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Fable de Sathya Sai Baba : Le Roi et le Yogi

LES GRANDS HOMMES DIFFUSENT TOUJOURS LA LUMIÈRE
DE LEUR SAGESSE
SATHYA SAI BABA
Jadis, il y eut un roi qui conduisit sa puissante armée de l’autre côté des pics
enneigés qui délimitaient la frontière de son royaume jusqu’au royaume voisin. Et
dans un col recouvert par la neige, il aperçut un moine errant ou un ascète assis
sur la pierre nue, la tête entre les genoux et qui se protégeait visiblement du vent
glacé qui soufflait entre les pics. Il était nu. Le roi fut submergé par la pitié. Il ôta
son propre châle et son propre manteau pour les offrir au yogi qui avait maîtrisé
ses sens et son esprit. Le yogi refusa de les accepter et il dit : ‘’Dieu m’a donné
assez pour me protéger de la chaleur et du froid et Il me donne tout ce dont j’ai
besoin. Je vous prie de donner ceci à un pauvre.’’ Le roi fut sidéré par ces paroles
et lui demanda où étaient ses vêtements. Le yogi répondit : ‘’Dieu les a Lui-même
fabriqués pour moi : je les porte depuis ma naissance et je les porterai jusqu’à
ma mort. Les voici et c’est une simple peau ! Je vous prie de donner ce manteau
et ce châle à un pauvre ou à un mendiant.’’ Le roi sourit car, qui pouvait être plus
pauvre que lui ?, songea-t-il et il demanda : ‘’Mais où pourrais-je bien trouver un
pauvre ?’’ Le yogi lui demanda alors où il allait et pourquoi. Il dit : ‘’Je me rends
dans le royaume de mon ennemi pour pouvoir annexer son royaume au mien !’’
C’était à présent au tour du yogi de sourire et il dit : ‘’Si vous n’êtes pas satisfait
du royaume que vous avez et si vous êtes prêt à sacrifier votre vie et les vies de
ces milliers de soldats pour conquérir quelques km² de terres en plus, vous êtes
certainement beaucoup plus pauvre que moi ! Et donc, je vous rends vos
vêtements. Vous en avez plus besoin que moi.’’ Le roi se sentit honteux. Il réalisa
la futilité de la renommée et de la richesse et retourna dans sa propre capitale
après avoir remercié le yogi pour lui avoir ouvert les yeux sur sa pauvreté
intérieure. Il avait maintenant compris que le contentement était le plus précieux
trésor. Les grands hommes diffusent la lumière de leur sagesse via chacune de
leurs paroles et chacun de leurs actes…
(Référence : Sathya Sai Baba, Chinna Katha, Vol. 1)