Logiques Mathématiques Abdoul Salam DIALLO 1 Université Alioune DIOP de Bambey UFR SATIC, Département de Mathématiques B.P. 30, Bambey, Sénégal Introduction Au départ de toute théorie mathématique se trouve un petit nombre d’énoncés que l’on pose comme vrais à priori (on les appelle des axiomes ou postulats) à partir desquels se déduisent d’autres résultats. Un résultat mathématique qui mérite d’être retenu est en général qualifié de proposition. Suivant son importante dans le cadre d’une théorie donnée, un résultat mathématique peut être qualifié de: Proposition ou assertion ou affirmation: est un résultat mathématique vrai ou faux. Théorème: est un résultat mathématique d’une importance majeure. Corollaire: est une conséquence importante d’un théorème. Lemme: est un résultat mathématique d’une importance mineure qui permet à l’établissement d’un théorème de plus grande importance. Conjecture: est un résultat mathématique que l’on suppose vraie sans parvenir à la démontrer. Un résultat mathématique est un énoncé vrai qui se démontre. C’est donc un énoncé que l’on peut déduire à partir d’axiomes ou postulats ou d’autres résultats mathématiques établis en s’appuyant sur des règles de logique. Les mathématiques modernes sont bâties de la façon suivante: on part d’un petit nombre d’affirmations, appelées axiomes ou postulats, supposées vraies à priori et que l’on ne cherche donc pas à démontrer; on suppose que certaines affirmations sont vraies, comment montrer qu’une affirmation donnée est vraie; on définit ensuite la notion de démonstration en décidant par exemple de ce qu’est une implication, une équivalence,...; on décide enfin de qualifier de vraie toute affirmation obtenue en fin de démonstration. 1 E-mail: [email protected] 1 A partir des axiomes, on obtient donc des théorèmes qui viennent petit à petit enrichir la théorie mathématique. Par exemple, la géométrie euclidienne est basée sur cinq axiomes. L’un de ces axiomes est le postulat numéro 5 qui stipule que par un point donné passe une et une seule droite parallèle à une droite donnée. Le but de chapitre est de préciser certaines règles de logique sur lesquelles nous nous appuierons pour justifier les raisonnements utilisés dans les démonstrations mathématiques. 1 Propositions Definition 1.1. On appelle proposition un énoncé qui est vrai dans certaines conditions, faux dans d’autres, mais dont on peut toujours dire s’il est vrai ou s’il est faux. La propriété essentielle d’une proposition P est donc d’être dotée de l’une des valeurs de vérité: V (vraie) ou F (fausse). Example 1.1. P (n): n est un multiple de 5. Quand on donne une valeur à n, on a: Pour n = 10, P (10) devient: 10 est un multiple de 5 est une proposition vraie. Pour n = 13, P (13) devient: 13 est un multiple de 5 est une proposition fausse. Example 1.2. Q(n) : n est un nombre entier et n est multiple de 2 est une proposition vraie pour les nombres pairs mais fausse pour les nombres impairs. Definition 1.2. On appelle assertion une proposition qui est toujours vraie ou qui est toujours fausse. Remarque 1.1. Une assertion est un énoncé mathématique auquel on peut attribuer la valeur de vérité vraie (V ) ou fausse (F ) mais jamais les deux à la fois. Example 1.3. Les énoncés suivants sont des assertions: 7 > 5; √ 7 est un nombre rationnel; cos(nπ) = (−1)n ; 5 × 6 = 60. Remarque 1.2. Une assertion est une proposition (ou prédicta) sans variable. Example 1.4. L’énoncé P (x, A) défini par x ∈ A est un prédicat à deux variables. P (1, N) est une assertion vraie. √ P ( 2, Q) est une assertion fausse. 2 2 Les connecteurs logiques A partir d’une ou plusieurs assertions (ou propositions), on peut en construire d’autres propositions. C’est l’objet de la section suivante. 2.1 Négation Definition 2.1. (Négation) Soit P une proposition. La négation de P est la proposition notée eP et on lit (non P ) qui est vraie si P est fausse; fausse si P est vraie. La valeur de vérité de eP en fonction de celle de P est donnée par un tableau appelé table de vérité de eP P V F eP F V Example 2.1. Soit la proposition : 32 est un mulitple de 2. Il s’agit d’une proposition vraie. Sa négation est : 32 n’est pas un mulitple de 2. Il s’agit d’une proposition fausse. Example 2.2. La négation de la proposition x ≥ 0 est x < 0 et non pas x ≤ 0. Example 2.3. La négation de la proposition x ∈ A est x ∈ / A. Proposition 2.1. Soit P une proposition. Alors on a: e(eP ) = P Proof. On montre facilement que e(eP ) et P ont les mêmes valeurs de vérité. En effet, on a: P V F eP F V e(eP ) V F Remarque 2.1. (Principe du tiers-exclu) Une proposition est vraie ou alors sa négation est vraie, et inversement. Autrement dit, la négation de la négation d’une proposition est équivalante à la proposition initiale. Remarque 2.2. On utilise aussi la notation P pour désigner la négation de la proposition P . 2.2 Conjonction Definition 2.2. (Conjonction) Soient P et Q deux propositions. On appelle conjonction de P et Q, la proposition notée P ∧ Q et on lit (P et Q) qui est vraie si P et Q sont vraies simultanément ; est fausse dans les autres cas. 3 La valeur de vérité de P ∧ Q en fonction de celle de P et Q est donnée par un tableau appelé table de vérité de P ∧Q. On a la table de vérité de la proposition P ∧ Q: P V V F F Q V F V F P ∧Q V F F F Example 2.4. Soit la proposition P (x) définie par: x ≤ 1 pour tout x ∈ R, et la proposition Q(x) définie par: x ≥ 2 pour tout x ∈ R. Alors la proposition P (x) ∧ Q(x) est définie par: x ≤ 1 et x ≥ 2 pour tout x ∈ R. (1) Remarque 2.3. On a toujours: P ∧ P = P . Proposition 2.2. Soiet P, Q et R trois propositions. Alors on a: P ∧Q = (P ∧ Q) ∧ R = Q∧P P ∧ (Q ∧ R). Proof. On montre que les propositions ont les mêmes valeurs de vérité. 2.3 Disjonction En français, il existe deux significations du mot ou. Il y’a le ou inclusif qui signifie soit l’un, soit l’autre, soit les deux et le ou exclusif qui signifie soit l’un, soit l’autre, mais pas les deux. On notera le ou inclusif par ∨ et le ou exclusif par W . 2.3.1 Disjonction inclusive Definition 2.3. (Disjonction inclusive) Soient P et Q deux propositions. On appelle disjonction inclusive de P et Q, la proposition notée P ∨ Q et on lit (P ou Q) qui est fausse si P et Q sont fausses; est vraie dans les autres cas. La valeur de vérité de P ∨ Q en fonction de celle de P et Q est donnée par un tableau appelé table de vérité de P ∨ Q. On a la table de vérité de P ∨ Q P V V F F Q V F V F P ∨Q V V V F 4 Example 2.5. Soit le prédicat P (x) défini par: x ≤ 1 pour tout x ∈ R, et le prédicat Q(x) défini par: x ≥ 2 pour tout x ∈ R. Alors le prédicat P (x) ∨ Q(x) est défini par x ≤ 1 ou x ≥ 2 pour tout x ∈ R. Il est vrai si x ∈] − ∞; 1] ∪ [2; +∞[ et faux si x ∈]1; 2[. Remarque 2.4. On a toujours : P ∨ P = P . Proposition 2.3. Soiet P, Q et R trois propositions. Alors on a: P ∨Q = (P ∨ Q) ∨ R = Q∨P P ∨ (Q ∨ R). Proof. On montre que les propositions ont les mêmes valeurs de vérité. 2.3.2 Disjonction exclusive Definition 2.4. (Disjonction exclusive) Soient P et Q deux propositions. On appelle disjonction exclusive de P et Q, la proposition notée P ∨ ∨Q et on lit (ou P ou Q) qui est vraie si une et une seule des propositions P ou Q est vraie; et fausse dans les autres cas. La valeur de vérité de P ∨ ∨Q en fonction de celle de P et Q est donnée par un tableau appelé table de vérité de P ∨ ∨Q. On a la table de vérité de P ∨ ∨Q P V V F F Q V F V F P ∨ ∨Q F V V F Proposition 2.4. (Lois de Morgan) Soient P et Q deux propositions. On a: 1. e(P ∧ Q) = (eP ) ∨ (eQ). 2. e(P ∨ Q) = (eP ) ∧ (eQ). Proof. On a: 1. On démontre la première à l’aide d’une table de vérité. 2. On a la deuxième d’après la table de vérité suivante: P V V F F Q V F V F P ∨ Q e(P ∨ Q eP V F F V F F V F V F V V 5 eQ (eP ) ∧ (eQ) F F V F F F V V Remarque 2.5. La négation de ∧ est ∨ et la négation de ∨ est ∧. Proposition 2.5. Soient P, Q et R trois propositions. On a: 1. (P ∧ Q) ∨ R = (P ∨ R) ∧ (Q ∨ R). 2. (P ∨ Q) ∧ R = (P ∧ R) ∨ (Q ∧ R). Proof. On a: 1. On a la première d’après la table de vérité suivante: P V V V V F F F F Q V V F F V V F F R V F V F V F V F P ∧ Q (P ∧ Q) ∨ R V V V V F V F F F V F F F V F F P ∨R V V V V V F V F Q∨R V V V F V V V F (P ∨ R) ∧ (Q ∨ R) V V V F V F V F On lit les mêmes valeurs de vérité dans les cinquième et huitième colonnes. 2. On démontre la deuxième à l’aide d’une table de vérité. Proposition 2.6. Soient P, Q et R trois propositions. On a: 1. P ∧ (Q ∨ R) = (P ∧ Q) ∨ (P ∧ R). 2. P ∨ (Q ∧ R) = (P ∨ Q) ∧ (P ∨ R). 2.4 Implication Definition 2.5. (Implication) Soient P et Q deux propositions. On appelle implication logique de P et Q, la proposition notée P ⇒ Q qui est fausse si P est vraie et Q fausse; et vraie dans les autres cas. La valeur de vérité de P ⇒ Q en fonction de celle de P et Q est donnée par un tableau appelé table de vérité de P ⇒ Q. On a la table de vérité P ⇒ Q P V V F F Q V F V F P ⇒Q V F V V Remarque 2.6. La proposition P ⇒ Q équivaut à P et Q sont vraies ou il existe une relation entre P et Q. Dans l’énoncé P ⇒ Q, P est aussi nommé l’antécédent ou l’hypothèse et Q est nommé le conséquent ou la thèse. 6 Remarque 2.7. En mathématiques il est d’usage de n’écrire que des propositions vraies ; c’est pourquoi, pour traduire: P ⇒ Q, on emploie souvent l’expression: si P , alors Q. Mais la relation (P ⇒ Q ) peut fort bien être vraie alors que ni P ni Q ne le sont . Example 2.6. La proposition (4 est impair) ⇒ (7 est pair) est vraie. Example 2.7. La proposition (4 est pair) ⇒ (7 est impair) est vraie. Example 2.8. La proposition (4 est impair) ⇒ (7 est impair) est vraie. Proposition 2.7. (Transitivité de l’implication) Soient P, Q et R trois propositions. Alors on a: (P ⇒ Q) ∧ (Q ⇒ R) = (P ⇒ R). Proof. Cette proposition se démontre à l’aide d’une table de vérité à 8 lignes. Proposition 2.8. Soient P et Q deux propositions. On a: P ⇒ Q =eP ∨ Q. Proof. P ⇒ Q à les mêmes valeurs de vérité que eP ∨ Q. Proposition 2.9. (Négation d’une implication) Soient P et Q deux propositions. On a: e(P ⇒ Q) = P ∧eQ. Proof. On a: P ∧ Q = P ∧ Q car P =P = P ∨Q = P ⇒ Q d’après la proposition précédente. Proposition 2.10. (Contraposée d’une implication) Soient P et Q deux propositions. On a: eQ ⇒eP = P ⇒ Q. Proof. On a: P ⇒Q = P ∨Q=Q∨P = Q∨P = Q ⇒ P. Definition 2.6. L’implication eQ ⇒eP s’appelle contraposée de P ⇒ Q. Definition 2.7. L’implication Q ⇒ P s’appelle réciproque de P ⇒ Q. Definition 2.8. L’implication eP ⇒eQ s’appelle inverse de P ⇒ Q. Remarque 2.8. Ce n’est pas parce qu’une implication est vraie que sa réciproque ou son inverse l’est également. Par contre, la contraposée d’une implication est toujours de même valeur de vérité que l’implication elle même. La contraposition fournie un type un raisonnement, appelé: raisonnement par contraposition. 7 2.5 Équivalence Definition 2.9. (Équivalence) Soient P et Q deux propositions. On appelle équivalence de P et Q, la proposition notée P ⇔ Q et on lit P équivaut à Q qui est vraie si P et Q sont toutes deux vraies ou toutes deux fausses. La valeur de vérité de P ⇔ Q en fonction de celle de P et Q est donnée par un tableau appelé table de vérité de P ⇔ Q. On a la table de vérité de P ⇔ Q P V V F F Q V F V F P ⇐⇒ Q V F F V Remarque 2.9. Si l’on écrit P ⇔ Q, cela sous-entend P ⇔ Q est vraie. Attention rien ne dit que P et Q sont vraies. Cela signifie que P et Q sont vraies en même temps ou fausses en même temps. Proposition 2.11. Soient P et Q deux propositions. On a: P ⇔ Q = Q ⇔ P, (P ⇔ Q) ∧ (Q ⇔ R) = P ⇔ R. On relie l’équivalence à l’implication par la proposition suivante: Proposition 2.12. Soient P et Q deux propositions. On a: P ⇔ Q = (P ⇒ Q) ∧ (Q ⇒ P ). Proof. Il faut montrer que les deux propositions P ⇔ R et (P ⇒ Q) ∧ (Q ⇒ R) ont les mêmes tables de vérités. Remarque 2.10. Une équivalence signifie deux implications, l’une de gauche à droite et l’autre de droite à gauche. 3 Quantificateurs Dans cette section, on donne les outils nécessaire à la formulation précise d’énoncés mathématiques. On veut par exemple formaliser des énoncés du type suivant: Étant donné un nombre entier quelconque, en lui ajoutant 2, on obtient encore un nombre entier. La somme de deux nombres positifs quelconques est un nombre positif. Le carré de n’importe quel nombre réel est un nombre positif. Tout nombre réel positif est le carré d’un nombre réel. ect.. Plus précisement, on cherche une manière systématique de décrire des énoncés en utilisant le moins de mots possible. Ainsi donc, on introduit les quantificateurs: quel que soit et il existe. À partir d’une proposition P (x) contenant un object x appelé variable appartenant à un ensemble E appelé référentiel, on peut construire de nouvelles propositions appelées propositions quantifiées en utilisant les quantificateurs. 8 3.1 Quantificateur universel ∀ Definition 3.1. (Quantificateur ∀) Soit P (x) une proposition définie sur un ensemble E non vide. Le quantificateur universel noté ∀ et on lit quel que soit, permet de définir la proposition quantifiée suivante: ∀x ∈ E, P (x), qui est vraie si pour tous les éléments x appartenant E, la proposition est vraie. Example 3.1. Avec le quantificateur universel, on peut traduire la proposition suivante: étant donné un nombre entier quelconque, en lui ajoutant 2, on obtient encore un nombre entier, par: ∀n ∈ N, n + 2 ∈ N. Example 3.2. Avec le quantificateur universel, on peut traduire la proposition suivante: la somme de deux nombres positifs quelconques est un nombre positif, par: ∀x ≥ 0, n + 2∀y ≥, x + y ≥ 0. , Example 3.3. Avec le quantificateur universel, on peut traduire la proposition suivante: le carré de n’importe quel nombre réel est un nombre positif, par: ∀x ∈ R, x2 ≥ 0. Example 3.4. (Quantificateur universel ∀) ∀x ∈ [−3, 1], x2 + 2x − 3 ≤ 0 est une proposition quantifiée vraie; ∀x ∈ N, x(x − 3) > 0 est une proposition quantifiée fausse. 3.2 Quantificateur existentiel Definition 3.2. (Quantificateur ∃) Soit P (x) une proposition définie sur un ensemble E non vide. Le quantificateur existentiel noté ∃ et on lit il existe, permet de définir la proposition quantifiée suivante: ∃x ∈ E, P (x). qui est vraie si on peut trouver (au moins) un élément x appartenant E, tel que la proposition soit vraie. Remarque 3.1. S’il en existe un et un seul élément x de E, on pourra écrire ∃!x ∈ E, P (x), et on dira qu’il existe au moins un élément x de E vérifiant P (x). Example 3.5. Avec le quantificateur existentiel, on peut traduire la proposition suivante: tout nombre réel positif est le carré d’un nombre réel, par: ∀x ≥ 0, ∃y ∈ R, x = y 2 . 9 Remarque 3.2. La virgule , se lit tel que. D’autres utilisent / à la place de la virgule ,. Example 3.6. (Quantificateur ∃) ∃x ∈ R/x2 = 4 est une proposition quantifiée vraie; ∃!x ∈ R/x2 = 4 est une proposition quantifiée fausse. Remarque 3.3. Si la proposition ∀x ∈ E, P (x) est vraie alors la proposition ∃x ∈ E/P (x) est vraie. Example 3.7. Écrire avec des quantificateurs les propositions suivantes: 1. f est la fonction nulle (où f est une fonction de R dans R). 2. Le dénominateur D de f s’annule au moins une fois sur R. 3. f est l’identité de R (cad la fonction qui, à chaque réel, associe lui-même). 4. f est croissante sur R (où f est une fonction de R dans R). 5. L’équation sin x = x a une et une seule solution dans R. Solution On a: 1. ∀x ∈ R, f (x) = 0. 2. ∃x ∈ R/D(x) = 0. 3. ∀x ∈ R, f (x) = x. 4. ∀(a, b) ∈ R2 , a ≤ b ⇒ f (a) ≤ f (b) 5. ∃!x ∈ R/ sin x = x. Example 3.8. Écrire avec des quantificateurs les propositions suivantes: 1. f n’est pas nulle (où f est une fonction de R dans R). 2. Le dénominateur D de la fraction ne s’annule pas sur R. 3. f n’est pas l’identité de R (où f est une fonction de R dans R). 4. f n’est pas croissante sur R (où f est une fonction R dans R). 5. f est constante sur R (où f est une fonction de R dans R). 6. f n’est pas constante sur R. Solution On a: 1. ∃x ∈ R/f (x) 6= 0. 2. ∀x ∈ R, D(x) 6= 0. 3. ∃x ∈ R/f (x) 6= x. 4. ∃(a, b) ∈ R2 /(a ≤ b et f (a) > f (b)). 10 5. ∃C ∈ R/∀x ∈ R, f (x) = C. 6. ∀C ∈ R, ∃x ∈ R/f (x) 6= C. Proposition 3.1. (Règles de négation) Soient E un ensemble et P (x) une proposition dont les valeurs de vérités sont fonction des éléments x de E. non ∀x ∈ E, P (x) ≡ ∃x ∈ E, non P (x) . non ∃x ∈ E, P (x) ≡ ∀x ∈ E, non P (x) . Remarque 3.4. La négation de ∀ est ∃ et la négation de ∃ et ∀. Example 3.9. (Exemples de négations) 1. La négation de la proposition: ∀x ∈ [1, +∞[, x2 ≥ 1 est la proposition: ∃x ∈ [1; +∞[, x2 < 1. 2. La négation de la proposition: ∃z ∈ C, z 2 + z + 1 = 0 est la proposition: ∀z ∈ Z, z 2 + z + 1 6= 0. 3. La négation de la proposition: ∀x ∈ R, x + 1 ∈ Z est la proposition: ∃x ∈ R, x + 1 6∈ Z. 4. La négation de la proposition: ∃M ∈ R+ , ∀n ∈ N, |un | ≤ M est la proposition: ∀M ∈ R+ , ∃n ∈ N, |un | > M . Proposition 3.2. Soit E un ensemble non vide. Soient P (x) et Q(x) deux propositions sur E. On a: non ∀x ∈ E, P (x) ⇒ Q(x) ≡ ∃x ∈ E, P (x) ∧ non Q(x) . Example 3.10. La négation de la proposition: ∀ε > 0, ∃α > 0, |x| < α ⇒ |x2 | < ε, est la proposition: ∃ε > 0, ∀α > 0, |x| < α ∧ |x2 | ≥ ε. Example 3.11. La définition d’une fonction f continue en un réel x0 est donnée par: ∀ε > 0, ∃η > 0, ∀x ∈ Df , |x − x0 | < η ⇒ |f (x) − f (x0 )| < ε . La négation de cette définition est donnée par: ∃ε > 0, ∀η > 0, ∃x ∈ Df , |x − x0 | < η et |f (x) − f (x0 )| ≥ ε . Proposition 3.3. (Distribution) Soient E un ensemble non vide et P (x), Q(x) deux propositions dont les valeurs de vérité sont fonction des éléments x de E. 1. ∀x ∈ E, P (x) ∧ Q(x) ⇔ ∀x ∈ E, P (x) ∧ ∀x ∈ E, Q(x) . 11 2. ∃x ∈ E, P (x) ∨ Q(x) ⇔ ∃x ∈ E, P (x) ∨ ∃x ∈ E, Q(x) . Remarque 3.5. On peut distribuer ∀ sur ∧ et ∃ sur ∨. Proposition 3.4. Soient E un ensemble non vide et P (x), Q(x) deux propositions dont les valeurs de vérité sont fonction des éléments x de E. 1. ∀x ∈ E, P (x) ∨ ∀x ∈ E, Q(x) ⇒ ∀x ∈ E, P (x) ∨ Q(x) . 2. ∃x ∈ E, P (x) ∧ Q(x) ⇒ ∃x ∈ E, P (x) ∧ ∃x ∈ E, Q(x) . Remarque 3.6. On ne peut pas distribuer ∀ sur ∨ et ∃ sur ∧. Example 3.12. Soient les deux propositions: (∃x ∈ R/ cos x = 0) et (∃x ∈ R/ sin x = 0), et (∃x ∈ R/ cos x = 0 et sin x = 0). La première proposition est vraie car 0 est un réel x tel que sin x = 0 et π2 est un réel x tel que cos x = 0. Ainsi, dans les deux propositions (∃x ∈ R/ cos x = 0) et ∃x ∈ R/ sin x = 0, la lettre x utilisée deux fois ne désigne pas forcément un même nombre. La deuxième proposition est fausse. Example 3.13. On rappelle qu’une fonction f de R dans R est monotone si et seulement si elle est croissante ou décroissante sur R. Ceci s’écrit avec des quantificateurs: (∀(a, b) ∈ R2 , (a ≤ b ⇒ f (a) ≤ f (b))) ou (∀(a, b) ∈ R2 , (a ≤ b ⇒ f (a) ≥ f (b))), et ne s’écrit pas (∀(a, b) ∈ R2 , (a ≤ b ⇒ f (a) ≤ f (b) ou f (a) ≥ f (b)). Cette deuxième proposition est vérifiée pour toute fonction f de R dans R. Proposition 3.5. (Permutation) Soit E un ensemble non vide et P (x, y) une proposition dont les valeurs de vérit́e sont fonctions de deux éléments x, y de E. On a: 1. ∀x ∈ E, ∀y ∈ E, P (x, y) ⇔ ∀y ∈ E, ∀x ∈ E, P (x, y) . 2. ∃x ∈ E, ∃y ∈ E, P (x, y) ⇔ ∃y ∈ E, ∃x ∈ E, P (x, y) . Remarque 3.7. On peut permuter les quantificateurs de même nature. La proposition (∀x ∈ E, ∀y ∈ R, P (x, y)), peut s’écrire plus simplement ∀(x, y) ∈ E 2 , P (x, y); et la proposition (∃x ∈ E, ∃y ∈ E/ P (x, y)) peut s’écrire plus simplement ∃(x, y) ∈ E 2 , P (x, y). 12 Remarque 3.8. On ne peut pas permuter des quantificateurs de natures différents. Les quantificateurs ∀ et ∃ ne commutent pas. Par exemples, les énoncés suivants ne sont pas du tout équivalent (ils sont même contradictoires): ∀x ∈ R, ∃y ∈ R, x ≤ q. ∃y ∈ R, ∀x ∈ R, x ≤ q. La première proposition dit que pour tout nombre réel, on peut trouver un nombre réll plus grand. La seconde proposition signifie qu’il existe un nombre réel plus grand que tous les autres. 1. Quand on écrit ∃x/∀y l’élément x est fourni une bonne fois pour toutes avant les y et est donc constant quand y varie. 2. Quand on écrit ∀y, ∃x l’élément x est fourni après chaque y. Il dépend de y et peut donc variér quand y varie. On a le resultat suivant: Proposition 3.6. (∃x ∈ E), (∀y ∈ E, P (x, y)) ⇒ ∀y ∈ E, ∃x ∈ E/P (x, y) . 4 Raisonnement et Démonstration Dans cette section, nous serons amenés à distinguer entre apprendre à raisonner et apprendre à démontrer. 4.1 Introduction 1. Raisonner c’est produire des inférences, c’est-à-dire élaborer, à partir des informations que l’on possède déjà sur une certaine situation, des informations nouvelles. Par exemple si je vois des gros nuages noirs en train de s’accumuler j’en infère qu’il va pleuvoir. 2. Démontrer c’est écrire un texte qui suit des règles particulières. Bien sûr l’écriture d’une démonstration s’accompagne d’un raisonnement. Mais ce raisonnement peut contenir des étapes que la démonstration ne reflétera pas. Remarque 4.1. On peut raisonner sans produire de texte ou en produisant un texte qui ne soit pas une démonstration: utilisation de figures, de schémas, d’analogies, de calculs. Dans le raisonnement interviennent des connaissances particulières: ainsi par exemple en géométrie on s’aide de dessins mais aussi des règles de la démonstration. On voit que ces connaissances dépendent du domaine et donc que notre façon de raisonner dépend de la situation. Plusieurs recherches montrent qu’il suffit de modifier certains détails en apparence insignifiants d’une situation pour modifier les raisonnements des personnes confrontées à cette situation. Ainsi raisonner en mathématiques ce n’est pas la même chose que raisonner dans d’autres domaines. 13 Remarque 4.2. La démonstration met en jeux les opérations suivantes: la conjonction, la disjonction, l’implication et la négation. L’équivalence quant à elle, n’est que la conjonction de deux implications. A celà, on ajoute les quantificateurs existentiel et universel. La démonstration repose sur une liste de connaissances appelée à évoluer. Cette liste comprend tous les axiomes et théorèmes connus, mais peut également évoluer par ajout de propriétés au cours de la démonstration. Il convient d’abord de clairement séparer ce qu’on sait ou suppose vrai (théorèmes, définitions, mais aussi hypothèses diverses, qu’on regroupera sous le terme général de liste des connaissances), de la conclusion à laquelle on veut arriver. Par ailleurs, il convient de savoir qu’une démonstration ne consiste pas forcément à partir de l’hypothèse, puis par une suite de déductions logiques, à arriver à la conclusion. On peut bien sûr partir de l’hypothèse pour en déduire diverses propriétés en espérant que l’une d’elles finira par être la conclusion cherchée, mais on peut aussi partir de la conclusion pour trouver des propriétés à partir desquelles la conclusion se déduit, en espérant ainsi remonter jusqu’aux hypothèses. On peut également opérer simultanément les deux démarches jusqu’à tomber sur une propriété faisant le lien entre les deux. Faire une démontration (on dit aussi preuve) c’est réaliser un processus qui permet de passer d’une proposition supposées vraies prises comme hypothèse à une proposition appelée conclusion en utilisant les règles de la logique. 4.2 Méthodes de raisonnement Nous allons présentés dans ce paragraphe quelques méthodes classiques de raisonnements en mathématiques. Les règles élémentaires pour démontrer une proposition sont les suivantes: 1. Énoncé du type: ∀x ∈ E, P (x). On se donne x au hasard dans E (on ne prend surtout pas de valeur particulière pour x) et on démontre la propriété P (x) en utilisant des propriétés connues. 2. Énoncé du type: ∃x ∈ E, P (x). On doit prouver l’existence d’un x ∈ E tel que P (x) est vraie (il n’est pas nécessaire et souvent pas possible de montrer P (x) pour tout x). 3. Énoncé du type: P et Q. On démontre P puis on démontre Q (ou inversement). 4. Énoncé du type: P ou Q. On suppose P est faux et on en déduit que Q est vraie (ou inversement). 5. Énoncé du type: P ⇒ Q. On suppose que P est vraie et on démontre Q. A l’aide de ces règles basiques et en procédant inductivement on peut tenter de démontrer n’importe quel énoncé. Pour infirmer un énoncé P , on doit démontrer eP . Raisonnement direct ou par déduction La règle du raisonnement direct ou par déduction est le suivant: On veut montrer que la proposition P =⇒ Q est vraie. On suppose que est P est une proposition vraie et on montre qu’alors Q est aussi une proposition vraie. 14 Example 4.1. Montrer que si a, b ∈ Q, alors a + b ∈ Q. 0 Proof. Soit a, b ∈ Q. Alors ∃p, p0 ∈ Z et q, q 0 ∈ N∗ tel que a = pq et b = pq0 . On a: a+b= p p0 pq 0 + p0 q . + 0 = q q qq 0 00 Or pq 0 + p0 q ∈ Z et qq 0 ∈ N∗ . Donc a + b est bien de la forme a + b = pq00 avec p00 ∈ Z et q 00 ∈ N∗ . Ainsi a + b ∈ Q. Example 4.2. Montrer que pour tout x ∈ Q+ ∗ , il existe n ∈ N tel que n > x. p ∗ Proof. Soit x ∈ Q+ ∗ . Alors ∃p ∈ Z et q ∈ N tel que x = q . Comme q > 0 alors p = xq ≥ x. En particulier p > 0, d’où 2p > p. Il vient que 2p > x. Comme 2p ≥ 0, 2p ∈ N. Donc on pose n = 2p. Raisonnement par disjonction ou du cas par cas La règle du raisonnement par disjonction ou du (cas par cas) est le suivant: Si l’on souhaite vérifier une proposition P (x) pour tous les x dans un ensemble E, on montre l’assertion pour les x dans une partie A de E puis pour tous les x n’appartenant pas à A. Example 4.3. Montrer que pour tout x ∈ R, |x − 1| ≤ x2 − x + 1. Proof. Soit x ∈ R. Nous distinguons deux cas: 1. 1 cas: Soit x ≥ 1. Alors |x−1| = x−1. Calculons alors x2 −x+1−|x−1|. x2 − x + 1 − |x − 1| = x2 − x + 1 − (x − 1) = x2 − 2x + 2 = (x − 1)2 + 1 ≥ 0. Ainsi x2 − x + 1 − |x − 1| ≥ 0 et donc x2 − x + 1 ≥ |x − 1|. 2. 2 cas: x < 1. Alors |x − 1| = −(x − 1). Nous obtenons x2 − x + 1 − |x − 1| = x2 − x + 1 + (x − 1) = x2 ≥ 0. Et donc x2 − x + 1 ≥ |x − 1|. Conclusion: Dans tous les cas |x − 1| ≤ x2 − x + 1. Example 4.4. Montrer que pour tout (a, b) ∈ N2 , ab(a2 − b2 ) est divisible par 3. Proof. Tout entier naturel s’écrit sous la forme: 3k; 3k + 1; 3k − 1(3k − 2) où k ∈ N. On a deux situations: 1er cas: a ou b est multiple de 3, c’est-à-dire, de la forme a = 3k, k ∈ N ou b = 3k 0 , k 0 ∈ N. – Si 3 divise a alors 3 divise ab(a2 − b2 ); – Si 3 divise b alors 3 divise ab(a2 − b2 ). 15 2eme cas: a et b ne sont pas des multiples de 3. Comme a et b ne sont pas de multiple de 3. Ils s’écrivent sous la forme 3k + 1 ou 3k − 1 (qui revient à 3k + 2). On montre, en distinguant les cas que a2 − b2 est divisible par 3. – Si a = 3k + 1 et b = 3k 0 + 1 avec k, k 0 ∈ N, on a: a2 − b2 = (3k + 1)2 − (3k 0 + 1)2 = 3 3(k 2 − k 02 ) + 2(kk0 ) . Ainsi 3 divise a2 − b2 et donc ab(a2 − b2 ). – Si a = 3k + 1 et b = 3k 0 − 1 avec k, k 0 ∈ N, on a: a2 − b2 = (3k + 1)2 − (3k 0 − 1)2 = 3kk 0 (3k − 3k 0 + 2). Ainsi 3 divise a2 − b2 et donc ab(a2 − b2 ). – Si a = 3k − 1 et b = 3k 0 + 1 avec k, k 0 ∈ N, on a: – Si a = 3k − 1 et b = 3k 0 − 1 avec k, k 0 ∈ N, on a: Raisonnement par l’absurde Pour montrer une assertion P on peut supposer que son contraine eP est vrai et aboutir a une contradiction (c’est-à-dire, établir une assertion dont on sait par ailleurs qu’elle est fausse). Le raisonnement par l’absurde pour montrer l’implication P ⇒ Q repose sur le principe suivant: on suppose à la fois que P est vraie et que Q est fausse et on cherche une contradiction. Ainsi, si P est vraie alors Q doit être vraie et donc P ⇒ Q est vraie. b a = 1+a alors a = b. Example 4.5. Soient a, b ≥ 0. Montrer que si 1+b a b Proof. Nous raisonnons par l’absurde en supposant que 1+b = 1+a et a 6= b. b a 2 2 Comme 1+b = 1+a alors a(1 + a) = b(1 + b) donc a + a = b + b d’où a2 − b2 = b − a. Cela conduit à (a − b)(a + b) = −(a − b). Comme a 6= b alors a − b 6= 0 et donc en divisant par a − b on obtient a + b = −1. La somme de deux nombres positifs ne peut être négative. Nous obtenons une contradiction. Conclusion: si a b 1+b = 1+a alors a = b. Raisonnement par contraposition La règle du raisonnement par contraposition est le suivant: Pour montrer que P ⇒ Q est une proposition vraie, il (faut et) il suffit de montrer que eQ ⇒eP . Example 4.6. Soit n ∈ N. Montrer que si n2 est pair alors n est pair. Proof. Nous supposons que n n’est pas pair. Nous voulons montrer qu’alors n2 n’est pas pair. Comme n n’est pas pair, il est impair et donc il existe k ∈ N tel que n = 2k + 1. Alors n2 = (2k + 1)2 = 4k 2 + 4k + 1 = 2l + 1 avec l = 2k 2 + 2k ∈ N. Et donc n2 est impair. Conclusion: nous avons montré que si n est impair alors n2 est impair. Par contraposition ceci est équivalent à: si n2 est pair alors n est pair. 16 Raisonnement par récurrence Le principe de récurrence permet de montrer qu’une assertion P (n), dépendante de n, est vraie pour tout n ∈ N. La démonstration par récurrence se déroule en 3 étapes : 1. On prouve que P (0) est vraie. 2. On suppose n ≥ 0 donné avec P (n) vraie et on démontre que l’assertion P (n + 1) est vraie. 3. Conclusion : On rappelle que, par le principe de récurrence, P (n) est vraie pour tout n ∈ N. Example 4.7. Montrer que pour tout n ∈ N, 2n > n. Proof. Pour n ≥ 0, notons P (n) l’assertion suivante: 2n > n. Nous allons démontrer par récurrence que P (n) est vraie pour tout n ≥ 0. 1. Pour n = 0 nous avons 20 = 1 > 0. Donc P (0) est vraie. 2. Fixons n ≥ 0. Supposons que P (n) soit vraie. Nous allons montrer que P (n + 1) est vraie. 2n+1 = 2n + 2 n > n + 2n car 2n > n > n+1 car 2n > 1. Donc P (n + 1) est vraie. 3. Par le principe de récurrence P (n) est vraie pour tout n ≥ 0, c’est-à-dire 2n > n pour tout n ≥ 0. 5 Analyse combinatoire L’analyse combinatoire permet de recenser les dispositions qu’il est possible de former à partir d’un ensemble donné d’éléments. La distinction entre ces dispositions se fondent sur la notion d’ordre. Deux ou plusieurs dispositions comportant les mêmes éléments seront différents s’il s’agit de dispositions ordonnées et identiques s’il s’agit de dispositions non ordonnées. Example 5.1. Les couples (x, y) et (y, x) sont différents s’il s’agit de dispositions ordonnées et identiques dans le cas contraire. Trois formes de dispositions doivent être distinguer: les permutations; les arrangements; les combinaisons. Definition 5.1. (Factorielle) La fonction factorielle est la fonction Q de don maine N = {0, 1, 2, · · ·} qui à tout n ∈ N associe n! = 1 × 2 × · · · × n = k=1 k 17 Pour tout n ∈ N, on pose: 0! = 1, si n = 0 et 1! = 1. Remarque 5.1. On dispose aussi de la formule suivante: ∀n ∈ N, (n + 1)! = (n + 1) × n!. Definition 5.2. (Permutation) Une permutation de n éléments distincts est une disposition ordonnée sans répétitions de ces n éléments. Le nombre de permutations de n éléments, noté Pn est donné par la relation : Pn = n(n − 1)(n − 2) · · · 3 × 2 × 1 = n!. Example 5.2. Considérons quatre personnes qui prennent place successivement sur un banc à quatre places. Combien de dispositions ordonnées (c’est-à-dire de permutations) existe-il ? La première personne a le choix entre 4 places → 4 dispositions possible pour cette personne. La deuxième personne n’a le choix qu’entre 3 places → 4 × 3 dispositions possible pour ces deux personnes. La troisième personne n’a le choix qu’entre 2 places → 4×3×2 dispositions possible pour ces trois personnes. La quatrième personne n’a le choix qu’entre 1 places → 4 × 3 × 2 × 1 dispositions possible pour les quatre personnes. Le nombre dispositions ordonnées (ou permutations) est donc: P4 = 4 × 3 × 2 × 1 = 24. Definition 5.3. (Arrangement) Soient p et n deux entiers naturels. On appelle arrangement (disposition ordonnée) de p éléments choisis parmi n et on note Apn le nombre: Apn = n! = n × (n − 1) × · · · × (n − p + 1), si p ≤ n et Apn = 0 si p ≥ n. (n − p)! Definition 5.4. (Combinaison) Soient p et n deux entiers naturels. On appelle combinaison (disposition non ordonnée) de p éléments choisis parmi n et on note Cnp le nombre: Cnp = n! n × (n − 1) × · · · × (n − p + 1) 1 p ·A = = , si p ≤ n et Cnp = 0 si p ≥ n. p! n p!(n − p)! p! Proposition 5.1. Soient p et n deux entiers naturels tels que 0 ≤ p ≤ n. Alors : p+1 . Cnp = Cnn−p et Cnp + Cnp+1 = Cn+1 18