Séquence n°4 : L’école des femmes, Molière Problématique : L’école des femmes : l’école des hommes ? Séance 1 Objectifs : Réactiver ses connaissances sur le théâtre et Molière ; entrer dans la pièce et la problématique Travail préparatoire à la maison : Activité 1 : lire, répondre aux questions de la page P. 138 et préparer un quizz de 6 questions importantes sur le genre théâtral P. 139 LE THEATRE 1 Le mot théâtre a trois sens principaux : le bâtiment où l’on se rend pour assister à une représentation ; le spectacle joué par les acteurs devant des spectateurs et le texte même d’une pièce. 2 Le texte est uniquement constitué de répliques, précédées du nom du personnage qui parle et éventuellement de didascalies. 3 Les élèves sont censés connaître les genres de la comédie (Molière) et de la tragédie (Racine ou Corneille). L’AVARE ET SON VALET 1 La scène comporte les différents types de comique : – de situation : le valet critique son maître dans des apartés ; – de caractère : l’avarice excessive d’Harpagon lui fait soupçonner tout son entourage ; – de mots : l’onomatopée (« Euh ? »), les injures (« la peste soit… »), le jeu de mot final (« je parle à mon bonnet. ») ; – de geste : la didascalie indiquant qu’Harpagon fouille dans les poches de son valet. 2 Les didascalies sont des indications scéniques qui donnent des informations sur les personnages en scène, la manière de jouer, les intonations. Dans cette scène, on trouve les noms des personnages, les apartés de La Flèche (« à part ») et l’indication des gestes d’Harpagon (l. 9). La vie de Molière Molière, de son vrai nom Jean-Baptiste Poquelin, naît en 1622 à Paris. Son père est tapissier du roi, une charge prestigieuse qu’il aurait pu reprendre. Il suit des études classiques et étudie le droit, mais choisit finalement le théâtre. En 1643, il fonde avec Madeleine Béjart la troupe de l’Illustre Théâtre. Les débuts sont difficiles : la troupe connaît des problèmes financiers et Molière est même emprisonné pour dettes. Cette période marque un échec, mais aussi le début d’un apprentissage. Pendant environ treize années, la troupe parcourt la province. Ces tournées permettent à Molière de se former comme acteur, auteur et directeur de troupe. Il perfectionne la comédie, influencée par la farce et la commedia dell’arte. De retour à Paris en 1658, il obtient la protection de Philippe d’Orléans, frère du roi, puis celle de Louis XIV. Il joue devant la cour et connaît un grand succès avec Les Précieuses ridicules. Il devient l’un des auteurs favoris du roi. Parmi ses œuvres majeures figurent : Le Tartuffe, Le Misanthrope, L’Avare, Dom Juan, Le Bourgeois gentilhomme. Ses pièces dénoncent l’hypocrisie religieuse, l’avarice, la vanité, les prétentions sociales. Son théâtre fait rire, mais il critique la société de son temps. Molière invente aussi la comédie-ballet, mêlant théâtre, musique et danse. En 1673, alors qu’il joue Le Malade imaginaire, il fait un malaise sur scène et meurt peu après. La légende raconte qu’il serait mort directement sur scène, ce qui contribue au mythe. Activité 3/ ( en classe) A propos de la pièce et de Molière Au XVIIe siècle, Boileau, dans L’Art poétique, codifie les caractéristique du genre : règle des trois unités (lieu, temps, action), vraisemblance et bienséance. La comédie doit plaire et instruire (« placere et docere », les deux principaux objectifs définis pour la la littérature depuis l’Antiquité). Elle corrige les mœurs par le rire, selon le principe du « castigat ridendo mores » (châtier par le rire les mœurs). Ainsi, dans la Préface au Tartuffe (1669), Molière écrit « Les plus beaux traits d’une sérieuse morale sont moins puissants, le plus souvent, que ceux de la satire ; et rien ne reprend mieux la plupart des hommes que la peinture de leurs défauts. C’est une grande atteinte aux vices que de les exposer à la risée de tout le monde. On souffre aisément des répréhensions ; mais on ne souffre point la raillerie. On veut bien être méchant mais on ne veut point être ridicule. » On dit de Molière qu’il a donné à la comédie ses lettres de noblesse. S’il s’inspire de la farce antique et de la commedia dell’arte (effets comiques appuyés : célèbres coups de bâton dans Les Fourberies de Scapin ; personnages types, ridicule fondé sur des caractères : avarice, duperie, etc…), il assigne aussi au genre comique une fonction qui le rapproche des moralistes de son temps : La Bruyère (Les Caractères), ou La Fontaine (Les fables). A travers le rire, Molière nous invite à réfléchir sur la condition humaine, sur nos défauts. Certaines de ses pièces comme Le Tartuffe, ou L’Avare ont fait scandale auprès de la censure parce qu’elles critiquent directement des figures et des mœurs de son époque. Plusieurs pièces intriguent par le sérieux de leur sujet et l’ambiguité de leur tonalité (Tartuffe, Le Misanthrope, L’Avare sont des personnages qui frôlent bien souvent le tragique…) Activité 2/ L’œuvre et ses thèmes : hypothèses de lecture. Dans L’Ecole des Femmes, Molière reprend un de ses thèmes majeurs : le mariage forcé d’une jeune fille innocente avec un vieux barbon. La société du XVIIe siècle est patriarchale, et c’est en général un père qui cherche à marier son enfant contre sa volonté pour servir ses intérêts politiques, économiques ou sociaux, qui constitue la trame des comédies. Dans ces conditions, la femme se trouve dans un état continuel de soumission à l’égard de l’homme. Les positions mysogynes sont largement partagées à cette époque :infériorité intellectuelle et morale de la femme, vocation exclusive des femmes à la maternité et aux obligations des soins du ménage. Le mari est considéré au sein de la famille comme un monarche avec qui il partage le pouvoir absolu, voire une image de Dieu. A/ Identifier les thèmes, les personnages de la pièce ainsi que leurs liens : a) Vidéo de présentation de l’œuvre adaptée pour la télévision par R. Rouleau : https://www.facebook.com/LumniEnseignant/videos/l%C3%A9cole-des-femmes-de-moli%C3%A8re-adapt%C3%A9-par-raymond-rouleau1973/262802522608105/ b) Relier les personnages de la pièce et leur étymologie Agnès Arnolphe Horace Chrysalde M. de La Souche c/ Qui a dit quoi ? Retrouver quel personnage de la liste parle ainsi d’Agnès : Arnolphe, Chrysalde, , Horace, Alain « Mais comment voulez-vous, après tout, qu'une bête/ Puisse jamais savoir ce que c'est qu'être honnête ? » Chrysalde « Et c’est bien assez pour elle à vous en bien parler ,/ De savoir prier Dieu, m’aimer, coudre et filer. » Arnolphe « Ce jeune astre d’amour de tant d’attraits pourvu » Horace « Comme un morceau de cire entre mes mains elle est » Arnolphe « La femme est le potage de l’homme » Alain d) Interpréter le titre : L’Ecole des femmes Quel sens donner au mot école ? Les femmes : femmes, épouses…est-ce différent ? L’école des femmes : les femmes ne vont justement pas à « l’école », elles sont élevées dans des couvents pour préserver leur innocence. On leur apprend seulement ce qui leur sera nécessaire pour servir leur mari et élever leurs enfants, il n’y a pas d’autres destin pour elle. L’école des femmes, pour Molière, ce sera donc celle de la vie… et notamment de l’amour. Que peut apprendre l’amour ? à se connaître (sentiments), s’affirmer (désirs) , s’opposer (aux volontés d’un père, d’une société…), se libérer (choisir sa vie, son mari) etc...