1 GENERALITES SUR LE CONTROLE DE GESTION I INTRODUCTION ET DEFINITION L’ensemble des auteurs s’accorde à penser que l’action de gestion au sein d’une organisation consiste à la réalisation d’objectifs par la combinaison la plus efficiente des moyens. Le mot « contrôle » par contre peut avoir plusieurs significations dont chacune permet aux auteurs de développer tel aspect ou telle particularité du contrôle de gestion selon le domaine qu’il entend privilégier. Les significations du mot « contrôle » retenues principalement par les auteurs sont : -vérification : contrôle des billets de banque, contrôle d’identité, de résultat… -pouvoir : contrôle d’un individu (agir sur lui), prise de contrôle d’une société… -surveillance, régulation : mise sous contrôle d’une machine, contrôle des naissances… -maîtrise : contrôle d’une voiture, self control … Tenant compte de ces différentes significations du mot « contrôle », la définition la plus répandue du contrôle de gestion est probablement celle de Anthony R, Dearden et Vancil « le contrôle de gestion (management control ) est le processus par lequel les managers(responsables) obtiennent l’assurance que les ressources sont obtenues et utilisées de manière efficace (par rapport aux objectifs) et efficiente (par rapport aux moyens employés) pour la réalisation des objectifs de l’organisation II- LES MOYENS DU CONTROLE DE GESTION Les moyens utilisés sont de deux sortent, ils sont complémentaires et indissociables 1- Les moyens techniques Pour la mise en place d’un bon système de contrôle de gestion, l’entreprise doit se baser sur les informations fournies par la comptabilité analytique, la gestion budgétaire, les tableaux de bord (gestion et financier) 2- Les moyens relationnels Le contrôle de gestion doit aider et motiver. Pour ce faire, il doit être indépendant de la fonction administrative, comptable et financière et être directement rattachée à la direction générale 1 2 L’association des conseillers et contrôleurs de gestion proposent deux principes pour rendre le contrôle de gestion efficace -les fonctions du contrôleur de gestion doivent être pleinement assumées au plus haut niveau, celui du comité directorial -le contrôle de gestion n’a toute son efficacité que si la direction générale et le comité de direction favorisent un climat psychologique et une structure fondée sur la délégation et la participation. III- LES PRINCIPAUX ROLES DU CONTROLEUR DE GESTION 1- La Prévision A partir des objectifs généraux de l’entreprise, le contrôle de gestion a pour rôle : -d’élaborer des objectifs propres à chaque département de l’entreprise et de veiller à ce que leur ensemble constitue un tout cohérent. -de définir des moyens permettant d’atteindre ces objectifs tels que la prévision du personnel et des machines nécessaires, la prévision des budgets de fonctionnement…. -et d’envisager plusieurs scénarios à utiliser en cas de modifications de l’environnement économique 2- Le Contrôle (sens de la vérification) Il s’agit du suivi des résultats réels afin de les comparer aux données prévisionnelles d’une part et d’autres parts analyser les écarts significatifs permettant la prise de décisions correctives 3- L’information Le suivi des réalisations et l’analyse des écarts impliques la transmission périodique et rapide d’informations aux responsables opérationnels. Ce « reporting » s’effectue à l’aide de tableaux de bord pour lesquels ont été sélectionnés des indicateurs judicieux 4- L’aide Le contrôle de gestion étant au centre de la prévision, de la vérification et de l’information, bénéficie d’une situation privilégiée pour aider les responsables opérationnels dans leurs taches. Cette aide peut se traduire par des conseils d’ordre technique mais elle se traduit principalement par l’analyse de dysfonctionnements résultant de difficultés d’ordre humain telles que l’absence de motivation, mauvaise coordination entre les départements, rétention d’informations…d’où la place réservée aux théories des organisations. 2 3 5- La formalisation des procédures La prévision, le contrôle, l’information et l’aide ne peuvent être correctement réalisés que si les moyens techniques mis en œuvre (méthode de calcul des coûts et d’écarts, méthode d’élaboration des budgets, indicateurs retenus) sont semblables d’une année à l’autre. Le contrôleur de gestion est ainsi conduit à mettre en place des procédures et structures connues et acceptées de tous. 3 4 CONTROLE SANS LE SYSTEME BUDGETAIRE INTRODUCTION L’Entreprise doit à la fois gérer son patrimoine et mettre en œuvre les moyens humains et matériels, en vue d’atteindre les objectifs qui lui sont assignés. Le problème de gestion d’une entreprise paraît d’une grande complexité et il est donc indispensable pour conduire une affaire d’établir un programme afin d’éviter toute improvisation. L’élaboration du devis suppose l’adoption de normes et de calculs de coûts prévisionnels. Cette façon de procéder permet à l’entreprise de prévoir les résultats de la période à venir et d’analyser les différences (écarts) constatés entre réalisation et prévision. Ceci améliore sensiblement l’information dans le processus de prise de décision. NOTION D’ACTIVITE ET DE PRODUCTION 1. Activité On parle d’activité (U) lorsqu’on se réfère à un centre d’analyse. l’activité se mesure en terme d’unité d’œuvre. a. Activité normale (Un) C’est l’activité qui correspond à l’utilisation optimale des moyens de production. b. Activité réelle C’est le nombre d’unité d’œuvre utilisée réellement au cour d’une période donnée. 2. La Production Elle se définit comme étant le nombre d’article obtenu à partir de l’utilisation des unités d’œuvre : C’est la conséquence de l’activité. On distinguera : - La production normale (Qn) : qui correspond au nombre d’unité physique de produits finis obtenus à partir de l’activité normale. - La production réelle (Qr) : qui est le nombre de produits effectivement fabriqués au cours d’une période à partir de l’activité réelle. Exemple 1 : l’atelier de fabrication d’une entreprise dispose d’une machine qui peut fabriquer 1 000 objets pendant 250 h de temps machine au cours d’un mois. L’unité d’œuvre de l’atelier est l’heure-machine. Travail à faire : Déterminer l’activité normale et la production normale. Solution : Qn = 1 000 objets Un = 250 heures-machine Exemple 2 : au cours du mois de juin l’activité de fabrication de l’exemple 1 a produit 820 objets pendant 200 heures de temps machine. Déterminer l’activité réelle et la production réelle. 4 5 Solution : Qr = 820 objets Ur = 200 heure-machine 3. Activité Préétablie (Up) C’est le nombre d’U.O nécessaire que l’on doit utiliser d’après les normes pour réaliser une production réelle. Exemple 3 : en considérant les deux exemples précédents, calculer l’activité préétablie de l’atelier de production. Solution : 250 heuresUp ? machine 1000 objets 820 objets 250 x 820 Up = ⎯⎯⎯⎯⎯⎯ = 205 heure-machine 1 000 Un x Qr Formule Up = ⎯⎯⎯⎯⎯ Qn I- 4. Sous activité et suractivité Il y a sous activité (chômage partiel) lorsque l’activité réelle est inférieure à l’activité normale (Ur < Un) il s’agit de malis de sous activité. Il y a suractivité lorsque l’activité réelle est supérieure à l’activité normale et l’on parle de bonis de suractivité (Ur > Un). Il y a plein emploi lorsque l’activité réelle correspond à l’activité normale (Ur = Un) NOTION DE RENDEMENT Le rendement peut être défini comme étant le nombre de produits obtenu par unité d’œuvre. Q R = ⎯⎯⎯⎯ Q = production U = activité U Exemple : considérant l’exemple précédent, déterminer le rendement normal de l’atelier de production. Solution Qn 1000 Rn = ⎯⎯⎯⎯ = ⎯⎯⎯ = 4 Un 250 Rn = 4 objets par heure-machine 5 6 CHAP 2 : LES COUTS PREETABLIS DEFINITION Le coût préétabli est un coût évalué à priori pour faciliter certains traitements analytiques ou soit pour permettre le contrôle de la gestion, par l’analyse des écarts. Il s’agit donc d’établir une activité normale des coûts prévisionnels considérés comme normaux en vue de calculer à posteriori d’éventuels écarts entre coût constaté (réels) et coût préétabli. L’INTERET DES COUTS PREETABLIS Les coûts préétablis présentent plusieurs intérêts : • Ils permettent une évaluation rapide de la production obtenue puisqu’ils sont calculés d’avance par la multiplication de la quantité produite par le coût. Unitaire préétabli. • Ils servent essentiellement à contrôler les conditions internes d’exploitation étant des normes d’exploitation les coûts préétablis permettent la comparaison d’une part de ce qui devrait se produire dans un centre d’analyse, et de ce qui est réellement produit d’autre part. cette comparaison entraîne des écarts dont l’analyse fournit des moyens de : ▪ Connaître les causes de variation des charges. ▪ Prendre des décisions correctes. LES TYPES DE COÛTS PREETABLIS Les coûts préétablis peuvent être déterminés de différentes façons et suivant le cas leur appellation diffère. On parlera : ▪ du coût standard lorsque les coûts préétablis sont calculés à partir d’une analyse de l’objet et du travail nécessaire. Analyse faite par le service technique. Le coût standard présente généralement le caractère d’une norme. ▪ du coût budgétaire lorsque les calculs du coût préétabli résultent d’un budget d’exploitation établit à l’avance pour une période donnée. ▪ Du coût moyen prévisionnel lorsque les calculs du coût préétabli sont dégagés à partir des infos obtenues des périodes comptables antérieures. En fait, c’est la moyenne des coûts précédents. Le choix du type de coût dépend des produits et de l’organisation générale de la gestion prévisionnelle. DECOMPOSITION DES COUTS PREETABLIS De même que les coûts réels, les coûts préétablis sont composés des charges directes et des charges indirectes. Charges Matières premières utilisées directes unitairepréétabli Heures de MOD qté préétablie x coût Nbre d’heures préétablis x t horaire préétabli taux 6 7 Charges de l’atelier de production Charges indirectes Coût préétabli de l’UO x nbre de l’unité d’œuvre Coût préétabli = Quantité préétablie x coût unitaire préétabli = Up x Cup Quantité préétablie (activité préétablie) considérée est celle imputée à la production réelle puisqu’elle se définit comme étant la quantité théoriquement nécessaire pour obtenir la production réelle. Exemple : la production considérée comme normale d’une entreprise est 1 500 pièces correspondant à une consommation de 300 kg de matière première à 150 F le kg. Sachant que la production réelle est de 1 200 pièces et ayant exigé 250 kg de matières premières, déterminer la quantité préétablie de matières premières et le coût préétabli. Solution Qn = 1 500 pièces Un = 300 kg Qr = 1 200 pièces Un Up = ⎯⎯⎯ x Qr Qn 300 Up = ⎯⎯⎯ x 1 200 1500 Up = 240 kg Calcul du coût préétabli Coût préétabli = 36 000 Coût préétabli = Up x Cup = 240 x 150 Remarque : La quantité réelle produite de 1200 pièces n’est pas égale à la quantité préétablie de production de 1 500 pièces. Pour cela, les coûts respectifs (prévus et réels) ne peuvent pas être directement comparés. Il convient donc de déterminer l’activité préétablie de 240 kg à imputer à la production réelle avant le calcul des écarts. Les coûts préétablis de matières premières incorporées et de mai n d’œuvre sont généralement des coûts standards établis à partir d’une étude très détaillée du processus de fabrication. Leur détermination se fait en deux (02) étapes. ▪ L’établissement des standards techniques qui définissent les quantités de matières premières et de main d’œuvre nécessaire à une production donnée. ▪ L’Établissement des coûts unitaires à appliquer aux quantités standards. Ces coûts étant établis par le service des achats ou de la comptabilité. 1- Détermination des standards techniques a. Des matières premières Les standards sont établis d’une part à partir des formules de composition du produit qui détermine le dosage des matières à utiliser, le rendement des produits à obtenir et d’autre part 7 8 à partir des nomenclatures qui définissent les pièces à fabriquer, des matières à incorporer et les quantités à mettre en œuvre (poids, volume …). Dans tous les cas l’on doit tenir compte des déchets et pertes éventuelles provenant des matières pour des rebus résultant de la fabrication. b. La main d’œuvre Pour la détermination d’une base standard de la main d’œuvre il faudrait tenir compte de la qualification de l’ouvrier employé, et du calcul de temps nécessaire pour chaque opération, soit par chronométrage ou soit par addition de temps. 2- Détermination des coûts a. Des matières premières Le prix des matières premières peut être le prix de la periode ou un prix prévisionnel tenant compte de la conjoncture. b. La main d’œuvre directe Le calcul du coût standard de la main d’œuvre dépend du système de rémunération. Dans le cas du salaire par pièces, il correspond au nombre de pièces standards multiplié par le prix unitaire par pièces. Dans le cas du salaire horaire, il correspond aux produits standard et du taux horaire standard. c. Les unités d’œuvre Leur évaluation est liée à l’étude des centres d’analyse de la comptabilité analytique. 3- Fiche technique ou standard technique Encore appelée fiche du coût unitaire préétabli, elle indique pour une unité produite les quantités de matières premières, de main d’œuvre et de charges indirectes nécessaires ainsi que les coûts unitaires à leur appliquer. Exemple : KABAKOUROU fabrique un produit P à partir d’une matière M dans un atelier A. pour une production normale de 500 objets il faut : ▪ 100 kg de matières M à 500 F le kg. ▪ 40 heures de main d’œuvre à 1 200 F/ heure. ▪ Les charges indirectes de l’atelier A pour 60 000 dont 40 000 de charges fixes. L’unité d’œuvre du centre est l’heure de main d’œuvre. Au cours du mois la production réelle a été de 600 objets occasionnant : -110 kg de matières M à 490 F/ kg. ▪ 45 heures de main d’œuvre à 1300 F/ heure ▪ les charges indirectes pour 63 000 F. TRAVAIL A FAIRE 1. Etablir la fiche technique. 2. Présenter dans un tableau le coût préétabli de la production réelle. Solution : Eléments Qtés Cu Montant Matières premières 0,2 kg 500 100 Main d’œuvre 0,08 H 1200 96 8 9 Charges indirectes Total 0,08 H 1500 1 objet 120 316 1- Détermination de la quantité à prévoir pour un objet Matière première Main d’œuvre Charges indirectes 100 kg → 500 40 h → 500 objets 000 → 500 objets x→1 x→1 6 100 x = ⎯⎯⎯ = 0,2 500 x = ⎯⎯⎯ = 120 F 500 40 x = ⎯⎯⎯ = 0,08 h 500 120 Cup = ⎯⎯⎯ = 1 500 0,08 60 x→1 60 000 40000 ou encore Cup = ⎯⎯⎯ = 1 500 avec fixe (f) = ⎯⎯ = 1000 40 40 20 000 variable = ⎯⎯⎯ = 500 40 2. Tableau du coût préétabli Détermination des quantités préétablies 100 x 600 ▪ matières premières = ⎯⎯⎯⎯⎯⎯ = 120 ou 500 ▪ main d’œuvre = 0,08 kg x 600 = 48 h ▪ CI = 0,08 h x 600 = 48 h 0,2 kg x 600 = 120 kg Coût préétabli Eléments Matières premières Main d’œuvre Charges indirectes Total Qtés Cu Montan t 120 kg 500 60 000 48 h 1200 57 600 48 h 1500 72 000 600 189 600 objets 3- Le Budget flexible Le budget flexible est un budget établit pour différent niveau d’activité précisant pour chaque niveau le total des charges. Pour l’exécution des prévisions de production, l’entreprise doit établir un budget destiné à couvrir l’ensemble des charges de production. Ces charges se scindent en deux (02) parties : ▪ Une partie fixe appelée charges fixes (CF) qui est indépendante du niveau d’activité. ▪ Une partie variable appelée charges variables (CV) que l’on considère comme proportionnelle au niveau d’activité. Cette partie variable est de la forme v.U avec V charge variable unitaire et U l’activité. 9 10 L’équation de la droite budgétaire est de la forme : Y = v.U + CF Y : le total des charges de production. On peut également à ce niveau définir la notion du budget type comme étant le budget correspondant à l’activité normale. Ce budget est de la forme : Y = (v + f) Un Un : activité normale f : charges fixes unitaire Exemple : l’activité d’une entreprise mesurée en heure de main d’œuvre vous précise les informations suivantes : l’activité normale définie pour 1 000 heures nécessite des charges fixes pour 1 500 00 et des charges variables à 6 000 F/ h. TRAVAIL A FAIRE 1. Etablir le budget flexible pour les niveaux d’activité suivante : 800 h, 1 00 h, et 1200 h, puis déterminer pour chaque niveau le coût unitaire. 2. Ecrire l’équation de la droite de budget. Solution : 1. budget flexible avec détermination des coûts Activité 800 h 1 000 h 1200 h Eléments Charges variables 4 800 000 6 000 000 7 200 000 Vu CF 1 500 000 1 500 000 1 500 000 Y = Vu + cf 6 300 000 7 500 000 8 700 000 Y 7 875 7 500 7 250 Cup = ⎯⎯ U 6 000 6 000 6 000 V 1 875 1 500 1 250 F Un > Ur = 1 000 > 800 200 2. l’équation de la droite budgétaire Y = 6 000 U + 1 500 000 Y U Remarque : on constate que : ▪ le coût total évolue dans le même sens que le niveau d’activité. ▪ le coût total unitaire évolue en sens inverse du niveau d’activité. ▪ le coût variable unitaire demeure stable. ▪ Le coût fixe unitaire évolue en sens inverse du niveau d’activité. 10 11 En conclusion, seul le coût fixe unitaire explique la variation du coût total unitaire puisque la charge variable unitaire étant stable. Une augmentation du niveau d’activité entraîne une diminution du coût total unitaire dû à une baisse des charges fixes unitaires (phénomène des économies d’échelle). Une baisse du niveau d’activité entraîne un accroissement du coût total unitaire dû à une hausse du coût fixe unitaire (phénomène des déséconomies d’échelle). 11 12 CHAP 3 : METHODE DES ECARTS : CALCUL ET ANALYSE I- CALCUL DE L’ECART GLOBAL L’écart global est la différence entre le cout de la production réelle et le cout préétabli correspondant à cette production réelle . Ecart global = coût réel – coût préétabli = (Ur x Cur) – (Up x Cup) ▪ Un écart est positif lorsque la dépense réelle est supérieure à la dépense prévue : il s’agit d’un écart défavorable. ▪ Un écart est négatif lorsque la dépense réelle est inférieure à la dépense prévue : il s’agit d’un écart favorable. Exemple : reprenons l’application de l’entreprise KABAKOUROU puis déterminons l’écart global. Solution : Eléments Matières premières Main d’œuvre Charges indirectes Q 110 45 45 600 Tableau de calcul de l’écart global Coûts réels Coûts préétablis Ecarts Observations Montant Cu Q Cu Montants s 490 53 900 120 500 60 000 - 6 100 Favorable 1300 58 500 48 1200 57 600 + 900 Défavorable 1400 63 000 48 1500 72 000 - 9 000 Favorable 175 400 600 189 600 - 14 200 Favorable L’écart global est de – 14 200 (favorable) soit ( - 6100 + 900 – 9000) II- L’ANALYSE DES ECARTS 1- Ecart sur charges directes Il s’agit de l’analyse des écarts sur la matière première et sur la main d’œuvre. Etant donné que les deux (02) éléments principaux composant l’écart (coût réel et coût préétabli) sont évalués par rapport à la production réelle, seules les variations des coûts et des quantités peuvent expliquer l’écart. pour cela, l’écart sur charges directes se décompose en deux (02) sous écarts : ▪ l’écart sur coût (E/C) ▪ l’écart sur quantité (E/Q) ▪ l’écartGlobatal (E/T) EG = E/C + EQ ▪ a écart sur coût ou écart sur taux horaire On parlera de l’écart sur coût pour les matières premières. 12 13 E/C = (Cur – Cup) Ur = C x Ur ▪ On parlera de l’écart sur taux horaire pour la main d’œuvre directe. Thr = taux horaire réel Thp = taux horaire = TH x Tr préétabli Tr = temps réel L’écart sur coût mesure les conditions dans lesquelles l’entreprise a rétribué ses facteurs de production. Lorsque le coût réel est supérieur au coût préétabli ; l’écart est défavorable et provient des conditions d’approvisionnement des matières premières ou du taux de rémunération des employés. E/th ▪ = (thr – thp) Tr a. L’écart sur quantité ou l’écart sur temps On parlera de l’écart sur quantité pour les matières premières. E/Qté = (Ur – Up) Cup = U x Cup ▪ On parlera de l’écart sur temps pour la main d’œuvre. Tr = temps réel E/T = (Tr – Tp) thp Tp = temps préétabli Thp taux horaire préétabli = T x thp Les causes de cet écart lorsqu’il est défavorable proviennent de : ▪ la qualité défectueuse des matières, ▪ du taux de rebut excessif, suite à un mauvais réglage des machines, ▪ La qualification insuffisante de la main d’œuvre ou une mauvaise organisation de la production. Exemple : les coûts préétablis d’une entreprise pour une production mensuelle de 1 00 pièces se présentent ainsi : ▪ Pour la matière première : 500 kg à 100 F le kg. En réalité, la production mensuelle s’est élevée à 1 200 pièces correspondant à 550 kg de matières premières à 110 F le kg. TRAVAIL A FAIRE Déterminer l’écart total sur matières premières et le décomposer en deux (02) sous écarts Solution : Détermination la quantité préétablie : Up Qn = 1 000 pièces Qr = 1 200 Un 500 UP = ⎯⎯⎯⎯ x Qr = ⎯⎯⎯⎯ x 1 200 Qn 1000 = 600 kg Up = 600 kg 13 14 E/ matières E/ matières = coût réel – coût préétabli = (Ur x Cur) – (Up x Cup) = (550 x 110) – (600 x 100) = 60 500 – 60 000 = 500 défavorable Analyse en sous écarts Eléments Formules Calcul Ecarts Observations E/C (Cur – Cup) Ur (110 – 100) 500 + 5500 Défavorable E/G (Ur – Up) Cup (550 – 600) 100 - 5000 Favorable Ecart total E/C + E/Q 5500 – 500 + 500 Défavorable Nous constatons que l’écart total défavorable de 500 provient essentiellement de l’écart sur coût puisque l’écart sur quantité es favorable. L’entreprise devra revoir sa politique d’approvisionnement. ❖ Représentation graphique de l’écart sur charge directe ▪ Représentation rectangulaire Coûts Cur 110 A B E/C Cup 100 D G E E/G ▪ ▪ ▪ C F 550 Ur 600 Quantités Up ABCO : coût réel total = Cur x Ur DEFO : coût préétabli total = Cup x Up ABCD : E/C = C x Ur E/Q = Q x Cup ▪ Représentation linéaire ou vectorielle Soit x les quantités et u les équations de droites. y1 pour le coût réel et y2 pour le coût préétabli. On aura : • Coût réel total = Ur x Cur Soit y1 = 110 x . Coût préétabli total = Up.x x Cup Soit y2 = 100 x E/C = (Cur – Cup) Ur 14 15 = (Cur x Ur) – (Cup x Ur) = (110 x 500) – (100 x 550) = 60 500 – 55 000 E/G = (Ur – Up) Cup = (Cur x Ur) – (100 x 500) = (550 x 100) – (600 x 100) = 55 000 – 60 000 Coûts y1 = 110x y2 = 110x Ur.Cur 60 500 Up.Cup 60 000 Q C Ur.Cup 55 000 E total E/Q E/C Quantités 550 Ur 600 Up 2- L’analyse sur les charges indirectes Cette analyse s’appuie sur une approche budgétaire, qui définie un programme de production future à partir duquel l’on détermine le nombre d’unité d’œuvre à réaliser dans chaque centre d’analyse. Le coût budgétaire sera définit comme étant égal au nombre d’unité d’œuvre multiplié par (coût variable unitaire préétabli plus charge fixe unitaire). L’analyse par le budget permet de comparer rétrospectivement le coût réel du programme réalisé au coût budgétaire et d’analyser les écarts. Ecart sur charges indirectes = charges indirectes réelles – charges indirectes préétablies adaptées à la production réelle. Exemple : un atelier de production dont l’activité normale est de 400 h correspondant à une production normale de 1000 unités vous demande de lui présenter un budget flexible pour les niveaux suivants d’activité : 80% ; 90 % ; 100 % et 110 % de l’activité normale. Unité d’œuvre, heure de main d’œuvre (H MOD), sachant que la charge variable unitaire est de 150 F et que les charges fixes s’élèvent à 25 000 F. Solution : Activité Eléments 80% 320 h 48 000 90% 360 h 54 000 100% 400 h 60 000 110% 440 h 66 000 Charges variables Vu CF 25 000 25 000 25 000 25 000 Coût total 73 000 79 000 85 000 91 000 Pour la période considérée, la production réelle a été de 1 050 unités ayant nécessité 360 heures de main d’œuvre. Les charges réelles de l’atelier se sont élevées à 80 000. TRAVAIL A FAIRE Calculer l’écart sur charges indirectes. Solution : 15 16 ▪ Calcul de l’activité préétablie = Up Un Up = ⎯⎯⎯⎯ x Qr Qn 400 Up = ⎯⎯⎯⎯ x 1050 1000 Up = 420 heures ▪ Calcul du Cup 80 000 Cup = ⎯⎯⎯⎯ = 212,5 400 Cup = v + f f = 212,5 – 150 = 62,5 60 000 25 000 Ou encore : v = ⎯⎯⎯⎯ = 150 f = ⎯⎯⎯⎯ = 62,5 400 400 Ecart sur charges indirectes = charges indirectes réelles – charges préétablies adaptées à la production réelle. = (Ur x Cur) – ( Up x Cup) = 80 000 – (420 x 212,5) = 80 000 – 89 250 Ecart sur charges indirectes = - 9 250 (favorable) L’écart sur charges indirectes provient : ▪ du fait que le volume de l’activité réelle ne correspond pas à ce qui était prévu. ▪ Du fait que la prévision du temps n’a pas été respectée. ▪ Du fait des variations des prix conduisant la réalité à s’écarter du budget. Cette triple origine de l’écart sur charges indirectes implique une décomposition de l’écart global en trois (03) sous écarts. Ainsi on aura : a. Ecart sur budget ou sur frais (E/B) E/B = charges indirectes réelles – coût total du budget adapté à l’activité réelle = (Cur x Ur) – (vUr + F) Se référant à l’exemple précédent, déterminer l’écart sur budget. E/B E/B Solution : = (Cur x Ur) – (vUr + F) = 80 000 –[(150 x 360) + 25 000] = 80 000 – 79 0000 = 1 000 (défavorable) b. Ecart sur activité ou écart sur absorption des charges fixes (E/U) E/U = total du budget adapté à l’activité réelle– coût préétabli adapté à l’activité réelle. 16 17 = (vUr + F) – (Cup x Ur) Considérant toujours notre exemple, déterminer l’écart sur activité. Solution : = (vUr + F) – (Cup x Ur) = 79 000 – (212,5 x 360) = 79 000 – 76 500 E/U = 2 500 (défavorable) A partir des charges fixes, on peut également déterminer l’écart sur activité par la formule suivante : E/U = f [(quantité prévue normale d’UO) – ( Quantité réelle d’UO] E/U = f(Un – Ur) E/U F Un Ur E/U = 62,5 = 400 = 360 = 62,5 (400 – 360) = 2 500 malis de sous activité c. Ecart sur rendement ou écart technique : E/R E/R = Coût préétabli adapté à l’activité réelle – coût préétabli adapté à l’activité préétablie = Cup (Ur – Up) = (Cup x Ur) – (Cup x Up) Exemple : Considérant toujours le même exemple, déterminer l’écart sur rendement. Solution : = (Ur x Cup) – (Up x Cup) = (360 x 212,5) – (420 x 212,5) = 76 500 – 89 250 E/R = - 12 750 (favorable) Vérification : Ecart global = E/B + E/U + E/R = 1 000 + 2 500 + 12 750 = - 9 250 (favorable) E/R ANALYSE GRAPHIQUE DE L’ECART SUR CHARGES INDIRECTES Décomposition préalable au graphique E/B = (Cur . Ur) – (vUr + F) F = (Cur . Ur) – (v + ⎯⎯ ) Ur Ur F Avec (v + ⎯⎯ ) = Cub Ur 17 18 E/B = (Cur . Ur) – (Cub . Ur) = (Cur – Cub) Ur E/U = (vUr + F) – (Cup . Ur) = (Cub – Cup) Ur E/R = (Ur – Up) Cup Cup = 212,5 F Cub = v + ⎯⎯ Ur 25 000 = 150 + ⎯⎯⎯⎯ = Cub = 219,44 360 80 000 Cur = ⎯⎯⎯⎯ = Cur = 222,44 360 Coûts Cur E/B Cub E/U Cup Ur = 360 heures Up = 420 heures E/R Ur Up Exemple : reprenons l’entreprise KABAKOUROU et décomposons l’écart global, sur charge indirecte en trois (03) sous écarts. Solution : Tableau d’analyse de l’écart global sur charges indirectes. Eléments Formule Calcul E/ Budget E/ Activité E/ Rendement Ecart global III- Ecart Observation s (Cur . Ur) – (vUr + F) (1400 x 45) –[(500 x 45) + 500 Défavorable (vUr + F) – (Cup . 40000] - 500 Favorable Ur) (500 x 45 + 40000) – (1 500 x - 4 500 Favorable (Ur – Up) Cup 45) (45 – 48) 1 500 E/B + E/U + E/R 500 – 5000 – 4 500 - 9 000 Favorable CAS PARTICULIER DES HEURES SUPPLEMENTAIRES ET DES HEURES IMPRODUCTIVES 1- Les heures supplémentaires Ce sont les heures effectuées en dehors du temps normal de travail et qui sont rémunérées à un taux majoré. 18 19 Lorsqu’il y’a des heures normales et des heures supplémentaires il convient de constater deux écarts sur deux taux horaires. E/th = (thr – thp) Tr + (thr’ – thp) Tr’ Thr = taux horaire réel normale Thp = taux horaire préétabli tr = temps réel normal tr’ = temps réel supplémentaire thr’ = taux horaire supplémentaire 2- Les heures improductives ou chômées Ce sont les heures prévues pour la fabrication et qui ont été improductives pour diverses raisons tel que : les grèves, les pannes de machines les accidents de travail … Heure productive = temps effectif de travail = heure totale – heures chômées. La quantité préétablie des heures chômées est considérée comme nulle. A ce niveau également on distinguera deux (02) écarts sur temps. E/T = (Tr – Tp) thp + (Tc – 0) thp tr = temps réel tp = temps préétabli tc = temps chômé thp = taux horaire préétabli Exercice 1 : Dans un atelier de production, il a été prévu 200 h de main d’œuvre à 100 F l’heure pour réaliser une commande. En réalité pour une commande il a fallu 2 500 h ayant coûté 306 000 F. TRAVAIL A FAIRE 1. Calculer l’écart sur main d’œuvre 2. Analyser cet écart en écart sur temps et en écart sur salaire (taux horaire). Solution : Qn = 1 Un = 2 000 Qr = 1 Ur = 2 500 Coût réel Coût préétabli Elément Observation Ecarts s s Q Cu Mh Q Cu mh MOD 2 500 122,4 306 000 2 000 100 200 000 106 000 Défavorable E/MOD 1 306 000 1 200 000 106 000 Tableau d’analyse de l’écart total de main d’œuvre en sous écarts. Formule Calculs Ecarts Observations E/T (tr – tp) thp (2500 – 200) 100 50 000 Défavorable E/th (thr – thp) tr (122,4 – 100) 2 500 56 000 Défavorable E/MOD E/T + E/th 50 000 + 56 000 106 000 Défavorable Exercice 2 : En fait une étude plus précise des informations réelles permet de constater : ▪ d’une part que dans les 2500 h il y’a 2 300 heures normales à 120 F / h et 200 h supplémentaire à 150 F/h. ▪ d’autre part que dans les 2 500 h, 2 400 ont été productives, et les 100 h restantes ont été chômées en raison d’une panne des machines. 19 20 TRAVAIL A FAIRE : déterminer : 1. les deux (02) écarts sur taux horaire 2. les deux (02) écarts sur temps Solution : 1. Ecart sur taux horaire E/th = (thr – thp) tr + (thr’ – thp) tr’ thr = 120 thp = 100 tr = 2 300 thr’ = 150 tr’ = 200 Eléments Formule Calcul E/th (thr – thp) Tr (120 – 100) 2300 + (thr’ – thp) Tr’ (150 – 100) 200 E/th 46 000 + 10 000 Ecart 46 000 10 000 56 000 Observations Défavorable Défavorable Défavorable 2. Analyse des écarts sur temps E/T = (Tr – Tp) thp + (Tc – 0) thp Tr = 2 400 ; Tc = 100 Eléments Formule E/T (Tr – Tp) thp (tc – 0) thp E/T Ecart 40 000 10 000 50 000 Observations Défavorable Défavorable Défavorable IV- Calcul 2400 – 2000)100 (100 – 0) 100 40 000 + 10 000 DETERMINATION DES ECARTS SUR CHIFFRE D’AFFAIRES ET SUR LE RESULTAT 1. Ecart sur chiffre d’affaires : (E/CA) Cet écart provient de la différence entre le chiffre d’affaires réel et le chiffre d’affaires budgété ou prévu E/ CA = CA réel – CA budgété Il peut être décomposé en deux (02) sous écarts distinguant l’écart sur prix de l’écart sur volume. E/Prix = (Prix réel – Prix budgété) quantité réelle = variation de prix x quantité réelle. E/Volume = (quantité réelle – quantité budgété) prix budgété = variation de la quantité x prix budgété Lorsque cet écart est positif il est favorable, il sera défavorable dans le cas inverse. Exercice : Soit le tableau suivant correspondant au budget de vente d’une entreprise qui commercialise deux (02) types de produits : Produit P1 P2 TOTAL Quantité 1 500 2 400 3 900 P.U 200 150 CA 300 000 360 000 660 000 20 21 Les données réelles pour la même période sont : Produit P1 P2 TOTAL Quantité 1 800 2 200 4 000 P.U 180 160 CA 324 000 352 000 676 000 TRAVAIL A FAIRE Calculer l’écart total sur le chiffre d’affaires et le décomposer en sous écarts. Solution : Ecart total sur le chiffre d’affaires Elément Formule s E/CA CA Réel – CA budgété Calcul Ecart Observations 676 000 – 660 000 16 000 Favorable Analyse en sous écarts de l’écart total sur le chiffre d’affaires Ecart sur prix Produits Formule P1 (prix réel – prix budgété) P2 Qr (prix réel – Prix budgété) Qr E/Prix E/P1 + E/P2 Calcul (180 – 200) 1800 (160 – 150) 2200 Ecart - 36 000 22 000 Observations Défavorable Favorable - 36 000 + 22 000 - 14 000 Défavorable 2. Ecart sur résultat (E/R) Il correspond à la différence entre le résultat réel et le résultat budgété ou prévu. E/R = Résultat réel – Résultat prévu = (CA réel – Coût réel) – (CA prévu – Coûts prévus) A ce niveau également lorsque l’écart est positif, il est favorable : il sera défavorable lorsqu’il est négatif. L’écart sur résultat se décompose en deux (02) écart : Ecart total sur CA et Ecart total sur Coût Ecart sur chiffre d’affaire = CA réel – CA prévu Ecart total sur coût = coûts réels – coûts prévus La récapitulation de l’écart sur résultat peut se présenter dans le tableau suivant : Réalisation Prévisions Ecarts CA réel CA Prévu Ecart total sur chiffre d’affaire - Coûts réels - Coûts prévus Ecart total sur coûts Résultat net Résultat prévu Ecart sur résultat 21