Présentation lycée mouvement algérien12/04/19 En Algérie, cela fait 8 semaines maintenant que le mouvement populaire se poursuit. Aujourd’hui, c’est l’acte VIII de cette mobilisation sans précédent et des millions et des millions de personnes ont défilé dans tout le pays. Femmes et hommes de tout âge, des jeunes, des enfants, dans toutes les grandes villes d’Algérie mais aussi dans les petites villes et même les villages. C’est une mobilisation extraordinaire, déjà parce que personne ne l’a vu venir et surtout par son ampleur la détermination dont elle fait toujours preuve aujourd’hui. C’est cette détermination qui a fait céder le président du régime, Bouteflika, et l’a contraint à présenter finalement sa démission mardi 2 avril dernier. A cette énorme pression populaire, c’est aussi ajouté la pression de l’armée, en tout cas de son chef d’Etat-major, Gaïd Salah qui depuis plusieurs jours demandait que Bouteflika laisse la place. Mais sans la pression populaire, l’armée n’aurait pas été obligée de faire cela. Pour comprendre la situation actuelle en Algérie, je vais rapidement donner quelques éléments d'histoire politique du pays. - L’Algérie colonisée depuis 1830 par la France a supporté 132 ans de barbarie coloniale. (D’ailleurs, fustigeant Macron : « L’Élysée, stop ! On est en 2019, pas en 1830 ») C’est une guerre de libération longue, meurtrière, très dure qui a permis aux Algériens d’obtenir l’indépendance en 1962, du terme de plus de 8 ans de luttes armées contre la France. Il y a eu, selon les historiens, entre 300 000 et 1 million de morts du côté algérien sur 8 millions d’habitants. (autour de 30 000). - Pour les Algériens et tous les peuples coloniaux opprimés dans le monde, cela a été une grande victoire. L’Emancipation nationale, c’était énorme. Les Algériens n’étaient plus étrangers dans leur propre pays ! Mais les Algériens n’ont pas conquis ainsi l’émancipation sociale, cad une émancipation réelle. Le régime qui se mit en place confisqua le pouvoir. D’ailleurs « indépendance confisquée » est une expression qu’on entend beaucoup! Les nationalistes du FLN, le Front de Libération National, ceux qui avaient dirigé la lutte armée d’indépendance ont mis en place une dictature. - Au cours de la guerre d’Algérie, une armée extérieure, l’ « armée des frontières » s’était mise en place, avec toute une hiérarchie d’obéissance militaire, comme il existe dans les armées bourgeoises de nos pays, elle forma un gouvernement provisoire dès 1958, constituait déjà une organisation politique et militaire non contrôlée par la population mais faite pour la diriger et la soumettre, l’ossature du futur Etat algérien. A l’intérieur, c’était déjà une dictature que le FLN exerçait sur la population, soumise à son impôt et à ses diktats qu’il faisait respecter par la force. ***** Cette dictature annonçait la dictature future. Des luttes internes au FLN ont eu lieu en 1962 après les accords d’indépendance pour déterminer qui seraient à la tête de l’appareil d’Etat. - C’est l’armée des frontières qui trancha la question en mettant au pouvoir, Ben Bella et sa faction. Les premières élections de l’Algérie indépendante étaient complètement pipotées, avec une liste de candidats uniques d’où les opposants étaient éliminés. Ben Bella instaura le FLN comme parti unique, interdit toutes les autres formations politiques : le PCA, (le MNA de Messali Hadj), mis au pas le syndicat UGTA. Des chefs historiques (Boudiaf, Aït Ahmed) du FLN sont arrêtés. - Malgré les discours socialisants du FLN, l’Algérie n’échappa pas aux relations économiques inégalitaires avec la France et la population à la misère. Le régime eut recours sous Boumedienne aux nationalisations pour résister à la domination des gros pays capitalistes. (compagnies françaises, leur mainmise sur l’exploitation, le raffinage et le transport du pétrole du Sahara, privant ainsi le nouvel Etat algérien de sa principale source de revenus. En 1963, ces compagnies empochèrent trois fois plus de bénéfices que l’Etat algérien lui-même. Outre le pétrole, le gaz et les mines, la majorité des industries restait sous contrôle français.Les liens de dépendance se reconstituèrent aussi dans le domaine bancaire. L’Etat algérien manquait cruellement de capitaux. Les banques françaises débloquèrent des crédits garantis par l’Etat français. Mais les contreparties étaient énormes.) - Mais ce fut des nationalisations avec rachat qui endettèrent énormément l’Algérie. En effet, non seulement l’Etat algérien devait rembourser avec usure mais la plupart du temps, l’octroi de ces crédits était lié à d’autres engagements concernant les importations et les exportations. Ce fut ainsi que la France s’imposa comme le premier fournisseur de l’Algérie pour l’acier, l’aluminium, les produits laitiers, les oléagineux, les céréales. - (Même dans cette période : les salaires des travailleurs étaient bas, les conditions de travail très difficiles, les moyens de transport peu développés ; le manque de logements était encore plus criant qu’à l’indépendance et le sous-emploi permanent et massif.) - Tant que les prix du pétrole se maintenaient pour un pays 98 % exportations sont hydrocarbures, les industries se développèrent et l’Algérie connut une certaine prospérité. Mais les prix du pétrole s’écroulèrent en 1985. (économie de rente) Le pays fut privé de 40% de ses recettes en devise alors qu’il fallait continuer à importer des produits alimentaires, des matières premières, des machines, des pièces détachées et surtout continuer à payer la dette. L’Etat réduisit les dépenses sociales pour les logements, les transports, la nourriture, l’eau. - 5 Crash de l’économie - 6 Révolte de 1988 = le printemps arabe de l’Algérie - 7 Guerre civile = époque meurtrière et traumatisante - 8 Bouteflika = compromis entre les islamistes et le pouvoir > Réélu en 2012, mais aujourd’hui, une jeune génération qui n’a pas connu la guerre civile et veut que le « système dégage ». - Situation sociale aujourd’hui : chute des prix pétrole, dévaluation de la monnaie - Les opposants politiques : ils se sont tous compromis avec Boutef. 500/10000Depuis une semaine : nomination du président par intérim & répression - 2500 Ampleur de la mobilisation : développement et évolution cela peut grossir et partir tout d’un coup alors que l’on ne s’y attend pas. organisation progressive du mouvement politisation progressive