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URG'ECG : 180 ECG, schémas et cas cliniques

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RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Frédéric Adnet
180 ECG
et schémas
+ Cas cliniques
et corrections
Frédéric Adnet
L’
électrocardiogramme (ECG) est un examen
fondamental pour le diagnostic, l’initiation
d’un traitement ou la prise en charge dans
une filière adaptée aux patients présentant une
pathologie aiguë. Il est extraordinaire de constater
que nous découvrons toujours de nouveaux signes
ECG, de nouvelles interprétations qui permettent
d’affiner un diagnostic et ainsi de gagner un
temps précieux pour le patient. C’est un examen
qui, à lui seul, permet de déclencher le traitement
d’une arythmie, d’un infarctus du myocarde ou de
certains troubles métaboliques.
Cet ouvrage est un outil indispensable pour vous
accompagner dans le diagnostic et l’orientation
de vos patients et patientes. Vous y retrouverez :
les principales clés pour comprendre et inter­
préter les ECG en fonction d’une symptomatologie
clinique bien précise dans le cadre de l’urgence ;
des bases physiologiques permettant de
comprendre les principaux signes électro­
cardiographiques ;
plus de 180 ECG et schémas en couleurs ;
des cas cliniques et leurs corrections pour
vous autoévaluer.
Rédigé par le Pr Adnet, chef de service du Samu de Paris,
URG’ ECG est didactique, simple d’emploi, et pratique.
À la portée de tous les professionnels de santé (étudiants,
internes ou médecins chevronnés), il est une aide
incontournable dans votre pratique quotidienne.
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URG’ECG
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Nous remercions le Dr Pierre Taboulet
pour sa relecture attentive
et le partage de certains schémas.
Tous les ECG ont été numérisés et harmonisés
grâce à l’application PMcardio® app
(Powerful Medical, Bratislava, Slovakia).
Images de couverture : © Frédéric Adnet
Éditrice : Alix Thimiakis
Arnette
John Libbey Eurotext
30, rue Berthollet
94110 Arcueil, France
John Libbey Eurotext Limited
34 Anyards Road, Cobham
Surrey KT11 2LA, Royaume-Uni
www.jle.com
www.librairiemedicale.com
[email protected]
© John Libbey Eurotext, 2024
ISBN : 978-2-7184-1766-0
ISSN : 2106-3966
Il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit
de copie (CFC), 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.
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URG’ECG
Fréderic Adnet
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ASSISTANT DE RÉGULATION MÉDICALE
• URG’ de Garde, 7e édition, F. Adnet, 2023
• URG’ Traumato, P. Bauer, 2023
• URG’ Pédiatrie 3e édition, J. M. Pécontal, R. Dekka, P. Morbidelli, K. Bureau, 2023
• URG’ Assistant de régulation médicale 2e édition, F. Lapostolle, 2022
• URG’ Catastrophes, F. Adnet, 2020
• URG’ Drogues 3e édition, P. Ecalard, 2019
• URG’ Intoxications, M. Weber, C. Rothmann, E. Puskarczyk, V. Danel, 2018
• URG’ Obstétrique, G. Bagou, N. S. Goddet, G. Le Bail, 2017
• URG’ Psychiatrie 2e édition, C. Pouilly, J. Geneste-Saelens, G. Brousse, J. Liotier, 2017
• URG’ Neuro, J. Liotier, B. Cretin, 2015
• URG’ Seniors, J.-M. Pécontal, V. Perraud, O. Heye, P. Hubert, 2012
• URG’ Voies digestives, A. Balian, 2011
• URG’ Dermatologie, C. Derancourt, J. Liotier, 2011
• URG’ Infirmier, E. Liger, F. Lapostolle, F. Adnet, 2010
• URG’ Certificats, J.-M. Pécontal, O. Heye, V. Perraud, R. Dekkak, P. Morbidelli, 2009
ASSISTANT DE RÉGULATION MÉDICALE
L’auteur
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Frédéric Adnet est professeur de médecine d’urgence à l’Université de Paris 13.
Il est actuellement chef de service du Samu de Paris après avoir exercé à l’hôpital
Avicenne (Bobigny) où il dirigeait le service des urgences et le Samu de la SeineSaint-Denis.
Auteur de plus de 280 articles scientifiques et de plusieurs ouvrages de médecine
d’urgence, il mène actuellement des recherches sur la prise en charge des arrêts
­cardiaques et évalue différentes techniques de ventilation.
Du même auteur
Sommaire
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Les blocs de branche
Abréviations8
Préface9
Partie I. Le patient asymptomatique
10
● Chapitre 1. La physiologie cardiaque
et l’électrocardiogramme12
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
● Chapitre 2. L’automatisme cardiaque
6
16
60
● Chapitre 13. Le bloc de branche droit
62
● Chapitre 14. Le bloc de branche
gauche66
● Chapitre 15. Le bloc fasciculaire
antérieur gauche
70
73
● Chapitre 3. Le mécanisme de réentrée
18
● Chapitre 16. Le bloc fasciculaire
postérieur gauche
● Chapitre 4. L’onde P
19
● Chapitre 17. Le bloc bifasciculaire
76
● Chapitre 5. Le complexe QRS
25
● Chapitre 6. L’onde T
32
Les troubles du rythme
à complexes QRS larges
78
● Chapitre 7. L’intervalle P-R
34
● Chapitre 18. L’extrasystole ventriculaire
80
● Chapitre 8. Le segment ST
36
● Chapitre 19. La tachycardie ventriculaire 84
● Chapitre 9. L’intervalle QT
38
● Chapitre 10. L’électrocardiogramme
normal40
Partie II. Le malaise :
de la syncope à l’arrêt cardiaque
42
● Chapitre 20. La tachycardie ventriculaire
86
à retard droit
● Chapitre 21. La tachycardie ventriculaire
88
à retard gauche
● Chapitre 22. La torsade de pointes
90
● Chapitre 23. Le syndrome de Brugada
94
● Chapitre 24. Le QT long
96
46
● Chapitre 25. La cardiomyopathie
ventriculaire droite arythmogène
100
50
● Chapitre 26. La repolarisation précoce 102
Les anomalies de la conduction
supraventriculaire
44
● Chapitre 11. Le bloc sinoatrial
● Chapitre 12. Le bloc atrioventriculaire
● Chapitre 27. Le syndrome
de Wolff-Parkinson-White
104
● Chapitre 28. Le super-Wolff
108
● Chapitre 37. La tachycardie
par réentrée intranodale
142
● Chapitre 38. La tachycardie
par réentrée atrioventriculaire
145
● Chapitre 39. Le flutter atrial
149
● Chapitre 40. La fibrillation atriale
151
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
● Chapitre 29. La cardiomyopathie
hypertrophique110
● Chapitre 30. La fibrillation ventriculaire 113
Partie III. La douleur thoracique :
de la palpitation à l’infarctus
du myocarde
L’ischémie myocardique
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
116
118
● Chapitre 31. Le syndrome coronaire
aigu ST+
120
● Chapitre 32. Le sous-décalage
ischémique en dérivations V2-V3
● Chapitre 33. L’onde T d’ischémie aiguë
7
Partie IV. La dyspnée
● Chapitre 34. L’ischémie myocardique
et le bloc de branche gauche
La maladie inflammatoire
154
● Chapitre 41. L’embolie pulmonaire
156
● Chapitre 42. L’hypertrophie
ventriculaire gauche
160
Partie V. Le désordre métabolique
164
● Chapitre 43. L’hyperkaliémie
166
124
● Chapitre 44. L’hypokaliémie
169
127
● Chapitre 45. L’hypercalcémie
172
● Chapitre 46. L’hypothermie
174
130
● Chapitre 35. La péricardite
132
134
Les troubles du rythme
supraventriculaire
138
● Chapitre 36. La tachycardie
jonctionnelle140
● Chapitre 47. L’effet stabilisant
de membrane176
Partie VI. Cas cliniques
et leurs corrigés
179
Index211
Abréviations
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
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8
Acronyme
Signification
Acronyme anglais
correspondant
Signification
BBD
BBG
BFAG
BFPG
BSA
CMH
CVDA
ECG
ESV
FA
FV
HVG
IDM
NAV
SCA
SCA ST+
TdP
TRAV
TRIN
TSV
TV
TVNS
TVS
VD
VG
WPW
bloc de branche droit
bloc de branche gauche
bloc fasciculaire antérieur gauche
bloc fasciculaire postérieur gauche
bloc sinoatrial
cardiomyopathie hypertrophique
cardiomyopathie ventriculaire droite arythmogène
électrocardiogramme
extrasystole ventriculaire
fibrillation atriale
fibrillation ventriculaire
hypertrophie ventriculaire gauche
infarctus du myocarde
nœud atrioventriculaire
syndrome coronaire aigu
syndrome coronaire aigu ST+
torsade de pointes
tachycardie par réentrée atrioventriculaire
tachycardie par réentrée intranodale
tachycardie supraventriculaire
tachycardie ventriculaire
tachycardie ventriculaire non soutenue
tachycardie ventriculaire soutenue
ventricule droit
ventricule gauche
Wolff-Parkinson-White
RBBB
LBBB
LAFB
LPFB
SA exit block
HCM
ARVC
ECG
PVC
AF
VF
LVH
MI
AVN
ACS
STEMI
TdP
AVRT
AVNRT
SVT
VT
NSVT
SVT
RV
LV
WPW
Right Bundle Branch Block
Left Bundle Branch Block
Left Anterior Fascicular Block
Left Posterior Fascicular Block
SinoAtrial exit block
Hypertrophic Cardiomyopathy
Arrhythmogenic Right Ventricular Cardiomyopathy
Electrocardiogram
Premature Ventricular Contraction
Atrial Fibrillation
Ventricular Fibrillation
Left Ventricular Hypertrophy
Myocardial Infarction
AtrioVentricular Node
Acute Coronary Syndrom
ST Elevation Myocardial Infarction
Torsade de Pointes
Atrioventricular Reentry Tachycardia
Atrioventricular Nodal Reentry Tachycardia
SupraVentricular Tachycardia
Ventricular Tachycardia
Non Sustained Ventricular Tachycardia
Sustained Ventricular Tachycardia
Right Ventricle
Left Ventricle
Wolff-Parkinson-White
Préface
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
(P, QRS et T) et les trois segments entre chaque
ent vingt ans après la première description
C
par ­
Einthoven des signaux électriques qui
décrivent l’activité du cœur dans trois dérivations,
l’électrocardiogramme (ECG) s’est imposé dans
presque tous les domaines de la médecine. Il nous
aide à dépister ou à diagnostiquer des anomalies
du rythme, des maladies du myocarde ou du péricarde, des artères coronaires et plus encore.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Les ouvrages destinés aux étudiants sont indispensables, non seulement pour leur formation initiale,
mais pour les encourager à poursuivre. Ici, le chemin entre l’électrophysiologie et la pratique courante n’est pas des plus aisé, mais il est obligatoire.
9
Dans ce livre, le Pr Frédéric Adnet vous explique
les bases de l’électrophysiologie et vous enseigne
les premiers mots de vocabulaire indispensables
pour lire ou parler d’un ECG… normal ou anormal.
Il vous présente les trois déflexions ­d’Einthoven
déflexion (PR, ST et TP) qui définissent un ECG
normal. Il vous les montre dans chacune des
12 dérivations qui explorent le cœur. Il vous faudra
bien sûr accepter des variations selon les conditions d’enregistrement, l’âge et le sexe...
Toutes ces déflexions et tous ces segments
peuvent varier à l'envi. Pas simple d'expliquer le
« bloc fasciculaire antérieur gauche », l’« infarctus
sans sus-décalage de ST » ou le calcul de l'intervalle QTc... Pas simple quand gronde l’orage rythmique. C’est là le talent de l’auteur, reconnu pour
sa capacité à enseigner dans les domaines les
plus variés. Il vous mettra le pied à l’étrier. Il vous
restera ensuite à passer vos galops.
Dr Pierre Taboulet
Ancien chef de service
des Urgences de l’hôpital Saint-Louis, Paris
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Partie I
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Le patient asymptomatique
10
Le patient asymptomatique, en général bien portant, permet de décrire un électrocardiogramme (ECG)
normal. C’est une vaste entreprise ! Car un ECG normal à 12 dérivations correspond à 12 signaux électriques avec toutes ses variations gaussiennes qui se rapportent à des définitions difficiles à normer de
manière définitive.
Après un rappel physiologique, nous verrons comment s’approprier le vocabulaire « ECG » par la
­description des différentes déflexions et des intervalles électriques. Le signal ECG pathologique
apporte beaucoup de renseignements diagnostiques sur des processus morbides aigus, puisque le
cœur constitue le chef d’orchestre de notre organisme. S
­ urveiller le chef d’orchestre grâce à l’ECG, c’est
la possibilité de repérer, quelques fois très précocement, une fausse note d’un musicien, c’est-à-dire
une défaillance d’un organe.
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
SOMMAIRE DE LA PARTIE I
1. Les bases physiologiques
de l’électrocardiogramme
2. L’automatisme cardiaque
3. Le mécanisme de réentrée
4. L’onde P
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
5. Le complexe QRS
11
6. L’onde T
7. L’intervalle P-R
8. Le segment ST
9. L’intervalle QT
10. L’électrocardiogramme normal
I
BASES PHYSIOLOGIQUES DE L’ECG
Chapitre 1. La physiologie
cardiaque
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
et l’électrocardiogramme
1
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Courants électriques du myocarde
12
Pendant le cycle cardiaque, le cœur est parcouru par deux
courants électriques. Ces courants sont la dépolarisation et la
repolarisation myocardique. Ils parcourent l’ensemble du myocarde, de l’étage atrial à l’étage ventriculaire. Il est ainsi classique de distinguer quatre mouvements de charges :
• la dépolarisation atriale,
• la repolarisation atriale,
• la dépolarisation ventriculaire,
• la repolarisation ventriculaire.
Ces courants induisent une variation de potentiel électrique
détectée par les électrodes de l’ECG. La modification du
potentiel électrique entraîne une variation positive (déflexion
positive) ou négative (déflexion négative) de la ligne de base
de l’ECG. La ligne de base correspond au repos électrique (pas
de courant) et prend, par convention, la valeur 0 mV (Figure 1.1).
Figure 1.1. Ligne de base d’un ECG.
Par convention, il prend la valeur de 0 mV.
Une déviation positive du tracé ECG correspond à un courant se dirigeant vers l’électrode, et une déviation négative à
un courant en sens opposé à l’électrode. Lorsque ce courant
a une direction perpendiculaire à l’électrode, la somme des
amplitudes du signal enregistré est nulle (déviation isoélectrique ; Figure 1.2).
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
13
Figure 1.2. Les déflexions du signal ECG.
A. Le courant de dépolarisation myocardique est perpendiculaire à l’électrode. Le signal détecté est isoélectrique.
B. Le courant est dans le sens de l’électrode : le signal est positif (déflexion positive).
C. Le courant est en sens contraire de l’électrode : le signal est négatif (déflexion négative).
Le courant de dépolarisation
une absence de signal correspondant à l’activation du nœud
atrioventriculaire (NAV) qui ne génère pas de courant détectable. Ce NAV a pour rôle de « freiner » le courant de dépolari­
sation entre les oreillettes et les ventricules. Il est quantifié à
l’ECG par l’intervalle P-R qui commence au début de l’onde P et
se termine au début du complexe QRS (Figure 1.3). La conduction du courant de dépolarisation dans le ventricule est rapide
grâce à une voie de conduction privilégiée : le faisceau de His.
Ce faisceau fait suite au NAV et propage la dépolarisation aux
deux ventricules. Il est composé d’une branche droite et d’une
branche gauche. La branche gauche donne naissance à deux
sous-branches : le faisceau postérieur et le faisceau antérieur
(Figure 1.4). Le réseau de Purkinje finalise ces voies de conduction rapide pour propager la dépolarisation ventriculaire.
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Le courant de dépolarisation est responsable de la contraction cardiaque. Ce flux de charges négatives est stimulé par
des cardiomyocytes doués d’automatisme, faculté qu’ont certaines cellules de produire spontanément un courant électrique de manière rythmée. Ces cellules « pacemaker » sont
situées au niveau de l’oreillette droite dans une région appelé
nœud sinusal (NS). Ce pacemaker physiologique a une fréquence propre autour de 60 par minute. Le courant de dépolarisation parcourt d’abord l’étage atrial, puis l’étage ventriculaire
(Figure 1.4). La dépolarisation atriale donne naissance à l’onde P
sur l’ECG et la dépo­larisation ventriculaire donne naissance
au ­complexe QRS. Entre l’onde P et le complexe QRS, il existe
14
Figure 1.3. Potentiel enregistré à l’électro­
cardiogramme de la dépolarisation atriale
et ventriculaire.
Intervalle P-R (A), onde P (B) issue de la
dépolarisation atriale et complexe QRS (C)
issu de la dépolarisation ventriculaire.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
15
Figure 1.4. Courants de dépolarisation atriale (flèches rouges) et ventriculaire (flèche orange).
Fx : faisceau ; NAV : nœud atrioventriculaire ; BD : branche droite ; BG : branche gauche ;
FAG : faisceau antérieure gauche ; FPG : faisceau postérieur gauche ; NS : nœud ­sinusal
Le courant de repolarisation
Le courant de repolarisation rétablit le potentiel de repos des
cardiomyocytes. On distingue pour l’étage ventriculaire une
phase lente (segment ST) et une phase plus rapide : l’onde T
(chapitre 6). Pour la repolarisation atriale, elle peut s’observer
par une déflexion du segment P-R, mais elle est en général
masquée par la naissance du complexe QRS.
I
BASES PHYSIOLOGIQUES DE L’ECG
Chapitre 2. L’automatisme
cardiaque
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
2
Pendant la durée du potentiel d’action, la cellule myocardique
est inexcitable (période réfractaire).
Automatisme normal
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
L’automatisme rend compte d’une particularité unique de certaines cellules myocardiques de générer un potentiel d’action
de manière régulière. Ces potentiels d’action sont à l’origine
d’un courant électrique qui se propage de « proche en proche »
en privilégiant des tissus conductifs spécialisés (tissu nodal)
comme le faisceau de His-Purkinje. La fréquence d’émission de
ces signaux électriques dépend du site de ces cellules, autour
de 60/min pour le nœud sinusal, de 40/min pour le NAV et de
30/min à l’étage ventriculaire. Un potentiel d’action cellulaire se
déclenche si le potentiel membranaire atteint une valeur seuil.
16
Le potentiel d’action évolue en plusieurs phases (Figure 2.1).
• Phase 0 : dépolarisation rapide ; lorsque le potentiel de membrane atteint une valeur seuil, les canaux sodiques induisent
un courant sodique entrant rapide. C’est la dépolarisation traduite par le complexe QRS à l’ECG.
• Phase 1 : potentiel maximum atteint par la dépolarisation
rapide. Ce pic marque le début de la repolarisation.
• Phase 2 : phase de plateau maintenu grâce à l’entrée de calcium dans le compartiment intracellulaire. La phase 2 détermine la durée du potentiel d’action.
• Phase 3 : repolarisation ; un courant sortant potassique amène
le potentiel de membrane à une valeur négative.
• Phase 4 : repolarisation lente par sortie des ions sodium et
potassium.
L’intervalle de temps entre la phase 0 et la phase 1 donne naissance au complexe QRS et les phases 1, 2, 3 au segment ST et
à l’onde T de l’ECG.
Automatisme anormal
L’automatisme anormal est une des causes de survenue de
troubles du rythme. Il en existe deux principaux :
• potentiels d’action générés par une baisse de potentiel seuil.
Les conditions pour perturber la valeur du potentiel seuil sont
multiples : ischémie myocardique (chapitre 34), troubles métaboliques (partie V), canalopathies (chapitres 23, 24)
• post-dépolarisation. Les post-dépolarisations sont des
oscillations du potentiel de membrane au-delà de la phase
de dépolarisation de la cellule cardiaque. Deux types de postdépolarisations, ayant des caractéristiques différentes, sont
décrits :
○ les post-dépolarisations précoces médiées par des courants calciques, bradycardie-dépendantes
○ les post-dépolarisations tardives médiées surtout par un
courant sodique, tachycardie-dépendantes.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
17
Figure 2.1. Potentiel d’action.
L’automatisme se définit comme la genèse régulière de potentiel d’action dont les différentes phases (phases 0 à 4) sont explicitées
dans le texte.
I
BASES PHYSIOLOGIQUES DE L’ECG
Chapitre 3. Le mécanisme
de réentrée
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Définition
Le mécanisme de réentrée est une cause importante de
­déclenchement d’arythmie supraventriculaire et ventri­culaire.
Mécanisme
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Une réentrée suppose l’existence au sein de tissu myocardique
de deux voies de conduction ayant des vitesses de conduction
différentes et des périodes réfractaires différentes. On peut
considérer qu’une voie est « rapide » et une autre « lente ». Lors
18
3
d’une conduction normale, le courant de dépolarisation emprunte les deux voies (rapide et lente). La voie lente est finalement bloquée, car elle aboutit à la période réfractaire de la
voie rapide puisque le courant « rapide » est en aval de la voie
lente. La conduction se déroule sans problème puisque, dans ce
cas, la voie lente est considérée comme « muette ». Lorsqu’une
extrasystole survient et trouve la voie lente « ouverte » et la voie
rapide en période réfractaire, le courant de dépolarisation prendra la route de la voie lente et remontera de manière rétrograde
par la voie rapide qui sera sortie de sa période réfractaire. Une
boucle se met ainsi en place, puisque la conduction rétrograde
de la voie rapide peut de nouveau trouver la voie lente perméable et recommencer le cycle (Figure 3.1).
Figure 3.1. Mécanisme de réentrée.
A. La conduction se propage par la voie
rapide et la voie lente. La voie lente est bloquée par la période réfractaire de la voie
rapide.
B. Une extrasystole survient lorsque la voie
lente est perméable et la voie rapide en
période réfractaire. Le courant se propage
par la voie lente.
C. La voie rapide devient perméable en aval
de la voie lente permettant une conduction rétrograde de la voie rapide. Celle-ci
retrouve une voie lente perméable. Une
boucle de conduction est ainsi créée !
I
ONDES
Aspect ECG
Chapitre 4.BIBLIOGRAPHIQUE
L’onde P
RECHERCHE
SCI-MED
Définition
L’onde P correspond à la dépolarisation atriale à partir du
nœud sinusal.
Mécanisme
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Le signal envoyé par le nœud sinusal situé dans l’oreillette
droite parcourt des voies de conduction internodales mal
différentiées anatomiquement (espace avant l’onde P), puis
la dépolarisation atriale proprement dite survient (onde P).
L’oreillette droite se dépolarise avant l’oreillette gauche. La
­première partie de l’onde P reflète l’oreillette droite et la
­deuxième, l’oreillette gauche. Le vecteur de dépolarisation
atriale est ainsi orienté de droite à gauche et vers le bas.
L’onde P est positive dans les dérivations D1 et D2 et négative dans la dérivation aVR.
19
f À retenir
• L’onde P représente la dépolarisation atriale.
• Elle est bien mise en évidence dans la dérivation D2.
• Son amplitude est inférieure à 2,5 mm et sa durée inférieure à 120 msec.
• Une onde P négative en dérivation D1 et/ou positive
en dérivation aVR doit faire évoquer une inversion des
­électrodes.
4
• L’onde P est le premier signal enregistré à l’ECG.
• Sa durée est inférieure à 120 msec (3 petits carreaux) et son
amplitude est inférieure à 1,5 mm dans les dérivations pré­
cordiales et inférieure à 2,5 mm dans les dérivations frontales
(ECG 4.1).
• Son axe est compris entre 0° et 75°. Elle est ainsi positive en dérivation D1 et négative en dérivation aVR (chapitre 5). Si l’onde P ne
répond pas à cette définition – négative en dérivation D1 et/‌ou
positive en dérivation aVR ; une inversion des électrodes des
membres supérieurs est très probable (ECG 4.4).
• Elle est mieux visualisée en dérivation D2 sous la forme d’une
onde de forte amplitude.
• Elle est de forme biphasique en dérivation V1.
• Une onde P trop ample (> 2,5 mm dans les dérivations frontales ou > 1,5 mm dans les dérivations précordiales) doit faire
évoquer une hypertrophie atriale droite (ECG 4.2). Une durée
d’onde P trop longue, bifide avec une terminaison dominante,
fait évoquer une hypertrophie atriale gauche (Figure 4.1,
ECG 4.3).
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
20
Figure 4.1. Onde P.
Dans la dérivation D2, l’onde P a une durée inférieure à 120 msec et une amplitude inférieure à 2,5 mm. Dans la dérivation V1, l’onde P
a une amplitude inférieure à 1,5 mm et peut être bifide. Une onde P plus ample (volontiers pointue) fait évoquer une hypertrophie
atriale droite (HAD). Une augmentation de durée de l’onde P (volontiers bifide avec une deuxième partie dominante) fait évoquer une
hypertrophie atriale gauche (HAG).
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
21
ECG 4.1. Onde P normale.
L’axe électrique de l’onde P est de 68°, son amplitude mesurée en dérivation D2 est de 1 mm. Elle est positive
en dérivation D1 et négative en dérivation aVR, ce qui élimine une inversion d’électrodes. Son amplitude maximum est dans la dérivation D2.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
22
ECG 4.2. Onde P d’une hypertrophie atriale droite.
L’onde P est très ample, pointue, mesurant 3 mm dans la dérivation D2.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
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23
ECG 4.3. Onde P d’hypertrophie atriale gauche.
La durée de l’onde P est augmentée (mesurée à 130 msec dans la dérivation D2) avec un aspect bifide avec une partie terminale
dominante (bien visible en D2 et V1).
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
24
ECG 4.4. Inversion d’électrodes.
On remarque que l’onde P est négative en D1 et positive en aVR. Très probable inversion des électrodes des membres
supérieurs.
I
ONDES
Chapitre 5. Le complexe
QRS
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Définition
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
25
La dépolarisation ventriculaire fait suite à la conduction rapide
par le faisceau de His, puis par le réseau de Purkinje. Elle débute
par une dépolarisation septale assurée par la branche gauche
du faisceau de His (première partie du QRS). Ce vecteur de
dépolarisation est ainsi orienté de gauche à droite (onde r
en V1 et q en V6) (Figure 5.1). Secondairement, les ventricules
droit et gauche se dépolarisent simultanément. Comme la
masse musculaire du ventricule gauche est beaucoup plus
importante que celle du ventricule droit (densité de charges
nettement supérieure), le vecteur principal enregistré à l’ECG
est pratiquement celui du ventricule gauche (Figure 5.1). Nous
pouvons ainsi schématiquement représenter le complexe QRS
comme la dépolarisation du ventricule gauche. Ce vecteur
principal est orienté de droite à gauche (onde S en V1 et R en
V6 et D1), vers le bas (complexes QRS positifs dans les dérivations inférieures [D2, D3 et aVF] et en arrière [Figure 5.1]).
f À retenir
• Le QRS est le reflet de la dépolarisation du ventricule
gauche.
• Une durée du complexe QRS inférieure à 110 msec renseigne sur la bonne santé du faisceau de His.
• L’onde r d’activation septale doit progresser de façon
harmonieuse de V1 à V4.
5
Le complexe QRS correspond à l’enregistrement de la dépolarisation ventriculaire à l’ECG.
Aspect ECG
• Nomenclature des déflexions d’un complexe QRS (Figure 5.2) :
○ Q : onde de polarité négative à la partie initiale du complexe QRS
○ S : déflexion négative après une première déflexion (négative ou positive)
○ R : déflexion positive
○ minuscules (r, s ,q) : amplitudes mineures
○ majuscules (R, S, Q) : amplitudes majeures
○ (‘, ‘’) : deuxième ou troisième déflexion dans le même sens.
• La durée du complexe QRS est comprise entre 70 msec et
110 msec, ce qui témoigne d’une bonne conduction à travers
le faisceau de His.
• L’amplitude du complexe QRS est le plus souvent inférieure
à 25 mm, mais varie beaucoup avec le type de dérivation
(­chapitre 11).
• L’aspect du complexe QRS en dérivation V1 est de type rS et en
dérivation V6, il prend un aspect en miroir de type qR (Figure 5.1).
• L’amplitude de l’onde R progresse de la dérivation V1 à la dérivation V4 (onde d’activation septale) pour ensuite régresser en
restant dominante (Figure 5.3). La transition se situe autour de
la dérivation V4.
• L’axe des complexes QRS est compris entre – 30° et 90° (en
général le complexe QRS est positif en dérivations D1 et aVF)
(Figure 5.4). L’axe est droit si supérieur à 90° et gauche si inférieur à – 30° (Figure 5.4).
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
26
Figure 5.1. Formation du complexe QRS.
La première partie du complexe QRS reflète la dépolarisation septale (flèches bleues). Celle-ci est assurée par la branche gauche
du faisceau de His et se propage de gauche à droite, formant l’onde r en dérivation V1 et q dans la dérivation V6. Ensuite, le vecteur
principal de dépolarisation ventriculaire est orienté vers la gauche, en arrière et vers le bas, puisque le ventricule gauche a une
contribution dominante dans la somme des vecteurs de dépolarisation. Cette orientation génère l’onde S en dérivation V1 et R dans
la dérivation V6.
NS : nœud sinusal ; NAV : nœud atrioventriculaire.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
27
Figure 5.2. Nomenclature des complexes QRS.
Les majuscules sont réservées aux déflexions dominantes et les minuscules aux déflexions mineures. La lettre Q
correspond à une première déflexion négative (partie initiale du complexe QRS), la lettre R à une déflexion positive
et la lettre S à une déflexion négative survenant après la première déflexion du complexe QRS.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
28
Figure 5.3 Onde d’activation septale.
Le septum se dépolarise de gauche à droite et donne naissance à la première partie du complexe QRS. Ceci se traduit par une
onde r en V1 avec une ascension de cette onde de V1 à V4 où elle devient dominante (zone de transition) pour aboutir à un
complexe de type qR en V6. L’onde S progresse jusqu’en V2-V3 puis diminue jusqu’en V5.
Dérivations de l’électrocardiogramme
On distingue le plan frontal où est enregistré le potentiel dans
les dérivations D1 (direction 0°), D2 (direction 60°), D3 direction
(120°) (Figure 5.4). Les dérivations aVR (– 150°), aVL (– 30°) et
aVF (90°) sont des dérivations dont les directions sont déduites
à partir des électrodes D1, D2 et D3 (Figure 5.3).
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Plan frontal (Figure 5.4)
Chaque dérivation représente un axe sur lequel le vecteur du
courant myocardique est projeté de façon perpendiculaire.
Triangle d’Einthoven
D1
V1
V2
V3
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
V4 V5 V6
29
D2
D3
05-05
Figure 5.4. Disposition des électrodes
dans le plan frontal.
Par convention, l’électrode rouge est placée sur le poignet du membre supérieur
droit, l’électrode jaune sur le poignet du
membre supérieur gauche, l’électrode
verte sur la cheville du membre inférieur gauche et l’électrode noire sur la
cheville du membre inférieur droit. Les
potentiels enregistrés sont la projection du vecteur du courant électrique
myocardique sur des axes D1 (0°), D2
(60°), D3 (120°), formant ainsi le triangle
d’Einthoven. Les dérivations aVR (– 150°),
aVL ( – 30°), et aVF (90°) définissent des
directions dans l’espace frontal. Une
déviation droite correspond à des angles
positifs et la déviation gauche à des
angles négatifs. L’origine des angles est
définie par l’axe D1.
Plan horizontal (Figure 5.5)
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Le plan horizontal (coupe transverse de la région cardiaque)
est exploré par 6 électrodes unipolaires (reliées à la terre) qui
renseignent sur les valeurs du potentiel électrique autour du
cœur. Ces électrodes sont appelées « précordiales ». Elles sont
notées de V1 à V6 et correspondent à des localisations bien
précises (Figure 5.5).
Le signal électrique mesuré dans ce cas est très dépendant de
la position des électrodes.
Ce sont :
• V1 : 4e espace intercostal à la jonction droite du sternum
• V2 : 4e espace intercostal à la jonction gauche du sternum
• V3 : distance V2-V4 divisée par deux
• V4 : 5e espace intercostal sur la ligne médioclaviculaire
• V5 : 5e espace intercostal sur la ligne axillaire antérieure
• V6 : 5e espace intercostal sur la ligne axillaire moyenne
30
V1
V2
V3
V4 V5 V6
Figure 5.5. Position
05-05 des six électrodes dans le plan horizontal :
électrodes « précordiales ».
Axe du complexe QRS (Figure 5.6)
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
L’amplitude du complexe QRS enregistrée sur une dérivation
frontale est issue de la projection perpendiculaire du vecteur
de dépolarisation sur cet axe. L’amplitude résultante nette est
la somme de la déflexion positive moins la déflexion négative. Pour obtenir une évaluation de l’axe, il faut regarder l’axe
où cette somme est nulle (déflexion positive est égale à la
31
Figure 5.6. Calcul de l’axe du complexe QRS.
déflexion négative, ici dans la dérivation D1). L’axe du complexe
QRS est donc perpendiculaire à 0° (se situe à +90° ou –90°). Il
suffit ensuite de regarder dans quelle région le QRS est positif
pour déduire l’axe de ce complexe. Dans cet exemple, si l’amplitude est nulle en D1 (0°) et positive en D2 (60°), alors l’axe du
QRS est de 90° (axe QRS = 0° + 90°).
I
ONDES
Aspect ECG
Chapitre 6.BIBLIOGRAPHIQUE
L’onde T
RECHERCHE
SCI-MED
Définition
L’onde T représente la déflexion en général positive qui suit le
complexe QRS.
Mécanisme
Cette onde est le reflet de la repolarisation ventriculaire. Cette
repolarisation débute de l’épicarde vers l’endocarde. La durée
entre le début de l’onde T et son sommet constitue la période
réfractaire et la partie entre le sommet et la fin de l’onde T, la
période vulnérable.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
f À retenir
32
• L’amplitude de l’onde T est inférieure à l’amplitude du
complexe QRS.
• L’onde T est asymétrique, avec une pente initiale douce,
la perte de cette asymétrie est pathologique.
6
• L’amplitude maximum de l’onde T est toujours inférieure
(moins de 75 %) à l’amplitude du complexe QRS ; elle est en
général inférieure à 5 mm dans les dérivations frontales et à
10 mm dans les dérivations précordiales (Figure 6.1).
• L’onde T est positive dans toutes les dérivations sauf aVR et
V1 et quelques fois dans la dérivation D3.
• Elle est toujours asymétrique avec une pente ascendante
douce et une pente descendante plus brutale (Figure 6.1).
• L’axe de l’onde T suit l’axe du complexe QRS avec une marge
de 30°.
• La durée moyenne de l’onde T est de 200 msec.
• Il existe parfois une onde U après l’onde T.
• Elle est anormale dans un certain nombre de pathologies :
○ ischémie myocardique (chapitre 34)
○ dyskaliémies (partie V)
○ hypertrophie ventriculaire gauche (chapitre 42)
○ bloc de branche (chapitres 13, 14)
○ embolie pulmonaire (chapitre 41).
Figure 6.1. Onde T normale.
L’onde T est asymétrique avec une pente initiale douce et son
amplitude toujours inférieure à l’amplitude du complexe QRS.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
33
ECG 6.1. Onde T normale.
L’amplitude de l’onde T ne dépasse pas l’amplitude des complexes QRS. Elle est négative en V1 et aVR. Sa forme est asymétrique avec
une pente initiale douce.
I
INTERVALLES
Chapitre 7. L’intervalle
P-R
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Définition
Mécanisme
L’intervalle P-R représente ainsi la somme de la dépolarisation
des oreillettes (onde P), de la conduction intranodale dans le
NAV, de la conduction dans le faisceau de His et du réseau
­Purkinje (segment P-R).
7
Cet intervalle correspond au temps qui s’écoule entre le début
de la dépolarisation de la première cellule atriale et le début
de la dépolarisation de la première cellule du ventricule.
Aspect ECG (Figure 7.1 et ECG 7.1)
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
• L’intervalle P-R se mesure du début de l’onde P au début du
complexe QRS. Le segment P-R se mesure entre la fin de l’onde P
et le début du complexe QRS. Il correspond au temps de conduction dans le NAV et le faisceau de His-Purkinje.
• La durée de l’intervalle P-R est comprise entre 120 msec et
200 msec (5 petits carreaux).
• Le segment P-R est le plus souvent isoélectrique (pas de
variation de potentiel détectée) par rapport à la ligne de base
(segment T-P).
34
f À retenir
• L’intervalle P-R mesure la dépolarisation et le temps de
conduction jusqu’au ventricule.
• Son allongement est le plus souvent dû à un bloc atrioventriculaire (chapitre 12) et son raccourcissement à la
présence d’un faisceau accessoire (chapitre 28)
Figure 7.1. Intervalle P-R et segment P-R.
L’intervalle P-R se mesure du début de l’onde P et se termine au
début du complexe QRS. Il représente le temps de dépolarisation
atriale et de la conduction dans le NAV et le faisceau de His-Purkinje
(conduction nodohissienne) jusqu’aux ventricules. Le segment P-R
débute de la fin de l’onde P jusqu’au début du complexe QRS et
représente le temps de conduction nodohissienne.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
35
ECG 7.1. Intervalle et segment P-R normaux.
L’intervalle P-R mesure 166 msec et le segment P-R 66 msec. Le segment est isoélectrique avec la ligne de base
(segment T-P).
I
INTERVALLES
Chapitre 8. LeBIBLIOGRAPHIQUE
segment ST
RECHERCHE
SCI-MED
8
Définition
Le segment ST commence à la fin du complexe QRS (point J)
et finit au début de l’onde T (qui est souvent difficile à
­identifier).
Mécanisme
Le segment ST correspond à un silence électrique lié au fait
que l’épicarpe et l’endocarde ont le même potentiel électrique
en regard de l’électrode. Ce segment marque le début de la
repolarisation ventriculaire par une phase lente.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Aspect ECG
36
• Le segment ST correspond à un silence électrique et est
donc normalement plat, isoélectrique avec la ligne de base
(Figure 8.1).
• Il peut être légèrement sus-décalé dans des variations
­physiologiques (chapitre 10).
f À retenir
• Le segment ST est généralement isoélectrique.
• Une déviation importante de ce segment (positive ou
négative) doit être soigneusement analysée car il peut
correspondre à un état pathologique aigu.
Figure 8.1. Segment ST.
Le segment ST débute à la fin du complexe QRS et se termine
au début de l’onde T. Il est isoélectrique par rapport à la ligne
de base (pointillé bleu).
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
37
ECG 8.1. Segment ST normal.
Le segment ST débute à la fin du complexe QRS et se termine au début de l’onde T. Il est isoélectrique dans toutes
les dérivations. Néanmoins, des déviations physiologiques peuvent être présentes (chapitre 10).
I
INTERVALLES
Chapitre 9. L’intervalle
QT
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Définition
L’intervalle QT est la durée de la systole électrique du cœur.
Il commence au début du c
­ omplexe QRS jusqu’à la fin de
l’onde T.
Mécanisme
9
femme. Une valeur supérieure à 500 msec expose à un risque
élevé de torsade de pointes.
• Un intervalle QT long est souvent associé à une onde U
(­chapitre 24).
f À retenir
• Un QTc long est une valeur au-dessus de 460 msec.
• Plus le QTc est long, plus le risque de torsade de pointes
est important.
L’intervalle QT représente le temps pris pour la dépolarisation
et la repolarisation ventriculaire. L’inhomogénéité des courants de repolarisation augmente la valeur de l’intervalle QT et
expose aux troubles de rythme ventriculaire et en particulier
aux « torsades de pointes » (chapitre 22). La durée de l’intervalle QT dépend de la fréquence cardiaque et évolue dans le
sens contraire : allongement en cas de bradycardie et raccourcissement en cas de tachycardie.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Aspect ECG
38
• L’intervalle QT se mesure sur les dérivations où cet intervalle
semble le plus long, en pratique dans les dérivations D2, V5 ou V6.
• La fin de l’onde T est parfois difficile à caractériser, on peut
utiliser la tangente à la courbe descendante (Figure 9.1).
• À cause de la dépendance avec la fréquence cardiaque, on
peut standardiser la valeur du QT en calculant sa valeur ramenée à la fréquence de 60/min. C’est le QTc (QT corrigé). Il existe
plusieurs formules pour calculer le QTc, la plus célèbre est
QTc = QT/(R-R)1/2 (formule de Bazell) où R-R est l’intervalle entre
deux ondes R (en secondes) de deux complexes QRS successifs.
• Les valeurs normales du QTC sont comprises entre 350 msec
et 450 msec chez l’homme et 360 msec à 460 msec chez la
Figure 9.1. Intervalle QT.
L’intervalle QT se mesure du début du complexe QRS à la fin
de l’onde T. Pour déterminer le point qui caractérise la fin de
l’onde T, on peut tracer une tangente de la pente descendante
et noter le point d’intersection (trait plein rouge).
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
39
ECG 9.1. Intervalle QT normal.
L’intervalle QT mesure 360 msec et la fréquence cardiaque est à 90/min. La correction du QT par la formule de Bazell
donne QTc = 413 msec (QTc = 360/(0,76)1/2). Il s’agit donc d’un intervalle QT normal.
I
BASES PHYSIOLOGIQUES DE L’ECG
Chapitre 10. L’électrocardiogramme
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
normal
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
L’ECG normal est enregistré de manière standard. L’ordonnée est de 1 mV pour 10 mm et l’abscisse, avec une vitesse
de 25 mm/seconde, est normée pour que 1 mm corresponde
à 40 msec. Pour calculer la fréquence cardiaque, il suffit
de diviser 60 par la distance entre deux complexes QRS exprimée en secondes (Figure 10.1).
40
10
L’ECG normal est difficilement définissable, car il existe 12 dérivations standards à interpréter. Le potentiel électrique enregistré a une valeur « normale » établie sur une population de
patients et patientes asymptomatiques. Il existe des variations de ces valeurs qui doivent être considérées comme des
valeurs normales à cause d’une variabilité inter-individuelle. Par
exemple, le segment ST (chapitre 8) peut être sus-décalé dans
les dérivations V2 et V3 jusqu’à 3 mm sans qu’il y ait ­d’ischémie
myocardique. De plus, le signal ECG varie en fonction de l’âge
et du genre. La Figure 10.2 illustre par exemple toutes les variations « gaussiennes » considérées comme normales de l’amplitude des signaux détectées dans chacune des dérivations. On
peut néanmoins édicter quelques règles absolues :
• l’amplitude de l’onde T (chapitre 6) ne dépasse jamais l’amplitude du complexe QRS (chapitre 5) (en général, l’amplitude de
l’onde T est inférieure aux 3/4 de l’amplitude du complexe QRS)
• le segment ST (chapitre 8) en V2 et V3 n’est jamais sousdécalé au-delà de 0,5 mm mais il peut être sus-décalé jusqu’à
3 mm
• les dérivations V1 et V6 sont en miroir pour la dépolarisation
comme pour la repolarisation
• le rythme sinusal est objectivé par la présence d’une onde P
(chapitre 4) devant chaque QRS et chaque QRS est précédé
par une onde P
• la fréquence cardiaque normale est comprise entre 50/min
et 100/min.
Figure 10.1. Calcul de la fréquence cardiaque.
Chaque petit carreau a une surface de 1 × 1 mm2, qui représente
40 msec × 0,1 mV. La distance entre 2 complexes QRS mesurée
dans cet exemple est de 1 040 msec, la fréquence cardiaque est
ainsi égale à 60/1,04 = 58 battements/min.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
41
Figure 10.2. Tailles et variations normales des amplitudes des signaux détectés à l’électrocardiogramme (ECG).
Les surfaces en noir coïncident avec les variations gaussiennes des amplitudes des signaux enregistrés par l’ECG normal dans les
12 dérivations. Ne pas considérer l’échelle des temps mais seulement les amplitudes.
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Partie II
Le malaise : de la syncope à l’arrêt cardiaque
Ce chapitre est consacré à l’analyse électrocardiographique d’un patient ou d’une patiente présentant un malaise. L’ECG est le seul examen indispensable, obligatoire, opposable, à réaliser devant tout
malaise, même en l’absence de toute symptomatologie clinique.
Les malaises d’origine rythmique résultent de deux grandes catégories : les troubles conductifs ou les
troubles du rythme.
Dans ce chapitre seront détaillés les principaux troubles conductifs pouvant être à l’origine d’une
­syncope et les troubles du rythme de l’étage ventriculaire qui sont souvent associés à un bas débit
cardiaque qui provoque le malaise, l’arrêt cardiaque étant le plus grave d’entre eux…
SOMMAIRE DE LA PARTIE II
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Les anomalies de la conduction
supraventriculaire
Les troubles du rythme
à complexes QRS larges
11. Le bloc sinoatrial
18. L’extrasystole ventriculaire
12. Le bloc atrioventriculaire
19. La tachycardie ventriculaire
Les blocs de branche
20. La tachycardie ventriculaire à retard droit
13. Le bloc de branche droit
14. Le bloc de branche gauche
15. Le bloc fasciculaire antérieur gauche
16. Le bloc fasciculaire postérieur gauche
17. Le bloc bifasciculaire
21. La tachycardie ventriculaire à retard gauche
22. La torsade de pointes
23. Le syndrome de Brugada
24. Le QT long
25. La cardiomyopathie ventriculaire droite
arythmogène
26. La repolarisation précoce
27. Le syndrome de Wolff-Parkinson-White
28. Le super-Wolff
29. La cardiomyopathie hypertrophique
30. La fibrillation ventriculaire
II
ANOMALIES DE LA CONDUCTION SUPRAVENTRICULAIRE
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Les anomalies de la conduction supraventriculaire
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Ces anomalies concernent la conduction à l’étage atrial ou atrioventriculaire. L’anomalie de la propagation de l’onde de dépolarisation se nomme « bloc ».
44
On distingue le bloc sinoatrial (BSA) dont les degrés (BSA1, BSA2, BSA3) rendent
compte de la sévérité de l’atteinte et, à l’étage nodal, le bloc atrioventriculaire (BAV),
lui aussi, catégorisé en degrés de sévérité croissante (BAV1, BAV2, BAV3). Les troubles
sévères peuvent être responsables de malaises « syncopaux » et nécessitent souvent
la pose d’un pacemaker.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
45
ECG I. Trouble conductif.
Bloc atrioventriculaire du troisième degré (BAV3).
II
TROUBLES DE CONDUCTION
Aspect ECG
Chapitre 11. Le bloc
sinoatrial
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Définition
Le bloc sinoatrial (BSA) résulte d’une altération de la conduction intra-atriale. La conduction à partir du nœud sinusal ne
génère pas de potentiel décelable par l’ECG, mais la dépolarisation des oreillettes forme l’onde P (chapitre 4). On distingue
le bloc sinoatrial du 1er degré (BSA1) qui est un ralentissement
de la conduction intra-atriale, le bloc du 2e degré (BSA2) qui
est un blocage complet et transitoire de la conduction et le
bloc du 3e degré (BSA3) qui est un blocage complet permanent de la conduction sinoatriale. Dans le groupe des BSA2,
on différencie le BSA2 Type 1 qui correspond à une anomalie
progressive de la conduction intra-atriale jusqu’à un blocage
de l’onde P, et le BSA2 Type 2 qui est le blocage brutal de cette
conduction de manière inopinée et transitoire.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
46
L’automatisme du nœud sinusal génère des impulsions qui sont
transmises aux oreillettes par des voies de conduction rapides
internodales, peu différenciées. Ces impulsions convergent
vers le NAV pour être ralenties. Cette conduction n’est pas
visible à l’ECG. Les oreillettes se dépolarisent ensuite, générant
l’onde P. Le trouble de la voie de conduction intra-atriale peut
être dû à un médicament (amiodarone, bêta­bloqueur, inhi­
biteur calcique, digoxine), une dégénérescence du tissu myocardique liée à l’âge, un processus inflammatoire, une ischémie
ou une dysfonction du système nerveux autonome.
11
• Le BSA1 ne modifie pas la dépolarisation des oreillettes
(onde P). La conduction du nœud sinusal ne produit pas de
signal électrique décelable, son ralentissement n’est donc pas
détecté à l’ECG (Figure 11.1).
• Le BSA2 Type 1 se traduit par un raccourcissement progressif
(phénomène de Wenckebach) de l’intervalle P-P jusqu’à une
pause (onde P bloquée) (Figure 11.2).
• Le BSA2 Type 2 se traduit par des ondes P manquantes, mais
les intervalles entre les ondes P (intervalle P-P) sont respectés.
Lorsque l’onde P est manquante, la pause dure exactement
deux fois (ou un multiple) la durée de l’intervalle P-P (Figure 11.2
et ECG 11.1). Dans tous les BSA2, l’intervalle PR est constant
puisqu’il n’y a pas de trouble de la conduction atrioventriculaire.
• Le BSA3 correspond à un blocage complet et permanent de
la conduction sinusale. Ceci se traduit par un rythme d’échappement lent sans onde P visible. Cela correspond à un rythme
jonctionnel avec des complexes QRS fins ou larges en cas de
bloc de branche ou de reprise par un pacemaker ventriculaire
(Figure 11.3 et ECG 11.2). Une onde P rétrograde peut être présente si la conduction rétrograde est possible via le NAV.
f À retenir
• Le BSA peut se révéler à l’ECG par l’absence d’onde P de
manière inopinée.
• Le BSA peut entraîner une bradycardie importante.
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Figure 11.1. Bloc sinoatrial du 1er degré (BSA1).
Le ralentissement de la conduction intraatriale n’est pas visible sur l’ECG de surface.
Les oreillettes se dépolarisent normalement
générant des ondes P normales.
47
Figure 11.2. Bloc sinoatrial du 2e degré (BSA2).
Le BSA2 Type 1 correspond à une diminution progressive de l’intervalle P-P avant
le blocage de l’onde P (pause). Le BSA2 Type 2 correspond au blocage complet de
l’onde P inopiné (pause) avec un espace P-P qui est un multiple de l’espace P-P
sans blocage.
Figure 11.3. Bloc sinoatrial du 3e degré (BSA3).
L’onde P est bloquée de façon permanente, aboutissant à un rythme d’échappement jonctionnel
(complexes QRS fins ou larges en cas de bloc de branche) ou ventriculaire (complexes QRS larges).
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
48
ECG 11.1. Bloc sinoatrial du 2e degré Type 2.
Il existe une pause (absence d’onde P et QRS) avec une durée de l’intervalle P-P pendant la pause qui est égale à deux fois la durée
de l’intervalle P-P des autres complexes.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
49
ECG 11.2. Bloc sinoatrial du 3e degré.
Rythme lent (fréquence ventriculaire 29/min) sans ondes P visibles. Échappement de type jonctionnel avec des complexes QRS fins.
On remarque une onde P rétrograde ( ) dans les dérivations D2, D3, aVF.
II
TROUBLES DE CONDUCTION
Aspect ECG
Chapitre 12. Le blocBIBLIOGRAPHIQUE
atrioventriculaire
RECHERCHE
SCI-MED
12
BAV du 1er degré (BAV1)
Définition
Le courant issu du nœud sinusal converge vers le NAV grâce
à des voies de conduction peu différentiées. Normalement, le
NAV ralentit la conduction qui est quantifiée par la durée de
l’intervalle P-R (chapitre 7). Une altération de ce NAV peut bloquer la conduction dans des degrés divers. On distingue des
blocs atrioventriculaires (BAV) du 1er degré (BAV1), du 2e degré
(BAV2) et du 3e degré (BAV3) selon la sévérité du blocage
entre les oreillettes et l’étage ­ventriculaire.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
50
Les BAV peuvent être causés par diverses affections cardiaques, telles que des maladies cardiaques congénitales, des
cardiopathies ischémiques, un processus inflammatoire (myocardite) ou certaines maladies auto-immunes. Des causes
organiques dégénératives sont fréquentes, comme la fibrose
ou la sclérose idiopathique du système de conduction. Les
BAV de degrés supérieurs au BAV2 Mobitz 2 nécessitent une
prise en charge rapide spécialisée.
f À retenir
• Le BAV1 est souvent bénin.
• Une prise en charge spécialisée est indiquée à partir du
BAV2 Mobitz 2.
• Le BAV3 est une urgence.
• Pour le BAV3, l’onde P est dissociée entraînant un intervalle P-R toujours variable.
Le blocage est situé au niveau du NAV (bloc intranodal). La
conduction est simplement ralentie au niveau du NAV. L’intervalle P-R est allongé et supérieur à 200 msec. Le rythme est sinusal (les ondes P conduisent et déclenchent le complexe QRS)
(Figure 12.1 et ECG 12.1)
BAV du 2e degré (BAV2)
• BAV2 Mobitz 1 : l’intervalle P-R s’allonge progressivement
(phénomène de Wenckebach) avant chaque QRS jusqu’à ce
que survienne une onde P bloquée. La séquence est ensuite
répétée (Figure 12.2 et ECG 12.2).
• BAV2 Mobitz 2 : l’intervalle P-R est normal, mais une onde P
bloquée survient inopinément. La durée entre deux ondes P
est constante (Figure 12.2 et ECG 12.3).
• BAV2 de type 2/1 : il existe une onde P bloquée et une onde P
qui conduit alternativement. Les complexes QRS sont souvent
larges dû à un bloc infranodal ou à un bloc de branche pré­
existant (Figure 12.3 et ECG 12.4).
• BAV2 haut grade : il existe plusieurs ondes P bloquées avec
une pause dont la durée est un multiple de l’espace R-R.
Comme pour le BAV2 2/1, les complexes QRS sont souvent
larges pour les mêmes raisons (Figure 12.3 et ECG 12.5)
BAV du 3e degré (BAV3)
Il y a une dissociation complète entre le rythme atrial et le
rythme ventriculaire. L’intervalle P-R est variable, aucune onde P
ne conduit. Les complexes QRS sont fins si le rythme d’échappement ventriculaire est haut situé (intranodal), les complexes QRS
sont larges si le rythme d’échappement ventriculaire est plus bas
(infranodal). Les rythmes atrial et ventriculaire sont réguliers.
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Figure 12.1. Bloc atrioventriculaire du 1er degré.
Le rythme ventriculaire est sinusal et régulier. ­L’espace P-R est régulier et supérieur à 200 msec.
51
Figure 12.2. Bloc atrioventriculaire du
2e degré (BAV2) Mobitz 1 (en haut) et
Mobitz 2 (en bas).
Le BAV2 Mobitz 1 se caractérise par un
allongement progressif de l’intervalle
P-R jusqu’à une onde P bloquée (phénomène de W
­ enckebach). Le BAV2 Mobitz 2
se caractérise par une onde P bloquée
inopinément sans modification de l’intervalle P-R lorsque l’onde P conduit.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
52
Figure 12.3. Bloc atrioventriculaire 2e degré de type 2/1 (en haut) et haut grade (en bas).
Le BAV2 2/1 est un BAV où une onde P sur deux est bloquée. L’espace P-R est constant ainsi que la durée de l’espace P-P. Le BAV2
haut grade est un BAV où plusieurs ondes P successives sont bloquées. Ici trois ondes P sont bloquées avec un rythme de 4/1 (quatre
ondes P pour un complexe QRS).
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
53
Figure 12.4. Bloc atrioventriculaire du 3e degré (BAV3).
Il existe une dissociation complète entre un rythme atriale régulier (espaces P-P) et le rythme ventriculaire régulier ­(espace R-R) dû à
un blocage au niveau du nœud atrioventriculaire. L’intervalle P-R est toujours variable.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
54
ECG 12.1. Bloc atrioventriculaire du 1er degré (BAV1).
L’intervalle P-R est constant mais augmenté (durée P-R = 260 msec). Le rythme est donc sinusal (chaque onde P sinusale entraîne
un ­complexe QRS) avec une diminution de la vitesse de conduction atrioventriculaire.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
55
ECG 12.2. Bloc atrioventriculaire du 2e degré Mobitz 1.
L’espace P-R s’allonge progressivement jusqu’à une onde P bloquée ( ). Cette séquence se répète après l’onde P bloquée.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
56
ECG 12.3. Bloc atrioventriculaire du 2e degré Mobitz 2.
Il existe un blocage intermittent des ondes P. Lorsque les ondes P conduisent, l’espace P-R est normal et constant. Il existe, de plus,
un bloc de branche gauche.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
57
ECG 12.4. Bloc atrioventriculaire de type 2/1.
Une onde P sur deux est bloquée. La conduction est de 2/1 (deux ondes P pour un complexe QRS). Lorsque l’onde P conduit, l’intervalle P-R est constant.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
58
ECG 12.5. Bloc atrioventriculaire de haut grade.
Il existe une multitude d’ondes P sinusales bloquées (ici 3), puis une onde P conduite. La fréquence atriale est de 140/min et la
fréquence ventriculaire est de 35/min. La conduction est de type 4/1 (quatre ondes P pour un complexe QRS). Lorsque l’onde P est
conduite, l’intervalle P-R est constant.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
59
ECG 12.6. Bloc atrioventriculaire du 3e degré (BAV3).
ll existe une complète dissociation entre le rythme atrial régulier à 100/min (espace P-P constant) et le rythme ventriculaire régulier
(espaces R-R réguliers) à 32/min. L’espace P-R est toujours variable et aucune onde P n’est conduite.
II
TROUBLES DE CONDUCTION
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Les blocs de branche
60
Lors des anomalies de la conduction dans le faisceau de His, l’atteinte peut être
très localisée et intéresser une des deux branches. On distingue le bloc de branche
droit (BBD) et le bloc de branche gauche (BBG). Lors d’une atteinte encore plus localisée, le faisceau antérieur gauche (FAG) ou, plus rarement, le faisceau postérieur
gauche (FPG) peuvent être bloqués, donnant naissance au bloc fasciculaire antérieur
ou ­postérieur.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
61
ECG II. Trouble conductif.
Bloc de branche gauche complet.
II
TROUBLES DE CONDUCTION / BLOCS DE BRANCHES
Chapitre 13. Le blocBIBLIOGRAPHIQUE
de branche droit
RECHERCHE
SCI-MED
Définition
Le bloc de branche droit (BBD) est un trouble de la conduction consécutif à l’arrêt complet de la conduction dans la
branche droite du faisceau de His. La dépolarisation des deux
ventricules se fait grâce à la branche gauche.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
62
Le ventricule gauche se dépolarise en premier en commen­çant
par la dépolarisation septale (partie initiale du complexe QRS).
Le début du complexe QRS constitue un tracé d’ECG normal
de la dépolarisation septale. Le ventricule droit va ensuite se
dépolariser sans utiliser la branche droite. Le vecteur de dépolarisation principal progresse « de proche en proche » du ventricule gauche vers le ventricule droit. Cette progression lente
explique l’élargissement du complexe QRS et l’aspect d’onde R’
large en V1 (le courant de dépolarisation progresse vers cette
électrode) et l’onde S en V6 (le courant de dépolarisation progresse en sens inverse de cette électrode) (Figure 13.1).
f À retenir
• Le bloc de branche droit correspond au blocage de la
conduction dans la branche droite du faisceau de His.
• Le rythme est supraventriculaire.
• La première partie du complexe QRS est normale et la
durée du complexe QRS est supérieure à 110 msec.
• Il existe une grande onde R’ en V1 et une onde S ­empâtée
en dérivations D1 et V6.
13
Aspect ECG
• On parle de bloc incomplet droit lorsque le complexe QRS a
une durée comprise entre 110 et 120 msec (ECG 13.1). Le bloc
est complet lorsque la durée du complexe QRS est au-delà de
120 msec (supérieur à 3 petits carreaux).
• Le rythme est supraventriculaire (sinusal, jonctionnel ou
trouble du rythme supraventriculaire), ce qui permet de différencier un bloc de branche d’un rythme d’échappement
­ventriculaire.
• Il existe une onde R’ large en dérivation V1 avec un aspect rSR’
ou RR’ (ECG 13.2). L’onde « r » initiale est le témoin de la dépolarisation septale physiologique par la branche gauche du faisceau de His et progresse normalement de la dérivation V1 à la
dérivation V4 (Figure 13.2). L’onde R’ est plus ample que l’onde r
du début du QRS.
• Il existe une onde S empâtée (large, supérieure à 40 msec)
dans les dérivations D1 ou V6 qui traduit la dépolarisation lente
du ventricule droit (ECG 13.2).
• La repolarisation inclut une onde T négative avec quelquefois un sous-décalage du segment ST de la dérivation V1 à la
dérivation V3.
Figure 13.1. Bloc de branche droit.
À cause du blocage de la branche droite (BD)
du faisceau (Fx) de His, et après avoir dépolarisé le septum (flèches noires), le vecteur principal de dépolarisation ventriculaire progresse
de « proche en proche » du ventricule gauche
vers le ventricule droit (flèches jaunes). Ainsi,
une grande déflexion positive est détectée en
dérivation V1 (onde R’) et une grande déflexion
négative (onde S) « empâtée » est détectée en
dérivation V6 qui représente son « miroir ».
NS : nœud sinusal ; NAV : nœud atrioventriculaire ; BG : branche gauche.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
63
Figure 13.2. Bloc de branche droit complet.
La durée du QRS est allongée et supérieure à 120 msec. L’aspect
dans la dérivation V1 met en évidence une grande onde R’, témoin
de la lente dépolarisation du ventricule droit par le ventricule
gauche (dépolarisation « de proche en proche ») avec une direction de gauche vers la droite, d’où sa positivité. L’aspect en V6 met
en évidence une grande onde S « empâtée » et de durée supérieure à 40 msec qui est le miroir de l’onde R’ en V1 et témoigne de
la dépolarisation du ventricule droit avec une direction de gauche
vers la droite, d’où sa négativité dans la dérivation V6. Les ondes r
et q sont les ondes de dépolarisation septale qui s’observent dans
l’ECG normal.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
64
ECG 13.1. Bloc de branche droit incomplet.
Le rythme est sinusal et le complexe QRS est élargi entre 110 et 120 msec (114 msec). Il existe un aspect « rR’ » en dérivation V1 caractéristique du bloc incomplet droit. On remarque une onde « S » en dérivation V6 et en dérivation D1.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
65
ECG 13.2. Bloc de branche droit complet.
Le rythme est sinusal et le complexe QRS est large (durée 131 msec). Le bloc de branche est droit car il existe une grande onde R’
en V1 (aspect rsR’) et il existe une onde S empâtée (> 40 msec) dans les dérivations V6 et D1. L’onde r progresse normalement de la
dérivation V1 à la dérivation V4.
II
TROUBLES DE CONDUCTION / BLOCS DE BRANCHES
Chapitre 14. Le bloc BIBLIOGRAPHIQUE
de branche gauche
RECHERCHE
SCI-MED
Définition
Ce trouble de la conduction (BBG) est consécutif à l’interruption complète de la conduction au niveau de la branche
gauche du faisceau de His.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
66
La dépolarisation ventriculaire commence par le ventricule droit grâce à la branche droite du faisceau de His. Le
septum, qui normalement est dépolarisé par la branche
gauche (­chapitre 5), se dépolarise en sens inverse, de droite
à gauche, engendrant une déflexion initiale positive en dérivation V6 et négative en dérivation V1 du complexe QRS. Le
ventricule gauche va ensuite se dépolariser de « proche en
proche » à partir du ventricule droit, expliquant l’élargissement du ­complexe QRS (Figure 14.1) avec un vecteur principal
de ­dépolarisation orienté de droite à gauche (complexe QRS
négatif en dérivation V1 et positif en dérivation V6).
14
Aspect ECG (ECG 14.1)
• Élargissement de la durée du complexe QRS > 110 msec
(> 120 msec pour un bloc complet).
• Rythme supraventriculaire (sinusal, jonctionnel ou trouble du
rythme supraventriculaire).
• Aspect QS large en dérivations V1 et V2 et plus rarement un
aspect rS (Figure 14.2).
• Aspect R large ou RR’ sans onde q en dérivations D1, aVL,
V5, V6 (Figure 14.2). Il existe quelques fois une onde S et une
onde q en aVL.
• Onde R > 60 msec en dérivations V5 et V6.
• La repolarisation (segment ST et onde T) s’oppose à la polarité du complexe QRS (discordance appropriée) :
○ QRS de polarité positive → (ST, T) négatif
○ QRS de polarité négative → (ST, T) positif.
f À retenir
• Le bloc de branche gauche correspond au blocage de
la conduction dans la branche gauche du faisceau de His.
• La durée du complexe QRS est supérieure à 110 msec.
• Il existe une grande onde S en dérivation V1 (aspect QS ou
rS) et une onde R large en dérivations V5 et V6, sans onde q.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
67
Figure 14.1. Mécanisme du bloc de branche gauche (BG) complet.
La branche gauche de faisceau de His est totalement bloquée. Le ventricule droit (VD) se dépolarise en premier grâce à la branche
droite (BD). Le septum se dépolarise en premier de droite à gauche (flèches noires) : la première partie du complexe QRS est positif
en dérivation V6 et négatif en dérivation V1. Ensuite, le courant de dépolarisation ventriculaire progresse du ventricule droit vers le
­ventricule gauche (VG), lentement, « de proche en proche » sans utiliser la voie de conduction rapide du faisceau (Fx) de His. La partie
principale du complexe QRS est négative en V1 et positive en V6, expliquant l’aspect QS en V1 et RR’ en V6.
NS : nœud sinusal ; NAV : nœud atrioventriculaire.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
68
Figure 14.2. Aspect de bloc de branche gauche en dérivations V1 et V6.
On note l’élargissement du complexe QRS au-delà de 120 msec, un aspect RR’ en dérivation V6 avec absence de l’onde q de dépolarisation septale et un aspect QS en dérivation V1. La polarité de la repolarisation (ST, T) s’oppose au sens de la dépolarisation
(­complexe QRS) : c’est la discordance appropriée.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
69
ECG 14.1. Bloc de branche gauche complet.
Le rythme est sinusal. Les complexes QRS sont larges avec une durée de 143 msec (> 120 msec). Le bloc est de type gauche car il
existe un aspect QS en V1 et V2 et un aspect RR’ en V5, V6. Il n’y a pas d’onde q en V6. La repolarisation (segment ST, T) est en discordance appropriée avec le complexe QRS (s’oppose à la polarité des complexes QRS).
II
TROUBLES DE CONDUCTION / BLOCS DE BRANCHES
15. Le bloc fasciculaire antérieurSCI-MED
gauche
RECHERCHEChapitre
BIBLIOGRAPHIQUE
Définition
Le bloc fasciculaire antérieur gauche (BFAG) est un trouble
de la conduction du faisceau de His qui se caractérise par
le blocage complet du faisceau antérieur gauche. C’est un
trouble de conduction fréquent, car le faisceau antérieur
gauche est fragile comparé au faisceau postérieur gauche.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
70
La dépolarisation ventriculaire a une cinétique très légèrement
augmentée, le ventricule droit se dépolarise grâce à la branche
droite et le ventricule gauche se dépolarise grâce au faisceau
postérieur gauche du faisceau de His. La durée du complexe
QRS n’est donc que très légèrement ralentie (environ 20 msec).
Par contre, l’axe de dépolarisation subit une profonde modification, car le vecteur principal de dépolarisation du ventricule
gauche prend une direction de bas en haut et vers la gauche
à cause de la position anatomique du faisceau postérieur
gauche qui commence à dépolariser la partie inférieure du
ventricule gauche pour ensuite gagner la région antérolatérale
(Figure 15.1). Le tout provoque une déviation importante du
vecteur principal de dépolarisation vers la gauche.
15
Aspect ECG
• Durée des complexes QRS < 120 msec.
• Axe des complexes QRS hypergauche : entre – 45°et – 90°.
• Aspect rS dans les dérivations inférieures (D2, D3, aVF) car le
vecteur principal de dépolarisation ventriculaire a une direction de bas en haut (Figure 15.1 et ECG 15.1).
• Aspect qR en dérivation aVL et D1 (direction du vecteur
principal de dépolarisation ventriculaire orienté de droite à
gauche).
• Rabotage des ondes r dans les dérivations précordiales.
f À retenir
• Un BFAG se diagnos­tique par un axe des complexes
QRS fortement dévié à gauche.
• Il n’y a pas d’élargissement important de la durée des
complexes QRS.
• Le BFAG est fréquent et de bon pronostic.
• L’aspect rS en dérivations inférieures (D2, D3, aVF) doit
faire évoquer le diagnostic.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
71
Figure 15.1. Courant de dépolarisation lors d’un bloc fasciculaire antérieur gauche.
Le ventricule gauche se dépolarise avec le faisceau postérieur gauche (FPG) puisque le faisceau antérieur
gauche (FAG) est bloqué. Le vecteur de dépolarisation principal est ainsi orienté de bas en haut et de droite
vers la gauche. Ce changement d’axe entraîne une grande onde S dans les dérivations inférieures (D2, D3,
aVF) et une onde R dans les dérivations D1 et aVL.
NS : nœud sinusal ; Fx : faisceau ; NAV : nœud atrioventriculaire ; BG : branche gauche ; BD : branche droite ;
VG : ventricule gauche ; VD : ventricule droit
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
72
ECG 15.1. Bloc fasciculaire antérieur gauche.
L’aspect rS en dérivations inférieures (D2, D3 et aVF), qR dans les dérivations D1 et aVL ainsi que le rabotage de ondes r dans les
dérivations précordiales sont très évocateurs. L’axe du complexe QRS est hypergauche et égal à – 60°.
II
TROUBLES DE CONDUCTION / BLOCS DE BRANCHES
Chapitre
16. Le bloc fasciculaire postérieur
gauche
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Définition
C’est le blocage complet du faisceau postérieur gauche responsable de la dépolarisation de la région postéro-inférieure
du ventricule gauche.
16
Aspect ECG (ECG 16.1)
• Complexes QRS fins (< 120 msec).
• Axe droit des complexes QRS (entre 90 et 180°).
• Rabotage des ondes r en dérivations précordiales (V1, V2, V3).
• Aspect rS en D1 et aVL avec un rapport R/S < 1 (« S » plus
ample que « R »).
• Aspect qR en dérivations inférieures (D2, D3, aVF).
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
73
C’est un bloc fasciculaire rare, car le faisceau postérieur est
beaucoup moins fragile que le faisceau antérieur. La dépolarisation du ventricule gauche se produit par la conduction issue
du faisceau antérieur gauche, tandis que la dépolarisation du
ventricule droit est consécutive à la conduction par la branche
droite du faisceau de His. Le retard de conduction est minime
(20 msec) et l’axe du vecteur principal de dépolarisation ventriculaire est dévié à droite (grande onde S en D1) et vers le
bas (déflexion positive dans les dérivations inférieures [D2,
D3, aVF]) à cause de la conduction née du faisceau antérieur
(Figure 16.1).
f À retenir
• Le bloc fasciculaire postérieur gauche (BFPG) est
beaucoup plus rare que le bloc fasciculaire antérieur
­
gauche.
• C’est un diagnostic d’exception après avoir éliminé les
autres causes de déviation droite du complexe QRS : embolie pulmonaire, hypertrophie du ventricule droit, etc.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
74
Figure 16.1. Dépolarisation ventriculaire gauche en cas de bloc fasciculaire postérieur gauche (BFPG).
La dépolarisation ventriculaire gauche est assurée par le faisceau antérieur (FAG) de la branche gauche (BG)
du faisceau (Fx) de His. Le courant de dépolarisation est alors orienté de haut en bas (onde R dans les dérivations D2, D3, aVF) et de gauche à droite (grande onde S en dérivation D1).
NAV : nœud atrioventriculaire ; FPG : faisceau postérieur gauche ; NS : nœud sinusal ; BD : branche droite du
faisceau de His ; VG : ventricule gauche ; VD : ventricule droit
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
75
ECG 16.1. Bloc fasciculaire postérieur gauche (BFPG).
L’aspect du complexe QRS est de type rS en dérivation D1 (avec un rapport R/S inférieur à 1) et positif (aspect qR) dans les dérivations
inférieures (D2, D3, aVF), signant un axe hyperdroit (axe = 110°). Le diagnostic d’un BFPG est donc probable.
II
TROUBLES DE CONDUCTION / BLOCS DE BRANCHES
Chapitre 17. Le bloc
bifasciculaire
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Définition
C’est l’association d’un bloc de branche droit (BBD) complet
avec un bloc fasciculaire antérieur gauche (BFAG) (qui constitue l’association la plus fréquente) ou alors avec un bloc fasci­
culaire postérieur gauche (BFPG) (très rare et de mauvais
pronostic).
17
Signes ECG
• BBD + BFAG (ECG 17.1) :
○ association des signes d’un BFAG et d’un BBD, il s’agit
donc d’un BBD (chapitre 13) avec une déviation de l’axe du
­complexe QRS hypergauche (compris entre – 45° et – 90°)
• BBD + BFPG (ECG 17.2) :
○ association des signes d’un BFPG et d’un BBD, il s’agit
donc d’un BBD (chapitre 13) avec une déviation de l’axe des
­complexes QRS hyperdroit (entre 90° et 120°)
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
76
Il existe un blocage de la conduction de la branche droite et
d’un faisceau de la branche gauche du faisceau de His. Les
deux ventricules se dépolarisent grâce au faisceau postérieur
gauche (si BBD + BFAG) ou grâce au faisceau antérieur gauche
(si BBD + BFPG).
Le bloc bifasciculaire BBD+ BFAG est associé à un meilleur pronostic que l’association rarissime BBD + BFPG.
f À retenir
• L’existence d’un BBD avec une déviation axiale gauche
doit faire suspecter un bloc bifasciculaire.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
77
ECG 17.1. Bloc bifasciculaire : bloc de branche droit (BBD) associé à un bloc fasciculaire antérieur gauche (BFAG).
Le BBD est diagnostiqué devant un complexe QRS large (158 msec) en rythme sinusal, un aspect rsR’ dans la dérivation V1, une
onde S large dans les dérivations D1 et V6. Le BFAG est diagnostiqué devant la déviation axiale hypergauche (– 53°) et un aspect rS
dans les dérivations D2, D3, aVF. Cette association est plutôt de bon pronostic.
II
TROUBLES DU RYTHME À COMPLEXES QRS LARGES
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Les troubles du rythme à complexes QRS larges
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Le trouble du rythme ventriculaire constitue une cause de malaise syncopal. Ces
malaises sont parfois mal supportés et peuvent se compliquer d’un arrêt cardiaque par
fibrillation ventriculaire.
78
Ce groupe d’arythmies inclut les tachycardies monomorphes, dont la tachycardie ventri­
culaire constitue le chef de file, et les tachycardies à complexes large polymorphes,
dont le chef de file est la « torsade de pointes » et complique souvent un déséquilibre
ionique.
Dans ce chapitre, nous traiterons aussi des canalopathies responsables de troubles
du rythme ventriculaire. Elles représentent une cause importante de mort subite de
l’adulte jeune.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
79
ECG III. Trouble du rythme à complexes larges : tachycardie ventriculaire.
II
TROUBLES DU RYTHME À COMPLEXES QRS LARGES
Aspect ECG (ECG SCI-MED
18.1)
Chapitre 18. L’extrasystole
ventriculaire
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
Définition
L’extrasystole ventriculaire (ESV) correspond à une dépolarisation prématurée issue du myocarde ventriculaire ou du
tissu de conduction en deçà de la bifurcation des branches
du faisceau de His.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
80
L’incidence d’une ESV sur un ECG dans la population générale
se situe entre 1 et 3 %, elles sont le plus souvent bénignes
mais peuvent révéler une cardiopathie ischémique, hyper­
trophique ou une canalopathie (chapitres 23, 24). La dépolarisation prématurée des ventricules peut donner naissance
à une dépolarisation atriale par conduction rétrograde à
travers le nœud atrioventriculaire. Le couplage avec le QRS
sinusal précédent l’ESV est un marqueur de gravité : un faible
couplage (durée R-R < 350 msec) ou un phénomène R/T (ESV
survenant pendant l’onde T) ­comporte un risque d’arythmie
ventriculaire grave : tachy­
cardie ­
ventriculaire ou fibrillation ventriculaire. On parle alors d’ESV « maligne ». Les ESV
peuvent être monomorphes ­traduisant un seul foyer ectopique ventriculaire ou polymorphes (origine multifocale).
18
• Complexe QRS large (> 120 msec) prématuré, ectopique
(ECG 18.2) :
○ aspect de BBG (chapitre 14) : foyer ectopique ventriculaire
se situant dans le ventricule droit
○ aspect de BBD (chapitre 13) : foyer ectopique ventriculaire
se situant dans le ventricule gauche
○ monomorphe : toutes les ESV se ressemblent (unifocal)
○ polymorphe : les ESV sont de morphologies différentes
(multifocal)
○ évaluation du risque d’arythmie : durée R-R et proximité de
l’ESV par rapport à l’onde T (phénomène R/T ; ECG 18.2).
• Pas d’activité atriale conductrice (pas d’onde P devant le
complexe ventriculaire).
• ESV régulière après chaque QRS sinusal : bigéminisme ventri­
culaire (ECG 18.3).
• Un repos compensateur n’est pas constant.
f À retenir
• Une ESV est un complexe QRS large, prématuré sans
onde P conduite.
• Le caractère monomorphe de l’ESV, un couplage long
et l’absence de phénomène R/T sont des éléments de bon
pronostic.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
81
ECG 18.1. Extrasystole ventriculaire (ESV) bénigne.
ESV ( ) avec un couplage R-R lent (> 350 msec) et sans phénomène R/T (ESV à distance de l’onde T). Elle est monomorphe (visible
sur le tracé long).
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
82
ECG 18.2. Phénomène R/T.
L’extrasystole ventriculaire (ESV) survient pendant la période vulnérable de l’onde T (sommet de l’onde T) du
complexe QRS précédent : phénomène R/T. C’est une ESV « maligne », survenue d’une fibrillation ventriculaire
après un phénomène R/T.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
83
ECG 18.3. Bigéminisme ventriculaire.
Après chaque complexe QRS sinusal ( ), il existe une extrasystole ventriculaire ( ).
II
TROUBLES DU RYTHME À COMPLEXES QRS LARGES
Chapitre 19. La tachycardie
ventriculaire Aspect ECG
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Définition
La tachycardie ventriculaire (TV) est un trouble du rythme grave
entrant dans le cadre des tachycardies régulières à complexes
larges. Le risque réside dans sa transformation en fibrillation
ventriculaire (chapitre 30). On parle de TV lorsqu’il existe plus
de trois complexes QRS larges successifs avec une fréquence
cardiaque supérieure à 100/min. Cette tachycardie est dite soutenue (TVS) si elle dure plus de 30 secondes, sinon c’est une
TV non soutenue (TVNS). Le principal problème diagnostique
est de distinguer les tachycardies à complexes larges d’origine
supraventriculaire (chapitres 36‑40) des tachycardies d’origine
ventriculaire. On distingue deux grands types de tachycardies
ventriculaires : les TV à retard droit (chapitre 20) et les TV à retard
gauche (chapitre 21).
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
84
Le mécanisme physiopathologique implique souvent un phénomène de réentrée (chapitre 3) dans le tissu myocardique ou
plus rarement du faisceau de His à l’étage infrahissien (sous la
bifurcation du faisceau de His). Ces tachycardies surviennent le
plus souvent sur un cœur pathologique. Dans le cas d’un foyer
ectopique ventriculaire, l’onde de dépolarisation progresse au
sein du tissu myocardique de « proche en proche », avec une
conduction plus lente qu’une conduction par le faisceau de His.
Les complexes QRS sont donc larges avec une durée souvent
supérieure à 140 msec. La fréquence est comprise entre 100 et
280/min (ECG 19.1).
19
• Le rythme ventriculaire est accéléré (fréquence ventriculaire
> 100/min) et régulier.
• Les complexes QRS sont larges (durée du QRS > 120 msec).
• Les éléments orientant le diagnostic d’une origine ventriculaire plutôt qu’un rythme supraventriculaire sont :
○ un âge avancé (> 50 ans)
○ un antécédent de cardiopathie
○ des complexes QRS très larges (> 160 msec)
○ un début de QRS plutôt en pente douce avec une fin
abrupte reflétant la progression lente du courant initial de
dépolarisation ventriculaire (Figure 19.1)
○ des complexes QRS positifs en aVR (traduisant une onde
de dépolarisation ventriculaire remontant vers les oreillettes)
○ une dissociation atrioventriculaire, signe diagnostic majeur,
mais difficile à mettre en évidence
○ les complexes de fusion (complexes QRS de morphologie
intermédiaire entre la capture et le complexe ventriculaire
de la TV, [Figure 19.2]) ou de capture (complexes QRS fins
[Figure 19.2]) peuvent également être présents.
f À retenir
• Une tachycardie à régulière à complexes QRS larges
doit faire évoquer une origine ventriculaire.
• Un ensemble d’éléments permet de distinguer l’origine
supraventriculaire ou ventriculaire de la tachycardie sans
qu’il n’existe de certitude absolue.
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Figure 19.1. Début du complexe QRS en pente
plus douce que sa terminaison.
On considère que si cette pente a une durée de
plus de 50 msec, l’origine de la tachycardie est
plutôt ventriculaire.
85
Figure 19.2 Complexes de capture et de fusion.
Le complexe de fusion provient d’une fusion de l’onde de dépolarisation ventriculaire
d’origine supraventriculaire et celle d’origine ventriculaire. Le complexe résultant est
un complexe QRS hybride entre le complexe de capture et le complexe QRS de la
tachycardie ventriculaire.
ECG 19.1. Tachycardie régulière à complexes larges.
C’est une tachycardie (fréquence ventriculaire à 158/min) régulière, les complexes QRS sont identiques
(monomorphes) et larges (durée du complexe QRS égale à 148 msec).
II
TROUBLES DU RYTHME À COMPLEXES QRS LARGES / TV MONOMORPHE
Chapitre 20. La tachycardie
ventriculaire
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
f À retenir
à retard droit
Définition
20
• Plus le complexe QRS possède les caractéristiques
typiques d’un bloc de branche droit (chapitre 13), plus l’origine supraventriculaire est probable.
Ce type de tachycardie ventriculaire (TV) est diagnostiqué
par une polarité positive des QRS en dérivation V1 avec une
onde R supérieure à l’onde R’ si elle existe.
Mécanisme
L’origine de cette tachycardie se trouve dans le ventricule
gauche.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Aspect ECG
86
Pour différencier une TV à retard droit d’une tachycardie
supraventriculaire avec bloc de branche droit, il existe plusieurs indices en faveur de la TV (ECG 20.1).
• Le signe de « l’oreille de lapin » : présence d’un complexe QRS
simulant un BBD atypique avec une onde R d’amplitude supérieure à l’onde R’ en V1 et/ou V2 (Figure 20.1).
• La dépolarisation initiale lente du ventricule est reflétée par
une durée entre le début de l’onde R et le nadir (l’amplitude
minimum) de l’onde S de plus de 100 msec dans au moins une
dérivation précordiale.
• Des QRS monophasiques sans changement de polarité de V1
à V6.
• En V6, des complexes QRS de forme QR, QS, R ou rS avec
S > R.
• En aVR une onde R ou Q large (> 40 msec).
• Une durée du complexe QRS > 140 msec.
Figure 20.1. Différence entre une tachycardie supraventriculaire (TSV) avec bloc de branche droit et une tachycardie ventriculaire (TV) à retard droit.
A. En V1, le signe de « l’oreille de lapin » : en cas de complexes
QRS de morphologie proche d’un bloc de branche droit (BBD,
aspect RR’), si l’onde R est plus ample que l’onde R’, l’origine ventriculaire est suspectée, au contraire si l’onde R’ est plus ample
que l’onde R alors l’existence d’un BBD est probable.
B. En V6, l’onde S plus ample que l’onde R oriente vers une TV et,
au contraire, si S < R, alors une TSV avec BBD est probable.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
87
ECG 20.1. Tachycardie ventriculaire à retard droit.
C’est une tachycardie régulière (fréquence ventriculaire 177/min), à complexes larges (durée de QRS 141 msec) et à retard droit
(complexes QRS positifs en V1). L’origine ventriculaire est suspectée, car l’onde R est supérieure à l’onde R’ (signe de « l’oreille de
lapin ») en V1, la durée de l’intervalle R-S est de 120 msec en V6 (> 100 msec), le complexe QRS est positif en aVR avec une onde q
large, la polarité des complexes QRS de V1 à V6 est toujours positive.
II
TROUBLES DU RYTHME À COMPLEXES QRS LARGES / TV MONOMORPHE
Chapitre 21. La tachycardie
ventriculaire
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
f À retenir
à retard gauche
Définition
21
• Plus le complexe QRS ressemble à un bloc de branche
typique de BBG (chapitre 14), plus l’origine supraventriculaire est probable.
Ces tachycardies ventriculaire (TV) se caractérisent par des
complexes QRS négatifs en dérivations V1 et V2 (ECG 21.1).
Mécanisme
La majorité de ces tachycardies naissent dans le ventricule droit.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Aspect ECG
88
Le diagnostic différentiel est difficile avec les TSV associées
à un bloc de branche gauche (chapitre 14). Les éléments en
faveur d’une origine ventriculaire de la tachycardie sont :
• un début de QRS lent reflété par une distance entre le début
de l’onde R et le minimum (nadir) de l’onde S (segment R-S)
supérieur à 60 msec en V1 (Figure 21.1) ou supérieur à 100 msec
dans n’importe quelle dérivation précordiale (V1 à V6)
• un crochetage de l’onde S en dérivations V1-V2
• la présence de complexes QRS monophasiques de V1 à V6
(ayant tous la même polarité)
• la présence d’une onde Q (ou un aspect QR ou QS) en V6
• en aVR, une grande onde R initiale (ou > 40 msec) ou une
onde Q large (> 40 msec)
• une durée du complexe QRS > 160 msec.
Figure 21.1. Différence entre une tachycardie supraventriculaire
avec bloc de branche gauche et une tachycardie ventriculaire
à retard gauche.
A. En dérivation V1, un espace R-S supérieur à 60 msec (ou
> 100 msec dans n’importe quelle dérivation précordiale) est en
faveur d’une origine ventriculaire.
B. La présence d’une onde Q en dérivation V6 est en faveur d’une
tachycardie ventriculaire.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
89
ECG 21.1. Tachycardie ventriculaire à retard gauche.
C’est une tachycardie régulière (fréquence ventriculaire à 171/min) à complexes QRS larges (durée 161 msec) avec un retard gauche
(complexes QRS négatifs en V1 et V2). On reconnaît la nature ventriculaire de cette tachycardie par l’existence d’une onde S crochetée en V1-V2, un espace R-S supérieur à 60 msec en dérivation V1, une onde Q large (> 40 msec) en dérivation aVR, un début lent
des complexes QRS par rapport à la portion terminale et une durée du complexe QRS > 160 msec. Tous ces éléments sont en faveur
d’une origine ventriculaire de cette tachycardie.
II
TROUBLES DU RYTHME À COMPLEXES QRS LARGES / TV POLYMORPHE
Chapitre 22. La torsade
de pointes
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Définition
La torsade de pointes (TdP) est une tachycardie ventriculaire
polymorphe. C’est un trouble de rythme grave, pouvant évoluer vers une fibrillation ventriculaire. Ce type d’arythmie est
le plus souvent associé à un espace QT long (chapitre 24) ou
à une hypokaliémie (chapitre 44). La TdP se caractérise par
une rotation de l’axe des complexes QRS autour de la ligne de
base (Figure 22.1).
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
90
Le déclenchement d’une TdP est souvent associé à la sur­
venue de post-dépolarisations précoces (chapitre 2) médiées
par des courants transmembranaires calciques dans le cadre
des QT longs acquis ou congénitaux (chapitre 24). Ces postdépolarisations précoces sont révélées à l’ECG par une onde
U dont l’amplitude est associée au risque de déclenchement
d’une TdP. Il existe par ailleurs une dispersion des temps de
repolarisation ventriculaire créant des zones myocardiques
générateurs de circuits de réentrée (chapitre 3) et donc de
déclenchement d’arythmies ventriculaires. L’élément déclencheur est souvent une extrasystole ventriculaire à couplage
court (chapitre 18) après une pause (bradycardie) par les
QT longs acquis ou une stimulation adrénergique dans les
QT longs congénitaux (chapitre 24).
22
Aspect ECG (ECG 22.1)
• Intervalle QT (ou QTc) long en période intercritique avec une
onde U (chapitre 9).
• Déclenchement : survenue d’une ESV à couplage court, d’un
repos compensateur, puis d’une deuxième ESV avec un phénomène R/T (chapitre 18, ECG 22.2).
• Tachycardie à complexes larges entre 200/min et 300/min
(ECG 22.1).
• L’amplitude des complexes QRS varie progressivement avec
une rotation de l’axe : les pointes « en haut » évoluent vers des
pointes « en bas » (Figure 22.1).
• Une TdP dure généralement quelques dizaines de secondes,
mais des formes soutenues peuvent exister.
f À retenir
• La TdP est une TV polymorphe engageant le pronostic
vital.
• Une TdP fait, le plus souvent, suite à un QT long acquis
(iatrogénie) ou congénital.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
91
Figure 22.1. Torsade de pointes.
L’axe des complexes QRS « tourne » autour de la ligne de base. L’aspect « pointu » en haut se retourne pour devenir des pointes
« en bas ».
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
92
ECG 22.1. Torsade de pointes.
Tachycardie à complexes larges polymorphes ; les complexes QRS sont variables en amplitude et en
fréquence. On remarque sur le tracé long une inversion de l’axe des complexes QRS, les « pointes » passant
d’une positon « vers le haut » à une position « vers le bas » ( ).
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
93
ECG 22.2. Déclenchement d‘une torsade de pointes (TdP).
Une première extrasystole ventriculaire (ESV) à couplage court induit un repos compensateur, augmentant l’espace QT du
complexe sinusal suivant. Une deuxième ESV déclenche la TdP par un phénomène R/T ; l’ESV survient pendant la période
vulnérable de l’onde T (juste après le sommet).
II
TROUBLES DU RYTHME À COMPLEXES QRS LARGES / CANALOPATHIES
Chapitre 23. Le syndrome
de Brugada
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Définition
Le syndrome de Brugada constitue la plus célèbre des canalopathies. Il intéresse en majorité les hommes et a une incidence entre 0,5/1 000 et 1/1 000 habitants. Il est endémique
dans le Sud-Est asiatique. Le principal risque est la survenue
de troubles du rythme ventriculaire qui peuvent aboutir à une
mort subite. Il est responsable de la plupart des morts subites
des hommes jeunes, autour de 40 ans. L’aspect électro­
cardiographique de la repolarisation de type Brugada doit
faire évoquer ce syndrome mais ne constitue pas, à lui seul,
une preuve diagnostique.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
94
Cette maladie se caractérise par une atteinte génétique
(gène SCN5A sur le chromosome 3, avec une transmission
autosomique dominante) qui code pour une sous-unité des
canaux sodiques. La modification structurelle et fonctionnelle
des canaux sodiques entraîne une altération de la conductance
et donc une hétérogénéité dans le courant de dépolarisation/
repolarisation générateur d’arythmies ventriculaires. L’origine
de ces troubles du rythme ventriculaire se situe le plus souvent dans le ventricule droit. Une particularité, les aspects
de repolarisation « Brugada » à l’ECG se majorent en cas de
fièvre ou de manière iatrogène lors de la prise de médicaments à effets stabilisants de membrane (anti-arythmiques
de type 1, antidépresseurs polycycliques...) (chapitre 47). Une
hyper­kaliémie sévère peut simuler une repolarisation de type
­Brugada (chapitre 23).
23
Aspect ECG
• Le diagnostic d’une repolarisation de type « Brugada » peut
être fait par la simple analyse de l’ECG de repos.
• Ce diagnostic est suspecté devant l’association en dérivations
précordiales droites (V1, V2) d’un aspect de bloc de branche droit
(chapitre 13) et d’un sus-décalage du segment ST.
• On distingue deux types de repolarisation « Brugada » en
fonction de la forme de ce sus-décalage :
○ le type 1 « en dôme » (Figure 23.1 et ECG 23.1A) : comprend
un segment ST sus-décalé, puis descendant vers la ligne de
base et le plus souvent associé à une onde T négative
○ le type 2 « en selle » (Figure 23.1 et ECG 23.2B) comprend un
sus-décalage du segment ST concave en haut et une onde T
positive. Le type 2 est de pronostic plus bénin par rapport au
type 1.
f À retenir
• Le syndrome de Brugada est responsable de la plupart
des morts subites de l’adulte jeune.
• Il est suspecté devant un aspect de bloc de branche
droit avec un sus-décalage du segment ST dans les dérivations V1 et/ou V2.
Figure 23.1. Les deux types de repolarisation « Brugada ».
Le type 1 se caractérise par un sus-décalage du segment ST
descendant avec une onde T négative et le type 2 par un susdécalage du segment ST concave en haut.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
95
ECG 23.1. Repolarisation de type « Brugada ».
A. Type 1 (en « dôme ») avec un bloc de branche droit incomplet (aspect rSR’) et un sus-décalage du segment ST descendant avec
une onde T négative terminale en dérivation V1.
B. Type 2 (en « selle ») avec un aspect de bloc de branche droit et un sus-décalage du segment ST concave en haut bien visible en V2.
II
TROUBLES DU RYTHME À COMPLEXES QRS LARGES / CANALOPATHIES
Aspect ECG (ECG SCI-MED
24.1-24.3)
Chapitre 24.BIBLIOGRAPHIQUE
Le QT long
RECHERCHE
Définition
Augmentation de l’intervalle QT au-delà des valeurs physiologiques.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
96
La cause la plus fréquente de l’augmentation de l’intervalle QT
(chapitre 9) est la iatrogénie médicamenteuse (neuroleptiques,
antiarythmique, antihistaminiques, macrolides). La deuxième
cause est le QT long congénital, pathologie qui appartient à la
famille des canalopathies. Pour cette dernière, les gènes en
causes codent pour les canaux sodiques et potassiques. La survenue de troubles du rythme ventriculaire fait toute la gravité de
cette pathologie (torsade de pointes, fibrillation ventriculaire). Il
existe trois formes principales de QT longs congénitaux appelées
LQT1, LQT2 et LQT3. Plus la durée du QT s’éloigne de la valeur
normale, plus le risque d’arythmie ventriculaire est grand. Ce syndrome est responsable de la plupart des morts subites de l’enfant
et de l’adulte jeune.
24
• L’intervalle QT se mesure du début du complexe QRS à la fin
de l’onde T. En général, on utilise le QT corrigé (QTc) qui permet
de normer la valeur en la corrigeant de sa dépendance avec la
fréquence cardiaque (chapitre 9).
• La valeur maximum du QTc est de 450 msec chez l’homme et
de 460 msec chez la femme.
• L’intervalle QT est classiquement mesuré en dérivation D2
et/ou en dérivation V5.
• L’onde T diffère en fonction du type du QT long congénital :
○ LQT1, l’onde T est monophasique et à base élargie
○ QTL2 se caractérise par une onde T de faible amplitude
○ LQT3, le QTc est très allongé avec une onde T de grande
amplitude à base étroite (Figure 23.1).
• Survenue de torsades de pointes (ECG 24.3, chapitre 22).
f À retenir
• Le QT long expose à la survenue de troubles du rythme
ventriculaire.
• La cause la plus fréquente du QT long est la iatrogénie
médicamenteuse.
• Le QT long congénital explique la plupart des morts
subites de l’adulte jeune.
Figure 24.1. Les trois types du syndrome du QT long congénital.
LQT1 : onde T à base large ; LQT2 : onde T d’amplitude faible ;
LQT3 : onde T à base étroite
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
97
ECG 24.1. QT long acquis.
Le QT mesuré (QTm) est de 600 msec et le QT calculé (QTc) est de 589 msec. Cette valeur est très supérieure à 460 msec ; il existe
donc un très haut risque de passage en trouble du rythme ventriculaire.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
98
ECG 24.2. QT long congénital de type LQT1.
Le QT mesuré (QTm) est de 680 msec. L’onde T est monomorphe à base élargie. Le QT calculé (QTc) est de 680 msec puisque la fréquence ventriculaire est de 60/min. Le risque de passage en trouble du rythme ventriculaire est important.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
99
ECG 24.3. Torsade de pointes sur QT long.
Même patient que l’ECG 23.2. Apparition d’un trouble du rythme transitoire de type tachycardie ventriculaire polymorphe « torsade
de pointes » (chapitre 22) déclenché par une extrasystole ventriculaire (ESV) survenant sur l’onde T (phénomène R/T).
II
TROUBLES DU RYTHME À COMPLEXES QRS LARGES
Aspect ECG
Chapitre 25. La cardiomyopathie
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
ventriculaire droite arythmogène
Définition
La cardiomyopathie arythmogène du ventricule droit (CVDA)
est une cardiomyopathie génétique autosomique dominante,
caractérisée par des infiltrations graisseuses avec une réaction fibromateuse au sein du myocarde du ventricule droit
(VD). La paroi du VD devient fine et hypokinétique. Il existe
une prédominance masculine et sa prévalence est autour de
2/10 000. C’est une des causes de mort subite de l’adulte jeune.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
100
Le remaniement du myocarde du VD entraîne des zones de
conduction hétérogène générateur de phénomènes de réentrées (chapitre 3) à l’origine de troubles du rythme ventriculaire. Des anomalies de l’automatisme (chapitre 2) ont aussi été
évoquées pour expliquer le déclenchement de ces arythmies
en particulier à l’effort.
Figure 25.1. Onde Epsilon.
Cette onde est le reflet d’une
dépolarisation plus longue au
sein du ventricule droit et se voit
normalement dans les dérivations qui explorent le ventricule
droit (V1, V2 et V3R).
25
• Extrasystole ventriculaire à retard gauche (complexes QRS
négatifs en dérivation V1 et positifs en dérivation V6) puisque
le foyer ventriculaire se situe dans le VD. C’est le trouble du
rythme le plus fréquent. Ces extrasystoles peuvent être en
doublet ou en triplet.
• TV à retard gauche non soutenues de durée inférieure à
30 secondes (TVNS, chapitre 19).
• Troubles du rythme ventriculaire soutenues :
○ TV à retard gauche (chapitre 21)
○ fibrillation ventriculaire (chapitre 30)
○ plus rarement : TV polymorphe (chapitre 22).
• Trouble de la repolarisation dans les dérivations qui explorent
le ventricule droit (V1, V2) :
○ ondes T négatives
○ durée du complexe QRS plus longue en dérivations V1 et V2
par rapport aux dérivations V5 et V6.
○ onde « Epsilon » bien visible en V1 qui traduit la plus lente
dépolarisation de VD par rapport au VG (Figure 25.1).
f À retenir
• La cardiomyopathie ventriculaire droite arythmogène
est une anomalie structurelle du ventricule droit.
• Cette maladie congénitale est responsable de troubles
du rythme ventriculaire entraînant des morts subites du
sujet jeune.
• L’onde Epsilon constitue une signature de cette maladie
à l’ECG.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
101
ECG 25.1. Onde epsilon.
On remarque une onde ( ) après chaque complexe QRS (onde epsilon) et une onde T négative en V1 et V2 (qui se poursuit jusqu’en V6).
Le complexe QRS est plus large en dérivations V1-V2 (100 msec) par rapport à la dérivation V6 (80 msec). Le tout est évocateur d’une
cardiomyopathie ventriculaire droite arythmogène.
II
TROUBLES DU RYTHME À COMPLEXES QRS LARGES
Chapitre 26. La repolarisation
précoce
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Définition
La repolarisation précoce se définit comme un sus-décalage
(≥ 1 mm) du segment ST dans au moins deux dérivations avec
un QRS positif en dérivations frontales (rare) ou précordiales
(le plus fréquent). Ce signe est présent dans 1 à 13 % de la
population avec une incidence plus élevée chez l’homme
jeune et notamment chez le sportif.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
102
Ce phénomène est dû à un déséquilibre des fonctionnements
des canaux sodiques, potassiques et calciques entre l’épicarde
et l’endocarde qui induit une dispersion de la repolarisation et
de la dépolarisation. Il se traduit à l’ECG par un crochetage de
la partie terminale du complexe QRS (onde J). La repolarisation
précoce a été associée à une variante de la normale de l’ECG.
Quelques travaux ont néanmoins fait un lien entre le risque
de mort subite et la présence d’une repolarisation précoce
notamment dans les dérivations inférieures (D2, D3, aVF).
Aspect ECG
• Sus-décalage du segment ST de plus de 1 mm dans deux
dérivations successives. Ce sus-décalage est concave en haut
(aspect en « hamac »). Bien visible en dérivations V3-V4-V5.
• Crochetage de la base de l’onde R (« onde J »).
• Pas de miroir.
26
• La zone de transition est déviée à droite si la repolarisation
précoce intéresse les précordiales.
• Onde T ample mais ne dépassant pas l’amplitude du complexe QRS.
f À retenir
• La repolarisation précoce entraîne un sus-décalage du
segment ST « en hamac » le plus souvent en dérivations
V3-V4 accompagné d’un crochetage de la base de l’onde R.
• Diagnostic différentiel parfois difficile avec une péricardite ou un syndrome coronaire aigu ST+.
• Dans la grande majorité des cas, c’est un syndrome bénin.
• Se méfier d’une repolarisation précoce dans les dérivations inférieures D2, D3, aVF (rare).
Figure 26.1. Repolarisation
précoce.
Il existe un sus-décalage du
segment ST concave en haut
avec un crochetage de la
base de l’onde R (onde J). Ce
signe est souvent bien visible
en dérivations V3, V4 et V5.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
103
ECG 26.1. Repolarisation précoce.
Il existe un sus-décalage du segment ST concave en haut dans les dérivations V1, V2, V3, V4. Une onde J est bien visible en V2, ( ) et
le crochetage est visible des dérivations V3 et V4. La zone de transition est déviée à droite (entre les dérivations V1 et V2). L’onde T
ne dépasse pas l’amplitude des QRS. Il n’existe pas de miroir. Forte probabilité d’une repolarisation précoce.
II
TROUBLES DU RYTHME À COMPLEXES QRS LARGES
Chapitre
27. Le syndrome de Wolff-Parkinson-White
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Définition
Ce syndrome congénital est dû à l’existence d’un tissu de
conduction rapide (voie de conduction accessoire) reliant
directement l’étage supraventriculaire au ventricule, courtcircuitant ainsi le nœud atrioventriculaire (NAV). Dans le
cadre de la maladie de Wolff-Parkinson-White (WPW), ce tissu
est dénommé faisceau de Kent. Ce syndrome s’inscrit dans la
famille des pathologies liées à une préexcitation ventriculaire.
L’incidence de ce syndrome est d’environ 1/10 000.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
104
La dépolarisation née du nœud sinusal atteint le ventricule par
deux voies de conduction. La première utilise la voie accessoire et n’est pas ralentie. La deuxième passe par le nœud
atrioventriculaire et est normalement ralentie (Figure 27.1).
Au final, le complexe QRS généré est le produit de la fusion
de ces deux ondes de dépolarisation. Le courant conduit par
la voie accessoire donne naissance à la première partie du
complexe QRS (onde delta) et un intervalle P-R qui apparaît
ainsi raccourci. Cette voie accessoire explique la survenue
de trouble du rythme de type tachycardies par réentrée atrio­
ventriculaire (chapitre 38) ou, beaucoup plus grave, le superWolff (chapitre 28).
27
Aspect ECG
• Raccourcissement de l’intervalle P-R (< 120 msec) dû à la présence d’un empâtement initial du complexe QRS (onde delta).
• Présence d’une onde delta qui apparaît comme un crochetage initial du complexe QRS lorsque le faisceau accessoire
est :
○ du côté gauche (type A), l’onde delta apparaît comme une
grande onde R en dérivation V1
○ à droite (type B), l’onde delta est négative en dérivations V1
et V2.
• Durée des complexes QRS modérément augmentée
(> 110 msec).
• Il existe parfois des anomalies de la repolarisation avec un
segment [ST, T] qui s’oppose à l’axe des complexes QRS.
• Présence de pseudo-ondes Q qui sont les miroirs des ondes
delta.
f À retenir
• Le syndrome de WPW est assez fréquent, il se diagnostique devant un intervalle P-R court et la présence de
l’onde delta.
• En l’absence de trouble du rythme à l’étage supraventriculaire, ce trouble est le plus souvent bénin.
Figure 27.1. Mécanisme du Wolff-Parkinson-White.
L’onde de dépolarisation ventriculaire a deux origines : la première, précoce, passe par le faisceau accessoire et donne
naissance à l’onde delta (en rouge), et la deuxième, classique
et plus tardive, passe par le nœud atrioventriculaire (NAV, en
jaune). Les deux courants fusionnent pour former le complexe QRS élargi par l’onde delta.
NS : nœud sinusal ; Fx : faisceau.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
105
Figure 27.2. Wolff-Parkinson-White.
A. ECG normal.
B. Modification due à la présence d’un faisceau accessoire
(faisceau de Kent). L’apparition d’une onde delta raccourcit
l’intervalle P-R et allonge la durée du complexe QRS. Parfois le
segment [S-T, T] est modifié et s’oppose à la polarité du complexe QRS. Ainsi, le QRS est positif et l’onde T est négative.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
106
ECG 27.1. Wolff-Parkinson-White de type A.
Cet ECG montre clairement des ondes delta ( ) dans pratiquement toutes les dérivations (elles sont positives en V1, donc de type A).
L’onde delta en aVL ( ) pourrait être confondue avec une onde Q de nécrose. Dans les précordiales droites (V1, V2, V3), le segment [ST, T]
se caractérise par une onde T négative ( ). Les complexes QRS sont élargis (147 msec) et l’intervalle P-R raccourci (90 msec).
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
107
ECG 27.2. Wolff-Parkinson-White de type B.
L’intervalle P-R est raccourci (110 msec). Il existe une onde delta bien visible dans les précordiales ( ) et négative en V1 (type B) et
pouvant être confondue avec une onde Q dans la dérivation aVF.
II
TROUBLES DU RYTHME À COMPLEXES QRS LARGES
RECHERCHE
SCI-MED
Chapitre 28. LeBIBLIOGRAPHIQUE
super-Wolff
Définition
C’est une tachycardie à complexes larges polymorphe due
à la présence d’un faisceau accessoire conduisant le courant de dépolarisation de l’étage atrial siège d’une fibrillation atriale vers l’étage ventriculaire. Une fibrillation atriale
survient chez 20 % des patients porteurs d’un syndrome de
Wolff-­Parkinson-White.
28
Aspect ECG
• Tachycardie à complexes QRS larges, irrégulière, polymorphe :
les complexes ventriculaires sont variables en durée et en amplitude.
• Le rythme ventriculaire est très rapide avec des complexes
allant jusqu’à 300/min (en général entre 200/min et 300/min)
réalisant un aspect caractéristique dit « en accordéon ».
• Il n’y a pas de variation d’axe des complexes QRS
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
108
Lorsqu’il existe un faisceau accessoire (chapitre 27) perméable
pour une conduction antérograde (de l’oreillette vers le ventricule) et que, de plus, il existe une fibrillation atriale, le nœud
atrioventriculaire ne filtre plus les impulsions en provenance
de l’étage atrial. Ceux-ci sont intégralement transmis à l’étage
ventriculaire par le faisceau accessoire, induisant un rythme
ventriculaire très rapide jusqu’à 300/min et irrégulier. Le danger réside dans le passage rapide à une fibrillation ventriculaire
(chapitre 30) et donc à une mort subite.
f À retenir
• Tachycardie très rapide chez un porteur de faisceau
accessoire.
• Aspect des QRS larges « en accordéon » très évocateur.
• Véritable urgence rythmique car passage en fibrillation
ventriculaire possible.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
109
ECG 28.1. Super-Wolff.
Tachycardie à complexes larges, irrégulière avec un aspect « en accordéon » avec une fréquence des complexes QRS très rapides
(300/min) et d’autres plus lents. Pas de déviation d’axe des complexes QRS dans une dérivation.
II
TROUBLES DU RYTHME À COMPLEXES QRS LARGES
Aspect ECG
Chapitre 29. La cardiomyopathie
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
hypertrophique
Définition
La cardiomyopathie hypertrophique (CMH) est une maladie héréditaire à transmission autosomique dominante et à
pénétrance variable qui atteint 0,2 % de la population générale. Cette maladie est responsable de la plupart des morts
subites de sportifs jeunes (femmes et hommes).
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
110
Cette cardiomyopathie se caractérise par une hypertrophie
ventriculaire gauche intéressant surtout le septum inter­
ventriculaire qui, lorsqu’il atteint une épaisseur de plus de
30 mm, constitue un facteur de risque indépendant de mort
subite par trouble du rythme ventriculaire. Le mécanisme
des arythmies est multifactoriel à partir du trouble primitif
des cardiomyocytes créés par les anomalies du sarcomère.
L’hyper­trophie anarchique est à l’origine des désordres hémodynamiques, de la circulation coronarienne, de l’excitabilité et
de la conduction cellulaire. Ces altérations se combinent pour
créer un substrat favorisant les troubles du rythme paroxystique. Le risque de mort subite annuel se situe autour de 1 %
dans une population non sélectionnée.
29
• Critères d’amplitude d’une hypertrophie ventriculaire gauche
(chapitre 42, ECG 29.1, 29.2), en particulier de grandes ondes R
dans les dérivations V2 et V3.
• Ondes T négatives, symétriques dans le précordium, maximum en V3, V4 (ECG 29.1, 29.2).
• Intervalle P-R raccourcit avec un aspect de pseudo Wolf-­
Parkinson-White (présence d’une onde delta (chapitre 27,
ECG 29.1).
• Ondes Q fines, profondes « en lames de poignard » dans les
dérivations D1, aVL, V5, V6 ± (D2, D3, aVF) (ECG 29.2).
• Onde P large d’hypertrophie atriale gauche (chapitre 4,
ECG 29.1).
• On peut retrouver plus rarement :
○ un trouble du rythme supraventriculaire : fibrillation atriale,
tachycardie sinusale
○ un trouble du rythme ventriculaire : extrasystole ventriculaire, TV non soutenue (chapitre 18)
○ des troubles de la conduction à tous les étages : bloc sino­
atrial, bloc atrioventriculaire (chapitre 11, 12)
f À retenir
• La CMH est une maladie héréditaire responsable de
morts subites chez le jeune sportif.
• Elle peut s’évoquer devant des critères ECG d’hypertrophie ventriculaire gauche associés à des ondes T
négatives, profondes et symétriques dans les dérivations
précordiales.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
111
ECG 29.1. Cardiomyopathie hypertrophique.
Sur cet ECG, on remarque la présence de critères d’amplitude des QRS d’hypertrophie ventriculaire gauche avec un score
de Sokolow (R[V1] + S[V6]) de 45 mm et de grandes ondes R dans les dérivations V2 et V3. Il existe une onde T négative
( ) dans les dérivations V1 à V6 (amplitude maximum dans la dérivation V4) mais aussi dans les dérivations frontales. Une
onde P bifide et un peu élargie ( ) existe dans les dérivations inférieures (D2, D3, aVF) et la présence d’une onde delta ( ) est
bien visible dans les dérivations V1, V2 et V3.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
112
ECG 29.2. Cardiomyopathie hypertrophique.
Dans cet ECG, on remarque les ondes T négatives ( ) en dérivations V1 et V2, les grandes ondes R dans les mêmes dérivations. De
plus, il existe des ondes Q fines « en lame de poignard » dans les dérivations V5, V6 et inférieures (D2, D3, aVF).
II
TROUBLES DU RYTHME À COMPLEXES QRS LARGES
Chapitre 30. La fibrillation
ventriculaire
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Définition
La fibrillation ventriculaire (FV) résulte de l’activité électrique
du tissu myocardique, anarchique sans aucune efficacité
hémodynamique conduisant au décès en l’absence de prise
en charge. C’est la plus grave des arythmies ventriculaires.
30
Aspect ECG
• Aspect de grandes ondulations très rapides (entre 400/min
et 600/min) sans complexes QRS individualisables.
• Ondulations variables en fréquence et en amplitude.
• On distingue les :
○ grandes mailles : ondulations de grande amplitude (ECG 30.1)
○ petites mailles : ondulations de petite amplitude (ECG 30.2)
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
113
Suite à un évènement aigu (ischémie, extrasystole dans une
période vulnérable de l’onde T, processus inflammatoire), le
tissu myocardique pathologique est siège d’une activité électrique anarchique, non synchronisée. Il existe une perte de la
systole mécanique et le cœur est incapable d’assurer sa fonction « pompe » pour générer une hémodynamique compatible
avec la vie. À l’échocardiographie, on peut noter une activité
mécanique des ventricules, sorte de trémulation des parois
du cœur, mais sans aucune efficacité en terme d’éjection aortique. L’évolution se fait rapidement vers une asystole avec un
silence électrique dans toutes les dérivations (tracé plat).
f À retenir
• La FV est synonyme de mort subite.
• Le seul traitement efficace est le choc électrique réalisé
dans la minute.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
114
ECG 30.1. Fibrillation ventriculaire (FV) à grande maille.
Tracé avec des complexes larges, variables en amplitude et en fréquence. Les amplitudes sont importantes, traduisant fréquemment une FV très récente.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
115
ECG 30.2. Fibrillation ventriculaire (FV) à petites mailles.
Tracé avec des complexes larges d’amplitude réduite. Ces complexes sont variables en forme et en fréquence (« tracé anarchique »).
La FV à petites mailles résulte souvent de l’évolution d’une FV à grande maille et précède l’asystolie électrique terminale.
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Partie III
La douleur thoracique :
de la palpitation à l’infarctus du myocarde
La douleur thoracique est un symptôme qui doit alerter le praticien. Le thorax, à l’inverse de l’abdomen,
est un organe physiologiquement indolore. Toute douleur thoracique doit ainsi être explorée par la
réalisation d’un électrocardiogramme. Dans ce chapitre seront exposées les causes cardiaques des
douleurs thoraciques, de la plus grave (comme l’infarctus du myocarde) à la plus commune (comme la
fibrillation atriale), en passant par la péricardite. Ici encore, ce symptôme révèle toute l’importance et la
puissance de la réalisation d’un électrocardiogramme qui, non seulement peut procurer un diagnostic
certain mais, après une analyse appropriée, donne le feu vert pour débuter un traitement qui peut être
majeur, comme l’angioplastie ou la réalisation d’une fibrinolyse...
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
SOMMAIRE DE LA PARTIE III
L’ischémie myocardique
31. Le syndrome coronaire aigu ST+
32. Le sous-décalage ischémique
en dérivations V2-V3
33. L’onde T d’ischémie aiguë
Les troubles du rythme
supraventriculaire
36. La tachycardie jonctionnelle
37. La tachycardie par réentrée intranodale
38. La tachycardie par réentrée
atrioventriculaire
34. L’ischémie myocardique
et le bloc de branche gauche
39. Le flutter atrial
La maladie inflammatoire
40. La fibrillation atriale
35. La péricardite
III
ISCHÉMIE MYOCARDIQUE
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
L’ischémie myocardique
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
L’ischémie myocardique est une souffrance du myocarde au cours de laquelle les
apports en oxygène ne compensent plus les besoins. Le stade ultime réalise l’infarctus
du myocarde (IDM).
118
Cette ischémie peut revêtir plusieurs situations physiologiques correspondant à des
aspects ECG différents. Cela passe de l’arrêt cardiaque (IDM de type 3, chapitre 30) au
syndrome coronaire SCA ST+, qui, en général, répond à une obstruction complète du
flux coronarien (IDM de type 1).
Enfin, l’ischémie peut résulter d’un déséquilibre entre apport en oxygène et besoins,
sans obstruction significative du réseau coronarien comme, par exemple, dans les
états de choc (IDM de type 2).
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
119
ECG IV. Syndrome coronaire aigu ST+ (SCA ST+) en territoire inférieur.
III
ISCHÉMIE MYOCARDIQUE
31. Le syndrome coronaire aigu
ST+
RECHERCHE Chapitre
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Définition
120
Le syndrome coronaire aigu ST+ (SCA ST+) est une ischémie
myocardique révélée par un sus-décalage du segment ST
dans au moins deux dérivations explorant le même territoire.
Il peut exister un miroir (sous-décalage du segment ST) dans
le territoire opposé. Les territoires sont définis par la localisation des dérivations ECG :
• dérivations des territoires antérieurs :
– V1, V2 antérieur
– V3 septal
– V4 apical
– V5, V6 latéral bas
– D1,aVL latéral haut
• dérivations des territoires inférieurs :
– D2, D3, aVF inférieur
– V7, V8, V9 postérieur
– V3R, V4R ventricule droit
Mécanisme
L’ischémie myocardique provoque une inhomogénéité de
la distribution de charges au sein du myocarde qui perturbe
le dipôle électrique et donc le potentiel généré par celui-ci.
Ce potentiel enregistré par l’ECG en regard de l’ischémie est
déprimé avant la dépolarisation (espace T-P) et surélevé après
le QRS (segment ST). Ainsi, le segment ST apparaît surélevé
lors d’une ischémie myocardique enregistrée par les électrodes directement en regard de la lésion ischémique.
31
Signes ECG (ECG 31.1 et 31.2)
• Le SCA ST+ se caractérise par une élévation du segment ST
par rapport à la ligne isoélectrique (ligne de base) (Figure 31.1).
Globalement, l’amplitude de la déviation du segment ST est
corrélée à l’amplitude du complexe QRS. Plus cette amplitude
est grande, plus la déviation du segment ST est importante et
réciproquement.
• Néanmoins, les recommandations de l’European Cardiology
Society de 2023 ont défini des valeurs absolues de sus-­décalage
du segment ST pour caractériser l’ischémie myocardique. Ce
sont dans au moins deux dérivations contiguës :
○ dérivations V2-V3 :
– ≥ 2,5 mm chez les hommes de moins de 40 ans
– ≥ 2 mm chez les hommes de plus de 40 ans
– ≥ 1,5 mm chez les femmes
○ autres dérivations :
– ≥ 1 mm en l’absence de bloc de branche gauche (chapitre 14) ou d’hypertrophie ventriculaire gauche (chapitre 42).
f À retenir
• Le diagnostic de SCA ST+ est à évoquer devant un susdécalage du segment ST dans aux moins deux dérivations
contiguës.
• L’amplitude du sus-décalage du segment ST est en rapport avec l’amplitude du complexe QRS.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
121
Figure 31.1. Sus-décalage du segment ST.
Lors d’une ischémie myocardique, et en regard de la lésion, le segment ST apparaît au-dessus de la ligne de base (pointillés rouges)
avec une élévation du point J. Ce signe, retrouvé dans au moins deux dérivations contiguës (explorant le même territoire), est un
marqueur du SCA ST+.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
122
ECG 31.1. SCA ST+ dans le territoire inférieur.
Il existe un sus-décalage du segment ST dans les dérivations D2, D3, aVF ( ) explorant le territoire inférieur avec, en plus (car critère
non obligatoire), un sous-décalage du segment ST (miroir) dans les dérivations V2, V3, aVL ( ) qui sont des dérivations du territoire
opposé (antérieur) au territoire inférieur. Le diagnostic est donc certain.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
123
ECG 31.2. SCA ST+ dans le territoire antérieur.
On reconnaît un syndrome coronarien aigu SCA ST+ car il existe un sus-décalage du segment ST dans les dérivations V2, V3, V4, V5,
V6, D1, aVL ( ) qui explorent le territoire antérieur. Il existe, de plus, un sous-décalage dans le territoire opposé (inferieur) en dérivations D3 et aVF. Le diagnostic d’infarctus en voie de constitution dans le territoire antérieur est donc certain.
III
ISCHÉMIE MYOCARDIQUE
Aspect ECG
Chapitre 32. Le sous-décalage
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
ischémique en dérivations V2-V3
Définition
Apparition d’un sous-décalage du segment ST dans les dérivations V2-V3 chez un patient présentant une symptomatologie compatible avec un syndrome coronarien aigu.
32
Il existe deux types de sous-décalage ischémique :
• sous-décalage du segment ST dans les dérivations V2 et V3
ascendant associé à une onde T ample (ondes T de Winter,
Figure 32.1A et ECG 32.2)
• sous-décalage dans les dérivations V2 et V3 avec une pente
descendante et une terminaison positive (Figure 32.1B et
ECG 32.1)
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
124
Dans l’ECG normal, le segment ST ne peut pas être sousdécalé dans les dérivations V2 et V3, alors qu’un sus-décalage
dans ces dérivations peut être physiologique, en particulier chez l’homme jeune (chapitre 10). Ce sous-décalage est
compatible avec une ischémie myocardique chez un patient
présentant une douleur thoracique. S’il n’existe pas de susdécalage (signes directs), c’est que l’ECG n’explore pas toutes
les directions de l’espace, puisque la position des électrodes
telles qu’elles ont été proposées il y a plus de 100 ans ne prévoyait pas de détecter une ischémie coronarienne.
f À retenir
• Un sous-décalage en V2-V3 chez un patient suspect
d’ischémie myocardique doit être considéré comme un
SCA ST+ jusqu’à preuve du contraire.
Figure 32.1. Sous-décalage du segment ST en V2-V3 synonyme
d’ischémie myocardique.
A. Onde T de Winter ; le segment ST est sous-décalé puis ascendant avec une onde T positive, fine et ample.
B. Sous-décalage du segment ST ischémique, le segment ST est
descendant avec rupture brutale de la pente et une partie terminale positive. Cette forme est très suggestive d’ischémie myocardique à la phase aiguë.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
125
ECG 32.1. Ischémie myocardique.
Il existe un sous-décalage du segment ST en dérivations V2-V3 descendant, avec rupture brutale de la pente et positivité terminale.
Cet aspect du segment ST est très en faveur d’une ischémie aiguë et doit être pris en charge comme un SCA ST+.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
126
ECG 32.2. Onde T de « Winter ».
Il existe un sous-décalage du segment ST en dérivations V2-V3 ascendant avec une onde T ample (onde T de « Winter »). Cet aspect
du segment ST est très en faveur d’une ischémie aiguë et doit être pris en charge comme un SCA ST+.
III
ISCHÉMIE MYOCARDIQUE
Chapitre 33. L’onde BIBLIOGRAPHIQUE
T d’ischémie aiguë
RECHERCHE
SCI-MED
Définition
Une onde T d’ischémie aiguë (anomalie de l’onde T) peut
être un signe précoce d’ischémie myocardique et constituer
le seul signe retrouvé à l’ECG signant une obstruction coronarienne. La présence d’ondes T d’ischémie aiguë est une
indication de reperfusion rapide et doit être prise en charge
comme un SCA ST+.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
127
L’onde T peut être modifiée lors de l’ischémie myocardique par
la perturbation de la repolarisation dûe à la modification des
courants ioniques des cellules myocardiques des zones ischémiées. Cette perturbation modifie ainsi le dipôle de repolarisation ventriculaire et donc la forme de l’onde T.
33
Aspect ECG
• L’onde T d’ischémie précoce se singularise par son amplitude
et sa forme :
○ amplitude ample qui rejoint l’amplitude du complexe QRS
(supérieur au 3/4 de l’amplitude du complexe QRS)
○ base large, faisant quasi disparaître le segment ST (Figure 33.1
et ECG 33.1).
• L’intervalle QTc est allongé.
f À retenir
• Une onde T ample et large à sa base doit faire évoquer
une ischémie myocardique.
• L’amplitude de l’onde T doit toujours être comparée à
l’amplitude du complexe QRS la précédant.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
128
A
B
Figure 33.1. Onde T d’ischémie aiguë.
A. ECG normal.
B. Onde T d’ischémie précoce. Cette onde T se caractérise par l’augmentation de son amplitude et sa large base faisant disparaître le
segment ST. C’est un signe d’ischémie myocardique initial.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
129
ECG 33.1. Onde T d’ischémie aiguë.
Présence d’ondes T dans les dérivations inférieures (D2, D3, aVF) caractéristiques ( ) : ample par rapport à la taille des complexes QRS, base élargie et disparition du segment ST. On remarque un sous-décalage du segment ST dans les dérivations V2 et V3
caractéristiques d’une ischémie myocardique (chapitre 32).
III
ISCHÉMIE MYOCARDIQUE
Chapitre 34. L’ischémie
myocardique
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
f À retenir
et le bloc de branche gauche
Définition
Le diagnostic électrocardiographique de l’ischémie myocardique est possible en cas de bloc de branche gauche complet
(chapitre 14). Il repose sur les critères de Sgarbossa.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
130
L’ischémie myocardique modifie les répartitions de charges
dans le myocarde et ainsi le potentiel enregistré lors de la
repolarisation. Dans le cas de l’existence d’un BBG, la repolarisation normale est toujours dans une polarité opposée à la
dépolarisation ventriculaire (complexe QRS) : c’est la discordance appropriée (chapitre 14). De plus, l’amplitude de la repolarisation (segment [ST, T]) est proportionnelle à l’amplitude du
complexe QRS. L’ischémie myocardique perturbe cette discordance appropriée et cette proportionnalité.
Aspect ECG
Critères de Sgarbossa : non-respect de la discordance appropriée (Figure 34.1, ECG 34.1) :
○ sus-décalage du segment ST ≥ 1 mm lorsque le QRS est
positif (concordance)
○ sous-décalage du segment ST en cas de QRS négatif (souvent V1, V2, V3) ≥ 1 mm (concordance)
○ sus-décalage du segment ST ≥ 5 mm lorsque les QRS sont
négatifs (discordance non appropriée).
Ces critères doivent apparaître dans au moins une dérivation.
34
• Le diagnostic d’un SCA est possible en cas de BBG.
• Le non-respect de la discordance appropriée est à la
base du diagnostic.
Figure 34.1. Les trois critères de Sgarbossa.
Le premier critère correspond à une perte de la discordance appropriée avec
un sus-décalage du serment ST de plus de 1 mm
en cas de complexe QRS
positif. Le deuxième critère
concerne les QRS négatifs
(souvent V1 à V3) où il existe
une perte de la discordance
avec un sous-décalage du
segment ST de plus de 1 mm
et un complexe QRS négatif et, enfin, le troisième
critère représente une discordance exagérée avec un
sus-décalage du segment
ST de plus de 5 mm dans les
dérivations V1 à V3 (le QRS
est toujours négatif en cas
de BBG).
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
131
ECG 34.1. Ischémie myocardique en cas de bloc de branche gauche (BBG).
Il existe une perte de la discordance appropriée bien visible en D2, D3, aVF et V4 ( ) avec un sous-décalage du segment ST et un complexe QRS négatif (deuxième critère de Sgarbossa). On observe aussi un sus-décalage du segment ST avec un complexe QRS positif
(premier critère de Sgarbossa) en dérivation D1 et aVL. Cet ECG est très suspect d’ischémie myocardique en présence d’un BBG.
III
MALADIE INFLAMMATOIRE
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
La maladie inflammatoire
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
L’inflammation du myocarde ou du péricarde perturbe la distribution de charges des
cardiomyocytes et, par conséquent, les courants de dépolarisation et de repolarisation
myocardique. Le processus inflammatoire peut être la « gâchette » pour un déclenchement d‘arythmie ou l’apparition de blocs atrioventriculaires.
132
La péricardite aiguë est un diagnostic facile à réaliser grâce à l’électrocardiogramme
lequel permet aussi d’écarter des diagnostics différenciels comme l’ischémie myo­
cardique. De plus, une analyse soigneuse de celui-ci permet d’évoquer des signes de
mauvaise tolérance d’un épanchement péricardique (tamponnade) et ainsi d’intervenir
sans attendre...
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
133
ECG V. Péricardite aiguë.
III
MALADIE INFLAMMATOIRE
Chapitre 35. La
péricardite
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Définition
C’est une inflammation du péricarde, enveloppe semi-rigide
qui entoure le cœur. Les étiologies peuvent être inflammatoires, infectieuses ou dans le cadre de maladies d’organes
(néoplasie...).
Mécanisme
L’inflammation peut perturber la polarisation normale des cardiomyocytes, entraînant des altérations électriques détectées
à l’ECG avec notamment le sus-décalage du segment ST.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
f À retenir
134
• Devant un sus-décalage du segment ST diffus, le diag­
nostic de péricardite est à évoquer.
• Le sous-décalage du segment ST maximum en dérivation aVR est évocateur du diagnostic.
35
Aspect ECG (ECG 35.1)
• Sus-décalage du segment ST, diffus, ne respectant pas la
systématisation de la circulation coronaire comme pour le
syndrome coronaire aigu ST+ (SCA ST+ ; chapitre 31). Ce susdécalage est volontiers concave en haut, maximum dans les
dérivations D1, D2, V4, V5 et V6 (Figure 35.1).
• Sous-décalage du segment ST souvent important en dérivation aVR.
• Sous-décalage du segment P-R et souvent de type descendant (Figure 35.1). Il existe un miroir (sus-décalage du segment P-R ascendant) en dérivation aVR et quelquefois V1.
• Le signe de Spodick : segment T-P (délai entre la fin de l’onde T
et le début de l’onde P) descendant dans au moins deux dérivations bien visibles en D2 et en précordiales (Figure 35.2). Ce
signe est souvent associé à un sous-décalage du segment P-R.
Lors d’épanchement péricardique abondant, on peut observer
(ECG 35.2) :
• un microvoltage des complexes QRS (QRS ≤ 5 mm dans
les dérivations frontales et ≤ 10 mm dans les dérivations pré­
cordiales)
• parfois une alternance électrique avec des complexes QRS qui
alternent en amplitude sans modification de forme (Figure 35.3
et ECG 35.2)
• une tachycardie sinusale.
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Figure 35.2. Signe de Spodick.
Le segment entre la fin de l’onde T et le début de l’onde P n’est pas isoélectrique
mais descendant.
135
Figure 35.1. Le sus-décalage du segment ST
et sous-décalage du segment P-R de la péricardite.
Ce sus-décalage est ample, concave vue du
haut, diffus dans les dérivations. Il s’associe
souvent à un sous-décalage du segment P-R,
descendant, par rapport à la ligne de base.
Figure 35.3. Alternance électrique.
Les complexes QRS varient en amplitude une fois sur deux. C’est un signe d’épanchement péricardique abondant.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
136
ECG 35.1. Péricardite.
On observe un sus-décalage du segment ST diffus sans respect des territoires coronariens en dérivations D1, D2, aVL, aVF, V2, V3,
V4, V5, V6. Ce sus-décalage est concave en haut (bien visible en D1). Il existe un large sous-décalage en aVR. Le segment P-R est
descendant et sous-décalé en D1, D2 ; V3, V4, V5, V6 et sus-décalé en aVR.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
137
ECG 35.2. Alternance électrique au cours d’une tamponnade.
On remarque dans certaines dérivations des complexes QRS microvoltés (D1, D3, aVL, aVF). Une alternance électrique est bien
visualisable dans le tracé long (en bas) avec des complexes QRS d’amplitudes différentes se succédant régulièrement.
III
TROUBLES DU RYTHME SUPRAVENTRICULAIRE
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Les troubles du rythme supraventriculaire
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Les troubles du rythme supraventriculaire regroupent tous les troubles du rythme cardiaque qui naissent à l’étage atrial ou au niveau du nœud atrioventriculaire (nodal).
Ce sont des troubles du rythme en général moins graves que les troubles du rythme
ventriculaire, mais qui peuvent constituer une étiologie d’évènements beaucoup plus
graves, comme la fibrillation atriale qui est le principal facteur de risque des maladies
thromboemboliques.
138
Dans ce chapitre seront traités, entre autres, les troubles du rythme jonctionnel qui
sont à l’origine de sensations de palpitations chez les sujets jeunes et dont le diagnostic électrocardiographique permet de traiter instantanément la crise...
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
139
ECG VI. Tachycardie par fibrillation atriale.
III
TROUBLES DU RYTHME SUPRAVENTRICULAIRE / TACHYCARDIE JONCTIONNELLE
Chapitre 36. La tachycardie jonctionnelle
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Les tachycardies jonctionnelles sont des tachycardies fréquentes, classées dans la famille des tachycardies supra­
ventriculaires (TSV). Ces tachycardies sont secondaires à un
phénomène de réentrée (chapitre 3) déclenché le plus souvent
par une extrasystole atriale. Le circuit de réentrée passe ou
se situe dans le nœud atrioventriculaire (NAV). Il n’y a pas de
conduction atrioventriculaire normale et ainsi pas d’intervalle
P-R comme pour un rythme sinusal.
Le diagnostic des formes classiques repose sur l’existence
d’une tachycardie régulière (fréquence ventriculaire supérieure
140
Figure 36.1 Tachycardie régulière à complexes fins sans onde P.
On doit évoquer en priorité une tachycardie jonctionnelle.
36
à 100/min), à complexes QRS fins (durée de QRS inférieure à
120 msec) et sans intervalle P-R reconnaissable (c’est-à-dire
sans onde P [ECG 36.1]). Il existe des difficultés diagnostiques
en cas de complexes QRS larges lorsqu’il préexiste un bloc de
branche (chapitre 14) ou lors des tachycardies par réentrée
atrioventriculaire antidromique (cf. supra).
On distingue plusieurs types de tachycardies par réentrée
selon le mécanisme physiopathologique : les tachycardies par
réentrée atrioventriculaire (TRAV) et les tachycardies par réentrée intranodale (TRIN).
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
141
ECG 36. Tachycardie jonctionnelle typique : tachycardie régulière (fréquence ventriculaire de 194/min) à complexes fins (durée
des QRS de 96 msec) sans ondes P visibles.
III
TROUBLES DU RYTHME SUPRAVENTRICULAIRE / TACHYCARDIE JONCTIONNELLE
Chapitre
37. La tachycardie par réentrée intranodale
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
37
(AtrioVentricular Nodal Reentry Tachycardia [AVNRT])
Définition
La tachycardie par réentrée intranodale (TRIN) est une tachycardie jonctionnelle dont l’origine se situe dans le nœud
atrioventriculaire (réentrée). C’est la fameuse « maladie de
Bouveret » qui constitue la forme la plus fréquente (60‑70 %
des tachycardies jonctionnelles). Il existe une pré­dominance
féminine (70 %) et ces arythmies surviennent souvent sur
cœur sain.
Aspect ECG (ECG 37.1)
• Tachycardie régulière (fréquence ventriculaire supérieure à
100/min, en général autour de 180/min), à complexes QRS fins
(durée de QRS inférieure à 120 msec) en l’absence de bloc de
branche.
• Pas d’intervalle P-R reconnaissable (c’est-à-dire sans onde P).
• Ondes « s » en dérivations inférieures (D2, D3, aVF) et onde
« r’ » dans les dérivations V1 et V2 révélant une onde P rétrograde.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
142
La réentrée se situe dans le NAV (ou dans les tissus périphériques du NAV). Celui-ci présente deux voies de conduction,
une rapide et une lente avec des périodes réfractaires différentes, condition nécessaire au phénomène de réentrée
(Figures 37.1 et 37.2, chapitre 3). La réentrée se produit le plus
souvent lors de l’apparition d’une extrasystole atriale. Le courant de dépolarisation naît dans le NAV, descend vers les ventricules par le faisceau de His (à l’origine des complexes QRS
fins) et les oreillettes sont dépolarisées de manière rétrograde
et donnent naissance à des ondes P rétrogrades quelque­
fois visibles dans la partie terminale des complexes QRS
(Figure 37.3).
f À retenir
• Une tachycardie régulière à complexes QRS fins sans
ondes P visibles doit faire évoquer une tachycardie jonctionnelle.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
143
Figure 37.1. Nœud atrioventriculaire (NAV)
siège de deux voies de conduction.
Il existe deux voies de conduction à cinétique différentes : une rapide et une lente.
C’est la condition pour qu’un phénomène
de réentrée se produise (chapitre 4).
Figure 37.2. Tachycardie par réentrée
intranodale.
À la faveur d’une extrasystole atriale, un
circuit de réentrée se met en place dans
le nœud atrio-ventriculaire (NAV) avec
une conduction antérograde atrioventriculaire par le faisceau de His et une
conduction rétrograde vers les oreillettes.
Figure 37.3. Ondes P rétrogrades lors
d’une maladie de Bouveret.
Les ondes P rétrogrades apparaissent
comme des déflexions positives (aspect
onde « r’ ») en V1 à la fin du complexe QRS
et comme des déflexions négatives (aspect
onde « s ») en dérivations inférieures (D2,
D3, VF).
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
144
ECG 37.1. Tachycardie jonctionnelle par réentrée intranodale ou maladie de Bouveret.
C’est une tachycardie (fréquence de 180/min) à complexes fins (durée de QRS de 85 msec) régulière et sans ondes P visibles. On note
une onde « s » en dérivations D2, aVF et une onde « r’ » en dérivation V1 qui peuvent correspondre à une onde P rétrograde.
III
TROUBLES DU RYTHME SUPRAVENTRICULAIRE / TACHYCARDIE JONCTIONNELLE
Chapitre
38. La tachycardie par réentrée atrioventriculaire
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
38
(AtrioVentricular Reentry Tachycardia [AVRT])
Définition
La tachycardie par réentrée atrioventriculaire (TRAV) est une
tachycardie jonctionnelle dont la réentrée suit une boucle
de dépolarisation entre l’oreillette et le ventricule (réentrée
atrioventriculaire) avec une voie de conduction annexe, c’està-dire ne passant pas le NAV (syndrome de pré-excitation
[chapitre 27]).
Aspect ECG
• Tachycardie régulière à complexes QRS fins sans onde P.
• Ondes P rétrogrades positives en dérivation V1 et négatives
dans les territoires inférieures (D2, D3, aVF) à distance des
complexes QRS (ECG 38.1).
• Pour les tachycardies TRAV antidromiques : complexes QRS
plus larges et fréquence ventriculaire entre 200/min et
300/min (ECG 38.2).
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
145
La boucle de réentrée peut avoir deux sens, un appelé orthodromique (la plus fréquente) : la dépolarisation est conduite
aux ventricules par le faisceau de His et remonte vers les
oreillettes par une voie accessoire (Figure 38.1). Ce mécanisme rend compte de 95 % des tachycardies par réentrée
atrio­ventriculaire. Dans l’autre sens (antidromique), beaucoup
plus rare (5 %), l’onde de dépolarisation utilise un faisceau
accessoire atrioventriculaire et remonte vers les oreillettes en
empruntant le faisceau de His (Figure 38.1). Dans ce cas, les
complexes QRS sont plus larges, ce qui rend le diagnostic différentiel difficile avec une tachycardie ventriculaire (chapitre 19).
f À retenir
• La présence d’un faisceau accessoire est un autre
mécanisme d’une tachycardie jonctionnelle qu’il est difficile de différentier avec la TRIN.
• En cas de conduction antidromique, cette tachycardie
est difficile à différencier avec une tachycardie ventriculaire.
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
A
146
B
Figure 38.1. Mécanisme de la tachycardie par réentrée atrioventriculaire.
A. Boucle orthodromique. Le courant de dépolarisation descend vers les ventricules par le faisceau de His et remonte par une voie
de conduction accessoire. La boucle est orthodromique.
B. Boucle antidromique. Le courant de dépolarisation descend par la voie de conduction accessoire et remonte par le faisceau de His.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
147
ECG 38.1. Tachycardie par réentrée atrioventriculaire de type orthodromique.
C’est une tachycardie régulière (fréquence ventriculaire à 123/min) avec des complexes QRS fins (durée du QRS de 90 msec) sans
ondes P visibles. On note des ondes P rétrogrades à distance des complexes QRS dans les dérivations D2, D3 et aVF (ondes P négatives). Cet élément plaide en faveur d’une réentrée atrioventriculaire de type orthodromique car les complexes QRS sont très fins et
les ondes P rétrogrades sont à distance des complexes QRS.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
ECG 38.2. Tachycardie par réentrée atrioventriculaire (TRAV) de type antidromique.
C’est une tachycardie régulière (fréquence ventriculaire à 183/min) avec des complexes QRS larges (durée du QRS supérieure à
148 120 msec) sans ondes P visibles. Ce type de tachycardie est difficile à différencier des tachycardies ventriculaires.
III
TROUBLES DU RYTHME SUPRAVENTRICULAIRE
Chapitre 39. LeBIBLIOGRAPHIQUE
flutter atrial
RECHERCHE
SCI-MED
Définition
Le flutter atrial est une tachycardie atriale régulière avec une
fréquence de 300/min. Elle précède souvent l’apparition d’une
fibrillation atriale (chapitre 40).
Mécanisme
Il existe une macroréentrée intra-atriale qui tourne en boucle dans
l’oreillette droite (Figure 39.1). Elle tourne dans le sens anti-horaire.
La dépolarisation ventriculaire passe par le faisceau de His et la
dépolarisation de l’oreillette gauche se produit de manière passive (de proche en proche) à partir de l’oreillette droite.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Aspect ECG (ECG 39.1)
149
• Les ondes P, appelées souvent « F » (Flutter), ont un aspect
en dents de scie et sont bien visibles dans les dérivations inférieures (D2, D3, aVF).
• Les ondes P sont en général positives en V1 et avec une partie dominante négative dans les dérivations inférieures D2, D3,
aVF (aspect « en dents de scie »).
• Pseudo-élévation ou pseudo-dépression du segment ST par
fusion des complexes QRS avec les ondes P.
• Rythme atrial avec une fréquence autour de 300/min.
• L’activité ventriculaire est en général à un rythme 2/1 (fréquence 150/min), c’est-à-dire qu’une onde P sur deux est bloquée avec, ainsi, un complexe QRS pour deux ondes P.
39
• Complexes QRS fins en l’absence de bloc de branche.
• D’autres rythmes ventriculaires sont possibles en fonction
du degré de blocage des ondes P : 300/min en cas de conduction 1/1, 100/min en cas de blocage 3/1 et 75/min en cas de blocage 4/1 (ECG 39.2)
f À retenir
• Une tachycardie régulière à 150/min répond souvent à
un mécanisme de flutter atrial.
• L’aspect des ondes P « en dents de scie » bien visible en
D2 est très évocateur d’un flutter atrial.
Figure 39.1. Flutter atrial.
Il existe une macroréentrée dans
l’oreillette droite (OD) dans le
sens antihoraire. La dépolarisation remonte de bas en haut le
long du septum interauriculaire
et l’oreillette gauche (OG) est
dépolarisée passivement à partir
de l’oreillette droite générant des
ondes F à dominante négative
dans les dérivations inférieures.
VD : ventricule droit ; VG : ventricule gauche.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
150
ECG 39.1. Flutter commun.
La fréquence atriale est à 300/min. Les ondes F sont bien visibles en dérivations D2, D3, V1, V2. Le rythme ventriculaire est à 150/min,
correspondant à une conduction de type 2/1. Les ondes P bloquées sont dans les complexes QRS en les déformant (bien visibles
sur le tracé long).
III
TROUBLES DU RYTHME SUPRAVENTRICULAIRE
Chapitre 40. La fiBIBLIOGRAPHIQUE
brillation atriale
RECHERCHE
SCI-MED
Définition
La fibrillation atriale est un trouble du rythme supraventriculaire très fréquent caractérisé par une irrégularité des battements cardiaques.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
151
Ce trouble du rythme correspond à une activité électrique des
oreillettes complètement anarchique aboutissant à une perte
de la systole atriale efficace. La fréquence atriale est irrégulière et très rapide entre 350/min et 600/min. Le nœud atrioventriculaire joue alors le rôle de filtre, conduisant l’onde de
dépolarisation à l’étage ventriculaire avec une fréquence compatible avec la vie, généralement autour de 100/min, irrégulière.
Si le faisceau de His n’est pas altéré, les complexes QRS sont
fins (ECG 40.1). En cas de bloc de branche, les complexes QRS
sont larges (ECG 40.2).
40
Aspect ECG (Figure 40.1)
• Fréquence ventriculaire irrégulière avec une durée de l’espace R-R variable.
• La ligne de base montre une activité anarchique, avec une
ondulation (ondes f) bien visible en précordiales droites V1,
V2, V3.
• Absence d’onde P.
• Complexes QRS fins et normaux en l’absence de bloc de
branche.
f À retenir
• Un rythme rapide et irrégulier à complexes QRS fins ou
larges doit faire évoquer en premier lieu une fibrillation
atriale.
Figure 40.1. Fibrillation atriale.
Les complexes QRS sont normaux (en l’absence de bloc de
branche) mais avec un rythme
irrégulier (espaces R-R variables)
et une ligne de base anarchique
sans onde P.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
152
ECG 40.1. Tachycardie par fibrillation atriale.
Le tracé montre une tachycardie (fréquence ventriculaire 137/min) à complexes QRS fins (durée QRS = 80 msec) d’aspect normal.
La fréquence est irrégulière avec une ligne de base irrégulière sans onde P sinusale (bien visible en dérivations D2, D3, et tracé long).
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
153
ECG 40.2. Fibrillation atriale avec bloc de branche gauche.
Le rythme est irrégulier (autour de 75/min) avec des intervalles R-R variables. La ligne de base ne met pas en évidence d’onde P sinusale. Elle est irrégulière (bien visible sur le tracé long). Les complexes QRS sont larges (durée = 150 msec) avec un aspect QS en V1 et
R exclusive en V6 sans onde q. Il s’agit donc d’un bloc de branche gauche.
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Partie IV
La dyspnée
La dyspnée correspond à une altération des échanges gazeux avec un mécanisme compensateur qui
se traduit le plus souvent par l’accélération de la fréquence respiratoire et la sensation d’une difficulté
à respirer.
Il existe deux grandes causes des dyspnées : les maladies pulmonaires et les cardiopathies. Dans ce
dernier cas, l’électrocardiogramme, sans être un élément déterminant dans le diagnostic étiologique,
peut fournir des renseignements permettant d’orienter le praticien vers une cause cardiaque de la
­dyspnée.
Nous verrons ainsi dans ce chapitre les signes électrocardiographiques compatibles avec le diagnostic d’une embolie pulmonaire et les signes d’une hypertrophie ventriculaire gauche qui permettent
d’évoquer un œdème aigu du poumon.
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
SOMMAIRE DE PARTIE IV
41. L’embolie pulmonaire
42. L’hypertrophie ventriculaire gauche
IV
DYSPNÉE
Chapitre 41. L’embolie
pulmonaire
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Définition
L’embolie pulmonaire fait suite à une obstruction par thrombose d’une ou de plusieurs branches de l’artère pulmonaire.
La conséquence est une hypoxie et une défaillance cardiaque
droite dans les cas les plus sévères.
Mécanisme
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
L’obstruction de l’arbre artériel pulmonaire provoque une
augmentation de la post-charge ventriculaire droite avec un
tableau d’insuffisance cardiaque droit aiguë. La conséquence
électrocardiographique est l’apparition de souffrance du ventricule droit et d’une déviation à droite de l’axe de dépolarisation principal ventriculaire. L’hypoxie entraîne une tachycardie
reflexe.
156
f À retenir
• La tachycardie est le signe le plus fréquent, mais peu
spécifique.
• Il n’existe pas de signe spécifique d’embolie pulmonaire
à l’ECG.
• L’association d’une tachycardie, d’ondes T négatives en
dérivations V1, V2 et V3 et d’une déviation de l’axe du cœur
à droite est évocatrice du diagnostic.
41
Aspect ECG (ECG 41.1 et 41.2)
• Tachycardie le plus souvent sinusale (44 % des patients avec
une embolie pulmonaire).
• Dextro-rotation du cœur : aspect S1Q3T3 : onde S en dérivation D1, onde Q en dérivation D3 et onde T négative en dérivation D3 et axe dévié à droite (> 90°).
• Souffrance du ventricule droit : ondes T négatives dans les
dérivations V1, V2, V3 associées quelques fois à des ondes T
négatives en dérivations inférieures (D2, D3, aVF). Cette association est très spécifique.
• Trouble de la conduction ; aspect de retard droit du
­complexe QRS : bloc de branche incomplet droit ou bloc de
branche droit complet (chapitre 13).
• Surcharge de l’oreillette droite : augmentation de l’amplitude
des ondes P (≥ 2,5 mm) bien visualisé en D2 (chapitre 4).
• Déviation de la zone de transition à gauche (chapitre 5).
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
157
Figure 41.1. Aspect S1Q3T3.
Cet aspect peut faire évoquer une embolie pulmonaire. Il associe une onde S dans la dérivation D1, une onde Q dans la dérivation D3
et une onde T inversée dans la dérivation D3.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
158
ECG 41.1. Embolie pulmonaire.
Tachycardie sinusale à 142/min. Aspect S1Q3T3 (onde S en dérivation D1, onde Q en dérivation D3 et onde T négative en dérivation D3). Retard droit (type bloc de branche droit) avec une grande onde R en V1 et un complexe QRS élargi (129 msec). Ondes T
négatives en dérivations V1 et V2. L’ensemble de ces signes est très évocateur d’embolie pulmonaire. Zone de transition légèrement
déviée à gauche (entre V4 et V5).
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
159
ECG 41.2. Embolie pulmonaire.
Aspect S1Q3T3 (onde S en dérivation D1, onde Q en dérivation D3, onde T négative en dérivation D3). Aspect de bloc de branche
droit complet. Onde T négative en V1, V2, V3 et V4. Axe hyperdroit (pratiquement +180°).
IV
DYSPNÉE
Aspect ECG
Chapitre 42. L’hypertrophie
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
ventriculaire gauche
Définition
L’hypertrophie ventriculaire gauche (HVG) répond à des critères électriques ECG sans qu’il y ait toujours une correspondance physiologique. Ces critères comprennent des critères
d’amplitude et des critères de surcharge ventriculaire.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
160
L’HVG est le plus souvent une réponse physiologique à une
augmentation de la postcharge à l’éjection ventriculaire
gauche dont l’hypertension et le rétrécissement aortique sont
les principales étiologies. L’augmentation de l’épaisseur de la
paroi ventriculaire a pour conséquence de faire croître l’amplitude ainsi que le temps de dépolarisation et de repolarisation
du ventricule et agrandit ainsi légèrement la durée du complexe QRS et modifie le segment [ST, T].
42
• Modification de l’amplitude des complexes QRS (ECG 42.1) :
○ augmentation de l’amplitude de l’onde R :
– > 11 mm en aVL
– > 20 mm en aVF
– > 26 mm en V4, V5 et V6
○ indices :
– indice de Sokolow : [S(V1) + R(V5 ou V6)] > 35 mm
(Figure 42.1).
• Modification de la repolarisation (surcharge ventriculaire)
(Figure 42.1 et ECG 42.2) :
○ segment [ST, T] sous-décalé avec onde T négative asymétrique en V5, V6 et, éventuellement, (D2, D3 aVF) ± (D1, aVL)
○ segment ST sus-décalé (en miroir de V5, V6) dans les dérivations V1, V2 ±V3.
• Déviation de l’axe du complexe QRS à gauche.
• Durée du complexe QRS légèrement augmentée (> 100 msec).
• Hypertrophie atriale gauche souvent associée (chapitre 4).
f À retenir
• Une HVG se soupçonne devant des ondes R de grande
amplitude.
• Une surcharge ventriculaire gauche est évoquée devant
une repolarisation associant un sous-décalage du segment ST et une onde T négative dans les dérivations V5
et V6.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
161
Figure 42.1. Hypertrophie ventriculaire gauche.
Critères d’amplitude : grande onde S en V1 et R dans la dérivation V6 avec un indice de Sokolow supérieur à 35 mm. Critères de
surcharge ventriculaire : segment [(ST), T] sous-décalé avec une onde T négative et asymétrique en V5 et V6 et son miroir en dérivations V1, V2 (sus-décalage du segment ST)
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
162
ECG 42.1. Hypertrophie ventriculaire gauche : critères d’amplitude.
Indice de Sokolow positif et égal à 47 mm avec S(V1) = 27 mm et R(V6) = 20 mm.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
163
ECG 42.2. Hypertrophie ventriculaire gauche : surcharge ventriculaire gauche.
Il existe un léger sous-décalage du segment ST avec une onde T (segment [ST, T]) négative en dérivations V5 et V6 avec une image en
miroir : sus-décalage du segment ST et onde T (segment [ST, T] positive en dérivations V1 et V2. On retrouve l’image du sous-décalage
du segment ST en D1 et aVL.
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Partie V
Le désordre métabolique
Le désordre métabolique et, en particulier, les troubles ioniques peuvent être évoqués grâce à l’analyse de l’électrocardiogramme. En effet, le bon déroulement de la contraction cardiaque nécessite un
équilibre constant des principaux ions présents dans le sang entre les concentrations sanguines et
intracellulaires. Cet équilibre conditionne le fonctionnement des pompes membranaires chargées
de déclencher et de propager les courants de dépolarisation et de repolarisation myocardiques. Les
principaux ions sont le potassium, le calcium et le sodium. Ainsi, les dyskaliémies sont facilement
reconnaissables à l’électrocardiogramme, ainsi que les anomalies de la calcémie. En ce qui concerne
l’ion sodium, nous aborderons l’effet « stabilisant de membrane », le plus souvent iatrogénique, et qui
correspond à une anomalie du gradient transmembranaire de sodium.
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
SOMMAIRE DE PARTIE V
43. L’hyperkaliémie
46. L’hypothermie
44. L’hypokaliémie
47. L’effet stabilisant de membrane
45. L’hypercalcémie
V
DÉSORDRE MÉTABOLIQUE / DYSKALIÉMIE
Chapitre 43. L’hyperkaliémie
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
43
Définition
Une hyperkaliémie est définie par une kaliémie supérieure à
5 mmol/L, avec un risque vital si elle atteint une valeur supérieure à 7 mmol/L. Le danger est le passage en trouble du
rythme ventriculaire mortel.
Mécanisme
L’élévation de la kaliémie qui représente le potassium extracellulaire perturbe le potentiel d’action des cellules myocardiques. Il en résulte une dépression de l’automatisme
(bradycardie) et une altération de la conduction.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Aspect ECG
166
• Une bradycardie sinusale peut être le seul signe.
• Les ondes T d’hyperkaliémies sont des ondes T amples,
pointues, étroites à la base, laissant visible le segment ST
(Figure 43.1 et ECG 43.1) à la différence des ondes T d’ischémie
précoce (chapitre 33).
• Les troubles de la conduction peuvent apparaître à tous les
étages : bloc sino-atrial (chapitre 11), bloc atrioventriculaire
chapitre 12, brady-arythmie (ECG 43.2).
• Élargissement des QRS avec un aspect en « lame de sabre »
(Figure 43.1 et ECG 43.3). Cet élargissement peut être extrêmement important (> 155 msec). Ces formes avec un trouble de la
conduction sont les plus dangereuses.
Figure 43.1. Hyperkaliémie.
A. Complexe QRS et repolarisation normale.
B. Onde T d’hyperkaliémie, son amplitude rejoint et même
dépasse l’amplitude du complexe QRS. Cette onde est étroite à
la base, laissant visible le segment ST.
C. Élargissement du QRS dû à une hyperkaliémie, avec un aspect
en « lame de sabre ».
f À retenir
• Une bradycardie peut avoir comme origine une hyperkaliémie.
• Les ondes T d’hyperkaliémie sont géantes et étroites.
• L’élargissement des complexes QRS au cours d’une
hyperkaliémie annonce un trouble du rythme qui peut
être mortel.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
167
ECG 43.1. Ondes T d’hyperkaliémie.
On remarque dans les dérivations D2, D3, aVF, V3, V4, V5, V6 des ondes T amples, dépassant l’amplitude des complexes QRS avec
une base étroite laissant le segment ST visible. Hyperkaliémie très probable.
ECG 43.2. Trouble de la conduction
supraventriculaire dans le cadre
d’une hyperkaliémie.
Brady-arythmie (probable fibrillation atriale) sans ondes P visibles
avec présence de grandes ondes T
d’hyperkaliémie en D2, D3, aVF, V3,
V4, V5.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
168
ECG 43.3. Trouble de la conduction
intraventriculaire dans le cadre
d’une hyperkaliémie.
Les complexes QRS sont très élargis (durée 240 msec) sans aspect
de bloc de branche et un aspect
en « lame de sabre » dans les dérivations D2, aVF, V4, V5, V6. Hyperkaliémie sévère.
V
DÉSORDRE MÉTABOLIQUE / DYSKALIÉMIE
Chapitre 44. L’hypokaliémie
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
f À retenir
Définition
Kaliémie inférieure à 3,5 mmol/L ; elle est sévère si elle est
inférieure à 2,5 mmol/L. Le risque réside dans l’apparition de
torsade de pointes (chapitre 22) qui peut aboutir au décès.
Mécanisme
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
La diminution du potassium sanguin (extracellulaire) altère
le potentiel d’action des cellules myocardiques. Celui-ci est
prolongé et l’automatisme augmenté. La prolongation du
potentiel d’action provoque une augmentation de la durée du
segment [ST, T].
169
44
• L’hypokaliémie se traduit par des ondes T plates et un
allongement du QTc.
• Le risque principal est la survenue de torsade de pointes.
Aspect ECG
• L’intervalle P-R est allongé.
• Les ondes T sont d’une amplitude diminuée.
• L’onde U devient parfaitement visible (ECG 44.1 et ECG 44.2)
et peut supplanter en amplitude l’onde T réalisant au maximum
un aspect de « S italique couché » (Figure 44.1 et ECG 44.2).
• Il existe souvent un sous-décalage du segment ST.
• L’espace QT n’est pas mesurable (à cause de l’onde U).
Figure 44.1. Les différents aspects ECG
de l’hypokaliémie.
A. Une onde U apparaît, bien individu­
alisée, avec une amplitude supérieure
à l’amplitude de l’onde T.
B. Fusion de l’onde T et U.
C. Aspect en « S italique couché ».
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
170
ECG 44.1. Hypokaliémie.
Les ondes T sont aplaties de manière diffuse et il existe une onde U bien visible en V1, V2, V3, V4, V5.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
171
ECG 44.2. Hypokaliémie.
Les ondes T et U ont fusionné avec un aspect en « S italique couché » bien visible en dérivations V3, V4, V5. Toutes les ondes T sont
aplaties.
V
DÉSORDRE MÉTABOLIQUE
Chapitre 45. L’hypercalcémie
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Définition
Calcémie supérieure à 2,7 mmol/L. Les principales causes
sont l’hyperparathyroïdie, le myélome, le syndrome paranéoplasique, la sarcoïdose, l’intoxication à la vitamine D.
Mécanisme
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
L’hypercalcémie entraîne un déséquilibre entre le calcium
intracellulaire et le calcium extracellulaire, perturbant le potentiel d’action des cellules cardiaques dépendant des pompes à
calcium. Une diminution de la durée du potentiel d’action en
est la résultante principale. Les signes électriques sont corrélés à l’intensité de l’hypercalcémie.
172
45
Aspect ECG (ECG 45.1)
• Le principal signe est la diminution de l’intervalle QTc (valeurs
normales 350‑450 msec).
• Une onde J avec élargissement modéré du complexe QRS
apparaît dans les formes sévères.
• Un sus-décalage du segment ST avec un aspect convexe en
haut « en dôme » est un signe de gravité.
• Une fibrillation ventriculaire (chapitre 30) peut survenir.
f À retenir
• L’hypercalcémie doit être suspectée devant un QTc
court.
• Le principal risque est la mort subite par fibrillation ventriculaire.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
ECG 45.1. Hypercalcémie.
Le QTc est court à 320 msec. Il existe une onde J élargissant les complexes QRS (durée = 127 msec). Le segment ST est « en dôme »
173 et bien visible en V1 et V2.
V
DÉSORDRE MÉTABOLIQUE
Chapitre 46. L’hypothermie
RECHERCHE
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
f À retenir
Définition
On considère une hypothermie lorsque la température corporelle s’abaisse sous 35 °C. Une hypothermie modérée se situe
entre 32 et 35 °C, une hypothermie franche entre 29 et 32 °C
et une hypothermie sévère en dessous de 29 °C.
46
• Une bradycardie est constante lors d’une hypothermie.
• L’intensité de l’onde J d’Osborn est un marqueur de la
profondeur de l’hypothermie.
• Le trouble du rythme ventriculaire fait la gravité de
l’hypothermie.
Mécanisme
L’hypothermie induit des troubles de la repolarisation ventriculaire en relation avec une dispersion des vecteurs de la
repolarisation. Il en résulte une augmentation de la durée de
conduction et expliquerait l’effet pro-arythmogène de l’hypothermie.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Aspect ECG
174
• La bradycardie est constante : bradycardie sinusale, bloc
sinoatrial (chapitre 11), fibrillation atriale lente (chapitre 40),
bloc atrioventriculaire (chapitre 12).
• Augmentation des temps de conduction : augmentation de
la durée de l’intervalle P-R, de la durée du complexe QRS, et de
l’intervalle QT.
• Onde J d’Osborn. C’est une déflexion positive (négative dans
les dérivations aVR et V1) à la fin du complexe QRS (Figure 46.1)
dont l’amplitude est proportionnelle à la profondeur de l’hypothermie.
• Trouble du rythme ventriculaire : extrasystoles ventriculaires
(chapitre 18), tachycardie ventriculaire (chapitre 19), fibrillation
ventriculaire (chapitre 30).
Figure 46.1. Onde J d’Osborn.
L’onde J d’Osborn est une déflexion positive sur la pente descendante de l’onde R. Elle signe souvent la présence d’une hypothermie.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
175
ECG 46.1. Hypothermie.
Bradycardie sinusale (rythme 29/min). On remarque des ondes J d’Osborn dans les dérivations D1, D2, aVF, V2, V3, V4, V5 et V6.
Une onde d’Osborn négative est présente dans la dérivation aVR.
V
DÉSORDRE MÉTABOLIQUE
47. L’effet stabilisant de membrane
RECHERCHE Chapitre
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Définition
Certaines intoxications médicamenteuses altèrent la condu­
ction par une action de blocage des canaux sodiques intramembranaires des cardiomyocytes.
Ces médicaments comprennent certains antiarythmiques
de classe I, les dérivés de la quinidine et les antidépresseurs
polycycliques.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Mécanisme
176
Les médicaments à effet « stabilisant de membrane » sont
lipophiles et interagissent avec le système nerveux et cardio­
vasculaire par une action sur les canaux sodiques intra­
membranaires. Lors d’une intoxication à haute dose, cet effet a
pour conséquence un blocage de la phase initiale du potentiel
d’action qui, lui-même, induit une altération de la conduction
(ralentissement) à tous les étages. Il existe un effet pro­arythmo­
gène comprenant le déclenchement de troubles du rythme
ventriculaire qui peuvent aboutir à une mort subite.
47
Aspect ECG (ECG 47.1 et 47.2)
• Augmentation de la durée des complexes QRS (élargissement) au-delà de 100 msec sans morphologie caractéristique
d’un bloc de branche. La largeur des complexes QRS est un
marqueur de gravité : si > 160 msec, il y a un risque majeur de
trouble du rythme ventriculaire.
• Aplatissement des ondes T et augmentation de l’intervalle QTc.
• Trouble du rythme ventriculaire :
○ tachycardie ventriculaire
○ fibrillation ventriculaire.
• Pour les intoxications aux antidépresseurs tricycliques :
○ en dérivation aVR : grande onde R terminale (> 3 mm), large
○ tachycardie sinusale
○ axe droit.
f À retenir
• L’effet stabilisant de membrane est un signe d’une
intoxication grave par certains médicaments.
• C’est une urgence thérapeutique.
• Il se diagnostique par un allongement non spécifique de
la durée des complexes QRS.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
177
ECG 47.1. Effet stabilisant de membrane.
Tachycardie régulière avec des complexes QRS élargis (175 msec) sans morphologie classique d’un bloc de branche. Axe droit du
complexe QRS (120°). Grande onde R en aVR. Possible intoxication grave aux antidépresseurs tricycliques.
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
178
ECG 47.2. Effet stabilisant de membrane majeur.
Tachycardie régulière avec des complexes QRS très élargis (200 msec) sans morphologie typique d’un bloc de branche. Axe hyperdroit à 130°. Extrême urgence, car la durée des QRS est proportionnelle à la gravité de l’intoxication.
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Partie VI
Cas cliniques et leurs corrigés
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
CAS CLINIQUE N° 1
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
◼ Femme de 25 ans, palpitations au retour d‘un voyage aérien, aucun antécédent cardiaque, pression artérielle 123/82 mmHg,
pouls très accéléré supérieur à 150/min, pas de signe de choc.
181
REPONSE CAS CLINIQUE N° 1
Super-Wolff
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
C’est une tachycardie irrégulière (fréquence cardiaque moyenne de 194/min) à complexes QRS larges (durée moyenne 154 msec) et
polymorphes (les complexes QRS sont de formes et d’amplitude variables) avec un retard droit (complexes QRS positifs en V1 et
V2). Les diagnostics à évoquer sont la fibrillation atriale avec un bloc de branche droit, une torsade de pointes ou un super-Wolff.
L’aspect en accordéon, l’absence de rotation de pointes, l’aspect atypique de bloc de branche, une fréquence cardiaque atteignant
ponctuellement 300/min et le terrain (sujet jeune) font évoquer en premier lieu un super-Wolff.
182
CAS CLINIQUE N° 2
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
◼ Homme de 82 ans, transporté aux urgences par les secouristes pour malaises avec perte de connaissance de quelques minutes,
à répétition, aux changements de position. Il a été transporté par les proches pour un épisode de convulsion lors d’un malaise.
183
RÉPONSE CAS CLINIQUE N° 2
BAV3
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Le diagnostic de bloc atrioventriculaire du 3e degré ne fait pas de doute avec une activité atriale régulière (120/min) complétement
dissociée de l’activité ventriculaire régulière (35/min). L’intervalle P-R n’est pas constant. Les complexes ventriculaires sont larges
(durée 154 msec) et de type bloc de branche droit (aspect rsR’ en dérivation V1) avec une onde S en dérivations V6 et D1. Cet échappement suggère un bloc intrahissien (partie distale du tronc du faisceau de His) ou suprahissien (foyer nodal) associé à un bloc de
branche droit.
184
CAS CLINIQUE N° 3
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
◼ Femme de 32 ans. Antécédents de maladie de Bouveret. Elle se rend aux urgences car elle ressent des palpitations qui n’ont pas
cédé après les manœuvres vagales qu’elle s’est auto-administrées.
185
RÉPONSE CAS CLINIQUE N° 3
Tachycardie jonctionnelle
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Il s’agit d’une tachycardie régulière (fréquence 154/min) à complexes QRS fins (durée 93 msec) sans onde P visible. La présence d’une
onde « s » crochetée dans la dérivation D2 suggère la présence d’une onde P rétrograde à proximité du complexe QRS. Ce type de
tachycardie jonctionnelle rend très probable le diagnostic de tachycardie par réentrée intranodale (TRIN).
186
CAS CLINIQUE N° 4
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
◼ Homme de 56 ans, se plaint d‘une douleur thoracique rétrosternale « en étau », depuis environ 1 h 30. Il est pâle, couvert de sueurs
et très algique. Il n’a pas d’antécédent particulier hormis un surpoids.
187
RÉPONSE CAS CLINIQUE N° 4
Syndrome coronaire aigu ST+ (SCA ST+)
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Le rythme est sinusal (onde P sinusale devant chaque complexe QRS) et régulier. On remarque un sus-décalage du segment ST dans
les dérivations inférieures (D2, D3, aVF) et un sous-décalage (miroir) dans les dérivations explorant le territoire opposé (antérieur
et latéral haut) dans les dérivations V1, V2, aVL et légèrement dans la dérivation D1. Il existe un bloc atrioventriculaire du 1er degré
puisque la durée de l’intervalle P-R est supérieure à 200 msec.
188
CAS CLINIQUE N° 5
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
◼ Homme de 22 ans, en visite chez son médecin traitant pour obtenir un certificat de sport. Aucun symptôme et aucun antécédent.
189
RÉPONSE CAS CLINIQUE N° 5
de Wolff-Parkinson-White (WPW)
RECHERCHE Syndrome
BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Rythme sinusal régulier avec des complexes QRS un peu élargis (93 msec). On distingue des ondes delta dans les dérivations V1, V2,
V3, D3 et aVL. Celle-ci est positive en V1. Cette onde delta entraîne un intervalle P-R court (90 msec). Il s’agit donc d’un WPW de type A.
Le patient sera adressé à un centre de cardiologie du sport pour, éventuellement, autoriser une pratique sportive régulière.
190
CAS CLINIQUE N° 6
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
◼ Femme de 56 ans avec un antécédent de cardiopathie ischémique ayant fait un malaise avec douleur thoracique. L’équipe médicale
trouve une patiente pâle, avec une pression artérielle à 75/40 mmHg et un pouls filant. Pas de trouble de la conscience.
191
RÉPONSE CAS CLINIQUE N° 6
Tachycardie ventriculaire (TV) SCI-MED
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Il s’agit d’une tachycardie régulière (fréquence = 230/min) à complexes QRS larges (240 msec) monomorphe et à retard droit
(complexes QRS positifs en dérivation V1). Sont en faveur d’une TV : le signe de l’oreille de lapin avec une onde R supérieure à R′, une
grande onde R en aVR, des complexes QRS très larges, et un début de QRS mesuré en V1 (distance entre le début du complexe QRS
et le sommet de l’onde R) supérieur à 50 msec et le terrain (âge, préexistence d’une cardiopathie). Cette patiente nécessite un choc
électrique rapide après sédation.
192
CAS CLINIQUE N° 7
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
◼ Femme de 62 ans, insuffisante rénale chronique dialysée avec des troubles cognitifs. Le laboratoire vous appelle car les résultats
biologiques sont perturbés. Vous vous rendez auprès de cette patiente et réalisez un ECG.
193
RÉPONSE CAS CLINIQUE N° 7
Hyperkaliémie
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
On observe une bradycardie sinusale à 40/min. Les complexes QRS sont fins et les ondes T sont amples et étroites en dérivations V3,
V4, V5, D2 et aVR (onde négative). Ces deux caractéristiques plaident en faveur de la découverte d’une hyperkaliémie qui a alerté
le laboratoire, probablement liée à un oubli d’une séance de dialyse.
194
CAS CLINIQUE N° 8
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
◼ Homme sans domicile fixe, retrouvé au petit matin allongé dans la rue, avec des troubles majeurs de la conscience (Glasgow coma
score = 8). Il présente une pression artérielle à 86/45 mmHg et une bradypnée à 8 cycles/min. Un ECG est réalisé.
195
RÉPONSE CAS CLINIQUE N° 8
Hypothermie
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Le rythme est sinusal et régulier avec une fréquence ventriculaire de 55/min. Les complexes QRS sont élargis (148 msec) avec un
crochetage de la partie terminale réalisant une onde J d’Osborn dans pratiquement toutes les dérivations. L’intervalle QT est très augmenté avec une valeur mesurée de 660 msec (QTc = 650 msec). On note un bloc atrioventriculaire du premier degré avec un intervalle
P-R de 210 msec. Cet ECG est compatible avec un haut risque de passage en trouble du rythme ventriculaire.
196
CAS CLINIQUE N° 9
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
◼ Femme de 54 ans, pas d’antécédents particuliers, se plaint d’une gêne thoracique rétrosternale.
197
RÉPONSE CAS CLINIQUE N° 9
Syndrome coronaire aigu (SCA) SCI-MED
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Le rythme est sinusal avec des complexes QRS fins (durée = 97 msec). On remarque un sous-décalage du segment ST dans les dérivations V2 à V6, D1 et aVL (maximum en V3) avec un aspect qui évoque un courant de lésion ischémique (segment ST descendant avec
une positivité terminale). Il existe un sus-décalage du segment ST en aVR de 1 mm. Cette patiente doit être prise en charge comme
pour un SCA ST+ jusqu’à preuve du contraire.
198
CAS CLINIQUE N° 10
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
◼ Femme de 62 ans, présentant des palpitations depuis 2 jours, pas de malaise. Elle aurait fait un accident ischémique transitoire
il y a 4 ans. Elle prend toujours de l’aspirine (75 mg) quotidiennement. On réalise un ECG.
199
CORRECTION CAS CLINIQUE N° 10
Fibrillation atriale avec bloc bifasciculaire
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Le rythme est irrégulier avec une fréquence moyenne de 130/min. Il n’y a pas d’onde P visible, suggérant une fibrillation atriale.
Les complexes QRS sont larges (durée 138 msec) avec un aspect de bloc de branche droit (rsR′ en dérivation V1 avec une onde S
en D1 et V6). On remarque un aspect rS dans les dérivations inférieures (D2, D3 aVF) en concordance avec un axe hypergauche (−70°)
compatible avec un bloc fasciculaire antérieur gauche. Le diagnostic de bloc bifasciculaire est donc posé. Une indication à un traitement anticoagulant au long cours doit être évoquée pour cette patiente.
200
CAS CLINIQUE N° 11
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
◼ Femme de 67 ans retrouvée inconsciente après s’être plainte d’une douleur thoracique. Elle présente des mouvements respiratoires très lents, une cyanose généralisée et un coma aréactif. Un ECG est rapidement enregistré.
201
CORRECTION CAS CLINIQUE N° 11
Fibrillation ventriculaire
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Le tracé présente des oscillations complètement désorganisées, d’amplitude et de fréquence variables. On ne peut pas identifier des
complexes QRS. C’est une fibrillation ventriculaire à grandes mailles qui nécessite un choc électrique en extrême urgence.
202
CAS CLINIQUE N° 12
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
◼ Homme de 43 ans, de retour d’un voyage aérien en provenance de Los Angeles, présentant un malaise sur la passerelle avec perte
de connaissance. Il est transporté aux urgences médicales de l’aéroport, légèrement obnubilé, polypnénique avec une fréquence
de 38 cycles/min et une pression artérielle à 134/65 mmHg. Un ECG est alors réalisé.
203
CORRECTION CAS CLINIQUE N° 12
Embolie pulmonaire
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Une tachycardie sinusale à 113/min est présente avec des complexes QRS fins (durée 95 msec). On remarque une onde S en dérivation D1 et une onde Q avec une onde T négative dans la dérivation D3 (aspect S1Q3T3). Des ondes T négatives sont présentes dans
le précordium droit (dérivations V1, V2, V3). Cet ensemble de signes ECG avec la symptomatologie clinique évoquent fortement une
embolie pulmonaire.
204
CAS CLINIQUE N° 13
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
◼ Jeune fille de 18 ans, nageuse de haut niveau, au cours d’un entraînement à la piscine, ayant été sauvée d’un début de noyade par
la maîtresse-nageuse. Elle a été retrouvée inconsciente, et transportée à l’infirmerie de la piscine, puis aux urgences de l’hôpital le
plus proche. Elle était alors parfaitement consciente et orientée, eupnéique, avec une pression artérielle à 123/63 mmHg. Un ECG a
été réalisé.
205
CORRECTION CAS CLINIQUE N° 13
QT long congénital
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE
SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Rythme sinusal (51/min) avec deux extrasystoles atriales (complexes QRS de même forme, prématurés, et onde P différente des
ondes P sinusales). L’intervalle QT est long. Il est mesuré à 530 msec et le QT calculé est à 506 msec. Compte tenu des circonstances
cliniques, un QT long congénital est hautement probable.
206
CAS CLINIQUE N° 14
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
◼ Homme de 62 ans, aux antécédents d’HTA non traitée, se présente aux urgences avec une dyspnée et polypnée à 38 cycles/min.
À l’auscultation, il existe des crépitants à mi-champs, la pression artérielle est de 185/132 mmHg. Un ECG est réalisé.
207
CORRECTION CAS CLINIQUE N° 14
Hypertrophie ventriculaire gauche (HVG)
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SCI-MED
Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Il existe un rythme régulier (87/min) avec un bloc atrioventriculaire du premier degré (intervalle P-R = 245 msec), des complexes QRS
un peu larges (106 msec). On observe un sous-décalage du segment ST en V5 et V6 avec, de manière symétrique, un sus-décalage du
segment ST dans les dérivations V1 et V2. Ces signes correspondent à une surcharge ventriculaire gauche. Il existe aussi des critères
d’amplitude de l’HVG avec une onde R dans la dérivation aVL de plus de 11 mm et un indice de Sokolow supérieur à 35 mm (ici 36 mm).
L’axe du complexe QRS est gauche (–25°).
208
CAS CLINIQUE N° 15
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Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
◼ Femme de 34 ans présentant une douleur sous-mammaire gauche punctiforme depuis une heure. Consciente, pas de dyspnée.
Pression artérielle 132/87 mmHg. Un ECG est réalisé.
209
CORRECTION CAS CLINIQUE N° 15
ECG normal
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Urg'ECG. Du symptôme à l'interprétattion
Le rythme est régulier (63/min) et sinusal (intervalle P-R constant de 170 msec). Les complexes QRS sont fins (90 msec) et d’axe
normal (10°) avec une onde R de dépolarisation septale qui progresse harmonieusement de la dérivation V1 à V4. Les ondes T sont
asymétriques et d’amplitude toujours inférieure à l’amplitude des complexes QRS. Il n’y a pas de décalage du segment ST par rapport
à la ligne de base. L’intervalle QT est normal (mesuré à 400 msec et calculé à 410 msec).
210
RECHERCHE BIBLIOGRAPHIQUE SCI-MED
INDEX
A
Chapitre n°
Chapitre n°
Complexe QRS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
Axe du complexe QRS . . . . . . . . . . . . . . 5
Critères de Sgarbossa . . . . . . . . . . . . . . 34
Automatisme cardiaque . . . . . . . . . . . 2
CVDA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
Intervalle QT . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
D
M
B
BAV . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
BBD . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Dépolarisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
1
Discordance appropriée . . . . . . . . . . . 14
BBG . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
BFAG. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
BFPG. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
Bigéminisme ventriculaire . . . . . . . . . 18
Bloc atrioventriculaire . . . . . . . . . . . . . . 12
Bloc bifasciculaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
Bloc de branche droit . . . . . . . . . . . . . . . 13
Bloc de branche gauche . . . . . . . . . . . 14
Onde T d’ischémie aiguë . . . . . . . . . . . 33
Électrode précordiale . . . . . . . . . . . . . . . 5
Onde T . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Embolie pulmonaire . . . . . . . . . . . . . . . . 41
Osborn . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
Extrasystole ventriculaire . . . . . . . . . . 18
P
Flutter atrial . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
Bloc incomplet droit . . . . . . . . . . . . . . . . 13
H
Bloc sinoatrial . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
HVG . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
Brugada . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
Hypercalcémie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
BSA . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
Hyperkaliémie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
Cardiomyopathie ventriculaire
droite arythmogène. . . . . . . . . . . . . . 25
CMH . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
T
Électrocardiogramme normal . . . . . 10
Bloc fasciculaire postérieur
gauche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
Hypertrophie atriale droite . . . . . . . . 4
Syndrome coronaire aigu ST+ . . . . . 31
O
Onde P . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
Fibrillation ventriculaire . . . . . . . . . . . . 30
Super-Wolff . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
Miroir . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
Effet stabilisant de membrane . . . . 47
F
Chapitre n°
Sous-décalage ischémique
en dérivations V2-V3 . . . . . . . . . . . . . 32
Syndrome de Wolff-ParkinsonWhite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
Onde J d’Osborn . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
Fibrillation atriale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
Cardiomyopathie
hypertrophique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
Intervalle P-R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
E
Bloc fasciculaire antérieur
gauche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
C
211
Chapitre n°
I
Péricardite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
Phénomène de Wenckebach . . . . . . 12
Point J . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Q
QT corrigé. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
QT long . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
R
Repolarisation précoce. . . . . . . . . . . . . 26
Rythme sinusal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
Hypertrophie atriale gauche. . . . . . . 4
S
Hypertrophie ventriculaire
gauche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
Segment P-R . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
SCA ST+ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
Hypokaliémie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
Segment ST . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
Hypothermie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
Sgarbossa. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
Tachycardie jonctionnelle . . . . . . . . . . 36
Tachycardie par réentrée
atrioventriculaire . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
Tachycardie par réentrée
intranodale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
Tachycardie ventriculaire . . . . . . . . . . 19
Tachycardie ventriculaire
à retard droit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
Tachycardie ventriculaire
à retard gauche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
Torsade de pointes . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
TRAV . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
TRIN . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
W
Wolff-Parkinson -White . . . . . . . . . . . . . 27
WPW . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
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Ouvrages et sites consultés
• Bordachar P, Denis A, Strik M. ECG II troubles de la conduction. Troubles du rythme. STIMUPRAT Éditions, 2016. 528 p.
• Olshansky B, Chung MK, Pogwizd SM, Goldschlager N. Arrhythmia Essentials Second Edition. Elsevier Editions, 2017. 426 p.
• Taboulet P. 100 ECG indispensables. S-Editions, 2018. 183 p.
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• Taboulet P. 100 ECG autour de l’infarctus. S-Editions. 2020, 189 p.
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• Smith SW, Zvosec D, Sharkey SW, Henry TD. The ECG in Acute MI. Lippincott Williams & Wilkins Editions, 2002. 340 p.
• Mattu A, Tabas J, Brady W. Electrocardiography in emergency, acute, and critical care. ACEP Editions, 2019. 130 p.
• Goy JJ, Christeler P, Schläpfer J, Stauffer JC. Livre et cours de lecture de tracés électrocardiographiques. Goyman Edition,
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• Byrne RA et al. 2023 ESC Guidelines for the management of acute coronary syndromes. Eur Heart J 2023 ; 00 : 1‑107.
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Part III. J Am Coll Cardiol 2009; 53 : 976‑81.
• Life in the Fastlane. https://litfl.com/library/
• E-cardiogram. https://www.e-cardiogram.com/
• Dr Smith’s ECG blog http://hqmeded-ecg.blogspot.com/
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