cours des 12 mois ayant précédé la collecte des données. Elle a trait aux individus dont le lieu de résidence à la date de collecte des données est différent de celui d’il y a douze mois de cela, Exode rural C’est la migration des zones rurales vers les zones urbaines. 3.3.5 Caractéristiques de la migration au Burkina Faso Les caractéristiques de la migration au Burkina Faso sont les suivantes : - domination de la population féminine (57%) en 2006 ; - elle concerne plus les jeunes de moins de 40 ans que les personnes âgées ; - plus du 1/3 des migrants a moins de 20 ans ; - l’âge moyen des migrants est égal à 23 ans en 2006. 3.3.6 Déterminants de la migration D'une façon générale, les migrations volontaires doivent s'analyser en fonction : - des comportements individuels : ce sont, le plus souvent, les individus les plus dynamiques qui prennent la décision d'émigrer (esprit d'initiative, goût de l'aventure...) ; - des stratégies familiales et des contraintes sociales qui interviennent à la fois pour le départ de la première personne de la famille (la décision est rarement individuelle même si, au moins en un premier temps, le départ se fait seul) et pour les départs suivants des membres de la famille qui iront rejoindre le premier émigrant ; - de la situation économique du migrant dans son environnement de départ : manque de terres, bas niveau des prix des produits agricoles, sous-emploi, chômage... - de l'attirance que peuvent exercer les pays d'accueil potentiels, notamment en termes de possibilités espérées d'emploi et d'amélioration du niveau de vie, ainsi que de perspectives d'épargne en vue d'un retour ultérieur ; - de la possibilité de migrer, en particulier en fonction des politiques d'immigration dans les pays d'accueil. La natalité, la mortalité et les migrations sont les constitutifs essentiels de la dynamique démographique. COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 1 8 Schéma 1.1 : Composantes et mécanisme d’évolution de la population 3.3.7 Taux de croissance démographique Les deux composantes qui permettent d’apprécier l’accroissement de la population se composent de la façon suivante : Accroissement naturel : Natalité - Mortalité Solde migratoire: Immigration –Emigration L’accroissement absolu de la population est donnée par la relation suivante : Accroissement absolu = (Naissances – Décès)+(Immigration –Emigration) Le taux d’accroissement qui en résulte se présente comme suit : Taux d’accroissement = ((Naissances – Décès)+(Immigration – Emigration)) / Population moyenne Ainsi, à travers des hypothèses sur les trois variables de la dynamique démographique, on peut déterminer les perspectives démographiques d’une région, d’un pays ou du monde. Les perspectives démographiques les plus simples s’élaborent à l’aide du taux d’accroissement de la population à partir de la formule suivante : CONCLUSION L’initiation à la démographie permet une bonne connaissance des questions de population et développement. Les indicateurs sur les questions de population au Burkina Faso sont relativement peu satisfaisants dans un contexte de forte croissance démographique. Cette dynamique de la population peut avoir des externalités positives ou négatives sur le développement ; cela dépendra des orientations politiques en matière de population et des choix stratégiques pour accompagner la population. COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 1 9 CHAPITRE II : RELATION ENTRE POPULATION, DEVELOPPEMENT, ET CROISSANCE ECONOMIQUE Les connaissances sur la population est une préoccupation ancienne. Administrer la citer, la construire, régler les questions de répartition de l’impôt, organiser l’armée et peupler les terres conquises : ces questions ont préoccupé les plus vieux Etats aux quatre coins du monde, des cités grecques aux vastes empires d’Asie ou d’Afrique (l’Egypte ancienne). Or les textes qui illustrent ces préoccupations reflètent davantage des prises de position philosophico-politique que des observations. Ils indiquent bien ce qui est ; ils sont normatifs avant d’être scientifiques. Il faut noter que les relations entre population et développement ont fait l’objet de débat souvent contradictoire depuis des siècles entre les économistes, démographes, philosophes, etc. Depuis 1798, année à laquelle Malthus publia son célèbre «Essai sur le principe de population », le débat s’est polarisé entre les malthusiens (antinatalistes) et les anti-malthusiens (pro-natalistes). En effet, Malthus dans son essai soutenait qu'il existait un écart croissant entre une population qui augmente en progression géométrique2 (1, 2, 4, 8, 16,...) et des ressources, notamment alimentaires, augmentant moins vite, en progression arithmétique 3 (1, 2, 3, 4, 5,...). La grande controverse provoquée par le « principe de population » de Malthus a cependant permis, aussi bien à ses partisans qu’à ses détracteurs, de prendre conscience du besoin de mieux connaître les évolutions démographiques et leurs relations avec les conditions économiques et sociales (développement). Les chercheurs et la communauté internationale à la suite de ces débats, ont également porté leur attention sur l’importance des relations mutuelles entre population et développement. Leur argument est que la croissance démographique et le développement socio-économique s’influencent réciproquement. Le Programme d’actions de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement (CIPD) a montré le lien étroit entre la population et le développement et a recommandé la prise en compte de la dynamique démographique dans le processus de développement. 3.1 Cadre théorique des relations population et développement Le dix-huitième siècle a été une période de profonds changements dans le climat intellectuel général. Ces changements auront par la suite une influence décisive dans le domaine social et économique, ainsi que sur les théories démographiques. Au cours de cette période, la croyance en une capacité illimitée de l’homme à se reproduire, par opposition à la limitation de ses moyens de subsistance, était largement répandue. Dans les traités des philosophes grecs Platon et Aristote, on retrouve maints passages ayant trait à l’organisation de la population. Le souci prioritaire de ses penseurs est de réguler les mouvements des populations, l’objectif étant de se rapprocher constamment d’un nombre fixe. Ce nombre, que l’on qualifierait d’optimum, représente une l’utopie d’une cité idéalement construite à tout jamais selon les canons et l’art de gouverner. 2 Formule suite géométrique, Pn = P0*rn 3 Formule suite arithmétique, Pn = P0+n*r COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 2 0 Toutefois, certaines idées émergent qui justifient que la population était soit la cause, soit la conséquence de l’accumulation des richesses et convergent vers un idéal de progression soutenue de la population : « il n’y a richesse ni force que d’hommes ». La mise en relation des problèmes de développement économique avec le taux de croissance démographique eut son heure de gloire au 19ème siècle en Europe, à l’époque de Malthus, Adam Smith et David Ricardo. Pour Malthus, la population naturelle croît de manière géométrique, alors que la croissance économique (la production alimentaire) est arithmétique ; bref, la population croît plus vite que l’économie. Pour lui, seules les épidémies, les guerres, l’autodiscipline et la misère des classes laborieuses peuvent résoudre cette fatalité quasi-naturelle. Il stipule que «Dans un monde où les ressources en termes d’agriculture sont fixes, le progrès technique lent et la demande alimentaire croissante, la production alimentaire est rapidement dépassée par la pression engendrée par une population en croissance rapide. L’alimentation tombe alors sous le niveau de subsistance, entraînant ainsi un taux de mortalité élevé qui à son tour met fin à la croissance de la population. Par conséquent, les niveaux de vie ne peuvent s’améliorer que sur le court terme, avant d’être annulés par une croissance rapide de la population ». Malthus suggère le mariage tardif et l’abstinence jusqu’au mariage ainsi que la limitation de la fécondité à l’intérieur du mariage lui-même. Karl Marx a réagi vivement à certains textes de Malthus, notamment à celui de la « parabole du Banquet ». Malthus avait écrit à propos d’un homme qui ne peut nourrir ses enfants : « il est réellement de trop sur Terre au grand banquet de la nature, il n’y a pas de couvert mis pour lui. Marx répond qu’il n’y a qu’un homme de trop sur terre, c’est Malthus. En revanche, Smith et Ricardo voyaient en la croissance naturelle de la population une conséquence directe de l’amélioration du facteur économique. Ils croyaient donc en un mouvement de développement économique et de croissance démographique autorégulateur, harmonieux et progressif. 3.1.1 Les débats du vingtième siècle autour des effets de la croissance démographique sur la croissance économique Jusqu’au dix-huitième siècle, la croissance démographique n’était pas régulière, même si la tendance générale était à la hausse. C’est au cours de la deuxième moitié du vingtième siècle que la croissance démographique a augmenté de façon exceptionnelle. La population mondiale a été multipliée par six depuis 1800 (environ 1 milliard d’habitants à cette époque). Il a fallu environ 130 ans pour ajouter un autre milliard. Puis, les choses se sont considérablement accélérées, et l’on estime qu’en 2050 la population mondiale sera de 9,6 milliards. Les différentes perspectives sur ces évolutions peuvent être résumées en trois écoles de pensée (Bloom et al 2000) : i. La théorie “pessimiste”: une croissance démographique rapide a une influence négative sur la croissance économique; ii. La théorie “optimiste”: la croissance démographique peut nourrir la croissance économique; iii. La théorie “neutraliste”: la croissance démographique n’a pas d’effet significatif sur la croissance économique. a) La théorie pessimiste : une croissance démographique rapide a une influence négative sur la croissance économique COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 2 1 La croissance démographique rapide continue de préoccuper la pensée moderne, et le pessimisme de Malthus a encore des partisans. Parmi les inquiétudes émises, il y a des hypothèses extrêmes (par exemple que des centaines de millions de personnes mourront de famine), et d’autres plus raisonnées, mettent à l’évidence, l’incidence de la population sur la demande de ressources fixes et l’influence potentiellement négative de la croissance démographique sur l’intensité du capital. En principe, une population plus importante entraîne une demande accrue en logements, en usines, en infrastructures routières, en emploi. Sur le long terme, un tel capital peut être construit, mais les périodes de croissance démographique rapide peuvent tout à fait aboutir à une diminution du capital par travailleur, et à la baisse des niveaux de vie. Lorsque la croissance démographique est rapide, une large part des investissements est en effet utilisée pour satisfaire les besoins d’une population en expansion, plutôt que pour augmenter le niveau de capital par habitant. Cependant, au début des années 1980, les économistes ont commencé à rejeter cette optique pessimiste. En effet, les recherches empiriques ont affaibli cette théorie : la théorie économique a commencé à accorder une importance grandissante à la technologie et à l’accumulation du capital humain, par opposition au capital physique, autrefois considéré comme le facteur clé de la croissance. En outre, la théorie démographique a commencé à avoir une vision sur le moyen et le long terme, où les effets à court terme de la croissance démographique sont susceptibles d’être moins importants. b) La théorie optimiste : La croissance démographique peut nourrir la croissance économique L’histoire récente a jeté des doutes sur la théorie pessimiste. Au cours des dernières années, pendant lesquelles la population mondiale a doublé, les revenus par habitant ont augmenté de deux tiers. Des famines ont eu lieu, mais elles étaient souvent causées par la pauvreté et le manque de moyens d’une certaine frange de la population pour acheter de la nourriture et ne révélaient donc pas un manque absolu de nourriture. Les progrès technologiques, aussi bien dans l’agriculture que dans l’industrie, ont été plus rapides qu’à aucun autre moment de l’histoire de l’humanité. Il y a eu des innovations sociales et institutionnelles considérables : dans la façon de travailler, dans le niveau d’éducation et de santé des personnes, et dans le degré de participation des habitants au processus politique. Plutôt que d’être contraints par des ressources fixes, les prix de beaucoup de matières premières ont décliné sur le long terme, et des parties de l’économie se sont « dématérialisées », le savoir devenant un bien de plus en plus important. Ces évolutions ont étayé l’opinion d’un groupe d’« optimistes démographiques », qui ont cherché à promouvoir l’idée que la croissance démographique peut être un avantage économique. Simon Kuznets et Julian Simon ont par exemple démontré que lorsque la population augmente, l’inventivité humaine s’accroît aussi. Les sociétés de taille importante, ayant la capacité de profiter des économies d’échelle, sont mieux positionnées pour mettre en place, exploiter et diffuser le flux croissant de savoir qu’elles reçoivent. Ester Boserup utilise des arguments identiques pour réfuter la vision du monde de Malthus. La croissance démographique crée certes une pression sur les ressources. Toutefois, c’est dans l’adversité que l’homme est ingénieux et stimulé à innover. Lorsque la croissance démographique a débordé l’organisation traditionnelle fondée sur la chasse et la cueillette, la culture sur brûlis est apparue. Puis, quand ce type de culture est devenu inadapté, la culture intensive à plusieurs récoltes par an a été mise au point. Plus récemment, la révolution verte, qui a entraîné le quadruplement de la production alimentaire COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 2 2 mondiale depuis 1950 avec seulement 1 pour cent de terres utilisées en plus, est à lier directement à la pression démographique. Les optimistes, tout en refusant les prévisions alarmistes des pessimistes, ne sont pas dogmatiques sur les influences positives de la croissance démographique. Ils ont plutôt une vision élargie, suggérant que de multiples facteurs sont responsables des conséquences de la croissance démographique. Ces facteurs peuvent avoir des conséquences économiques positives ou négatives. L’élargissement de ce débat sur la croissance démographique a finalement abouti à la théorie neutraliste, qui est aujourd’hui l’opinion dominante dans le débat démographique. c) La théorie neutraliste: La croissance démographique n’a pas d’effet significatif sur la croissance économique Adam Smith, dans son ouvrage, « Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776) » se demandait pourquoi certains pays étaient plus riches que d’autres. Il trouva la réponse à cette question dans la division du travail, qui permettait aux travailleurs de devenir plus productifs en affinant leurs compétences dans des tâches de plus en plus spécialisées. Récemment, des économistes, étudiant les effets économiques des changements démographiques ont davantage été inspirés par Adam Smith, et sa théorie sur le pouvoir du marché, que par Thomas Malthus et ses prévisions démographiques sinistres. La plupart des analystes économiques ont étudié la corrélation statistique entre croissance économique et démographique, et n’ont trouvé que peu de liens significatifs. Les pays à croissance démographique rapide ont certes plutôt tendance à avoir des économies à croissance plus lente, cependant cette corrélation négative disparaît automatiquement (voire devient positive) lorsque d’autres facteurs, comme la taille du pays, l’ouverture aux échanges, le niveau d’éducation de la population, et la qualité des institutions politiques et civiles sont pris en compte. La part de la croissance économique non expliquée par ces autres facteurs, en d’autres mots la croissance « résiduelle », a peu de liens avec les taux de croissance démographique. En définitif, lorsque l’on prend en compte d’autres facteurs, il y a peu de preuves manifestes que la croissance démographique empêche ou favorise la croissance économique. Ces analyses semblent prouver la validité d’un troisième point de vue: le neutralisme démographique. La théorie neutraliste est la théorie dominante depuis le milieu des années 1980 mais des résistances demeurent. d) La question oubliée de la structure par âge dans le débat démographique Tous les tenants des théories démographiques pessimistes, optimistes et neutralistes se fondent tous sur des modèles théoriques et des données plus ou moins fiables pour étayer leurs points de vues. Néanmoins, toutes ces théories ont tendance à oublier une composante cruciale de la dynamique des populations : l’évolution de la structure par âge d’une population. Les économistes se sont plutôt concentrés sur la croissance de la population, ignorant au sein de cette population croissante les changements dans la répartition par âge. Pourtant, ces changements sont tout aussi importants que la croissance démographique. Chaque groupe d’âge dans une population se comporte différemment, avec des conséquences économiques distinctes : les jeunes demandent des investissements importants dans la santé et l’enseignement, les jeunes adultes COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 2 3 fournissent la force de travail et l’épargne, tandis que la population plus âgée a besoin de services de santé et de revenus pour sa retraite. Lorsque la taille relative de chacun de ces groupes change dans une population, l’intensité relative de ses comportements économiques change aussi. Cela revêt une grande importance dans les prévisions de croissance du revenu d’un pays. Dans les décisions concernant l’avenir de leurs pays, les décideurs qui ont une vision plus large du développement et des relations complexes entre le développement économique et humain doivent prendre en compte les conséquences des changements dans la structure par âge. 3.2 Population et croissance économique : le dividende démographique Les liens qui existent entre la croissance démographique et la croissance économique sont très complexes et l’incidence nette des facteurs démographiques sur une économie durable est parfois ambiguë. Une réduction de la croissance démographique est censée améliorer les perspectives économiques d’un pays et, partant, sa capacité à amélioration les conditions de vie de ses citoyens. Cette croyance, bien que n’étant pas acceptée universellement, se fonde sur le raisonnement qu’une baisse de fécondité contribuera à réduire la proportion de la population très jeune (moins de 14 ans) et, partant, la demande de fonds publics des services éducatifs et sanitaires. Ainsi, du fait de la baisse du taux de fécondité, les ressources disponibles par habitant pour les services éducatifs et de santé augmenteront, même en l'absence d'un accroissement réel des fonds alloués par l’État pour ces services. Toutefois, l’incidence réelle de la réduction de la croissance démographique sur l’amélioration du bien-être humain dépend de la manière dont les politiques éducatives, sanitaires et économiques ont été formulées et mises en œuvre dans un pays. La croissance économique soutenue qui doit impulser le développement pourrait provenir en partie d’une bonne maîtrise de la croissance démographique comme l’ont expérimenté les pays de l’Asie de l’Est et du Sud-est. Le coup de pousse de la démographie à la croissance économique est appelé Dividende Démographique. 4.1. Définitions 4.1.1. Dividende démographique « On entend par dividende démographique la croissance économique rapide résultant de la baisse de la mortalité et de la fécondité d’un pays donné, et de l’évolution de la pyramide des âges de la population. La baisse du taux annuel de natalité entraîne des changements dans la distribution par âge d’une population ; les jeunes dépendants sont moins nombreux par rapport à la population en âge de travailler, ce qui signifie que moins d’investissements sont nécessaires pour ces jeunes dépendants. Ce phénomène crée une opportunité de croissance économique plus rapide à condition de mettre en œuvre des politiques sociales et économiques et des investissements adaptés » (CEA et CUA, 2013). En d’autres termes, le dividende démographique est le coup de pousse historique que le changement démographique (notamment la structure par âge) peut donner au développement socioéconomique. L’accélération de la croissance économique et l’amélioration du bien-être social corrélative au changement de la structure par âge de la population s’effectue en deux temps. Ces deux périodes sont appelées premier et deuxième dividende démographique. 4.1.1.1 Premier dividende démographique L’entrée d’une forte proportion de jeunes dans la population active peut accroître la production et l’épargne par habitant en fonction de la taille des autres tranches d’âges. COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 2 4 Avec moins d’enfants à charge, les individus, les familles et les pays dégagent plus de ressources qui peuvent être utilisées pour améliorer leurs conditions de vie et investir dans la santé et l’éducation (capital humain) de leurs enfants, ainsi que dans le capital physique. Compte tenu de l’effet multiplicateur de l’investissement, le revenu familial augmente ainsi que le produit national brut (CEA et CUA, 2013). Lorsque la fécondité baisse, la taille de la population active augmentera plus lentement. Au même moment, l’amélioration de l’espérance de vie des cohortes précédentes mène au vieillissement donc à une croissance de la population âgée. Lorsque cela se produit, le revenu par habitant augmentera plus lentement et la fenêtre d’opportunité pour le premier dividende démographique se refermera (ibidem, page 10). 4.1.1.2. Deuxième dividende démographique La conséquence de la transition démographique est que la population vieillit au fur et à mesure. Si les bonnes politiques sont en place, le vieillissement de la population peut mener à un deuxième dividende, qui peut être de longue durée et plus important que le premier dividende. La hausse de l’espérance de vie conduit souvent à un temps de travail plus long. Comme les agents économiques accumulent leur richesse au cours de leurs années de travail, ils auront épargné davantage de richesse aux âges avancés pour soutenir leurs vieux jours. Si les actifs supplémentaires de ces travailleurs âgés sont investis localement ou à l’étranger, le revenu national augmente. S’ils sont investis uniquement dans l’économie nationale, le résultat sera une augmentation du capital physique par travailleur, ce qui signifie une croissance de la production et des services. S’ils sont investis à l’étranger, les revenus étrangers nets et le revenu national augmenteront plus rapidement. Dans les deux cas, le revenu par habitant augmentera plus rapidement que sans ces investissements (CEA et CUA, 2013). Les effets combinés de la baisse du nombre d’enfants à charge et de l’augmentation de l’espérance de vie ont contribué à une augmentation des taux d’épargne national brut d’environ 14% en Asie de Est et du Sud-Est. Le dividende démographique dans ces régions a contribué à 56% du taux de croissance du produit national brut (PNB). 4.2 Les étapes du dividende démographiques Quatre étapes sont essentielles pour qu’un pays puisse réaliser le dividende démographique notamment : • la baisse de la fécondité, • la variation de la structure par âge, • la baisse du rapport de dépendance (démographique et économique) • l’investissement dans le capital humain, Figure 1: Etapes du dividende démographique Croissance économiqu e Investissement Baisse du rapport de dépendance (démographique et réel) Modification de la structure par âge Baisse de la fécondité COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 2 5 4.2.1 Transition démographique La transition démographique est le processus au cours duquel les taux de natalité et de mortalité passent d’un niveau élevé à un niveau faible. Il comporte quatre étapes correspondant aux différentes combinaisons de la baisse de la mortalité et de la fécondité. Etape 1 : les taux de natalité et de mortalité sont tous les deux élevés, et la croissance démographique est très faible. Etape 2 : le taux de mortalité (en particulier la mortalité infantile) commence à décroître, grâce au développement du pays et à l'amélioration des conditions sanitaires. Dans le même temps, le taux de natalité reste très élevé, ce qui engendre une très forte croissance démographique (typiquement de 3% par an). Etape 3 : au fur et à mesure du développement du pays (hausse de l'éducation et du niveau de vie), le taux de natalité commence à baisser. Etape 4 : avec les taux de natalité et de mortalité faibles, la population se stabilise (le taux de croissance n'est jamais nul, mais on estime qu'une augmentation annuelle de 0,4% correspond à une population stable). Etape 1 Etape 2 Etape 3 Etape 4 Les pays développés et les pays émergents ont achevé leur transition démographique ou sont en train de la réaliser. L’Afrique ne fait plus figure d’exception en matière de transition démographique. Depuis trois décennies, la natalité et la mortalité sont en baisse continue, certes à des rythmes divers selon les pays, en fonction des contextes socioculturels, économiques et politiques. A ce titre, la Tunisie et le Botswana sont passés à un indice synthétique de fécondité de plus de 6 enfants par femme en 1960 à moins de 3 enfants par femme en 2010. 4.2.2 : Transformation de la structure par âge de la population La conséquence de la transition démographique est l’évolution de la pyramide des âges du pays. La diminution du nombre de naissances annuelles s’accompagne de la diminution de la population jeune dépendante par rapport à la population en âge de travailler. Les pyramides ci-dessous illustrent cette transformation de la structure par âge de la population. COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 2 6 Source : (PRB, 2011) 4.2.3. Baisse du ratio de dépendance La variation de la structure de la population (évolution de la pyramide des âges) est très importante pour assurer une croissance économique et un développement inclusif. Cette modification de la pyramide des âges devrait entrainer une augmentation de la population active susceptible de produire des biens et services et une baisse de la population théoriquement dépendante (inactive). Le rapport entre ces deux groupes est appelé ratio ou rapport de dépendance. 𝐏𝐨𝐩𝐮𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐢𝐧𝐚𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞 (𝟎−𝟏𝟒 𝐚𝐧𝐬+𝟔𝟓 𝐚𝐧𝐬 𝐞𝐭+) Ratio de dépendance démographique = 𝐏𝐨𝐩𝐮𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐚𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞 (𝟏𝟓−𝟔𝟒 𝐚𝐧𝐬) 𝐏𝐨𝐩𝐮𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐢𝐧𝐚𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞 (𝟎−𝟏𝟒 𝐚𝐧𝐬+𝟔𝟓 𝐚𝐧𝐬 𝐞𝐭+) Ratio de dépendance économique = 𝐏𝐨𝐩𝐮𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐚𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞 𝐨𝐜𝐜𝐮𝐩é𝐞 (𝟏𝟓−𝟔𝟒 𝐚𝐧𝐬) Le ratio de dépendance est le rapport de la population à charge à la population en âge de travailler (ratio de dépendance démographique) ou par rapport à la population active occupée (ratio de dépendance économique). Avec la poursuite de la baisse de la fécondité, le ratio de dépendance s’oriente vers une baisse continue laissant ainsi ouverte la fenêtre d’opportunité. Théoriquement, cette fenêtre d’opportunité ne s’ouvre que lorsque le rapport de dépendance démographique est inférieur à 0,8. En effet, on considère l’hypothèse selon laquelle pour bénéficier d’une fenêtre d’opportunité á une date donnée, un pays doit avoir moins de 15% de dépendants âgés de plus de 65 ans et moins de 30% de dépendants âgés de moins de 15 ans. Soit 45% de la population totale dépendante et 55% de la population totale active. 4.2.4 Investissements stratégiques Le bénéfice du dividende démographique n’est pas automatique. En plus de la baisse de la fécondité et de la transformation de la structure par âge de la population, il est nécessaire que ce processus soit accompagné accompagnée d’investissements stratégiques dans la santé, l'éducation, la politique économique et la gouvernance. L’éducation et la santé sont deux facteurs du capital humain. Ainsi, en investissant massivement dans l’éducation des filles et des garçons, cela contribue à la croissance économique. Par ailleurs, pour récolter le dividende démographique, il est important de COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 2 7 mettre en place des politiques économiques qui stimulent la croissance économique et créent de l’emploi tout en améliorant le climat des affaires et la libre concurrence. Chaque étape est importante s’agissant du développement économique, mais aucune étape à lui-seul ne peut transférer la dynamique de la transformation de la structure par âge vers la croissance économique. Tous les éléments doivent fonctionner ensemble. Une fois que chaque composante sera en place, les rouages se mettront à tourner et s’enclencheront, poussant le pays vers la promesse d’un développement et d’une prospérité accélérés en exploitant un dividende démographique. Un ensemble harmonieux pour bénéficier du dividende démographique COURS DE DEMOGRAPHIE ECONOMIQUE /Tiendrebeogo/IAM 2025 -2026 2 8 REFERENCE BIBLIOGRAPHIQUE Karen A et al (1996) : Changements démographiques en Afrique subsaharienne, Paris, 371p Commission économique pour l’Afrique, Commission de l’Union africaine (211) : créer et tirer parti du dividende démographique en Afrique, Addis Abeba, 36p DGEP (2015) : Rapport national sur l’état de la population, croissance démographique au Burkina Faso : opportunités et défis, Ouagadougou, 44p. DGEP (2012) : Manuel d’intégration en population et développement, Ouagadougou, 87p. PRB (2011) : Guide de la population de Référence population Bureau, 6 e édition, Washington, 33p. Bloom. E, Canning. D, et al (2000): Demographic Change and Economic Growth in Asia. David E. Bloom, David Canning, and P. Malaney. Population and Development Review 26:257-290. 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